Voilà le nouveau chapitre ! Désolée je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire en ce moment à cause des partiels :/

Merci à tous ceux qui me suivent et me laissent des reviews! Pas énormément beaucoup d'action dans ce chapitre, mais il faut bien passer par là ^^

Comme prévu, lorsque Mrs Cole les avait accueillis avec très peu de tendresse, et leur avait demandé des explications, Amy avait feint le traumatisme. Dennis n'avait pas eu besoin de faire semblant : il était réellement incapable de parler de ce qu'il s'était passé cette nuit-là, il n'avait d'ailleurs pas réouvert la bouche depuis.

Harry, quant à lui, avait décidé de ne pas jouer la comédie. Mrs Cole n'était pas dupe, elle savait que si Harry était capable de supporter Tom, c'est qu'il avait un esprit fort et qu'il faudrait vraiment y aller fort pour le traumatiser. De plus, il avait participé à cette escapade de son plein gré et non sous la contrainte contrairement à ses camarades. Il avait avoué à la directrice qu'ils étaient sortis pour aller voir la mer. Il avait ensuite raconté qu'ils avaient été pris dans la tempête et que les deux autres avaient eu très peur. Comme punition, les trois orphelins furent de corvée pendant une semaine, mais Harry trouvait que ce n'était pas si terrible comme punition. De toute façon, il était toujours de corvée chez les Dursleys. Mais Mrs Cole savait bien que toute la vérité n'avait pas été révélée et elle demanda à Harry :

- Tom était avec vous, n'est-ce pas ?

Harry fut obligé d'acquiescer d'un signe de tête.

- Je n'ai pas de preuve contre lui, soupira-t-elle. Il était dans son dortoir quand je suis allée voir. Je suis désolée, c'est injuste, mais je ne peux le punir également, et pas non plus lever votre punition. Mais je finirai par le prendre sur le fait, je ne désespère pas.

Harry ne dit rien mais il pensa que Mrs Cole était bien optimiste. Non, jamais elle ne réussirait à coincer Tom, c'était certain.

Pendant toute la semaine qu'ils passèrent à la mer, Tom et Harry s'évitèrent le plus possible, ce qui surprit tout le monde, hormis Amy et Dennis. Cependant, Harry savait que lorsqu'ils rentreraient à l'orphelinat, tout serait différent, puisque Tom et lui partageaient la même chambre. Il redoutait un peu ce moment. Comment réagirait Tom après ce qu'il s'était passé ? Harry avait clairement refusé de le suivre aveuglément comme il l'avait fait jusqu'alors, et avait défendu ses camarades. Il savait qu'en faisant ça, il avait posé un frein énorme à leur amitié naissante. Mais en même temps, Tom était-il vraiment l'ami idéal ? Non, il était horriblement cruel, aussi cruel que Dudley mais bien plus dangereux. Si Harry l'avait suivi, c'était parce que pour une fois, c'était bien plus confortable d'être l'ami du bourreau que la victime…

Lorsqu'ils furent de retour à l'orphelinat, il se passa une journée entière sans que Tom ne partage un mot avec Harry. Mais il ne semblait pas vouloir se venger. Peut-être après tout n'osait-il pas attaquer le garçon qui détenait lui aussi des pouvoirs magiques. Le jour de leur rencontre, Harry s'était défendu, il pourrait très bien recommencer.

Ce fut en début d'après-midi, juste après le déjeuner, que Mrs Cole vint frapper à leur porte.

- Tom ? Il y a quelqu'un qui demande à te voir.

Surpris, Harry jeta un regard à son camarade. Pour la première fois, il vit une lueur de stupéfaction sur son visage. Tom n'avait plus de famille, jamais personne ne lui avait rendu visite en onze ans. Qui pourrait bien avoir envie de le voir ?

A ce moment, un homme de grande taille entra dans la pièce. Il avait une longue barbe de couleur aubrun, des lunettes en demi-lune, le nez cassé, et portait une longue robe couleur prune qui lui donnaient un aspect assez étrange.

- Voici Mr Dumbarton… pardon, Dunderbore. Il est venu te dire… et bien, je vais le laisser t'expliquer. Harry, viens, je pense que nous devrions les laisser.

Harry se dirigea vers la porte, et il croisa le regard pétillant de ce Dumbledore qui lui adressa un sourire bienveillant. Mrs Cole ferma la porte derrière lui et lança :

- Allez va jouer un peu dehors avec les autres. Au moins, vous serez tranquilles pendant quelques minutes, ajouta-t-elle en faisant un signe de tête en direction de la chambre où se trouvait Tom.

