Chapitre 16 : … que la raison ignore.

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Pour la deuxième fois en moins de deux jours, Alicia se retrouve face aux membres du conseil, un frisson d'appréhension lui parcourt le dos et sans la remarque de son père elle serait probablement partie en courant se cacher très loin dans la forêt dans un endroit où personne de serait venu la trouver.

Gorjman se trouve au centre de la pièce, on l'a dépouillé de toutes ses armes et deux tueurs l'entourent, il n'est cependant pas attaché. Dès qu'il la voit, il lui lance un regard noir et déstabilisant. La jeune fille se force à respirer normalement et à paraître assurée. La séance a déjà commencé depuis une dizaine de minutes par un bref résumer de la situation qu'un vampire aux cheveux bruns ébouriffés et aux yeux noisette fait irruption d'un pas nonchalant dans la pièce en s'exclamant bruyamment :

« _ Vous auriez tout de même pu me prévenir que le conseil était avancé de quelques heures !

_ Seigneur Olek… Soupire Coloman. Je ne crois pas que vous aillez été convié à notre réunion.

_ Comment ça ? Bien sur que je suis invité à votre rassemblement de bureaucrates ! Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous laisser impressionner ma nièce sans réagir ! Clame-t-il avec insolence.

_ Manquait plus que lui… Grogne Gorjman.

_ Oh, oui, c'est vrai vous êtes là vous… étrangement vous ne m'aviez pas manqué ! Dit-il avec sarcasme.

_ Olek… va t'asseoir s'il-te-plaît. Soupire Viktor. C'est moi qui ai oublié de te prévenir, et croit moi, ce n'était pas volontaire.

_ Je préfère ça Viktor ! Où en étiez-vous ? Demande le beau-frère de l'aîné.

_ Au début, vous n'avez rien manqué seigneur Olek. Lui répond gentiment Janelle. Et pour répondre à votre prochaine question : Alicia va bien, personne ici ne l'accuse de quoi que ce soit, nous voulons juste entendre sa version des faits. Pour vous qui n'avez pas été présent lors de la dernière séance à laquelle elle a participé, je crois qu'il est bon que vous sachiez qu'elle a eu une altercation avec le seigneur Gorjman ici présent à propos de mon cousin principalement.

_ Je te remercie ma petite Janelle, pour ces précisions. Et pendant que je suis en face de toi, comment va ton frère ? Je ne l'ai pas aperçu.

_ Mon oncle, je ne crois pas que ce soit vraiment le moment. Dit Sonja en levant les yeux aux ciel. Et je crois savoir que Liam est au chevet de son cousin qui est toujours inconscient.

_ Merci Sonja. Peut-on commencer maintenant ? » Demande Viktor dont la voix est teintée d'impatience d'en terminer au plus vite. Le silence se fait dans la salle. « Bien.

_ Résumons. Commence Coloman. Nous avons pu assister à des faits assez inhabituel la nuit dernière. En tout premier lieu, nous avons pu être témoins d'une altercation musclée entre le seigneur Gorjman et un lycan, qui par le plus grand des hasards et le fils de William Corvinius. Il serait bien de connaître les causes exactes de celle-ci, car je crois qu'elles sont plutôt floues. Ensuite nous avons pu voir une véritable armée d'humains et de loup-garous à nos portes. La question que je me pose c'est qui les a amenés ici ? Et le pourquoi me semble assez évident, nous avons sûrement affaire à une tentative de coup d'état heureusement avortée. Celui-ci a d'ailleurs été impossible grâce à l'arrivée d'Alicia sur une monture que l'on peut qualifier d'assez inhabituelle qui a il semblerait aidé le garçon à arrêter les loups. Comment a-t-elle fait ? Ou plutôt comment ont-ils fait ? Après il y a eu les propos quelque peu déroutants du seigneur Gorjman à propos de la demoiselle en question. Sans oublier que le garçon et votre fille, Viktor, semblaient assez proches… enfin le plus impressionnant pour nous reste sans doute la façon dont Manuel, appelons le par son nom, a été mis hors d'état de nuire à l'intégrité du seigneur Gorjman. Je pense que nous sommes tous d'accord là-dessus. Qu'est-ce-que tu as à nous dire Alicia ?

_ Et bien pour commencer, vous devez savoir que j'ai sympathisé avec Manuel, mais vous vous en doutiez sûrement. Il m'a donc raconté la manière dont sa mère est décédée, son grand-père lui ayant expliqué la scène. Il m'a expliqué qu'il avait mordu son agresseur lorsqu'il était bébé et que par conséquent celui-ci serait aisément repérable…

_ Une minute ! La coupe un vampire. Comment ça sympathisé ?

_ Calmez-vous ! Répond vivement Viktor. Alicia l'a fait sur mon ordre, nous en avons déjà parlé,le sujet est clos. Je pense être capable de m'occuper de mes filles ! Continue.

