Disclaimer : Tout appartient à J.K.R.
Traduction de icicle33.
Titre original : The Secret Life of Draco Malfoy.
Merci pour les reviews/follows/favoris, ça me fait vraiment très plaisir ! Bonne lecture !
Le coeur brisé de Draco
Actuellement...
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Trente-sept. Trente-huit. Trente-neuf.
Draco se promenait dans son appartement, en comptant les trente-neuf pas qu'il lui avait fallu pour marcher autour de son salon et de sa table de cuisine. Il semblait que c'était tout ce qu'il avait à faire ces derniers temps. Harold était roulé en boule sur le canapé, un œil caché derrière un oreiller et regardant Draco de l'autre. Il savait que sa marche rendait Harold mal à l'aise, le pauvre chien étant extrêmement sensible aux humeurs en constante évolution de Draco, mais il ne pouvait pas l'aider. Antonio rentrait tard à la maison. Encore une fois. Trois fois cette semaine, il était sorti avec Potter, et il rendait Draco fou.
Comment était-ce possible ? Bordel, il n'y avait pas moyen que Potter et Antonio soient compatibles. Antonio était si pur, immaculé, ponctuel, et s'exprimait clairement. Il avait des cheveux parfaits et repassait ses vêtements. Potter, en revanche, était une honte. Il avait des vêtements horribles, des cheveux affreux. L'idiot pouvait à peine enchaîner deux phrases, et, pour quelqu'un de si gracieux dans les airs, Potter était maladroit au possible, trébuchant et renversant des choses. Draco n'avait aucune idée de ce qu'il avait pu trouver à Potter.
Non, c'était un mensonge. Draco savait exactement ce qu'il avait trouvé à Potter. Autant il détestait l'admettre, autant il avait passé toute sa scolarité et même un an ou deux de plus obsédé par Harry Potter. Tout en lui énervait Draco, le poussait au bout. Mais en même temps, tout ce qui concernait le Wonder Boy le séduisait.
Ces yeux -si scandaleusement et anormalement verts – et ses cheveux qui ressemblaient – oui, désolé – à un nid de rat. C'était tellement sale que Draco ne voulait rien de plus que de laisser courir ses mains sur son corps, d'enrouler ces épis ridicules autour de ses doigts. Et cette bouche, avec ces lèvres tellement roses, qui avaient toujours été légèrement gercées. Il n'avait pas pensé à la bouche de Potter quand elle était autour de son sexe ou en train de mordre sa poitrine.
Merde. Non, secoue-toi. Ne pense pas à Potter. Il n'était plus à lui. Bon sang, il ne l'avait jamais été, en premier lieu. Les souvenirs de Draco se faisant sucer par un Potter plutôt enthousiaste lui traversèrent l'esprit. Son pantalon était de plus en plus douloureusement serré. Ce n'était pas bon. Antonio pouvait revenir à la maison à tout moment. Comment pouvait-il expliquer la bosse sur lui? Désolé, mon pote, je ne faisais que fantasmer sur ton nouveau petit-ami. Non, il n'y avait pas moyen qu'il puisse le lui dire.
Il posa sa main sur son entrejambe, sa queue s'agitant involontairement. Personne n'était encore à la maison. Il ne pouvait se faire une rapide branlette avant qu'Antonio ne passe la porte. Tout ce qu'il avait à faire, c'était de repenser à la fois où Harry et lui étaient partis en week-end. Ils étaient allés à Paris, restant dans un hôtel Moldu haut de gamme, afin que personne ne les dérange. Ils avaient couché ensemble dans un jacuzzi à plusieurs reprises, dans l'ascenseur, sur le toit. En fait, sur toutes les surfaces disponibles. C'était un week-end riche en souvenirs, l'un des meilleurs de sa vie. Il se demandait si Potter n'avait jamais repensé à ce week-end.
Cesse d'être un idiot. Se branler sur le passé, en particulier celui avec Potter était une mauvaise idée. Les choses avaient mal fini entre eux. Et franchement, il n'y avait jamais eu de Potter et lui. Ils avaient seulement baisé pendant quelques semaines. Bien moins que sa longue relation d'un an avec Antonio. Ce trou du cul ne méritait même pas une minute du temps de Draco.
Il déboutonna son pantalon et ouvrit sa braguette, saisissant ses couilles. Il leur donna un petit coup et ferma les yeux. Pense à autre chose, implora-t'il. McGonagall en sous-vêtements. Sa grand-mère. Seins.
Voilà. C'était mieux. Son érection se dégonflait lentement; il posa son visage contre le triplet de fenêtres en verre de leur salon. Leur nouvel appartement avait une vue magnifique sur la Tamise et même un petit jardin en patio. Il n'avait jamais pensé qu'il allait profiter de la vie dans une ville animée. Au début, il aspirait à la solitude et à la tranquillité du manoir, mais cet appartement avait été le parfait compromis. Le calme le gardait sain d'esprit et l'espace ouvert sur le jardin l'aidait pour ses attaques de panique. Il n'était pas sûr de la propreté de l'air, mais cela semblait aider, de toute façon. Peut-être que c'était ce qu'il lui fallait maintenant.
