Salut tout le monde ! Voilà la suite, un tout petit peu en retard :p Encore un chapitre assez calme, mais que j'aime beaucoup j'espère que vous l'apprécierez aussi ! Merci à tous de me lire et de me laisser des reviews :)
Les semaines qui suivirent, Harry eut l'impression de vivre une double vie. La première, était celle qu'il avait connue depuis septembre. Il passait son temps avec Draco, Crabbe et Goyle, en cours, dans la salle commune, etc. Et le reste du temps, il échappait discrètement à ses amis Serpentardesques et rejoignait Ron et Hermione. Il ne savait pas s'il pouvait qualifier leur relation d'amitié. Il avait plutôt l'impression que cette relation ne tenait que par une chose : l'enquête qu'ils menaient. Ils étaient tous les trois déterminés à découvrir quel était cet objet si bien gardé, et à trouver des preuves que Rogue essayait bien de le voler.
Malgré leur implication, ils ne trouvaient rien du tout. Harry avait pourtant l'impression d'avoir déjà entendu le nom « Flamel » mais il ne pouvait se rappeler où.
Avec tout cela, l'hiver arriva et le château fut bientôt recouvert d'une couche de neige qui le rendait encore plus magnifique que d'habitude. Les élèves commençaient à parler des vacances de Noël et de leur retour chez eux. Harry était certain d'une chose, il ne rentrerait pas chez les Dursleys. Il se sentait chez lui ici et ce serait le meilleur endroit pour passer Noël. Il fut cependant un peu déçu lorsque Draco lui annonça qu'il ne restait pas à Poudlard, Crabbe et Goyle non plus.
Hermione aussi partait pour les vacances. Elle avait demandé à Harry et Ron de continuer les recherches pendant son absence. Mais en réalité, Harry était un peu inquiet à l'idée de se retrouver seul avec Ron. Malgré leur réconciliation, il y avait toujours une sorte de tension entre eux. Harry se dit qu'ils continueraient probablement leurs recherches chacun dans leur coin et viendraient prévenir l'autre s'ils trouvaient quelque chose d'intéressant.
Au final, Harry put s'impliquer à fond dans les recherches. Maintenant que Draco n'était plus là, il pouvait amener des paquets de livres de la bibliothèque dans la salle commune sans que son ami ne pose des questions. Il n'avait plus besoin non plus de trouver des excuses pour justifier ses longues absences.
Mais il arrivait de moins en moins à trouver cette enquête passionnante. Maintenant qu'il était seul, c'était beaucoup moins drôle. En plus, il ne pouvait s'empêcher de regarder par la fenêtre les autres enfants jouer à s'envoyer des boules de neige ensorcelées.
Le matin de Noël, il se leva et trouva dans la salle commune une poignée de Serpentard surexcités. Mal réveillé, il s'affala dans un fauteuil, et une fille de deuxième année lui demanda :
- Tu ne l'ouvres pas ? Je peux le prendre si tu n'en veux pas !
- Quoi ? s'étonna Harry. J'ai reçu un cadeau ?
Il se jeta au pied de la pile de cadeau à la recherche de celui qui lui appartenait. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il réalisa qu'il y en avait trois !
Le premier était de la part d'Hagrid. C'était une flute en bois grossièrement taillée et Harry décida qu'il l'essaierait quand il serait seul. Le second venait de Draco. C'était une plume de paon élégante, et elle était tellement immense qu'Harry se demanda comment il pourrait écrire avec ! Le dernier paquet n'était pas signé. Il déchira le paquet et trouva une cape argentée, très fine et aux reflets luisants.
Harry passa une main dessous pour la prendre et la laissa tomber de surprise. Pendant quelques instants, son bras avait disparu ! Les autres n'avaient rien remarqué mais il n'osa pas toucher l'objet à nouveau. Il vit alors qu'il y avait un petit mot écrit avec.
« Ton père m'a laissé ceci avant de mourir. Il est temps que tu en hérites. Fais-en bon usage.
Très joyeux Noël. »
Harry était perplexe. Pourquoi la personne n'avait-elle pas signé si c'était un ami de ses parents ? Il savait qu'Hagrid avait connu ses parents mais ça ne pouvait être lui.
