Dragonna : Ok, c'est simple, Camus comme moi je l'ai fait, tu l'adores! Moi aussi. Mais avouons le, en plus d'être plus humain et plongé dans son passé (brisé, ça dépend des jours, des fois il va lui arriver de se reprendre…) il est gentil. C'est ça que je trouve merveilleux, au fond, il a grand cœur, (ouais, encore mon cliché des durs au cœur tendre.) Quand même, je voulais dire, il me faut une raison pour les façons d'être de chaque personnage, alors pourquoi Camus est-il normalement si refermé sur lui-même? Bon, je pense qu'on s'en doute, il n'y a que lui qui ne veut pas le reconnaître. Une chance qu'Allanah a autant besoin d'aide que lui des fois, parce que sans ça, il ne se forcerait jamais à être fort et supporter son mal en silence. Disons que c'est à la fois un mal et un bien, parce que ça lui permet d'aider la pauvre canadienne ( qui me personnifit si on veut, parce que ce personnage est de ma création et que tout ce qui appartient un jour ou l'autre à mes perso que j,ai créé doit bien finir par m'appartenir. Autant dire toute de suite que Camus est presque à moi!) mais ça l'oblige à ne rien dire de ce qui le travaille, ou tout du moins, ça lui fait croire qu'il doit se taire. Alors qu'il a besoin d'en parler ce pauv chéri… Aah, une chance qu'il est encore mignon comme ça. Je l'aime!
Assez, maintenant la renaissance d'Aioros.
Kanon I (ou Aioros I tant pis pour mon punch)
Le ciel était vide de nuage, mais d'un gris terne qui aurait pu attristé un enfant le jour de son anniversaire. Perdu entre les cieux et la terre, son visage fermé fouetté par le vent, Kanon essayait de comprendre. Quand Athéna le regardait avec de grands yeux tendres, ça lui faisait quelque chose. Mais ça le gênait plus qu'autre chose. Il voyait toutes les femmes comme des mères ou des sœurs. Jamais plus. Mais les hommes…
Saga n'était comme lui de ce coté. L'adulte comprenait qu'il était différent des autres chevaliers. À part Milo, qu'il avait consolé toute une nuit sans jamais voir leur histoire dépasser une belle amitié. Le scorpion était différent lui aussi, mais d'une autre manière. Saga lui, c'était quand même son frère jumeau.
Ils avaient tant de points communs, ils auraient pu partager celui-là aussi. Le gémeau haussa les épaules, se sachant impuissant dans ce cas. Tant que sa différence ne venait blesser personne, ses amis l'acceptaient. Il préférait vivre le reste de sa vie seul si ça lui permettait de ne pas les perdre. Eux, mais surtout son frère. Au départ, leur retrouvailles n'avaient pas été bien amicales. Puis l'ex-pope ne semblait toujours pas avoir retrouver la forme qu'il possédait, enfant. Peut-être serait-elle perdu à jamais.
Les yeux verts de Kanon fouillèrent le ciel, vide d'astres. La nuit tombait sur cette sombre journée et sombre était l'impression que ressentait l'homme. Le vent souffla plus fort autour de lui, comme pour le prévenir d'une catastrophe imminente. Puis la voûte céleste fut déchirée par un éclair d'une blancheur aveuglante. La foudre se précipita sur le sol, en zigzags désordonnés et monstrueux qui découpaient la grisaille plus vaillamment qu'un sabre. Le chemin de l'électricité disparaissait presque dès qu'il avait apparu, se résorbant au fur et à mesure de sa descente.
Aucun bruit de tonnerre ne tonna après l'éclair qui s'arrêta à quelques mètres de Kanon, sans laisser la moindre trace sur le sol autre qu'un cratère. Ainsi qu'un cri, déchirant, exprimant une souffrance trop longtemps retenue qui se libérerait enfin, mais un peu trop tard. Le chevalier comprit alors qu ce cri avait été poussé par un humain. Humain qui gisait là où était tombé la foudre, à quelques kilomètres de l'auberge où s'était arrêté Athéna et les autres.
-Bon sang, mais qu'est-ce que…
Kanon courut jusqu'au point d'impact où, plié en deux, un tout jeune garçon cherchait son souffle. Pâle, tel un fantôme, avec des cheveux brun tendre bercés par le vent sur sa tête, des yeux mouillés de larmes de souffrance où se cachait des iris bleu blessés par les châtiments de l'enfer que leur maître n'avait pas mérité, il fit l'effet d'un ange déchu au guerrier.
