Notes : Et voici la suite du chapitre 1 ! Je tenais à dire que pour la personnalité de Ryoga, je me réfère exclusivement au manga et du peu qu'on a pu en voir. Cela va paraître étonnant, mais… je déteste le Ryoga du film ! Je le trouve bête (pas taper) alors que la version du manga NPoT par Konomi-sensei m'a déjà l'air plus correct. En tout cas, il a l'air moins idiot et moins agaçant. (je vais me mettre définitivement à dos les fans de Ryoga, pardon xD) Et on ne va pas se mentir, mais il ressemble déjà plus à un lycéen qu'à un collégien ! (enfin, si on prend les standards de PoT : collégien dans PoT = lycéen, lycéen dans PoT = étudiant, voire trentenaire – désolée Byoudouin, mais là, t'aurais dû garder ton apparence de première année de lycéen, trop, c'est trop) Voilà, je tenais à apporter cette précision pour que vous compreniez un peu mieux mon exploitation du personnage.
Bonne lecture !
Chapitre 1 : Frères, partie 2
Dans la salle de bains de la maison Echizen, un garçon semblait largement apprécier le bain dont il profitait pleinement. L'eau était délicieusement chaude, comme on pouvait le deviner au sourire satisfait qui se dessinait sur le visage de Ryoga. Il avait attendu en cachette que tout le monde s'en aille pour se faufiler dans la salle de bains et préparer un bain relaxant. Cela faisait des jours qu'il cavalait avec ses copains, il avait bien le droit à un peu de détente ! L'odeur du savon lui picotait agréablement les narines, ce qui le détendit.
Croquant sans retenue dans son orange sans même l'avoir pelé – sa marque de fabrique -, il se souvint d'un seul coup qu'il était étrange que Ryoma soit parti tout seul dehors, alors qu'il n'avait jamais mis un pied en-dehors de la résidence depuis quelques temps déjà, et particulièrement sans lui. Peut-être avait-il enfin décidé d'aller se trouver d'autres compagnons de jeux ?
Il se rappela aussi qu'il devait normalement rejoindre ses amis au skate park. Cela lui était complètement sorti de la tête. Il décida de les rejoindre directement là-bas plus tard.
Une fois son bain terminé, il n'oublia pas d'effacer les traces de son passage et s'habilla en vitesse. Il sortit et se mit à courir vers le skate park à quelques rues de la maison. Arrivé au parc, il eut la surprise de ne voir aucun de ses amis présents sur les lieux. Le parc n'était pas bien grand, avec quelques aménagements pour faire des figures, quelques arbres et deux bancs. Perdre quelqu'un ici s'avérait difficile. Confus, Ryoga se décida à aller les chercher dans leurs endroits habituels. Il alla d'abord du côté de la place de marché pour voir s'ils ne manigançaient pas quelque chose. Mais il n'y trouva personne. Suivant son instinct, il se décida pour la plage.
La plage était vaste mais l'horizon permettait d'apercevoir les gens assez facilement. Il les repéra vite à quelques centaines de mètres, rassemblés autour d'un palmier. Il se demanda ce qu'ils pouvaient bien tous fabriquer autour d'un arbre... Il allait les saluer de loin quand il vit enfin quelque chose qui le fit se raviser immédiatement.
Un de ses amis s'était légèrement écarté, lui permettant ainsi d'apercevoir son petit frère, attaché autour du palmier, sa casquette fétiche au sol. Son visage était plein de terre et de sable, et à en juger par les rires gras qu'il entendait, la mauvaise blague allait bientôt passer à la vitesse supérieure. Il ne loupa pas les larmes de Ryoma qui étaient plus qu'évidentes. Il s'étonna de ne pas le voir réagir : après tout, Ryoma était orgueilleux et n'avait pas la langue dans sa poche quand il s'agissait de provoquer quelqu'un qui voulait l'emmerder. C'était louche. Définitivement louche.
