Dragonna : Il était mignon hein Aiola? Et il va être papa! (Remarque, il pourrait….non je ne le dirais pas) Et il était temps qu'il retrouve Aioros, les pauvres, j'aurais envie de pleurer rien qu'à y repenser. Mais maintenant je te parle de Shiryu et oui, encore, je suis incollable avec celui-là. Aie
Shiryu V (Déjà? C'est pas vrai, j'avais pas réalisé…)
Shiryu avait dû rassembler tout son courage pour aller « voir » son futur beau-père (Shunrei était une orpheline, mais quand Dhokko a dû partir une fois redevenu jeune, elle s'est fait adopté), admettre son infirmité visuelle et redemander la main de Shunrei. Si d'autres hommes avaient des vues sur elle, ils feraient mieux de se marier le plus tôt possible. Tant pis si la paix sur terre n'était pas encore complète. La chinoise avait déclaré qu'elle l'attendrait encore, à la condition qu'il ne la fasse plus attendre pour leur mariage. Elle s'en voulait déjà de ne pas l'avoir convaincu plutôt
Mais ce détail n'était pas le pire. Le père avait accepté la requête du dragon, sachant que sa réputation en serait grandement améliorée. Les chevaliers d'Athéna avaient de nombreux partisans même ceux qui était devenu aveugle dans leur lutte pour la justice. Par contre, au village, les anciens amis de l'adolescent l'avaient complètement renié. Pour eux, il ne valait plus bien mieux qu'un homme amputé. Shiryu supportait en silence toutes les railleries et méchancetés qu'on pu lui lancer à la figure, pour ne pas déshonorer sa fiancée en se laissant emporter dans sa rage. Plus jeune, il avait fait éclaté de nombreuses bagarres.
Maintenant, bien qu'il soit aveugle, il voyait certaines choses beaucoup plus clairement. Les escarmouches pour des bagatelles c'était fini. Ça ne servait à rien d'autre qu'à se faire des ennemis. Il continuerait certainement de se battre torse nu pour prouver qu'il n'avait pas besoin de son armure pour se battre. Mais il ne réagirait plus aux insultes aussi farouchement qu'avant. Défendre son honneur se faisait de bien des façons. Et laisser les paroles fielleuses passer au-dessous de soi pour les écraser du revers du pied valait mieux que les poings.
Malgré cette promesse, Shiryu déclencha bientôt une véritable rixe dans le village. Cependant, cette fois-là, personne ne lui en tint rigueur. Et il y avait de quoi.
Il était rentré depuis une semaine à peu près et son mariage prochain avec Shunrei était maintenant de notoriété publique. Tout comme sa cécité. Ce jour-là, à à peine trois jours de l'heureux événement, sa belle travaillait dans la rizière avec les autres femmes. Le dragon l'ignorait, mais depuis quelque temps, une certaine tension s'était installée entre sa fiancée et les autres femmes. Shiryu était un bon parti, même dépourvu de sa vision. Et que l'une des pauvrettes du village l'obtienne pour avoir été son amie d'enfance les rendaient terriblement jalouses.
Les autres hommes du village, eux, auraient facilement pu avoir Shunrei pour femme et la trouvaient tous à leur goût. Mais on leur avait préféré Shiryu. Alors on se dit d'un commun accord que si on ne pouvait pas avoir l'une ou bien l'un; l'autre n'aurait pas l'autre. Aussi simple que ça.
C'est pourquoi, sur le coup d'une heure de l'après-midi ce fut Shunrei, la cible des commentaires les plus mesquins que les villageois avaient pu trouvé. Tous se liguèrent contre elle, sans exception. Dans la rizière, les femmes lançaient des remarques acerbes et virulentes tant elles se propageaient vites. La jeune fille les reçut toutes, de plus en plus blessée au fur et à mesure que la cruauté montait et que la bassesse des paroles s'accentuait.
