Dragonna : il était mignon, pas vrai, ce cher Kanon ? Pour la fricote avec Posi.. baf, je vais le dire bientôt de quoi il en retourne… La suite est sur tout les chevaliers se trouvant encore Athéna, puis ensuite (ce sera le mariage de Shiryu! Et la nuit de noce! Joie!) Bon, passez cette excitant événement, euh, la suite est en dessous… ihihi, review!
Chevaliers III
Le lendemain, les chevaliers s'éveillèrent sur une vue de carnage. La forêt qui se situait non loin de leur auberge avait été entièrement dévastée. On n'avait laissé qu'une chose intacte. Le séquoia où l'amour d'Athéna et de Seiya était revenu au grand jour. Le reste des arbres avait été réduit en morceaux. Du bout des feuilles jusqu'à leurs racines. Certains avaient été brûlés, d'autres déracinés, mais les plus nombreux étaient cassés. Avec des brisures nets, laissées par les mains nues d'un homme.
Aiola soupira, Aioros appuyé à la fenêtre, pendant que les autres descendaient de l'étage, à moitié endormis. Sion arriva avec Kiki sur ses talons, l'air d'avoir mal dormi.
-Il y a eu un orage cette nuit ou quoi ? se plaignit Shura en venant s'accoter contre une table, verbalisant la pensée de tous.
-C'est aussi ce que je croyais que c'était, remarqua Dhokko, bras croisés sur son torse, semblant préoccupé et irrité.
-Mais qu'est-ce qui est arrivé, demanda Saori, ne sachant vraiment pas ce qui s'était passé.
Seiya était appuyé contre le foyer de l'auberge, l'air sombre. Il n'aimait pas ce qu'il devinait. Marine, debout près de lui, paraissait être ailleurs. Saga et Kanon n'étaient pas là.
-C'est Kanon, répondit Aiola en se tournant vers Athéna, ses yeux verts, énigmatiques.
-Mais qu'est-ce que… commença Kiki.
-Il est hors de lui. Son cosmos s'est enflé de colère d'un coup et puis, il a explosé. Il s'est enfui avec des envies destructrices et quand il est tombé sur cette forêt, sa violence s'est échappée. Il n'a pas pu se retenir. Il vaudrait mieux ne pas le laisser tout seul en ce moment, expliqua Aioros, très sérieusement.
-Comment sais-tu cela toi ? interrogea Seiya.
-Il est plus sensible que d'autre. Ou tout au moins, il prête plus d'attention à ce qui se passe autour de lui, répliqua Aiola.
-Merci pour les sous-entendus, coupa Dhokko, mais quand même, il ne pourrait pas nous dire ce qui a pu fâcher Kanon à ce point ?
-C'est Saga, non ? Ça me paraît logique, proposa Shura.
Athéna secoua la tête en collant son front à la vitre de la fenêtre, ne pouvant pas y croire. Ils étaient à des kilomètres de la forêt et ils pouvaient voir les dégâts de là.
-D'ailleurs, où est-il celui-là ? intervint Marine.
Kiki fila dans les marches pour constater ce que la majorité avait déjà sentit, Saga n'était pas dans sa chambre. Il revint la tête basse, déçu.
-Mais qu'est-ce qu'il a bien pu faire pour le mettre dans cet état ? soupira Sion.
-Ça, je l'ignore, souffla Aioros. Mais le cosmos de Saga n'est pas détectable. Alors que Kanon, lui, est dans ce séquoia, dans un état des plus instables.
-Allons le voir, il nous donnera des explications, décida Saori, avant de se diriger vers la sortie.
Ils la suivirent tous hors de l'auberge, inquiets. Ils marchèrent en silence, Sion et Kiki encadrant la déesse, Shura, Dhokko et Marine derrière eux et Seiya, Aiola et Aioros devant. La jeune femme aux cheveux pâles soupira, entourée qu'elle était de ses protecteurs. Il n'y avait rien à craindre et pourtant les voilà qui installaient déjà en position de défense.
