Dragonna : C'est que j'ai le don d'humaniser les chevaliers on dirait, mais comment est-ce que je fais? Ah bon, c'est que 13 ou 14 ans de temps qu'ils ont été séparé? Bon ben ça fait quand même beaucoup tu trouves pas? Moi je trouve que oui, ça fait beaucoup… Puis quand on sait pas, on ne peut qu'essayer de ne pas se tromper… C'est pas facile, mais au moins, j,ai un minimum de connaissance sur les CDZ c,est déjà ça. Sion et Dohkko? Je l'ai dit, ça va prendre encore un peu de temps, mais patience, c,est plus proche qu'il y a 9 chapitres! Mais c'est encore loin, alors je fais de mon mieux pour continuer.
Hadès II (déjà, c'est que je suis inspiré pour ça!)
Mars cherchait parmi les âme déchues des morts. Il avançait entre leurs différents supplices, superbe, ses cheveux noirs aux boucles sombres plus noirs que le ciel et le néant autour. L'adolescent ruminait la seule leçon que son père lui avait fait, la seule chose qui l'effrayait autant qu'Hadès lui-même. Sa description de l'enfer, son exaltation et ses paroles dures lui revenaient à l'esprit.
-Ce qui fait que les enfers sont parfaits, c'est qu'ils prennent la forme que les mortels leur ont toujours imaginé. C'est ce qui fait la différence entre le paradis et mon monde. Les Chrétiens qui pensaient que leurs fautes seraient payées dans les flammes et la souffrance reçoive leur dû. Si un suicidé croyait trouvé la paix dans la mort, je la lui donne. Un temps. Ceux qui voient une échappatoire dans mon œuvre, le repos éternel où autre chose, rejoignent la réalité que j'ai créé selon leur rêve et leur cauchemar. Certains ont droit à la peur continuelle, les autres se pensant méritant du paradis peuvent tomber de haut. Parce qu'ici, personne n'échappe à la vérité la plus cruelle qu'il a toujours voulu ignorer. L'enfer est plus infernal quand je vais chercher la définition que les morts en ont.
Ça peut être la solitude, le rejet, les 7 péchés capitaux, revoir à l'infini les pires moments de sa vie. Être privé de couleur, de paysage enchanteur, d'amour, de tout ce qui fait de la vie ce qu'elle est. Mais toi Mars, tu sais comme moi que même ceux qui croyaient échapper à leur vie infernal n'auront pas droit au paradis. Ils seront heureux quelques jours, quelques semaines, puis je les plongerais tous dans MON enfer! Le plus dur, le plus mauvais et le plus noir des enfers. Seul les mortels qui n'ont plus le moindre regret, et qui partent l'âme en paix m'échappent. Mais encore, je suis Hadès, le roi, le dieu des morts, et rares sont ceux qui passent au travers de mes filets.
Quand il s'était tu, son corps noir et malfaisant tremblant de fureur sous sa capuche, ses mains crochues dépassant de ses manches, deux globes, rouges tel le sang avaient brillés, d'une lueur plus mortelle que la plus tranchante des épées. Son fils qu'il était très loin de considérer comme tel, s'était senti faiblir. C'était le sang humain de ses veines qui l'empêchait de faire face à ce regard meurtrier. Mais même la partie divine de Mars était effrayée face à son père. Même si l'idée du dieu des enfers était machiavéliquement bonne, l,adolescent frissonnait en y pensant. Parce qu'il n,était pas longtemps indifférent aux cris des damnés autour de lui.
Il préférait de loin venir là avec Pandore. Sa tante adoptive était toujours sûre d'elle. Enfant, il s'accrochait à sa main, terrifié de passer entre les morts, de les voir le haïr à cause de son père qui n'en était pas un. Quand il tremblait et que la voix d'Hadès l'encerclait de reproche, quand les larmes lui venaient aux yeux devant les enfants, morts nés, qui appelaient leur mère et restaient seuls, sans réponse. Sa tante était là, pour lui faire oublier, elle démêlait ses cheveux et lui souriait, et il supportait.
Mais aujourd'hui elle n'était pas là. Pour le rappeler à l'ordre. Et il était trop vieux pour laisser sa sensibilité l'emporter sur lui. Si Hadès l'avait vu, frissonnant devant les dizaines, les centaines d'hommes et de femmes qui, chacun séparément, souffraient dans son propre enfer, le dieu l'aurait fait punir. Même Rhadamente était moins sensible. Mais le général, lui, ne pouvait pas voir chaque chose que supportaient ses gens. Il n'avait pas le pouvoir de comprendre leur cri, de connaître leur vie en un regard et de deviner jusqu'à quel point leurs larmes étaient versées avec raison.
