Bonjour! ( enfin c'est peut-être bonsoir pour vous... )

Voici un nouveau chapitre, il est long... je n'arrive pas à m'arrêter^^

Il est triste... en fait, non, il est carrément horrible, prenez vos cleenex, vous pourriez en avoir besoin!

Bon plus sérieusement; Manuel est à l'honneur dans ce chapitre, ainsi que ses parents.

Je vous laisse découvrir par vous-même...


Chapitre 13: La curiosité est un vilain défaut...

OoooooO

Viktor jette la lettre sur le lit et prend prestement la direction de l'armurerie. Même si Alicia lui a dit que Manuel ne sait rien de son escapade, il éprouve le besoin d'aller parler au garçon, en effet, lui seul peut le mettre ne contact avec elle, à distance, il en est maintenant persuadé.

Il traverse presque en courant les couloirs maintenant tranquilles; il fait un temps magnifique, tout le monde est dehors. Cette fois, c'est certain, mes filles vont avoir raison de moi! Sonja était sensée la surveiller! Mais naturellement, elle l'aura laissé agir à sa guise en oubliant qu'elle n'a aucune expérience du monde extérieur... Cette fois-ci elles vont m'entendre toutes les deux!

Manuel observe avec un air interrogateur, l'aîné qui se dirige vers lui il a l'air pressé et c'est le moins que l'on puisse dire ! Le garçon, qui était prêt à rejoindre Tanis, attend que Viktor se retrouve devant lui avant de se dire que c'est forcément à lui qu'il en veut. Aie, le conseil n'a pas du être une réussite... Pense-t-il.

« _ Je peux vous aider, seigneur Viktor ? Demande l'adolescent.

_ Je l'espère pour toi ! Bougonne le vampire en lui lançant un regard qui veut tout dire.

_ Ah, et si ce n'est pas trop indiscret, qu'est-ce-qu'Alicia a encore fait ? Parce que je suppose que si vous venez me voir, ce n'est pas pour parler de la météo...

_ C'est plutôt ce qu'elle va faire qui m'inquiète ! Trouve la !

_ Pardon ? Demande Manuel en écarquillant les yeux.

_ C'est pourtant simple ! Je te demande de la localiser ! Et en vitesse ! Ne fait pas l'innocent, je sais que tu es capable de le faire ! S'énerve-t-il.

_ Mais, enfin, je... Balbutie le garçon.

_ Manuel ! Immédiatement ! Je veux savoir où elle est et ce qu'elle compte faire exactement ! Elle compte suivre le seigneur Gorjman !

_ Quoi ? Mais elle est folle ma parole ! Pourquoi veut-elle suivre ce dégénéré ?

_ C'est ce que je te demande ! Fait-le enfin ! Hurle-t-il en le secouant.

_ Je... elle est bien trop loin... elle est partie il y a déjà trois heures, vous ne pourrez jamais la rattraper... Je... je ne comprends pas... qu'est-ce-qui lui prend ?

_ Je n'en sais rien... Murmure le vieux vampire légèrement abattu.

_ Oh non ! S'exclame soudainement Manuel.

_ Quoi ? Qu'est-ce ? Le presse Viktor.

_ Oh mon dieu... je sais exactement ce pourquoi elle le suit... Elle a eu accès je ne sais comment, à ses pensées... ça concernait Ilona et Ana, ma mère... Non, elle sait tout...

_ Mais que sait-elle ? Vas-tu parler enfin ?

_ Vous savez comment ma mère est décédée n'est-ce-pas ? Vous savez qui a essayé de tuer votre femme plusieurs fois lorsqu'elle était humaine puis vampire ? Le savez-vous ? Savez-vous qui est le seul responsable ?

_ Non, voyons, je l'ignore totalement. Sinon, tu peux me croire, il ne serait plus de ce monde depuis un bon bout de temps !