Il remonta dans son dortoir. Il ne pensa même plus à essayer la flute et reporta toute son attention sur la cape. Il la prit de nouveau et l'enroula autour de lui. Son corps disparut au même instant ! C'était incroyable ! Cette cape permettait de devenir invisible !
Trop occupé par ce cadeau mystérieux, Harry ne vit pas la matinée passer et descendit déjeuner très tard. Les tables, déjà peu remplies pendant les vacances, étaient presque totalement vides. Celle des Serpentards était déserte, et Harry s'y installa pour prendre son repas.
- Salut…euh, je peux m'asseoir ?
Harry leva la tête et fut surpris de voir Ron.
- Euh, oui si tu veux.
- Je me suis enfui de la table des Gryffondors, Fred et George ne me lâchent pas depuis ce matin. Ils veulent absolument que je porte cet horrible pull violet que ma mère m'a offert. Je sais que c'est la table des Serpentards, mais comme il n'y a personne…tu as été gâté ?
- Oh oui, beaucoup plus que je m'y attendais.
- C'est super ça ! Ca te dit de jouer aux échecs ?
- Je ne sais pas y jouer…
- Pas grave, je vais t'apprendre.
Finalement, Harry passa toute sa journée de Noël à jouer aux échecs version sorcier dans la grande salle et il trouva cela tout à fait amusant – plus que la version moldue en tout cas.
Il se sentait beaucoup plus détendu ce soir-là. En fait même s'il n'avait rien fait d'exceptionnel c'était probablement le meilleur Noël de sa vie ! Pourtant, il n'arrivait pas à rester tranquille. Il ne cessait de faire glisser la cape argentée entre ses mains en se posant un millier de questions.
Il s'en recouvra, et après s'être assuré que personne ne l'avait vu, sortit de la salle commune. Ron et lui n'avaient pas beaucoup avancé dans leurs recherches pendant les vacances, et même s'ils risquaient de s'y remettre ensemble dès le lendemain, Harry savait qu'il avait une chance à ne pas manquer ce soir-là.
Il avait l'impression d'avoir regardé dans chacun des livres de la bibliothèque…sauf ceux de la réserve. Et il avait une chance de pouvoir y remédier ce soir-là. Il avait presque du mal à reconnaître a bibliothèque dans la pénombre. Les gros ouvrages alignés sur les étagères paraissaient presque menaçants, vus de nuit. Il atteignit la Réserve et s'arrêta devant un rayon. Il ne savait pas par où commencer, alors il tira un livre un peu au hasard. Il posa sa lanterne et entreprit d'ouvrir l'ouvrage aux pages poussiéreuses.
Il ne s'attendait pas à ce que le livre se mette à hurler. Pris de panique, il referma le livre, et il reçut plein de poussière à la figure. Il le reposa et après avoir récupéré sa lanterne et remit la cape sur lui il entreprit de déguerpir le plus vite possible. Son cœur passa à deux doigts d'exploser lorsqu'il entendit des pas approcher. Rusard ! Le vieux concierge était là, comme par hasard ! Il avait dû entendre le cri du livre. Harry voulait courir mais il craignait de faire du bruit. Il alla même jusqu'à retenir son souffle au cas où on l'entendrait.
Il pensa que la situation ne pouvait pas être pire jusqu'à ce qu'il entende la voix de Rogue répondre à Rusard. Il fallait qu'il file le plus rapidement possible. Il se faufila dans une pièce qui se trouvait être une salle de classe désaffectée. Il colla son oreille à la porte mais visiblement Rogue et Rusard ne l'avaient pas suivi. Il soupira de soulagement.
C'est alors qu'il se retourna et qu'il le vit. Au fond de la salle se dressait un immense miroir avec un cadre d'or sculpté de divers motifs. Harry enleva sa cape et s'approcha de cet étrange objet. Il ne vit tout d'abord que son propre reflet, mais tandis qu'il approchait, il vit se dessiner deux autres reflets derrière lui. Il retint un cri de surprise et se retourna, mais la pièce était aussi vide qu'auparavant. Il fixa alors les deux silhouettes et se rendit compte de plusieurs choses. L'homme avait les mêmes lunettes rondes que lui et ses cheveux noirs étaient en bataille. La femme à ses côtés était quant à elle très jolie, avec de longs cheveux roux et des yeux verts –comme les siens.
- Papa ? Maman ?