Bientôt, le petit groupe avait atteint les alentours immédiats du séquoia. Leur accueil fut pour le moins frappant. Depuis son repère, le gémeau leur balança des dizaines de branches et de bûches à la figure. Les trois chevaliers formant la tête de leur procession évitèrent les projectiles de justesse.
-Allez-vous-en ! cria Kanon, d'un ton coupant.
-Tu as vingt-huit ans, ce n'est pas ton genre d'agir ainsi, lui fit remarquer Marine, tandis qu'ils continuaient de s'approcher.
-C'est plutôt celui de Kiki, ajouta Sion.
-Je m'en fiche, répliqua Kanon en lançant d'autres morceaux de bois sur eux, tout en prenant garde à ne pas toucher Athéna d'un de ses tirs.
Cette dernière, voyant son manège, s'avança vers l'arbre, écartant ses soldats pour se retrouver seule, face à son guerrier (oh, cé pas juste, pourquoi SON guerrier à elle?). Il cessa de lancer ses bouts de bois et se cacha au creux d'un trou qu'il s'était creusé à coup de poing dans l'écorce et le tronc. (Pauvre arbre!)
-Soyez heureux et fichez-moi la paix! demanda-t-il.
-Kanon, qu'est-ce qui t'a prit ? fit Aiola, en s'approchant, avec les autres, pour former un demi-cercle derrière Saori. À la moindre alerte, ils réagiraient.
-Ça paraît pas ? J'ai eu envie de cueillir des fleurs géantes et mon bouquet a fini en morceau, se moqua-t-il.
-Pourquoi tu t'es fâché comme ça ? questionna Shura.
Kiki frissonna dans le silence qui suivit, à la vue des troncs déracinés, des branches qui semblaient saigner de toute part à cause de la sève qui coulait parmi elles. La nature criait sa douleur dans son âme d'enfant. La veille même, il avait couru parmi ses arbres qui, aujourd'hui, étaient morts. Il se serra contre la jambe droite de Sion, en quête de réconfort dans ce carnage végétal. Le grand bélier posa une main rassurante sur ses cheveux roux. Dhokko leva un regard noir sur le séquoia où se cachait l'homme qui avait brisé tout l'équilibre de cette forêt.
-Kanon, insista Athéna.
Il ne dit rien, refusant de s'ouvrir. Non, il ne leur avouerait rien. Rien de rien.
-Dis-moi pourquoi tu as fait ça ! C'est un ordre ! s'énerva Saori.
Le ton d'Athéna était trop agressif, il se sentit craqué. C'était la goutte de trop. Tous ses arbres qu'il venait de détruire. Ses souvenirs de Julian. Le refus de Saga. La trahison de son frère. Sa solitude prolongée et forcée. Le retour d'Aioros, les retrouvailles ratées des chevaliers à cause des absents. La guerre d'Hadès. Le suicide d'Athéna. Les marinas…
-Parce que je ne suis qu'un imbécile ! Et parce que Saga aussi !
« Non, je ne voulais pas dire ça ! » se tança-t-il.
-Kanon, descends, ordonna Athéna.
Aiola remarqua alors le comportement son frère. Aioros avait l'air très bizarre. Comme s'il savait quelque chose que tous les autres ignoraient. Quelque chose d'important et de grave. Il restait très calme, pour ne rien perdre de ce qui se passait. Silencieux, avec un air grave que son cadet ne lui avait pas souvent connu.
Le sagittaire prit alors la parole, pour la première fois depuis qu'ils étaient sortis de l'auberge. Avec une assurance que déjà, il avait à 14 ans, mais qui s'était raffermie autant que son esprit au long des années. De tel façon que ce ne fut pas un adolescent qui parlait, mais l'adulte qu'il était dans ce corps.
-Tu souffres Kanon, mais ce n'est pas en agissant de la sorte que tu souffriras moins. Descends et viens nous expliquer ce que tu peux. Nous sommes avant tout tes amis, nous comprendrons si tu nous en donnes la chance.
Le lion en resta sans voix. Dhokko, lui, acquiesça. Aioros portait bien son titre de sagittaire. Athéna, elle, perdit de sa superbe en voyant qu'à la demande de leur revenant général et non à la sienne, Kanon se décidait à glisser en bas de son arbre.
