DISCLAIMER : Les cinq premiers chapitres sont issus d'un copier-coller de ceux qui étaient disponibles sous le profil d'Héléna Serdaigle. Nous avons l'autorisation d'elle (traductrice), de Mattéic (traducteur) et de Snapegirlkmf (écrivaine) pour poursuivre la traduction.

Elle et Lui


Retour au Manoir Prince

Chapitre 2 : Annonce stupéfiante

Disclaimer : Rien ne m'appartient. L'univers et les personnages appartiennent à J.K. Rowling et l'histoire (de même que les lieux, personnages et créatures magiques originaux) à Snapegirlkmf et à ceux qui l'ont assisté dans sa création. La traduction de ce chapitre appartient à Matteic

Poudlard, salle des professeurs

Une heure avant l'arrivée du train

- En addition à l'arrivée de notre nouveau confrère, Alastor Maugrey, qui a mis fin à sa retraite à ma demande pour enseigner la Défense contre les Forces du mal, nous allons accueillir le Tournoi des Trois Sorciers pour la première fois en trois cents ans. Des délégations de Durmstrang et Beauxbâtons vont arriver début novembre. Entretemps, les étudiants éligibles pour le tournoi pourront déposer leur nom dans la Coupe de Feu. Je suis sûr que l'élève représentant Poudlard le fera au mieux de ses capacités," dit Dumbledore, ses yeux pétillant.

Tous les professeurs hochèrent la tête. Puis le vieil homme se leva et se tourna vers Severus qui attendait depuis le début de la réunion, les mains dans ses robes noires pour contrôler un faible tremblement de nervosité, même si, par Merlin, une telle angoisse était totalement illogique. Tout le monde connaissait déjà son ancienne activité d'espion, c'était devenu public lors du procès des Malefoy. Ils étaient aussi au courant de sa garde de Draco. La seule chose qui restait à leur annoncer était le fait que Harry Potter était en réalité son fils, Harry Rogue.

Severus se leva, serra ses mains devant lui et dit doucement :

- Vous savez tous que j'ai été un espion pour l'Ordre du Phénix, et qu'en raison de plusieurs circonstances, j'ai dû mettre fin à ces activités. J'ai pris sous ma tutelle Draco Malefoy, mon filleul, et un autre jeune homme que vous avez connu sous le nom de Harry Potter." Des exclamations étouffés saluèrent cette phrase. Severus continua : "Ce que je ne savais pas avant cet été, lorsque la tante de Harry, Pétunia Dursley, m'a révélé un secret qu'elle gardait depuis plus de treize ans, est que Harry est en réalité mon fils et pas celui de James Potter. J'ai depuis fait faire un test de paternité et il est positif."

McGonagall en resta bouche bée.

- Que dites-vous, Severus ? Lily a-t-elle rompu ses vœux de mariage ?

- Non. Elle portait Harry avait d'épouser James.

- Alors pourquoi l'a-t-elle épousé lui et pas vous ?" demanda la directrice des Gryffondor, perdue.

- Vous rappelez-vous l'hiver 1979-1980 ?" demande le maître des Potions. "Si non, laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. À cette époque, je venais d'avoir vingt ans et j'avais commencé mes activités d'espion pour l'Ordre l'année précédente. J'étais fiancé à Lily, mais nous ne l'avions pas annoncé officiellement. Je ne savais pas qu'elle était enceinte. Avant que nous puissions aller plus loin dans notre relation, Albus m'a demandé de préparer une sorte de piège pour les membres les plus influents du Seigneur des Ténèbres, Bellatrix Lestrange, Barty Croupton et d'autres. Nous avons organisé une bataille entre eux et des membres de l'Ordre, et pendant cette bataille, Albus a prétendu me tuer. Nous étions très proche de découvrir la base secrète de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-Nom ; Albus ne voulait pas que je sois forcé de combattre mes véritables alliés, et m'a ordonné de simuler ma propre mort. Il m'était interdit de révéler la vérité à qui que ce soit, en particulier Lily. Je me suis caché dans un endroit sûr, et je devais revenir quand Albus le jugerait prudent, où il pourrait alors me laver des charges que le Ministère pouvait avoir contre moi. Personne ne savait que Lily portait mon enfant, ou qu'elle serait si ébranlée par ma mort qu'elle déciderait d'épouser James pour donner un père à son bébé.

