Ce drabble m'a été inspiré par le début du clip de la chanson « For the first time » par The Script, un groupe irlandais génial !
For the first time
En ouvrant sa boîte aux lettres ce matin-là, Lily Luna avait soupiré. Encore une. Elle n'avait même pas regardé l'écriture et en remontant à son appartement, elle l'avait jeté sur un tas, avec d'autres du même acabit. Des lettres de Scorpius. Dans une enveloppe moldue, avec un timbre et un cachet. C'était un véritable acharné.
Il ne pouvait pas transplaner chez elle sur une si longue distance, d'autant qu'il ne connaissait pas les lieux, mais il avait obtenu elle ne savait comment son adresse, et depuis il n'avait cessé de lui envoyer des missives. Au départ par hiboux, qu'elle avait refusé de faire rentrer et qui étaient revenus bredouilles. Puis il avait utilisé le réseau de communication moldu, pour être sûr qu'elles arrivent à bon port. Il avait gagné.
Elle en avait ouvert quelques-unes, certains soirs, par curiosité. C'était pathétique. Qu'espérait-elle ? Qu'il lui dise qu'il voulait qu'elle revienne ? Oui, il le disait. Qu'il l'aimait ? Il le disait aussi. Comme une sœur. Comme une amie. Qu'il quittait Rose ? Sûrement pas. Il était heureux avec elle, il l'aimait profondément, et ils allaient avoir un enfant. Il voulait qu'elle en soit la marraine. Il voulait qu'elle revienne pour les voir et participer à cet événement. Comme si elle pouvait.
Ces soirs-là, Lily finissait en pleurs, assise au milieu de son atelier, les larmes roulant silencieusement sur ses joues. Elle avait tenu sa promesse pourtant. Elle n'avait plus fait de bêtises depuis qu'elle était arrivée à New York. Elle avait ouvert sa galerie comme promis. Elle avait arrêté les drogues et l'alcool. Elle vivait sainement. Mais son cœur restait creux.
Dans un geste de rage, elle prit l'ensemble des lettres, ouvrit la fenêtre de son appartement au dixième étage, laissa le vent fouetter un instant son visage, rejetant ses cheveux en arrière, et les jeta toutes dans la nuit. Elle les regarda voler quelques instants avant de s'écraser. Elle pouvait voir la pluie laver les mots honnis. Elle recula et s'écroula contre le mur. En larmes. Soulagée. Une page se tournait.