_ Et bien Alicia, le sait elle... »

Viktor ouvre des yeux ronds sous le coup de la surprise. Toutes les pièces d'un gigantesque puzzle s'assemblent à ce moment précis. Alicia lui avait parlé du rêve dans lequel elle voit sa mère en train de se prendre des coups, et de tant d'autres qui n'étaient que des souvenirs du responsable de ses actes. La même personne qui a commandité le meurtre de la mère du garçon qui se tient tremblant, d'une rage qu'il contrôle péniblement, devant lui.

« _ Laissez-moi aller la chercher. Dit-il sombre.

_ C'est hors de question ! Tu ne bouges pas d'ici ! Tu ne fais rien à part suivre mentalement ma fille, est-ce compris ?

_ Ce... ce... cette ordure a tué ma mère, à cause de lui je n'ai rien ! À cause de lui je suis seul ! À cause de lui, je n'ai pas de famille ! À cause de lui, je suis un esclave ! Il m'a tout pris ! Et vous savez qu'il a essayé avant, de faire pareil à votre femme ! Des larmes coulent sur ses joues, des larmes de fureur, les larmes d'un désir de vengeance et de justice, de se faire justice. Et le pire c'est qu'à vous aussi il a essayé de tout prendre... je le sais de Janelle, que vous étiez complètement désorienté après le départ d'Ilona. À cause de ça, vous avez été incapable de voir Alicia avant ses 10 ans. Osez me dire que ce monstre mérite de s'en tirer ! Osez le dire devant moi ! Ma mère avait 17 ans ! Et j'étais là, moi ! Mais il l'a tué après avoir pensé en avoir fini avec votre femme ! Osez me dire que vous ne voulez pas que justice soit faite !

_ Si. Elle sera faite, mais pas par toi ! Ce que tu as vécu est horrible, je le conçois, cependant, je ne peut pas faire appliquer ma justice par des esclaves, ce que tu es !

_ Un esclave capable de localiser votre fille, capable d'envoyer quelqu'un la trouver...

_ Qu'est-ce-que tu attends dans ce cas ?!

_ C'est fait, je l'ai fait à la seconde où j'ai su ce qu'elle était en train de faire. Seulement, je veux parler à cet homme lorsqu'il sera aux arrêts. Je veux qu'il sache, qu'il prenne conscience de ses actes, et je veux qu'il soit livré aux partisans du seigneur Olek, aux partisans humains j'entends.

_ Il est hors de question que tu parles à cet homme ! Tu es un lycan, ton rôle n'est pas de juger des vampires ! Ton regard est vers le sol, pas ailleurs ! Quant à Olek, j'y songerai peut-être.

_ Non, je suis un enfant, et mon rôle aujourd'hui, c'est de faire payer à celui qui a assassiné ma mère et brisé mon père ! Et personne ne m'en empêchera ! »

OoooooO

Loin de se douter de la conversation entre son père et son ami, Alicia suit le plus discrètement possible sa cible. Elle a camouflé son cheval dès l'entrée de la forêt et continue donc sa filature à pied. Son cœur bat à une vitesse folle, tant la pression est pesante, elle est presque certaine qu'il n'hésitera pas à la tuer s'il la repère. Le seigneur Gorjman et ses quatre gardes ne semblent pas se douter de la présence de la jeune fille, qui pourtant les suit au couvert des branches des arbres dans lesquels elle progresse dans cette partie dense du bois. Elle pense à Viktor qui a ouvert la lettre, elle l'imagine très bien demander à Manuel de l'arrêter, bien sur, c'est peine perdue, elle a pris de nombreuses précautions. Elle ressent un pincement au cœur en pensant à ce dernier elle ignore totalement ce qu'a exactement fait le vampire, mais ce qui est sur, c'est qu'il est responsable de sa mort et de celle d'autres humains qui devaient le déranger.

« _ Le gosse tout à l'heure quel est son nom ? Demande Gorjman.

_ Le lycan ? Faudrait déjà qu'il en ai un ! Se moque un des gardes. Quoique, visiblement, Viktor prend plaisir à leur en donner !

_ Manuel je crois, enfin quelque chose qui sonne comme ça. Répond un autre.