- Elle ne lui a jamais dit, je suppose ?" demanda McGonagall d'un ton vif.

- Non. Elle n'a dit la vérité des origines de Harry à personne à part sa sœur. Lorsque je suis revenu à la vie, Harry était né et reconnu en tant que fils de James Potter. J'ai refusé de dire à Lily que j'étais en vie lorsque j'ai découvert qu'elle avait épousé James Potter. Un an plus tard, elle a été tuée et Harry a été envoyé vivre avec sa sœur. Pétunia m'a révélé la vérité lorsque j'ai cherché abri dans sa maison pendant l'été, elle aussi me pensait mort.

- Ça a dû être un choc, Rogue," grommela Maugrey, prenant une gorgée à sa flasque.

- En plusieurs façons, oui. J'ai emmené Harry vivre avec moi dans la maison de ma famille pour le reste de l'été et nous avions réussi à nous entendre correctement. Draco nous a rejoints peu après et je les élèverai tous deux comme des frères. Mon fils sera également connu par son véritable nom, Harry Albus Rogue. Il portait un Glamour que Lily a placé sur lui à sa naissance. Je l'ai enlevé, même s'il m'a demandé de le remettre en place pour le train et le festin. Lorsque vous aurez révélé son identité à votre Maison, Minerva, il l'enlèvera pour de bon. Vous verrez alors qu'il me ressemble beaucoup." La voix de Severus était empreinte de fierté.

- Félicitations, p'fsseur !" dit Hagrid, souriant à son jeune collègue. "Pourriez pas demander un meilleur fils qu'Harry. Et même Draco devrait devenir mieux, 'vec vous comme gardien.

- Merci, Hagrid," dit sincèrement Severus. "Je souhaitais vous en informer en premier afin que vous puissiez le dire à vos Maisons lors de votre discours de rentrée. Je pense qu'il est mieux que nous fassions ainsi, plutôt qu'une annonce dans la Grande Salle. Comme moi, Harry préfère éviter d'être au centre de l'attention."

Les autres directeurs de Maison acceptèrent, puis il fut temps de se rendre dans la Grande Salle et d'attendre l'arrivée des élèves. Tous étaient assez surpris par la révélation inattendue de leur collège, mais leurs émotions n'étaient rien en comparaison de ce que seraient les réactions des élèves.

Pendant la fête, Harry ne cessa de lever le nez de son assiette de jeter un œil rapide vers la table des Serpentard, où Draco était assis avec Crabbe et Goyle ; vers la table des professeurs, où son père était assis à côté de Maugrey Fol-Œil ; et à l'occasion par-dessus son épaule. Il ne pouvait pas faire disparaître cette étrange sensation d'être surveillé.

Sa nervosité se transmit au chatoyant dissimulé dans les replis de ses robes, et Pincée souffla dans son esprit :

:Quelque chose ne va pas, Harry ? Tu es plus nerveux qu'un chien d'ombre infesté de puces.:

- Non, c'est juste… j'ai l'impression qu'on me regarde. C'est idiot, hein ? Je porte encore le Glamour. Je pense que Papa a parlé à McGonagall et aux autres profs. Je me demande comment ils l'ont pris. Enfin, je pense qu'on verra quand on aura la réunion de Maison. Papa a dit que McGonagall le dira à tout le monde à ce moment là.

