Disclaimer : tout appartient à JKR
Traduction de icicle33
Nom original : The Secret Life of Draco Malfoy
Voilà le dernier chapitre. Bonne lecture !
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C'était une magnifique nuit d'été. Une fraiche brise venait du fleuve et le patio était plein de douces odeurs d'arômes de chèvrefeuille et d'orchidées que Draco avait fait pousser tout l'été. Antonio avait dressé la table pour deux; des tournesols et des chandelles ornaient la table. C'était la parfaite ambiance romantique pour une nuit inoubliable – à part pour l'idiot assis en face de lui.
Antonio était parti depuis au moins vingt minutes, mais lui et Potter restait assis en silence, regardant leurs assiettes.
"C'est vraiment bon," dit Potter, brisant finalement le silence.
"Antonio est un superbe cuisinier."
"Je peux voir ça." Potter enfourna encore un peu de lentilles dans sa bouche. "Mais qu'est-ce que c'est exactement ? Je n'ai jamais rien mangé de semblable.
Draco roula des yeux. "C'est parce que ta définition de dîner s'accompagnait toujours d'un sachet à emporter. "
Potter se renfrogna et Draco se sentit un peu coupable. Jusque-là, Potter faisait un effort. Il n'aurait pas dû frapper si vite.
"Ce sont des dhals," expliqua-t-il, "une sorte de lentilles indiennes. Et ça, c'est du palak paneer, essentiellement à base de fromage indien cuisiné avec des épinards et des épices. "
"Oh." Potter piqua un bout de paneer et le regarda. "Je savais que ce n'était pas du poulet. Je pensais que c'était peut-être du tofu." Il haussa les épaules. "Le seul plat indien que j'ai jamais mangé c'est-"
"Du poulet tikka masala." Draco planta ses yeux dans les siens, ses joues brûlant à cause du regard intense de Potter. "Je me souviens."
Potter sourit, son visage entier s'éclairant. "Tu t'en souviens ? Je ne m'imaginais pas que tu pensais à-"
"Bien sûr que je pensais à nous. Seigneur, je n'ai pensé à rien d'autre qu'à ça depuis que tu es reparu. Je ne suis pas un connard sans cœur… En dépit de ce que tu peux croire."
Le sourire sur le visage de Potter se fana et il regarda ses pieds, repoussant son assiette. "Je ne crois pas ça," murmura-t-il, parlant plus à son assiette qu'à Draco.
"Alors qu'est-ce qui… Qu'est-ce que tu attends de moi, Potter ? Tu ne peux pas sérieusement prévoir de me dénoncer au Ministère."
La tête de Potter se releva de son assiette. "Non. Je le promet." Il marqua une pause, un regard pensif sur son visage. "Tu fais un travail formidable à la Clinique. Je ne te prendrai jamais ça."
Draco cligna des yeux; toute la colère qui se propageait dans son corps se dissipant. Potter le refaisait, cet ennuyeux petit jeu de séduction propre à lui.
"Tu penses que c'est formidable ? "
"Absolument !" Potter sourit plus largement encore qu'auparavant. "C'est brillant, Draco. Tu es brillant."
Les joues de Draco prirent feu; il pouvait sentir sa figure rougir. "Arrêtes, tu ne le penses pas vraiment."
Potter lâcha l'argenterie et rejoignit l'autre bout de la table, prenant la main de Draco dans la sienne. "Si," insista-t-il.
Draco dégagea sa main de celle de Potter, ses vifs reflexes d'attrapeur plus aussi rapides qu'il l'imaginait. "Arrête. Tu ne peux pas venir ici et foutre ma vie en l'air une nouvelle fois. " Il ferma ses yeux. "Pas après la dernière fois. S'il te plait… Tu t'es amusé… Ne te fous plus de moi. "
"Je ne… J'ai juste…" Potter fronça les sourcils, perdu dans ses pensées. "J'ai besoin de savoir ce qui est arrive. Qu'est-ce que j'ai fais ? Pourquoi es-tu parti ? "
"Tu blagues, n'est-ce pas ? " renifla Draco. "Je suis pas crétin, Potter. Je connais le marché que tu as passé avec Mère. " Il s'arrêta un moment, rassemblant son courage. "Et les lettres."
