Disclaimer : Tout appartient à notre chère J.K. Rowling.

Traduction de icicle33.

Nom original : The Secret Life of Draco Malfoy.

Désolée d'avoir été longue à poster. Merci pour vos reviews, et bonne lecture !

Le choix de Draco

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La thérapie par le shopping n'était pas aussi gratifiante que Draco l'avait espéré. Sa mère ne plaisantait pas ! Quand elle avait menacé de lui bloquer l'accès à tous ses comptes, il avait supposé qu'elle bluffait. Il n'y avait pas moyen qu'une mère fasse ça à son unique enfant, n'est-ce pas ? Faux !

Cette femme était froide, brutalement froide. Il s'était passé à peine deux heures et elle avait déjà mis ses comptes en veilleuse. Au moment même où il essayait toutes ses nouvelles tenues avec leurs accessoires assortis, il était devenu d'un des types les plus riches de toute l'Angleterre à quelqu'un de complètement fauché. Aussi pauvre qu'un Weasley. Peut-être encore plus pauvre.

C'était tellement humiliant. Ses comptes étaient vides et la fille de la boutique devait faire preuve d'une énorme patience pour replacer tous ses vêtements à leurs rayons. Les nouveaux jeans, pulls, chaussures et lunettes de soleil devraient attendre. Son seul achat était une écharpe en cachemire blanc, qui lui allait fabuleusement bien. La seule raison pour laquelle il avait réussi à l'acheter tenait à l'une des cartes prépayées Moldue que Potter avait mis en place pour lui. Il y avait à peine assez d'argent sur cette carte pour une petite écharpe en cachemire. Oh, l'horreur ! Était-ce la façon dont l'autre moitié vivait ? Draco n'était pas fait pour être pauvre.

Il tenta une excuse ridicule auprès de la fille de la boutique à propos d'un récent changement de banque et se précipita hors de la boutique, tenant son unique petit sac près de sa tête comme s'il s'agissait d'un bouclier, le protégeant des visages jugeurs et des grimaces goguenardes que lui lançaient tous les employés et les clients du le magasin.

L'embarras n'était pas quelque chose dont il avait l'habitude, surtout pas dans le monde Moldu. Un grand compte bancaire et une merveilleuse chevelure étaient tout ce qu'il fallait à Draco pour être aimé sur Oxford Street. Et Harrods. Bond Street. Mayfair. Et tous les autres endroits fabuleux où Draco ne pourrait jamais plus montrer son visage. Pas d'argent ni de travail. Quelle journée horrible. Il était certain que tous les Moldus qui marchaient dans la rue connaissaient son terrible, terrible, secret. Il était pauvre ! Draco avait besoin de sortir de là et vite.

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Draco était assis sur un vieux banc du parc, se cachant derrière ses lunettes de soleil surdimensionnées sous l'ombre d'un grand cerisier en fleurs. La plupart des pétales étaient tombés de l'arbre et il que pensait l'arbre avait l'air stérile, solitaire. Il se demanda si l'arbre se sentait perdu sans ses belles fleurs et ses feuilles… Par les boules de Merlin, il était vraiment en train de perdre l'esprit, à sympathiser avec un arbre. Peut-être qu'il était juste affamé depuis qu'il avait quitté le manoir sans avoir déjeuné. Merci Merlin, il avait cessé de divaguer.

Il ramassa et ouvrit le sachet en papier blanc qui se trouvait à côté de son unique sac sur le banc. Après l'achat de son écharpe, il ne lui restait que deux livres sur sa carte, même pas assez pour acheter un croissant et un grand crème à son café préféré. Il avait été forcé d'acheter seulement le croissant. Sérieusement, sa mère allait entendre parler de la façon dont elle avait affamé son seul enfant quand elle se calmerait un peu. Si elle se calmait.

Il sépara le croissant en petits morceaux et les jeta dans sa bouche - délicieusement onctueux et feuilleté, comme d'habitude. Au moins, il avait eu droit à ce petit confort. Quand il eut à moitié fini sa pâtisserie, il entendit un doux bruit et vit son sac tombé au pied du banc. Comme c'est étrange, pensa-il, étant donné qu'il ne se souvenait pas d'avoir placé son sac si près du bord.