:Ne t'en fais pas, Harry. Ta lignée Prince est assez pour satisfaire même le sang-pur le plus obsédé de ta race. Si ce n'est pas le cas, ils sont plus bêtes que des lutins,"affirma la chatoyante d'un ton méprisant.

Harry sourit et prit une bouchée de poulet. C'était délicieux, même si son jus de citrouille était tout juste acceptable. Il soupira, regrettant le jus de merlinnas. Il était devenu assez accro au fruit fae pendant son séjour au manoir, et le jus sucré et acidulé était comme un nectar des dieux. Cependant, il ne pourrait pas manger de merlinnas avant son retour au manoir, alors il ferait mieux d'apprendre à se passer du fruit en forme de cœur.

Autour de lui, ses camarades discutaient de leur nouveau professeur de Défense et du Tournoi des Trois Sorciers. Dumbledore n'avait pas encore fait apparaître la Coupe de Feu dans la salle, il avait dit qu'il le ferait après le dîner ; Harry était impatient de voir l'objet.

- Vous pensez que la Coupe va choisir qui ?" demanda Lavande.

- Nous, on aimerait bien," soupira Fred. "C'est idiot qu'il faille être majeur-

- -pour participer, finit George en fronçant les sourcils. Peut-être qu'on pourrait préparer une potion de Vieillissement ? On a dix-sept ans dans quelques mois seulement.

- La Coupe ne pourrait choisir qu'un seul d'entre vous," leur rappela Hermione d'un ton sévère. "Et si vous pensez que vous pouvez tromper Dumbledore, réfléchissez. Il y a uneraison pour devoir être majeur pour participer. Il y a eu des morts.

- C'est ça qui est drôle ! Le risque !" dirent les jumeaux en chœur.

Hermione roula des yeux avec dégoût, comme la moitié des filles de la table. Les garçons ! Plus c'est dangereux, plus ça leur fait envie. Ce sont des idiots, ils ont moins de bon sens qu'un insecte.

- Je suis sûre que votre mère ne serait pas d'accord," interjeta Katie.

- Bah, bien sûr. C'est notre mère !" répondit Draco. Il échangea un regard avec ses frères et les garçons à table. Les filles ! Dès qu'on parle de danger, elles se dégonflent. Quelle barbe de toujours penser à la sécurité. Impossible de s'amuser.

- Qui va mettre son nom dans la Coupe pour Gryffondor ?" demanda Dean.

Plusieurs septième année et quelques sixième année qui venaient d'avoir dix-sept ans levèrent la main.

- J'aimerais bien que la Coupe choisisse un de nous," dit Angelina Johnson.

- Tu as autant de chance que les autres candidats," dit Hermione. "Mais Dumbledore a dit qu'il n'activerait pas la Coupe avant que les élèves de Beauxbâtons et Durmstrang arrivent. Il veut qu'on la regarde simplement avant. Je trouve ce tournoi barbare, mais excitant.

- Comment ça peut être les deux en même temps ?" demanda Ron.

- Parce qu'on va pouvoir rencontrer des élèves d'autres écoles, voir ce qu'ils connaissent, s'ils en savent plus que nous, et c'est barbare parce que le tournoi est très dangereux," expliqua Hermione.

- Les filles !" murmura Ron avec mépris. "Impossible de les comprendre. Dès qu'on parle de se bagarrer, c'est comme si on insultait leur famille."

Sauf Sarai, pensa Harry ironique. Elle n'a pas peur de tout ça.

:Il y a peu de femmes, fae ou humaines, comme Sarai Kinsalari Valinek,:déclara fièrement Pincée, ronronnant à l'oreille de Harry.

Ça c'est sûr, pensa Harry avec admiration, se rappelant comment la guerrière demi-fae s'était battue comme un diable pour arracher Draco et lui aux Aséelie dans le Bois Profond. Il espérait qu'il aurait l'occasion de revoir d'avantage Sarai lorsqu'il retournerait au manoir, il avait beaucoup aimé lutter et parler avec elle, et il savait qu'elle manquait beaucoup à son père, même si ce n'était pas pour la même raison.

