DISCLAIMER : Les cinq premiers chapitres sont issus d'un copier-coller de ceux qui étaient disponibles sous le profil d'Héléna Serdaigle. Nous avons l'autorisation d'elle (traductrice), de Mattéic (traducteur) et de Snapegirlkmf (écrivaine) pour poursuivre la traduction.
Elle et Lui
Retour au Manoir Prince
Chapitre 3 : Nid de vipères
Disclaimer : Rien ne m'appartient. L'univers et les personnages appartiennent à J.K. Rowling et l'histoire (de même que les lieux, personnages et créatures magiques originaux) à Snapegirlkmf et à ceux qui l'ont assisté dans sa création. Je ne tire aucun profit de cette traduction.
TN : Alors voilà le premier chapitre que j'ai traduit par moi-même. Je n'ai pas la prétention d'égaler le travail de Matteic mais j'ai bon espoir de m'améliorer assez rapidement. Un immense merci à ma bêta pour toute son aide !
Le lien vers la traduction de la première partie de la fic est ici : s/5987193/1/Lheritier_du_Manoir_Prince
Draco lança à Severus un regard inquiet tandis qu'ils marchaient de la Grande Salle à la salle commune des Serpentards, dans les cachots. Malgré son attitude calme, le garçon était nauséeux, comme si une armée de vipères avait élu résidence dans son estomac, et il était profondément reconnaissant à l'homme en noir de se tenir à ses côtés. Avec Severus, il était en sécurité, il n'avait rien à craindre. Enfin, sauf s'il avait fait quoique ce soit pour mettre Rogue en colère.
Ils marchèrent en silence le long du corridor, jusqu'au portrait représentant un python enroulé sur lui-même. Nul besoin de parler, puisque chacun pouvait affirmer que l'autre n'éprouvait aucune hâte à l'idée de la réunion, et qu'il l'espérait brève. Severus s'arrêta, et pressa doucement l'épaule de Draco pour le rassurer, sentant que son fils avait les nerfs en pelotte.
Le garçon se détendit un peu, et Severus donna le mot de passe au portrait, nommé Raj, prince des Pythons.
- Veritas.
- Entrez profes-s-s-eur, bon retour à vous », siffla Raj en guise de salutations, et le portrait pivota.
- Toujours vigilant, Raj », répondit succinctement Severus, avant de passer au-travers de l'ouverture avec Draco.
La majorité des élèves étaient déjà rassemblés dans la salle commune, assis dans les confortables canapés et fauteuils de cuir noirs ou debout, appuyés nonchalamment contre les tables destinées à l'étude. Ils se comportaient comme s'il était banal de découvrir que le directeur de votre Maison était un espion et que l'un de vos condisciples s'était totalement écarté des ténèbres qu'avaient choisies pour lui ses parents depuis sa naissance.
Draco savait qu'il ne pouvait faire confiance qu'à trois des membres de sa Maison pour le soutenir dans un pareil moment : Vincent Crabbe, Gregory Goyle et Blaise Zabini. Crabbe et Goyle étaient ses meilleurs amis, comme Weasley et Granger l'étaient pour son petit frère, et ils lui demeureraient loyaux même si Voldemort était de retour. Euxn'avaient aucune attirance pour la magie noire, c'étaient leurs parents qui voulaient en faire des Mangemorts. Quant à Blaise, sa famille n'avait jamais été partisane du Vieux Tom, ils en avaient plutôt été les ennemis, bien que suffisamment intelligents pour se dissimuler sous son nez. Blaise avait la même attitude; on pouvait donc lui faire confiance. Draco savait que d'autres Serpentards ne partageaient pas les idéaux des Mangemorts, mais il ne connaissait pas suffisamment bien les plus vieux pour savoir lesquels étaient dignes de confiance, bien qu'il soit probablement fixé sur ce point après la réunion.
Severus se plaça devant la cheminée, au-dessous du portrait représentait Salazar Serpentard avec les bras croisés et fit signe à Draco de prendre un siège près de ses amis. Draco obéit, soulagé de ne pas avoir à se tenir debout, dévisagé par toute la Maison. Mais il releva fièrement la tête, pour démontrer qu'il n'était pas honteux d'être le pupille de Severus ni d'avoir choisi la Lumière, reniant ainsi ses parents. Il avait fait ce qui était bien, pas ce qui était facile, et il ne regrettait pas le moins du monde. Il préférait largement être le fils d'un espion que celui d'un Mangemort.