Il se pencha et ramassa le sac, mais dès qu'il l'eu ramassé, un fort cri s'échappa de sa bouche. Bordel de merde ! Le sac venait de bouger. De lui-même. Il grogna plus qu'il ne jura. Putain, qu'est-ce qu'il allait faire?

Il y avait une sorte de bête féroce dans le sac. Son instinct premier lui dictait de piquer un sprint, de juste prendre son croissant et de s'en aller, mais alors, il se souvint de sa belle écharpe en cachemire ! Elle était si douce et blanche, comme la fourrure d'un bébé Boursouflet sur son visage. Il n'y avait pas moyen qu'il puisse laisser derrière lui. La bête ne pouvait pas gagner.

La plupart des gens pensaient que Draco n'était pas courageux. Et la plupart du temps, ils avaient raison. La bravoure n'était pas le trait par excellence des Serpentards. Mais il ne faut jamais mettre un obstacle entre un Serpentard et son nouveau jouet. Draco n'avait jamais appris à partager, il ne voulait pas abandonner sa nouvelle écharpe pour cette maudite bête. S'armant de sa baguette, il ouvrit soigneusement le sac et était sur le point de renvoyer cette féroce créture dans l'oubli quand la bête montra son visage.

Oh, le saligaud. L'intrus n'était pas farouche du tout. C'était un petit chiot blanc emmêlé dans son écharpe. Draco n'était pas un fan d'animaux. Il n'avait jamais aimé les chiens de tout genre car ils bavaient généralement trop à son goût, mais ce chiot avait quelque chose d'attachant et d'adorable.

Il était complètement blanc de la tête à la queue, à l'exception d'une légère teinte pêche au niveau des oreilles, ainsi qu'un nez et des yeux noirs. Il n'avait jamais vu auparavant un chiot qui aurait pu tenir dans un petit sac de shopping. Ce chiot était comme l'accessoire ultime.

Il retint son souffle et tendit sa main droite à l'intérieur du sac, la collant près du chien afin qu'il la renifle. C'est ce qu'il avait toujours fait avec les foutus paons sauvages du manoir, afin de ne pas se faire mordre. Il doutait que le petit chiot puisse lui faire du mal, mais il ne voulait pas l'effrayer et le faire s'enfuir avec son écharpe. Sa journée était déjà assez tragique.

Heureusement, il n'eut pas à s'inquiéter. Le petit chiot était déjà tombé amoureux de Draco. Dès qu'il sentit la main de Draco, le chiot tenta de se tortiller hors de l'écharpe et se leva sur ses pattes arrière afin qu'il puisse la lécher. Il eut peur que sa main explose sous l'effet de la bave de la créature. Mais rien ne se passa.

Bien que le chien continuait de la lécher sans cesse, sa main n'était pas si humide que ça. Peut-être que puisque sa langue était aussi petite il ne bavait pas. Toutes ses craintes furent réduites au néant. A ce moment, Draco changea d'avis et décida qu'il n'aimait toujours pas les chiens, mais que celui-ci était l'exception. Avec son autre main, il ramassa le chien et le berça contre sa poitrine. Il était vraiment mignon.

"Tu n'es pas si mal", dit-il. Le chien s'arrêta de lécher sa main pendant un instant et le regarda en écarquillant ses grands yeux noirs, donnant à Draco la vision la plus déchirante qu'il ait jamais vue. Immédiatement, le cœur de Draco fondit et il décida que sa mère allait avoir à faire une exception à sa règle « Aucun animal au Manoir ».

"Je ne sais pas si tu appartiens à quelqu'un", dit-il, tournant et retournant le chiot pour le voir plus précisément. "Mais puisque tu n'as pas de collier, tu viens avec moi."

Le chiot commença à remuer sa queue et à produire un petit jappement. C'était comme s'il avait compris. Draco n'aurait pas pu être plus heureux. Il n'a toujours pas d'argent ou d'emploi, mais au moins il avait un nouvel ami.