Penser au manoir donna envie à Harry de poser la main sur son médaillon, qu'il portait toujours sous sa chemise. Le simple fait de le tenir adoucissait un peu le désir du parc verdoyant et du verger au merlinnier. Il pouvait sentir le pouls du manoir battre à travers la médaillon ; la magie qui le liait à lui était assez forte pour se jouer du temps et de la distance. Il ne faisait qu'un avec le territoire. Si quelque chose pénétrait les barrière du manoir, il le saurait. Mais bien sûr, cela ne s'était jamais produit, le manoir était trop bien caché par le Brouillard et les autres protections.

Tout ce qu'il devait faire était traverser le premier trimestre et il pourrait rentrer à la maison pour les vacances. Il espérait juste que les mois défileraient rapidement et sans encombres, même s'il savait qu'il pouvait toujours rêver. Les ennuis semblaient le trouver sans qu'il ait rien à faire de spécial, et le fait d'être fils de Severus et héritier du manoir ne signifiait pas que les choses allaient changer.

J'espère juste que ce qui va m'arriver ne va pas donner une attaque cardiaque à Papa.

Le repas s'acheva enfin, et Dumbledore leva les mains pour réclamer le silence. Tout le monde se tut ; le vieux sorcier fit un geste d'appel avec les mains et une boîte de bois ordinaire apparut dans la pièce avec un bruit sec.

Elle se dirigea en lévitant vers le podium où se tenait maintenant le Directeur ; Dumbledore retira délicatement de son écrin le grand calice d'or incrusté d'opales et de saphirs et le leva haut pour que tout le monde le voie.

- Voici ce dans quoi vous déposerez vos noms dans quelques mois," annonça Dumbledore. "N'est-ce pas un splendide exemple de création ?"

Des bruits d'admiration et des soupirs de désir se répandirent dans la salle ; tous les élèves avaient les yeux rivés sur l'artéfact.

Seuls deux individus dans la pièce ne se pâmèrent pas d'admiration.

Philip, qui se tenait près d'un pilier, entouré de sorts vampiriques de non-détection, regarda la coupe dans les mains du vieil archimage, sidéré et furieux.

- Vous n'avez pas le droit de l'utiliser ! Elle a été volée aux fae il y a des siècles de cela !" souffla-t-il, trop bas pour être entendu d'une oreille humaine. "Votre Coupe de Feu est la Coupe des Merveilles !"

Pincée aussi était furieuse en voyant l'objet volé ainsi dévoilé comme un trophée de foire, sans aucun respect pour son origine sacrée. Elle feula et agita la queue, s'envolant de l'épaule de Harry et foudroyant Dumbledore du regard. Notre calice sacré, dérobé par un voleur de la Table Ronde qui a pénétré le cercle des Dames de la Coupe grâce à des sorts et des glamours que lui a appris le demi-fae Lancelot, va être utilisé comme un simple outil pour choisir des champions pour un tournoi ?

- Titania serait hors d'elle si elle voyait ça," murmura Phil pour lui-même.

Pincée pointa les oreilles.

:Quoi ? Qui a dit ça ?:Elle remua les oreilles et vola en direction de la voix. :Qui connaît la reine fae, ma maîtresse ? Montrez-vous !:

Philip se tendit en entendant la voix dans sa tête. Approchez-vous, je vais baisser un peu mon voile.

Pincée obéit, et quand elle fut plus près, lança :

:Je suis à environ quatre longueurs de patte de vous.:

Philip baissa ses protections pour un instant et Pincée plissa le nez.

:Qui êtes-vous ? Travaillez-vous pour la reine ? Vous n'êtes pas des fae. Vous êtes un Marchesombre.:

- Oui. Titania a parlé d'une menace qui plane sur Harry Rogue, l'héritier du manoir Prince. Je suis ici pour le protéger. C'est mon descendant. Je suis Philip Anthony Rogue. Comment vous appelle-t-on, chatoyant ?

