D'abord, une big big excuse pour le retard, je me suis vue privé d'ordinateur, enfin d'internet, pendant toutes la période des fêtes et mes vacances alors, je n'ai rien trouvé de mieux à faire que d'attendre jusqu'à maintenant pour mettre enfin mon chap colossale de 12 pages!
Faut dire que j,ai reçu un le jeu de Zelda Twilight Princess et que ça m'a grugé du temps. Alors je prends la peine de vous souhaiter une bonne année 2007 et de souhaiter beaucoup de bonheur à Dragonna, ma fidèle revieweuse èa qui je ne fait pas de rar, parce que je n'ai pas le temps, je dois lire ta fic dans fma ma grande! En espérant que tu viennes reviewé pour que je mette la suite un peu plus vite… à plus, merci de me comprendre!
Deathmask IV
Après 3 verres de plus, DM commençait à être assez échauffé pour supporter la musique de fou qui faisait palpiter tout le bar. Mais il commençait par contre à avoir beaucoup de misère à se contenir. Il ne perdait pas des yeux Gabrielle, qui continuait de danser sur la piste, entre les néons et la fumée. Elle était trop belle pour se retrouver au milieu d'une bande de salaud de la pire espèce. Elle s'abandonnait à la vue de tous, sans la moindre hésitation. Elle semblait si à l'aise que DM en aurait été malade.
Elle jurait dans le décor, elle n'avait rien faire là, il aurait voulu l'avoir dans ses bras. Et pour l'instant, il l'avait dans la peau.
-Hé, le latino, tu danses? Suggéra une audacieuse femme, encore plus sexy que l'ange du chevalier.
-Pas avec des vieilles, répondit-il, avec un sourire machiavélique.
La manœuvre lui valu l'arrivée d'une meute d'hormones féminins en panique. Une bonne douzaine de filles l'encerclèrent toutes à la fois. Il était beau et il avait du chien.
-Je vous paie la tournée mes jolies? Oui? D'accord, mais rien qu'à vous.
Quand il reporta de nouveau son attention vers Gabrielle, elle avait arrêté de danser. Elle le fixait, les yeux écarquillés, ne pouvant pas y croire. Il avait pas loin de 6 filles du même âge qu'elle accrochées à chacun de ses bras. Pour un total de 12 donzelles le regardant avec délectation et envie. L'Italien était assez fier de son coup. L'adolescente était à deux doigts de quitter la piste de danse pour le rejoindre et lui dire ce qu'elle pensait de lui.
Il voulait la rendre jalouse, pour se venger et ça semblait être sur le point de marcher quand elle haussa les épaules et se remit à se déhancher comme si, la surprise passée, elle s'en fichait. Le regard de l'adulte devint noir et il posa son verre sur le comptoir avec tellement de colère qu'il le brisa. Les filles autour de lui sursautèrent, certaines eurent un mouvement de recul. Ça n'avait pas marché et il était furieux parce qu'elle recommençait à le narguer. Il croisa les bras et la suivit des yeux.
Il la voulait à lui. Il la voulait pour lui seul. Être de nouveau le seul à profiter de sa présence. Elle lui lança un regard plein de défi. Comme pour dire qu'il n'oserait jamais aller la chercher dans la foule. Qu'il n'avait pas le cran de créer une émeute pour se l'approprier. DM essaya de se convaincre que Gabrielle n'était ni une chose, ni un objet, mais une personne qui n'appartiendrait jamais à personne. Il ne pouvait pas s'empêcher de vouloir la posséder. Elle l'aguichait.
Ça faisait très longtemps qu'il n'avait pas… Il soupira, constatant qu'en pensée, il n'arrivait pas à mettre des mots sur ce qu'il pensait. Il faut dire que ses seules expériences avec le sexe n'avaient jamais été produites par de nobles intentions. C'était des expérimentations. Son cœur n'était jamais présent, il avait préféré le cacher aussi loin que possible, pour ne pas souffrir plus qu'il ne l'avait déjà fait.
Mais maintenant qu'il envisageait de se taper un ange, oui, mettons les mots qu'il faut pour décrire ses desseins, maintenant qu'il se sentait obséder par le corps de cette fille et ne se calmerait pas tant qu'il n'aurait pas pu l'avoir tout entière à lui, maintenant il se trouvait plus monstrueux que jamais.