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Avoir un animal de compagnie était fantastique. Draco ne possédait son nouveau chien que depuis quelques heures, et déjà il avait décidé que c'était la meilleure décision qu'il n'avait jamais prise. A l'origine, il a prévu de retourner directement au Manoir pour demander aux elfes de maison pour donner un bain à son nouvel ami, mais alors qu'il marchait dans les rues du Londres Moldu, tout le monde s'arrêtait pour le regarder. Oui, il était beau et tout, mais alors même qu'il avait l'habitude de sortir avec Blaise, aucun d'entre eux n'avait jamais réussi à rassembler ce nombre de visages. Qu'est-ce qui se passait ?

Et puis il sut. C'était le chien. Le nouveau chien de Draco était le chien le plus mignon du monde, de sorte que tous les vieilles dames et même un couple de mecs s'étaient arrêtés pour le caresser. Une fois qu'il avait vu toute l'attention que le chien lui apporterait, il savait qu'ils deviendraient inséparables. Naturellement, son chiot était un peu une prostituée de l'attention; il adorait être un petit animal adulé. Draco était si fier.

Après avoir monté et descendu les rues pendant deux heures, ils étaient tous deux fatigués. Il était sur le point de trouver un endroit caché et sécurisé pour transplaner quand il a remarqua une petite clinique pour animaux au bout de la rue. Même si il s'aventurait dans le Londres Moldu souvent, il évitait les endroits Moldus qui ne vendaient pas de vêtements haut de gamme ou ne proposaient pas de gastronomie. Pourtant, il y avait quelque chose dans la clinique qui l'attirait. Pour une raison inexplicable, il fut contraint d'entrer. Et s'il devait convaincre sa mère de lui laisser le chien, alors il avait besoin de s'assurer que le chiot était impeccable et sans aucune maladie.

Avant d'entrer dans la clinique, il baissa les yeux sur le chiot pour s'assurer qu'il allait bien. Il s'imaginait que la visite d'un guérisseur pour animaux était aussi une expérience autant traumatisante pour les chiens que pour les sorciers. Draco avait toujours pleuré lorsque sa mère l'obligeait à aller voir le guérisseur de la famille, de sorte qu'il ne voulait que son nouvel animal de compagnie ait la même angoisse. Lorsque le chiot se blottit dans son nouveau lieu de repos favori qui était la poitrine de Draco, il supposa qu'il allait très bien. On aurait dit qu'il avait acquis un courageux petit.

"Bonjour," Draco appela, alors qu'il franchissait la porte. La clinique était plus grande qu'on ne le pensait de l'extérieur. Il n'était pas sûr de ce à quoi il s'était attendu, mais il n'avait pas prévu de se retrouver dans une aussi grande salle d'attente. La pièce blanche était encombrée de chaises et de magazines inégaux. A l'autre bout de la pièce se tenait un grand comptoir blanc, dont la peinture était écaillée en gros morceaux. Son estomac commença à faire des nœuds. Il ne savait rien au sujet des cliniques vétérinaires Moldues, mais il avait le sentiment qu'elles n'étaient pas censées être aussi mornes. Une voix à l'arrière de sa tête lui hurlait de partir, mais alors qu'il était sur le point de faire demi-tour, une femme âgée derrière le comptoir lui adressa un grand sourire.

"Comment puis-je vous aider, mon chou ?" demanda-t'elle.

La femme plus âgée que lui, Evie, comme le découvrit Draco avec son badge, avait les cheveux noirs coupés dans un élégant carré plongeant avec une longue frange. Elle avait du rouge à lèvres rose vif et boucles d'oreilles en or. C'était le style d'une femme beaucoup plus jeune, mais ses yeux bleus brillaient avec la tendresse d'une mère. Elle rappela à Draco une de ses anciennes gouvernantes qui était partie il y a longtemps. Il ne put s'empêcher de lui sourire et de se sentir à l'aise.

"Euh..."

Il n'était pas exactement sûr de ce qu'il lui fallait dire. Dans le monde des sorciers, il était illégal de déclarer qu'un animal était sien savant d'avoir vérifié avec le ministère que personne ne l'avait déclaré disparu. Les Moldus avaient lois bien étranges, ils n'étaient habituellement pas aussi organisés que les sorciers, il décida donc de tenter le coup.

"C'est mon chien", dit-il enfin, en tendant le chiot à la femme comme s'il s'agissait d'un chien de concours plutôt que d'un chien errant. "N'est-il pas magnifique ?"