_ J'avais des doutes sur le seigneur Gorjman de par son manque de respect encore plus important que le votre à l'égard de Manuel et aussi à cause de son tic : il se masse tout le temps le bras droit. Il m'avait aussi expliquer les doutes d'Alexander Corvinius concernant l'appartenance au clan d'Amélia de l'assassin d'Ana. Vous vous demandez certainement en quoi ça me concernait ? Et bien, je suis plutôt férue d'histoire et n'ayant jamais connu ma mère je me suis lancée dans des recherches concernant sa famille, et j'ai découvert une page blanche. Tout son passé en tant qu'humaine n'existait pas. Et un jour, j'ai entendu des lycans parler d'elle, j'ai donc écouté. J'ai cru comprendre qu'elle avait perdu sa famille dans des circonstances assez étranges, une attaque de loups suivi d'un incendie constituent la version officielle. Seulement je me suis renseignée de manière plus approfondie et j'ai découvert que l'année du prétendu accident il y avait eu divers accidents du même genre dans la région. Dans certains ouvrages, les mots complots et assassinats revenaient de manière récurrente. J'en ai donc conclu qu'il y avait bien plus que cela. Plus tard en suivant le seigneur Gorjman, car oui, je l'avoue je l'ai bien suivi, j'ai entendu des propos peu avantageux à l'égard de ma mère sortir de la bouche de cet homme. Peu après je suis tombée de mon poste d'observation et entre deux gifles, il m'a avoué qu'il regrettait de ne pas m'avoir tuée à ma naissance. Nous allons dire que cette phrase a confirmé mes soupçons concernant ses intentions peu nobles. Après m'avoir annoncé que je ne sortirai pas vivante de notre entrevue, il m'a confessé ses crimes à savoir les assassinats de trois humains de la même famille à des degrés divers : Ana Corvinius, Auban Corvinius et Jolâmm Corvinius, je pense que vous voyez très bien de qui il s'agit. Il m'a aussi avoué avoir échoué dans sa tentative pour également se débarrasser de ma mère. Ensuite je vous passe le détail de ce que ses hommes avaient prévu de me faire avant qu'il ne me tue. Des loup-garous sont sorti de nulle part et j'ai pu en profiter pour m'enfuir. J'ai rejoint un endroit que je ne saurai pas retrouver et je me suis endormie. À mon réveil, mon oncle et mes cousins étaient à mon chevet.

_ Foutaises ! Elle n'a rien pour le prouver ! Clame un vampire à la mine patibulaire.

_ Détrompez-vous ! J'ai ses souvenirs. Clame Alicia. Et vous savez que bon sang ne saurait mentir.

_ Tu oublies de leur dire comment tu te les ais appropriés ! Ricane Gorjman.

_ Mais comme tout le monde voyons. J'ai bu votre sang. Je vous ai planté une dague dans le pied, vous ne vous en souvenez pas ? Répond-t-elle calmement.

_ Bien voilà qui répond à la question. Termine Viktor.

_ Mais personne ne peut affirmer que cette gosse ne ment pas ! Renchérit le vampire au regard mauvais.

_ Là encore vous vous trompez. J'ai discuté avec Alicia avant de venir et elle a concédé à me laisser voir ses souvenirs. Je peux donc vous assurer que tout ce qu'elle a dit à présent est vrai. Et je ne mentirai pas, vous le savez, même pour les propres enfants. »

Cette intervention de l'aîné plonge la salle dans un silence total. Sonja s'arrête de respirer et ne parvient à reprendre son souffle que lorsqu'Alicia lui dit mentalement qu'il n'a rien vu sur elle et Lucian. Janelle affiche une mine mi-choquée, mi-admirative. Les conseillers sont littéralement bouche bée, Olek affiche un petit sourire triomphant et Gorjman devient encore plus blanc qu'il ne l'est déjà.

« _ Voici qui change tout… murmure Coloman à l'oreille de sa voisine.

_ Je suis donc en mesure de vous expliquer chaque élément s'étant déroulé lors de la précédente nuit. Par quoi voulez-vous commencer ?

_ Père, vous avez vraiment fait cela ? Demande Sonja, qui n'en revient toujours pas.

_ Oui, j'ai jugé que cela pourrait être utile. Et ta sœur a des souvenirs d'une précision remarquable, il ne m'a suffit que de quelques minutes pour comprendre le déroulement des derniers événements. Ne t'inquiète pas, je lui ai demandé avant et je ne l'ai pas vraiment mordue.