"Attends… Quoi ? "
"Fait pas l'idiot. Je sais que Mère te forçait à me surveiller… A cause de la dette que tu lui devais pour t'avoir sauvé la vie. " Draco poussa un soupir exaspéré. Après tant d'années, il était bon de tout faire sortir hors de sa poitrine. "Tu ne me dois rien, Potter. On est quittes. Je ne serai pas ton petit animal encore une fois. "
"Draco, tu n'étais pas-"
"Ouais, bien sûr. Pourquoi sinon aurais-tu passé autant de temps avec moi ? M'inviter à dîner… m'enseigner à propos des moldus, m'emmener faire du shopping. " Un rire contraint, maniaque, s'échappa de ses lèvres. "Mon Dieu, j'ai dû te sembler tellement pathétique. Pauvre Malefoy, pas d'emploi, pas de compétence d'aucune sorte. Tu t'es moqué de ça avec tes petits amis ? Tu l'as fait ? "
Draco exultait à présent. Sans même s'en rendre compte, il s'était levé de sa chaise et se tenait devant Potter, lui criant dessus.
"T'es vraiment con, tu sais ça ? "
Potter aggripa Draco et le força à se rasseoir, son visage à quelques centimètres seulement.
"Oui, ta mère m'a demandé de te surveiller, mais c'était plus pour vérifier que ton petit cul ne rejoignait pas Lucius en prison. J'ai fait toutes ces choses car je le voulais. Parce que je t'aime, bordel, espèce de con. "
Avant que Draco ne puisse répondre ou même comprendre ce que Potter lui disait, Potter attrapa sa nuque et le rapprocha de lui, dévorant ses lèvres dans un baiser furieux.
Draco avait embrassé des tas de mecs –d'accord peut-être pas des tas- mais assez pour savoir ce qu'un bon patin voulait dire. Embrasser Potter était différent. Potter embrassait à la manière dont il faisait tout dans sa vie, avec une brute et féroce détermination. Il embrassait Draco comme si le monde s'arrêtait cette nuit et qu'ils étaient les deux seuls personnes sur terre. Peut-être même dans l'univers. Draco n'avait jamais eu un esprit tranquille, des millions de pensées s'agitaient de droite à gauche, mais sitôt que Potter l'embrasse, son esprit devint blanc. La seule chose à laquelle il pouvait penser était Potter. La seule chose qu'il pouvait dire était "Encore".
Leur baiser pouvait avoir duré des heures ou peut-être à peine quelques secondes, mais quand ils se séparèrent, Draco haleta pour retrouver de l'air et était étourdi.
"Potter… Harry ? " sa voix était coincée dans le fond de sa gorge, sa queue douloureusement dure contre son pantalon.
"Je t'aime, d'accord ? " dit Potter, lorsqu'il reprit enfin son souffle. "Je t'ai recherché pendant des mois, des années même… En réalité depuis que j'ai appris que tu n'étais pas en France. "
Draco baissa les yeux au sol. Il n'avait pas envie d'évoquer la France. C'était juste un autre mensonge dans le réseau sans fin des mensonges qui étaient en train de l'étrangler. "Je n'y étais pas. Je n'ai-"
Potter plaça une main sous le menton de Draco et le mena vers lui. "Je m'en fous. Ce qui s'est passé auparavant n'a pas d'importance. Dis-moi simplement que tu ressens la même chose. Que nous pouvons réessayer. "
Draco ferma ses yeux, son cœur battait si rapidement contre sa poitrine qu'il était certain que Potter pouvait l'entendre. Merde, il était certain que ses voisins pouvaient l'entendre.
"Je-je-" il voulait tant cela. L'idée de Potter avec Antonio ou avec n'importe qui d'autre pour l'importance que ça avait le tuait à petit feu. On aurait dit qu'il était sorti d'un horrible cauchemar par une gifle. Mais tout allait trop vite. Pouvait-il vraiment faire confiance à Potter ? Il y avait toujours tellement de questions sans réponses. Il avait besoin de savoir.
"A propos des lettres ? " demanda-t-il, maudissant une nouvelle fois sa nature masochiste.
