Alors oui, ce chapitre est très court et c'est pour ça que le prochain ne tardera pas à le suivre, je vous rassurer.

Merci aux personnes qui m'ont lu et encore plus à ceux qui laissent leurs avis.

Bonne lecture! :)


Jean Grenier a dit: "L'homme, quoiqu'on en dise, est le maître de son destin. De ce qu'on lui a donné, il peut toujours faire quelque chose."

Chapitre 3:

Je jouai tranquillement avec Kaya qui, en deux jours, s'était rapidement habitué à moi. Kim s'affairait à préparer le déjeuner tandis que Jared la contemplait comme si elle était la huitième merveille du monde. C'était à la fois adorable et... pathétique. Comment avait-elle réussi à ce tour de force? A le rendre aussi fou d'elle? Il fallait vraiment qu'elle me donne son secret.

- Tata? Tu dessines plus? bouda Kaya en me faisant une petite moue.

- Bien sûr que si!

J'avais à faire au futur Picasso. C'était, au moins, la cinquième feuille qu'elle utilisait. Et cela en moins de dix minutes. En même temps, les gribouillages ne mettaient que quelques secondes à s'emparer de chaque millimètre de ce bout de papier.

- Tiens, c'est pour toi! me dit-elle en me tendant son nouveau dessin.

- C'est... superbe, mentis-je alors qu'un immense sourire s'étirait sur son visage d'enfant.

Je continuai de la regarder faire alors que mes pensées se tournèrent vers une autre personne. Pour je ne sais quelle raison obscur, Collin occupait toute mes pensées. Pourtant, je lui avais à peine adressé la parole durant ce repas. Nous avions eu quelques échanges mais rien de bien flagrant. Je ne le connaissais même pas. Ce devait être à cause de son physique. Il était juste... sexy, il fallait le dire. Mais ce n'était pas le moment de me perdre dans des fantasmes.

- Gabi? me demanda Jared. Tu me rendrais un service?

- C'est à toi que je l'ai demandé, cria Kim depuis la cuisine.

- Mais chérie! Gabi a besoin de sortir. Ça fait deux jours qu'elle est enfermée!

- Ne te laisses pas avoir, continua Kim en riant.

Mais devant les yeux suppliants de mon cher frère, je finis par accepter sa requête. Juste aller acheter du pain. Même ça, il n'était pas capable de le faire. J'attrapai de la monnaie avant de me faufiler à l'extérieur ou un vent frais agitait les arbres. Je resserrai les pans de ma veste contre moi avant d'avancer en regardant tout ce qui m'entourait. Jared avait raison sur un point: j'avais besoin de sortir, de prendre l'air. Tous les souvenirs que j'avais forgé ici remontaient en moi. Cependant, j'avais peur de croiser d'anciennes connaissances, de vrais amis à moi. Ceux de mon enfance. Quand j'avais quitté la Push avec mes parents, j'avais seulement onze ans et à cet âge là, c'est plutôt dur de rester en contact avec ses amis. Cependant, j'y étais parvenu du mieux que je pouvais jusqu'à mes seize ans approximativement. Ensuite, j'avais rencontré Matthew et ses amis, j'avais fini par ne plus donner de nouvelles, par les oublier totalement.

- Gabrielle?

Je vis Piper se diriger vers moi avec sa fille, Lucilla, qui marchait à ses côtés en lui tenant la main. Du haut de ses six ans, la fillette se montrait très avancé pour son âge, peut-être trop. J'avais l'impression de parler à une fille beaucoup plus âgé. Et la veille, j'avais été étonné de voir la façon dont Brady s'en occupait. Même si ce n'était pas sa fille, il la considérait comme telle. Ce que je trouvai merveilleux!

- Ou vas-tu? me questionna t-elle en me rejoignant.

- A l'épicerie, pour du pain.

- Alors le retour à la vie de la Réserve?

- C'est plutôt tranquille mais ça ne fait que quelques jours.

- Et un garçon en vue?

- Mais qu'est-ce-que c'est cette question?

Elle affichait un petit sourire et m'adressa un clin d'œil. J'ignorai à quoi elle pensait mais elle ne pouvait tout de même pas savoir que j'étais... "fascinée" par Collin. Je l'avais à peine regardé durant le dîner bien que l'envie était présente. Je ne comprenais pas l'obsession que j'avais pour lui.

- Tu sais... Brady m'a dit que Collin semblait t'apprécier.

- On s'est à peine parlés, répliquai-je.

- Et bien, il semblerait qu'il aimerait apprendre à te connaître.

- Et il t'a demandé de jouer à la messagère?

