Pour Picotti, il devrait s'en souvenir...
Si tout partait d'une quenouille...
Leur histoire ? Elle aurait pu partir d'un sort qui l'aurait endormie pendant un siècle, à cause d'une bête quenouille qui traînait dans un grenier. Leur amour ? Il aurait pu être le fruit du hasard, d'une découverte d'un soir, une caresse malhabile. Leur instant ? Il aurait pu être ce baiser fougueux pendant lequel tous les sentiments se mêlent, levant la malédiction d'une sorcière aigrie. Leur avenir ? Il aurait pu s'envoler sur un fier destrier blanc, vers une destination lointaine, peuplée d'un « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ».
Mais la vie n'était pas un conte de fées. Elle était bien moins naïve, bien moins surfaite. Et bien plus belle. Leur histoire ? Elle avait commencé sur le quai fantôme d'une gare cachée, entre deux jets de vapeur brûlante. Leur amour ? Il s'était révélé, tout doucement, au fil des années, des regards et des moments passés ensemble. Leur instant ? Leur premier baiser, maladroit, timide, sur ce même quai, interrompu par un morveux haut comme trois pommes qui se disait son cousin, le traître. Leur avenir ? Victoire n'en avait aucune idée. Et Teddy non plus. Mais ils allaient bien réussir à le construire, non ? Même pas peur, tant qu'on est deux, le charme continue...