Harry s'essuya la bouche avec le revers de sa main. "Quelles lettres ? "
Draco soupira et regarda le plafond. "Celles de tes autres amants. Le plus vieux des Weasley et Boot. "
Les yeux d'Harry s'écarquillèrent lorsqu'il réalisa. "Ces lettres d'il y a si longtemps ? "
"Ouais, je les ai trouvées le jour avant que…"
"Tu partes." Harry fronça les sourcils, une évidente expression peinée dans ses yeux. "Je me souviens. Oh mon dieu. Est-ce pourquoi tu es parti ? "
Draco pinça ses lèvres dans un minuscule « O ». Il était parti pour beaucoup de raisons : le marché de sa mère, les lettres, la honte, le désir d'oubli. Pour quelqu'un qui adorait parler, il était difficile pour Draco de mettre des mots sur ses émotions. "En partie."
Harry le regarda dans l'expectative, alors Draco prit une profonde respiration et continua. "Je travaillais déjà à une clinique vétérinaire moldue quand je suis parti. Je ne te l'avais pas dit car j'avais trop honte, mais tu savais pour ma probation. J'étais désespéré et je devais prendre un boulot. "
"Mais, Draco, je n'aurais pas accordé d'importance à ça. "
Draco ouvrit sa bouche puis la referma. Ça devenait difficile. Il devait expliquer cela de la bonne manière. "Je-j'imagine que je savais ça au plus profond de moi… mais ça n'altérait pas ma honte. Et puis il y avait le doute à propos du marché avec ma mère. " Il fronça les sourcils. "Et puis ce jour où je suis finalement parti, j'ai vu ces lettres. Des lettres de non pas un mais de deux mecs différents qui voulaient te baiser… Ou qui te baisaient déjà. " Il observa le plancher encore une fois, le regard fixé sur ses lacets. "Je ne pouvais pas rester. Pas après ça. "
Harry enlaça Draco une nouvelle fois et le rapproche de lui, plantant des baisers sur le sommet de sa tête et murmurant dans son oreille : "Je suis désolé". Sa voix flanchait, de la tension perceptible dans chacun de ses mots. "Si seulement j'avais su. " Il renifla, s'essuyant le nez avec le revers de sa main. "Ces lettres ne signifiaient rien, d'accord ? Oui, j'ai eu un rapide flirt avec Charlie une fois, mais c'était il y a des siècles. Je lui avais écrit dans la journée pour lui dire que j'avais rencontré quelqu'un. " Sa voix était douce, les larmes coulant de ses yeux. "C'est toi que je veux, Draco, personne d'autre. "
Draco leva sa main et essuya les larmes sous les yeux d'Harry. Tout autant qu'il désirait parfois l'étriper, voir Harry pleurer lui brisait toujours le cœur.
"Et Boot," continua Harry, "Je n'ai jamais été avec lui. Il a toujours voulu quelque chose de plus, mais j'avais déjà tout ce dont j'avais besoin. S'il te plaît, crois-moi."
Draco sentit quelque chose se coincer dans sa gorge mais le fit rapidement disparaître. Les Malefoy ne pleuraient pas. Merlin savait que Potter était assez pleurnichard pour eux deux. Il pressa ses lèvres contre celles d'Harry dans un baiser léger et leurs fronts reposèrent l'un contre l'autre.
"Je te crois." Il regarda dans les yeux d'un vert ennuyeux d'Harry. "Je-je suis désolé d'être parti… en laissant simplement cette note et cette excuse pathétique d'un stage. J'aurais dû te faire face et-"
Harry le réduisit au silence avec un autre baiser. "Oublie. Je m'en fous à présent… Ne t'échappe plus à présent, c'est tout. " Ses yeux avait l'air paniqué à nouveau.
"Je suppose que non," dit Draco avec un petit sourire satisfait. "Mais je n'abandonne pas mon boulot… ou mes recherches… ou mon appartement. Et tu dois te faire à moi… m'emmener faire du shopping, me faire des massages, me baiser jusqu'à ce que mort s'ensuive."
Harry secoua la tête et rit, la douleur ayant désormais quitté ses yeux. "Tout ce que tu veux, tant que tu donnes ma carte à tes clients."
