Dragonna : Alors comme ça il te fait mourir de rire DM avec son ange qui le manipule. Ben tu sais quoi? Moi aussi. Oh fait, bon retour de vacances, comment ça va? Chanceuse, pendant que toi t'étais en vacance, moi je me tapais le stress de ma vie. (J'ai passé une entrevue stupide avec un type stupide qui m'a pris pour une fille stupide, la kata quoi…) Rha, à ce qu'il dit, je n'ai pas de culture. Mince, moi inculte, c'était un coup dur, surtout pour une fille fière comme moi…(oui, je suis fière, tellement que j'ai attendu d'être sortie du champ de vision de ce connard pour aller pleurer dans les bras de mon prof de français.
En fait j'ai eu l'air d'une idiote. C'était trop la honte. J'étais une pauvre pleurnicharde qui manquait de culture et toutes les mes copines se sont passé le mot pour ne pas m'en parler. Quant au seul type qui aurait pu me réconforter, il a rien compris à ce que je pensais de cette insulte et comme il ne m'a va pas vu pleurer, il a encore moins compris pourquoi j'avais un regard assassin le lendemain. Alors je l'ai poignardé du regard dans un couloir et je suis filé dans ma classe avec une envie de meurtre dans le ventre. Mais je n'ai tué personne et … ouais bon, je m'éloigne du sujet habituelle. En fait, tout ça, c'est pour expliquer pourquoi l'autre chap de tendresse d,ambre n'est pas arriver plus tôt. J'ai eu une mauvaise note en physique, un sal type qui ne me connaissait même pas m'est tombé dessus avec son histoire de culture et j'ai pleurer comme une folle pour ensuite bouffer ma colère pendant près de 2 jours. On est le 4 mai là. Mon drame culturelle s'est produit le 2. Oh, quelle histoire…
Pourquoi je te comptes tout ça? Ben, ça fait du bien d'extérioriser. Je me suis crevé sur un bon sang de recueil de poèmes pendant 7 mois pour me faire dire que je manquais de culture. (J'en suis pas encore complètement revenu, faut me pardonner) Tout ça pour dire que je risque sûrement de faire un fic juste sur c'te histoire. (si t'as envie d'une bonne discussion entre filles là-dessus, dis-moi de t'écrire, ça me fera plaisir…)
Mais bon, maintenant que je t'ai révélé le dernier problème dans ma vie d'adolescente, et que toutes mes lectrices secrètes le savent aussi, ben, je vais mettre la suite. C'est sur Shaka! Ça me fera du bien.
Shaka IIIShaka détestait particulièrement le nouveau tournant qu'avait pris sa vie. Yasmina était certes charmante, mais la souffrance à laquelle elle s'exposait de force le rendait malade. Au fil des jours, il avait été décidé qu'elle l'hébergerait chez elle sans problème, à condition qu'il s'éclipse dès qu'elle recevait des visiteurs.
Le dernier épisode s'étant produit avait énervé le guerrier à un tel point qu'il était passé à deux doigts de tuer. L'adolescente avait eu de la misère à en revenir.
Un soir où sa fièvre l'avait repris avec une violence téméraire, il s'était effondré pour rester dans les bras de Morphée pendant une douzaine d'heures. Il s'était réveillé dans un garde-robe au contenu à moitié pourri, avec en sourdine, les cris de jouissance d'un visiteur de Yasmina. Ainsi que les gémissements de la jeune fille. Puis, un silence vint, compromis par des paroles étranges, avinées d'alcool, que la vierge ne put comprendre qu'à moitié. Le type voulait simuler un viol et…
-Non! On fera n'importe quoi, mais pas ça.
-Moi, ze veux, ma zolie, alors laisse-toi faire.
-Non! Je ne veux pas!
-Et mais c'est pas fou, un viol, cé quand y'a rien de consenti! Allez, continue de dire non ma poule!
La colère de Shaka à ce moment, le brûla d'une fière assez semblable à celle qu'il avait eu la veille. À la différence prêt qu'elle le mettait dans une rage d'animal sauvage. Hors de lui, il se jeta contre la porte de sa minuscule cellule. Elle ne bougea pas d'un centimètre. Elle devait être bloqué par le lit. « Pourquoi elle fait ça? Elle est folle ou quoi! Bon sang, saleté de porte! » pesta-t-il, avant de se jeter à nouveau sur la porte, de tout son poids. Le lit bougea dans un raclement et l'homme à moitié chaud demanda ce qui créait toute cette turbulence. Le blond continua de s'attaquer à cette porte récalcitrante et fini par se libérer de sa prison tout en lançant une attaque à l'aveuglette, n'en pouvant plus de cette impuissance. Savoir que la personne qui lui avait sauvé la vie souffrait à deux pas de lui lui était insupportable.
