RESUME: Devant une petite maison au bord de la route, un garçon de sept ans attend. Il attend celui qui viendra égailler sa journée, parce qu'il s'ennuie et qu'il n'a personne avec qui jouer. A l'intérieur, un adolescent de quatorze ans s'attelle à ses devoirs, trop concentrer pour songer à son jeune frère. Et, en route pour chez lui, un jeune homme arrive à grands pas, ne pensant à aucuns de ses deux frères, mais plutôt à la jolie blonde à son bras. Leurs noms sont Sherlock, Mycroft, et Sherrinford Holmes, et ceci est le début de leur histoire.

COMMENTAIRE:Bonjour/Bonsoir/bonne nuit, les gens! C'est une P.L. Johns malade jusqu'au sourcils qui vous poste ce chapitre ( ouais, l'école va avoir ma peau, c'est certain XD), mais pas moins heureuse, grâce aux reviews ( Un total de 17 :D. Merci à tous, en particulier à adalas et Elie Bluebell, je vous adore ^^, je me répète peut-être, mais merci beaucoup de commenter à chaque chapitre! ), au compteur de vue ( 317 pour l'instant! :D, je vous aime!), aux follow ( 7 personnes suivent cette histoire! Merci! ) et aux mise en favoris ( 5 personnes :D, merci à vous!). Voilà, c'était mes remerciement rituel très enthousiaste, non pas parce que la fièvre me fait délirer, mais parce que tout cela me fait véritablement énormément, plaisir! Donc voilà, merci, j'espère ne pas vous décevoir par la suite, et que j'arriverais à vous trainer jusqu'à la fin! Pour parler du chapitre en lui-même, c'est mon préféré, donc j'espère qu'il vous plaira aussi! Bonne lecture!

DISCLAMER: Les personnages de Sherlock et Mycroft Holmes appartiennent à Sir Arthur Conan Doyle, les noms de Sherrinford, Siger, et Violet Holmes sont issus du livre "Holmes de Bakerstreet", écrit par William S. Baring-Gould, et cette fic reprend la version de la série BBC "Sherlock", co-créée par Mark Gatiss et Steven Moffat.


Sherrinford passa la main dans ses cheveux flamboyants, un sourire charmeur étirant ses traits. Ses yeux gris pétillants se posèrent sur la jolie brune qui lui faisait face, lèvres pincées et regard noir, maintien raide et moue agacée. Tout à fait son genre de défi.

- Lise, je te promets que je travaillerai sur ce projet autant que toi, tu me connais, non ?

- Justement, Sherrin, je te connais trop. Tu ne fais jamais rien, s'irrita celle qu'il espérait conquérir comme partenaire pour un exposé de sciences naturelles.

Sherrinford fit une moue et assura :

- Pas cette fois, c'est promis. Tu es la meilleure, en science, et je suis doué aussi, ajouta t'il, avec un sourire éclatant. Tu ne penses pas que l'on ferait une super équipe ?

Lise posa sur lui un regard hésitant, ses mains triturant le classeur qu'elle tenait dans ses bras.

- Je n'ai pas envie de me retrouver à tout faire, une nouvelle fois.

- Ce ne sera pas le cas, promit Sherrinford. Alors ? Dis moi que c'est d'accord.

La brune se mordilla les lèvres, jeta un regard en direction de ses amies, qui semblaient l'attendre, et finit par soupirer :

- D'accord, c'est bon, tu as gagné.

- Génial, se réjouit le roux, on se retrouve demain ? Après les cours ?

Lise acquiesça brièvement, avant de lui tourner le dos, avec un vague signe de la main pour lui dire au revoir. Sherrinford la regarda s'éloigner, un sourire satisfait aux lèvres.

Etre lui, cela rendait la vie simple. Trop simple, parfois. Et Dieu que c'était ennuyant. Il haïssait l'ennui. Mais obtenir toujours ce qu'il voulait compensait largement ce désagrément.