Les mains jeunes, autrefois fortes, étaient maigres, brisées par les horreurs qu'elles avaient vues ou frôlées. La peau du visage tirée, salie par 8 années et quelques mois de terreur ininterrompue faisait peine à voir. Adolescent, encore enfant, mais presque adulte, il tremblait, grelottait sur la terre noire, l'échine courbée, les genoux plantés dans le sol dur et ses bras aux muscles raides comme des tiges de fer serrés autour de son torse maigre. Mais, à l'approche de Kanon, qu'il avait entendu venir malgré le vent, le malheureux se redressa sur ses talons, restant accroupi au sol, l'air méfiant, mais avec de l'arrogance dans le regard, malgré l'évidence disant qu'il était mal en point, défiant l'adversité de réussir à le rabaisser encore.
Comme pour dire, pour crier de ses yeux bleu nuit qu'il était toujours prêt à lutter contre les obstacles et qu'il demeurait encore loin d'être défait par les épreuves qu'on lui opposait. Une fierté, non plutôt une force se dégageait de son corps fatigué, prouvant que sa volonté n'avait pas encore fléchi et qu'il pouvait continuer de par son seul désir de le faire. Dans ce panache qu'il connaissait assez bien, Kanon cru reconnaître l'un des chevaliers d'or.
-Aiola? Demanda-t-il, sûr qu'il ne pouvait pourtant pas s'agir du lion qui allait très bien la dernière fois qu'il l'avait vu.
-Vous.. connaissez mon… frère? Murmura le jeune homme d'une voix tremblante et desséchée, presque inaudible.
Kanon acquiesça en ouvrant de grands yeux. Est-ce que ce serait Aioros, le frère aîné d'Aiola, le défunt chevalier du sagittaire qui se tenait devant lui? Après tout, il était mort à 14 ou 16 ans…
Chancelant, mais l'air rassuré, l'enfant se leva. Car à cet instant, il était plus un enfant qu'un homme. Quoique, à y repenser, cet enfant devant lui était déjà battit comme un homme.Le gémeau se souvint alors que Shun était censé avoir treize ans, ce qui, vu sa musculature, était dur à croire. Et Seiya, lui, n'aurait que 15 ans. Physiquement impossible. Ils étaient tous un peu plus âgés qu'ils ne le croyaient, ils ignoraient leur véritable âge, c'était tout.
Mais le sagittaire, aussi battit était-il – et cela se voyait bien, il portait des bottes élimées d'usure et les restes d'un pantalon qui faisait surtout penser à un pagne- avait les yeux d'un enfant à ce moment. Son regard bleuté s'illumina quand il vit clairement Kanon.
-Saga! Saga c'est toi? S'exclama-t-il de sa voix rauque.
-Non, Saga est mon frère, je suis Kanon, et toi, tu es Aioro c'est ça?
-Oui, mais alors, je suis vivant! J'ai réussi! Je suis revenu à la vie?
Sa voix parut plus claire, comme si l'idée énoncée lui rendait des forces à elle seule. Le frère de Saga vit sa joie s'épanouir dans son visage avec bienveillance. Puis quand l'adolescent blêmit, comme il venait de songer au pire, Kanon s'approcha un peu plus de lui, de crainte qu'il ne défaillisse. Et si…?
-Le temps à passer, n'est-ce pas? S'inquiéta Aioro. Le silence de l'autre était plus que significatif. Combien de temps?
-8 ans, répondit le guerrier aux cheveux bleus, en se préparant à tout.
Le jeune garçon ne répéta pas, l'air hébété, il ne tomba pas non plus à genoux, il ne se détourna pas pour s'enfuir en courant, bien qu'il n'en revienne pas. Il se mit trembler un peu plus, comme si un froid que lui seul pouvait ressentir l'assaillait. Il ne battit pas des paupières pour chasser les larmes de ses yeux, ne secoua pas la tête. Il resta simplement figé là, sur le bord d'éclater en sanglot ou en cri, sous le choc, cherchant, fouillant, se perdant dans les raisons pour qu'une telle chose lui arrive.