:Ma mère m'a nommée Pincée, Philip,:répondit la chatoyante. Elle jeta un autre regard au calice dans les mains de Dumbledore. :Le culot de ces sorciers, utilisant ainsi notre Coupe ! J'en ai les moustaches qui se hérissent.:

Philip hocha la tête.

- Ils ne savent pas ce qu'ils possèdent. Très peu d'entre eux étudient maintenant les vieilles légendes fae. Seuls les membres de la lignée Prince pourraient comprendre la gravité d'utiliser la Coupe ainsi, en un simple outil pour un tournoi. Ils ne savent pas ce que la Coupe est capable de faire.

:Certainement pas, ou ils ne la traiteraient pas de façon si cavalière,:renifla Pincée.

Les deux dignitaires de la cour Sélie regardèrent Dumbledore présenter la coupe encore quelques minutes avant de la remettre dans son écrin et de la renvoyer à son bureau.

- Et maintenant, je suis heureux d'annoncer le début d'une nouvelle année et j'espère que ce sera une année mémorable. Rappelez-vous de célébrer la diversité ainsi que les similitudes entre vous-mêmes et les membres des autres écoles, ainsi que dans votre propre école. La diversité met du sel dans la vie." Il agita les mains en direction des élèves. "Allez, je crois que vos directeurs de Maison ont une réunion pour vous avant de vous libérer. Mais ne vous couchez pas trop tard, les cours débutent demain matin !"

À cette annonce, plusieurs centaines de gorges poussèrent un grognement et tout le monde se leva avant de se mettre en rangs pour sortir de la Grande Salle.

Pincée rejoignit Harry, encore choquée par la soudaine apparition de la Coupe des Merveilles.

Le vampire les suivit sans un bruit.

Salle Commune des Gryffondor

- … et maintenant, je dois faire encore une annonce," dit McGonagall, faisant signe à Harry de venir la rejoindre devant la cheminée. Les autres membres de la Maison étaient assis sur les fauteuils et canapés ou vautrés par terre. "La plupart d'entre vous savez que Harry est devenu orphelin lorsque Vous-Savez-Qui a tué ses parents. Mais récemment, il a appris que ce n'était pas le cas. Il n'a perdu que sa mère ce soir là. Son père est toujours vivant.

- Comment ?

- Harry ?" elle lui fit signe de prendre la parole.

Il avala difficilement sa salive et dit :

- Parce que, Neville, mon père n'était pas James Potter. Mon père est Severus Rogue.

Sur ce il fit disparaître le Glamour sur son visage et apparut sous ses véritables traits. Ses pommettes étaient plus fines, son visage plus allongé, ses cheveux sombres lisses, plus une tignasse indomptable, il était plus grand et ses mains plus longues. Il avait toujours les yeux verts et des lunettes, mais il ne faisait aucun doute qu'il était le fils biologique de Rogue.

- C'est ma véritable apparence. Ce à quoi je ressemblais avant était un Glamour que ma mère a lancé sur moi quand j'étais bébé," expliqua-t-il.

Des cris étouffés se firent entendre dans la foule.

- Merlin ! Il ressemble à Rogue !

- Le pauvre !

- Quoi ? Je le trouve plutôt mignon," roucoula une cinquième année, regardant Harry d'un air appréciatif.

Harry se sentit rougir.

- Est-ce que Rogue sait ?

- Ça veut dire que ta mère a trompé ton autre père ?

- Non !" cria Harry, voulant éviter que cette rumeur se développe. "Mon père n'a jamais su que j'étais de lui. Maman ne savait pas qu'elle était enceinte avant d'épouser James, elle était fiancée à mon vrai père et pensait qu'il était mort. Mais c'était une couverture pour ses activités d'espion.