Il fit demi-tour, toujours souriant, il se serait même mis à siffler, s'il n'était pas entouré par les élèves de son collège qui se déversaient vers la sortie.

Il s'arrêta de temps à autre pour saluer quelqu'un, rien ne le pressait, pour une fois.

Il avait refait son stock d'héroïne chez un nouveau dealer, utilisant en partie l'argent dont il avait soulagé Peat, et sa dernière dose remontait seulement à la veille au soir. Les effets du manque étaient encore loin.

Sherrinford sortit enfin de la foule d'étudiant, son sourire n'ayant pas quitté ses lèvres.

Il lui fallut quelques minutes de trajet pour se rendre compte que quelque chose n'allait pas. Il jeta un rapide coup d'œil dans le rétroviseur d'une voiture garée le long du trottoir, et vit son intuition confirmée.

Il était suivi.

A quelques distances, encore, un groupe de quatre personnes imitaient chacun de ses pas, leur regard plantés sur sa nuque. Celui de Peat, en première ligne, était sans doute le plus assassin.

Sherrinford comprit en un quart de seconde que le dealer s'était rendu compte du vol. Et avait fait le lien. Son sourire devint brièvement sarcastique. Peat n'était peut-être pas aussi idiot qu'en apparence. On lui avait dit un jour qu'il fallait se méfier des apparences. Le jeune Holmes n'y avait jamais cru. L'apparence révélait tout sur quelqu'un, ce qu'il avait mangé à midi, ses goûts en matière de sport, son travail. Tout. Absolument tout. Il fallait juste savoir où regarder. Et Sherrinford avait appris, très tôt. Mais s'arrêter à l'apparence pouvait parfois mener à la condescendance, et la condescendance mener à sous-estimer l'ennemi. Peut-être avait-il fait une erreur. Peut-être, seulement.

Les yeux de Sherrinford s'étrécirent, et son esprit se mit en mouvement, cherchant une solution à cet apparent guet-apens.

Il vit les possibilités, infinies, déferler dans son esprit, il les rejeta une par une. Trop lâche. Trop ridicule. Trop inutile. Trop, trop, et trop.

La seule solution qui garda son attention fut la plus simple : ne rien faire et se préparer à la suite des évènements, qui, peut-être, briseraient un peu son ennui.

Ce fut ce qu'il fit.

Les quelques instants qui suivirent passèrent avec une lenteur agaçante, tandis que son esprit, sous tension, enregistrait tout ce qui se passait autour de lui. Le visage de deux passants, la couleur des devantures des boutiques devant lesquelles il passait, le son d'un klaxon, au loin, le cri d'un enfant, le souffle du vent. Et les pas, martelant, qui se rapprochaient inexorablement de lui, menaçants.
Il n'avait pas peur. Bien sur que non. Il se savait supérieur, à même de s'en sortir, jouant des mots plutôt que des poings. L'intelligence surpasserait toujours la force brute. Et même, il n'était pas mal loti de ce côté là non plus.

Une branche cassa sous le pied d'un passant, une feuille virevolta devant ses yeux.

Il perçut les changements de rythme de ses « poursuivants », qu'il ne pouvait décemment pas appeler ainsi, puisqu'il ne les fuyait pas, et bifurqua brusquement dans une ruelle.

Il voulait être tranquille, pour régler ses comptes. Pas de témoins, personne pour s'en mêler. Il avait choisi de les affronter, il respecterait son choix.

En entendant les pas le suivre dans la ruelle, il pivota, mains dans les poches, air nonchalant plaqué sur le visage, et yeux brillants d'intérêt. Il allait peut-être enfin se passer quelque chose de moins ennuyant que d'habitude.

Ses quatre suiveurs se figèrent à l'entrée de la ruelle, surpris de le voir se retourner, un sourire si tranquille aux lèvres. Ils auraient juré qu'il ne se doutait pas de leur présence. Sinon, pourquoi serait-il entré dans cette rue sombre où il n'y avait même pas un chat pour lui venir en aide ?