Evie rit et puis se pencha pour déposer un baiser sur la tête du chiot. "Très mignon". Elle gratta le chien derrière les oreilles et le chiot frotta sa tête contre sa main comme s'il était un chat. Draco jura sentir son cœur fondre à nouveau.

"Avez-vous un rendez-vous?"

"Non, je n'en ai pas." Le même nœud serré fit son apparition dans l'estomac de Draco. Un rendez-vous. Merde. Apparemment, les Moldus en avaient aussi. Un pli se forma entre ses sourcils et ses lèvres, lui donnant une mine renfrognée.

Evie tendit la main et lui tapota le bras. "Ne vous inquiétez pas, mon chou. Nous pouvons vous voir sans rendez-vous."

"Vous pouvez ?" Les yeux de Draco s'écarquillèrent et sa mine renfrognée s'effaça de son visage. Merci Merlin.

"Tant qu'il y a un médecin, quelqu'un peut vous voir tout de suite."

"Oh, très bien." Draco laissa échapper un soupir, ce qui fit rire Evie.

"Regardez autour de vous, mon chéri", dit-elle, "voyez-vous d'autres patients?"

Draco resserra son emprise sur le chiot et tourna la tête pour balayer la pièce. Elle avait raison. L'ensemble de salle d'attente était vide. Ce n'était pas un bon signe. Il regarda le chiot adorable dans ses bras et envisagea de partir. Il ne possédait ce chiot que depuis quelques heures, mais Draco voulait déjà le meilleur pour lui. Après tout, il était un tout nouveau Malfoy.

"Ne faites pas ce regard, " lui dit la femme. "Vous n'allez nulle part. Le Dr Vallarta est très, très bon. Vous allez l'adorer, je vous le promets." Sans attendre de réponse, elle décrocha le téléphone. "Permettez-moi de voir s'il est disponible, d'accord ? Asseyez-vous là pendant une minute."

Draco n'était toujours pas convaincu, mais il finit par hocher la tête. Il n'y avait pas de mal à rencontrer le médecin. Il s'assit sur la chaise la plus propre et la moins repoussante et attendit, ses bras enveloppant de manière protectrice son chiot.

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«Allez-y mon chéri," lui dit Evie. "Le Dr Vallarta va vous recevoir. Je suis certaine que vous l'aimerez."

Draco se leva de sa chaise, le fauteuil le moins confortable du monde, et fronça les sourcils. Il n'était pas sûr de combien de temps il avait attendu, mais plus il attendait, plus l'idée lui semblait mauvaise. Que faire si le médecin blessait son chiot ? Que faire si quelque chose n'allait pas avec lui ? Un million de scénarios traversa l'esprit de Draco, la plupart négatifs.

"Où dois-je aller ?" Demanda-t'il, se sentant stupide pour la centième fois ce jour-là.

"Cabinet numéro deux. Droit devant." Evie pointa une porte à l'autre bout de la salle avec son bloc-notes. "Et je sourirais si j'étais vous."

"Pourquoi donc ?"

"Faites-moi confiance." Elle lui fit un clin d'œil et l'a poussé vers la porte. "Bonne chance, le docteur sera bientôt là".

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Le pouls de Draco battait la chamade. L'attente se faisait interminable. Où était le médecin ? Des gouttelettes de sueur s'accumulaient sur ses cheveux, mais il ne pouvait pas les essuyer. Ses deux mains étaient occupées, tenant son chiot dans une étreinte serrée. Il n'y avait pas moyen qu'il le laissait partir. C'était juste un check-up, se rappela-t'il à lui-même. Pas de gros problème, alors pourquoi agissait-il de manière si étrange ? Arrête ça. Maintenant.

Enfin, la porte s'ouvrit et le docteur entra. Le Dr Vallarta n'était pas ce à quoi Draco s'était attendu. Il s'attendait à un vieil homme avec un gros ventre et un rire amical. Pas à un top-modèle espagnol. L'homme ne dépassait pas la trentaine, il avait juste assez de cheveux noirs hirsutes sur une peau sale et bronzée. Il était si grand et large d'épaules que Draco devait se mordre les lèvres pour s'empêcher de baver. Maintenant, il comprenait pourquoi Evie lui avait dit de sourire. Elle aurait dû le prévenir. Cette salope.