_ Tu en es sur ?

_ Oui, je crois. Mon seigneur, en quoi est-ce important ?

_ En rien, c'est juste que la petite dernière de Viktor lui portait un intérêt tout particulier pendant le conseil. Mieux, elle le défendait, de manière assez voyante et impressionnante. Elle est bien comme sa mère celle-là... je ne comprends pas que le conseil laisse vivre une enfant pareille, avec des idées aussi hérétiques. De même que ce Manuel, fils de William Corvinius d'après ce que je sais, Viktor espère l'utiliser, quel imbécile, ce chien le trahira à la première occasion avec sa fille. J'aurais du tuer cet avorton lorsque je le pouvais ! »

En disant ceci, il se masse discrètement le bras droit avec une grimace. De l'endroit où elle se trouve, Alicia ne peut voir qu'une marque floue sur son membre antérieur. Une morsure ? Non, impossible... Quoique, Manuel ne peut transformer personne en lycan ou autre être du même genre. Si c'est ce que je pense, ça va être encore plus simple de l'incriminer. Perdue dans ses pensées, elle se fait soudain surprendre par un bruissement en aval de sa position et recule de quelques centimètres. Une branche de l'arbre dans lequel elle est perchée émet un craquement inquiétant. La jeune fille n'a pas le temps de sauter que la branche tombe, l'entraînant dans sa chute. Elle dégringole sur plusieurs mètres avant d'atterrir pile devant un des gardes. Aie, je pense que là, je risque sérieusement d'avoir des ennuis.

Les cinq vampires regardent l'adolescente pendant une bonne douzaine de secondes, temps pendant lequel Alicia est trop sonnée pour agir, avant que l'un des gardes ne se décide à la saisir par le bras, lui tordant au passage. Le seigneur Gorjman esquisse un sourire sadique. C'est pas bon du tout ça, j'aurais du prévenir Sonja en partant... quelle idiote !

« _ Tient tient, mais qu'avons nous là ? Dit-il en empoignant la jeune fille par le menton. Ton père ne t'a pas dit de rester dans ta chambre par hasard ? Remarque, cette petite expédition qui tu mènes va me permettre de te donner la punition que tu mérites pour ton insolence. Il lui assène une première gifle, l'expédiant au sol.

_ Je doute que ce soit une bonne idée. Répond-t-elle, en se massant la joue. Enfin, je dis juste ça dans votre propre intérêt...

_ Ben voyons, tu espères que je vais croire ça ? Tu n'as prévenu personne je suppose ? Enfin, si, peut-être ce chien de Corvinius … C'est très mignon la manière dont tu le prends sa défense, pour peu, on pourrait penser que tu as le béguin pour lui ! Absurde n'est-ce-pas ? Tu ne ferais pas de tord à ton cher Père... tu lui dois bien ça, toi qui l'a privé de sa femme...

_ En effet, je n'ai prévenu personne, mais Manuel n'a pas besoin que je le prévienne pour savoir où je suis et ce que je fais, il a ses espions ! Il a un prénom, autant qu'il serve, je vous prierais de l'utiliser pour le mentionner. Quand à mon père, je suis loin d'être stupide, je sais que je ne lui dois rien, et que rien de ce qui a pu vous passer par la tête n'est de ma faute. Vous avez quoi au bras ?

_ J'aurais du te tuer au moment même où tu as commencé à respirer, il y a trop d'aberrations de la nature dans le château qu'habite Viktor …

_ A commencer par vous et vos petits copains les autres vampires non de sang pur ! C'est vous les pires, vous, vous avez choisi votre nature, pas moi, ni Manuel ! Dit-elle ne souriant, sourire vite interrompu par une seconde gifle, plus violente.