-Une femme faible sera prise par un homme impuissant. Si elle est déjà stérile, on ne fera pas porter la faute à lui. Il est certainement aveugle, parce qu'il n'aurait jamais choisi pour épouse une telle créature en la voyant clairement. Ce doit être une sorte de fille de joie experte, pour qu'elle n'use pas de sa beauté pour le mettre dans sa poche. Mais de quelle beauté voulais-tu qu'elle use hein? Ça ne fera pas un bon ménage un homme infirme. Oui, mais il faut le comprendre, entre ça et une vache, vaut tout de même mieux ça. Il est peut-être bien aveugle, mais sûrement pas sourd. D'accord, elle ne meugle pas, mais elle n'a pas une si belle voix que ça. En fait, qu'est-ce qu'il lui trouve? Pas de dot, pas de chair sur les os, pas de consistance, pas de forme. Elle n'a rien.
Après ses cruels commentaires, ce furent les hommes du village qui vinrent en rajouter en venant la regarder travailler. Ils l'observèrent tous, de point de vue différents, et discutaient à propos d'elle, juste assez haut pour qu'elle l'entende. L'humiliation ne devait pourtant pas être complète puisque que quand elle voulu partir, son travail terminé, dix d'entre eux l'attendaient et lui barraient le chemin.
-Tu sais ce qu'on devrait faire maintenant ma petite? Un enterrement de vie de vieille fille. Histoire que tu saches comblé ton aveugle, se moquèrent-ils en la dévisageant désobligeamment. À leur regard seulement, la pauvre comprit où ils voulaient en venir. Et elle leur aurait bien tenu tête s'ils n'avaient pas été une bande de salauds, dix vauriens de la pire espèce. Elle n'avait pas le moindre espoir.
Mais heureusement, Shiryu passait par là, juste assez près pour entendre et tout comprendre. Alors que 20 mains se tendaient vers Shunrei, pleines de mauvaises intentions, il arriva, pour s'interposer entre sa fiancée et ses attaquants, suite à un saut impressionnant.
-Si vous osez toucher ne serait-ce qu'un seul de ces cheveux, je vous le ferais payer, déclara-t-il durement.
Les hommes échangèrent des regards sceptiques, avant de se tourner vers lui, amusé.
-Alors comme ça, tu t'es trouvé une chienne d'aveugle plutôt qu'un chien, c'est pas mal comme idée, dit l'un.
-Retires ça!
-Hey, on veut juste l'essayer nous aussi, se plaignirent-ils l'air vorace.
C'en était trop. Derrière lui, Shiryu devinait, ressentait même l'état d'esprit tourmenté et humilié de Shunrei. On ne lui ferait pas de mal. On ne la blesserait pas que ce soit physiquement ou moralement devant lui. Il en avait fait le serment.
Sa première tactique fut de resté devant les agresseurs de la jeune fille sans bouger, pour se calmer et leur laisser une chance de s'en aller. De leur ficher la paix quoi. Mais les 10 hommes ne s'en allèrent pas et trouvèrent même sa réaction très drôle.
-Tu veux te battre peut-être, se moquèrent-ils. Même aveugle? Attention, je suis sur ta droite. Et moi sur ta gauche! À moins que ce ne soit l'autre droite? Ou l'autre gauche?
Shiryu demeura silencieux et immobile, Shunrei toujours derrière lui. La jeune fille avait peur de ce qui allait venir. Et quand un premier garçon passa à l'attaque et que le chinois para d'un simple coup de coude pour le renvoyer parmi les autres, elle devina tout ce qui allait arriver. Excalibur qui reposait dans son bras droit faucha tous ses adversaires sans faire la moindre exception. Aucun ne mourru, mais aucun d'entre eux ne s'en tira sans blessure. Coupure, fêlure, fracture ou foulure, tout y passa.