_ Bien, du moment qu'elle n'a rien…

_ Je peux donc vous confirmer que le seigneur Gorjman possède une morsure de lycan sur le bras droit et que celle-ci n'a pu être reçue, en raison de sa taille, que par un tout petit enfant. De même nous savons que Manuel ne peut transmettre sa nature et est par conséquent totalement inoffensif aussi bien pour les humains que pour les vampires que la morsure peut tuer. Elle est accompagnée d'une brûlure et je sais également de qui elle est le fait. Car j'ai très bien connu cette personne, pour preuve, nos deux filles sous vos yeux. Vous n'êtes pas sans savoir, qu'humaine, Ilona pouvait de façon qui m'est encore aujourd'hui inconnue, rendre incandescent n'importe quel métal et qu'elle était même capable de brûler au besoin un éventuel agresseur.

_ En effet, votre épouse était une femme pleine de ressources étonnantes ! Un peu trop d'ailleurs… Se permet un autre vampire à côté de Coloman.

_ Je pense que vous pouvez regarder le bras de cet homme, vous y verrez très certainement les preuves de ses diverses entreprises. Quand au loup accompagnant Alicia, il a été envoyé par le garçon, sous mes ordres également. Ce môme est on ne plus fidèle à nous, et il n'a pas hésité une seconde lorsque je lui ai demandé de retrouver ma fille.

_ Hum c'est surtout car il est totalement sous son charme oui… lance Gorjman en arquant un sourcil moqueur.

_ Ne me croyez pas naïf ! Je sais très bien cela, seulement le garçon connaît la sentence pour ce genre de pensées, vous pouvez me croire, je doute qu'il tente quoi que ce soit et si cela peut permettre qu'Alicia soit protégée des loup-garous, c'est plutôt un avantage. Je travaille sur ce projet, le fils de William pourrait sûrement à lui seul protéger plusieurs de nos tueurs.

_ Elle a aidé le gamin à arrêter les loups ! Ne me dites pas que vous trouvez ça normal ! Elle l'a aidé, ils forment une équipe ! Insiste le traître qui commence à se dire qu'il aurait mieux valu qu'il abandonne son projet.

_ Une équipe qui gagne visiblement. Dit pensivement Janelle.

_ Je suis assez d'accord avec vous, demoiselle. Dit Coloman, déjà parti échafauder des plans de bataille. Ces deux enfants ont empêché un affrontement qui aurait était en notre défaveur. La façon dont ils l'ont fait est certes inédite mais après tout, pourquoi pas… Ilona avait déjà réussi ce genre d'exploit, Alicia est sa fille, ça ne m'étonne pas plus que cela. Et il était avéré qu'elle pouvait communiquer avec les loups. Cette jeune fille peut sans aucun doute faire de même, c'est fascinant ! »

Un hoquet se fait entendre, Sonja n'était pas vraiment au courant de ce fait sur sa mère. Elle se tourne vers Viktor avec un air ahuri. Puis elle se tourne vers Alicia, elle ouvre la bouche et réussi à articuler :

« _ Pourquoi n'ai-je jamais entendu parler de cela ?

_ Tu devrais le savoir. Répond durement Viktor. Tu as seulement choisi de l'ignorer. Ta mère a prévu la majorité des attaques de loups des 200 dernières années, c'est pourquoi nous n'en avons jamais perdu une. Seul Markus, Amélia et moi-même étions au courant avant la naissance de ta sœur. C'est uniquement après que j'ai mis le conseil au parfum. Si tu nous honorais plus souvent de ta présence ça ne t'aurait pas échappé. » La jeune femme blêmit, Janelle lui porte un regard compatissant : Et encore si elle savait la suite…

Mieux vaut éviter. Répond Alicia. Je ne pense pas qu'elle soit prête à entendre ce genre de choses.

« _ Vous… vous le saviez ? Tremble Gorjman.

_ Bien sur que je le savais ! Nous étions mariés ! Je me suis chargé moi même de sa transformation lorsqu'elle avait 14 ans ! Nous n'avions pas de secret l'un pour l'autre ! Pendant des années j'ai su que quelqu'un avait attenté à sa vie et avais tué sa famille ! J'appréciais énormément le père d'Ilona, si j'avais su plus tôt que vous étiez l'auteur de ce carnage, vous ne seriez plus de ce monde ! Elle m'a décrit la scène des centaines de fois, elle faisait des cauchemars horribles de cette nuit là, où vous avez égorgé son frère jumeau sous ses yeux ! Vous avez exécuté Auban Corvinius comme le pire des criminel, c'était un homme droit, une homme juste, un homme que Markus et moi estimions beaucoup ! Et c'était un descendant direct du troisième fils Corvinius, il avait 150 ans lors de sa mort, sombre crétin ! C'était un immortel, tout comme ces enfants l'étaient eux aussi. Sa famille nous rendait d'innombrables services depuis des siècles ! Vous avez massacré un enfant de 9 ans cette nuit là, un enfant ! Et vous l'avez fait pendant que sa sœur vous suppliait ! Pendant qu'elle pleurait, qu'elle hurlait…

_ Viktor, calmez-vous. Murmure Olek. Je sais ce que vous ressentez, j'y étais cette nuit là, c'est moi qui ait emmené Ilona hors du château. C'est après qu'elle s'en enfuit dans la forêt et que vous avez retrouvé son pendentif… Auban était un père pour moi, et Jolâmm un petit frère.