Harry fit mine de lui obéir, mais dès que la directrice eut disparu, il se hâta de faire demi-tour et vint coller son oreille contre la porte. Cet homme étrange portait une robe, tout comme celui, inanimé, qu'il avait trouvé dans le parc…et il venait voir Tom, la seule personne hormis lui-même qui savait faire de la magie. Il devait en savoir plus…

« Qui êtes-vous? » entendit-il.

« Je te l'ai dit. Je suis le Professeur Dumbledore et je travaille dans une école nommée Poudlard. Je suis venu t'offrir une place à mon école - ta nouvelle école, si tu souhaites venir. »

Une nouvelle école ? Qui l'avait inscrit si Tom n'avait plus de famille ? Ca n'avait pas de sens. Est-ce que ça voulait dire que Tom allait quitter l'orphelinat ?

Il entendit ensuite Tom crier même s'il ne distingua pas ce qu'il disait. La voix de Dumbledore, en revanche, restait très calme.

« Poudlard, » continua Dumbledore comme s'il n'avait pas entendu les derniers mots de Jedusor, « est une école pour des gens avec des capacités spéciales - »

« Je ne suis pas fou! C'est lui qui m'a dénoncé, n'est-ce pas ? Les autres ont trop peur…mais c'est idiot, parce que lui aussi est comme moi»

« Je ne sais absolument pas de quoi ou de qui tu parles mais peu importe. Je sais que tu n'es pas fou. Poudlard n'est pas une école pour les gens fous. C'est une école de magie. »

Harry crut que son cœur allait s'arrêter de battre. Avait-il bien entendu ? Cet homme venait il de parler de magie ? Les Dursleys n'avaient cessé de lui répéter que la magie n'existait pas. Bien sûr, il savait que c'était faux, il en était encore plus certain depuis qu'il avait rencontré Tom. Mais il pensait que Tom et lui étaient des cas à part. Et qu'en aucun cas, un adulte ne les croirait s'ils en parlaient. Et pourtant ce Dumbledore semblait être au courant de l'existence de la magie. Il parlait même d'une école. Cela voulait dire qu'il y avait d'autres enfants comme eux. Surement un grand nombre, suffisamment pour ouvrir une école. Pourquoi Harry n'en avait jamais croisé d'autres avant Tom ?

Mais quelque chose d'autre l'inquiétait. Dumbledore était venu chercher Tom pour qu'il vienne dans cette école. Mais pas lui. Il songea avec amertume que ses pouvoirs n'étaient peut-être pas assez puissants. Il était loin d'être aussi fort que Tom… Ou alors les parents de Tom savaient qu'il aurait des pouvoirs –peut être en avaient-ils aussi – et ils l'avaient inscrit avant même sa naissance. Harry songea alors à ses parents. Etaient-ils comme lui ? Savaient-ils utiliser la magie ? Pendant une fraction de seconde il s'étonna qu'ils ne l'aient pas inscrit à cette école dès sa naissance, lui aussi. Puis il se rappela que s'il était bel et bien inscrit, son entrée dans cette école ne se ferait pas avant cinquante ans ! S'il était resté chez les Dursley, est-ce qu'un homme ou une femme habillé bizarrement serait venu toquer à la porte pour lui dire de venir dans cette école de magie ? C'était tellement improbable… en plus, les Dursley n'auraient jamais laissé quelqu'un d'aussi étrange que Dumbledore entrer chez eux.

« Je savais que j'étais différent, je savais que j'étais spécial. Toujours j'ai su qu'il y avait quelque chose. »

« Et bien, tu avais raison, dit Dumbledore. Tu es un sorcier. »

Tout cela paraissait trop irréel à Harry. Il savait qu'il avait des pouvoirs…mais de là à être nommé « sorcier ». Il n'en avait pas vraiment une bonne image, à cause des nombreux livres pour enfants où ils étaient considérés comme les méchants. Harry se douta que ce n'était pas le cas, Dumbledore avait l'air très bienveillant. Mais lui ? Un sorcier ? Non, il n'était qu'un enfant, un enfant orphelin, maltraité par son oncle et sa tante, et maintenant enfermé dans un orphelinat miteux. Il était juste lui, juste Harry.

