RESUME: Devant une petite maison au bord de la route, un garçon de sept ans attend. Il attend celui qui viendra égailler sa journée, parce qu'il s'ennuie et qu'il n'a personne avec qui jouer. A l'intérieur, un adolescent de quatorze ans s'attelle à ses devoirs, trop concentrer pour songer à son jeune frère. Et, en route pour chez lui, un jeune homme arrive à grands pas, ne pensant à aucuns de ses deux frères, mais plutôt à la jolie blonde à son bras. Leurs noms sont Sherlock, Mycroft, et Sherrinford Holmes, et ceci est le début de leur histoire.

COMMENTAIRE: Hey les lecteurs ! Tout d'abord : J'ai passé le cap des dix reviews, waiiiiiii ! Merci beaucoup à ceux qui se donnent la peine de commenter et aussi à ceux qui lisent, voir mon compteur de vues augmenter et lire vos commentaires me font énormément plaisir ! Alors Merci un million de fois à vous tous ! Ensuite, vous n'êtes pas sans savoir que, la semaine dernière, c'était la rentrée. Je n'y ai pas échappé, malheureusement, et je vais donc me retrouver avec beaucoup moins de temps libre. Par conséquent, je vais devoir reculer la date de publication au dimanche, pour être sûre d'avoir le temps de corriger chaque chapitre. Voilà, voilà, c'était l'information importante du jour, sur ce, bonne lecture, j'espère que ce chapitre vous plaira !

REPONSE AUX REVIEWS ANONYMES : Guest : Waiii, ma douzième review, Merci beaucoup! Je suis contente que tu aime mon histoire, ça me fait plaisir! Après, pour la drogue, c'est effectivement ce que j'ai appris aussi, de façon général, il y aussi des spécificités propre à l'héroïne, comme le fait que l'on reste assez lucide, comparé à d'autre drogues. Et après la descente, d'après ce que j'ai lu, on se sent juste particulièrement fatigué, le malaise vient avec les effets de manque qui apparaissent progressivement, si j'ai bien compris. Enfin bref, je suis ravie que mon histoire t'ait plu, et que tu l'aies choisi pour ton premier commentaire ! Merci beaucoup en tout cas, et à une prochaine fois peut-être!

DISCLAMER: Les personnages de Sherlock et Mycroft Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, les noms de Sherrinford, Siger, et Violet Holmes sont issus du livre "Holmes de Bakerstreet", écrit par William S. Baring-Gould, et cette fic reprend la version de la série BBC "Sherlock", co-créée par Mark Gatiss et Steven Moffat.


Sherrinford essuya le sang, qui n'était pas le sien et qui encrassait ses mains avec un mouchoir, ses yeux fixant le ciel étoilé qui le surplombait à présent.

Green, Henry Green, avait eu ce qu'il méritait. On ne touchait pas à ses affaires. Donc on ne touchait pas à Sherlock.

Il s'alluma une cigarette et la porta à ses lèvres, après avoir laissé tombé le mouchoir au sol. Dans la lueur tremblante de la flamme, il aperçut ses ongles. Un résidu de sang coagulé couvrait encore celui de son annulaire.

Il souffla une bouffée de fumée, visant les étoiles. Il s'était peut-être montré plus violent cette nuit qu'il ne le faisait d'habitude, lorsqu'il lui arrivait d'administrer des « corrections » à une quelconque personne qui lui aurait déplu.

Malheureusement pour Green, il s'était retrouvé sur son chemin alors qu'il était en pleine descente. Et les descentes rendaient l'aîné des Holmes agressif à un point non nommable, avant de le laisser exténué, presque apathique. Savoir que cette faiblesse l'attendait ne le faisait devenir que plus violent encore.

Mais après tout, Sherrinford n'en avait cure. Ce n'était pas comme si Henry oserait porter plainte pour le nez cassé, ou les dents abîmées. Il bégayerait peut-être une excuse du genre « tomber dans les escaliers », à ses parents, à ses amis.

Mais dire que c'était Sherrinford Holmes qui l'avait coincé dans une ruelle, alors qu'il sortait d'un deal, un paquet de coke dans les poches ? Il aurait été criminel de simplement supposer qu'il le ferait.