Aucun des deux autres généraux ou de leurs spectres ne savaient ni ne ressentaient la douleur de ses êtres brisés jour après jour et nuit après nuit. Mars, Pandore, Hadès, ils étaient les seuls à voir. Hadès goûtait, s'enrichissait de la peur de ses sujets. Son fils la traversait à grands pas, tout en la vivant comme les autres morts, mais le plus rapidement possible. Sa tante, elle, la repoussait en fermant les yeux, tout simplement. L'adolescent aurait voulu pouvoir faire comme elle, ou même comme Lui. Mais il ne le pouvait pas.
Et malgré la détresse de son être, le jeune dieu grec aux traits sublimes et au charme « divin » avait l'air superbe. Sa cape flottait derrière lui, secoué par le vent de haine que les morts faisaient souffler sur lui. Ses bottes de cuir noir claquaient sur le sol, plus fort que sa volonté ne résonnait en lui. Ses épaules étaient droites, ne se laissant agité par aucun tremblement. Ses cheveux bouclés encadraient son visage juvénile et bronzé. Ses vêtements blancs étaient immaculés et tombaient parfaitement sur son corps musclé.
Mars était son nom se rappela-t-il. Comme la planète rouge sang qui tourbillonnait dans les cieux. Ses yeux noirs brillaient de désespoir, écrasés par la violence qu'il avait vu trop souvent et les avant rendu plus durs que la glace. Le frisson cessa de la parcourir et il ne trembla plus quand il vit ce qu'il était venu chercher.
Elle avait des cheveux blonds ondulés. Il avait des yeux bleus qui pouvaient passer la dureté à la tendresse d'un coup. Il brûlait d'une flamme différente de tous les humains et ce n'était pas la première fois qu'il mourrait. Elle l'attendait, supportant les cauchemardesques journées uniquement dans l'espoir de le voir revenir. Et il revenait, puis repartait pour aider ses frères d'armes dans leur bataille, avant de mourir à nouveau. Elle était belle, il l'aimait. Il était beau et elle l'aimait. Ils se connaissaient depuis tout petit et s'étaient toujours aimés.
Aujourd'hui, encadré d'ombres, sur un lit aux draps noirs, ils s'étaient retrouvés. Elle avait pleuré son décès, inquiété par les circonstances qui l'avait amené. Il s'était ouvert à elle plus que jamais. L'un l'autre, ils s'étaient abandonnés, ils s'étaient aimés. Il s'appelait Ikki et elle, Esmeralda. Tout ça Mars le savait. Il n'en avait rien vu et n'avait pas essayé d'en voir quelque chose, mais il le savait. Et l'adolescent savait ce que la jeune femme avait demandé au jeune homme qui l'aimait. Elle lui avait demandé ce que seul un dieu pouvait offrir. La vie.
Mars sourit devant le couple. Ils étaient beau à voir. Tous les deux nus, comme des nouveau-nés. Paisibles, comme si un ange veillait sur eux. Esmeralda ouvrit doucement ses yeux doux et attentionnés, encore engourdie de sommeil. Elle était étendue sur le dos, ses épaules nues caressées par une brise légère provenant de dieu sait où. Ikki reposait tel un enfant, tout contre elle, sa tête de côté sur sa jeune poitrine. Les bras de l'homme l'encerclait de manière à ce que ses mains caressent ses cheveux de chaque coté de sa tête. Sa féminité caché par le bel endormi.
Elle pouvait sentir son corps monté et descendre, respirant contre le sien. Sans défense, sans armure, endormi. Une mince couverture dévoilait sans gêne le dos musclé de son phénix. D'une main, elle lui touchait l'épaule, de l'autre, elle démêlait doucement ses cheveux. Sa peau était douce, chaude malgré la mort. Esmeralda en pâlit. Ils étaient morts. Dans l,enfer noir d'Hadès et pourtant… Pourtant, ils ne pouvaient être qu'au paradis pour vivre un si beau moment. Ikki était offert tout entier à elle, elle tout entière à lui.