Ses parents lui sourirent et Harry tendit une main vers le miroir, les yeux humides. Pourquoi ne pouvait-il pas les atteindre ? Ses parents étaient là, sous ses yeux et il ne pouvait même pas les serrer dans ses bras. Pourtant, il resta là à les contempler, et peu après d'autres silhouettes apparurent.
L'une d'elle était assez massive et Harry fut étonné de voir la version jeune de Rubeus ! A côté de lui, l'autre garçon n'était autre que Tom. Tous deux lui souriaient, tout comme ses parents, et contrairement à d'habitude, ils n'essaient pas de s'entretuer. Harry se rendit compte que ce que lui montrait ce miroir était exactement ce qu'Harry définirait comme le bonheur. Sa famille, ses amis qu'il avait dû quitter, et qui lui manquaient atrocement… Ron, Hermione, Draco, étaient bien gentils mais ce n'était pas pareil. Hagrid avait vieilli, il n'était plus élève, ce n'était plus la même chose. Harry se demanda si ce miroir montrait le passé. Tom et le jeune Hagrid venaient du passé, tout comme ses parents. Etait-ce qui aurait attendu Harry s'il était resté en 1940 ? Il aurait passé sa scolarité avec Tom et Hagrid –peut-être aurait-il réussi à les réconcilier – et peut-être aurait-il vécu assez vieux pour rencontrer ses propres parents ! Harry n'avait jamais pensé à ça !
Mais au lieu de tout ça, il était là. Seul avec la cape de son père défunt, dans une classe désaffectée, avec le concierge et un professeur à ses trousses, et aucun ami à qui parler de ses inquiétudes. Jamais le Poudlard de cette époque ne pourrait être pareil que celui qu'il avait connu. Il en voulait à Dumbledore de l'avoir renvoyé ici, sans penser aux conséquences.
Les jours suivants, il reprit les recherches avec Ron, mais il ne pouvait se concentrer. Il n'arrivait pas à s'empêcher de penser au miroir, et chaque soir il y retournait, caché sous sa cape. Il restait parfois des heures entières à contempler ses parents, Rubeus et Tom. Il profitait intensément de chacun de leur sourire et il se sentait comme léthargique à chaque fois pendant ces moments-là. Il lui semblait que plus rien ne pouvait l'atteindre, que plus rien d'autre en ce monde ne comptait.
Mais un jour, il fut sorti de sa torpeur.
- Tu es encore là, Harry ?
Le professeur Dumbledore se tenait derrière lui. Harry ne l'avait pas entendu entrer.
- Comme des centaines de personnes avant toi, tu as goûté au bonheur de contempler le miroir du Rised.
- Je ne savais pas qu'on l'appelait comme ça.
- Mais tu as compris ce qu'il fait ?
- Il me montre ma famille…mais également…le passé ?
- Non il te montre ta famille car tu ne l'as jamais connue et c'est ton plus grand désir de les rencontrer.
- Pourtant, il me montre également Rubeus et Tom.
Il vit que le directeur était extrêmement mal à l'aise, mais il se reprit.
-Eux aussi te manquent, c'est normal.
- Ce n'est plus pareil ici, sans eux.
- Rubeus est toujours parmi nous…il t'a attendu toutes ces années !
- Vous savez ce que je voulais dire, professeur.
Ce dernier soupira.
- Oui je comprends, Harry. Quand où je t'ai renvoyé dans notre époque, je ne savais pas que tu avais une destinée si exceptionnelle, ni si cruelle. Je ne savais pas non plus que ta vie serait très différente de celle que tu avais vécue quand tu es venu pour la première fois à Poudlard. Quand j'ai appris ce qui t'étais arrivé, si peu de temps après ta naissance, cela m'a profondément attristé, car même si je ne t'avais jamais vu depuis ta naissance, je te connaissais tout de même. Malgré tout, Harry ça ne change rien, j'ai fait ce que je devais faire, je n'avais pas le choix. Mais n'oublie pas qu'ici aussi, tu as des amis.
Cependant, je dois te prévenir Harry. Ce miroir, aussi merveilleux soit-il, ne peut apporter ni la connaissance, ni la vérité. Certains sont devenus fous en le contemplant. Demain, il sera déplacé, et je te demande de ne pas essayer de le retrouver, d'accord ? Allez maintenant tu ferais bien de retourner te coucher.