- Messieurs, que me vaut le plaisir d'être ainsi pris en chasse? s'interrogea Sherrinford, brisant le silence hésitant qui s'était installé.

Peat fut le premier à réagir. S'avançant de quelques pas, il fit craquer ses jointures, menaçant.

- Tu sais aussi bien que moi, Sher, ce qui fait qu'on va te casser la gueule ici même.

Sherrinford haussa un sourcil, faussement surpris.

- Il se trouve que non, pourrai-tu, s'il te plait, éclairer ma lanterne ?

Il vit les yeux de son interlocuteur s'enflammer, et il en éprouva un immense plaisir. Le jeu, il n'y avait que ça, qui lui procurait cette sensation. Jouer avec sa vie, jouer avec celle des autres, risquer gros. Le mieux étant quand il gagnait plus encore. Et s'il perdait… Non, il ne perdait jamais. Il n'avait encore jamais perdu.

- Mon fric, mec, ça te dit quelque chose ?

Le roux prit un air pensif, puis, il planta ses iris glacials dans ceux, ambrés, de Peat, et affirma :

- Non.

Qui aurait cru qu'un simple mot ait autant de pouvoir sur une personne ? Sherrinford, lui, le savait. Il savait qu'aussitôt ce mensonge prononcé, Peat bondirait sur lui pour le saisir par le col. Il savait qu'il le plaquerait contre le mur, que sa tête heurterait violement la brique dur. Il savait que la colère, folie brûlante, allait se mettre à faire étinceler les prunelles de Peat, que son poing allait se lever et frapper, fort, dans son estomac.

Il savait, et c'était bien pour cela qu'il l'avait fait. Parce qu'aujourd'hui, il s'ennuyait. Et qu'aujourd'hui, il avait envie de jouer.

Il ne put empêcher les larmes de lui monter aux yeux, tant la douleur était forte, mais il ne se départit pas de son sourire. Un sourire indéfinissable. Railleur, mais aussi amusé, tranquille mais excité à la fois, et surtout, heureux. Heureux d'avoir un peu d'action.

Peat fixa ce sourire, perplexe, et leva à nouveau le poing.

- Tu as retrouvé la mémoire, ou je dois encore te faire un rappel ? grogna t'il.

Sherrinford posa ses yeux aciers sur lui. Le regard était semblable au sourire : indéfinissable. Il semblait prendre son pied dans cette altercation. Mais qui pouvait s'amuser autant alors qu'il risquait à tout moment de finir à l'hôpital ?

- Mais je t'en pris, vas-y, défoule toi. Mais sache une chose, ton fric, comme tu dis, je l'ai déjà dépensé. Chez un autre dealer, en fait. Alors frappe moi autant que tu veux. Tue moi, même, si cela te chante. Mais l'argent, sache qu'il est dans la poche d'un concurrent, et que tu ne le récupéreras pas.

Le coup partit à nouveau, et Sherrinford bloqua sa respiration sous le coup de la douleur. Mais son sourire ne disparut pas. Il avait l'air un peu dément, ainsi, à sourire à celui qui le frappait, et qui n'allait pas s'arrêter parce qu'il était furieux, à attiser cette fureur. Parce que c'était le jeu, le jeu qu'il avait envie de jouer. Et de gagner.

Un des trois « amis », capuche rabattu sur ses courts cheveux blonds, de Peat, s'avança à son tour.

Il était plus grand, plus massif que le dealer au teint mat, et Sherrinford le toisa un instant d'un regard supérieur.

- Besoin d'extérioriser ta frustration d'homosexuel refoulé, mon pote ?