Draco soupira. "Ce ne sont pas des clients, Potter. "
"Peu importe… Juste, donne-leur les cartes." Il se rapprocha et son souffle chaud vint chatouiller l'oreille de Draco. « Et je te baiserai jusqu'à ce que mort s'ensuive… n'importe quand… n'importe où. " Sa langue se glissa dans son oreille, avant de mordiller le lobe de la manière qui rendait toujours Draco fou. "Tant que je peux t'appeler, Dr Malfoy. "
L'expression de Draco se transforma en un sourire vicieux. "Voilà un marché, Potter. " Il attrapa les cheveux d'Harry et se positionna contre ses hanches afin que leurs entrejambes se frottent l'une contre l'autre. "Tu ferais mieux de l'entamer. Immédiatement. "
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Six mois plus tard…
Draco ouvrit ses yeux et étira ses bras et ses jambes, faisant craquer ses doigts aussi doucement que possible. Il n'avait pas envie de réveiller la tête chevelue qui gisait à côté à côté de lui. La plupart des matins, Draco n'arrivait pas à croire qu'il n'était pas en train de rêver – Harry était réellement à lui. Harry était entendu auprès de lui, ses membres musclés entortillés sous les couvertures, une jambe débordant du lit et son visage caché sous leur couette de soie, dont seules émergeaient quelques mèches de fins cheveux, noirs comme de l'encre, qui s'éparpillaient sur l'oreiller. Un ridicule sourire d'abruti étira le visage de Draco. Parfois, il avait l'impression de se réveiller dans un lit vide. Potter prenait toujours toutes les couvertures, à côté de leurs deux chiens et chats. C'était étrange d'être la seule personne normale qui appréciait dormir au-dessus des couvertures plutôt qu'en dessous. Il n'était pas sûr qu'ils puissent respirer là-dessous, mais ils semblaient contents, alors il les laissait faire.
C'était un matin frais d'hiver une lumière gelée perçait la fenêtre de la chambre, des restes de neige fraiche saupoudraient les cimes blanches des arbres. Le ciel était gris et sans nuage, le soleil impossible à trouver. Draco auparavant détestait les matins hivernaux comme celui-ci, le fait de se réveiller dans un gigantesque lit vide, sans cheminée pour lui tenir chaud. Il n'avait jamais apprécié dormir seul. Au moins il n'avait plus à se soucier de cela, désormais. Harry était assez chaud pour eux deux.
Quand il avait quitté le monde sorcier, Draco pensait qu'il ne trouverait plus jamais le bonheur. La magie était toute sa vie, la seule chose qu'il connaissait. Oui, il avait trouvé un ami génial en Antonio et était même capable de trouver un job dans lequel il excellait, mais il ne pensait pas pouvoir trouver le réel bonheur une nouvelle fois, surtout sans Harry.
La première fois qu'ils avaient été ensemble, Harry avait été loin d'être le petit ami parfait. Il laissait ses chaussettes sales partout dans l'appartement et n'accrochait jamais ses serviettes mouillées ni ne nettoyait le grille-pain. Parfois, il s'endormait et laissait Draco moisir dans la chambre pendant des heures, attendant un appel qui ne viendrait jamais. Il avait refusé de visiter le Manoir, et pourtant il avait forcé Draco à bien se comporter avec les Weasley. Et même ainsi, Draco ne sortit avec personne d'autre qui puisse le faire ressentir ce qu'Harry lui faisait ressentir.
Antonio avait techniquement était le petit ami parfait. Il ne mettait jamais de désordre dans leur appartement, était un cuisinier merveilleux et un amant tout sauf égoïste. Il n'oubliait jamais de téléphoner s'il allait être en retard, et il laissait toujours des petits mots à Draco disséminé dans l'appartement, lui disant combien il l'appréciait. Mais il n'était pas Harry.
Peu importe combien un autre mec pouvait être génial, personne ne pouvait prendre la place de Harry. Il y avait quelque chose en lui qui attirait Draco comme un papillon à la lumière. Il savait qu'il se brûlerait et peut-être même se désintégrer en million de pièces, mais il était impossible de s'en éloigner. Heureusement pour lui, il semblait que l'attraction était réciproque.