Le jeune homme ricana. Les gens ordinaires étaient tellement prévisibles. Une menace, un coup de poing, et aussitôt, vous pouviez en faire ce que vous vouliez. Sherlock ne valait pas mieux qu'eux, en ce sens. Lui aussi avait failli laisser courir son agresseur.

Cela aurait été dommage. Sherrinford aurait été privé d'un magnifique défouloir.

Le roux tira une dernière fois sur sa cigarette, avant de la lâcher.

Il regarda un instant le bout fumant, rougeoyant, à ses pieds.

Puis il l'écrasa du talon.

Sherrinford sourit à la nuit. Il devait rentrer, à présent. Son épuisement se faisait de plus en plus pesant. Se sentir aussi faible l'agaçait, mais il s'agissait d'une conséquence inévitable des quelques heures de bien-être que la drogue lui procurait.

Il dirait à ses parents qu'il était avec un ami. Après tout, ce ne serait pas totalement faux.

Il remonta le col de son blouson pour se protéger un tant soit peu du vent froid de ce début de novembre.

Au fur et à mesure que ses pas le rapprochaient du domicile familiale, son esprit embrumé par la fatigue, devint un peu plus clair, au fur et à mesure que l'air glacial lui fouettait le visage, le rendant plus lucide. Il commença à retrouver des brides de ses facultés intellectuelles, de sa précieuse et si estimée intelligence. Il recommença à calculer, inconsciemment, le temps qu'il lui faudrait avant que le manque ne se fasse sentir. Il se mit à songer au prochain vol dans lequel il entraînerait Sherlock.

Sherrinford se figea, au milieu d'une rue qu'il traversait d'un pas rapide dans l'espoir de regagner son toit avant que les nuages qui avaient fait leur apparition dans le ciel nocturne ne déversent sur lui leur crachin glacial.

Sherlock. Sherlock l'avait vu défoncé. Sherlock l'avait vu hystérique. Sherlock l'avait entendu hurler. Sherlock avait entraperçu le véritable lui.

Et cette image resterait longtemps gravé dans son esprit d'enfant. Elle pouvait être le début des doutes de son petit frère. Sur lui, sur ce qu'ils faisaient à deux.

Sherlock pourrait finir par tout comprendre. Sherrinford perdrait alors beaucoup.

Il perdrait un fabuleux jouet, distrayant et utile.

Et surtout, il perdrait la face devant Mycroft. Il voyait d'ici le sourire victorieux que son cadet de trois ans lui opposerait, quand le plus jeune d'eux trois réagirait en sa présence comme il réagissait auparavant à celle de Mycroft. Il n'aurait plus l'avantage. Il n'aurait plus pour lui la jalousie de son frère. Il n'aurait plus l'adoration du cadet des Holmes.

Il la voyait d'ici. La défaite.

Sherrinford jura entre ses dents. Il avait commencé à pleuvoir, mais il n'y prêtait plus attention. Même sa fatigue s'était faite oublier.

Tandis que ses cheveux roux se plaquaient sur son crâne, alourdis par la pluie qui les imprégnait, il se mit à réfléchir. Il devait trouver une solution. Il devait faire en sorte que Sherlock oublie tout cela. Il y avait un moyen, il le savait. Il y avait toujours un moyen.

Alors il resta là, au milieu d'une rue, heureusement pour lui non fréquentée, à guetter le passage de cette solution dans son esprit.

Peut-être que cela mit seulement quelques minutes. Peut-être plus d'une heure.

Mais quand Sherrinford releva brusquement la tête, ses cheveux projetant des gouttelettes de pluie autour de lui, un sourire satisfait étirait ses lèvres, et son regard s'était fait déterminer.

Les gens ne disaient pas assez souvent à quel point il était brillant. Pourtant il l'était, à n'en pas douter.

Sherrinford replaça des mèches de cheveux mouillés en arrière, pour dégager son regard acier.

Il la voyait s'éloigner, la défaite.