Il s'éloigna de la fenêtre et retourna dans la cuisine. Son plat à emporter à peine touché était étalé sur la table, et ses piles de livres et de recherches prenaient l'autre moitié. Ça ne lui ressemblait pas de quitter l'appartement et le laisser dans un tel désordre, mais il avait des choses plus urgentes à traiter. Il n'avait pas faim du tout, non pas à cause de la nourriture - et il avait un déplacement très tôt au travail prévu le lendemain, donc il ne devrait probablement pas boire.
Son meilleur pari fut d'aller dehors et prendre l'air. Avant de quitter la cuisine, il jeta un dernier regard à la table surchargée sur le point de faire demi-tour et puis se ravisa. Et puis merde. Antonio serait trop enivré de l'odieux charme de Potter et ses yeux verts pour constater les dégâts.
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"Draco, qu'est-ce que tu fais ici?" demanda Antonio.
"Je pensais", marmonna Draco, sans se retourner. Il était debout dans leur patio, appuyé contre la rambarde et observant l'eau. Les vagues tranquilles de la Tamise l'hypnotisaient ainsi qu'un nuage de fumée.
"Je peux voir ça." Antonio s'approcha et posa une main sur son épaule.
"Tu reviens tôt" dit Draco, son ton plus accusateur que cordial. "Qu'est-ce... le Golden Boy a un couvre-feu ou quelque chose comme ça ?"
Antonio hésita, probablement secoué par le ton sévère de Draco, mais ensuite rit légèrement. "Non, c'est deux heures, Doc."
Draco cligna des yeux et lâcha la cigarette qu'il tenait entre ses doigts, tombant par-dessus la rambarde. Merlin, il avait perdu la notion du temps. De quelque manière que ce fusse, des heures s'étaient écoulées.
"Je sais," Draco lança et tira son bras hors de l'emprise d'Antonio. Il ne voulait pas être si arrogant avec Antonio. Le pauvre mec ne savait pas qu'il sortait avec l'ex de Draco, mais il devait être en colère contre quelqu'un. Et Potter n'était pas là pour être blâmé. Par ailleurs, Antonio était habitué à ses sautes d'humeur après toutes ces années. Draco n'avait jamais choisi d'amis délicats.
Antonio tendit la main et saisit le bras de Draco, l'attirant suffisamment proche de lui pour que Draco ne puisse pas échapper à son regard intense. Il avait ce triste regard inquiet sur son visage, comme un chien battu. Bordel... Pourquoi devait-il lui lancer ce regard ?
"Je ne sais pas ce qui ne va pas." La voix d'Antonio était douce, il tenait le bras de Draco fermement et le serra. "Mais ça ne te ressemble pas, Doc. Tu as agi étrangement toute la semaine. Tu sais que tu peux tout me dire-"
"Ce n'est rien. Je vais bien."
Il regarda Antonio dans les yeux et essaya d'avoir l'air sérieux. Il prit la résolution d'être honnête avec ses amis. Rien que la semaine dernière, il devait avoir menti à Antonio et à tous ses collègues plus d'une douzaine de fois. Mentir aux gens ne faisait plus partie de sa vie maintenant. Il n'avait plus la tête à ça.
Sans dire un mot, il se tortilla pour sortir de l'emprise d'Antonio et se dirigea vers la petite table et les chaises en osier devant la porte du patio, faisant signe à son ami de le rejoindre. Leur mobilier d'extérieur ne servait pas beaucoup car Draco préférait se pencher par-dessus la rambarde et se perdre dans le paysage. A cet instant, il fut content de l'avoir acheté. Cette fois-ci, il semblait qu'Antonio n'allait pas être apaisé par ses dénégations, ça allait sûrement être une longue nuit.
Draco soupira. "Ça a été une semaine difficile", dit-il, évitant le regard d'Antonio.
Il fouilla dans la poche avant de sa veste et en sortit une cigarette et un briquet. Draco ne fumait plus. C'était une sale habitude moldue à laquelle certains stagiaires l'avaient initié il y a des années. Cela empira ses attaques de paniques et décupla son asthme. Mais ses nerfs étaient tellement en pelote ce soir que fumer semblait être le moins mauvais des maux.
Il a approcha la cigarette de ses lèvres et l'alluma, inhalant plus profondément la fumée qui se précipitait dans ses poumons.
"Je vois que tu as recommencé à fumer."
"En fait non," mentit Draco. C'était le deuxième paquet qu'il avait acheté cette semaine. "J'ai fait des cauchemars."
Le regard froid d'Antonio s'adoucit. "Oh, à propos de ta famille ? De la guerre ?"
Draco hocha la tête, gardant un visage sombre. Les mensonges sortaient naturellement de sa bouche à présent, comme de minuscules gouttes de venin qui l'empoisonnaient lentement.