- Oh non! Et s'il apprend que j'ai dit ça, il me tuera, sois en certaine.

Pourquoi me l'avait-elle remis en tête? Je l'y avais chassé mais Piper venait de gâcher tous mes efforts. Néanmoins, je me sentais flattée. Collin s'intéressait à moi. A moins que Piper et Brady ne se fassent des films...

- Ne me dis pas que ce que je viens de te dire te fait de l'effet? me taquina t-elle.

- Il y a des oreilles indiscrètes dans le coin, lui fis-je remarquer en désignant Lucilla qui observait au loin.

Nous commençâmes à marcher ensemble en direction de l'épicerie de la Push. Piper lâcha la main de sa fille qui se mit à gambader joyeusement tout en cueillant des fleurs le long de la route sous l'oeil attentif de sa mère.

- Alors? Comment trouves-tu Collin?

- Oh! Il est... mignon.

- Mignon!?

- D'accord, très séduisant. Le genre de type dont rêve la plupart des filles. Mais ça s'arrête là, je ne le connais pas. Si ça se trouve, ce n'est qu'un gros crétin. Et puis, apparemment, il change de copine comme de chemise.

- Ouais, c'est pas faux de ce côté là. Mais, je sens que tu pourrais être LA fille qui le fera changer de vie.

Piper était complètement folle. Je venais à peine de la rencontrer mais j'en étais arrivée à une constatation: elle était cinglée. Et pourtant, je l'appréciais. En fait, j'avais l'espoir que nous devenions amies. Il y avait tellement longtemps que je n'avais eu personne de proche. J'avais bien eu quelques amis à Los Angeles mais je les avais tous perdus quand j'avais sombré peu à peu de "l'autre côté". Seule Laura m'avait soutenu jusqu'au bout et m'avais aidé à m'en sortir.

- Il y a quelque chose qui ne va pas? s'inquiéta Piper.

- Je... je pensai juste à Los Angeles.

- Pas de bons souvenirs vu ta tête.

Elle n'avait pas idée à quel point ses mots étaient justes. Le visage de Matt s'imposa à mon esprit. Je l'avais tant aimé avant de le haïr plus que cela n'était possible. J'avais beau essayer de tirer un trait sur mon passé commun avec lui, j'étais consciente que je ne l'oublierai jamais, que jusqu'à la fin de ma vie, je m'en voudrais de l'avoir suivi aveuglément, d'avoir sombré dans cet univers. La honte que j'éprouverai à chaque fois que je me remémorai ces passages là de ma vie ne s'effacerait jamais.

- Je ne vais pas te demander de me raconter. Je sais ce que c'est de vivre avec un passé encombrant. Quand je suis arrivée ici, mes parents avaient décidés de faire passer Lucilla pour ma sœur. Avoir un enfant quand on est adolescents, c'est plutôt mal vu généralement. Je ne sais pas quel est ton secret mais si un jour, tu veux en parler, je suis là!

Son sourire chaleureux me fit du bien et nous continuâmes de marcher parlant de tout et de rien, n'abordant que des sujets peu sérieux et je fus ravie qu'elle ne remette pas le sujet "Collin" sur le tapis. Je ne comprenais pourquoi je pensai autant à lui. Il m'obsédait totalement pour je ne sais quelle raison. En un seul regard, il m'avait envouté. Mais je ne devais pas me laisser avoir. La dernière fois qu'un homme avait exercé autant de pouvoirs sur moi, j'avais sombré peu à peu en enfer.

- C'est là que nos chemins se séparent. J'espère qu'on se reverra vite.

Piper s'éloigna peu à peu alors que je me retrouvai à nouveau seule. Je respirai l'air frais de la Push. Je continuai mon chemin, perdu dans mes pensées. Quand j'avais quitté le centre, j'avais décidé que la meilleure destination pour repartir de zéro était de venir à la Push mais étais-ce réellement une bonne chose? N'aurait-il pas fallut que je redémarre une nouvelle vie dans une ville où personne me connaissait? Ma grand mère me disait souvent qu'elle pensait que le destin choisissait pour nous, que nous n'avions pas réellement le choix, que tout ce qui nous arrivait était prémédité et que nous devions nous contenter d'affronter les obstacles de la vie la tête haute. Elle avait toujours été un peu farfelue. J'ignorai si j'avais fait le bon choix, je m'étais trompée tellement de fois mais j'espérai que cette fois, j'avais eu raison. Toutes les tentations de Los Angeles n'existaient pas à la Push. Tout était calme ici.


Et n'oubliez pas! Une review peut sauver la planète. ;)