_ Je n'ai aucune envie de me calmer. Si j'ai laissé Manuel agresser ce traître, c'est parce qu'il était légitime qu'il le fasse ! Sa mère est morte asphyxiée par les vapeurs des flammes qui la consumaient vive ! Elle avait 17 ans ! C'était une enfant, une simple enfant et vous l'avez froidement tuée, sans aucun scrupule. C'est pourquoi je ne prévois nulle clémence pour vous ! Vous ne méritez même pas que l'on vous écoute ! Emmenez-le ! Emmenez-le loin !

_ Viktor… Commence Janelle.

_ Si j'avais su que vous chercheriez à faire accuser Alicia et Manuel de choses qu'ils n'ont pas faites, je vous aurez laissé vous faire massacrer par le garçon ! Ce ne sont que les victimes de vos actes ! Vous pensiez vous en tirer à bon compte en envoyant les humains sur nous ? Vous croyez peut-être que je suis si stupide ? J'ai envoyé Janelle au village le plus proche il y a quelques jours, elle m'a raconté ce qu'elle a vu, je ne l'ai pas crue et croyez moi, je regrette.

_ Viktor ! Hurle Janelle, d'habitude si posée. Regarde moi ! Crie-t-elle en posant ses mains sur les épaules du vieux vampire. Regarde-moi. T'énerver ne sert à rien, Ilona ne voudrait pas te voir dans cet état. Reprend-toi. C'est fini, Viktor, c'est terminé, le cauchemar s'arrête, il va payer pour ce qu'il a fait. Je sais ce qu'il t'a fait enduré, je sais ce que ça fait de perdre quelqu'un à qui on tient autant. Je sais ce que ça fait de partager les cauchemars les plus abominables de quelqu'un qu'on aime. Mais te mettre dans cet état ne sert à rien. Tu n'as plus à avoir peur, Alicia ne craint rien, elle est là, avec toi, en face de toi. Je sais ce que tu as traversé ces dernières années, je sais que tu te sens coupable vis à vis d'Alicia, mais je t'assure qu'elle ne t'en veut pas, elle t'aime Viktor, tu es son père et elle n'a pas besoin de te voir comme ça. C'est ce qu'il veut, te détruire comme il a cherché à le faire avec Ilona, ne lui donne pas ce plaisir, tu es plus fort que ça. »

Ce passage au tutoiement plonge la salle dans un silence complet. À cet instant précis, c'est comme si Amélia s'était trouvée dans la pièce à la place de sa fille. L'aîné toise la métisse avec étonnement puis prudemment retire ses mains des ses épaules et les serre brièvement dans les siennes.

« _ Merci… pour tout ce que tu as fait, tout ce que tu fais et tout ce que tu feras pour mes filles. La jeune femme acquiesce et se recule en s'inclinant rapidement. Emmenez-le. »

Son ordre est sans appel. La séance est purement et simplement close. L'hybride finit le discours de Viktor à sa place : « Le débat est clos, je pense qu'il y a suffisamment de faits pour incriminer le seigneur Gorjman, il n'y a rien à ajouter. Vous êtes accusé de trahison, tentative de coup d'état, assassinat de trois humains et tentative de meurtre sur deux membres de la famille d'un aîné. La sentence pour ces crimes est la peine capitale. Si personne n'a d'élément à ajouter, la séance est levée et la condamnation est effective. L'exécution aura lieu au lever du jour ». Les conseillers, encore sous le choc de ce qui vient de se passer restent muets, ce n'est pas tous les jours que Viktor manque à ce point de contrôle, à vrai dire, étant donné l'état de leur chef, les vampires ne doutent pas une seule seconde de la véracité de ses propos.

Janelle invite Sonja complètement déboussolée à raccompagner Alicia dehors. Elle s'approche de Viktor et murmure :

_ « Excusez-moi, je vous ai manqué de respect, j'avais vraiment peur en vous voyant comme cela, et je ne suis pas aussi douée qu'Ilona pour vous comprendre…

_ Non, tu as été parfaite, tu as fait ce qu'il fallait. Merci encore.

_ Je sais ce qu'elle va vous montrer. Dit-elle avec un sourire. Elle s'y entraîne depuis un moment.

_ Comment ? S'étonne-t-il.

_ Un conseil, profitez bien. Continue-t-elle toujours en souriant. Allez vous reposer, Sonja peut prendre votre place pour l'exécution.

_ Non, toi, va-y, je te fais confiance. Et je préfère que Sonja reste avec sa sœur. Après ce qu'elle a appris elle a de quoi être troublée.

_ C'est entendu. Entre-nous, elle s'en doutait un peu, mais l'entendre par vous, c'est totalement différent.

_ Va voir ton frère.