"Bonjour, là-dedans," dit le docteur. "Je suis le Dr Antonio Vallarta. Merci d'avoir patienté."

Draco cligna bêtement des yeux, encore hébété et muet. Il tendit la main vers Draco, et Draco n'avait pas d'autre choix que de la serrer.

"Dray-co," dit-il d'une voix étranglée, après avoir serré la main du médecin pendant plusieurs secondes. "Mon nom est Draco."

"C'est un plaisir de vous rencontrer, Draco. Quel nom étrange et beau." Le médecin lâcha sa main, mais pas avant une légère pression. Les joues de Draco chauffaient.

"Merci," dit Draco en retrouvant enfin sa voix normale. "Le plaisir est pour moi, docteur."

Dr Vallarta lui lança un sourire éclatant. "S'il vous plaît, appelez-moi Antonio."

"Antonio", répéta Draco, savourant la façon dont le nom étranger glissait sur sa langue. Apparemment, il s'était inquiété pour rien.

"Et qui est ce petit bonhomme ?"

Draco tourna la tête. "Quoi ?" Il était encore prisonnier de ce sourire. Il y avait quelque chose de très familier dans le sourire d'Antonio. C'était réconfortant, comme s'il l'avait vu auparavant, mais c'était impossible. Comme c'était étrange.

Antonio rit, son sourire s'élargissant jusqu'à ses yeux. "Mon patient. Votre chiot, là. Quel est son nom?"

Oh, le chiot. D'accord. Le sourire de Draco retomba. Un nom. Un nom. Un nom. Putain. Pourquoi ne lui avait-il pas donné un nom ? Dans l'emportement de son enthousiasme, donner un nom à son nouvel ami lui avait échappé. Quel horrible maître il était.

"Son nom..." Draco chercha dans la salle un indice, tout ce qui pourrait le sauver. Rien n'attira son attention. "Son nom est..."

Antonio plaça son bloc-notes sur la table, puis passa une main dans ses cheveux, repoussant sa frange noire qui était tombée sur son visage. Par Salazar ! Tellement de vert. Les yeux d'Antonio étaient noisettes, parsemés de tâches de vert. Penché sur le bloc-notes comme ça, Antonio ressemblait à...

" Harry."

"Harry ?" Antonio demanda. "C'est un nom intéressant pour un chiot."

"Quoi ? Non." Bordel. Il n'avait pas vraiment réalisé qu'il avait dit le nom d'Harry à voix haute. Il ne voulait pas nommer son chien Harry. Potter était toujours là pour le tourmenter. Comment allait-il sortir de cette situation ?

"Son nom n'est pas Harry ?" Antonio fronça les sourcils. Il avait un regard adorablement confus sur son visage, que Draco décida d'ignorer.

Draco se pinça les lèvres, essayant de trouver une solution qui ne le ferait pas paraître stupide devant le Docteur sexy. "C'est Harold. Son nom est Harold, " répondit Draco avec un sourire. Oui, Harold était un meilleur nom. Totalement différent d'Harry. Par ailleurs, il pensa que cela serait fâcheux si Potter le découvrait.

"Eh bien, commençons ton osculation, Harold." Antonio fit signe à Draco de placer Harold sur la table, et bien qu'il était inquiet de la hauteur, il le fit.

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"Il m'a l'air d'aller très bien, Draco," dit Antonio, redonnant Harold à Draco avec un grand sourire toujours plaqué sur le visage. "Pour un chiot que vous venez de trouver, il n'a pas de problèmes majeurs... juste une petite infection de l'oreille que nous pouvons guérir en un rien de temps."

Draco était horrifié. "Une infection de l'oreille? Pourquoi ça?"

"Vraiment, pas de quoi s'inquiéter. C'est très commun pour les petits chiots, en particulier ceux qui ont des oreilles tombantes. Son cœur et ses poumons vont bien. Ses réflexes sont vifs. Ses yeux clairs. Vraiment, la seule chose dont il a besoin est d'un bon repas et un peu d'antibiotique pour ses oreilles".

Antonio se pencha et grattouilla la tête d'Harold, ce à quoi Harold répondit en essayant de lui lécher la main. "Tu vas très bien, hein ? Dis à ton anxieux propriétaire que tu vas bien."