- Ouais, ils racontent tous ça !" ricana un garçon de sixième année.

- C'est la vérité !" cria Harry, furieux.

- Ça suffit, M. Tibbs !" ordonna sèchement McGonagall. "Ce que dit M. Rogue est exact, et vous allez accepter ce fait et vous taire. Les ragots à propos du professeur Rogue ou de la conception de M. Rogue ne seront pas tolérés, est-ce bien compris ? Toute personne que je prendrai à faire circuler des rumeurs recevra une retenue de deux semaines avec moi et écrira des excuses et des devoirs jusqu'à ce que les mains lui en tombent."

Tibbs pâlit.

- Oui, madame. Désolé, professeur.

- Bien. Je m'attends à ce que vous traitiez Harry comme vous le traitiez avant, il est toujours Gryffondor, même si son père est votre professeur de potions et directeur des Serpentard," acheva McGonagall. "Bonne nuit. Couchez-vous tôt, vous devrez être en forme pour votre premier jour de cours."

Elle sortit de la salle commune, montant les escaliers vers ses quartiers, sur le flanc opposé de la tour.

Harry regarda autour de lui, se sentant comme l'attraction phare d'un musée des monstres.

Neville le regardait nerveusement, comme s'il s'attendait à ce que son camarade lui lance un regard noir, le mette en retenue et lui enlève des points. Ça aurait pu être amusant avec quelqu'un d'autre, mais au lieu de ça Harry le trouva décourageant.

Certains de ses camarades le regardaient avec horreur ou sympathie, d'autres le regardaient comme un étranger, et d'autres encore le foudroyaient du regard, semblant espérer qu'il tombe raide sur place.

- Comme le Choixpeau a pu te mettre à Gryffondor, Rogue ?" feula une septième année quand McGonagall fut hors de portée.

- Ouais, pourquoi il ne t'a pas envoyé à ta vraie place… avec les vers gluants dans les cachots ?" railla un autre.

- Parce que sa place est ici, Knowles !" aboya Hermione, venant se mettre à côté de Harry, son petit menton levé d'un air de défi. "Le Choixpeau ne place pas toujours les membres d'une famille dans la même maison. Regarde les jumelles !

- Hermione a raison," confirma Parvati. "Je suis à Gryffondor, mais ma sœur est à Serdaigle. Il n'y a pas de honte à ça.

- Non, parce que ta sœur n'est pas un crétin graisseux," lança quelqu'un dans le fond de la pièce.

Harry sentit la colère monter.

- Mon père n'est pas un crétin graisseux ! La manière dont il se comportait envers nous était une ruse, une couverture pour ses activités d'espion. Pendant l'été, j'ai pu voir comment il était en vrai, et il n'est pas le professeur que vous connaissez.

- C'est ça ! Fan des serpents ! Tu devrais demander à Dumbledore de te répartir à nouveau !

- La ferme, Stark !" ordonna Ron. "Le Choixpeau l'a mis ici et Harry y reste. Je me fiche de son nom de famille ou de savoir qui est son père. C'est toujours mon meilleur pote. Alors accepte le ou ferme la !"

Il alla rejoindre Harry et Hermione.

Harry leva la tête et dit doucement :

- Je suis la même personne qu'avant, je connais simplement ma véritable identité et j'ai un père à qui parler au lieu d'une tombe. Je descends de la ligne Prince depuis ma grand-mère et je suis fier de ça et de mon père. Il a risqué sa vie pour tous nous protéger.

- Mais après il a adopté Malefoy, dégueu !" grogna Dean.

- C'est vrai. Parce que Malefoy, comme moi, avait besoin de mon père, et c'est son filleul.

- Dommage.

- Ouais, qui voudrait être relié à Malefoy, le fils de Mangemort ?

- Ça me dépasse que tu supportes d'être relié à un Serpentard, Potter.