Ses yeux étaient verts comme l'herbe parsemant le sol, troublés par ses pensées confuses. Il avait les mains égratignées et les bras couverts d'échardes. Ses cheveux mêlés, montant en pointes et en boucles sur son visage qui faisait peine à voir. Il n'avait pas dormi de la nuit. Le blanc de ses yeux était rouge, comme s'il était passé plusieurs fois au bord des larmes. Il aurait voulu avoir l'air dur, mais il en était incapable.
Avant que ses frères d'armes n'aient posé de questions, Kanon avait inspiré profondément pour s'expliquer. Toute cette douleur avait pesé trop lourd sur lui.
-C'est Saga. Il… il nous a trahi, juste quand nous avions le dos tourné, juste sous notre nez.
-Quoi? Comment?
-Il est amoureux.
-Mais ce n'est pas une trahison, s'insurgea Marine.
-Si, ça l'est !
-Pour toi, suggéra Shura.
-Non, pour nous tous!
-De qui est-il amoureux, voulut savoir Aiola.
-Ce n'est pas à moi de vous dire ça. Mais à lui. Il ne risque pas de le faire d'ailleurs. C'est…
Il s'arrêta net en voyant les regards qu'échangeaient les guerriers. Ils croyaient que le gémeau se sentait trahi par son frère parce que ce dernier était amoureux d'une femme et non d'un homme. Oui, c'était visible dans leur air à la fois compréhensif et attendri. Ils le regardaient comme des parents regardent leur fils quand il se fâche pour un rien. Avec une attention forcée, presque amusée.
-Hé, c'est pas ce que vous pensez! Je me fiche qu'il soit amoureux d'une fille! Le problème, c'est la fille en question!
-Il ne faut pas que tu prennes ça trop à cœur Kanon, toi aussi, tu te trouveras quelqu'un, dit Saori, avec un sourire réconfortant.
-Mais, c'est pas ça le problème! s'énerva-t-il. Il n'avait vraiment aucune envie qu'on lui sorte un dicton du genre : chaque pointure trouve chaussure à son pied et chaque torchon trouve sa guenille.
-Tu as raison, le problème ici, c'est tous les arbres que tu as détruit, conclu Marine d'un ton désapprobateur.
Kanon ne répondit rien cette fois. Son cœur pulsait en lui, lentement, douloureusement. Ils ne comprenaient rien. Rien de rien. Mais il ne pouvait pas leur dire que le problème, c'était l'apparition soudaine de Pandore et l'amour que Saga semblait lui vouer. Il n'en avait pas le droit. Un spasme agita ses épaules. Il serra les poings pour retenir sa peine. Ils ne comprenaient pas, ils ne méritaient même pas de le réconforter.
Alors que le silence se faisait lourd, un bruissement résonna dans l'air. Aioros releva la tête, comme frappé par la foudre. Dhokko se raidit en comprenant. Athéna battit des paupières, sous le choc. Marine porta une main à son ventre, par réflexe. Sion força Kiki à lui lâcher la jambe et Shura se mit en position de combat. En deux secondes, Seiya était devant Saori, prêt à la protéger et Aiola prévenait Kanon du danger.
-Attention!
Derrière le gémeau, telle une tempête, les branches et les troncs cassés se soulevaient du sol pour venir flotter autour d'une sombre silhouette qui venait d'apparaître. Kanon eut juste assez de temps pour se retourner et arrêter l'arbre qui avait été lancé sur lui, le souffle coupé par le choc.
-Mais qu'est-ce que… commença Athéna en levant ses yeux rose lilas sur la forme humaine se dressant dans les airs, au-dessus d'eux.
Légère comme une plume, la silhouette se posa sur une branche du séquoia. Un cosmos furieux et bouillonnant de puissance l'encerclait. C'était une femme. Très jeune et très belle, mais qui était pour l'instant furieuse. Les morceaux de bois flottant autour d'elle se mirent à bourgeonner à toute vitesse. Des fleurs éclorent sur l'écorce, les arbres brisés repoussèrent et revinrent se planter dans la terre. Une lumière verte et ardente englobait la jeune fille.