_ Pardon ?

_ Va lui annoncer la bonne nouvelle. Va le voir et dit à ton cousin que justice est faite. Qui sait, cela le réveillera peut-être…

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Sonja observe distraitement sa sœur en train de lire. Elles n'ont presque pas quitté leurs chambres depuis le jugement de Gorjman, et Alicia n'a presque pas parlé. La jeune femme se doute qu'elle doit être inquiète pour Manuel, mais cela la trouble qu'elle ne dise rien, elle qui est d'habitude si bavarde avec elle… Janelle passe tout son temps, soit avec elles, soit au chevet de Manuel, soit au conseil, on peut dire que l'hybride est sur plusieurs fronts à la fois. Viktor lui parle beaucoup plus que d'ordinaire et lui confie des missions de confiances, ce qui étonne Sonja. Il semble aussi attendre quelque chose avec impatience, mais elle ignore totalement quoi, aujourd'hui encore plus que les jours précédents, Viktor est énigmatique et serre presque frénétiquement son alliance, au bout d'une chaînette autour de son cou, dans sa main. Ils n'ont pas reparlé d'Ilona, non pas que l'aîné ait refusé, mais plutôt parce que sa fille lui en veut de ne pas l'avoir mis au courant plus tôt.

Alicia soupire, referme son livre, soupire de nouveau, en choisit un autre, l'ouvre, regarde par la fenêtre et commence à le lire en soupirant encore. C'est le sixième livre qu'elle termine aujourd'hui et sa grande-sœur se dit qu'à ce rythme, Tanis va devoir faire de nouvelles acquisitions.

« _Va le voir. Dit-elle pour rompre le silence.

_ Je n'ai pas le droit. Répond l'adolescente plongée dans sa lecture.

_ On s'en moque. Tu en meurs d'envie, va le voir.

_ Le conseil ne s'en moque pas.

_ Depuis quand ça t'inquiète ce que le conseil autorise ou pas ?

_ Depuis que la vie de Manuel est entre leurs mains figure-toi !

_ Va y de jour, ils ne le sauront pas.

_ Tu as conscience que tu me pousses à transgresser les règles ?

_ Entièrement, mais entre-nous Alicia tu les transgresses déjà depuis un moment. Va le voir ! Tu m'agaces à tourner en rond tout le temps !

_ Qui te dit qu'il a envie de me voir ? C'est de ma faute s'il est inconscient, c'est moi qui l'ai blessé ! S'énerve la jeune vampire.

_ Ah oui, c'est vrai ! Raille Sonja. Et d'ailleurs c'est par ta faute qu'il est toujours en vie ! Et je t'assure que quoique tu fasses, il voudra toujours bien de toi…

_ Qu'est-ce-qui te fait dire ça ? S'étonne Alicia.

_ Tu dois être la seule à ne pas le voir je pense… soupire la guerrière. Il t'aime espèce d'andouille !

_ C'est normal on est amis. Rétorque-t-elle.

_ Je sais bien, seulement, il t'aime plus que ça. Tu as du le voir pourtant… à moins que tu fasses exprès de l'ignorer.

_ Il n'a pas le droit, c'est interdit. On a pas le droit de s'aimer, point.

_ Ça ne se contrôle pas ! S'exclame Sonja. Tu ne peux pas choisir de tomber amoureux ou non ! Dans quel monde vis-tu ? Rit-elle.

_ C'est sur, tu y connais quelque chose dans ce domaine ! Se moque la jeune fille.

_ Hum… N'essaye pas de changer de sujet. Ne me dis pas, que tu ne ressens rien du tout pour lui ? Bah, tu peux toujours le dire, mais ça ne changera pas ce que je pense.

_ Je ne sais pas ce que je ressens ! Ça te va comme réponse ?! Et puis de toute manière je ne sais même pas comment on sait qu'on est amoureux de quelqu'un !

_ C'est adorable la manière dont tu rougis ! Vraiment mignon !

_ Arrête de te moquer de moi ! Je ne te parle jamais de ce que tu fais avec l'autre escogriffe !

_ On a pas le même age ! Mais je peux te dire que lorsque j'avais 14 ans, j'étais beaucoup moins timide que toi. Tu tiens vraiment plus de maman que moi…

_ Comment ça ? Demande Alicia en arquant un sourcil ?

_ Et bien Janelle m'a raconté que nos parents étaient de vrais coincés dans les premiers temps de leur relation. Et tu sais, je ne les ai quasiment jamais vu s'embrasser ou échanger d'autres marques d'affection en public, ils étaient vraiment très discrets. Mais on pouvait lire dans leurs yeux qu'ils n'hésiteraient pas à mourir l'un pour l'autre. Je crois savoir que notre père n'avait jamais eu de vraie relation avant de la rencontrer, et maman était assez 'sauvage', elle n'arrivait pas à accorder vraiment sa confiance, elle était sur ses gardes, elle avait peur, enfin il faut dire que lorsqu'ils se sont rencontrés, elle avait juste ton age, et tu fais l'expérience aujourd'hui de la complexité des sentiments que l'on ressent à cet age !