Pendant les six derniers mois, Harry était resté à ses côtés. Il insistait pour réparer le temps perdu. En quelques semaines, Harry avait abandonné son appartement à Pré-au-lard et avait emménagé chez lui. Heureusement, Antonio avait bien voulu prendre Harry comme troisième colocataire. Il avait juste sourit et dit à Draco qu'il pensait que c'était super, surtout que cela signifiait qu'il n'aurait plus à payer désormais qu'un tiers du loyer. Draco accepta et autorisa Antonio à payer son nouveau pourcentage réduit, mais en vérité, Draco n'avait jamais accepté un centime du loyer d'Antonio, pas après tout ce qu'il avait fait pour lui. Le pauvre insistait pour payer son loyer, alors chaque mois Draco transférait l'argent du loyer d'Antonio vers un compte d'épargne qu'il opurrait plus tard offrir à sa sœur ou à sa nièce pour payer l'université. Au final, il savait qu'Antonio l'apprécierait.
Après s'être réconcilié avec Potter, Draco était resté en colère contre Antonio pendant exactement deux semaines, lui réservant un traitement silencieux et le forçant à travailler pendant toutes les matinées de travail de Draco. Il n'avait pas été ravi de supposer son meilleur ami comploter derrière son dos avec son ex-petit copain. Si Antonio avait été à Poudlard, Draco était certain qu'il aurait fini à Poufsouffle tellement son âme était gentille et affectueuse. Mais après ce mauvais coup qu'il avait échafaudé avec Harry, il n'en était plus si sûr. Peut-être que le type avait un peu de Serpentard en lui, après tout.
Draco avait aussi été un peu amer envers Antonio – il avait peur qu'il ne soit secrètement amoureux d'Harry. Pendant les deux premiers mois de leur relation, il garda un œil sur Antonio et Harry en toute situation, les plongeant dans des situations intimes pour voir comment ils réagiraient. Bien sûr, c'était vicieux, un truc de Serpentards, mais Draco avait besoin d'être certain. Ils l'avaient convaincu si complètement qu'ils vraiment sortaient ensemble que Draco avait besoin d'être qu'ils ne le faisaient pas tourner en bourrique.
Cette seconde chance de bonheur, seconde chance de vie, signifiait tout pour Draco. Il ne pouvait pas revenir aux choses telles qu'elles étaient auparavant, à sa demi-vie. Heureusement, il n'avait pas à s'inquiéter. Harry n'avait d'yeux que pour lui, et Antonio avait rencontré une gentille fille qui travaillait dans une animalerie moldue. Après ça, la vie était devenue confortable entre ces trois-là. Harry et Antonio étaient tous deux des parties essentielles et intégrales de sa vie : son sang et son oxygène.
Harry était son oxygène s'il était trop longtemps sans lui, il sentait qu'il avait du mal à respirer, et du mal à voir. Mais Antonio était tout aussi important. D'une façon bien à lui, il gardait Draco stable et sain, l'aidait à ne pas attaquer les plus difficiles des propriétaires d'animaux qui venaient dans leur clinique. Il n'avait jamais imaginé avoir une telle vie : être avec Harry, un Moldu vétérinaire, et leur deux chiens, deux chats, leur perroquet. Quoiqu'il en soit, il ne changerait cela pour rien au monde.
Pendant longtemps, sa vie toute entière avait tourné autour de la magie. Il pensait qu'afin de devenir un grand sorcier, il devait vivre dans un manoir extravagant et tenir une position de pouvoir et de prestige. L'expérience et Harry lui avait appris à faire autrement. Il n'avait besoin d'aucun de ces choses pour être un grand sorcier. Il vivait dans un humble –d'accord, peut-être pas si humble que ça- appartement du Londres moldu, avait une carrière de vétérinaire moldu, mais il était toujours un sorcier. Peut-être même un meilleur sorcier que ce qu'il aurait été s'il avait suivi les traces de son père.
Souvent, la vie n'était pas comme il aurait voulu qu'elle soit. Quand il était enfant, Draco criait et pleurait jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il désirait. Malheureusement, cette stratégie ne marchait pas aussi bien dans la vie adulte. Il avait appris qu'il fallait qu'il attrape la vie par les couilles et qu'il fasse son propre chemin au lieu de pleurer. Cela n'avait pas été facile, mais il avait survécu – et au final, sa récompense était beaucoup plus douce.
Par les boules de Merlin, il devenait un tel idiot. Il en blâma Potter, bien sûr. Le fait qu'ils soient en couple ne voulait pas dire que Potter n'était pas responsable de chaque chose négative qui arrivait dans la vie de Draco. La seule différence était que maintenant Potter avait aussi le crédit de ce qui lui arrivait de bien – comme quand son idée de carte pour le boulot marcha finalement et qu'il envoya tous ses clients chez Draco, et inversement. Oh non, les clients ! Ils étaient probablement déjà en retard.