_ Tu penses réussir à me faire sortir de mes gonds n'est-ce-pas ? C'est du temps de perdu, je te déteste déjà. Ainsi, le cabot et toi êtes reliés, c'est intéressant... j'essayerai de penser à lui lorsque je laisserai mes hommes s'occuper de toi. Je ne sais pas ce que tu sais espèce de sale gosse, et j'ignore comment tu le sais. Quoique, tu es certainement comme ta sorcière de mère, bonne pour le bûcher, comme Ana, hum, celle-là je ne l'ai pas ratée je me souviens encore de la tête de William lorsque je l'ai faite brûler. Ah... un vraiment beau feu de joie pour moi... Tu trembles ? Oh, il ne faut pas, toi, ce sera bien pire... » il se met à rire en glissant ses doigts sur la joue bleuie de la jeune vampire.

C'est à Alicia de lui mettre une baffe magistrale, le nez du conseiller émet un craquement significatif d'une fracture. Du sang sort de ses narines, lui donnant l'air encore plus cruel et pervers qu'il ne l'est en vérité. Il tourne la tête lentement, puis brusquement plaque Alicia contre un arbre. Ses mains la retiennent, une serrant son cou et l'autre descendant dangereusement sur ses cuisses.

« _ Tu as osé lever la main sur moi ! Mais tu es une vraie tigresse ma parole... enfin je devrais dire une louve, c'est bien ça la femelle du loup non ?

_ Elles, au moins, ont de l'honneur ! Articule péniblement l'adolescente. »

Le coup qu'elle se prend dans le bas du ventre, coupe sa respiration et lui arrache un gémissement de douleur. Il la laisse tomber sur le sol, posant un pied sur sa cage thoracique.

« _ Tu es pitoyable Alicia. Une vraie poupée sans aucune défense... tssss, ta mère a fait bien mieux que toi. Lorsque j'ai tué son père et son frère jumeau sous ses yeux elle n'a pas même hurlé ! Ana aussi n'a rien dit, pour son bébé je crois, cette misérable chose qui ne devrait pas exister !

_ Vous êtes un monstre ! Et vous êtes stupide ! Vous me confessez tous vos crimes, comme si je n'allais par la suite rien dire... Dit-elle en reprenant son souffle.

_ Tu es perspicace. Mais je n'ai nulle intention de te laisser parler crois-moi. Ta courte et déplorable existence va s'achever, je veillerai à ce que mes hommes s'amusent bien. Tuer l'autre parasite sera très simple ensuite.

_ Ça c'est ce que vous croyez, aucun de nous deux, ne se rendra sans combattre jusqu'au bout ! Je vais répéter ma question de toute à l'heure : qu'avez-vous à votre bras droit ?

_ Tu es pathétique, comme si deux enfants avez la moindre chance contre moi. L'autre espèce d'animal est complètement amoureux de toi, et connaissant, ses antécédents familiaux, il y a de grandes chances qu'il fasse quelque chose de très stupide en apprenant ta mort. Oh, ça te surprends que je dise ça ?! Cela se voit qu'il est obnubilé par ta présence et ton bien-être ! En fait, tu es la seule à ne pas le voir, ou peut-être que si ? »

Alicia sent le rouge lui monter aux joues, de colère et aussi un peu de gêne. Son mouvement est rapide, fluide et violent. Gorjman se retrouve bientôt avec une dague traversant son pied, la jeune fille ne perd pas une seconde et fait basculer son agresseur, lui faisant perdre l'équilibre. La dague prend rapidement appuis contre les veines saillantes du vampire, dans son mouvement, elle en profite pour exhiber son bras droit, faisant apparaître une morsure trop prononcée pour être humaine et trop petite pour être celle d'un adulte, elle est suivie sur l'avant-bras d'une longue brûlure qui n'a jamais cicatrisé.

« _ Je vous ai posé une question il me semble ! » Tonne-t-elle. Ne provoquant aucune réaction chez l'homme, elle se décide à opter pour une façon moins délicate d'obtenir des informations : elle plaque ses mains sur ses tempes sans trop d'hésitation. Chose qu'il aurait mieux valu pour sa conscience, qu'elle évite de faire...