Draco n'était toujours pas convaincu, mais il supposa qu'Antonio savait ce qu'il faisait et hocha la tête. Il était gentil avec Harold et Harold l'avait immédiatement adopté. Il rendait presque Draco jaloux, mais depuis qu'il avait décidé de ramener Harold à la maison, il avait décidé qu'il ne le laisserait pas lui marcher sur les pieds.

"Merci, docteur. Je veux dire... Antonio."

Juste au cas où, il souleva Harold jusqu'à son visage et lui donna un baiser sur la truffe. "On est tous prêt, alors ?"

"Presque. Je dois encore prendre sa température." Antonio se retourna pour regarder l'horloge dans la salle et soupira. "Pourriez-vous m'aider?"

Draco cligna des yeux. "Quoi?"

Ce mec était fou? De ce qu'il savait c'était lui le médecin, pas Draco.

"Il y a normalement un assistant dans la salle, mais ils ont tendance à rentrer tôt chez eux." Antonio soupira. "Mon personnel ne me respecte pas, pour quelque raison que ce soit."

"Oh, je suis sûr que ce n'est pas vrai, " dit Draco en essayant de changer de sujet. "Vous avez un visage très imposant. Vous devriez être très respecté." Il sourit. "Peut-être que vous pourriez mettre des lunettes ?"

Antonio lui lança un regard étrange et puis éclata de rire. "Vous êtes hilarant. Un visage imposant. C'est très bien." Il se détourna de Draco et commença à fouiller dans un tiroir à proximité. "Ne vous inquiétez pas, c'est facile. Tout ce que vous avez à faire est de le retenir au cas où il se tortille."

"Euh..." Draco regarda Harold; ce nœud dans son estomac se formant à nouveau. Il n'était pas sûr qu'il arrive bien à aider Antonio, mais il ne voulait pas lui donner de réponse négative. "Très bien... Que dois-je faire ?"

Draco tint Harold sur la table, une main sous son ventre et l'autre frottant son cou. "C'est bon, " chuchota-t'il. "Ne vous inquiétez pas." Antonio saisit un long tube de verre - un thermomètre – comme Antonio le nomma, et recouvert d'une sorte de bouillie claire. Draco se dit que la bouillie ressemblait beaucoup à du lubrifiant, mais il décida de ne pas se l'ouvrir. Le lubrifiant était un de ces sujets que sa mère lui avait toujours dit qu'il ne devait pas apparaître au cours d'une conversation polie. Pour une fois, il allait écouter sa mère.

Antonio examina le derrière d'Harold et essaya d'insérer le tube dans son trou. Harold gémit et bava sur les bras de Draco, sautant de la table. Sans même réfléchir, Draco jeta sans baguette un Arresto Momentum et rattrapa Harold avant qu'il ne touche le sol. Il n'avait jamais jeté ce sort sans sa baguette avant. Merci Merlin, ça avait fonctionné. Il serra Harold dans ses bras et le berça comme un bébé, en embrassant sa tête.

"Ne me fait plus peur comme ça", déclara-t'il au chiot. "S'il te plaît. J'ai cru que mon cœur allait s'arrêter. "

Antonio regarda Draco, son visage plus rouge que celui d'un Weasley, et sa bouche grande ouverte. Oh, non, pensa Draco, il était fichu. Lancer des sorts en face de Moldus était illégal, mais ça avait été une situation d'urgence. Il doutait que le ministère ne remarqua ce petit sort, mais il était surtout préoccupé que Antonio l'ait remarqué. Comment pourrait-il l'expliquer?

"Dra-co, je suis dé-dé-désolé", balbutia Antonio, une fois qu'il sortit de son état de choc. «Je ne sais pas ce qui s'est passé. Ce n'est jamais arrivé. Je-"

Draco leva une main pour le faire taire. "Ce n'est pas grave. Harold va très bien. Je suis celui qui l'a laissé s'échapper. "

"Non, ce n'est pas toi." Antonio passa une main dans ses cheveux, ses beaux traits tordus de détresse. "Cela n'aurait jamais dû arriver. Je suis le vétérinaire... Tu étais incroyable."

