Dragonna : Ouais bon, le couple Rhadamente et Octavia est assez flou, il faut dire que j'arrêtais pas de dire qu'ils faisaient comme semblant d'être ensemble, mais il y a faire semblant et faire semblant… Ouais, bon, sans commentaire… Quant à son unique sourcil, ce qu'il me fait rire avec, je trouve que ça lui enlève de la crédibilité quand il a pas son casque. Mais sinon, ça ne paraît pas trop… Ouais, alors, voici Sion et Dhokko, enfin!
Dhokko II/SionII (avec un p'tit bout d'chevaliers…)
Dhokko était assis à sa table. Un stylo dans une main et le papier devant lui. Il ne savait pas quoi faire. Il aurait voulu dormir. À quelques pas, Shura venait de découvrir son âme sœur, au loin, Shiryu et sa belle Shunreï étaient en pleine lune de miel. Aiola avait retrouvé son frère et vivait le parfait amour avec Marine. Ikki était mort et sur son chemin pour remettre. China était chez elle, entraînant Shun avec elle pour qu'il lui tombe dans les bras. Milo était porté disparu, comme Deathmask, Camus, Aphrodite et Shaka, mais ils se portaient tous bien. Enfin, ils étaient tous en vie.
Mu était amoureux lui aussi, si les signes ne mentaient pas. Aioros était guidé partout par Kanon, qui semblait le trouver à son goût, Seiya et Saori s'était remis ensemble, Hyoga était dans le Nord, en train de renouer avec son passé, mais aussi avec son futur. Saga n'avait toujours pas réapparu et s'était entiché de Pandore. Hadès était de retour, comme le leur avait annoncé Groundy. Kiki jouait comme un gamin, son maître n'étant pas là pour l'entraîner. Finalement, le grand pope l'évitait comme la peste depuis sa grande déclaration.
À part Saga, il ne devait pas y avoir un seul parmi eux qui soit logé à aussi mauvaise enseigne que lui. Non pas un. Il soupira. Où étaient passés les jours de sa vieillesse? Quand il s'occupait de deux orphelins, l'un étant son apprenti, l'autre, sa protégée. Où avait filée l'époque de ses regrets inavoués pour ne jamais avoir dit ce qu'il ressentait, pour s'être retenu, par sagesse, suposément? Pourquoi n'avait-il pas pu attendre encore avant de se dévoiler, de dire la vérité?
-Sion, murmura-t-il entre ses dents. Ses doigts jeunes et vigoureux s'énervèrent et il se mit à griffonner sur le papier, jusqu'à ce que le visage de la petite Shunrei apparaisse. Toi, qu'est-ce que tu ferais? Tu serais sage ou tu laisserais tomber ton masque? J'ai déjà foncé tête baissée et ça ne m'a laissé que de la honte. Ça ne m'a pas fait de bien de dire la vérité, parce que je n'ai pas choisi le bon moment, mais ce bon moment ne serait jamais venu. J'ai été le voir juste pour ça et lui…
Quelqu'un frappa à la porte, au grand dam de la balance. L'intru entra dans sa chambre sans y avoir été invité. Dhokko se retourna pour voir de qui il s'agissait. Il détourna presque aussitôt le regard.
-Dhokko, je veux te parler, il faut que…
-Non, Sion, va-t-en, je n'ai pas trop envie de te voir.
-Je sais que c'est faux et je sais qu'on doit se parler pour tirer les choses au clair…entre…
-Toi et moi. Entre nous, poursuivit Dhokko d'un ton un peu las.
Sion se tordait les mains, qu'il gardait dans son dos pour cacher son trouble. Depuis l'annonce de son frère d'armes, il ne savait plus trop comment se comporter avec lui. Il avait cru pouvoir mettre cette histoire de côté, mais le grand roux lui en avait tenu rigueur. Puis, le grand pope s'en voulait, la phrase de la balance avait fait son chemin en lui, accompagné de la culpabilité. « Puis de toute façon, avant, tu étais mort. » Ce qu'il avait dut souffrir tout ce temps, passant ses journées à se dire qu'il aurait dut lui avouer ce qu'il ressentait avant qu'il ne soit trop tard.
-J'ai réfléchi et je pense que… je ne sais pas encore si…C'était trop brusque de ta part, tu ne m'as pas laissé le temps de prévoir quoi que ce soit. C'était totalement inattendu et j'ignore si…
-Je sais déjà tout ça, alors ne m'épargnes pas et dis-moi tout de suite ce que tu as décidé, j'en ai marre de ne pas savoir quoi faire. C'est vrai que j'ai pas fait ce qu'il fallait, mais maintenant, si tu veux régler la situation, tu dois me tendre la perche.