Ryoga vit Kevin s'avancer vers son petit frère et lui ébouriffer les cheveux :
- Alors, Chibisuke, prêt à relever l'épreuve suivante ?
Il n'en fallut pas plus à Ryoga pour y voir rouge. D'où ce gros porc se permettait-il de traiter son frère ainsi – et qui plus est, de l'appeler par ce surnom que seul lui avait le droit d'utiliser ? Et c'était quoi cette fameuse « épreuve » ? Rien de bon à en tirer pour le peu qu'il en avait vu jusqu'à maintenant et c'était bien assez. Il finit par s'avancer vers eux, déterminé à faire cesser cette farce.
L'un d'eux finit par le remarquer le dénommé Josh l'aperçut et eut l'air passablement inquiet. Celui-ci n'était pas pour ce bizutage dès le début et ce qu'il craignait arriva. Les autres finirent par remarquer son trouble et virent Ryoga se tenir à quelques mètres d'eux, les poings serrés. Kevin, qui tapotait jusque-là la tête de Ryoma d'un air fier de lui, pâlit considérablement. En effet, il ne faisait aucun doute que ça allait barder pour eux. La lueur vibrante de colère dans les yeux de Ryoga ne laissait place à aucune ambiguïté sur la suite des évènements. Ryoma, quant à lui, avait aussi vu son frère mais n'osait rien dire. Il se contenta de baisser la tête par honte. Il ne s'en doutait pas, mais sa réaction soumise finit de mettre définitivement Ryoga dans une rage folle.
- Hey, commença Kevin d'un air hésitant. Ça roule, Ryoga ?
- Salut les gars, se contenta-t-il simplement de répondre le plus normalement possible, même si son visage trahissait la colère qui l'animait. Je peux savoir ce que vous comptiez faire à mon petit frère ?
Des déglutitions se firent entendre. Aucun ne souhaitait répondre de peur de s'attirer ses foudres. Dans leur groupe, Ryoga avait clairement de l'influence grâce à son caractère optimiste et son charisme. Il faisait un peu état de leader, ce qui n'avait pas plu à Kevin et Josh, qui étaient jusque-là plutôt dominants. Si Josh n'était pas stupide et avait bien cerné qu'il valait mieux pour lui être de son côté plutôt que l'inverse, ce n'était pas le cas du blond. Les autres ne savaient pas quoi faire, étant donné qu'il n'avait jamais vu Ryoga autant en colère. Ils avaient l'habitude de voir leur copain faire des blagues et rigoler à tout, et pas à se mettre en colère pour… ça.
De plus, il ne payait pas de mine, mais il devait sûrement être un adversaire redoutable en bagarre, comme l'attestait les muscles qui commençaient à sculpter son corps à son jeune âge. Mais Kevin était téméraire et pensait que son physique imposant suffisait à en mettre plein la vue et à dissuader les petits malins de trop le chercher sous peine de se prendre des coups de poing bien placés. Il y avait fort à parier que celui-ci allait finir par craquer sous la pression et c'est ce que Josh redoutait.
Pour le moment, le blond semblait plutôt dans l'optique de calmer les choses, un peu pris au dépourvu.
- Aha, rien du tout, on s'amusait juste un peu avec lui. On fait juste connaissance…
- Et tu attaches souvent les gens avec qui tu fais connaissance à un arbre ? répliqua Ryoga d'un ton sec.
Le silence fut horriblement pesant. Cela n'empêcha pas Ryoga de continuer :
- Et sur son visage, qu'est-ce que c'est ? Ce n'est pas arrivé tout seul que je sache… J'espère que vous avez une très bonne explication, menaça-t-il.