Et le chevalier d'Athéna, bien qu'il soit aveugle, fit preuve d'un dextérité incroyable. En fait, tout le temps que dure la lutte, aucune des femmes assistants aux duels successifs ne pu croire qu'il était vraiment aveugle. Ses mouvements, ses répliques et ses feintes étaient si parfaits, si magnifiquement exécutés, qu'il ne pouvait pas ne pas voir ce qu'il faisait. C'était trop précis, trop soigné.
Pas un coup bas, pas une erreur, à la fin, Shiryu n'avait pas un bleu, tandis que ses adversaires s'éloignaient tout en gémissant de douleur, vaincus dans leur amour-propre. Et personne ne pensait plus à dire du mal de lui ou de sa belle. Les spectatrices non-volontaires préférèrent filer chez elles en vitesse, les yeux pleins d'étoiles et le cœur, de jalousie.
-Shiryu, tu es fou ou quoi, gémit sa fiancée quand il n'y eut plus personne pour l'entendre à part lui.
-Je n'allais pas les laisser te faire du mal. Puis maintenant, tu sais au moins que je peux me défendre sans voir ce que je fais.
Elle se lova contre son épaule tandis qu'il parlait, sans trembler ou l'interrompre. Tout le village risquait de se monter contre eux à présent, quoi que c'était déjà fait. Mais le pauvre ne savait pas toute les horreurs qu'on avait dit, toutes les méchancetés lancées contre lui et elle. Parmi les autres femmes, elle ne se voyait plus que des ennemies. Après avoir fait face à toutes ses insultes sans broncher, elle ne pouvait faire autrement que d'éclater.
-Ramènes-moi à notre maison, murmura-t-elle, d'une voix brisée par la pensée qui l'enveloppait.
-Shunrei, qu'est-ce qui t'arrive? S'inquiéta-t-il en la prenant par les épaules.
-Ramènes-moi à la maison avant que je ne t'oblige à faire un scandale, ordonna-t-elle. Si tu peux te battre sans tes yeux, tu dois pouvoir nous ramener chez nous sans tes yeux aussi!
Il la lâcha en l'entendant prononcer ses derniers mots, blessé. Mais il ne répondit rien, lui prit doucement le bras et l'entraîna à sa suite, jusqu'à cette fameuse maison qu'il avait construit quelques années plutôt. Quand ils eurent franchi le seuil, elle le bombarda de questions.
-Tu as faim? Tu veux quelque chose? Tu t'es blessé en te battant contre eux? Tu as prévu quelque chose pour notre voyage de noce? Tu comptes resté longtemps avec moi après? Tu pensais invité des amis au mariage? Est-ce que tu…?
-Hé, doucement, du calme, l'interrompit-il, surpris de la découvrir si inquiète. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait pour te mettre dans cet état?
-Oh, Shiryu, si tu savais tout ce qu'ils ont pu dire sur toi tout à l'heure! C'était de vrais horreurs, je ne peux pas croire que toutes mes amies ont toujours été aussi hypocrites, non, c'est… Comment est-ce que je peux encore dire que ce sont mes amies après ce qu'elles ont dit? Après toutes leurs insinuations? Shiryu, je ne supporterais jamais que tu m'abandonnes ici pour aller te battre et protéger des gens comme ça, fit-elle, toute d'une traite, avant d'éclater en sanglot.
Le pauvre ne trouva rien d'autre à faire que de la prendre dans ses bras pour la réconforter. Elle ne lui répéta rien de ce qu'on avait compté sur lui, mais elle paraissait si bouleversée qu'il se sentit obligé de la rassurer.
-Shunrei, je vais rester avec toi pour quelques mois, ça c'est certains, et d'ici le jour de mon départ, j'aurais trouvé une solution. Pour nous deux.
-Tu me le promets, murmura-t-elle, lui rappelant ainsi la petite fille qu'il avait connu autrefois.
-Je te le promets, répondit-il, attendri.
Prochain chap, Deathmask! C'est promis!