-Bon, eh bien, je voudrais… essayer.
-Quoi!
Le guerrier était debout, ses yeux verts à la fois paniqués et méfiants. Qu'est-ce que ça voulait dire que cette subite reddition? Est-ce que Sion avait vraiment réfléchi avant de venir lui dire ça? Il le regardait d'une drôle de façon. Ses yeux roses n'étaient pas comme d'habitude. S'en était gênant, parce que Dhokko l'avait déjà imaginé avec un tel regard. De le voir pour de vrai, ça lui faisait tout drôle.
-Est-ce que tu pourrais étoffer? T'expliquer un peu, demanda-t-il.
-Ce que tu m'as dit, ça m'a fait comprendre le vrai problème que j'ai depuis des jours.
-Des jours! Je dirais plutôt des semaines, ou même des mois. Voire des années, pensa-t-il.
-Oui, c'est vrai, mais Dhokko, mon vieux, j'ai compris pourquoi j'en voulais tant à Mu et à sa bergère. C'est parce que je me sens trop seul et que lui, il a bien l'air de s'être trouver quelqu'un…
-Il t'aura fallu du temps pour l'admettre, se plaignit la balance en secouant la tête, en plus, moi je l'avais déjà compris alors que toi t'es le grand pope, franchement, de quoi est-ce que tu as l'air?
-Dhokko, je n'ai jamais vraiment été fort pour les relations interpersonnelles.
-Quel terme! Sors-moi ton dictionnaire tant que tu y es!
-Te fâches pas, mais j'ai toujours été maladroit pour ces trucs-là. Enfin là, ce que je te suggère, c'est sûr que…c'est un peu tard et ce n'est pas très fair-play, mais je ne sais encore rien de mes sentiments pour toi, tu es surtout mon ami, alors… Je voudrais pas m'embarquer dans quelque chose de trop sérieux, mais on pourrait peut-être…
-Se tenir compagnie la nuit pour voir comment ça marche, se fréquenter pour avoir un peu de réconfort pendant la guerre contre Hadès, puis après, on révise nos positions et on voit ce qu'on veut faire?
Sion rougit. Il y avait longtemps qu'il n'avait plus eu de liaison de ce genre. Il avait eu peu d'amants et Dhokko aurait pu…
-Tu veux jouer avec moi en attendant de savoir vraiment ce que tu veux, c'est ça? fit Dhokko en se dressant de toute sa hauteur, fâché par cette idée. Ce n'était pas ça qu'il avait voulu créer.
-Non, enfin, pas si tu n'es pas d'accord, mais je sais que toi aussi tu te sens plutôt seul.
« À quoi il pense, que je vais me lancer sur l'occasion pour rattraper le temps perdu dans toutes mes années de silence? Pourquoi il s'imagine qu'un vieux serait venu lui dire qu'il lui avait taper dans l'œil? Jamais j'aurais fait ça. Puis, il est mort, c'était fini. Mais maintenant qu'on a une seconde chance, il veut la prendre comme ça? »
Pendant qu'il réfléchissait, Sion s'était rapproché de lui. Ils étaient à quelques pas l'un de l'autre. Le bélier était un peu plus petit que le Chinois. Mais il avait l'air dans un tel état de désespoir, de besoin de réconfort… S'il avait eu l'air en manque, Dhokko aurait dit non, mais là… (ouais, c'est ça mon tigrou, trouves-toi une bonne excuse)
-Sion, écoutes…
-Je sais que tu comprends, alors, je t'en pris, ne me force pas à trouver des mots pour m'expliquer. Comme le dernier semblait encore hésiter, l'Atlante fit le tout pour le tout. Je ne suis pas que le grand pope, je suis avant tout un homme et…
-On croirait entendre Athéna. Mais toi, tu ne veux rendre personne jaloux.
-Non, je veux seulement…
-…un peu de chaleur humaine, soupira Dhokko. Oui, je vois.
Alors, parce qu'il faut bien commencer quelque part, il le prit dans ses bras. Sion se laissa faire pour la toute première fois, si bien que le vieux sage ne pouvait pas croire à sa chance.