Josh nota le visage grimaçant de Kevin et prédit qu'il allait craquer dans trois… deux… une…
- Roooh, ça va, détends-toi, on faisait juste un petit rituel pour le faire entrer dans la bande, c'est tout ! Pas la peine de réagir comme ça, t'es vraiment pas drôle… Et puis qu'est-ce que t'as à monter sur tes grands chevaux, tu te prends pour qui ? Pour le chef ? rétorqua le blond, sûr de lui et de sa force si ça devait en venir à une bagarre. De toute façon, ton p'tit frère a toujours été nul, se gargarisa-t-il dans le but de l'humilier, c'est le mien qui me l'a dit ! Tout ses camarades le considèrent comme une merde, et…
Cette fois-ci, ni Josh, ni Kevin, ni personne d'autre ne virent arriver ce qui se passa ensuite. Le poing de Ryoga entra en collision avec la joue de Kevin sans que ce dernier n'ait pu réagir. Il finit à terre, sonné. Personne n'osa se déplacer pour voir ce qu'il en était. Aucun n'avait prévu que Ryoga allait perdre son sang-froid aussi vite. Celui-ci fit craquer ses doigts comme si de rien n'était, se tourna vers les autres et les fixa d'un air menaçant :
- Personne ne touche à mon petit frère. Compris ?
Ils ne se le firent pas dire deux fois. Ils s'enfuirent tous, peu désireux de subir le même sort que leur copain étalé par terre. Seul Josh était resté, qui savait bien qu'il s'attirerait plus d'ennuis de la part des adultes s'il n'aidait pas Kevin que de la part de Ryoga. De toute façon, le jeune garçon l'ignorait à présent et s'était attelé à défaire les liens qui retenait son petit frère. Ryoma était resté silencieux pendant l'altercation, ce qui l'inquiétait. Quand il eut fini de le libérer, il le prit par les épaules et dit :
- Hé, Chibisuke, ça va mieux ? C'est fini, tenta-t-il de le rassurer.
Ses traits étaient encore marqués par la colère mais ses yeux et sa voix s'étaient adoucis. Il passa un bout de sa chemise pour essuyer le visage de son petit frère et alla ramasser sa casquette pour la lui remettre. Pendant tout ce temps, Ryoma n'avait pas sorti un mot. Cela eut pour effet de réellement alarmer Ryoga, qui ne comprenait pas ce mutisme prolongé.
- Chibisuke ?
Il n'eut pas à attendre longtemps. Les larmes jaillirent et une longue litanie de pleurs fut la seule réponse qu'il obtint. Il lança un regard noir à Josh, qui haussa les épaules, comme si cela ne le regardait plus. Il devait trouver un adulte qui possédait un portable pour pouvoir alerter les parents de Kevin sur son état actuel. Ryoga avait l'air de s'en contrefoutre, ce que lui fit remarquer le brun :
- Tu vas avoir des ennuis, tu sais…
- Je m'en contrefiche, lui fit savoir Ryoga. Il l'a bien cherché.
- Tes parents risquent de ne pas l'entendre de la même oreille, répliqua-t-il avec une moue dubitative.
Ryoga lui répondit avec son grand rire, prouvant qu'il n'avait ainsi aucun remord.
- Ils peuvent bien me punir, j'ai fait ce que j'avais à faire et je ne regrette rien.
Josh capitula. Les prochains jours à venir n'allaient décidément pas être simples pour la bande… si elle pouvait survivre à ça. Après cela, Kevin et Ryoga n'allaient pas se reparler de sitôt. Aucune excuse ne sera faîte ni d'un côté, ni d'un autre. Quant à ce qui allait arriver à Ryoga, ce n'était plus ses affaires.