Les fleurs qui apparurent étaient noires ou bleu nuit, les branches les retenant portaient des cicatrices violacées là où on les avait brisées. Parmi le vert l'encerclant, se découpa la silhouette de l'adolescente miraculeuse, des pièces d'armures noires, dorés et rouges. Elle avait de long cheveux rouges comme le sang, coiffé en multiples tresses d'un côté de sa tête et laissé libre de l'autre. Ses yeux avaient la couleur de l'or le plus pur et ses jambes découvertes des cuisses aux genoux, portaient des bottes noires aux extrémités pointues et effilées. Dont l'usage ne faisait aucun doute.
Les chevaliers restèrent quelques secondes sans voix devant la magie s'opérant autour d'eux. L'adolescente à la chevelure de feu n'était pas laide à regarder non plus. Mais ce qu'elle faisait était plus important à savoir que d'observer sa beauté avec admiration.
-Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu fabriques ici, aboya Aiola, prenant leur parole à tous.
L'interrogée sourit, amusée. Après tout, elle n'était fâchée que contre Kanon, pour avoir détruit la forêt. Puis, sa mission n'était pas de tuer un de ses guerriers, mais de les inquiéter.
-Je suis Groundy, ou Gaëlle, pour les intimes, spectre de Mars, le dieu de la guerre, grand général d'Hadès, monseigneur et maître, le dieu des morts. Maîtresse de la terre, je défend toutes les œuvres de mère nature. Ses arbres tombés sous l'attaque barbare du chevalier Kanon sont mes frères, je suis descendue ici pour les soigner. Les guérir. Les faire revivre.
-Quoi!
-Mais Hadès est mort, objecta Sion.
-Nous l'avons tué, renchérit Athéna,
-Et Mars, le dieu de la guerre, ne s'est jamais mêlé aux affaires d'Hadès au point de s'abaisser à être un de ses généraux, ajouta Dhokko.
-C'est un autre Mars. Il remplace les 2 généraux que vous avez tués avec une autre humaine.
-Rhadamente a de nouveau sous-fifre alors, se moqua Kanon.
-Non, répliqua Gaëlle, Mars est plus fort que lui.
-Impossible, grogna Shura, qui ne se souvenait que trop bien de la force de Rhadamente.
L'adolescente partit d'un rire moqueur, en s'élançant dans les airs, pour atterrir devant eux. Des ailes semblables à celles d'une chauve-souris s'étaient déployées dans le dos de son armure. Les pièces de métal découpant ses formes changeaient de place entre elles, pour lui donner une nouvelle armature. En quelques instants, les pièces protégeant ses épaules, son cou et le haut de sa poitrine s'étaient détachés d'elle pour former une énorme hache, à la lame rouge et noire. Les guerriers échangèrent quelques timides regards, tous tiraillés par le même fait.
Ils avaient pour code d'honneur de ne pas s'attaquer à des femmes, même si elles étaient leurs ennemies. Si celle-ci voulait se battre contre eux, ils ne pourraient faire qu'éviter ses attaques. Marine aurait été la seule d'entre eux à pouvoir l'affronter sans scrupule, mais il n'y en avait pas un parmi eux à avoir mis son armure. C'était l'impasse.
-Je suis là pour vous prévenir qu'il est possible pour mon maître Mars d'être plus fort que Rhadamente, qu'il l'est pour Hadès d'être vivant et prêt pour notre dernière guerre.
Tout en parlant, elle s'était approchée d'eux d'un pas nonchalant, sa hache gigantesque appuyée sur son épaule, ses yeux d'or dardés sur Kanon, qui était à la tête du groupe.
-Si vous voulez savoir comment le dieu des morts est revenu d'entre les morts, demandez-le à l'homme le plus guai et heureux que cette terre ait porté, son frère lui a tout avoué hier. N'est-ce pas ? murmura-t-elle en venant arracher une des échardes que le gémeau s'était fait la veille. Avant qu'il n'ait pu réagir, elle s'était envolé, sa hache dans les bras, lui adressant un clin d'œil et une pensée que lui seul pouvait entendre.