Certes, ce n'était pas ça qu'il avait regretté toute sa vie, mais il était humain lui aussi. L'aube ne s'était pas encore levée dehors. Le balance inspira profondément, pour s'imprégner de l'odeur réconfortante du bélier. Ils sautaient bien des étapes, mais est-ce que l'amour peut se pratiquer à l'aide de la raison? Déjà, c'était fini de sa rancune, il n'avait plus aucune colère, il n'enviait plus Shiryu et Shunrei de loin. Ce ne serait pas parfait, il le savait, mais pour une fois, ce serait pour lui. Pour une fois, il ne serait pas le seul
à donner. Ils seraient deux. À donner bien sûr, mais aussi, à prendre.
Les lèvres de l'Atlante frolèrent son visage. Le message était clair. Avant de sauver le monde une fois de plus, ils prendraient la liberté de penser à eux, un peu. Pour une fois… Sur ses pensées, Dhokko s'empara de la bouche de Sion et prit d'une violente passion, il l'embrassa, pour la première fois.
(Si cette fichue barre que j'ai faite ne reste pas, je tiens à indiquer que le chap n'est pas fini, et qu'il y a changement de personnage(mes barres indicatives ne reste jamais! grrr!))
Dans son lit, Athéna se réveilla en sursaut. Seiya se retourna dans son sommeil, en marmottant des mots inintelligibles. La déesse ne dormait plus. (Quelle logique, elle s'est réveillée en sursaut…) En elle, Saori hurlait à la mort sans être entendu, n'osant pas croire que la divinité guerrière se fasse contrôler ainsi. Contrôler? Les yeux pâles d'Athéna étaient jaunes. Elle jeta un regard en coin à son chevalier servant. Il dormait. C'était le moment ou jamais. Sans que l'esprit vivant dans son corps ne l'ait désiré ou voulu, la jeune femme se leva. Elle était déjà habillée, prête à sortir.
« Mais qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qui m'arrive? Seiya, je t'en pris! » supplia mentalement Saori tandis que son corps, mû d'une vie propre, qu'elle ne pouvait ni arrêter ni comprendre, sortait de sa chambre. Elle ne pouvait pas s'empêcher de marcher dans les couloirs, en direction de la chambre de Dhokko, mais elle avançait sans même l'avoir décidé. Devant la porte de la balance, elle perçut des soupirs, des gémissements qui provenaient de deux cosmos en plein exaltation.
Si elle avait pu, elle aurait secouer la tête, ce n'était pas le moment d'être possédée, non. Le pauvre Dhokko ne méritait pas ça. Elle devina à leurs cosmos qu'il était avec Sion. Alors, les deux solitaires de leur troupe avaient enfin trouver quelqu'un pour combler le vide de leur existence? Est-ce qu'il y avait un problème à ça? Non. Elle aurait laissé ça se faire, mais voilà qu'elle ne contrôlait rien de ce qui lui arrivait. Rien de ce qu'elle faisait.
« Mais qu'est-ce qui m'arrive? Seiya, quelqu'un, arrêtez-moi! » Prisonnière de son propre corps, elle vit sa main blanche se tendre vers la porte.
(Si la ligne n'est pas apparu plus haut, il serait logique qu'elle ne soit pas apparu ici, alors je mets cet avis indicatif pour prévenir aux lectrices (lecteurs) qu'il y a un nouveau changement de lieu et de personnages)
Frissons. Tremblements. Gémissements. Baisers. Soupirs. Peau. Chaleur. Caresse. Froid. Baisers. Les lèvres du roux devaient être aussi avides que la peau du bélier lui était douce. Sion était à genoux sur le lit, tremblant d'envie. Le torse de la balance épousait son dos, on aurait dit que leur corps voulaient s'emboîter l'un dans l'autre. Le visage de Dhokko disparaissait dans le cou de son vieil ami, sous ses cheveux verts. Ses mains courraient sur le cou de l'Atlante, sur ses épaules, son torse nu, ses cuisses qu'il commençait à dévêtir.
-Qu'est-ce que tu attends? souffla Sion, en cherchant les jambes de la balance derrière lui. Il n'en pouvait plus d'attendre, c'était trop. Trop et pas assez en même temps. Pour Dhokko, c'était trop. Trop, trop vite, trop facilement. Il n'était plus sûr de rien, mais continuait de faire monter le bélier dans une envie de plus en plus pressante, espérant se décider entre temps.
Le désir était là, aucun doute, il ne pouvait en être autrement. À ce moment, Sion cessa de frémir et Dhokko releva la tête. Tous les deux, ils l'avaient senti.