Ryoga prit Ryoma par la main, qui était affairé à essuyer ses larmes avec l'autre. Ils firent le chemin ensemble jusqu'à la maison dans un silence complet. Mais son grand frère ne comptait pas en rester là. Il l'amena droit vers la salle de bains afin de lui faire prendre une douche et de le nettoyer. Le plus jeune se laissa faire, visiblement abattu. Pendant qu'il l'aidait à se nettoyer, Ryoga réalisa que Ryoma disait vrai. Il détestait les autres – et les autres lui rendaient la pareille. Il était considéré comme un cas social et était traité comme tel par ses camarades. Il regrettait de lui avoir mis la pression il y a quelques jours à ce sujet alors qu'il était mal à l'aise avec les autres. Ils en étaient donc venus à cet accident. Mais cela n'expliquait pas pourquoi son petit frère restait aussi silencieux…
- Hé, Chibisuke…
Ryoma n'osa pas lever les yeux vers lui et continuait à fixer obstinément la bouteille de shampoing. Ryoga retenta :
- Chibisuke, qu'est-ce qu'ils t'ont dit ? Tu peux tout me dire, c'est terminé maintenant…
Son petit frère se mordit la lèvre inférieure, angoissé. Il finit par articuler :
- Ils… Ils ont dit que… si je faisais comme ils disaient… Je pourrais rester avec eux et… passer du temps avec toi… On ne joue plus ensemble ! finit-il par lâcher, de nouveau en pleurs.
La compréhension éclaira le visage de Ryoga, mais la culpabilité finit vite par la remplacer. C'était donc ça ? Il se sentit soudainement très mal. Il avait négligé de s'occuper de lui, prétextant qu'il devait apprendre à se faire des amis tout seul, mais cela avait visiblement tourné au fiasco. Il aurait déjà dû se douter qu'avant qu'il n'intègre la famille, Ryoma avait déjà dû essayer de se faire des amis que ce n'était pas que de la mauvaise volonté. A voir la crise de larmes dans laquelle se trouvait son petit frère, il n'avait fait que remuer le couteau dans la plaie.
Ryoga passa une main réconfortante dans les cheveux de son petit frère. Il se rendit compte qu'il devait sûrement être le seul avec qui Chibisuke était aussi proche… Il l'avait repoussé sans ménagement et n'avait plus passé de temps avec lui. C'était sûrement pour cela que Ryoma s'était laissé faire par ses copains… Pour avoir une chance de pouvoir se rapprocher à nouveau.
Le blond avait sûrement dû très vite saisir comment s'y prendre, se rendit compte Ryoga. En effet, il avait mentionné à plusieurs reprises que « Chibisuke est tellement collant » et que, par conséquent, il était omniprésent avec eux. Il ne fallait pas être un génie pour savoir comment le manipuler. La colère l'envahit à nouveau. Kevin avait largement mérité le coup de poing qu'il lui avait asséné. Même s'il allait risquer une punition beaucoup plus sévère, il ne s'excuserait pas. Il préférait nettoyer de fond en comble la maison avec une simple brosse à dents plutôt que de devoir s'aplatir devant lui.
De plus, il devait aussi des excuses à Ryoma. Il n'avait pas été correct avec lui ces derniers temps. Il avait vraiment manqué à son rôle de grand-frère…
Ensuite, il laissa Ryoma s'essuyer tout seul et se rhabiller, le temps de réfléchir à la suite des évènements. Nul doute que leurs parents allaient être mis rapidement au courant de la situation. Ryoga n'avait même pas envie de mentir et ne se priverait pas de dénoncer le comportement de Kevin, même s'il était conscient que son coup de poing porterait plus à scandale que le bizutage de Ryoma.
Il fut tiré de ses pensées par une main qui tirait doucement sa chemise. La mine grave et les yeux larmoyants, son petit frère était visiblement déboussolé et avait besoin de réconfort. S'en voulant encore pour ce qu'il venait de se passer, Ryoga le prit dans ses bras et Ryoma s'accrocha à lui comme à une bouée. Plus jamais il ne l'abandonnera comme il l'a fait, se jura-t-il. Ryoma leva la tête vers lui et demanda timidement :
- Nii-chan, tu… Tu m'en veux ?
- Non, non, bien sûr que non, s'empressa-t-il de le rassurer, horrifié que Ryoma ait pu raisonner ainsi. Pardon de t'avoir laissé tout seul. Je te promets que ça n'arrivera plus.
Le plus jeune renifla bruyamment avant de balbutier :
- Pr… Promis ?
- Promis, lui assura Ryoga avec un sourire adorable.