« Si, comme je le crois, tu acceptes ta place à Poudlard. »

« Bien sûr que oui! »

« Dans ce cas tu t'adresseras à moi en tant que 'professeur' ou 'monsieur'. »

Harry se rendit compte que la conversation devenait tendue. Tom commençait à redevenir l'enfant arrogant. Mais allait-ce faire le même effet avec cet homme ? Il savait faire de la magie lui aussi, il n'avait pas de raison de craindre Tom…

Par la suite, tout ce qu'Harry entendit fut un grand souffle, suivit d'un cri de Tom. Il vit de la fumée passer sous la porte. Pendant un moment, il se demanda s'il ne devrait pas rentrer dans la chambre pour voir ce qu'il se passait. Il y avait probablement le feu, et Harry aurait parié que c'était encore un méfait de Tom, s'il ne l'avait pas entendu crier. Le vieux sorcier avait-il attaqué Tom ? Il hésita à aller chercher Mrs Cole, mais la fumée devenait de plus en plus épaisse, et lui piquait les yeux. Une quinte de toux incontrôlable le prit soudainement, et la porte s'ouvrit à la volée.

La fumée se dissipa et Harry aperçut le vieil homme assis sur le lit de Tom, bien trop loin de la porte pour avoir pu l'ouvrir à la main.

- Il semblerait que le respect de la confidentialité ne soit pas un concept mieux connu que celui de la propriété dans cet orphelinat.

Harry baissa les yeux. Le regard de cet homme était vraiment transperçant, et le reproche qu'il pouvait y lire était insupportable.

- La propriété ? s'étonna Tom.

- Je crois qu'il y a quelque chose qui essaie de sortir de ta penderie.

Et en effet, un petit bruit de ferraille s'y faisait entendre. Pour la première fois, Tom parût effrayé.

- Ouvre la porte, dit Dumbledore.

Tom hésita, puis traversa la pièce et ouvrit grand la porte de la penderie. Sur l'étagère la plus haute, par-dessus un tas de vêtements usés jusqu'à la corde, une petite boîte en carton remuait et cliquetait comme si plusieurs souris frénétiques y étaient enfermées.

- Sors-la ! dit Dumbledore.

Tom descendit la boîte qui tressautait. Il semblait troublé.

- Y a-t-il quoi que ce soit dans cette boite que tu ne devrais pas avoir en ta possession? demanda Dumbledore.

Tom jeta à Dumbledore un long regard nettement calculateur.

- Oui, je suppose que c'est le cas, monsieur, répondit-il finalement d'une voix vide d'expression.

- Ouvre-la ! dit Dumbledore.

Tom enleva le couvercle et renversa le contenu sur le lit sans le regarder. Harry, qui s'attendait à quelque chose de beaucoup plus excitant, vit des petits objets du quotidien entremêlés les uns aux autres: un yo-yo, un dé en argent et un harmonica terni en faisaient partie. Une fois sortit de la boîte, ils arrêtèrent de bouger et restèrent bien tranquille sur les minces couvertures. Alors comme ça Tom volait également des jouets et babioles à ses camarades ? Harry n'était pas au courant de cela, mais ça ne l'étonna guère.

- Tu rendras tout ceci à leurs propriétaires avec tes excuses, dit Dumbledore calmement, rentrant sa baguette dans sa veste. Je saurais si cela a été fait. Et sois prévenu : voler n'est pas toléré à Poudlard.

Puis il se tourna vers Harry.

- Quant à toi, ton méfait te semble peut être moins grave, mais je dois dire que la situation est embêtante, très embêtante. Tu as entendu des choses dont tu ne devrais pas avoir connaissance.

- Euh…monsieur, demanda Tom, avec une voix étonnement plus timide que d'habitude.

- Oui, Mr Jedusor ?

- Harry aussi il fait de la magie. Pourquoi vous ne lui avez pas demandé de venir aussi à Poudlard ?

Le professeur sembla soudain abasourdi.

- Non, tu dois te tromper.

- Je vous jure, professeur, je l'ai vu faire.

Le vieil homme questionna Harry du regard.

- C'est vrai. Ca fait des années qu'il se passe des choses étranges autour de moi. J'ai compris ce que c'était quand j'ai rencontré Tom et que j'ai découvert qu'il avait des pouvoirs aussi.

- C'est étrange, murmura Dumbledore dans sa barbe.

- Mes parents sont morts depuis des années, ils n'ont peut-être pas eu le temps de m'inscrire… avant, proposa Harry.

- Non, ce n'est pas ça. C'est le cas de ton ami Tom aussi. Et beaucoup de sorciers naissent de parents moldus.

- Moldus ? s'étonna Tom.