OoooooO

Les visions fusent dans son esprit avec une vitesse vertigineuse :

Une jeune fille se promène seule dans une forêt, non, en fait elle n'est pas seule, un loup l'accompagne. Elle semble presque lui parler. Tout à coup, une plainte lui glace le sang et elle se retourne brusquement : un loup-garou en bien piteux état se tient devant elle. Il s'écroule avant qu'elle ait pu esquissé le moindre geste, à sa place, un homme il a l'air d'avoir la trentaine physiquement, mais ses yeux bleus hagards qui la fixent ont l'air d'avoir des siècles... ses cheveux noirs sont longs, très longs comme s'il ne lui était jamais venu à l'idée de les couper. Et puis soudain, l'homme murmure à la jeune fille de ne pas avoir peur, il lui demande même son aide, il veut se reposer. Il demande également quelle année s'écoule. Elle lui répond, une larme coule sur sa joue sale, une seule larme, un seul regret. Elle lui demande posément d'où il vient pendant qu'elle le nettoie pudiquement sur place. Il lui répond juste qu'il revient de loin et que d'une certaine façon elle l'a sauvée. Elle hoche la tête et continue son ouvrage. Puis il lui prend doucement la main, voyant qu'elle hésite à le déshabiller entièrement, elle frissonne et le fixe. Il lui murmure qu'il s'appelle William et qu'elle ne doit rien dire à personne sur sa présence et la forme sous laquelle elle l'a vu. Il continue en expliquant que c'est la première fois en 800 ans qu'il est humain. Elle arque un sourcil et le regarde avec compassion. Elle lui annonce qu'elle n'a aucune famille encore en vie et qu'elle vit seule dans les bois parce que les villageois pensent qu'elle est une sorcière, ils ont peur d'elle. Il réussit à rire en disant qu'ils étaient sûrement faits pour se trouver. Elle joint son rire au sien et murmure qu'il est la seule personne qui ne part pas en courant lorsqu'elle approche. Il sourit avant d'ajouter qu'il aimerait bien s'enfuir mais que son état ne lui permet pas de le faire. Elle éclate de rire et lui annonce qu'il va falloir qu'il l'aide à le porter, qu'elle ne peut pas le faire toute seule. Il soupire et lui répond qu'il fera de son mieux.

Elle habite au pied d'un grand arbre creux, la demeure est introuvable pour qui ne la connaît pas. Elle connaît beaucoup de choses, notamment sur les plantes et les animaux, elle sait lire, écrire et surtout dessiner. Elle lui laisse son lit plus que précaire et s'installe à côté de lui, à même le sol. Les nuits qui suivent elle le veille, lui parle, le rassure William se laisse bercer par la gentillesse et la douceur de son hôte. Un soir, alors qu'il vit avec elle depuis plusieurs mois, il glisse un bras autour de sa taille et la regarde dans les yeux. Il lui fait alors remarquer qu'il ne connaît même pas son prénom. « Ana » lui répond-t-elle, et elle se dégage doucement de son étreinte pour pouvoir le rallonger, il a de la fièvre, tous les soirs de pleine lune c'est ainsi, mais dorénavant, il ne se transforme plus.

Leur rapprochement est progressif, William se sent comme un enfant qui découvre l'existence. Ana fait tout pour que le loup se sente bien et elle réussit à merveille. Petit à petit l'homme se rend compte qu'il est littéralement tombé sous le charme de sa salvatrice. Alors un soir, il prend son courage à deux mains, et glisse ses mains sur ses hanches pour pouvoir la retourner vers lui, elle le fixe de ses yeux argentés saisissants. Comprenant ce qui va suivre, elle ferme les yeux et entrouvre légèrement les lèvres, donnant à William une invitation qu'il ne peut refuser. Leurs lèvres se trouvent et c'est le début d'une courte mais magnifique histoire d'amour...

OoooooO

Alicia réalise à ce moment précis que Gorjman a pris d'une manière ou d'une autre les souvenirs d'Ana et William. Elle ouvre les yeux horrifiée de ce qu'elle a vu ensuite. Le coup qu'il lui assène l'assomme, son corps tombe lourdement sur le sol humide. Elle n'a pas le temps de reprendre ses esprits que le vampire lui hurle en riant sadiquement que la curiosité est un vilain défaut, un défaut qui causera sa perte.