-J'vois plus rien, se plaignit l'homme. Ainsi, il ne vit pas l'Indien qui se précipita tout bonnement sur lui. Shaka le fit d'abord tombé en bas du lit pour le rouer de coups. L'autre, ne voyant rien, ne répliqua que trop maladroitement pour se défendre convenablement. Le blond balança l'intru dehors, seulement une fois qu'il fut sûr de l'avoir couvert de bleus.
Ensuite, sans prêter un regard à la put de service qu'il protégeait soudainement, il vida et retourna toutes les poches des affaires du soûlard pour prendre tout l'argent liquide qu'il y avait. Pour un total de 300 dollars. Il jeta le linge dehors par la suite, gardant les billets dans sa main. Il était toujours furieux et il ne comprenait pas. Ça ne lui ressemblait pas.
-Saloperie, cracha-t-il en posant l'argent sur la table de chevet bancale de la jeune fille. Cette dernière restait cachée dans son lit, effrayée, les couvertures resserrées autour d'elle.
-Voleur! Oh voleur, se mit à crier le « visiteur » qui venait de réaliser qu'on lui avait prit tout son fric. Dans sa colère noire, Shaka ne réfléchit pas très longtemps. Il sortit et finit de donner sa raclée à l'impudent.
Yasmina, en entendant les bruits de la bagarre, s'habilla en quatrième vitesse et rejoignit les deux hommes pour les séparer. Ou plutôt, pour calmer le chevalier et le faire lâcher sa victime.
-Arrêtes Shaka, il ne mérite pas ça, laisse-le filer, il a…
-Ne dis rien surtout, je ne veux pas t'entendre. C'est pas pour toi que je fais ça, répliqua l'interpellé en écrasant la gorge de l'ivrogne. La vérité sortait enfin et lui-même ne la connaissait pas.
-Mais, l'Américaine hésita, partagée entre la peine et la colère. Elle ne le connaissait pas comme ça. Il ne lui semblait qu'il pouvait se fâcher ainsi. Il était toujours calme, compréhensif, silencieux et secret aussi, mais avant, il ne lui avait pas paru être violent. Mais, finit-elle par continuer, si tu ne le bats pas pour moi, laisse-le tranquille pour moi. D'accord?
Comme elle parlait, il levait le poing, pour achever l'autre, alors, elle lui prit le bras, avec une douceur telle qu'il ne put faire autrement que d'arrêter. Il laissa partir le salopard et ferma ses yeux froids et dures pour ne pas croiser le regard plein de regrets et de honte de la jeune fille. Il détestait ce regard-là. Elle l'avait tout le temps quand il la voyait juste après qu'elle eut servi un de ses clients.
-Tu peux rien trouver d'autre à faire? Il y a plein de façon de vivre sans avoir à en arriver là. Tu te détruis et à ce rythme là, dans quelques mois, tu ne seras plus qu'une épave et moi, je serais parti.
-Où est-ce que tu veux aller déjà? Ce n'est pas la première fois que tu parles de t'en aller.
-Je veux aller en Grèce, à Athènes, mais ne changes pas de sujet. Dis-moi ce qui t'empêche d'arrêter de te faire du mal comme tu le fais chaque jour. Ou plutôt chaque nuit.
-Shaka, tu es dur avec moi. Tu ne sais pas ce que j'ai traversé.
Le guerrier dégagea son bras des mains trop douces de l'adolescente. Les caresses qu'elle laissait sans le vouloir sur sa peau vierge étaient de telles marques d'affections ou de désirs. Pire que des cicatrices. Ces caresses le rendaient fou. Jamais il n'avait failli et il voulait se garder de tout désir matériel, psychique, moral ou physique. Il croyait avoir trouver sa voie et voilà qu'elle venait le faire douter. Douter de tout ce en quoi il croyait, de tout ce en quoi il avait mis sa foi. Douter de lui.
Puis, il y avait juste à l'instant, pour la première fois de sa vie, il avait eu des envies meurtrières. Il avait ressenti ce besoin tout à fait humain de faire du mal à quelqu'un. Et ça lui avait fait du bien. De se laisser griser et de s'abandonner à la violence. À la vengeance.
« Mais quelle vengeance? » se demanda-t-il. Un secret bien gardé, au fond de lui, n'attendait plus qu'à ressortir et le rendait complètement fou depuis qu'il était allé en enfer. Non, aucun des chevaliers n'avait eu droit à la sacro-sainte paix une seule seconde quand ils étaient morts.