Parce qu'il était Sherrinford Holmes. Et qu'il n'était pas homme à se faire battre. Il partit d'un éclat de rire, seul, toujours au milieu de la même rue. Et dire qu'il avait eu peur, failli douter de lui-même. Il aurait dû le savoir, après tout ce temps. Il n'y avait pas de problème qu'il ne savait résoudre. Il secoua la tête, chassant le rire. Puis il enfonça les mains dans ses poches et reprit son chemin d'un pas tranquille. Il s'occuperait de son idée le lendemain.

Pour l'instant, il avait bien besoin de repos.


- Vous ne savez vraiment pas où est parti Sherrinford ? demanda une nouvelle fois Violet Holmes à Mycroft et Sherlock.

Le plus âgé leva les yeux du livre qu'il avait posé à plat sur la table de la cuisine, afin de pouvoir l'étudier plus facilement, et rencontra le regard suspicieux de sa mère. Celle-ci était en train de laver la vaisselle restante du repas. Sherlock, lui, n'esquissa pas un mouvement pour se désintéresser du même livre que Mycroft, qu'il lisait par dessus l'épaule de l'aîné. Ce dernier se demandait bien ce que Sherlock pouvait comprendre à un livre consacré à la chimie moléculaire.

- Aucune idée, maman, mentit Mycroft, en bravant le regard scrutateur de sa mère, et sans laisser filtrer la moindre émotion.

- Et toi, Sherlock ? s'enquit-elle, après avoir, semblait-il, soupeser la réponse de Mycroft.

Le cadet des Holmes, qui, ayant profité de la distraction de son aîné, s'était assis et avait attiré à lui le livre, grogna :

- Je sais pas.

- Redis moi ça, en me regardant, exigea Violet.

Sherlock leva brièvement ses yeux bleus, juste le temps de les planter dans ceux de sa mère et de répéter :

- Je ne sais pas.

Il baissa aussitôt le regard pour reprendre sa lecture. Mycroft tendit la main devant son frère et dit :

- Tu peux me rendre mon livre, Sherlock ?

- Non. C'est intéressant.

Le plus grand écarquilla les yeux, étonné. Sherlock comprenait-il véritablement ce qui s'étalait devant ses yeux ? Evidemment, lui-même ne trouvait pas que cela avait quoi que ce soit de compliqué, mais cela, c'était autre chose.

- Ne me fais pas croire que tu comprends ce que tu lis, soupira t'il, rends le moi.

- Qu'est-ce ? s'interrogea leur mère.

- Un livre sur la chimie que je lis en complément de mes cours, expliqua Mycroft. Sherlock ne peux pas savoir ce que c'est.

Le cadet releva brusquement la tête, et posa ses prunelles agacées sur son frère.

- Je comprends aussi bien que toi, tu sais. Je mémorise tes cours de sciences, quand je m'ennuie.

Violet fixa son cadet, amusée, tandis que Mycroft ouvrait la bouche, surpris. Il fronça les sourcils, se demandant si Sherlock était véritablement capable de ça.

- Maman, je suis rentré.

La voix qui retentit dans le hall d'entrée lui fit perdre le fil de ses réflexions, tandis qu'un frissonnement parcourait sa colonne vertébrale.

Sherlock leva les yeux de son livre, ses doigts resserrant leur prise sur la couverture. Il avait l'air à mi-chemin entre la peur et l'interrogation. Mycroft donna un discret coup de pieds à son frère, pour lui rappeler la présence de Violet, qui ne manquerait pas de remarquer ces singulières émotions sur le visage de son fils, et Sherlock reprit aussitôt sa moue ennuyée qui lui était habituelle.

Sherrinford, des cernes sous les yeux et la démarche fatiguée, entra dans la cuisine, sous le regard courroucé de sa mère.

- C'est à cette heure-ci que tu rentres ? s'écria t'elle, en désignant l'horloge murale, qui indiquait vingt-et-une heure passée depuis un moment.

- Désolé, s'excusa son aîné.

- Tu n'as prévenu personne de l'endroit où tu te rendais, continua Violet, tu n'as pas dit que tu ne reviendrais pas à temps pour le dîner, et regarde dans quel état tu es ! Tu es trempé !

- J'étais chez un ami, il m'a demandé de l'aide en urgence pour ses devoirs, se justifia Sherrinford, en s'installant à table. Et je n'ai pas pensé à le dire à Mycroft, qui faisait ses devoirs, ni à Sherlock. Je suis désolé, répéta t'il.