- On nomme ainsi ceux qui n'ont pas de pouvoirs magiques. Mais le ministère de la magie dispose de systèmes puissants capables de détecter la magie dès qu'elle se déclenche chez un jeune sorcier. Pourtant, nous ne t'avons pas détecté, c'est très étrange.

- Si vous ne le croyez pas, il peut vous faire une démonstration ! s'exclama Tom.

- Non, ce ne sera pas nécessaire. Je sens une aura magique en lui. Tu seras également accueilli à Poudlard, Harry, n'aie aucune inquiétude là-dessus. Il faut juste que je trouve ce qui a posé ce fâcheux problème. Et régler quelques problèmes administratifs, pour que tu sois officiellement inscrit dans les registres de Poudlard. Mais ne t'inquiète pas pour ça, je m'occupe de tout. En revanche, j'avais amené la lettre d'admission pour Tom, mais je n'en ai pas pour toi. Il y a la liste des affaires à acheter, vous la partagerez, ça vous convient ?

- Je n'ai pas d'argent, coupa Tom.

- Moi non plus, avoua Harry.

- Voilà qui peut être facilement arrangé, dit d'un ton rassurant. Il y a des fonds pour ceux qui ont besoin d'un soutien financier pour acheter leurs livres et uniformes. Je vais aller au plus vite à la banque pour te faire ouvrir un coffre, Harry. Vous devrez peut être acheter des livres de sorts et autres d'occasion, mais-

- Où est-ce qu'on achète des livres de sorts ? questionna Tom. - Au Chemin de Traverse, dit Dumbledore. Je peux vous aider à tout trouver …

- Vous venez avec nous? demanda Harry, surpris.

- Certainement, si vous…

- Nous n'avons pas besoin de vous, le coupa Tom. Comment vous arrivez à ce Chemin de Traverse - monsieur ? ajouta-t-il en croisant le regard de Dumbledore. Harry pensait que Dumbledore allait insister pour les accompagner mais une fois de plus il fut surpris. Dumbledore tendit à Tom l'enveloppe contenant la liste de fournitures, puis, après leur avoir expliqué précisément comment se rendre au Chaudron Baveur depuis l'orphelinat, il dit:

- Tu seras capable de le voir, les Moldus autour de toi par contre ne pourront pas. Demande après Tom le serveur, c'est assez facile à retenir puisqu'il porte ton nom…

Jedusor eut un geste irrité, comme s'il cherchait à chasser une mouche lui portant sur les nerfs.

-Tu n'aimes pas le prénom 'Tom'?

- Il y a beaucoup de Tom, marmonna Jedusor, puis comme s'il ne pouvait retenir la question, comme si elle lui brûlait les lèvres en dépit de ses efforts, il demanda:

- Est ce que mon père était un sorcier ? Il s'appelait Tom Jedusor lui aussi, ils me l'ont dit.

- J'ai peur de ne pas le savoir, dit Dumbledore d'une voix douce.

- Ma mère ne pouvait pas faire de magie, sinon elle ne serait pas morte, dit Jedusor plus pour lui-même que pour Dumbledore. Ça devait être lui. Donc - quand nous aurons toutes nos affaires de classe - quand est-ce que nous allons venir à Poudlard ?

-Tous les détails sont sur le deuxième parchemin à l'intérieur de cette enveloppe, dit Dumbledore. Vous partirez de King Cross le premier septembre. Dans l'enveloppe, il y a également un billet de train. Evidemment, je t'enverrai le tien, Harry, avant la fin des vacances.

Harry était totalement chamboulé par la visite de Dumbledore à l'orphelinat. Il n'arrivait toujours pas à réaliser ce qu'il s'était passé et ce qu'il avait entendu. Il était heureux d'avoir échappé aux Dursley et de s'être trouvé un ami, cependant il devait avouer que la vie à l'orphelinat n'était pas très drôle. Mais Tom et lui allaient partir d'ici, ils allaient entrer dans une école, et pas n'importe laquelle, pas un vieux collège de banlieue où les Dursley prévoyaient de l'envoyer. Non, il irait dans une prestigieuse école de magie !

Il sentait que Tom était également surexcité à l'idée d'entrer à Poudlard et de pouvoir développer ses dons, même s'il ne le montrait pas et gardait son habituel air impassible. En tout cas, ni l'un ni l'autre n'avait eu la patience d'attendre très longtemps, et le lendemain de la visite de Dumbledore, ils étaient partis en quête de ce fameux Chemin de Traverse, où ils devraient acheter leurs affaires scolaires.