Oubliant l'idée de vengeance, Shaka se força à culpabiliser sur la soudaine envie qu'il avait eue de frapper, de faire souffrir et la sauvage satisfaction qu'il avait ressenti ensuite, tandis qu'il contrôlait sa victime, qu'il lui infligeait les coups qu'il voulait et manipulait sa peur par la même occasion. Il comprenait la folie meurtrière de Deathmask. Pas sa manie de couper des têtes, mais le reste.
Jamais auparavant, au cours d'un match, il n'avait eut le besoin de faire du mal à son ennemi. Enfin, jamais il n'avait tiré du pur plaisir à répandre la douleur en un autre être humain. Normalement, il se contentait dans l'impression satisfaisante d'avoir accompli son devoir. Il se contrôlait, il n'avait pas de pulsions et n'agissait pas selon son instinct. Il était plus réfléchi que ça. À croire qu'il devenait comme Milo…
-Shaka, attends, lui demanda Yasmina. Je… Merci d'être intervenu.
Il secoua la tête et l'abandonna pour traverser les rues de Los Angeles. Depuis 1 mois qu'il était là, il commençait à connaître le quartier. Et à être connu aussi d'ailleurs. On racontait qu'il était le seul client qui n'avait pas à payer Yasmina pour se l'avoir aussi longtemps qu'il le voulait. On disait aussi que c'était l'un des types les plus dangereux de la ville et qu'on ne devait pas le mettre en colère.
Il faut dire qu'avec sa barbe toujours fraîche de trois jours, ses vêtements mal soignés et sa couette de cheveux blonds faite n'importe comment, il avait l'air d'un drôle de numéro. Un mauvais garçon, très beau à regarder, avec trois bon litres de sang viking dans les veines. On l'aurait dit l'âme trempée dans une lame d'acier. Il était toujours l'alerte, plein de sang froid. Rien ne semblait pouvoir l'inquiéter outre mesure. Il pouvait même se battre les yeux fermés. Et gare à vous s'il vous affrontait les yeux ouverts! On le croyait investi de mystérieux pouvoirs.
-S'ils savaient cette bande d'imbéciles, ils me craindraient encore plus, souffla-t-il en passant devant des clochards qui reculaient avec respect devant lui.
Même les policiers avaient peur de lui. C'était tout dire. Il soupira entre deux édifices, espérant comprendre ce qui ne tournait plus rond avec lui. Dans son délire, il avait pensé au départ qu'il pourrait sortir Yasmina de ce trou qu'était son existence. Il avait fini par comprendre qu'au contraire, il ne pourrait pas être sûr qu'elle reste hors de ce « travail » une fois qu'il l'en aurait sorti, à moins qu'elle ne s'en tire elle-même. Rien n'était moins sûr que cela. Puis, pourquoi se soucier d'elle? Il lui devait quelque chose peut-être?
-La vie, rien que ça, grinça-t-il entre ses dents. Le problème n'était pas là non plus. Le problème, c'était qu'il se mette à détester des gens parce qu'ils couchaient avec la petite pour lui apporter sa pitance. Qu'il jalouse tout homme posant un œil sur l'adolescente. Qu'il ait parfois envie d'enfermer Yasmina dans une tour, pour la garder loin du mal que plantait en elle tout ses amants. Et cette douleur qu'il ressentait à chaque fois qu'elle l'éloignait pour se remettre à son travail.
L'horreur de rentre trop tôt et de les entendre. Celle de rentrer trop tard, et de la trouver dans ses couvertures, défaite, prête à abandonner l'existence. Ce pincement au fond de lui, quand elle se cachait de lui, juste après… dans la honte et la souffrance. Quand elle se cachait si loin de lui, alors que quelques mètres les séparaient. Quand il avait l'impression de lui mentir, à chaque fois où elle lui demandait ce qu'il faisait dans la vie, ce qu'il voulait faire en Grèce. Cette impression d'être étranger à la réalité, de ne rien connaître à la vie, de ne jamais avoir su quelle était sa chance jusqu'au jour où il avait rencontré la jeune fille.
Tout ça en plus de ce problème qui le retenait auprès d'elle, l'empêchant de retourner avec ses frères d'armes et Athéna. Cette chose horrible au fond de lui qui croissait de jour en jour. Cette dépendance, cette envie plus forte que les autres, plus profonde. Au fond, il avait peur. De savoir quel était ce secret qu'il gardait de tellement loin qu'il ne pouvait pas s'en souvenir seul. Il avait peur d'admettre ce qu'il ressentait pour la première fois de sa vie.