Il avait peur de tout gâcher. Elle l'aimait bien, comme un ami peut-être, en tout cas, elle était gentille avec lui. S'il lui faisait du mal, s'il la blessait dans ses valeurs et son cœur? Il savait les marques qu'on pouvait gardé de telles blessures. Les comportements de Milo, Camus, ceux d'Aiola ou encore de Marine étaient autant d'exemples disant qu'on ne devrait jamais faire de telles plaies dans le cœur des gens. Un parent mort, une trahison, un abus, fait par un ami ou un inconnu. On en revient toujours changé, parfois, ça fait de nous des morts vivants.
Deathmask avait peur, il avait peur d'aimer Gabrielle, parce qu'alors, il la perdrait sans le moindre doute. Il était maudit. Mais s'il la brusquait, à cause d'une envie animale, il la perdrait aussi, d'une autre façon. Déjà là, avoir peur de la perdre, c'était un problème. Ça voulait dire que déjà, il était trop attaché à la jeune fille. Mais il ne pouvait pas non plus resté planté là à regarder son ange danser devant une gang de vaurien. Qu'il soit lui-même un vaurien n'était qu'un détail. Il se tourna vers le serveur, renversant la moitié des idiotes accrochées à lui.
-Combien je vous dois?
La somme était exorbitante, mais le cancer avait l'habitude des grosses factures dans les bars. Il se connaissait assez pour savoir qu'il était un sacré buveur. Il paya la note puis pris la direction de la piste des danseurs. Gabrielle ouvrit de grands yeux en le voyant s'approcher. Il était en train d'oser venir jusqu'à elle! Il avait l'air déterminé en plus!
L'Italien s'empara du poignet droit de la jeune fille. Elle essaya de lui dire quelque chose, mais il y avait trop de bruits. Il en avait assez de la voir se donner en spectacle. Il l'entraîna jusqu'à l'extérieur et elle le suivit, sous peine d'avoir le poignet brisé. Une fois rendue dehors, l'adolescente pu enfin lui dire ce qu'elle pensait.
-Mais pourquoi tu fais ça? Je m'amusais bien moi!
-Non, tu te moques pas de moi? Sincèrement, railla-t-il.
-Tu l'as fait exprès pour ses filles, non?
-Toi, tu l'as fait exprès pour le reste, non?!
-T'avais qu'à venir danser!
-C'est pas le genre de danses que j'aime danser, répliqua Deathmask en la traînant de force au coin de la rue.
Les passants, déjà plutôt rares, tournaient la tête sur leur passage. Ils attiraient l'attention avec leurs cris et leur dispute.
-C'est quel genre de danse que tu aimes, hein?
-Tu dois pas les connaître et puis, qu'est-ce que pas ça peut te faire ce que j'aime ou pas, moi, hein?
-Mais, c'est que tu fais ton agressif ce soir, qu'elle mouche t'a piqué?
Jusque-là, ils avaient marché d'une étrange manière, les faisant passer encore moins inaperçus. Il la tirait par le bras, en criant et en gueulant sans daigner la regarder et elle suivait aussi lentement que possible, riant tout autant que lui. Il se retourna et la plaqua contre un mur de briques. Elle sursauta tandis qu'il la maintenait contre les pierres froides en la prenant par les épaules. Son visage était tout proche du sien. Cette fois, il ne cria pas.
-Mais c'est qu'y'en a marre à la fin, de te voir te foutre de ma gueule. Je suis quoi pour toi? Un gamin de neuf ans que tu peux traîner partout par la main, comme un chien? Tu penses que je suis agressif maintenant? Mais c'est que t'as rien vu encore ma pauvre. Je peux te rappeler que je suis un assassin? Un tueur sanguinaire qui n'a pas froid aux yeux. En attendant, c'est toi qui m'agresse.
-Quoi? Qu'est-ce que tu veux di…
-Je vais te le dire ce que je veux dire! T'inquiète pas pour ça. Le masque de mort en a par-dessus la tête de te voir le mener à la baguette. Je suis pas un jouet! Te voir danser sans la moindre pudeur dans le linge que tu portes, au milieu de gars que tu ne connais même pas. Tu penses que ça m'enchante? Non, au contraire, ça m'écoeure, ça me rend malade. Tu t'habilles comme une put, un peu plus et tu as une pancarte qui dit, salut messieurs, toute la peau exposée ici, presque toute celle que j'ai soit dit en passant, est à votre disposition, faites de moi ce que vous voulez, j'attends que ça, je suis un jouet ambulant!