_ Sonja, c'est vrai qu'elle n'avait que 17 ans lorsqu'elle est tombée enceinte de toi ?

_ Oui. Mais croit moi, elle a toujours été une maman extraordinaire. Elle m'a toujours témoigné beaucoup d'amour. Malgré son jeune age et son passé qui semblait toujours peser sur ses épaules, je n'ai jamais manqué de rien. J'étais heureuse, elle me comprenait, je pouvait tout lui dire, lui raconter tous mes rêves et mes cauchemars elle ne me jugeait pas, ne me faisait pas la morale. Elle n'avait pas besoin de me gronder, je connaissais les limites à ne pas franchir avec elle. Et je me suis éloignée d'elle alors qu'elle avait besoin de moi, je le sentais… mais j'ai été égoïste, je passais tout mon temps dehors ou avec Lucian, je ne lui parlais presque plus. Elle venait constamment me voir pour discuter mais je l'ignorais. Je voyais qu'elle ne se sentait pas bien, mais je n'en tenais pas compte. Lorsqu'elle est tombé enceinte, je lui ai vraiment dit des choses très dures… tu ne peux pas savoir à quel point je regrette, parce que le dernier souvenir qu'elle a eu de moi, c'est une dispute, et la dernière fois que je l'ai vue avant qu'elle n'accouche, je l'ai quittée en pleurs. Je voudrais tellement lui dire que je l'aime, que je regrette, qu'elle a toujours été une maman merveilleuse, mais c'est trop tard… elle essuie une larme qui perle au coin d'un de ses yeux. Alicia, nous n'avons qu'une seule vie, l'éternité ne dure qu'un temps, ne t'égare pas et dit aux personnes qui comptent pour toi que tu les aimes avant qu'il ne soit trop tard. »

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Viktor tente vainement de contrôler sa respiration, une fois n'est pas coutume, il ne s'est pas éternisé dans la salle du conseil, trop impatient de retrouver Ilona. Il est parti à cheval, après tout, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver. Il longe les longues falaises rocheuses qui bordent le château de Markus et arrive au lieu de rendez-vous, la louve est déjà là, face au lac à admirer les tous derniers rayons du soleil miroiter à sa surface. En sentant l'arrivée du vampire, elle se tourne vers lui et l'invite silencieusement à la rejoindre. Viktor s'approche d'elle et s'assoit à ses côtés, Ilona pose sa tête sur ses genoux, son mari a pendant un instant un mouvement de recul, puis ses mains trouvent naturellement leur chemin jusqu'à l'encolure de l'animal.

Ferme les yeux Viktor. Demande-t-elle doucement.

L'aîné s'exécute sans broncher. S'il y a bien quelque chose qu'il a appris en vivant avec Ilona, c'est bien à se fier à elle. Ses mains sont toujours dans le pelage de la louve lorsqu'il sent une étrange force en œuvre, un frisson le parcourt, mais la voie mentale rassurante de son épouse le pousse à garder les paupières closes. Soudain, il ne sent plus la pression exercée par la tête d'Ilona sur ses genoux, il est prêt à parler lorsque qu'une main s'empare des siennes et qu'une autre effleure sa joue, il se laisse à penser qu'il est en train de faire le plus merveilleux des rêves lorsque des lèvres qu'il connaît par cœur se posent sur les siennes. Sous le coup de la surprise, il se laisse embrasser sans bouger, quelque chose se réchauffe en lui et il se permet de ne penser à rien d'autre qu'à ce qu'il est en train de vivre. Les lèvres se posent de nouveau sur les siennes et cette fois-ci il répond avec le plus d'amour possible au baiser.

« _ Je suis en train de rêver, c'est impossible autrement…

_ Ouvre les yeux si tu tiens vraiment à savoir si ce qui se passe est réel. » Murmure la voie à son oreille en lui frôlant le visage de ses cheveux.

Le vampire tremble en entendant cette voie qu'il ne pensait ne jamais plus entendre ailleurs que dans ses souvenirs. Il se décide finalement à soulever ses paupières. La jeune femme qui se tient devant lui, totalement dénudée, avec un petit sourire gêné possède des cheveux aussi noirs que l'ébène et une peau aussi blanche que la neige, elle est d'une beauté à couper le souffle à n'importe quel homme mortel ou immortel. Ses yeux, couleur des feuilles d'automne, gardent encore quelques secondes une légère teinte émeraude avant de retrouver leur calme habituel. Ilona fixe timidement Viktor, guettant sa réaction, leurs visages ne sont toujours qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et l'aîné peut sentir la chaleur qui émane du corps de sa femme, car il en est certain, ce qu'il vit est on ne peut plus réel. La jeune femme se met à grelotter et le vampire se rend pleinement compte qu'elle ne porte aucun vêtement, il retire son manteau et en habille la fille d'Auban. Elle le remercie en l'embrassant sur la joue et Viktor n'y tenant plus la serre dans ses bras, Ilona rassurée se laisse aller dans cette étreinte attendue depuis quatorze ans. Ils restent un moment sans bouger, l'un contre l'autre hors de la réalité quotidienne avant que le vampire n'y tenant plus se lève en la portant dans ses bras dans la direction du château.