La moue navrée et fautive qu'il affichait aurait suffit à duper n'importe qui. Les poings de Mycroft se serrèrent, sous la table. Sherlock, quant à lui, était retourné à sa lecture aussitôt que le roux avait mis un pied dans la pièce.

Violet Holmes fixa encore un instant son regard sur Sherrinford, et finit par soupirer, la voix encore emprunte d'une colère pas totalement passée :

- Va prendre une douche. Tu as mangé ?

- Non, et je suis affamé.

Sa mère acquiesça sèchement de la tête et dit, en s'approchant du frigo :

- Je te réchauffe ton plat.

- Merci.

Il se leva et passant derrière Sherlock, il se pencha, ses cheveux mouillés s'égouttant un peu sur les épaules de son cadet.

- Qu'est-ce que tu lis, petit frère ? demanda t'il, ses yeux parcourant déjà la page.

Mycroft vit Sherlock se crisper imperceptiblement, au contact du souffle de son frère, et le plus jeune murmura :

- Un livre de Mycroft.

- C'est vrai ? Et tu comprends tout ça ? dit Sherrinford, un air admiratif sur le visage.

Faussement admiratif sur le visage, se corrigea mentalement Mycroft.

Sherlock se trémoussa sur sa chaise, semblant hésiter à ce qu'il convenait de faire. Mycroft savait qu'il mourrait d'envie de réagir comme il l'aurait fait le jour d'avant, en acquiesçant vivement, heureux de l'intérêt que son frère lui portait, et fier d'avoir susciter chez lui cette admiration qu'il ignorait être factice.

Mais la scène qui s'était déroulée quelques heures plus tôt avait perturbé le jeune génie, qui se contenta de lâcher, du bout des lèvres :

- Ce n'est pas si compliqué.

Le regard de Sherrinford se durcit brièvement. Mycroft eut un sourire en songeant qu'il devait se rendre compte de son erreur. L'aîné des Holmes se redressa et pressa l'épaule du brun, avant de se tourner vers son autre frère. Il croisa le regard narquois de ce dernier, et un éclair de colère passa dans ses yeux, tandis que sa mâchoire se contractait.

Sherrinford s'éloigna de Sherlock. En passant à côté de Mycroft, il prit soin de laisser traîner sa main droite dans son champ de vision.

Les yeux de Mycroft se posèrent sur la tache de sang séché encore présente sur l'annulaire de son aîné.

Il se mordit la lèvre, en levant les yeux vers Sherrinford. Celui-ci le fixa un instant, s'assurant qu'il avait compris. Puis il sortit de la cuisine, en criant :

- Je me dépêche, maman.

Mycroft continua de fixer la porte derrière laquelle le jeune homme avait disparu, pensif.

Il avait parfaitement compris. Il le mettait en garde. C'était un avertissement. Un rappel des limites qu'il était prêt à franchir.

Il ne pouvait pas se permettre de l'oublier.

Il porta son attention sur son petit frère. Leurs yeux se croisèrent.

Mycroft comprit, à ce regard, que Sherlock aussi avait vu et compris le message de leur aîné.

Il soupira, se passant la main dans les cheveux, tandis que le cadet, les yeux dans le vague, semblait regarder leur mère s'affairer à préparer le repas de Sherrinford.

- Rends-moi mon livre, Sherlock, finit par dire Mycroft.

Il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire d'autre, à part continuer comme si de rien n'était.

Sherlock poussa le livre vers lui, sans un mot. Il se leva, repoussant sa chaise qui émit un couinement agaçant.

Il sortit de la cuisine, sous le regard désolé de Mycroft. Ce dernier savait que, dans l'esprit surdoué de son jeune frère, une tempête faisait rage. Quelques heures plus tôt, en quelques minutes, une de ses certitudes les plus fortes s'était ébranlée.

Sherrinford n'était pas parfait. Il pouvait faire peur. Etre violent. Il se droguait.

Est-ce qu'un garçon de sept ans pouvait accepter cela de son frère aîné qu'il admirait tant ?

Mycroft l'ignorait. Alors, il retourna à son livre.