Draco rayonnait, il aimait quand les gens l'appréciaient véritablement. "Vraiment ?" demanda-t'il, battant des cils et souriant. Antonio n'avait pas remarqué le sort. Dieu merci.

"Absolument", insista Antonio. "Que diriez-vous de réessayer ? C'est moi qui tiens Harold."

Draco pinça ses lèvres en une seule ligne mince. Après ce qu'il s'était passé, il n'était pas sûr de vouloir être le seul responsable d'Harold. Il n'avait aucune idée de ce qu'il faisait.

"Etes-vous sûr?" Draco haussa un sourcil. "Que ferez-vous si il saute à nouveau?"

"Je vais le tenir fort." Antonio croisa son regard, ses yeux noisette brillant avec tant d'ardeur qu'il ne put s'empêcher de croire en lui.

Draco hocha la tête et à contrecœur et remit Harold à Antonio. "C'est pour ton bien", murmura-t'il dans l'oreille droite d'Harold. "S'il te plaît, ne bouge pas."

Il suivit les instructions d'Antonio à la lettre et déballa un nouveau thermomètre, le revêtant de la même bouillie claire. La bouillie était beaucoup trop froide, et Draco supposa que cela faisait mal de mettre ce tube de gel dans le cul. Il couvrit sa bouche de sa main et jeta un discret sort de réchauffement sur le thermomètre. Cela pourrait aider. Gardant ses mains aussi stables que possible, il souleva la queue d'Harold et inséra ensuite lentement le thermomètre. Il s'attendait à ce qu'Harold pleure et gémisse comme avant, mais rien de ça n'arriva. Au lieu de ça, il maintint le thermomètre en place jusqu'à sa sonnerie. Antonio lui expliqua que le bip signifiait que c'était fini.

Oh. Merci. Salazar. Il l'avait fait. Draco laissa échapper un soupir de soulagement et sourit.

"C'est tout ?"

Antonio le dévisagea. Il avait l'air complètement étonné. "Ouais, c'est tout. Vous êtes étonnant, Draco." Il rit et passa une main dans ses cheveux, rappelant une nouvelle fois étrangement Potter à Draco. "Sérieusement, vous êtes meilleur que mon personnel. Je devrais vous engager à la place."

Un boulot. Draco en eut le souffle coupé. Antonio venait-il de lui offrir un emploi ? L'idée de Draco travaillant avec des animaux et des Moldus était absurde. Les Malfoy ne travaillent pas dans un endroit comme celui-ci. Il était sur le point de rejeter l'idée quand il se rappela la menace de sa mère. Se présenter au Manoir avec un boulot n'était pas une option.

"J'accepte", cria Draco, avec un peu plus d'enthousiasme que ce qu'il avait prévu.

Antonio fronça les sourcils et pinça ses lèvres. Draco pensa que c'était son regard contemplatif. "Oh, je n'étais pas sérieux, Draco. C'était juste une blague. Je suis sûr qu'un mec comme toi a un travail fantastique autre part."

Merde. Il était passé si près du but ! Le visage de Draco se défit. Il avait encore échoué. Viré d'un emploi qu'il n'avait même pas encore commencé. Cela devait être une première.

"Je comprends, " dit-il en baissant les yeux vers le sol. "Vous n'avez pas de place pour moi." Il humidifia sa lèvre inférieure et prit Harold de la table. "Je vous remercie pour vos services, docteur. Harold et moi allons y aller, maintenant."

Il tourna les talons et était à mi-chemin de la porte quand une main attrapa son épaule.

"Non, attendez," demanda Antonio, une tension évidente dans sa voix. "Je suis désolé. Si vous voulez vraiment ce travail, il est à vous."

Draco se retourna et croisa le regard d'Antonio. "Vraiment ? Je n'ai aucune expérience, ou de quoi que ce soit."

Antonio secoua la tête et sourit, du même sourire éclatant qu'avant. "Absolument", dit-il. "Je ne plaisantais pas quand j'ai dis que vous étiez étonnant. Venez lundi."

"Je serai là."

Draco remercia Antonio à nouveau et sortit de la clinique, ne croyant pas à sa chance. Un travail dans une clinique vétérinaire Moldue n'était peut-être pas la carrière idéale, mais c'était mieux qu'Azkaban. Les choses s'amélioraient, finalement.

À suivre ...