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Alicia, profitant du fait que Sonja est partie voir Lucian, se décide à suivre ses conseils. Elle sort du lit et enfile rapidement un pantalon en plus de sa tunique qu'elle a gardé pour dormir. Elle ne s'embarrasse pas d'autres vêtements et prend la directions des passages dont elle seule connaît le secret. Elle est presque arrivée à destination lorsqu'elle aperçoit une scène qui la fige de stupeur : en contre-bas de l'endroit où elle se trouve, son père accompagné d'une jeune femme magnifique, se dirige vers l'une des nombreuses portes normalement condamnées du château. La surprise laisse la place à un bonheur des plus purs et violents, ne réfléchissant pas, elle saute de son perchoir et se rue vers la femme qui en se retournant vers elle, lui a adressé un sourire. Elle ne peut retenir un cri de joie en se jetant dans les bras de sa mère sous le regard comblé de Viktor. Ilona éclate en sanglots en même temps que sa fille en la serrant de toutes ses forces contre elle. Au bout de quelques longues minutes, la jeune vampire parvient à se calmer et en regardant ses parents, lance malicieusement :

Je viendrai vous voir toute à l'heure, lorsque vous aurez fini de vous retrouver ! Essayez d'être discrets, sinon, vous vous chargerez vous-même d'expliquer comme les morts sont vivant chez les Corvinius !

Ilona concède à lâcher sa fille pour prendre la main de Viktor qui l'attire à sa suite dans l'escalier pour rejoindre le château et ses appartements. La jeune femme adresse un dernier sourire à son enfant avant que la porte ne se referme sur elle.

Alicia rejoint prudemment l'endroit où Manuel est toujours étendu, inconscient. Silencieusement elle se glisse contre lui et pose sa tête contre sa poitrine avant de sombrer dans les bras de Morphée.

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Lorsque Viktor ouvre les yeux, après de longues minutes à serrer la femme qu'il aime le plus au monde contre lui, il rencontre ceux de celle-ci qui l'observent. Il prend son courage à deux mains et pose la question qui le tracasse :

« _ Combien de temps ?

_ Une journée… soupire-t-elle. Je suis navrée, c'est le mieux que je peux faire pour le moment.

_ C'est déjà tellement plus que ce que j'avais pu espérer. » Murmure l'aîné.

Il resserre son étreinte sur son épouse et la pose sur sa poitrine, ses mains glissent le long de son dos, sculptant les formes d'Ilona qui rougit en repensant à leurs récentes embrassades plutôt passionnées. Le vampire sourit en voyant qu'elle cache son visage dans son torse, elle a toujours été vraiment très réservée et timide en amour, même lorsqu'ils ne sont que tous les deux. Ses doigts remontent lentement le long de sa colonne vertébrale et s'arrêtent dans sa nuque, il joue un instant avec la chaînette en argent qui ne quitte jamais sa femme depuis des années, au bout de celle-ci se trouve son alliance, seul vestige de sa vie passée lorsqu'elle est sous forme de loup. Il finit par glisser de nouveau naturellement ses mains dans le dos de sa femme qui se cache toujours contre lui. D'un mouvement de hanche, il la fait basculer sur le côté afin d'être en face d'elle, leurs regards se croisent et Viktor embrasse tendrement Ilona, cette dernière répond à ses avances comme si sa vie même en dépendait et lorsqu'ils rompent d'un commun accord le baiser, elle murmure hésitante à l'oreille de son époux :

« _ Et maintenant ? »

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Alicia sort lentement de la torpeur dans laquelle elle se trouve, elle est toujours allongée contre Manuel et le garçon ne semble pas avoir bougé. Elle se permet de le contempler, ses cheveux sombres en bataille encadrent son visage déjà sérieux comme celui d'un adulte mais possédant encore quelques rondeurs de l'enfance. Son air malheureux lui fend le cœur et maladroitement elle pose sa main sur sa joue à la teinte légèrement dorée par toutes ses journées passées en sa compagnie au soleil. Elle repense à ce que lui a dit Sonja, ce que lui a dit Viktor et ce qu'a insinué Gorjman. Ils ont tous les trois raison après tout, c'est vrai que Manuel ne me laisse pas indifférente, c'est vrai que lui-même m'aime beaucoup… mais il ne doit pas le savoir, s'il s'en va, ce qui serait mieux pour lui, je ne veux pas qu'il le sache. Mais cela me gène de ne pas être honnête avec lui, bien sur, lui aussi me ment parfois pour me protéger… mais j'ai besoin de lui dire.