Harry obéit, il n'avait pas vraiment le choix de toute façon. Mais il se sentit incroyablement triste ce soir-là, à l'idée de ne plus jamais pouvoir contempler le miroir du Rised. Où pourrait-il trouver son bonheur, maintenant ?
Mais avec la rentrée, Harry finit par oublier tout cela. Il retrouva Malefoy qui ne cessait de frimer en parlant des incroyables cadeaux qu'il avait reçus à Noël –Harry eut presque l'impression de voir Dudley, et Hermione qui fut un peu déçue en apprenant qu'Harry et Ron n'avaient rien trouvé de plus sur Flamel.
Crabbe et Goyle, quant à eux, revinrent avec une quantité phénoménale de friandises magiques ! Harry décida d'en profiter, pour une fois que ces deux-là servaient à quelque chose. Il déchira l'emballage d'un chocogrenouille, qui faillit lui échapper et qu'il rattrapa de justesse par une patte. Après l'avoir gobé, il jeta un coup d'œil à la carte. C'était encore Dumbledore. Il regarda la carte avec un goût amer dans la bouche. Il n'arrivait pas à pardonner au directeur ce qu'il lui avait fait, même s'il savait qu'il n'avait pas eu le choix. Il l'avait arraché à ses amis, et désormais il lui interdisait même de voir le miroir du Rised.
Il retourna la carte et son cœur fit un bond. Il n'avait pas lu mais le nom lui avait sauté aux yeux.
« Dumbledore s'est notamment rendu célèbre en écrasant en 1945 le mage Grindelwald, de sinistre mémoire. Il travailla en étroite collaboration avec l'alchimiste Nicolas Flamel et on lui doit la découverte des propriétés du sang de dragon ! »
Il se leva d'un bond et se dirigea vers la sortie de la salle commune.
- Harry ? s'étonna Draco. Qu'est-ce que tu… ?
Harry ne l'écoutait pas. Il courait mais il finit par se demander où il allait comme ça. Il devait trouver Ron et Hermione. A cette heure-ci, ils devaient être dans leur salle commune, ce qui n'arrangerait pas les choses.
Pourtant il monta les étages un à un jusqu'à faire face au portrait de la Grosse Dame. Neville était devant et semblait attendre il-ne-savait-quoi.
- Oh salut Harry ! Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je dois voir Ron et Hermione. Pourquoi tu ne rentres pas ?
- J'ai encore oublié le mot de passe. C'est la troi…oh !
Le portrait venait de pivoter, laissant apparaître des cheveux roux.
- On peut dire que tu tombes bien, souffla Neville.
- Neville, je suis venu pour t'ouvrir parce que je sais que tu oublies le mot de passe chaque soir, alors évidemment que je tombe bien !
- Oh non, je disais ça parce qu'Harry veut te parler.
Il entra alors dans la salle commune, et Ron questionna Harry du regard.
- Flamel, dit-il en tendant la carte de chocogrenouille.
Un sourire stupéfait apparut sur le visage de Ron. Il appela discrètement Hermione et lui montra la carte. Celle-ci sembla prendre une décharge électrique et disparut dans l'escalier du dortoir. Elle revint une minute plus tard avec un énorme livre poussiéreux.
Ils sortirent de la salle commune pour s'éloigner des regards indiscrets et Hermione feuilleta fébrilement le livre.
- Voilà j'ai trouvé ! Les anciennes recherches alchimiques avaient pour objet de fabriquer la Pierre philosophale, une substance légendaire dotée de pouvoirs étonnants. Cette Pierre a en effet la propriété de transformer n'importe quel métal en or pur. Elle produit également l'élixir de longue vie qui rend immortel celui qui le boit. Au cours des siècles, de nombreux témoignages ont fait état de la réalité de la Pierre philosophale, mais la seule qui existe vraiment de nos jours est l'œuvre de Nicolas Flamel, le célèbre alchimiste et amateur d'opéra qui a célébré récemment son six cent soixante cinquième anniversaire et mène une vie paisible dans le Devon en compagnie de son épouse, Pernelle (six cent cinquante-huit ans). Le chien doit garder la pierre philosophale !
- Je comprends pourquoi Rogue essaie de la voler, n'importe qui voudrait ne jamais vieillir, fit remarquer Harry.
- J'espère bien qu'il ne la trouvera jamais. Rogue immortel ! Le cauchemar ! ajouta Ron.