-Elle est juste devant la porte, murmura la bélier en essayant de reculer. La balance voulut le prendre dans ses bras, mais l'Atlante se détacha de lui. Il frissonna dans le fraîcheur du matin. Le corps du roux était si chaud. Les yeux rouges de Sion se détournèrent et il rougit. On ne peut pas la laisser nous voir ensemble, fit-il, honteux.
-Comment? Mais… Dhokko n'en revenait pas, comment pouvait-il avoir honte? Il n'y avait pas de raison. Mais, poursuivit-il, on a rien fait de mal.
-On ne sait jamais avec elle.
La porte ne s'était pas encore ouverte que Sion avait disparu et que la balance se retrouvait seul, à demi-nu, sur son lit. Le soleil se levait derrière luii, baignant son corps tout tremblant de désirs inassouvis. Ses cheveux étaient de feu, et ses yeux semblaient morts. Perdu dans les rayons de l'astre du matin, perdu dans l'aurore et l'horreur de l'abandon auquel l'homme de ses rêves le soumettait à nouveau, il avait un quelque chose de félin qui le rendait irrésistible. Sensuel.
Athéna le dévora des yeux. Non, en fait, celui ou celle qui avait pris son contrôle le dévora des yeux. Lui, pauvre chevalier d'or, immense, musclé, sur le bord de perdre tous ses moyens. Qui voyait sa raison partagée entre son cœur et son corps. Il était beau, il était tout ce qu'il y a de plus désirables. Pour un esprit maléfique, il n'était plus qu'un âme blanche d'innocence à corrompre. À noircir.
« Non, je ne veux pas faire ça! Qui que vous soyez, arrêtez, ça ne va pas! Ça ne se fait pas, vous n'avez pas le droit, espèce de démon! »
« -Ne te moques pas, le seul qui t'entend, c'est le diable, MOI, Hadès! Et je ferais tout ce que je veux pour semer la discorde parmi tes chevaliers! » Un rire terrible résonna dans l'esprit de la déesse. Un rire monstrueux. Sous le choc, Saori ne trouva même plus la force de supplier en silence. Dhokko recula sur son lit, sans réussir à récupérer son sang-froid. Il aurait voulu retrouver son calme légendaire, mais cette fois, il avait été trop loin.
-Dhokko, tu n'as pas le droit de faire ça, souffla Athéna en s'approchant très lentement de lui. Elle semblait calculer tous ses gestes, elle en était inquiétante.
-Qu'est-ce que je n'ai pas le droit de faire? demanda-t-il, avec autant de détachement que possible. Mais il voyait dans ses yeux pâles ce qu'elle allait dire et il ne voulait pas entendre ça.
Pendant ce temps, Athéna, la vraie, n'arrivait pas à croire. Comment Hadès avait-il pu la contrôler depuis le monde des morts? Jamais ses interventions directes n'avaient pu aller aussi loin. Et voilà qu'il la possédait. Son esprit la gardait prisonnière de son propre corps et l'obligeait à faire ce qu'il voulait. Le dieu des morts avait perdu toute charité. Perséphone, fille de Gaia, était morte il y avait plus de 300 ans et l'âme déjà noire du seigneur des ténèbres n'avait fait que se rembrunir. Maintenant, il était réellement le mal incarné.
-Tu n'as pas le droit d'aimer des hommes, encore moins le grand pope, déclara Saori.
« C'est toi qui n'a pas le droit de faire ce que tu fais espèce de monstre! » fit la pauvre jeune femme, aux creux des pensées tordues de la divinité.
-Et pourquoi tu ne me l'as pas dit avant si c'était si grave que ça?
-Parce que tu n'as jamais semblé vouloir pousser trop loin ta… difformité amoureuse.
-MA QUOI!
Dhokko était sage, mais recevoir un tel coup bas, après tout ce qu'il avait fait. Se faire dire qu'il était anormal, difforme. Non, il y avait des limites aux insultes qu'il pouvait subir. Puis il connaissait la petite Saori depuis qu'elle était haute comme trois pommes. Comment est-ce qu'elle pouvait lui dire ça? Elle l'avait toujours compris, toujours accepté avec sa différence.