-Mais c'est pas ce à quoi je pensais en…
-Non, sûrement pas, mais moi, ça me rend dingue, tu comprends? Juste de te voir comme ça et j'ai plus qu'une envie, c'est de te…
-DM, arrêtes de dire ça, tu ne te ressembles pas.
-Qu'est-ce que tu sais de moi, hein? Qu'est-ce que tu sais de ce à quoi je ressemble? Rien! Tu ne sais rien! Tu te fiches de moi, tout en te fichant de toi-même! Quand j'ai dit, si je l'ai dit, que je ne respectais pas les femmes et que je me les tapes par dizaine, c'était faux. Il y a des femmes que je respecte et toi, tu en es une. Alors, je peux pas te voir faire une folle de toi sans réagir, tu comprends?
Il ne la secouait plus, il tremblait, il ne comprenait pas d'où il lui avait sortit tout ça. Il n'aurait pas voulu parler comme ça. Parce que ce qu'il avait dit était vrai et qu'il n'aimait pas se dévoiler aux gens. Il ne pouvait pas lui faire pitié, il n'était qu'un monstre. Mais il n'avait pas pu retenir les mots qui lui étaient venu. Ça devait sortir. Elle devait savoir.
-DM, si je m'étais habillé comme ça pour un seul homme…
-Si c'était pour un seul homme, un qui t'aimerait et que toi t'aimerais, un en qui tu as confiance, un à qui ça ferait plaisir et qu'il serait le seul à te voir comme ça, il n'y aurait pas de problèmes. Mais le problème, c'est que tu es sortie comme ça devant plein de gars, comme si tu leur appartenais à tous, alors que tu ne devrais appartenir à personne d'autre qu'à toi-même… Tu comprends ça?
-Tu te prends pour mon grand frère ou quoi? T'as pas à essayer de me protéger comme ça, essaya-t-elle de le calmer.
À présent, elle n'était plus retenu contre le mur, ils se regardaient tous les deux, les yeux dans les yeux. Il la tenait toujours par les épaules et elle avait passé ses mains si légères sur la nuque de l'adulte. Ce qu'il ressentait soudain au fond de lui était trop doux, il ne pouvait pas la laisser faire, sinon, il allait…
-Je ne me prends pour personne, lâches-moi, fit-il brutalement, détruisant la magie du moment.
L'éclat qui venait de s'allumer dans les yeux de la jeune fille s'éteignit. Il s'ouvrait tout à coup et voilà qu'il se refermait à nouveau. Elle le lâcha à regret, mais frissonna dans la fraîcheur de la nuit. Il soupira, passa un bras autour des épaules de Gabrielle et la fit s'appuyer contre lui pour la réchauffer un peu. Il ne la regarda pas, gêné par son geste, mais s'expliqua :
-Tu n'es vraiment pas habillé pour sortir.
-Non, c'est vrai, mais tu n'es pas si bien habillé que ça toi non plus, tu dois avoir froid, non?
Ce devait être une excuse pour qu'elle passe un bras autour de sa taille. Il se sentit faiblir, ne pouvant pas croire qu'on lui démontre une telle sollicitude. La tête de la jeune fille se posa sur son épaule et quand il lui jeta un coup d'œil, il vit que l'étincelle dans son regard s'était rallumée. Elle se disait que peut-être qu'au fond, elle avait une chance avec lui. Il avait la gorge nouée. Ils marchèrent, serrés l'un contre l'autre, vers l'appartenance de la petite.
-DM, qu'est-ce que tu me caches?
-Je te cache moins de choses qu'à bien d'autres, alors comptes-toi chanceuse.
-Pourquoi tu te forces à jouer les durs comme ça?
-Mais je ne joues pas.
-Si, quelque fois, tu dois bien faire semblant, tu es humain et toi aussi, tu dois t'adoucir parfois.
-Non, je ne peux pas, je n'en ai pas le droit.
-Qu'est-ce que tu me racontes là?
Il ne répondit pas. Il n'avait pas la force de parler de ça. Elle comprit qu'il était dans le vague et décida d'en profiter. Avant qu'il n'ait pu l'en empêcher, elle s'empara de son poignet toujours blessé pour l'entraîner avec elle. Ce n'était pas bien loin là où elle voulait l'emmener. Il la suivit, contraint. Le guerrier se sentait sur le point de craquer et détestait cela.