Ryoma hocha la tête, un sourire un peu faiblard remplaçant sa moue pleurnicheuse. Ryoga se doutait bien que Ryoma n'allait pas reprendre du poil de la bête tout de suite. Ils allèrent tout les deux dans la chambre prendre leurs jouets. Ryoma monta sur son lit avec son chat en peluche et semblait plongé dans ses pensées. Ryoga ne lui en tînt pas rigueur après tout ce qu'il venait de se passer. Il s'installa sur sa propre couche et alluma sa console portable. Il ne fallut que quelques minutes avant que Ryoma ne vienne le rejoindre pour le regarder jouer. Il cala sa tête sur son épaule, tout en serrant contre lui son doudou.
Cependant, le calme fut de courte durée. Après le déjeuner, la sonnette se fit entendre. Peu désireux de raccourcir aussi vite son moment de répit, Ryoga préféra rester sagement dans sa chambre. Il entendit des voix, et particulièrement celle de son père, qui paraissait surpris et dont le ton se haussa soudainement, ce qui n'augurait rien de bon. Ryoga déglutit. Il avait beau faire le malin, il n'était pas prêt à vivre sa première vraie engueulade avec lui.
Tout absorbé qu'il était par ses pensées, il ne vit pas approcher Ryoma qui lui prit la main et la serra très fort. Le plus jeune paraissait inquiet pour lui. Etonné par cette soudaine démonstration d'affection, il en fut ému et lui fit un clin d'œil malicieux pour le rassurer. Il ne pouvait pas perdre la face devant lui.
Soudain, la porte s'ouvrit et leur père apparut, manifestement pas content.
- Ryoga, pourrais-tu venir un moment ? J'ai à te parler.
Le jeune garçon fit signe que oui et soupira discrètement. Le moment était venu.
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Le sermon fut assez difficile à encaisser mais il ne s'en était pas aussi mal sorti qu'il ne le pensait. Il n'avait certes pas échappé à la punition mais après avoir expliqué toute l'histoire – ce que Kevin avait opportunément omis -, il avait senti le vent tourner. Son père l'avait forcé à faire des excuses en échange de celles de Kevin à Ryoma. Les parents de celui-ci acceptèrent, mais comme le-dit fils n'était pas présent lors de la confrontation, il savait que cet imbécile ne viendrait jamais de lui-même les faire. Evidemment, ses parents avaient obtenu ce qu'ils voulaient et pour eux, l'affaire était close.
Les deux mois à venir allaient se révéler pénibles, étant chargé de quasiment toutes les tâches ménagères et interdit de sorties en guise de punition. Son père, d'ordinaire un peu laxiste sur ce genre de choses – ou du moins le paraissait-il – n'avait pas lésiné sur sa correction et le tenait à l'œil. Cependant, il avait apprécié qu'il n'ait pas cédé face aux parents de Kevin qui s'attendaient à ce que sa punition soit plus sévère. Ryoga l'avait quand même assommé ! Mais Nanjirou n'avait pas caché avoir été outré par le comportement de l'autre gamin et s'il n'avait pas pu imposer une punition pour celui-ci, les parents de ce dernier avaient promis de lui en toucher deux mots. Promesse en l'air, songea Ryoga, amer.
Un mois passa. La rentrée était largement passée et les deux frères avaient pu se lier avec d'autres enfants de leur âge. Ryoga avait été particulièrement impressionné par Ryoma, qui essayait de faire des efforts pour côtoyer ses camarades. Le plus jeune semblait plus à l'aise dans ses interactions avec les autres, ce qui avait rassuré son grand frère. Cela ne donnerait peut-être rien sur le long terme, mais c'était toujours ça de pris. Après toute cette histoire, il ne pouvait pas espérer mieux.