"Pourquoi n'as-tu pas-"
"Ce n'est rien", insista Draco. Il se pencha et sourit à Antonio, lui soufflant un rond de fumée dans le visage. "Je ne veux pas t'accabler, pas depuis que tu es si heureux avec ton nouveau lover boy".
Antonio rougit. "Vas te faire, Malfoy." Il tendit la main et Draco lui passa la cigarette. Il tira une longue bouffée, puis sourit en retour. "Et puis merde. A Rome, fais comme les romains, hein ?"
"Ouais." Draco n'était pas sûr de saisir ce dont Antonio parlait, mais il classa ça comme une autre de ces expressions moldues qu'il ne comprendrait jamais.
"Parle-moi de Pot-je veux dire de Harry. Parle-moi de Harry."
"Mais... Pour dire quoi ?"
Draco fit un signe de la main dédaigneux. "Oublies moi. J'ai pensé à mes démons toute la nuit. Je suis épuisé." Il ouvrit de grands yeux et fit la moue. "S'il te plaît, ramène-moi un peu sur Terre."
"Eh bien..." Antonio mordit le coin de sa lèvre. "Il n'y a pas grand-chose à dire."
Draco se moquait. "Tu as vu ce Potter trois fois. Il doit y avoir quelque chose à raconter. Comment est sa queue ?"
Antonio toussa et écarquilla tellement les yeux qu'il rappela à Draco sa vieille chouette. C'était trop facile de l'embarrasser.
«Là, là,» dit Draco en faisant semblant de lui frotter le dos. "Ne meurs pas sur moi. Pas sans me donner de détails."
Antonio retint son souffle et prit air pensif, le regard perdu dans le ciel sombre. La vérité était que Draco ne voulait pas savoir ce qui s'était passé pendant le rencard d'Antonio. L'idée de Potter et lui dans un restaurant romantique, se faisant de l'œil par-delà la table le rendait malade. Pourtant, d'une certaine manière, il avait besoin de savoir tout, jusqu'au moindre détail. Sainte Mère de Merlin, il était tellement masochiste. Pourquoi s'infligeait-il cela ?
"Si tu insistes," dit Antonio, après quelques instants. Son visage s'éclaira dans un sourire éblouissant, comme s'il était un enfant qui reçoit son premier balai. "Il est tout simplement incroyable, Draco. Harry est tellement drôle et intelligent. Un vrai gentleman."
Son sourire s'élargissait avec chaque compliment. Ce sentiment qui rongeait l'estomac de Draco se développait, la bile aigre continuant son chemin jusqu'à sa gorge. Si cela ne s'arrêtait pas bientôt, il allait vomir.
"C'est merveilleux. Il semble si parfait." Le sarcasme suintait de sa voix. "Parfait Potter."
Antonio se mit à rire, d'un rire profond de ventre, ne réalisant pas que Draco était sérieux. "Il n'est pas encore parfait. Nous n'avons pas encore fait... Tu sais ?"
Draco haussa un sourcil. "Quoi, baiser ?"
Antonio secoua la tête. "Pas encore."
Draco laissa échapper un soupir de soulagement. Merci Merlin. Peut-être y avait-il une sorte de puissance plus élevée quelque part. La bile aigre refaisait son chemin dans la gorge de Draco et s'installait de nouveau dans son ventre, d'où elle venait.
"Pourquoi pas ?" Demanda Draco, sa voix haut perchée et tendue. Putain de merde. Il était vraiment masochiste. Mère lui avait toujours dit qu'il ne savait pas se la fermer. Pourquoi ne pouvait-il prendre sa victoire et laisser tomber?
Antonio haussa les épaules. "Harry m'a proposé de me ramener chez lui ce soir, mais je ne sais pas. Ça n'allait pas. Je veux être sobre la première fois que nous ferons l'amour."
"Faire l'amour ?" articula Draco. Il fronça les sourcils et serra les lèvres. Alors Potter avait eu envie de baiser Antonio. Il émietta la cigarette dans sa main et ne grimaça même pas lorsque la cendre chaude brûla sa peau.
" Je sais. Je sais." Antonio posa ses mains sur son visage. "Je suis si mièvre et si sentimental, ça te rends malade. Je tombe amoureux de mecs trop rapidement. Tu n'as pas besoin de le dire."
Draco jeta la cigarette utilisée dans le cendrier et poussa le paquet vers Antonio. "Là, tu as plus besoin de ça que moi." Il sortir le briquet de sa poche et le lui donna également. "Je vais me coucher. Je me lève tôt demain."
Antonio ignora les cigarettes et fronça les sourcils. "Très bien, fais de beaux rêves."
"Toi aussi." Draco s'éloigna de la table et se dirigea vers la porte coulissante en verre. "Et, Antonio," fit-il avant de franchir la porte, "Fais gaffe à toi. Ne le laisse pas te briser le coeur."
À suivre ...