Severus attendit que les derniers traînards fussent apparus, puis s'éclaircit la gorge et commença à parler :
- Pour ceux d'entre vous qui êtes nouveaux à Serpentard, bienvenue dans la maison de Serpents. Je suis le professeur Severus Rogue, Maître des Potions. Je ne vous ai pas convoqués ici uniquement pour l'habituelle réunion de début d'année, mais également pour discuter de certains événements personnels d'une grande importance ayant eu lieu cet été. Normalement, ma vie privée ne serait en rien le sujet d'une réunion de Maison, cependant, les circonstances étant ce qu'elles sont, j'aimerais vous informer de deux choses. »
Plusieurs murmures furent entendus dans la salle jusqu'à ce que Rogue ne foudroie du regard les responsables, qui se turent aussitôt. La salle commune devint alors silencieuse, les élèves frémissant d'anticipation.
- La première est que j'ai été un agent double travaillant pour le compte de l'Ordre du Phénix depuis bien avant la naissance de certains d'entre vous. Si quiconque parmi vous a suivi le procès Malefoy, vous avez certainement entendu parler de mon témoignage et du fait que Draco est désormais légalement sous ma tutelle. Vous devriez également savoir que Draco n'est pas, et n'a jamais été, un partisan des Mangemorts ou de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Maintenant, bien que cette révélation puisse être choquante ou déplaisante pour certains d'entre vous, je me dois de vous informer du fait que quiconque tentera de ramener Monsieur Malefoy dans le droit chemin n'obtiendra rien d'autre que mon incommensurable colère. Il ne doit sous aucun prétexte être harcelé, ou tourmenté, puisque Serpentard ne sera pas plus longtemps synonyme de Ténèbres. Vous-Savez-Qui a peut-être été un Serpentard, et il a peut-être traîné notre réputation dans la boue, mais Salazar Serpentard, fondateur de Poudlard et premier directeur de la maison Serpentard n'était pas, et n'est jamais devenu, un mage noir. Il était un strict et honorable pratiquant de la véritable magie, un défenseur des droits des Sang-Purs, oui, mais jamais un adepte des Ténèbres. Sous son égide, la maison Serpentard était reconnue pour son excellence en magie et pour la propension de ses membres à donner le meilleur d'eux-mêmes. C'est cette réputation que je veux cultiver à nouveau, et, à partir de cette année, une nouvelle politique sera instaurée. »
Plusieurs élèves semblaient surpris, certains acquiesçaient de la tête, et peu d'entre eux, Theodore Nott, Pansy Parkinson et Walter Avery, semblaient outrés. Severus reprit sans y prêter attention :
- Chacun sait que j'attends de vous de présenter un front uni en public, de toujours demeurer respectueux envers les professeurs et de maintenir une certaine dignité, que ce soit dans votre apparence ou dans vos manières. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de vous rappeler que vos résultats académiques devront se maintenir parmi les plus hauts de l'école, considérant le fait que la majorité d'entre vous soyez assez ambitieux pour vous en assurer par vous-mêmes. Quiconque jouant dans l'équipe de Quidditch est au courant que tous les membres de l'équipe de Quidditch doivent maintenir leurs résultats à un minimum d'Acceptable, ou bien ils seraient suspendus de match jusqu'à amélioration de leurs notes. J'ai, dans le passé, permis à certains d'entre vous d'avoir, ou de sembler avoir, un comportement inapproprié dans ma classe. Ce ne sera plus le cas. La plus grande part de mon comportement en public n'était qu'une couverture pour mon rôle de Mangemort, mais puisque ce stratagème n'est pas nécessaire plus longtemps, vous recevrez désormais de ma part des retenues et des déductions de points comme n'importe quel autre élève. »
Des hoquets suivirent cette annonce, et Draco dut se retenir de sourire. C'est le véritable Severus Rogue que vous avez devant vous, et vous vous apercevrez qu'il ne laisse rien passer, relations ou pas.
- Mais monsieur, vous enlèveriez des points à votre propre Maison ? » geignit Pansy.
- Si l'élève l'a mérité, oui, » répondit le professeur. « Bien que je n'aie jamais retiré de points en public auparavant, quiconque avait un comportement déplacé dans ma classe avait une retenue, et les Serpentards, contrairement à ce que le reste de l'école croyait, n'ont jamais fait exception. Désormais, ces conséquences seront publiques, je vous conseille donc d'avoir un comportement exemplaire. »
Il les regarda avec sa légendaire expression menaçante, habituellement réservée aux Griffondors effrontés, faisant ainsi trembler plusieurs Premières Année et quelques-uns de leurs aînés.
-Vous découvrirez bien vite que je suis sévère, non sans être juste, mais retrouvez-vous en retenue avec moi et vous découvrirez également que je peux être extrêmement désagréable, en particulier avec les élèves de ma propre Maison qui désobéissent continuellement, à l'intérieur comme à l'extérieur des salles de cours, et qui se moquent autant de mes règles que de celle de l'école. Je conseille donc, aux élèves de première année en particulier, d'éviter de me contrarier. Cependant, vous pouvez venir me voir si vous avez une difficulté avec une discipline, besoin d'un conseil, si vous êtes malade ou même avez besoin de discuter qui ne relève pas de l'école, je ferai mon possible pour vous aider. Mes horaires de bureau sont affichées sur le tableau ici, » il désigna un petit tableau noir déposé au sol sur lequel était écrit d'une calligraphie nette Bureau de Professeur Rogue : 18h à 21h ou sur rendez-vous.
