Titre: Douce Folie...

Auteur: GeekandGamer59

Rated : T

Personnages : Mathieu Sommet – Ses personnalités


Douce Folie

Je m'appelle Mathieu Sommet. Le Youtubeur qui animait la célèbre émission Salut les Geeks, et qui était l'idole de plus de deux millions de fans. Je dit "était", car tout ça n'est plus : un événement est arrivé il y a un an. Nous l'avions appelé La Folie. Elle s'infiltrait tel un virus dans le cerveau des gens et les rendaient fous à lier. En quelques mois, toute la planète fut infectée par ces Fous, puis ravagée. Heureusement, certaines personnes étaient immunisés contre cette maladie psychologique. Je faisais partie de ces chanceux. Par contre, je n'étais pas immunisé contre la mort, et je faisais tout pour ne pas l'oublier. Le Patron, le Hippie, le Geek et toutes mes autres personnalités avaient disparues sans laisser de traces, et après plusieurs jours de recherches, j'avais perdu espoir. Les survivants de la Folie s'étaient réfugiés dans de grandes maisons dans les capitales.

J'errais dans les rues de Paris, vêtu de vêtements chauds. Il faisait nuit noire. Seul le petit écran bleu devant mon œil droit relié à une oreillette me permettait de voir distinctement ce qu'il y avait devant moi. Arthur, l'homme qui m'accompagnait, dirigea son doigt vers son oreillette et dit :

- Début de notre tour de guet. 31 Octobre 2030 à 23h54.

J'étais très inquiet à l'idée de devoir surveiller Paris. Je sortis mon Beretta 92 (merci Wikipédia) de son étui, le pointa devant moi en tremblant légèrement. Arthur me regarda en souriant :

- T'inquiète, mec, c'est plus trop dangereux ici, il n'y a rien à craindre.

Je restai tout de même sur mes gardes. Mon camarade avait le défaut d'être trop sûr de lui, et ça le tuera sûrement. Je me retournais au moindre bruit, que ce soit un chat passant dans la rue où un bruissement de feuilles. Un bruit plus suspect que les autres retentit. Comme le bruit d'une sorte machine. Je levai mon arme à feu, en panique. Tout à coup, je sentis que l'on me poussait. Je tombai et je vis mon ami Arthur, plaqué à terre par une créature cyborg. Le robot avait de grandes ailes de démon couleur corbeau, ainsi qu'une longue queue de diable. Il portait des vêtements noirs, déchirés par endroit. Un costard noir familier... trop familier... ma panique augmenta en voyant la paire de lunettes de soleil noire sur le nez du cyborg, cachant de grands yeux rouges. Un ricanement métallique sortit de la bouche de la créature, me faisant grimacer.

- Alors, gamin, on se ballade tout seul? Dit le cyborg d'une voix tout aussi métallique et grave. Ca tombe bien, le Grand Méchant Loup avait un petit creux...

Profitant du fait que le Cyber-Patron ne m'avait pas remarqué, je sautai sur mes deux pieds tremblants et courut dans une rue au hasard, laissant seul mon ami aux griffes du Patron. J'entendis un hurlement de douleur, ainsi qu'un autre ricanement du cyborg, ainsi qu'un bruit de pas métallique. J'entendais le métal résonner sur le sol. J'accélérais encore. Le pas du Cyber-Patron accéléra aussi, on pouvait même dire qu'il courait, vu la fréquence des bruits de pas. J'entendis la voix chantonner un air que je reconnu et qui me fis frissonner :

- A la pêche aux moules, moules, moules, je suis allé, maman...

Je sentais qu'il me rattrapait, et je commençais à fatiguer, alors j'entrai dans une maison au hasard, et bloqua la porte avec tout ce que je pouvais. Je sentis le Patron essayer de forcer plusieurs fois la porte, mais il arrêta au bout d'un moment. Je soupirais de soulagement et me laisser glisser contre le mur. J'eu soudain un pincement de coeur : le Patron, ma toute première personnalité, la plus forte, avait été atteint par la Folie... et malheureusement, nous n'avons toujours pas trouvé de remède contre ce fléau. Je faillis tomber dans les bras de Morphée, quand j'entendis des pleurs et des sanglots. Je partis dans la direction des bruits : un long couloir sombre... génial... je mis la vision nocturne sur mon petit écran bleu, me permettant de voir nettement devant moi. J'avança tout de même prudemment, conscient du danger. Je remarquai alors que je n'avais plus mon pistolet sur moi, et je recommençais à paniquer. Je me tendis quand je vis un corps en position fœtale au fond du couloir, en train de pleurer, le front appuyé sur les avant-bras. Il était entouré de disques de jeux-vidéos, de cartouches de DS, Gameboy et d'autres consoles de toutes sortes, et je vis deux manettes de Xbox accrochées à son pantalon. Je reconnu alors le Geek, grâce à sa casquette grise vissée à l'envers sur sa tête. Je m'accroupis et mis une main sur son épaule pour le rassurer.