Même si leurs recherches étaient finalement terminées, le trio continua à fréquenter souvent la bibliothèque à cause des examens de fin d'année. Pas que Harry ne souhaitait pas passer du temps avec Draco, mais la salle commune était très agitée, et Harry ne pouvait se concentrer. Cela ne dérangeait pas spécialement Draco, mais en même temps il n'étudiait pas beaucoup. Cela énervait Harry car malgré son manque de travail, Draco réussissait quand même à avoir des notes correctes. Bon pas autant qu'Hermione, mais tout de même.
Et puis Harry devait avouer que c'était un bon prétexte pour continuer à parler de temps en temps aux deux Gryffondors pour lesquels il éprouvait de plus en plus de sympathie. Et puis quand il avait une question sur un cours, il préférait avoir Hermione à ses côtés pour l'aider plutôt que Crabbe ou Goyle ! Ce jour-là, cependant, il aperçut dans la bibliothèque quelqu'un qu'il n'aurait jamais imaginé se trouver là.
- Hagrid ? Qu'est-ce que vous faites ici ?
Ce dernier cacha le livre qu'il avait pris derrière son dos.
- Je ne faisais que passer dans le coin. Vous êtes toujours en train d'enquêter sur Flamel ?
- Oh non ! lança Ron. On a découvert depuis longtemps que Touffu garde la pierre philoso…
- Chut ! s'indigna Hagrid. Tu es fou ou quoi ?
- D'ailleurs, on voulait vous demander, dit Harry, quels genres de protections sont mises en places en dehors de Touffu ?
- Mais taisez-vous ! Venez ce soir dans ma cabane on en discutera.
Dès qu'il fut parti, Hermione se leva et s'approcha du rayon où Hagrid avait pris le livre.
- Les dragons ! Il regardait des livres sur les dragons !
Harry sentit alors une vague de nostalgie l'envahir. Il s'était retrouvé au même endroit, cinquante ans plus tôt, et Hagrid lisait déjà un livre sur le même sujet. Il n'avait vraiment pas changé ! Il avait toujours ce même rêve totalement fou.
- En tout cas, je ne pense pas pouvoir venir avec vous ce soir, avoua Harry. Vous me raconterez ce qu'Hagrid vous a dit.
- Quoi ? s'indigna Ron. Qu'est-ce que tu racontes ?
- Même si je mets la cape, Draco va se rendre compte que j'ai quitté le dortoir. Je m'absente si souvent, j'ai peur qu'il finisse par avoir des soupçons, et me pose des questions.
Bien entendu, Harry avait pensé plusieurs fois que Draco pourrait l'aider dans ses recherches. Il n'avait pas eu l'air très emballé au début, mais maintenant qu'Harry avait un peu avancé et qu'il savait qu'un objet aussi incroyable était concerné, peut-être cela intéresserait-il plus Draco. Mais ce qui posait le problème, c'était Ron et Hermione. Si Draco découvrait qu'Harry s'était lié d'amitié avec des Gryffondors, dont une de sang moldu, il risquerait fortement de ne plus jamais lui adresser la parole.
- Ne t'inquiète pas, continua Hermione. On se débrouillera pour lui soutirer toutes les informations qu'il faut.
Quelques minutes plus tard, Harry rejoignit la salle commune, pensif. Avec toute cette histoire, il n'avait presque pas révisé aujourd'hui. Bah, tant pis il travaillerait plus le lendemain. Quand il entra, Draco était assis dans un fauteuil couleur émeraude, les jambes croisées, et il avait l'air contrarié.
- Je suis désolé pour ce soir, annonça-t-il.
- Hein ? De quoi tu parles ? demanda Harry.
- Que tu ne puisses pas aller voir ton grand ami à cause de moi.
Harry sentit son souffle se couper. Comment Draco pouvait-il… ?
- De quoi tu parles Draco ?
- Je sais ce que tu complotes avec tes chers amis au grand courage. Et oui, les portes ont des oreilles, même celle de la bibliothèque.
- Je…
- Tu croyais vraiment que je ne me doutais de rien ? Tu disparais tout le temps ces dernières semaines, tu ne pensais pas que j'allais chercher à savoir ce que tu faisais ?
- J'ai le droit d'aller où je veux, et quand je veux Draco !