Et plus que toutes les réactions que Kanon avait prévu, celle-ci le toucha. Parce que contrairement à d'autre, Aioro ne cherchait pas à fuir ou à ignorer le coup, il le recevait de plein fouet, sans cacher ses sentiments confondus ou son désespoir. Il demeurait là, quasi immobile, ses pensées inscrites dans ses yeux, tel un livre ouvert. Puis ses yeux débordèrent, les larmes se mirent à couler librement sur ses joues, les sanglots se cherchèrent un chemin dans sa gorge, ses tremblements augmentèrent et sa colère prit la place de toute sagesse.
-Alors je n'ai pas été assez rapide, pas assez performant! J'ai raté 8 ans de la vie de mon frère pour revenir à la vie? J'ai perdu mon temps à traverser leurs épreuves pendant 8 ans pour revenir et savoir que mon petit frère était plus vieux que moi? Alors que je me sentirai toujours comme son aîné et qu'il connaîtra plus de choses que moi et qu'il me fera la leçon? J'ai renoncé au repos éternel et traversé l'enfer pour venir dans un monde dont je ne connais plus rien! J'ai tout sacrifié pour rien? Mais alors pourquoi ne m'a-t-on pas ramené à la vie avant, comme on l'a fit pour les autres chevaliers d'or! Pourquoi on m'a fait ça à moi?
Comme il criait, Kanon comprenait que ses mots étaient des attaques adressées aux dieux et à Athéna. Il comprenait aussi la douleur qu,avait enduré le jeune homme une fois mort. Lui aussi avait été séparé de son frère. Lui aussi n'avait jamais eu l'espoir de le retrouver. Et il savait ce qu'Aioros vivait en ce moment. Parce que lui aussi, une fois qu'il avait retrouvé Saga, avait eu l'impression qu'il avait tout perdu. Parce que 24 années de leur vie, ils avaient été séparés (pas 24 années complètes, mais quand même!). Parce qu'ils avaient raté 24 années de la vie de leur moitié jumelle. Et que jamais ils ne pourraient récupérer ces années perdues.
-Ça t'a fait du bien, demanda Kanon, quand le sagittaire eut fini de crier. L'adolescent fit non de la tête, le visage barbouillé de larmes. Le grand guerrier ouvrit ses bras et prit Aioro contre lui, avec la tendresse d'un père. Tu n'as rien perdu, l'encouragea-t-il. Aiola n'a pas changé depuis les dernières années, il est immature comme jamais.
Le sagittaire se serra un peu plus contre l'adulte, rencontrant pour la première fois depuis des années la chaleur humaine de quelqu'un qui lui voulait du bien. Dans cette douce étreinte, Kanon se sentit réconforté lui aussi, comme si le jeune homme connaissait sa différence et l'acceptait avec. Il l'ignorait, mais Aioro pouvait sentir des choses cachées au plus profond des gens. Il était souvent plus compréhensif que d'autres, bien que parfois aussi impulsif que son cadet. Ce que l'adolescent avait compris du chevalier des gémeaux ce soir-là, c'était qu'il pourrait compter sur lui et s'était fait un véritable ami.
Alors, même s'il tremblait entre les bras forts de l'adulte, même s'il pleurait comme un petit garçon, même s'il se sentait terriblement faible et vulnérable, il cacha avec reconnaissance son visage dans le cou de Kanon, en murmurant, avant de s'endormir, épuisé, un minuscule et humble : merci. L'homme aux cheveux bleus de nuit qui tiraient malgré lui sur le gris, le souleva de terre, dans ses bras en observant que malgré ses traits creusés par la fatigue, l'adolescent était beau.
-Ce n'est rien mon petit, fit-il d'un ton très doux. Si doux que Kanon en eut peur.
Et en portant Aioro jusqu'à l'auberge, il pria les dieux de ne jamais l'amener à devenir un autre et faire du mal à ce pauvre enfant presque adulte. Aiola lui en voudrait à jamais et lui-même ne se le pardonnerait pas.
Détail : Si Aioro n'a pas été ramené à la vie, et à dû être réssuciter d'une façon plus douloureuse, c'est parce qu'il aurait autrefois trahi Athéna, ce qui est tout à fait faux. Enfin, c'est ma version de l'histoire, peut-être aussi que c'était parce que l'auteur voulait donner l'armure du sagittaire à Seiya…