La jeune fille se penche vers lui et l'embrasse sur le front. Non, je ne suis pas capable de lui dire de vive voie, pas après ce que j'ai fait… je ne sais même pas s'il voudra bien encore de moi alors que je lui ai fait du mal en m'immisçant de la sorte dans son esprit. Bon tant pis, je me lance, personne n'est dans le coin, si je dis n'importe quoi, personne ne le saura... Courage ma vieille.

« _ Je suis désolée pour ta mère, je comprends maintenant ce que tu peux ressentir. Mais ce n'est pas de ta faute, tu ne pouvais rien y changer, personne ne pouvait y changer quoique ce soit. Le monstre qui a fait ça ne pourra plus faire de mal à qui que ce soit, et ce, grâce à toi. C'est grâce à toi qu'il a été arrêté, et c'est grâce à toi que personne n'a été blessé. Et j'ai une vraie dette envers toi maintenant, tu m'as sauvé la vie, j'étais paralysée, j'avais peur, j'étais incapable d'appeler à l'aide et tu as envoyé les loups me chercher. Dès que j'ai su ce que Gorjman voulait faire, je n'ai pas cessé de m'inquiéter pour toi, tu ne peux pas imaginer le soulagement que j'ai ressenti en te voyant à mon arrivée au château. C'est vrai que tu m'as fait peur lorsque tu étais en colère, mais je savais que tu réussirais, tu es le fils de William, pas William en personne, je sais que tu n'aurais jamais fait de mal à tous ces gens. Et même si tu avais laissé le loup prendre le dessus, je t'aurai empêcher de le faire, parce que je m'en serai voulue s'il t'était arrivé quelque chose… La vérité c'est que pendant tout le trajet je n'ai pensé qu'à toi, et ça continue depuis, je n'arrive pas à dormir parce que tu es tout le temps dans mes pensées. Je cherche un moyen pour t'aider, mais je ne le trouve pas, parce que moi-même j'ai besoin d'aide pour comprendre où j'en suis. Ma mère m'a dit l'autre jour qu'elle pouvait reprendre forme humaine les jours et nuits et nouvelle lune, j'ignore ce que ça signifie, je ne sais pas si elle pourra revenir avec nous un jour, mais ce dont je suis sure c'est qu'elle t'aime comme un fils. Le seul problème c'est que je ne t'aime pas comme un frère… mais bien plus que cela… je ne sais pas si je réussirai à te le dire un jour de vive voie mais je tiens beaucoup à toi Manuel, en vérité, je n'imagine pas notre monde sans ta présence, je me sens perdue depuis que je ne t'entends plus. Tu as réussi à rendre la nuit aussi claire qu'une journée d'été, tu as réussi à me faire espérer quelque chose de la vie. S'il-te-plaît, ne me laisse pas… ne me laisse pas toute seule dans les ténèbres, j'ai besoin de toi pour tenir, j'ai besoin de toi pour vivre. Et la vérité, c'est que je pensais ne jamais pouvoir ressentir une telle chose pour quelqu'un, un sentiment aussi intense, je m'étais en fait jurée de ne pas le ressentir, sauf qu'il est des choses contre lesquelles on ne peut lutter… et aujourd'hui j'abandonne la bataille… je t'aime Manuel. »

Elle se laisse tomber contre lui en serrant une des ses mains dans la sienne. Des larmes coulent sur ses joues pendant qu'elle lui demande une nouvelle fois de se réveiller. Elle pense à retourner dans sa chambre lorsqu'elle sent une main lui caresser les cheveux. Elle se redresse surprise et ses yeux rouges d'avoir pleuré se fixent dans ceux ensommeillés du garçon. Il se redresse doucement pour se trouver en face d'elle, lentement il avance ses doigts vers sa joue et essuie avec précaution les larmes qui y coulent. Alicia pose sa main, sur la sienne qui la touche et Manuel l'attire à lui. Ils restent une longue minute, leurs visages proches l'un de l'autre avant de fermer de concert les yeux. Alicia sent le souffle chaud de Manuel dans son cou et sur son visage, son cœur bat à tout rompre, une vive appréhension s'empare d'elle mais s'envole dès que leurs lèvres se rencontrent…

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Je reconnais que je ne suis pas très douée pour ce genre de scènes sensées être plutôt romantiques, mais j'avais envie d'en mettre deux car ça m'arrive de laisser un peu de répit aux personnages que j'utilise^^

En espérant que ça vous ait quand même plut...

PS: je cherche quelqu'un pour me relire ( j'oublie souvent des mots et je fais des fautes d'étourderie parfois monstrueuses ), si l'un d'entre vous a le temps pour ça, n'hésitez pas à m'envoyer un MP :)