Sherlock, allongé sur le dos dans son lit, fixait son plafond, comme si la réponse à ses interrogations se trouvait dans le plâtre. Ce qui c'était passé dans la chambre de Mycroft, quelques heures plus tôt, repassait en boucle dans son esprit, qui l'avait enregistré à la manière d'une caméra.

Plus il la revoyait, plus la scène lui paraissait absurde. Sherrinford ne pouvait pas avoir réagit comme cela. Pourtant il l'avait fait.

Mais s'il l'avait fait, c'était qu'il y avait une bonne, une excellente raison. C'était parce qu'il voulait le protéger, lui. Quelqu'un lui avait fait du mal, n'était-ce pas naturel, pour un grand frère, de vouloir venger son cadet ? Ce n'était pas, d'ailleurs, ce que Green avait fait, en s'en prenant à lui ? Alors, si Sherrinford avait réagit ainsi, n'était-ce pas, au final, que pour lui ?

C'était Mycroft qui avait agi étrangement, si on suivait cette logique. Il avait voulu aller voir les parents. Il aurait dû savoir que cela n'aurait fait qu'empirer les choses, se convainquit Sherlock. Il aurait dû comprendre qu'il ne voulait pas qu'on se soucie encore plus de lui. Qu'il détestait cela.

Sherrinford, lui, l'avait compris. C'était pour cela qu'il avait fait ce qu'il avait fait. Pour lui.

Presque satisfait de ce raisonnement, Sherlock se tourna sur le côté.

Juste avant qu'il ne s'endorme, une pensée traversa son esprit : Et s'il avait tort ? Et si, le Sherrinford qu'il avait vu dans la chambre de Mycroft était le vrai, et que le reste était mensonge ?

Il ne resta pas éveillé assez longtemps pour trouver la réponse.


Sherrinford marchait d'un pas vif. Il voulait s'éloigner au plus vite de son collège, pour échapper aux habituelles invitation à des fêtes de vendredi soir. Il en avait assez de devoir argumenter pour pouvoir les refuser.

De plus, il avait quelque chose à faire, avant de rentrer chez lui. Il ne ressentait pas encore les effets du manque, sa dose pouvait donc encore attendre.

Mais une autre chose ne pouvait pas patienter. Il devait rattraper l'erreur qu'il avait commise face à Sherlock. Le matin même, son cadet s'était comporté comme si de rien n'était. Il avait rabroué Mycroft, lui avait servi un sourire, mais Sherrinford sentait encore une légère réticence à son égard.
Sherlock devait s'être auto-persuadé que son grand frère était toujours celui qu'il croyait. Il avait sans doute été trop faible pour pouvoir assimiler le fait que le jeune homme qu'il avait tant admiré lui mentait depuis des années. Alors il avait choisi d'ignorer ce qui avait pu se produire la veille au soir, pour se préserver d'une réalité qu'il n'était pas encore capable de supporter.

Cependant, l'aîné savait qu'un infime doute subsistait dans l'esprit de son plus jeune frère. Il se devait donc de le lui faire oublier. Totalement.

Il passa rapidement devant un parc familier, marcha encore un peu, et finit par s'arrêter à un arrêt de bus.

Le trajet qui devait le mener là où il voulait était assez long, il en profita donc pour faire une rédaction à rendre pour le lundi suivant à son cours d'anglais.

Une fois au bon arrêt, il lui fallut encore marcher quelques minutes, avant qu'apparaisse face à lui la boutique qu'il convoitait.

Il poussa la porte et fut aussitôt assailli par un mélange d'odeur, mêlant litière et chien mouillé, et par une cacophonie de pépiement, d'aboiement, et de miaulement.

Sherrinford fronça le nez, et se retint de se boucher les oreilles. Il détestait les animaleries. Les animaux aussi, d'ailleurs. Mais ce n'était pas pour lui qu'il était là.

Il aborda une vendeuse asiatique avec son plus beau sourire.

- Bonjour, je cherche un chien.

La vendeuse lui sourit en retour. Commença alors l'une des heures des plus désagréables que Sherrinford n'eut jamais vécu. Il dut sourire, pousser des exclamations attendries, alors que sa seule réaction envers les différentes bêtes à poil qui se présentaient à lui était un violent dégoût.