La remarque avait fusé, goguenarde, mais dit sur un ton de banalité. L'autre se figea, poing en l'air, ses yeux d'un bleu terne s'écarquillant de surprise. Un point pour lui, songea l'aîné des Holmes. Peat, déconcerté, jeta un bref regard à son coéquipier, qui était toujours figé. Puis, brusquement, un poing s'abattit sur sa tempe, le sonnant un moment. Lorsque Sherrinford releva la tête, ce fut pour fixer avec dédain le blond qui avait laissé parler ses poings plutôt que sa langue.

- Pathétique… Vous êtes tous les quatre pathétiques. Un dealer lésé, un gay, un homme de trente ans qui reste encore avec des jeunes de vingt parce qu'il ne sait rien faire de sa vie, peut-être à cause d'un traumatisme enfantin ? C'est quoi, mon gars, ton père te violait ou ta mère s'est suicidée ?

Il n'attendit pas la réaction du troisième homme pour continuer :

- Et un gamin, seize ans, peut-être, qui veut faire comme les grands et qui donc fout sa vie en l'air, parce qu'il est un dur, un vrai, pas comme son papa cadre dans une banque qui trompe sa maman avec la femme de ménage. Pathétique, vraiment et totalement pathétique.

Il savait que les mots pouvaient faire mal. Plus mal qu'un coup de poing, plus mal que tout. Et c'était pour cela qu'il était entré dans cette ruelle. Parce qu'il savait qu'il pourrait leur faire plus de mal qu'ils ne pourraient jamais lui en faire en retour. Parce que même si, à présent, ils étaient quatre à le rouer de coup, pendant qu'il gémissait, maintenu au sol, il savait qu'il avait gagné. C'est pour cela qu'il garda son sourire, tout le long du passage à tabac. Et quand Peat s'abaissa à son niveau, saisissant son col ensanglanté par le sang qui coulait de son nez, et qu'il exigea :

- Je veux mon fric de retour. Je te donne deux semaines pour te débrouiller. Deux semaines, et on reviendra. Et on ne sera pas aussi gentil, cette fois.

Sherrinford se contenta de lui renvoyer son sourire indéfinissable. Peut-être qu'il choisirait de le rembourser. Peut-être pas.

Mais alors que les quatre faisaient demi-tour, alors qu'il se redressait, tant bien que mal, en grimaçant légèrement à cause des coups, alors que son nez, qui, malgré les apparences, n'était pas cassé, pissait le sang sur sa chemise, il éclata de rire.

Il ne s'ennuyait plus, et cela, ça n'avait pas de prix. Peat lui lança un regard choqué, s'arrêtant juste avant de disparaître dans la rue principale. Il eut soudainement une révélation. Sherrinford Holmes était un dément. Et il pourrait bien vouloir se venger. Avait-il vraiment eu raison de s'en prendre à lui ? Le dealer jeta un dernier regard au géni Holmes, toujours hilare. Il frissonna. Avait-il véritablement peur de ce gringalet roux ? Oui. La réponse était oui. Parce qu'il était dangereux. Peat le sentait. Il quitta la ruelle sans un regard de plus en arrière. Sherrinford Holmes avait quelque chose de dangereux. Mais il l'était aussi. A même de lui tenir tête, de l'écraser. Il le croyait. Naïvement ? Qui savait.


Sur le perron des Holmes, contrairement à l'habitude de la maison, ce n'était pas Sherlock qui était assis, scrutant la rue, mais Mycroft. A la différence de son cadet, l'adolescent ne dévisageait pas les passants, mais gardait bien toute son attention fixé sur le chien roux et son jeune propriétaire, qui s'agitaient devant lui. Violet lui avait demander de surveiller son petit frère, et Mycroft s'était exécuté, pestant un peu pour la forme, car, même s'il adorait Sherlock, il avait quand même des devoirs à faire, et était persuadé que l'enfant ferait ce qu'il voulait, surveillé ou non.