Il lance à ses gardes de se charger d'elle, qu'ils en font ce qu'ils veulent du moment que sa mort paraisse naturelle ou accidentelle. Puis, il s'assoit pour profiter du spectacle comme il l'appelle.

Alicia panique quand des mains peu délicates lui arrachent son corsage en cuire qui la protège des coups lors des entraînements. La seule chose qui lui vient à l'esprit lorsqu'ils s'amusent à lui lancer des insanités, c'est la chose la plus élémentaire qu'un nouveau-né sait faire à sa naissance : hurler.

Et le mot qu'elle hurle est aussi improbable qu'enfantin : « Papa ! ».

Pourquoi lui ? Pourquoi pas quelqu'un d'autre ? Elle l'ignore, c'est la première chose qui lui vient à l'esprit car c'est à lui qu'elle pense entre-autres à ce moment précis. Ça a au moins le mérite de les surprendre un moment, mais trop peu de temps pour que la jeune fille puisse faire autre chose que de lancer un coup bien placé à celui de ses agresseurs qui est le plus proche d'elle. Des larmes de rage commencent à dévaler ses joues pendant qu'ils rient et préparent leur programme de 'jeu'.

Au moment où ils entreprennent de la tenir pour la dévêtir, un bruit se fait entendre de la pénombre des arbres. Un des gardes entreprend de mettre une gifle à Alicia qui vient de le mordre, mais il n'en a pas le temps, sa main n'atteint pas sa cible pour la simple raison qu'elle se retrouve détachée du reste du corps par un coup de griffe qui ne peut provenir que d'un loup-garou. Par ailleurs, il n'y en a pas qu'un, mais une bonne dizaine, et visiblement très en colère.

La jeune vampire cesse un instant de respirer, hésitant entre ne pas bouger et s'enfuir à toutes jambes, elle choisit la première option. Le seigneur Gorjman, lui choisi la deuxième possibilité, celle qui correspond à son niveau de lâcheté et enfourche prestement son cheval qu'il talonne comme si la mort elle même était à ses trousses. De leur côté, abandonnés par leur maître, les quatre gardent perdent leur entrain et bien assez vite, la vie. Ils ne sont bientôt qu'un mauvais souvenir pour leur victime.

Alicia, le corps endolori, ne bouge toujours pas et attend que les loups décident de son sort. Une tête se pose sur son épaule tremblante, et une truffe humide glisse contre sa joue. La louve aux yeux verts est là, sa simple présence suffit à la jeune fille pour qu'elle se détende. Elle se risque à caresser l'encolure de l'animal et pour une fois, celui-ci se laisse faire. Elle ferme les yeux et lorsqu'elle les rouvre, un loup-garou au pelage marbré de noir et de brun la soulève avec précaution du sol pour la caler sur le dos d'un de ses congénères. Alicia s'accroche comme elle le peut en passant ses bras autour du cou massif de l'être lupin.

Calée contre le dos aux muscles puissant de son porteur, elle se laisse un instant divaguer, reprenant sa visions là où elle s'est arrêtée...

OoooooO

L'aube se lève, William se réveille en compagnie d'Ana, encore endormie à ses côtés. Il redresse doucement la couverture sur le corps dénudé de la jeune fille. Depuis un moment elle est exténuée, et William ignore totalement ce qui peut provoquer chez elle cette fatigue et ces nausées incessantes... elle bouge un peu, sortant progressivement de la douce torpeur du sommeil profond dans lequel elle se trouvait quelques secondes auparavant. Juste un bonjour, juste un léger baiser sur les lèvres, tout est si simple, tout est si léger. Ensuite, William a l'habitude de partir chasser, mais cette fois-ci, lorsqu'il se lève pour s'habiller, Ana le retient. Elle a un petit sourire timide et gêné plus prononcé que d'ordinaire, le loup arque les sourcils, elle ne lui cache jamais rien, de quoi peut-il bien s'agir ? Elle lui prend doucement la main pour la poser sur son ventre et prononce calmement c'est quatre petits mots qui changent la vie d'un homme : « Tu vas être papa. » Puis elle le laisse partir, lui donne le temps de sa promenade pour encaisser la nouvelle.