Lorsqu'enfin, il put sortir respirer de l'air qui n'était pas souillé par une odeur d'urine de chat, il avait un carton troué dans les bras.

Il soupira de dépit en songeant au trajet de retour qui l'attendait.

Il détestait ses erreurs. Elles le mettaient toujours dans des situations inconfortables. Heureusement qu'il en faisait bien peu.

Il regarda la boîte. Il avait encore une petite chose à faire.


Sherlock regardait la rue, assis sur le perron. De temps en temps, Violet passait la tête par la fenêtre pour s'assurer qu'il était toujours là, et non en train de s'amuser sur le toit.

Il commençait à regretter d'avoir utiliser cette excuse.

Il observa une mère de famille courir après sa progéniture turbulente, une adolescente de l'âge de Mycroft, peut-être, qui marchait, le nez en l'air, sa tresse brune rebondissant sur son épaule, une vieille dame qui traînait un caddy derrière elle. Rien de bien passionnant. Sherrinford fit alors son apparition, de l'autre côté de la rue.

Sherlock se redressa en remarquant ce qu'il tenait dans les bras. On aurait dit qu'il avait roulé son pull autour de quelque chose. Une chose tremblante.

Au fur et à mesure que Sherrinford se rapprochait, Sherlock aperçut plus de détails. Il se releva, excité. Il avait compris ce qu'était la chose. Il courut ouvrir le portail à son aîné.

Sherrinford s'avança jusqu'au perron où il déposa son chargement.

Devant les yeux ébahis de Sherlock, un cocker se dévoila, mouillé, tremblant, sale, mais un cocker quand même.

Violet Holmes passa à ce moment la tête par la fenêtre, et ses yeux se posèrent sur le nouveau venu :

- Qu'est-ce que c'est que ça, Sherrinford ? s'écria t'elle.

- Je l'ai trouvé dans la rue, mentit l'aîné des Holmes. Je n'ai pas eu le cœur à le laisser, regarde-le !

Sherlock, qui s'était approché du chien, pour mieux voir sa couleur rousse sous la crasse, leva des yeux pleins d'espoir vers sa mère.

- On peut le garder ? S'il te plait !

Violet regarda son cadet. Sherlock avait si rarement cette expression excitée et heureuse sur le visage. Ses yeux s'attendrir en voyant son fils poser une main hésitante sur la tête du chien.

- D'accord, si on ne retrouve pas ses maîtres.

Le regard de Sherlock s'illumina, et il sourit, ravi. Il leva les yeux vers Sherrinford, et celui-ci put y voir qu'il avait gagné la partie. Sherlock avait oublié, occulté, le souvenir de la soirée de la veille, trop heureux de ce cadeau qu'il avait toujours voulu avoir, sans que personne ne le sache. Sherrinford, lui, le savait. Et c'était ce qui lui avait permis de gagner. Cela n'avait pas été si compliqué.

Il leva les yeux vers la porte d'entrée, et put voir que Mycroft avait fait son apparition dans l'embrasure. Son regard passa de Sherlock, à Sherrinford, et au chien. Un éclair de compréhension passa dans ses yeux, et ses doigts se serrèrent contre la porte.

L'aîné lui sourit, victorieux, tandis que Sherlock soulevait le chien pour l'emmener à l'intérieur, dans l'intention manifeste de le laver. Il adorait gagner. Et l'expression de Mycroft valait toutes les récompenses.


Voilaaaaaaa ! C'est tout pour aujourd'hui ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Si ce n'est pas le cas, ou si vous avez juste envie de me critiquer sans raison apparente, parce que la rentrée vous met sur les nerfs, ou même si , on ne sait jamais, vous avez envie de me faire pleins de compliment parce que vous aimez cette histoire, il y a une jolie petite case vide, là, juste en-dessous, qui n'attend qu'à être remplie par tout ce qui vous passerait par la tête ! Ayez du coeur, soyez bons avec ces petites cases vides et seules, offrez leur l'affection de quelques mots, laissez une review !

Voilà, merci d'avoir lu et à DIMANCHE ( je rappelle, comme ça on m'accusera pas d'être en retard ^^) pour la suite !

Kisssssss mes lecteurs adorés !