Je crois que pour ce qui est d'écrire Bob, je commence à prendre de Myfanwi: Ca fais quand même deux chapitres que je le fais souffrir. Ah mais que voulez vous, Grunlek et Shin sont mes ptête mes chouchous mais ma fascination presque malsaine pour les démons de la fiction me fait beaucoup écrire sur Balthazar.

Aller trêve de blabla, enjoy.


Cette quête les avaient menés dans un immense manoir abandonné, pour chercher un artefact rare. Avançant à tâtons, pour une fois c'est Balthazar qui fermait la marche. Quelque chose de sinistre habitait ses lieux, il le sentait et il n'était pas très rassuré. Ils déboulèrent dans une grande pièce, pleines de bibelots en tout genre. Tous se mirent à fouiller, même Bob dû y mettre du sien.

Jusqu'au moment où il passa devant un miroir ornementé d'écriture ancienne, dans lequel se refléta sa vraie apparence, grimaçante.

Dans ce reflet se trouvait une forme inhumaine, faites de flammes, aux yeux rougeoyants, aux cornes acérées fièrement dressées vers le ciel. Elle se mouvait indépendamment de son corps, et la regardait fixement. Bob se figea, une sueur froide lui traversant le dos : Il ne supportait pas de voir son démon, cette partie de lui avec laquelle il cohabitait de force, qu'il avait longtemps rejeté. Elle n'était pas en accord avec son apparence extérieure, frêle, fluette, qui ne semblait pas pouvoir contenir autant de puissance destructrice, ou même avec son caractère flamboyant, joyeux et fier. Tout ne transpirait que la sournoiserie, apparat d'un père qu'il n'avait pas connu.

Il était un loup déguisé en agneau.

Le reste de l'équipe était trop occupé dans ses recherches pour prêter attention à la détresse soudaine du demi-diable. Seul Théo le remarqua, et s'approcha de lui, posant sa lourde main ganté sur son épaule, comme pour le faire revenir à la réalité. Il sursauta, le souffle court, comme réellement effrayé.

« ... Tu le vois toi aussi ?

-Voir quoi ? Y'a rien dans ce miroir Bob, c'est encore ton imagination qui te joue des tours.

-Si... Moi je le vois…

-Qu'est-ce que tu vois ?

-Moi. L'autre moi. »

Paralysé, il ne pouvait décrocher les yeux de cette masse reptilienne qu'il avait pourtant en horreur. Il la cachait à tout le monde, et fermait le plus possible les yeux dessus, parce qu'elle faisait peur. Il était un danger pour les autres, ses compagnons, le monde entier qu'il pourrait détruire d'un revers de la main s'il lui en prenait l'envie. Alors il feignait, il riait pour ne pas trembler, parlait pour le faire taire, jouait avec le feu pour mieux le contrôler, et cette mascarade avait fonctionné à la quasi perfection jusqu'à maintenant. Mais au pied du mur, l'angoisse l'avait gagné. Un sentiment viscéral monta en lui jusqu'à lui en donner la nausée, quelque chose de parfaitement ingérable.

Balthazar avait une peur panique de lui-même.

Le démon tourna la tête, souriant de toutes ses dents pointues, et il se mit à parler. Il lui murmurait à l'oreille dans une langue qu'il parlait lui aussi mais qu'il détestait entendre.

« Tu peux pas m'ignorer Balthazar… Tu sais que ça ne durera pas éternellement, tu le sais... »

Paniqué en le sentant essayer de prendre le dessus, il se mit les mains sur les oreilles, comme si cela suffisait à le faire taire… Mais il répétait en boucle pendant plusieurs minutes cette litanie insupportable d'une voix d'outre-tombe, jusqu'à ce qu'il se mette à genoux, lui répondant dans un élan de désespoir : « Non s'il-te-plaît, pas encore, pas maintenant ! »

Témoins de la perte de contrôle de son ami, Théo prit comme d'habitude les choses à bras le corps : Il brisa d'un violent coup de poing le miroir, qui tomba en morceaux. Surpris du bruit produit par la violence de l'impact, les deux autres situés à l'opposé de l'immense pièce se retournèrent brusquement.

« Tu sais que c'est 7 ans de malheur ? Objecta Grunlek, assez fort pour qu'il puisse l'entendre

-Vaut mieux 7 ans de malheur qu'une éternité de damnation. »

Il l'aida à se relever. Le mage était encore tremblant, livide. Face à cette réaction, les autres les rejoignirent à la hâte, inquiets. Il resta un moment appuyé contre le bras de Théo, trop sous le choc pour tenir debout seul.

« Ça va Bob ? Qu'est ce qu'il t'es arrivé ? S'inquiéta le nain, visiblement un peu désolé de sa remarque précédente.

-Je... Explique-leur Théo.

-Ce miroir devait être enchanté : Il a vu sa vrai forme dedans.

-Sa vrai forme ? Questionna Shin, un peu dubitatif.

-Là... Ce qu'il y a dedans… Répondit Balthazar, frappant faiblement son torse. »

Shin et Grunlek échangèrent un regard soucieux pour reposer leurs yeux sur leur camarade visiblement au plus bas. Le golem sortit une pomme de son sac que le demi-élémentaire concéda à partager, qu'il prit entre ses mains fines. Visiblement touché que son compagnon lui sacrifie un de ses fruits favoris, il se remit à sourire. Théo s'éloigna un peu de lui une fois remis sur pied, mais s'assura une dernière fois de son état.

« Ca ira?

-Tant que vous êtes là, ça ira. »


La langue que Bob et son démon parle sont le démonique, comme indiqué sur sa fiche (cf le site réussite critique). Si on me demande à quoi ça ressemble, imaginez une langue quelconque (je dirais plutôt de l'anglais mais le français marche tout aussi bien), à l'envers et chuchoté. Voilà, bonne nuit.