En-dehors de cela, il était sous constante surveillance de son père, même si celui-ci lui laissait un peu de latitude, plus par flemme que par principe. Le plus surprenant avait été la réaction de Rinko. Au début, Ryoga en avait très vite déduit que la femme de son père serait sûrement la plus stricte et il pensait que cet incident ne ferait pas exception. A sa grande surprise, celle-ci n'avait fait aucune remarque, sans pour autant le défendre. Une fois, il lui était même arrivé de l'interrompre dans une de ses besognes et de l'encourager à aller s'amuser à la place. A la fois ravi et étonné, il n'avait pas demandé son reste et avait filé jouer avec Chibisuke sur le terrain de tennis.
Un jour, alors qu'il accompagnait Rinko pour faire des courses dans un supermarché, il croisa Josh. Il ne l'avait pas revu depuis et n'en avait eu aucune envie. A voir la tête que le brun faisait, le sentiment était réciproque. Ils se toisèrent longuement avant que Josh ne se décida à briser le silence :
- Comment va ton petit frère ?
- Bien, répondit Ryoga laconiquement, bien conscient que cette question n'était qu'une triviale remarque de politesse avant d'enchaîner sur autre chose.
- Toujours puni, je suppose ? Kevin m'a dit que t'étais sûrement en train d'en chier…
- Moins que lui qui doit sûrement encore pisser dans son froque depuis que je lui ai foutu la raclée de sa vie.
Josh ricana.
- J'ai remarqué qu'il évitait votre rue…
- Il a plutôt intérêt, renifla Ryoga, dédaigneux.
- Ton coup de poing était peut-être un peu disproportionné…
- C'est ton avis. Je recommencerai bien si je n'étais pas déjà puni, admit-il avec un sourire arrogant.
Son ancien pote soupira :
- Ca n'en valait vraiment pas la peine, crois-moi. Il y a des manières plus intelligentes de régler ça…
- Hé bien, répondit Ryoga avec froideur, en tant que grand frère, j'ai estimé qu'il l'avait largement mérité.
Josh leva les yeux au ciel. Le coup du frère protecteur, non merci. Il n'eut pas le temps de répondre que sa propre mère l'appela. Il salua Ryoga, qui fit juste un geste de la main. Peu importait son avis, il n'avait aucun remord.
Alors qu'il allait faire demi-tour, il aperçut Rinko au coin du rayon. Elle avait visiblement écouté leur conversation. Ne sachant sur quel pied danser, il s'avança vers elle, incertain. Elle ne le fâcha pas comme il l'avait pensé. Elle lui adressa un sourire qu'elle n'accordait habituellement qu'à Ryoma. Ce sourire tendre, qui illuminait son joli visage et qui réchaufferait le cœur de n'importe quel insensible. Il rougit, ne sachant pas trop s'il le méritait.
- Tiens, dit-elle en lui tendant le panier. Je vais prendre encore quelques oranges et on peut y aller.
Il le prit et la vit partir sans dire un mot. Elle n'avait pas évoqué la discussion qu'elle venait d'intercepter et il en était plutôt soulagé. Ryoga n'était pas fier d'avoir avoué sans gêne qu'il ne regrettait pas ce qu'il avait fait devant sa nouvelle mère. L'enfant l'aimait bien et il ne voulait pas la décevoir. Il finit par tilter enfin ce qu'elle venait de dire. Elle allait acheter des oranges en plus ! Sa bonne humeur culminait au sommet quand ils rentrèrent à la maison. A peine arrivé, Ryoma lui sauta dessus, ce qui lui valut une réprimande de sa mère qui lui somma de les aider à ranger les courses. Ils ne purent s'empêcher de rire en voyant Ryoma bouder à moitié en les aidant.
Ceci terminé, ils sortirent dehors pour rejoindre le court de tennis. Sur le chemin, Ryoga se laissa aller à contempler le ciel, vide de tout nuage et sublimé par le soleil éclatant. Il se laissa submerger par la soudaine vague de bonheur. Il lui restait un mois pour sa punition et elle ne semblait plus aussi interminable que ça.