Mrs Cole les avait autorisés à y aller, mais elle n'avait cessé de leur répéter d'être prudents et leur avait demandé de rentrer à l'orphelinat avant dix-huit heures. Ainsi, ils étaient partis, le sourire aux lèvres, dans les rues de Londres. Grâce aux instructions du vieux sorcier, ils avaient facilement trouvé l'enseigne du Chaudron Baveur. Il semblait en effet que les moldus passaient devant le lieu sans le remarquer. En même temps, le pub était assez lugubre, et Harry ne fut pas étonné que personne ne veuille s'y aventurer.

Pourtant lorsqu'ils entrèrent, il se rendit compte qu'il s'était trompé : le pub était plein à craquer ! En revanche les personnes qui étaient installés en train de boire avaient tous une apparence assez inquiétante. Ils étaient pour la plupart vêtus d'une cape sombre, parfois miteuse, et Harry remarqua qu'un des sorciers était borgne et il eut un frisson. La plupart des regards s'étaient tournés vers eux. Tom ne sembla pas dérangé le moins du monde d'être le centre de l'attention et il s'avança d'un pas décidé vers le bar.

- C'est vous Tom ? demanda-t-il d'un air hautain.

- Oui, répondit l'homme. Il paraissait assez jeune, cependant il commençait déjà à se dégarnir. Je suppose que vous voulez aller au Chemin de Traverse, lança-t-il après avoir reluqué les deux jeunes garçons.

Ils acquiescèrent et le barman leur fit signe de le suivre. Il se dirigea vers une petite porte à l'arrière de l'établissement. Harry commençait à se demander si c'était une bonne idée de suivre cet homme étrange, qui les emmena dans une petite cour derrière le bar. Et si c'était un piège ? Tom ne semblait pas inquiet le moins du monde en revanche.

Maintenant qu'ils étaient dans la petite cour, il n'y avait devant eux qu'un grand mur de brique. Le barman sortit de sa poche ce qui semblait être une baguette en bois, et tapota une des briques rougeâtre du mur. Harry se demanda s'il était fou, mais rapidement il constata avec admiration que les briques se déplaçaient pour laisser un passage dans le mur ! L'excitation qu'il avait ressentie lors de la visite du Dumbledore refit surface, mais Tom fut plus rapide que lui à s'avancer. C'est alors qu'ils découvrirent la large allée bondée de monde.

Tout ce qui se trouvait devant les yeux d'Harry semblait irréel. Que ce soient les gens qui se promenaient joyeusement, accoutrés de longues robes et vêtus de chapeaux pointus, les objets incroyables qu'ils transportaient ou achetaient, jusqu'aux vitrines étincelantes des magasins. Rien ne paraissait ordinaire ici, comme si cela venait d'un film ou d'un monde parallèle. Tandis qu'ils avançaient dans la foule, les deux jeunes garçons ne savaient plus où donner de la tête tellement il y avait de choses merveilleuses qui les entouraient. Ils finirent par diriger leur regard l'un vers l'autre et se lancèrent un sourire complice.

Ils savaient qu'ils avaient un horaire à respecter, ils savaient qu'ils devaient passer à Gringotts, la banque des sorciers avant de faire leurs courses, mais malgré tout ils ne pouvaient s'empêcher de s'arrêter devant chaque vitrine pour la contempler. Harry fut particulièrement ébahi devant la boutique qui vendait des balais volants. Ça devait être tellement génial de monter là-dessus ! Tom, quant à lui, s'intéressait à la boutique de l'apothicaire qui présentait de nombreux ingrédients très étranges et peu ragoutants.

Cependant, Harry finit par sortir de sa contemplation du Brossdur 4 et ils continuèrent de traverser la grande allée. Enfin, ils arrivèrent au bout, où se dressait probablement le plus grand bâtiment de la rue. Harry n'avait jamais vu une banque aussi grande chez les moldus. Le bâtiment était incroyable. C'est alors qu'ils aperçurent devant la grande porte en argent, de petites créatures bien étranges. Plus petites d'une tête que les deux jeunes garçons, elles possédaient de longs doigts fins, et n'avaient pas l'air très gracieuses. A côté d'eux, il y avait un panneau, où étaient inscrits les mots suivants :

« Entre ici étranger si tel est ton désir,

Mais à l'appât du gain renonce à obéir,

Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,

De sa cupidité, le prix devra payer.

Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,

D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien,

Voleur tu trouveras, en guise de richesse,

Le juste châtiment de ta folle hardiesse. »

Harry se rendit compte que la banque devait regorger d'incroyables trésors pour être aussi bien sécurisée. Tom en avait visiblement tiré les mêmes conclusions, car Harry vit une lueur d'excitation dans ses yeux. Cela l'inquiéta. Harry n'avait jamais eu d'argent, et il se doutait que Tom non plus. La richesse semblait comme un rêve à ses yeux, et c'était probablement le cas pour Tom également. Mais il espérait que son ami n'irait pas faire de bêtises. Maintenant qu'il était dans un monde de sorciers, il aurait beaucoup plus de mal à rouler les autres. Et commencer sa vie dans le monde magique en cambriolant une banque n'était certainement pas une bonne idée.

Mais Tom n'en fit rien, et après être entrés dans le grand hall tout en marbre, le jeune homme avança d'un pas assuré vers un des comptoirs.

- Bonjour, nous devons récupérer de l'argent dans notre coffre.

La créature lui lança un regard noir, mais Tom ne cilla même pas.

- Vous avez la clé ?

Les deux garçons se regardèrent d'un air étonné. Dumbledore ne leur avait rien donné du tout.

- Nous sommes des élèves de Poudlard, continua Tom. Il y a des fonds pour nous.

- Vos noms, s'il vous plait.

- Tom Jedusor.

- Harry Potter.

Il parcourut du regard une des nombreuses feuilles qu'il venait d'extraire d'un dossier. Il écrivit quelque chose à l'aide d'une longue plume noire, et ajouta :

- Mon collègue va vous amener aux coffres, si vous voulez bien le suivre.

Harry se tourna et vit qu'un autre gobelin attendait devant une des nombreuses portes qui se trouvaient dans l'immense hall. Il se dirigea vers lui en compagnie de Tom. Le gobelin leur fit un signe de tête mais ne dit pas un mot, visiblement ces créatures n'étaient pas très bavardes.

Ils entrèrent dans un long tunnel sombre, où se trouvaient des rails sur lesquels les attendaient un petit wagonnet. Le gobelin leur fit signe de monter dedans. Harry se demandait vaguement si c'était une bonne idée. Il ne voyait pas où menaient les rails à cause de l'obscurité, et le wagonnet ne paraissait pas de toute jeunesse et il émit des craquements inquiétants lorsqu'ils montèrent à bord.

Harry se demanda vaguement comme ce transport fonctionnait, quand le wagonnet démarra à pleine vitesse. C'est alors que la réponse lui apparut, et il songea que c'était évident : la magie. Après une dizaine de secondes sur terrain plat, ils se retrouvèrent au bord d'un grand gouffre. Ils eurent l'impression de tomber en chute libre tellement la pente des rails devint raide, presque verticale. Harry dut se retenir de ne pas crier. Mais en fait il avait simplement le souffle coupé, et il crut un moment que son cœur s'était arrêté de battre.

Après quelques autres descentes et une poignée de loopings, le wagon s'arrêta brusquement et Harry eut l'impression d'être dénuqué.

Il sortit du wagon en titubant mais il avait envie de rire de cette expérience même s'il avait eu un peu peur au début. Cependant, il regarda les deux autres et constata que ni le gobelin ni son ami ne semblaient avoir ressenti la moindre émotion suite à ce voyage. Lorsqu'Harry, un sourire amusé aux lèvres, croisa le regard de Tom, celui-ci roula des yeux, blasé à l'idée que son ami ait pu trouver ce petit voyage amusant.

- Coffre n°877, annonça le gobelin de sa petite voix éraillée, tout en sortant une clé. Mr Jedusor, je vous en prie.

La porte s'ouvrit sur le coffre. Harry découvrit des petits tas de pièces répartis dans la pièce. Il n'y en avait pas une quantité incroyable mais c'était déjà énorme, songea Harry. Tom prit environ un tiers du contenu du coffre, en espérant que ce soit suffisant pour acheter ses affaires. Harry ne put s'empêcher de loucher sur les grosses pièces, et constata qu'elles étaient très différentes de l'argent moldu. Certaines étaient en bronze, d'autres en argent, et enfin, plus rarement, en or. Il songea qu'ils allaient avoir du mal à comprendre le fonctionnement de l'argent sorcier et que ça allait être compliqué, au début.

Mais il se détourna de Tom et de son butin, car le gobelin les emmenait désormais dans le coffre voisin, le 878, où Harry allait récupérer son argent. Son propre argent, à lui et lui seul. Enfin.