- Tu déshonores la maison Serpentard ! Mais ce que j'ai entendu m'a bien intéressé. N'auriez-vous pas parlé de la pierre philosophale ? Qui serait cachée ici à Poudlard ? Tu le savais, et tu ne m'en as jamais parlé.
- Je te signale que ça fait des mois que je mène l'enquête et que je t'ai proposé de m'aider à l'époque. Tu as refusé, j'ai accepté l'aide de ceux qui me l'ont proposée.
- Et tu as préféré garder le secret de la vie éternelle pour la partager avec eux !
- Que…Draco, tu n'as pas du tout compris. Je n'ai pas l'intention de voler cette pierre.
- Quoi ? Mais alors pourquoi ?
- Je pense que quelqu'un veut la voler, et je veux la protéger.
Draco leva les yeux au ciel.
- Quel intérêt ?
- Je… cette pierre ne doit pas tomber entre de mauvaises mains !
Draco se leva et s'approcha du feu.
- En tout cas, je veux en savoir plus.
- Si tu n'étais pas si têtu dans ta rancœur contre les Gryffondors, et que tes intentions soient meilleures, je te proposerais de te joindre à nous ! Mais évidemment rien n'est aussi simple avec toi…
- J'ai une bien meilleure idée…
- Quoi… ? Oh non !
Harry avait compris et il réalisa que la situation risquait de mal tourner.
- Tu vas dénoncer Ron et Hermione parce qu'ils sortent du château ce soir ?
- Non, je t'ai dit que je voulais en apprendre plus. Et je pense que la porte de la cabane de ce gros balourd a également des oreilles.
- Non Draco ! Ne fais pas ça !
- Tu crois vraiment que tu vas m'en empêcher, Potter ?
Pendant tout le reste de la soirée, Harry tenta de le raisonner. En vain. Il aurait tout aussi bien pu parler à un mur. A la tombée de la nuit, Draco sortit de la salle commune. Harry voulut le suivre mais il eut une autre idée. Il remonta dans son dortoir chercher sa cape d'invisibilité, et lorsqu'il fut bien dissimulé, sortit à son tour.
Il eut des difficultés car ce n'était pas simple d'avancer vite avec la cape, mais en même temps il voulait absolument rattraper Draco. Il réussit cependant à le retrouver et il ne le quitta plus de vue, et gagna du terrain sur lui tout doucement. Alors qu'ils arrivaient dans le parc du château, Draco annonça :
- Je sais que tu es là, Potter. Sors de là.
Harry s'exécuta. Il n'avait plus de raison de sa cacher, maintenant. Il renonça à faire changer le Serpentard d'avis. Ce dernier monta sur le petit banc en bois en dessous de la fenêtre et lança un regard à l'intérieur. Le voyant plisser les yeux, Harry le rejoignit.
Il regarda l'intérieur de la petite cabane en bois. Il vit d'abord la silhouette massive de Hagrid, ainsi que Ron et Hermione qui étaient installés autour de la petite table ronde. Un feu crépitait dans la cheminée, et sur la table reposait un étrange objet. Cela semblait être un énorme caillou noir, mais il avait une forme particulière et paraissait recouvert d'écailles. Oh Rubeus, dis-moi que tu n'as pas fait ça, songea Harry.
Ils n'entendaient pas très bien les voix des trois personnes à l'intérieur, au moins Draco n'apprendrait rien sur la pierre. Cependant, ils entendirent très bien le craquement lorsque la coquille de l'œuf se fissura. Harry eut juste le temps de voir de grandes ailes de chauve-souris se déployer, et sentit soudain une odeur de brûlé tandis que le bébé dragon poussait un rugissement. Il sentit Draco appuyer sur son épaule pour qu'il se baisse.
- Ils ont regardé la fenêtre, je crois qu'ils nous ont vus. La cape ! Dépêche-toi !
Harry haïssait Malefoy en cet instant, mais il ne pouvait réfléchir correctement, et la seule chose qu'il voulait c'était ne pas se faire prendre dans cette situation honteuse. En train d'épier ses propres amis ! Comment pourrait-il leur expliquer ça ?
Il recouvrit donc Draco et lui de la cape, et tandis que Rubeus ouvrait la porte pour jeter un œil aux alentours, Harry et Draco s'enfuyaient déjà en direction du château. Harry se sentait tellement lâche…