- Ça va, Geek? Demandais-je au garçon.

A l'entente de son nom, le petit tiqua légèrement. J'essuyais les larmes du garçon à la casquette, quand je sentis mes doigts me faire mal. Je les regardais : ils se rongeaient comme si ils avaient touché un produit corrosif. Le petit me regarda avec un regard de fou et souria. Je sursautai quand je vis ses yeux rouges, et surtout l'état de ses joues : elles étaient très abîmées, comme mes doigts, à l'endroit où ses larmes coulaient. Je compris le danger et courus, encore une fois. Soudain, un cri suraigu d'une puissance inimaginable perça mes tympans. J'hurlais de douleur en me bouchant les oreilles, mais je continuais de courir. Je sentais un liquide sortir de mes oreilles se répandant sur mes doigts. Je sortis en trombe de la maison et m'arrêtait quand je vis le Hippie. Il semblait normal. Il avait juste, comme les deux précédents, les vêtements abîmés.

- Hippie! Criais-je à l'attention du camé. Suis-moi, on va trouver un endroit sûr!

- Non... dit le drogué d'une voix glaciale qui ne lui allait pas. C'est toi qui va me suivre...

Je le vis enlever ses lunettes, dévoilant des yeux totalement noir, vides d'expressions. Il me fixa, et je sentis alors partir, comme hypnotisé par son regard. Je me repris et secouai le tête, pour me réveiller de cette étrange transe, et je recommençais à courir, bousculant le Hippie qui se mit à marcher après moi. Je me retournais et mon cœur loupa un battement : le Cyber-Patron, le Geek, et le Hippie étaient derrière moi, un sourire fou aux lèvres.

- Faites que je rêve... faites que je rêve... murmurais-je.

Je continuais à courir, sans destination précise. J'avais pour le moment un seul but : survivre. J'étais à la sortie de la ville quand j'entendis derrière moi la voix métallique du Cyber-Patron :

- Maître, vas-y!

En comprenant ce qui allait arriver, j'écarquillais les yeux. Je commençais à ralentir, à être essoufflé.

- C'est la fin... songeai-je, imaginant toutes les morts possibles et inimaginables. Brûlé, décapité, torturé, dépecé...

J'étais maintenant sur l'autoroute quand j'entendis un grognement animal venant d'à côté de moi. J'eu suffisamment de courage pour tourner la tête, et là, une masse s'appuya sur moi, et m'arrêta dans mon élan, me faisant tomber à terre : Maître Panda me plaquait à terre, qui gardait fermement mes bras coincés dans mon dos, me faisant souffrir. Je regardais derrière mon épaule : le chanteur de l'émission avait la fourrure hirsute, du sang sur le visage et sur son kigurumi, ainsi que des yeux ambrés d'animaux. Il grogna et montra les dents, dévoilant deux grandes canines. Je sentais les griffes du Panda m'écorcher les bras :

- Alors, Mathieu, dit Maître Panda. On est perdu? Tu sais, j'ai faim... mais j'ai envie de jouer un peu d'abord...

Bizarrement, il me lâcha. Je ne réfléchis pas deux fois et m'enfuyais à toutes jambes. Je sentis un poids dans mon dos me faisant trébucher, l'animal m'avait rattrapé, et me faisait trébucher en me poussant et me griffant. Cela dura plusieurs minutes.

- A-arrête! Dis-je essoufflé, à l'attention du Panda. Pourquoi fais-tu ça?

Le Panda sauta dans mon dos, et me plaqua à nouveau à terre, me recouvrant de bleus et d'écorchures. Je le vis sourire, puis il fut pris d'un fou rire suraigu désagréable et hystérique qui dura pendant une minute :

- Tu sais, répondit-il. J'aime bien jouer avec mes proies...

J'eu un déclic et je lui donnais un coup de pied dans la jambe, le faisant crier de douleur. Je sortis de l'autoroute, m'enfonçant dans la verdure. Je courais, courais, sans jamais m'arrêter et sans regard en arrière. Je freinais brusquement : il y avait un trou béant dans le sol, très profond.