Mycroft finit par se lasser de regarder Sherlock tenter, en riant, de donner des ordres à Barberousse que le cocker était loin d'exécuter. Oui, bien sûr, c'était attendrissant, oui, bien sûr, cela lui mettait du baume au cœur de voir son petit frère s'amuser ainsi, oui, bien sûr. Mais il y avait des limites au degré d'attendrissement qu'il pouvait atteindre, et il l'avait largement dépassé, si bien qu'il se trouvait un peu – mais juste un peu, il fallait bien l'avouer – pathétique. Il n'avait jamais aimé les sentiments et autres mièvreries, il n'y avait que pour Sherlock qu'il arrivait à faire exception, mais il ne fallait tout de même pas abuser. Surtout pas quand une dissertation de trois pages sur les ravages causés dans la forêt amazonienne à rédiger en espagnole était en jeu.

Ce fut donc avec un agacement croissant qu'il vit arriver Sherrinford. La dernière chose dont il avait envie, en cet instant, c'était d'une confrontation acerbe avec son aîné. Surtout qu'il n'avait toujours pas assimilé ce que celui-ci lui avait craché en pleine figure. Il tenait toujours à lui. Encore. Après tant d'années d'un dégoût, d'un mépris farouche, il découvrait qu'il était encore capable d'aimer son frère.

En proie à ses pensées, Mycroft ne remarqua pas immédiatement la démarche légèrement titubante du roux, pas plus qu'il ne remarqua les traces de sang sur sa chemise blanche, ni le bras qu'il semblait tenir serré contre lui. Non, la première chose qui le frappa, une fois Sherrinford suffisamment proche pour qu'il puisse le détailler, ce fut son sourire de dément. Après, seulement, son regard se heurta aux autres détails qu'il n'avait pas encore remarqués.

Ses yeux s'écarquillèrent, sa mâchoire s'affaissa, tandis que son esprit entamait le manège nécessaire à sa déduction des évènements qui avaient pu se produire pour que Sherrinford Holmes rentre chez lui dans cet état déplorable. Il ne fut pas long à comprendre, et quand la lumière se fit dans son esprit, son regard se durcit.

- Sherlock, rentre à la maison.

- Quoi, s'exclama l'enfant, en se tournant vers lui, incrédule.

Sherlock n'avait pas encore remarqué l'arrivée pourtant imminente de son frère aîné, et Mycroft jugea que c'était très bien ainsi. Il voulait d'abord parler à Sherrinford, avant que d'autre ne s'inquiète de son état de santé.

- Tu m'as très bien entendu, répliqua, sèchement, Mycroft. Rentre.

Sherlock sembla sur le point de protester, mais le coup d'œil, froid, de Mycroft, l'en dissuada. Il jeta donc au sol le bâton qu'il tenait, dans l'intention de le lancer à Barberousse, en pestant, et disparut à l'intérieur de la maison, son chien sur les talons.

Mycroft, une fois qu'il se fut assuré que la porte avait bien claqué derrière son cadet, se leva pour attendre son aîné.

Sherrinford ne tarda pas à pousser le portail de l'entrée, son sourire, toujours présent, ayant cependant pris une allure plus moqueuse.

- Alors, on joue à la mère poule, Mickey ?

- Que t'est-il arrivé ?

Mycroft avait dit cela sans qu'aucune émotion ne puisse transparaitre. Pourtant, il sentait, au fond de sa gorge, une boule d'angoisse malvenue, qu'il haïssait déjà, se mêlant à la colère et au mépris.

- On s'inquiète pour moi, petit frère ? C'est adorable, railla l'aîné des Holmes. Pour répondre à ta question, ne me fais pas croire que tu n'as pas compris. Tu n'es pas si idiot que ça.