Athéna recula devant sa soudaine colère, elle allait mettre des gants blancs. Ses épaules tremblèrent sous les rayons de soleil et elle se détourna, laissant dans son cosmos une pointe de désespoir percer au grand jour. La balance perdit de sa fureur en sentant la détresse de la jeune fille. Elle ne pensait pas ce qu'elle disait, quelque chose n'allait pas. Un sourire mutin étira les lèvres de la déesse quand l'homme lui demanda si tout allait bien. Elle secoua ses cheveux pâles. Non, ça allait pas
-Athéna, qu'est-ce qui…
-J'ai besoin d'aide, depuis que je suis revenue à la vie, mon existence est un enfer et maintenant qu'Hadès est de retour, fit-elle d'une voix tremblante, comme si elle était sur le bord des larmes.
« Espèce de monstre, tu veux le manipuler en le prenant par les sentiments, ce n'est pas juste, tu n'as pas le droit de… »
« -Fermes-la imbécile! Le maître, c'est moi maintenant, ça ne sert à rien de chialer! » répliqua Hadès.
-Pourquoi tu viens m'en parler à moi? Pourquoi pas, au pope, ou à Seiya? demanda le chevalier, trop content de pouvoir changer de sujet.
-Je ne peux pas parler de ça avec Sion, il n'est pas assez compréhensif. Non, enfin, il n'aime pas parler de ça et ces derniers temps, avec la disparition de Mu. Je n'osais pas le déranger. Puis c'est à cause de Seiya que je suis dans cet état. Je te demande pardon Dhokko pour ce que j'ai dit, tu peux aimer qui tu veux, mais…
La balance s'était levée de son lit et allait poser une main réconfortante sur l'épaule de la déesse, mais celle-ci se retourna. Des larmes s'accumulaient au coin de ses yeux, sans couler.
-Mais, j'ai tellement peur. J'ai des tas de cauchemars depuis que je suis revenu de l'enfer. Je vois toujours l'un d'entre vous, en train de faire du mal à des innocents. Seiya en particulier. Ça me rend folle d'inquiétude, j'en ai de la misère à le regarder en face. Je sais que ce ne sont que des mauvais rêves, mais ils ont l'air tellement vrai. Ça me terrifie…
Dhokko oublia sa rancœur et même son envie oppressante de tout à l'heure. Il ne lui resta qu'un désir, réconforter la jeune déesse, sa protégée de toujours. Il en avait même oublié Sion et l'intrusion d'Athéna dans leur intimité.
-Allons, ce n'est rien, tout le monde peut faire des cauchemars, il suffit que tu réussisses à les mettre de côté quant tu te lèves.
Ils étaient séparé par une distance de tout juste quelques pas. Hadès se débattait au fond de Saori, fébrile. Il y avait quelqu'un qui venait, il devait faire vite.
-Ce n'est pas facile, j'aurais tellement besoin d'aide pour oublier toutes les horreurs que j'ai vu. Il me faudrait de la douceur, de la chaleur…
Dhokko retint un mouvement de recul, les yeux de la déesse s'étaient remis à le dévorer, d'une façon effrayante.
-Tu vas pas recommencer avec tes âneries. Je t'ai déjà dit que je voulais pas. Je ne pourrais pas. Je te connais depuis que tu es toute petite.
Les yeux de la déesse offrait un message de pur folie. Elle les ferma un instant, pour laisser couler ses larmes sur ses joues roses. « Pitié, Dhokko, il faut que tu réalises ce qui se passe! » supplia Athéna dans le silence.
-Tu me dois obéissance et j'en ai assez qu'on se fiche de moi! Je te rappelle que j'ai des droits. Je veux et j'exige, que tu le veuilles ou non.
Dhokko pâlit, mais n'eut pas le temps de réagir…elle se jeta sur lui.
(Encore les lignes, un autre changement, je me marre avec ce suspens moi!)
Quand Seiya découvrit qu'il était seul dans son lit, il paniqua. Il se leva précipitamment et, sentant le cosmos de sa belle tout près, il se dépêcha de la retrouver. Ce qu'il découvrit le laissa d'abord perplexe. Qu'est-ce qu'Athéna faisait dans la chambre de la balance? Comme il ouvrait la porte, Pégase découvrit le plus horrible des spectacles qu'un amoureux déjà éploré doit subir. Athéna avait renversé Dhokko sur son lit et l'embrassait avec fougue. Ses mains s'égaraient sur le corps de la balance pour amoindrir ses résistances. La robe blanche de la jeune fille commençait à glisser sur elle, dénudant entièrement son dos, ses bretelles lui arrivaient aux coudes. Le roux était déjà torse nu et tout portait à croire au pire.