Enfin son beau chevalier acceptait cette faiblesse, son cœur battant et la laissait comprendre qu'il avait besoin d'elle. Comme elle le lui avait toujours montré. La jeune femme referma ses yeux et se rendormie, dans la tendre étreinte de son aimé.
Mars les regardait, envieux, presque écoeuré par tant de compassion, de douceur. Chose que lui n'avait jamais reçu et ne recevrait jamais. Et plus il les regardait et plus il se disait que c'était trop beau pour qu'il laisse quelqu'un briser cela. Ses yeux noirs auraient voulu, un jour, voir une telle scène se dérouler, avec ses deux parents pour principaux acteurs. Il l'aurait sincèrement voulu et de voir cela lui faisait mal. Mal plus encore que toutes les autres choses qu'il avait vu jusque là.
Et malgré ça, le jeune dieu était ému. L'amour partagé devant lui était trop beau pour qu'il laisse Hadès venir le briser avant que le temps ne soit venu. Lui aussi avait des pouvoirs sur les morts. Les trois quarts du sang coulant dans ses veines étaient divins. Et la requête de cette charmante jeune femme relevait de la bonté divine. Elle voulait la vie. Et pour avoir réussi un tel miracle dans le monde des morts, où tout ce qu'il avait jamais vu n'était que désolation, Mars croyait que sa requête était équitable.
Pandore aurait été fière de lui. Sa mère aurait été fière sans aucun doute. Ce spectacle, gravé dans sa mémoire, était trop pur pour ne pas y mettre sa bénédiction. Même si pour ça, il se montrerait dur au départ. Le couple endormi était trop vivant pour être au monde des morts, de toute façon. Alors, Mars choisit de commettre le geste, la trahison envers son père, qui tenait plus du défi. Il tendit la main vers le ciel, d'un geste vif, élégant, écartant les doigts les uns des autres pour rappeler à lui le trésor volé d'Esmeralda. Son corps de mortelle, fait de chair et de sang. Ikki sembla sentir l'intervention et étreignit un peu plus fort sa douce, un frisson glissant le long de sa colonne vertébrale.
Esmeralda rouvrit les yeux, brusquement tirée du sommeil par la lumière terrible qui nimbait le corps du dieu tandis qu'il intervenait sur le cours du temps et des choses. Mars garda le phénix endormit de force, et souleva l'âme de la jeune femme en abaissant sa main d'un coup. L'âme pâle retrouva son corps (et sa robe) dans un éclair noir. Elle se retrouva debout, devant l'adolescent, loin d'Ikki, loin de l'enfer, loin de la mort, dans un tourbillon noir et blanc. Le dieu lui sourit avec gentillesse, ils se tenaient sur un escalier d'ombres. Quelques marches plus bas, l'herbe la plus tendre caressait le sol, les oiseaux chantaient et par dessus tout, un ciel bleu laissait briller le soleil. Esmeralda dévisagea Mars. Il lui fit signe de partir, avant de dire, d'une voix fragile : c'est la vie qui vous attend ma belle. Votre amour vous rejoindra bientôt.
Elle ne vit pas pourquoi elle se méfierait. Elle n'avait jamais vu Mars et il ne lui inspirait que de la confiance. La seule chose à l'inquiéter fut de penser qu'Ikki était toujours là-haut. Perdu dans les enfers, parmi les morts. Il ne savait certainement pas où elle se trouvait. À ce moment, elle toucha le sol, l'escalier noir se volatilisa derrière elle. La jeune fille eut beau se retourner, la brise ne lui apporta rien d'autre que la voix rassurante du garçon à la cape sombre.
-Bientôt, il viendra te retrouver. Il renaîtra de ses cendres, tel le phénix… bientôt, alors patience.
Ce furent ses seuls mots, mais Esmeralda cru en entendre un autre, au fond de son esprit. Prudence. Elle fronça les sourcils, sans comprendre.
-Faites attention, s'écria une voix de femme.
L'interpellée se retourna, faisant voler ses mèches blondes dans la clarté du soleil. Elle comprit en voyant l'homme qui se précipitait sur elle, une arme à la main. Elle ne comprit pas pourquoi il l'attaquait, mais bien le reste. Sauf qu'il était trop tard pour éviter l'attaque. Esmeralda leva un bras pour se protéger, ce qui était bien illusoire.
À suivre…
Qui est Mars? Vous le saurez dans le prochain chapitre! En plus de la suite!