Draco se gifla pour sortir de ses rêves éveillés et se tourna vers l'horloge. 8h32. Merde, les premiers clients de Potter arrivaient à 9h00. Il avait besoin de réveiller l'idiot.
"Harry ! Harry ! " Draco traversa le lit et secoua la plus grosse couverture qui était toujours coincée sous la larve. Pas de réponse. Potter n'était pas quelqu'un du matin.
"Harry, allez, on va être en retard, " dit Draco, secouant toujours son petit copain paresseux. Mais comme il ne recevait toujours pas de réponse, il arracha les couvertures du lit. En quelques secondes, quatre grognements de protestation emplirent la pièce : un grognement humain, un aboiement, et deux miaulements.
"Doc, arête. C'est dimanche. "
Draco tira la langue aux animaux puis frappe Harry sur la tête. "Je t'ai dit de ne pas m'appeler comme ça, Potter ! Et ton premier client est à 9h00. Tu as oublié ? Un shooting special vacances. "
Frottant ses yeux, Harry s'assit sur le lit et chercha ses lunettes. "Oh, Merlin." Il étira ses bras et grogna. "Pourquoi ai-je accepté un photo shoot un dimanche ?".
Draco roula des yeux. "Ca me tue. C'est tous ces gênes Gryffondor que tu as. " Il évita le regard d'Harry et se déplaça pour dire bonjour à Winston, Harold et Oliver. "Trop de ces gênes m'ont toujours rendu malade. Donc je les évite."
Harry leva le menton et laissa échapper un ricanement aigu. "Oh, ouais, j'avais oublié que tu étais un si gros méchant Serpentard. Tu passes tes journées à soigner des chiots des malades et des chatons."
Draco fronça les sourcils et se pencha pour frapper Harry une nouvelle fois, le poussant presque du lit. "La ferme ! Comme si tu étais mieux." Il s'assit plus droit et croisa ses bras sur sa poitrine. "Au moins je ne prend pas des photos de chiots et de chatons déguisés toute la journée."
Harry rougit, deux taches roses s'élargissant sur ses joues. "Bien, bien. On craint tous les deux." Il se pencha en avant pour lui dire bonjour en l'embrassant, mais Draco lui offrit seulement sa joue.
"Pas avant que tu aies brossé tes dents. Et le temps passe, Potter. Vas-y."
Harry marmonna mais sortit du lit. "Je sais, je sais. " Il traversa la pièce et mit ses sous-vêtements. Draco le regarda puis pris la couverture tombée sur le sol avant de se glisser en-dessous, essayant d'être à nouveau dans une confortable position.
"Tu ne vas pas m'accompagner ? "
Harry était debout dans l'encadrement dans la porte, lui criant dessus. Ses cheveux était encore dans un plus grand désordre que d'habitude, se dressant dans toutes les directions comme si il s'était battu avec un scroutt à pétard et son visage était encore tout endormi et bouffi. Il était adorable, et Draco ne pouvait rien lui refuser. Mais bon, ça ne ferait pas de mal de jouer un peu avec lui.
Il rit : "Ouais, je ne sais pas. Il faitt si froid dehors. Et c'est tellement confortable ici. " Il croisa ses bras derrière sa tête puis coinça sa tête entre l'oreiller d'Harry et le sien. "J'ai tellement plus de place, maintenant."
"Quoi ?" Harry cligna ces yeux d'un vert inimaginable et mordilla sa lèvre inférieure. Il avait l'air d'un petit enfant à qui on avait juste annoncé que Noël était annulé.
"Mais… Nous…"
Draco soupira puis s'assit à nouveau, lançant à Harry son regard le plus sévère. "Eh bien, je suppose que je pourrais t'accompagner," dit-il d'une voix haute, "mais ça va te coûter cher."
"T'inquiètes pas," dit Harry, un grand sourire sur le visage, "Je sors avec ce type qui a plein de succès et qui dirige sa propre clinique. L'argent n'est pas un problème."
Draco roula des yeux avant de sauter du lit. Il y avait un temps, les matins gris d'hivers avaient été sa douche froide, mais maintenant il avait découvert qu'il ne s'en souciait pas tant.