-Saori!
Le cri de Seiya alerta Hadès de la réussite de son entreprise. Le dieu en profita pour se volatiliser. Dhokko, lui, profita de l'occasion pour repousser sans ménagement la jeune déesse, avant de s'essuyer la bouche du revers de la main, à la fois dégoûté et renversé. Comment est-ce qu'elle avait pu osé? Abasourdi, le chevalier de bronze restait dans l'encadrement de la porte, fixant Saori, à genoux, par terre, puis le grand roux qui s'asseyait sur son lit, tour à tour. Il ne voulait pas y croire. Il ne pouvait pas y croire.
Elle ne pouvait pas lui avoir mentit tout ce temps, non, il n'avait pas cru à des chimères. Dhokko n'aurait pas fait ça de toute façon.
-Qu'est-ce que ça veut dire? demanda-t-il sur une voix vibrante d'émotion.
La jeune fille releva la tête et, apercevant Seiya, poussa un cri de joie. Elle courut jusque dans ses bras, sans prendre la peine de replacer sa robe. Il la reçut contre lui sans la moindre douceur, mais aussi sans le moindre geste de colère. Il lui était impossible de lui faire du mal, même s'il se sentait trahi.
-Ce n'était pas moi Seiya, si tu savais. Je ne sais pas comment il a fait, mais il me possédait, tu comprends, il était en moi et ne me laissait plus faire quoi que ce soit, s'expliqua-t-elle, tout en se gourant sans le savoir.
Seiya releva un regard assassin sur Dhokko, ayant tout compris, mais de travers. Le pauvre Chinois, lui, ne savait plus où se mettre. Non seulement, elle l'agressait, mais en plus, elle lui faisait porter le chapeau!
-Qu'est-ce que tu lui as fait, espèce d'hypocrite, voulut savoir le jeune homme aux cheveux noirs.
-Mais à qui tu parles, Seiya? Il est parti depuis un moment déjà. Hadès ne me contrôle plus…
-QUOI! firent les deux guerriers, cette fois encore, tout aussi étonnés l'un que l'autre.
-Tu comprends Seiya? Je me suis réveillé en sursaut et Hadès était en moi. J'étais prisonnière de mon corps, il me faisait faire tout ce qu'il voulait. Absolument tout. Il est venu trouver Dhokko en se faisant passer pour moi. Il lui a dit, il m'a fait lui dire des choses affreuses puis m'a jeté sur lui. Il voulait semer la discorde entre les chevaliers…
-Comment pourrais-je te croire? Je ne suis qu'un simple mortel, moi, répliqua durement Seiya en replaçant les bretelles de la jeune femme sur ses épaules, avant de la repousser.
-Elle était bizarre, remarqua Dhokko, qui trouvait assez plausible l'histoire d'Athéna. (Ça l'arrangerait que ce soit vrai aussi, pauvre tigrou…)
-Mais enfin, Seiya, Hadès m'a contrôlé comme il avait contrôlé Shun autrefois. Il m'a obligé à…elle hésita et Dhokko rougit tout en enfilant un chandail, à quelque pas d'eux.
-À quoi?
-À interrompre les ébats amoureux de Dhokko et Sion pour que je prenne la place du bélier et te rendre furieusement jaloux. Il savait déjà que tu te réveillerais un peu après moi…déclara la déesse dans un soupir.
-C'est vrai, demanda Pégase, en se tournant vers la balance. Ce dernier acquiesça, la mort dans l'âme. Il se demandait bien ce qu'il allait advenir de la proposition de Sion à présent. Si tous les chevaliers savaient, alors…
-Vous pourriez pas finir vot'discussion en dehors de ma chambre? demanda le chevalier d'or, sur un ton fragile. Il en avait supporté assez comme ça pour le moment.
Ouais, ben, c'est pas l'avis de l'auteure, puisque je vais le faire souffrir encore un peu, le tigrounet (pauvre chou, je suis quand même cruelle avec lui) et Sion, je ne cesse pas de lui donner le rôle méchant, il va falloir que ça change… (Pas d'inquiétude, j'ai des plans)
Je dois dire que si j'étais pas trop chaude pour un couple Dhokko/Sion au début, c'est maintenant un de mes préférés, je me suis vraiment amusé à écrire ce chap, merci de la suggestion, elle a servi! Au fait, vous ? Vous avez aimé? Il y avait 11 pages quand même! (je fais ma fière, oubliez l'avant-dernière phrase)