Ils se retrouvèrent devant le lac où il était tombé. Là où ils s'étaient rencontrés pour la première fois. La lune était haute dans le ciel et il faisait froid. Ce n'est qu'à ce moment que Deathmask réalisa le froid autour de lui. Ils étaient en plein hiver. Le lac était gelé et couvert d'une glace rendue bleutée par le ciel de la nuit. Du même bleu que dans son rêve…
« Oh non, non, elle ne va pas tomber dans le lac », pensa-t-il, avant de se mordre les lèvres, ne pouvant pas croire qu'il nourrissait de telles inquiétudes. Ça ne voudrait pas dire qu'il tenait vraiment à elle? Non pitié, faites que non. Il ne pouvait plus aimer personne. Il n'était qu'un monstre, alors…
-Regarde, ce que c'est beau, déclara-t-elle en lui montrant le parc de la main. Le lac gelé, la neige dans les arbres et sur les bancs, un oiseau perché sur une branche, les teintes bleues et mauves qui se perdaient dans le ciel. La lune qui donnait une blancheur presque spectrale au visage de Gabrielle. DM ne regardait qu'une chose dans tout ce froid. Il la trouvait effectivement très belle, mais n'osait pas le lui dire.
Elle leva les yeux vers lui et croisa son regard. Les yeux bleu royal du chevalier étaient dardés sur elle, l'embrassant du regard. Il essaya de ne plus bouger, de détourner le regard, de réagir, mais rien n'y faisait. Leur visage était à quelques centimètres de distance. Ce qu'il n'aurait pas donné pour franchir cette distance. Pour la toucher. Il s'étonnait à constater que ses pensées toutes plus viles les unes que les autres avaient disparues.
-Tu as raison, c'est magnifique, murmura-t-il sans cesser de la regarder.
Gabrielle sentit son cœur sauté dans sa poitrine, comme une bombe à retardement. Elle l'avait bien cerné, cet ancien tueur. Ce n'était pas un homme 'courre ailleurs', comme son ex ou son frère. Elle voulait croire qu'il était bon, très doux et encore plus tendre. Elle voulait avoir trouvé son mec, celui de sa vie. Elle voulait connaître l'amour et était prête à tout risquer pour. L'adolescence appréciait bien ce grand grognon et ne demandait qu'à le connaître.
Une fois de plus, il paniqua. Cette tendresse en lui, comme une étrangère, non, mieux valait se la mettre à dos plutôt que voir mourir la jeune fille. Il détestait se sentir vulnérable, il avait envie de tout lui dire, mais craignait sa réaction. Ils se connaissaient à peine… Ses yeux étaient brouillés pas de la brume sortit tout droit du passé, il crut revoir l'adolescente de son rêve et réentendre le cri qui l'avait tant ébranlé autrefois.
Alors, il ferma les yeux et ramena brutalement Gabrielle contre lui en la serrant dans ses bras. Une main sur la tête de l'ange, une autre sur sa taille, il se voyait comme un déchet s'accrochant à la pureté d'un rose. Comme un vieux journal qui tomberait sur des fleurs, emporté par un coup de vent.
-Qu'est-ce qu'il y a?
-Tu es trop bien pour moi.
Elle frissonna en sentant le corps de l'adulte se refermer sur le sien. Ses bras étaient si forts, si grands autour d'elle, comme partout à la fois. Le visage de l'Italien se déposa sur sa nuque et il se mit à trembler. Il lui sembla soudain que cet homme face à elle était plus fragile qu'un enfant.
-Tu le penses vraiment?
Les mots ne restèrent pas prisonniers de sa gorge, ils s'envolèrent vers l'oreille de la petite sans qu'il puisse les retenir.
-Gabrielle, tu es un ange, jamais personne ne te méritera…
-Tu voudrais m'enfermer dans une cloche de verre, pour me garder toujours en sécurité?
Pourquoi ses sales envies revinrent à ce moment précis? Parce que ce corps tout jeune collé contre lui l'exacerbait plus que toutes les danses du monde? Il se força à se contrôler avant de répondre avec son cœur, pour la première fois.
-Je voudrais te mériter et avoir autant de droit sur toi que tu en as sur moi.
-Quel droit est-ce que j'ai sur toi, dis-moi? Demanda-t-elle en se séparant de lui et le regardant avec son air taquin habituel.