- C'est Rogue maintenant, Dougal," lui rappela Harry d'une voix sèche. "Tous les Serpentard ne sont pas sombres, comme tous les Gryffondor ne sont pas courageux. J'ai appris à vivre avec Malefoy et de toutes façons, c'est pas vos oignons."

Brusquement, il en ras le bol, il était fatigué de toutes ces râleries, et il eut envie d'un peu de calme et de silence. Il se tourna vers ses amis et dit à voix basse :

- Je vais faire semblant d'aller me coucher et utiliser ma cape pour sortir de la tour. Retrouvez-moi à la statue de la sorcière bossue. Je dois prendre l'air. Avant de péter un câble et d'attaquer tout le monde."

Hermione semblait sur le point de protester, mais elle hocha la tête ainsi que Ron.

Harry annonça qu'il allait se coucher et monta à son dortoir.

Il fouilla dans sa malle jusqu'à trouver la cape de James et la jeta sur ses épaules. Puis il tira les rideaux de son lit et lança un Glamour rapide de lui-même endormi, au cas où quelqu'un vérifierait.

Après ça il se glissa hors de la tour sans le moindre bruit, utilisant des techniques de kin-sa-dor pour se déplacer comme un fantôme dans le couloir.

Pincée voleta vers lui et se percha sur son épaule.

:Ne devrais-tu pas être dans ta Salle Commune, Harry ? Errer dans la nuit n'est pas sûr.:

- Ça va aller, Pincée. J'ai juste besoin de sortir quelques minutes. Mes amis vont bientôt me rejoindre," dit Harry à voix haute.

:Quelque chose te trouble, jeune Rogue. Ta réunion s'est-elle mal passée ?:

Harry soupira brusquement. Puis il ouvrit son esprit et partagea ses pensées avec la Tisseuse de Rêves, qui ronronna de façon apaisante.

:Je sais qu'il est difficile, Harry, de supporter les moqueries de ceux que tu pensais être tes amis, mais la vérité est toujours mieux qu'un mensonge, et s'ils ne supportent pas la réalité de ce que tu es, alors peut-être n'étaient-ils pas tes amis au départ. Je pense que tu découvriras bientôt à qui tu peux et ne peux pas faire confiance. Mais ne perds pas courage, enfant. Ta famille et moi serons toujours là. Nous ne t'abandonnerons jamais, nous t'aimerons éternellement.:

Les paroles sincères de la chatoyante l'émurent ; il caressa gentiment le chat fae et murmura "Merci, Pincée."

Une vraie famille et une vraie maison. Il avait enfin ce qu'il avait toujours désiré, se rappela-t-il, serrant l'amulette sous son polo. Et pour rien au monde il ne laisserait ça tomber. Pincée avait raison, et il savait que son père lui dirait de même s'il était là. Si quelqu'un ne peut pas vous accepter pour ce que vous êtes, ce quelqu'un n'est pas un vrai ami, juste une connaissance. Il était heureux de compter Ron et Hermione parmi ses vrais amis, ainsi que les jumeaux, et quelques autres. Et au final il était mieux d'avoir quelques vrais amis que trois dizaines de connaissances, décida-t-il en s'appuyant contre la statue.

Quelques minutes plus tard, il entendit Ron et Hermione approcher dans le couloir. Harry dut retenir son rire en se disant combien ils étaient bruyants. Ils auraient besoin de leçons dans l'art de devenir une ombre. Dommage que seuls ceux avec du sang fae puissent apprendre lekin-sa-dor.

Il retira la cape d'invisibilité quand ils tournèrent le coin.

- Salut, Harry. Tu devais juste avoir besoin de sortir, hein ?" dit Hermione avec sympathie. "Ignore ces crétins. Ils ont moins de cerveau qu'une amibe."

Harry gloussa.

- Tout juste, Mione. J'avais besoin d'un peu d'air, j'avais l'impression d'étouffer en haut.

