Dragonna : C'est vrai que Shaka était plus dur, c'est normal, on peut paschanger ce type là comme ça, t'aime pas Seiya non plus? É ben, ça c'est pas mal. Mais j'en parle quand même puisqu'on ne peut pas vraiment passé à coté de lui. . . Bon et maintenant c'est bien Aiola, qui va…. Nan, je le dirais pas. T'as qu'à lire.

Aiola II (Aioros II)

Avant que l'ancien couple que formait Seiya et Athéna ne soit réuni, les chevaliers furent témoins de quelques évènements assez marquants. Aiola le premier, étant le principal intéressé de ce qui arrivait. Pour une fois, la chance lui souriait.

Le lion s'était endormi, sa belle serrée tout contre lui, avec la crainte habituelle de ne pas la voir avec lui le lendemain. Mais quand la clarté du soleil traversa sa fenêtre, ce ne fut pas cette lumière qui le tira du sommeil, mais la voix de Marine.

-Je suis en retard, murmura-t-elle en cachant son visage ravagé dans l'épaule de son amant qui ouvrait doucement ses yeux les plus tendres.

-Je vois bien, tu es resté plus longtemps que jamais auparavant, s'émerveilla t'il en contemplant la lumière du jour sur la peau du dos de sa douce. Jamais auparavant il n'avait eu l'honneur de s'éveiller avec l'aigle dans ses bras.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire, mais avant de t'expliquer, je voudrais te montrer ce que tu veux tant voir depuis si longtemps, fit-elle au creux de son oreille.

Il n'y crut pas tout de suite. C'est la jeune femme qui le força à se redresse au-dessus d'elle. Avant de tout lui dire, elle préférait être sûre qu'il l'accepte toute entière, elle, avec tous les défauts qu'elle avait. En découvrant sa figure si jalousement cachée, Aiola n'eut ni mouvement de recul, ni froncement de sourcil. Il comprit pourquoi elle tenait tant à porter un masque, mais ne fut pas rebuté pour autant par ce qu'il vit.

Le front et les joues de la guerrière étaient marbrés de trois cicatrices, mal soignées et mal guéries. Ses yeux verts brillaient d'inquiétude. Elle avait toujours peur de le dégoûter avec ses marques horribles. Mais le regard du lion demeura aimant quand il les vit. Il se pencha même sur elle, pour poser un baiser sur chacune de ses cicatrices violacés, avant de frotter sa joue contre la sienne.

-C'est la trace qui reste de ceux que tu as connu avant moi, n'est-ce pas?

-Aiola, supplia-t-elle, n'étant toujours pas prête à en parler.

-Ce n'est rien Marine. Ça ne m'empêchera pas de t'aimer comme avant. Et même plus que jamais, murmura-t-il en cherchant ses lèvres. Elle le repoussa gentiment.

-Tu ne veux pas savoir ce que je voulais te dire toute à l'heure? Demanda la jeune femme en passant ses bras autour du coup du chevalier de son cœur.

-Mais bien sûr que si. Euh, il me semble que tu disais être en retard tout à l'heure, répondit-il avec un sourire.

-Chaque mois, les femmes ont leur mauvaise semaine et…

-Mais je sais déjà ça, allons…

-Je le sais bien, ce que je veux dire, c'est que ça fait deux moi que je l'ai sauté, le coupa-t-elle.

Le choc fut plus grand que celui qu'il avait eu en voyant son visage pour la première fois. Il sépara son corps de celui de Marine et se redressa presque entièrement au-dessus d'elle, comme foudroyé. Elle s'assit, surprise par sa réaction. Il avait l'air terrifié à l'idée que ce qu'il croyait comprendre soit vrai.

-Est-ce que ça voudrait dire que…?

-Allons Aiola, ce n'est pas si grave que ça. Et puis, c'est naturel, après toutes les fois où on a…

-Non, c'est encore trop tôt. Je ne peux pas, il se tu devant la figure peinée de la jeune femme. Il avait beaucoup de difficulté à accepter cette idée. Alors, c'est vrai? Dit-il, l'air d'un enfant qui a fait une bêtise.

N'en revenant pas, Marine se saisit de la main droite du lion, la plus sensible et la posa sur son ventre encore mince. La jeune adulte se figea en ressentant la présence embryonnaire sous ses doigts. Dans quelques mois… Son regard vert tendre et effrayé se posa sur sa belle, qui ne savait plus comment le regarder. Pourquoi faisait-il tant d'histoire? Il n'avait jamais dit qu'il ne voulait pas d'enfant et savait que c'était l'un de ses rêves les plus chers. Pourquoi en faisait-il tout un plat?

-Marine, il hésita avant de la prendre par la taille et de l'amener contre lui. Je te demande pardon si je ne réagis pas comme tu l'aurais voulu. Je ne m'attendais pas à… Devenir père, protéger Athéna et être un chevalier servant du peuple, tout à la fois, ça me semble difficile. Déjà, j'ai l'impression de te négliger, alors si je dois m'occuper de toi et…

-Mais c'est normal d'avoir peur, c'est l'inconnu qui se dresse devant nous. C'est juste que ce n'était pas une raison pour t'écarter de moi comme si soudain j'avais la peste.

-Je suis désoler, ce n'était pas dans mon intention de te faire sentir comme ça, fit-il en lui caressant le dos et la collant tout contre lui. Je t'aime et je n'ai rien contre le petit garçon qui grandit en toi, c'est juste que j'ai peur qu'il ne naisse dans un moment où partout se sera la guerre et que jamais nous ne pourrons nous occuper de lui. Nous sommes tous les deux chevaliers et je ne t'obligerais pas à cesser de te battre à cause de moi. Mais alors, notre enfant sera délaissé et je ne voudrais pas l'abandonner à lui-même comme je l'ai été avec Aioros.