« -Tu aurais mieux fait de rester l'amant de Poséidon, il t'aurait protégé de ton frère et d'Hadès. Maintenant, en plus de la culpabilité que t'inspirent tes désirs les plus sombres, tu devras endurer les regrets que mes maîtres te forceront à entretenir. Puis, personnellement, je pense que tu devrais changer d'orientation, parce qu'un homme comme toi qui dédaigne les femmes, c'est un vrai gaspillage! »
Kanon grogna en refermant son poing sur le vide, une colère aveugle remontant en lui. Avant qu'elle n'atteigne son paroxysme, Aioros avait posé une main sur son épaule, l'incitant au calme.
-N'écoute pas ce qu'elle dit. Ne la laisse pas semer le doute là où il n'y en a jamais eu, fit l'adolescent, tout bas.
-Tu parles comme ça pour te donner l'impression que tu es plus vieux que tu en as l'air, pour ne pas te sentir jeune et inexpérimenté ? C'est ça, hein? parvint à sourire le gémeau.
-J'ai un esprit aussi mature que le tien, sinon plus, c'est uniquement mon corps qui n'a pas vieilli, se défendit le sagittaire.
-Kanon, les interrompit Shura. Ne me dit pas que ton frère est amoureux de la fille qui vient de s'envoler devant nous.
-Mais non voyons, c'est bien pire que ça, répondit-il.
-Je ne vois pas comment ça pourrait être pire, avoua Saori.
-Attends, intervint Seiya, laisse-moi résumer, Hadès est de retour, il a de nouveaux généraux et de nouveaux spectres en plus de Rhadamente et de Pandore, dont un certain nouveau dieu de la guerre, nommé Mars, qu'on sort d'on ne sait où, la moitié des chevaliers ont disparus et son à peu près injoignables et tu dis que ça pourrait être pire ?
-C'est le genre de choses qu'il ne faut pas dire dans ce genre de situation, remarqua Dhokko. Si on ne veut pas que tout empire.
-Une seconde, coupa Sion, le grand roux croisa les bras, l'air fâché contre le grand pope, à la grande surprise des autres. Le bélier poursuivit pourtant sans même réalisé l'expression de son frère d'arme. Seiya, tu viens de dire Pandore ?
-Non, tu ne crois pas que… l'interrompit Aiola, le visage décomposé par l'horreur.
-Que Saga et Pandore ? Saga et Pandore ! Vous n'êtes pas sérieux, vous ne pensez pas que… déglutit Marine.
-Non, ça se pourrait très bien, admit Shura, en caressant son menton, songeur.
-Mais vous êtes fous, une telle chose n'a pas de bon sens, voir si Saga pourrait aimer un tel monstre, répliqua Aioros, l'air plus que choqué.
-Je ne dirais pas monstre, glissa Athéna, cherchant à calmer les hommes dont la tension montait allègrement. Elle n'est pas si pire que ça. On ne sait même pas si…
-Non, elle n'est pas trop mal dans son genre, à condition d'aimer les serpents et les traîtres, intervint Marine.
-N'exagérons pas, s'énerva Kanon. Elle n'est pas si laide que ça et c'est loin d'être une diablesse. Une sorcière, oui, mais une sacrée belle sorcière ! Puis elle ne l'a pas ensorcelé, ou si elle l'a fait, c'était forcée et contrainte.
Il figea net, réalisant qu'il prenait le parti de Pandore.
-Qu'est-ce que tu viens de dire ? cria Saori, cette fois, tout aussi à bout de nerfs que les autres. Alors, c'est vrai qu'il…
-Non, ce n'est pas sérieux, fit Aiola, incrédule.
-Mais si, maintenant que j'y pense, il me semble avoir vu une femme ressemblant à Pandore quitter l'auberge avec un drôle de type, le lendemain de notre arrivée, déclara Marine.
-Pourquoi tu ne l'as pas dit , s'étonna Dhokko.
-J'ai mis ça sur le compte de l'énervement, répondit-elle.
-Et pourquoi étais-tu énervée ? fit Sion.