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Cela faisait dix mois que Ryoga faisait maintenant partie de la famille. Il avait plutôt bien réussi à se remettre de la mort de sa mère, et sa nouvelle responsabilité en tant que grand frère pour Ryoma avait grandement joué. Il adorait son père, avec qui il n'avait jamais pu tisser de liens auparavant à cause de sa relation tendue avec sa mère. Quant à Rinko, il n'hésitait plus à l'appeler maman. Jusque-là, il n'avait pas osé, mais un jour, le mot était sorti tout seul. Rinko n'avait rien dit mais il pouvait dire que cela l'avait touché énormément.
Les deux frères étaient devenus inséparables. Ils partageaient vraiment tout ensemble et l'incident avec ses potes n'avait fait que renforcer leur complicité. Ryoma le suivait toujours partout, mais les quelques relations qu'il avait réussi à construire avec certains de ses camarades de classe le voyait parfois s'échapper ailleurs avec eux.
Néanmoins, Ryoma donnait toujours sa préférence à « Nii-chaaaaaan ! », comme le prouvait les centaines de fois où il l'appelait dans la journée, ce qui amusait et agaçait à la fois les deux adultes.
Le mois de mai arriva, et avec la mauvaise nouvelle que Nanjirou craignait. Si celui-ci était heureux de voir ses deux fils aussi unis, il redoutait le moment de la séparation qui se rapprochait. Il venait de recevoir le fatidique appel de la part de son avocat qui lui avait confirmé qu'il n'avait malheureusement pas pu obtenir de droit de garde sur son fils aîné. La tante maternelle de celui-ci avait bataillé dur et avait su viser juste en insistant à plusieurs reprises sur son rôle quasi-inexistant en tant que parent avant la mort de la mère de Ryoga. Cela avait été décisif dans la prise de décision du juge. Il ne pouvait plus rien faire, il avait déjà fait appel.
Quand il l'annonça à Ryoga, le jeune garçon pensa immédiatement à Ryoma. Il était sincèrement inquiet et triste de devoir quitter son jeune frère qu'il ne reverrait peut-être pas avant des mois, voire des années. Ryoga craigna que leur lien ne se brise, mais son père le rassura :
- Ça ne change rien au fait que vous êtes liés par le sang… Même si vous êtes séparés, tu seras toujours le grand frère de Ryoma.
Cela ne le réconforta qu'à moitié. Et si Chibisuke l'oubliait ? Ou le détestait ? Avoir le même sang qui coule dans les veines, ce n'est parfois pas suffisant… Il tenta de se raisonner tout seul et de ne pas s'inquiéter.
Ryoga décida de l'annoncer lui-même à Chibisuke mais cela se révéla plus ardu qu'il ne l'avait prévu. Il ne voulait pas gâcher les derniers instants qu'ils allaient passer ensemble en se larmoyant.
C'est là qu'il avait eu l'idée du message inscrit sur l'orange, juste avant son départ. Ryoga serra le fruit dans sa main, l'air déterminé mais pas serein pour autant. Il n'avait jamais été doué avec les sentiments, il préférait l'action. Il réalisait bien la séparation brutale et injuste qu'il allait faire subir à Ryoma.
Mais il n'avait pas le courage de faire autrement.
Pas le courage de le voir pleurer à nouveau.
Voilà, j'espère que la fin de ce chapitre vous aura plu ! Je vois Ryoga comme un grand frère protecteur et pas aussi agaçant avec Ryoma que dans le film (Rinko trouve ça touchant d'ailleurs lors de la partie au supermarché – et heureusement sinon je vous dis pas le sermon !). Après, c'est un peu mon interprétation, ce ne sera peut-être pas la vôtre.
Le prochain one-shot sera sûrement publié dans un mois, au mieux deux semaines. Je m'absente pendant un moment de chez moi, donc pas de possibilité d'écrire. Il sera centré sur Nanjirou et Rinko cette fois-ci, même si Ryoma et Ryoga y tiendront toujours une place importante. A la prochaine !