« Beaucoup trop » pensa-t-il. Mais déjà, c'était trop. Trop d'attente, trop de désirs, trop de peur, trop de doutes. Il la voulait tellement. À lui. La faire sienne. La pauvre ne vit rien venir. Il l'avait enfermé dans ses bras pour l'embrasser. Sans tendresse. Il voulait tout, tout de suite, il avait trop attendu. Elle se cabra contre lui, essayant de le repousser alors qu'il forçait l'ouverture de sa bouche. Deathmask était trop fort pour elle. Ce n'est qu'à ce moment là qu'elle comprit tout ce qu'elle avait déclenché.
Il libéra les lèvres de la jeune fille pour reprendre son souffle, sans la lâcher. Il aurait voulu qu'elle réponde à sa violence autrement que par la fuite. Il aurait voulu ne pas la brusquer, mais il n'en pouvait plus d'attendre.
-Qu'est-ce que tu fais?
-Tu m'as poussé à bout, innocente comme tu l'es, tu n'as rien compris?
Elle essaya de le repousser, de le séparer d'elle, mais il la maintint prisonnière de ses bras.
-Je te ferais mienne, que tu le veuilles ou non. Je suis beaucoup plus dangereux que je t'ai laissé le croire, tu piges? Quand je désire quelque chose, je l'obtiens, bon gré, mal gré.
-Dis-moi ça en pleine face, les yeux dans les yeux et je le croirais!
Il lui obéit et la lacha enfin, la laissant prendre du recul. Le spectacle qu'elle offrait était le pire des brises cœurs. Elle ne pouvait tout simplement pas croire à ce qui venait de se passer. Il n'était pas un salaud comme les autres, elle en était sûre. L'adolescente n'avait pas l'air d'être choquée, seulement déçue. C'était pire.
-Qu'est-ce que tu veux que je te raconte?
-Pourquoi tu as fait ça?
-Parce que je ne suis pas un saint. Tu t'es régalé à mes dépends. Je t'ai bien vu me dévorer des yeux. Moi, je n'osais pas le faire, parce que tu es plus jeune que moi et que je craignais d'en arriver là justement. Je t'ai bien regardé pour la première fois, dans l'ensemble de ta personne, seulement aujourd'hui. Ce que j'ai vu m'a rendu fou. Je risque de l'être encore. Je sais que t'as fait exprès pour m'énerver. Le problème, c'est que ça fait des semaines que tu m'énerves. Je savais depuis le début que je ne te méritais pas, parce que tu es un ange. Moi, si j'ai envie de toi, c'est que je suis un monstre.
-Ne raconte pas des trucs comme ça. Tu es humain, ça peut t'arriver de perdre le contrôle. Je peux comprendre.
Comme elle faisait un pas vers lui, il recula. Il s'était déjà dit qu'il ne voulait pas lui faire de mal et c'était plutôt mal parti.
-Tu vois, tu recommence! Tu me pardonnes déjà, comme si je ne t'avais rien fait. Tu es parfaite au point de ne pas voir que je suis un danger public.
-Là tu exagères, tu es un chevalier d'Athéna, tu défends la justice, tu ne peux pas être un danger public.
-Gabrielle… soupira-t-il, comme elle se campait devant lui, les poings sur les hanches. DM faiblissait. Sa raison, son cœur et son corps menaient la lutte. Il avait peur qu'un des trois l'emportent, mais ça ne pouvait pas non plus se finir en match nul.
-C'est la première fois que tu m'appelles par mon nom, sourit-elle, de nouveau heureuse, comme si rien ne s'était pas. Puis son visage s'assombrit. Je ne sais toujours pas ton prénom malgré cela. Pourquoi tu refuses de me le dire?
Les viles pensées s'en retournèrent d'où elles étaient venues. Le gagnant battait très vite dans la poitrine du guerrier. Presque trop. Il avait peur qu'elle ne l'entende.
-C'est Ma…
Il baissa le regard et voulu se détourner, mais la voix de la jeune fille le rappela à l'ordre. Il lui devait au moins ça.
-Ta quoi?
-Non, je veux dire. Mati… Oh si tu savais ce que c'est dur pour moi de te le dire.
-Ton nom? Matiquoi? Dis-le moi!