Bien sur, qu'il avait compris. La drogue. Les dealers. Tout cela formait un assemblage cohérent et plein de sens dans son esprit. Ses poings se contractèrent légèrement le long de sa cuisse. Etait-ce de dépit, de dégoût ou de colère ? Colère contre ceux qui avaient malmené son frère ou contre le dit frère ? Ce frère qu'il y avait quelques jours encore il aurait dit bien vouloir achever lui même, mais qu'aujourd'hui, la seule chose qu'il pouvait affirmer c'était qu'il avait une furieuse envie de mettre son poing dans le visage de celui qui avait touché à son grand frère. Mycroft Holmes ne se mentait jamais à lui même. Il aurait bien voulu, pourtant.

Sherrinford, toujours nonchalant, toujours une main dans une poche de son blouson, son sourire toujours accroché à ses lèvres, suivit le déroulement des pensées de son petit frère. Mycroft était amusant, sa réaction face au fait qu'il était incapable, malgré tout, d'haïr honnêtement son aîné était amusante.

- Je ne suis sans doute pas idiot, mais toi, tu l'es.

Il aurait pu cracher « c'est celui qui le dit qui l'est », que Mycroft ne se serait pas senti plus ridicule. Sherrinford haussa un sourcil surpris, plissant ainsi son arcade blessée qui laissa perler du sang neuf à l'orée de la plaie. Il attendit la suite, hésitant entre s'offusquer de l'affront, et s'amuser de la répartie enfantine de son frère.

- Tu es un idiot, continua Mycroft, sans se démonter. Tu te fous en l'air, et pourquoi ? Parce que tu t'ennuis ? Parce que tu veux te prouver que rien ni personne ne t'est supérieur, parce que tu en es déjà convaincu, mais que tu dois affirmer haut et fort, pour que l'on t'entende bien, que c'est toi le plus fort. Je suis sûr que, pendant qu'on te rouait de coups, tu souriais. Je suis sûr que au lieu de chercher à te protéger, tu t'es moqué des gars qui t'ont fait ça. Tu te croyais fort, tu les as blessés et cela te faisait plaisir. Tu t'es senti supérieur. Et je suis sûr que tu as eu l'impression d'avoir « gagner le jeu ».

Entendre ainsi Mycroft décrire ce qu'il avait ressenti aussi justement, comme s'il le connaissait vraiment, comme s'il pouvait se mettre à son niveau, fit faire un pas menaçant, en avant, à Sherrinford. Son petit frère était un imbécile, il était entouré d'imbéciles. Et un imbécile ne devait pas savoir ce qui se passait dans son esprit.

- Ferme-là. Tout de suite.

Mycroft entendit la colère sourde, encore un peu contenue, dans la voix de son aîné, mais cette fois-ci, il ne voulait plus s'arrêter. Il ne voulait plus éviter la confrontation, baisser la tête parce que ce serait ce qu'il y avait de plus calme à faire, parce qu'il avait peur. Il n'avait plus peur de cet aîné, il s'était rendu compte qu'il tenait à lui. Très bien. Merveilleux même. Sherrinford voulait se montrer violent, lui faire ravaler des paroles qui l'atteignaient plus qu'il ne voulait le dire. Il ne cèderait pas.

- Non, tonna t'il, je vais finir. Tu t'es senti puissant, mais tu ne l'es pas. Tu n'es qu'un putain de narcissique orgueilleux, qui serait prêt à se jeter sur les rails d'un train si cela pouvait prouver ta supériorité au monde. Tu manipules ceux qui t'aiment pour avoir plus de pouvoir, tu les manipules et tu aimes ça. Parce qu'au fond, si tu étais seul, tu ne serais rien. Rien d'autre qu'un psychopathe en puissance, dénué d'attention et donc d'intérêt. Un psychopathe, t'es rien d'autre, Sherrin. Tu fais du mal à ton petit frère, et ça t'amuse, on vient te tabasser, et ça t'amuse, même cette foutue aiguille que tu t'enfonce dans le bras à longueur de journée t'amuse !

- Mycroft, prévint Sherrinford, ses poings se serrant, jusqu'à ce que ses jointures blanchissent, indifférent à la douleur que cela lui procurait.