- Après tout, ça abrégerais tout... songeais-je en fermant les yeux.

J'entendis le Panda dans les fourrés, et je rouvris les yeux. Je m'étais décidé. Je m'élançais vers le trou, et je sautais sans hésitation. Je vis Maître Panda se pencher au bord du trou en grognant qui essayait de m'attraper. Il me rata. De très peu : je sentis ses griffes frôler ma jambe. Je le vis alors siffler, et j'entendis un autre sifflement plus aigu. Je vis alors une silhouette plonger dans le trou avec moi. Il fondit sur moi, et me happa en plein piqué. Je fermais les yeux, près à m'écraser avec l'autre personne. Je sentis que je tournais sur moi-même, puis je sentis que ma chute ralentissait, puis je sentis qu'on montait. Je rouvris les yeux : je croisais le regard bleu froid de cette personne. Elle portait des lunettes de vue aux verres fissurés, ainsi qu'une blouse blanche déchiré et tâchée de sang par endroit. Ainsi qu'un nœud papillon, avant bicolore, maintenant imbibé de sang. Je remarquais les larges ailes blanches tâchées de rouge dans son dos. Je soupirais de soulagement quand nous sortîmes du trou. Mais je vis qu'il m'emmenait dans Paris, dans une rue particulière. Je le regardais d'un air effrayé, et il me rendit un sourire rempli de folie. Je commençais à me débattre, mais le scientifique me bloqua les bras avec l'un des siens, me serrant avec une force que je ne connaissais pas de lui. Il piqua légèrement et atterrit. J'en profitait pour tenter de m'échapper, mais il me bloqua et mit son bras contre ma gorge, la serrant :

- Calme-toi... murmura-t-il à mon oreille. Tout va bien se passer...

Je sentais l'hypocrisie de ses paroles, mais je le laissais m'emmener dans une des maisons. Il laissa son bras autour de mon cou, me laissant à peine de quoi respirer. Je vis alors le Cyber-Patron, le Hippie hypnotiseur, le Geek aux hurlements mortels, ainsi que Maître Panda l'animal. Ils me regardaient tous avec le même regard de fou. Je sentis alors une lame contre ma gorge : le Prof tenait fermement un couteau et l'appuyait sur ma gorge, faisant couler le sang.

- PeeKa, dit le savant (vraiment) fou, ligote-le.

Je vis alors les yeux rouges du Geek s'illuminer d'une étrange lumière, et les deux manettes de Xbox accrochées à son pantalon commencèrent à léviter au-dessus du sol et vinrent se serrer autour de mes poignets et de mes chevilles. Je sentis alors les fins fils rentrer dans ma peau. Je grimaçais, essayant de ne pas crier. Je sentais le faible courant me traverser le corps.

- Tu sais que tu es la première personne que l'on voulait tuer? Dit le Patron.

- Bien sûr, ça se voit... murmurais-je.

- On va enfin pouvoir accomplir notre dernière mission : tuer le dernier immunisé contre la Folie, et nous aurons enlevé toute trace d'humanité de la Terre! Continua le Geek.

- Non! Si vous étiez ce que vous étiez avant, vous n'auriez jamais dit ça! Je croyais qu'on était amis, frères...

- Ca a changé maintenant, reprit le Panda. Tue le, Prof, avant qu'il ne se rebelle!

- Où vois-tu quelqu'un qui s'appelle Prof? Dit le concerné. Je ne connais pas de personne s'appelant ainsi...

Je sentis la lame s'enfoncer dans ma gorge, étouffant mon cri de douleur. Je m'écroulais à terre, ma vue se brouillait. Mes yeux se fermèrent définitivement, et la dernière chose que j'entendis étaient les rires de folies de mes anciens amis, ainsi qu'un murmure imperceptible : Douce Folie...

C'était Mathieu Sommet de la Toile, pour vous servir.


PS : A la fin de la fic, le Prof dit : "PeeKa, ligote-le". En fait, c'est moi qui ai donné des surnoms aux personnalités folles. PeeKa, est le surnom du Geek. En Anglais, PK veut dire Player Killer (Tueur de Joueur), et si on a un peu d'imagination, ça peut donner Pika (une partie du cri du Pikachu). Ça donne donc le meilleur jeu de mots de tous les temps! C'était la parenthèse : explication!