La jeune femme s'appuya un peu contre Aiola en guise de réponse, tout en rougissant sous son masque. Seiya se porta au secours du lion qui ne savait pas trop quoi répondre.
-Ne change pas de sujet en te montrant impertinent, ou je te force à dire où est allé se cacher Mu, fit Pégase.
-Puis le sujet ne tiens ni à ça ni à Saga qui serait amoureux de Pandore, coupa Aioros en voyant le bélier se rembrunir, mais bien au retour d'Hadès.
-N'empêche que quand j'y pense, lança soudain Saori avant de se retourner vers Kanon. Peux-tu me dire où est passé ton frère ?
-Non, je ne sais pas où il est, répondit le frère de Saga, ses yeux baissés. Je ne parviens même pas à sentir son cosmos. Je sais juste qu'il est furieux.
-Ok, mais le plus important pour l'instant, c'est Hadès, coupa Dhokko.
Kiki, qui jusque là n'avait rien dit, fut prit d'une soudaine envie de fuir.
-Sion, j'ai un mauvais pressentiment. Je ne pense pas qu'on devrait rester ici, fit-il.
L'adulte aux cheveux verts sembla exaspéré par l'interruption de Kiki. Mais Aioros lui, en teint compte aussitôt. Kanon, lui, observa avec des doutes grandissants les fleurs noirâtres qui avaient poussé sur les arbres restaurés par l'intervention de la jeune spectre d'Hadès. Seiya, lui aussi, y accorda de l'importance.
-Saori, déclara Aioros, d'un ton autoritaire qu'il employait quand la déesse était encore enfant. On sort de cette forêt. Maintenant.
Son air était sans appelle et devant les mines graves de ses soldats, la jeune femme accepta. Ils avaient tout juste atteint l'orée du bois quand Dhokko comprit et que Shura cria : « Tous à terre! » quand Aiola plaqua Marine au sol pour la protéger du danger qui arrivait. La hache géante de Gaëlle passa en tournoyant au-dessus de leur tête, tranchant les arbres derrière eux.
-Elle ne veut pas se battre, devina Sion.
-Ce n'était qu'une menace, compléta Seiya.
-Un avertissement, continua Marine.
-Bon, bien, ne traînons pas ici plus longtemps qu'il ne le faut, ordonna Aioros.
Dhokko le considéra avec un mélange d'approbation et d'admiration. Aiola aussi semblait content de l'attitude du sagittaire. Il ne s'effondrait pas sur son passé douloureux, il faisait face au fait qu'il ait un corps adolescent, alors que son cœur était adulte. Par contre, il agissait comme s'il était aussi imposant que Kanon ou Deathmask. Ce qui n'était pas le cas. Sa force mentale pouvait marcher sur eux, ses amis, qui comprenaient. Mais d'autres chevaliers, qui le connaissaient moins ou l'aimaient moins, pourraient être irrités par son attitude.
Ils pourraient le trouver arrogant et alors, ce serait difficile pour Aioros de refaire sa place de chevalier d'or. Il avait l'air d'un jeune de seize ans. Dur de croire que tout les chevaliers de bronze lui obéiraient au doigt et à l'œil. Difficile d'imaginer Deathmask admettant que le sagittaire était son égal, autant que Shaka ou Sion. Oui, le retour d'Aioros risquait de causer bien de la tension. Mais si Hadès revenait lui aussi, alors, ils devraient faire avec ce qu'ils avaient.
La balance croisa le regard du bélier, détournant ses yeux verts presque aussitôt. Sion soupira, en se forçant à trouver une façon de rappeler tous les chevaliers le plus vite possible sans diminuer leurs forces déjà présentes. La situation était sérieuse. Mais l'Atlante ne pouvait empêcher ses pensées de dériver vers le comportement qu'avait Dhokko envers lui. Depuis sa déclaration surprise et sa crise de colère, il était demeuré totalement neutre face à lui. À part qu'il n'hésitait pas à manifester une incroyable hargne à son encontre. L'adulte secoua la tête. Maintenant, ils étaient de nouveau en guerre. Il réglerait ses problèmes avec Dhokko après avoir terminé la lutte contre Hadès, une bonne fois pour toutes.