-Mais comment sais-tu que c'est un petit garçon? s'étonna-t-elle.

-Je l'ai senti Marine, bien mieux que n'importe quelle échographie peut le faire, murmura-t-il. Et je vais l'accepter même si j'ai peur.

Qu'il admette sa peur, c'était déjà beaucoup et qu'il revienne en arrière avec sa déclaration toucha énormément la jeune femme. Elle l'étreignit de toute ses forces alors que des coups étaient frappés à la porte.

-Aiola? Je sais que tu es là et il faut que tu viennes tout de suite! fit la voix de Kanon.

-On ne dérange pas un futur père, lança Aiola d'un ton joué qui dévoila la joie qui enveloppait maintenant le cœur du lion à Marine.

-Parce qu'il fait déjà des siennes le chenapan! glissa Athéna sur un ton assourdit par les murs qui les séparaient.

Le chevalier se défit de l'étreinte de l'aigle en entendant les paroles qui suivirent. La voix qui les prononçait était faible, méconnaissable pour quelqu'un n'ayant pas longtemps connu son propriétaire. Mais le roi des animaux la reconnaîtrait entre mille.

-On peut te déranger en ta qualité d'ex-petit frère au moins?

« C'est impossible, pensa-t-il en s'habillant à toute vitesse et tout de travers. Ce doit être moi qui hallucine. »

Avant d'avoir fourni une explication à Marine, il était sortit de la chambre, la laissant seule et désemparée. Mais elle comprendrait quand elle saurait.

Parce que, tremblant du froid du dehors, de celui encore frais dans sa mémoire de la mort et encerclé par Athéna et une bonne partie des chevaliers de la déesse, il y avait Aioros, son frère aîné. Qui avait maintenant au moins 8 ans de moins que lui. Mais qui était bien vivant malgré cela. Quand il vit son cadet arrivé, et que l'autre l'aperçu, ce fut un terrible choc pour chacun d'eux. Le premier de voir son frère si vieux, le second de voir son aîné si mal en point.

Aiola s'avança entre les clients de l'auberge, sous les commentaires de Sion et d'Athéna, qui raillaient sa tenue vestimentaire. Sa chemise n'était pas boutonnée et il ne portait même pas de bottes. Cela, les deux frères s'en fichaient. Le pauvre Aioros avait fait le tour des bras de tous les hommes présents durant son court sommeil et avait été dorloté quelques instants par Saori, mais ça lui semblait déjà être un souvenir lointain.

-Aioros, demanda l'adulte aux boucles brunes.

-Aiola, déduisit l'adolescent qui se releva devant lui, tremblant de froid et de fatigue.

Un instant, ils restèrent là, figé l'un devant l'autre, à se jauger comme deux étrangers dans le silence amical laissé par leurs frères d'armes. Souvent, ils avaient fait une crois sur de telles retrouvailles, si souvent qu'à présent, ils restaient hébétés par la surprise. Puis une flamme étincela dans le regard du lion, allumant celle si longtemps éteinte dans celui du sagittaire. Alors, comme d'un commun accord, ils se précipitèrent dans les bras l'un de l'autre, l'aîné comme le cadet, sur le bord des larmes.

-Tu es revenu juste à temps pour devenir oncle, lui chuchota le fauve, en se demandant s'il pouvait être plus heureux qu'en ce moment.

-Tu m'auras au mois attendu pour ça espèce de vaurien, le tança Aioros, gentiment.

Quand Marine sortit de la chambre à son tour et vit les deux frères réunis après tant d'épreuves, elle souhaita que plus aucun problème ne vienne brimer la vie des chevaliers, qu'ils avaient tous voué à la cause du bien. Elle remarqua Saga et l'air triste que son frère jumeau ne parvenait pas à lui enlever du visage. Il y avait aussi Seiya qui observait ses belles retrouvailles avec un pincement au cœur. Sa sœur lui manquait plus que jamais quand il voyait ça. Shura était couvé du regard de cette belle serveuse noire et en grande discussion avec Dhokko, leur éternel solitaire.

Sion s'inquiétait en silence pour Mu tout en essayant de calmer Kiki qui était très excité. Comme d'habitude. Kanon semblait déchiré entre ses deux lui-même et le mauvais paraissait plus qu'intéressé par le jeune Aioros, ce détail jetant une touche de crainte parmi les rangs des chevaliers. Quant au bon, il était aussi intéressé par le sagittaire, mais d'une façon plus douce. En comprenant qu'elle était la seule à l'avoir remarqué, Marine fit taire sa crainte et alla rejoindre Aiola et son frère. Son masque recouvrait à nouveau ses traits.

Athéna jeta un regard vers Seiya, seul chevalier de bronze resté avec eux. Il la fuyait. Comme tous ses autres protecteurs, il la fuyait mais ça semblait pire. Parce qu'elle voyait qu'il souffrait de devoir la fuir tout en ne pouvant s'empêcher de garder de la distance entre lui et elle. Elle avait besoin de sa chaleur, mais quelque chose entre eux avait changé. Ça lui faisait mal et la séparation croissante s'ajoutait à la douleur. Et c'était encore plus douloureux de penser que la seule chose qu'ils partageaient à présent, c'était cette douleur amenée par leur séparation. « Qu'est-ce que j'ai fait pour que tout soit ainsi? » soupira-t-elle pensivement. Il était encore trop tôt pour savoir. Ou trop tard…

Le prochain? Ce sera encore Shiryu!