Lorsqu'il rentre, William Corvinius est un autre homme, il s'approche d'Ana, très affairée à son jardin et glisse ses bras autour des ses épaules. Elle sourit à son contact et se retourne pour le regarder dans les yeux : « Je t'aime. » sont les seuls mots que parvient à prononcer le loup avant de plonger son visage vers celui de sa compagne afin de s'emparer de ses lèvres...

OoooooO

Un sanglot franchit la barrière des lèvres d'Alicia pendant qu'elle se rend compte que la vie de Manuel aurait pu être si différente si sa mère n'avait pas été froidement tuée. Le trajet vers la destination inconnue dure deux bonnes heures, ils passent par de nombreux sentiers et chemins sans jamais s'arrêter. La louve suit toujours, grâce à elle, Alicia est plus sereine. Peut-être pourra-t-elle 'parler' avec elle ?

Bientôt le groupe ralentit pour finalement s'immobiliser, le loup-garou fait descendre sa charge au sol. L'adolescente ravale un autre sanglot avant de poser sa main sur l'immense tête de celui qui fût un jour humain.

Merci.

Prends soin de toi petite fille, prends soin de toi petite princesse.

Princesse ?

Oui, un jour tu comprendras quel est ton rôle dans ce monde, notre monde. Mais ce jour n'est pas celui-ci, il te faut attendre.

Attendre quoi ?

Que le monde soit prêt à évoluer.

Sur ces pensées, ils s'évanouissent tous comme s'ils n'étaient jamais venus et Alicia se retrouve seule avec la louve. L'endroit dans lequel elle se trouve est immense et creux, elle est au cœur d'une colline qui s'écroula jadis. Au centre, un étang, une chute d'eau, un arbre. Dans l'arbre, une maison siège au creux des branches, elle est ancienne, ancienne et pleine de souvenirs. Alicia la reconnaît : C'est la maison d'Ana !

Et la mienne avant. Résonne une voix familière qui réchauffe le cœur de la jeune fille.

Ma... maman ?

Oui, Alicia. C'est bien cela. Avec ton père, nous ne pensions pas que tu viendrais à savoir la vérité si vite. Tu es bien plus maligne que tu ne devrais. Plaisante-t-elle.

Oh, maman, ils auraient pu être si heureux ! William et Ana auraient pu tellement profiter de la vie ! C'est injuste !

Ce n'est pas la vie qui a été injuste avec eux, mais les personnes qu'ils ont rencontrées qui ont été cruelles.

OoooooO

Le petit garçon repose paisiblement contre la poitrine de sa mère qui se remet progressivement de son accouchement éprouvant. Sa respiration le berce et bientôt il s'endort sous le regard attendri de ses deux parents. William dépose un baiser sur le front de sa femme puis sur le sommet du crâne de son fils. Il est si heureux, jamais il n'aurait songé à fonder un jour une famille avant de rencontrer Ana, et Manuel est pour lui une bénédiction, un pardon divin qui lui serait accordé.

OoooooO

Toujours flanquée de sa mère-louve, Alicia se dirige vers le bord du lac, là, ce qu'elle y voit la laisse sans voix : des pierres tombales, recouvertes en partie de bruyère, trois au total. La jeune fille lit les noms : Auban Corvinius, Jolâmm Corvinius et Ana Corvinius à la lecture de la dernière stèle, son cœur se serre : 17 ans, une enfant en somme.