Il passa devant une bijouterie, mais revint en arrière et observa la vitrine, sans tout de suite comprendre l'intérêt qu'il y voyait. Puis une idée lui vint à l'esprit. « Oh non, je vais pas faire ça, j'irais pas jusque là, c'est pas vrai, je suis pas devenu fou à ce point-là, je n'ai pas le droit. » Mais il soupira, avec ce même pincement dans le cœur. Là, du côté gauche, sous l'épaule, dans la poitrine. C'était doux et en même temps, ça faisait mal. Il cru voir le reflet de Yasmina dans la vitrine. Ses cheveux rouges, ses vêtements criards. Ses yeux, ses mains, son corps. Il frémit et se maudit.
Le pincement grandit en force, il le déchira, la douleur grandit et la douceur fit place à l'amertume. La culpabilité. Le sentiment d'échec, d'impuissance. Qui était-il pour refuser ce sentiment? Un chevalier peut-il arrêter les élans de son cœur? Les cris de son corps? Les désirs de son âme? « Non, l'âme n'a pas de désirs, ça ne se peut pas, je ne dois pas… » Mais la douleur le dévorait, elle le mangeait. Il aurait voulu toucher le reflet devant lui, il aurait voulu que ce reflet le touche. C'était celui de jeune fille. Il aurait voulu trembler pour autre chose que le froid ou la peur. Mais la peur était bien là en lui. Il se sentait jeune, inexpérimenté tout à coup. Ça faisait mal.
Son cœur cria, à lui en écorché les oreilles, il sentit la confusion s'emparer de lui, la colère. Pourquoi? Qu'est-ce que c'était? Tout son être se retrouvait soumis à la même violence, il se sentait fiévreux, il aurait voulu l'avoir pris dans ses bras tout à l'heure, dehors. Mais il lui avait tourné le dos. Shaka se rebella à ce qu'il éprouvait, essaya de se détacher de cette erreur. Ce n'était pas la bonne route, il devait en finir. Il ne pouvait pas se sentir comme ça, il ne devait laisser ce pincement gagné. Mais le tiraillement en lui prit plus de place encore. La douleur lui brûlait toute la poitrine, le ventre, elle se répandait en lui, dans sa tête, dans ses mains, ses jambes, ses pieds, même le bout de ses cheveux.
Le picotement s'intensifia encore, la colère grandissait, pourquoi n'arrivait-il pas à lutter? Qu'est-ce qu'il y avait de plus? Jamais une telle chose ne lui était arrivé.
-Yasmina, murmura-t-il au reflet de l'adolescente, tu vas me rendre complètement fou. Pourquoi tu me fais ça à moi? Maintenant?
Une envie qu'il avait de la misère à comprendre le dévorait, son corps réagissait à quelque chose, il se sentait tout bizarre, il avait chaud, il avait froid, mais par-dessus tout, il avait mal. Mal pour elle. Pour tout ce qu'elle avait enduré. « Où est mon crime? Et où est le tien? Qu'est-ce que nous avons pu faire pour mériter ça? C'est un châtiment? Ou quoi? » Ses yeux bleus transpercèrent la vitrine et il regarda intensément au travers de l'image de celle qui hantait ses pensées. L'idée était toujours là. Pressante. Il devait l'aider. On ne donne jamais rien pour rien. Quand on reçoit, on rend. On ne laisse pas une bonne action impayée. On rembourse ce qu'on doit. Mais il devait beaucoup trop. Et il aurait voulu prendre encore plus. Il aurait voulu obtenir tout ce qui pouvait être obtenu et même plus encore. Shaka en avait de la difficulté à comprendre. « Qu'est-ce qui m'arrive? Qu'est-ce qui m'arrive? Mais qu'est-ce qui m'arrive? »
Il du se résigner à la simplicité du piège. Il n'avait pas su résister à cette adolescente. Il la voulait elle. Voilà son crime. Elle, son cœur, son corps, son âme, tout, à lui, seulement, toujours. Tout, tout, tout pour toujours et à jamais. Tout à lui. Pour la première et unique fois de sa vie, posséder quelque chose d'aussi grand que l'amour de quelqu'un. La vie de quelqu'un. Le corps de quelqu'un. Et se perdre enfin dans quelque chose qu'il ne pouvait pas expliquer. Sans se soucier du reste. Sans se soucier de son rang, de ses fonctions, du fait qu'il était le chevalier de la vierge ou l'être le plus près des dieux. À quoi servait ses choses si on avait ni le bonheur ni la fierté?
Shaka soupira une fois de plus, en serrant le poing droit. Elle l'avait ensorcelé ou il avait laissé tomber sa défense, mais une chose était sûre. Maintenant, il devait la voir libre. S'il ne pouvait pas l'avoir, chose certaine, il n'en avait pas le droit, il devait la faire libérer de sa prison. Il devait la sauver de cette vie infernale. Pour lui en donner une digne de ce nom. Peu importe les sacrifices qu'il devrait faire.