Il était furieux. Furieux d'être ainsi mis à nu, par les mots acides de Mycroft, furieux de ne pas entendre la moindre admiration dans les propos de son cadet. Parce que Mycroft l'avait admiré, envié. Envié l'attention dont il était l'objet, envié le succès. C'était en parti pour cela, qu'il n'avait jamais réussi à vraiment le détester, malgré tout. C'était vrai, et il le savait. Mais là, dans les mots que son petit frère lui crachait au visage, il n'y avait plus d'envie, plus de colère. Seulement le mépris, profond, qu'il éprouvait pour lui. Sa fureur venait de là. Il se sentait méprisable et cela le rendait furibond.

Mycroft lui jeta un regard dégoûté et acheva :

- Tu t'amuses de tout, mais un jour tu te rendras compte que tout n'est pas un jeu, et que tu n'en es pas le maitre. T'es qu'un homme largué au milieu d'autres humains, t'es rien d'autre qu'un grain de poussière. T'es pas important, t'es pas admirable. T'es juste pathétique de croire que tu l'es. Et tu sais quoi ? Je crois que c'est pour ça, qu'au fond, je ne te déteste pas. Parce que je sais que t'es rien d'autre qu'un gamin en manque d'attention, et que c'est pathétique.

Le coups parti avant que Mycroft n'ait pu faire un pas pour s'en éloigner. Il sentit la douleur, brûlante, dans sa mâchoire. Il y porta la main, grognant. Puis il leva les yeux vers son aîné, poings toujours serrés, mâchoire contractée. Le sang en partie séché qui coulait de sa tempe, ses habits déchirés et ensanglantés, la lueur de fureur démente dans les yeux gris. Et dire, qu'à un moment, il avait envié ce gars. Il en aurait ri, s'il n'avait pas aussi mal. Au lieu de quoi, il planta ses prunelles dans celles de son frère, en prenant soin que celui-ci y lise tout ce qu'il voulait lui faire transmettre. Son dégoût. Son mépris. Sa pitié. Et sa compassion.

- Tu ne sais même pas jouer avec les mots pour te défendre, tu ne vaux pas mieux que ceux que tu as pris de haut.

Sur cette dernière phrase, Mycroft tourna les talons. Sherrinford le dépassa en trois foulées et se planta devant lui.

- Je vaux mieux qu'eux, je vaux plus que toi. Je te l'ai déjà dit. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je vais conter mon agression à mes chers parents. Quand je serais soigné, j'emmènerais sans doute Sherlock jouer.

Il eut un regard triomphant, mais Mycroft se contenta d'hausser les épaules, indifférent. Il contourna son aîné pour gagner son toit.

Sherrinford resta un instant au milieu de l'allée, les yeux fixés sur cette porte derrière laquelle Mycroft avait disparu. Il sentait un gout amère lui envahir la bouche.

Il n'avait jamais senti cela. Il n'aurait pas dû le reconnaître. Pourtant, il devina sans peine ce que c'était. Et une rage sans précédent s'empara de lui.

Pour la première fois de sa vie, à cause d'un petit frère méprisable et insignifiant, le goût de la défaite l'envahissait.


Voilaaaaaa! Alors, pour ceux qui voulaient que Sherrinford se prennent quelques coups, c'est chose faite! xD. ( pour les vrais sadiques, désolé, mais je ne pouvais pas le martyriser encore plus, j'ai encore besoin de lui sur ses deux jambes pour quelques chapitres ^^)

Oh sérénissimes lecteurs, faites-moi l'honneur d'une petite review de votre part, cela comblerait votre humble ( d'accord, ça, c'est pas vrai XD) serviteur de bonheur! Ou alors on dit qu'une review = une baffe de plus à Sherrinford ? XD En bref : reviewwwwww!

Kisssss mes lecteurs adorés que j'aime !