OoooooO

Ana n'a rien dit, pas même cillé lorsqu'on l'a ruée de coups, quand on l'a emmenée vers le bûcher, quand Gorjman l'a traitée de tous les noms. Le seul cri qui est sorti de sa bouche fût lorsque son bourreau empoigna son fils, Manuel l'enfant hurlait, hurlait tandis que son père se débattait en implorant autant qu'il est possible d'implorer. Manuel hurlait en espérant que quelqu'un les trouve, sauf que personne n'arriva, ils étaient seuls. De colère innocente d'enfant de trois mois, le garçonnet mordit son agresseur, lui laissant une marque indélébile. Il pesta avant de jeter le petit au sol, l'instant d'après, Alexander Corvinius lançait un sceau d'eau pour éteindre le feu, pendant que William hagard et secoué de tremblements hystériques cherchaient son enfant à tâtons. Il était trop tard, trop tard pour faire quoi que ce soit, la pauvre jeune fille avait été asphyxiée par la fumée acre du bois vert flambant. Le père des immortels saisit son petit-fils, pendant que le premier loup-garou secoue son âme-sœur dans ses bras, comme un enfant pleurant un jouet cassé. Sauf qu'il ne s'agit pas ici d'un jouet qui se brise, mais d'une vie qui s'écroule, une famille qui se déchire. Le cri qu'il pousse est bouleversant, il transperce le cœur de son père comme un carreau d'arbalète traverse une feuille de parchemin usée il pose la main sur son épaule, il se dégage, et à cet instant précis, Alexander sait, il sait que c'est la dernière fois qu'il verra son fils. La bête reprend le dessus et le loup s'enfuit en pleurant des larmes pourtant si humaines...

OoooooO

Vicktor marque un temps d'arrêt, le cri qui vient de lui vriller le crâne a été émis par Alicia, ça ne fait aucun doute ! Et là, il réalise, il réalise que le lien rompu avec Ilona il y a 14 ans est de nouveau en action, ce lien le relit à sa fille.

Une larme coule sur sa joue pale alors qu'il se rend compte qu'elle est en danger, mais une douce voix le rassure en lui disant qu'elle ne craint plus rien. Un instant il se permet d'espérer que sa femme est redevenue humaine, mais elle lui annonce tristement le contraire.

Petit-à-petit, des souvenirs qu'il aurait voulu oublier refont surface par l'intermédiaire d'Alicia. Des souvenirs d'un jour funeste où il a fait une promesse insensée qu'il savait ne jamais pouvoir tenir. Les mots d'Ana résonnent de nouveau en lui : « Je vous en pris protégez-le, protégez-le des autres, mais surtout de lui même. » cette pauvre enfant lui avait demandé de veiller sur son fils, alors même qu'elle savait que sa nature le répugnait au plus haut point. Et il avait accepté, il avait accepté car cette jeune fille lui rappelait tellement Ilona et cet enfant sa propre fille Alicia. Viktor est un homme de parole, malgré ses nombreux défauts, on peut lui faire confiance, et il compte bien tenir celle-ci, la dernière d'une enfant partie trop tôt rejoindre ses ancêtres.

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Contre sa mère, le visage enfouit dans son pelage sombre, Alicia pleure à en tomber de fatigue. Elle se laisse aller rapidement dans les bras de Morphée et ses derniers souvenirs sont ceux de quelques mots : « je veille sur toi, dors mon bébé, je t'aime » ainsi que de bras à la fois inconnus et familiers qui la soulèvent avec précaution et l'emmènent loin du sanctuaire maintenant baigné par une légère lueur, celle de l'aube paresseuse des jours sombres...


Bon, vous avez plusieurs options:

1) me tuer ( mais vous ne connaîtriez pas la fin de l'histoire ).

2) sécher vos larmes et prendre des actions chez cleenex ( vous risquez d'en avoir encore besoin ).

3) me traiter de sadique ( j'assume complètement ).

4) me laisser un avis et là on peut peut-être s'arranger ( ou pas... ).

A bientôt!

PS1: Encore merci pour tes reviews Alena Robynelfe :)

PS2: Les personnes auxquelles je n'ai pas répondu par mp au début de la fic, c'est juste que je ne trouvais pas le bouton... et que là... bah, c'est un peu trop tard...

Bisous!