-Non, je ne devrais pas…
Il paraissait faible, comme si chaque syllabe de son prénom, une fois prononcée, lui coûtait de la force.
-Mati… Comme dans Matia?
-Non, comme dans Mattiméo…
-Pourquoi c'était si dur de me le dire?
-Parce que ça me rappelle ma mère?
-Mattiméo, murmura-t-elle dans la nuit, avec un grand sourire. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ce que tu te souviennes de ta mère à cause de ton nom?
-Je… je voudrais rentrer et ne plus en parler, essaya-t-il pour s'en sortir.
L'adolescent s'approcha de lui et le prit par les épaules. Elle paraissait si petite comparée à lui. Il se sentait si faible, il aurait voulu se laisser aller, la sentir le serrer dans ses bras, mais…
-Dis-moi où est le problème? Je t'en pris.
Le guerrier eut beau se retenir, il ne parvint à rien et la prit dans ses bras, pour ne pas s'effondrer.
-Elle était très belle ma mère, tu sais. Presque autant que toi. Elle me manque tellement.
-Je suis désoler death… non pardon, je suis désoler Mattiméo. Comment est-ce qu'elle…?
-C'est moi qui l'ai tué.
Comme elle se raidissait contre lui, DM la força à le lâcher, puis lui tendit son poignet droit. Maintenant, il était réellement un monstre à ses yeux. Ça lui faisait plus mal que tout le reste.
-Est-ce qu'on peut rentrer? Je te laisserais me traîner par le poignet si tu veux.
-Non, si je le fais, tu ne guériras jamais, répondit-elle en prenant tout son bras et le forçant à lui encercler la taille. Je te ramène à l'appartement si tu m'expliques.
En sentant le corps de la jeune fille s'appuyer contre le sien, il ferma les yeux un quart de seconde pour réprimer le frisson dans ses entrailles qui remonta jusqu'à son cœur. Le froid mordait avec rigueur toutes les parties de son être qui n'entraient pas en contact avec son bel ange.
-Gabrielle, je ne veux pas…
-Dis-le moi. Je te l'exige. Sinon, nous resterons ici toute la nuit.
-D'accord, mais…
-Viens!
Ils marchèrent de nouveau, serré l'un contre l'autre. L'Italien, après avoir longtemps hésité, expliqua l'histoire de sa mère à l'adolescente. Sa voix vibrait tandis qu'il parlait, d'une émotion étrange, à la fois mélange de peine, de nostalgie et de culpabilité.
-J'avais une sœur, il y a très longtemps. Gloria. Elle est morte d'un cancer à 1 an. Ma mère a eu un cancer elle aussi et est décédée quand j'avais cinq ans. Comme j'étais destiné à devenir le chevalier d'or du cancer, mon père m'en a tenu personnellement responsable. Il avait raison, puisque sa mort avait la même cause que celle de mes autres proches. Encore le cancer. J'avais 7 ans quand je suis devenu orphelin.
Il ne regardait pas Gabrielle en parlant, ayant peur qu'elle se moque de lui. Puis l'adulte ne voulait pas la laisser voir sa faiblesse. Il avait tellement de mal tout ce qu'il lui disait déjà.
-Vers mes onze ans, j'ai connu une gamine. Ça peut paraître fou, mais je l'aimais vraiment. Elle est morte d'un cancer justement. C'était de ma faute. Je porte la poisse à tout les gens que j'apprécies. Alors, j'ai voulu oublier mon enfance et donc, mon vrai prénom Je trouvais que Deathmask m'allait mieux, puisque la mort semble vouloir me coller à la peau. Tu comprends?
Elle ne répondit pas, mais fit oui de la tête, contre son épaule. Elle comprenait.
-Mattiméo? C'est quoi la danse que tu aimes?
-Depuis quand ça t'intéresse?
-Pourquoi tu peux pas rester tout miel plus de 10 minutes?! S'énerva-t-elle.
-Je sais pas être tout miel!
Ils arrivèrent à l'appartement et montèrent l'escalier. Elle lui prit la main avant d'ouvrir la porte et de croiser son regard brûlant.
-Tu veux que je te montre?
Elle était belle et il avait toujours envie de la faire sienne. Puis, ses yeux noirs ressemblaient beaucoup à une invitation. Il entra à sa suite dans l'appartement. La porte se verrouilla derrière lui. Il y eut comme un déclic dans son corps.
-Oui. Montres-moi…
À suivre.