- Je vois ce que tu veux dire," dit Ron qui le semblait effectivement. "T'as bien fait de partir, j'étais prêt à coller un gnon à quelques uns après, mais Hermione m'a traîné dehors.

- Ron, tu n'as vraiment pas besoin d'une retenue avec McGonagall pour avoir lancé une bagarre," dit Hermione d'un ton désapprobateur. "En plus, frapper un idiot ne change pas sa vision des choses, ça lui fait juste perdre ce qui lui reste de cellules cérébrales." Elle fronça les sourcils. "Mais je ne savais pas à quel point certains élèves de la maison étaient intolérants jusqu'à ce soir.

- Les préjugés n'ont pas de limite", cita Harry, même s'il n'aurait pas pu retrouver l'auteur même sous la torture. Il soupira doucement. "Mais il vaut mieux que je connaisse mes vrais amis maintenant au lieu de recevoir un choc dans un mois quand ils se retourneront contre moi.

- Ça c'est vrai. Autant identifier les connards tout de suite," acquiesça Ron. "Et quoi qu'il arrive, mec, mes frères et moi serons là.

- Moi aussi.

- Merci," dit Harry avec sincérité.

Se sentant nettement mieux que quelques minutes avant, il continua à discuter un moment avec ses amis, leur racontant d'autres histoires amusantes du manoir, décrivant Dragon's Wild, la version sorcière du poker, et comment Draco et lui avaient un jour renversé Severus en faisant la course vers la cuisine.

Les yeux de Ron en tombèrent presque de ses orbites.

- C'est pas vrai ! Il a voulu vous couper en morceaux ?

- Non, pas vraiment. Il m'a mis une tape sur les fesses mais je n'ai rien senti. Je crois qu'il était soulagé qu'on s'entende enfin, on a juste eu à s'excuser et à préparer le déjeuner."

Ron siffla entre ses dents.

- J'aurais trop aimé voir ça. Rogue par terre et vous deux étalés sur lui !

- Il n'a pas été blessé ?" voulut savoir Hermione.

Harry secoua la tête en riant.

- Non. Seulement son amour-propre."

Puis Ron commença à raconter la Coupe du Monde de Quidditch et qu'il avait pu voir jouer Viktor Krum, le plus jeune joueur professionnel de Quidditch, et que l'Irlande avait battu la Bulgarie.

- Mais après, les Mangemorts sont venus," rappela Hermione. "Et ils se sont attaqués à des Moldus qui campaient à côté. C'était horrible.

- Je parie que Lucius Malefoy était dans le lot," dit Ron d'un ton sombre.

- Sans doute," acquiesça Harry.

- Mais il n'a pas été pris quand ils ont chopé les autres après l'apparition de la Marque des Ténèbres," acheva Ron. "Mon père et des gens du Ministère ont cherché, mais ils n'ont jamais trouvé la baguette qui a servi à faire apparaître la Marque. Peut-être que c'était aussi celle de Malefoy.

- Je suis bien contente qu'il soit à Azkaban, avec sa femme !" déclara Hermione avec emportement. "Il ne mérite pas mieux."

Harry regarda sa montre.

- Il est tard, je vais me coucher. Vous venez ?"

Ils le suivirent vers la Salle Commune.

En se glissant dans son lit, Harry se demanda comment Draco et Severus s'en étaient sortis avec les Serpentard. Si ça a été si dur dans ma Maison, qu'est-ce que ça a dû être de leur côté, avec les enfants de Mangemorts ? Je trouverai peut-être un moyen de lui demander demain. On a potions ensemble.

Ses yeux commencèrent à se fermer et ils s'endormit ; au-dessus de lui, sur l'oreiller, une chatoyante noire monta la garde pendant un morceau de la nuit avant de se faufiler hors du dortoir pour explorer le château, impatiente de découvrir quels autres secrets il dissimulait.