-Après ces horaires, je suis habituellement dans mes appartements. Je vous recommande de ne m'y déranger sous aucun prétexte sauf s'il y a urgence, par exemple si vous êtes mourant, perdez vos membres suite à un maléfice, faîtes une dépression, avez des cauchemars ou si l'école est en feu. Oui, monsieur Sullivan ? »
L'élève en question, un première année visiblement intimidé par son austère enseignant, avait la main levée :
- Euh…Monsieur…lorsque vous nous donnez des retenues…qu'est-ce que vous faîtes ? À Durmstrang avoir une retenue signifiait recevoir un châtiment corporel, devoir réciter une centaine des règles de l'école ou devoir rester bien droit debout sur un tabouret pendant des heures. Est-ce que ça ressemble à ça, monsieur ? »
Severus secoua la tête :
- Barbare ! Non, monsieur Sullivan, à Poudlard nous n'utilisons jamais de châtiments corporels sur quelque étudiant que ce soit. Jamais je ne lèverai la main sur vous. Les retenues ici consistent à effectuer des tâches désagréables ou dégradantes à la main, à écrire des lignes ou à faire des devoirs supplémentaires ou encore à être consigné dans votre dortoir. Nous ne croyons ni à la noyade, ni aux coups de canne et jamais nous n'envisagerions d'utiliser la magie sur élève en guise de punition. »
Sullivan semblait profondément soulagé, jusqu'à ce qu'un deuxième année ne dise tout bas :
- Mais les retenues du professeur ne sont pas une plaisanterie. Si tu l'as vraiment contrarié, il te fera récurer des chaudrons jusqu'à ce que tes doigts tombent, puis il les fera repousser. »
Sullivan sembla alors horrifié, jusqu'à ce que son directeur de maison coupe sèchement :
- Il vous fait marcher, Sullivan. Atwater, vous aurez une retenue ce soir si vous ne changez pas d'attitude! »
Atwater pâlit et marmonna rapidement :
- Désolé professeur Rogue. »
- Bien. Ma dernière annonce concerne Harry Potter, plus précisément le fait qu'il n'ait jamais réellement été un Potter, mais un Rogue. Non, je n'ai pas reçu de sort de confusion, pas plus que je ne suis fou ou ivre. Le garçon que vous avez connu sous le nom de Harry Potter est en réalité Harry Albus Rogue, mon fils. »
Un silence de mort s'abattit sur la salle pendant près de trois minutes, avant que Théodore Nott ne lâche un :
- Par les caleçons de Merlin, monsieur ! Est-ce que les Potter l'ont enlevé à sa naissance et lui ont fait croire qu'il était leur fils ? »
Severus haussa les sourcils. Où les jeunes gens allaient-ils chercher pareilles idées ?
- Non, monsieur Nott, rien de si mélodramatique. À cette époque, j'étais fiancé à Lily Evans, mais j'ai dû simuler ma propre mort pour mystifier le Seigneur des Ténèbres lors de la guerre. Lily a cru à mon décès, et a épousé James Potter pour donner un père à son fils.
- Waouh, et je parie qu'elle ne lui en a jamais parlé, monsieur ? » demanda Milicent Bulstrode.
- Non, mais elle en a parlé à sa sœur, qui m'en a informé cet été, ce qui fait que j'ai désormais la garde légale de mon fils. Mon fils qui sera désormais connu comme monsieur Rogue et dont l'apparence a été significativement changée, puisque j'ai retiré les glamours posés sur lui par sa mère. Cette nouvelle apparence est ce à quoi il ressemble réellement.
- Mais c'est un Griffondor, monsieur ! » s'exclama Nott.
- Oui, je suis au courant, monsieur Nott. Où est le problème ?
- Si c'est votre fils, monsieur, pourquoi est-il chez l'ennemi ? »
Des murmures furieux et moqueurs se firent entendre, jusqu'à ce que Rogue ne lève la main :
- Ça suffit ! Le fait que mon fils soit un Griffondor n'est pas un problème pour moi, sa mère était dans cette maison. N'en faîtes pas un problème, suis-je clair ? Les membres d'une même famille ne sont pas toujours répartis dans la même maison. De plus, Griffondor n'est pas l'ennemi.Des rivaux, oui, mais le terme ennemi est réservé aux mages noirs, comme Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. Eux sont vos ennemis, puisqu'ils cherchent à vous séduire et à noyer votre âme dans les mensonges et les ténèbres. Les Griffondors sont peut-être idiots et impulsifs, peut-être souffrent-ils d'une tendance à jouer les héros, mais ce ne sont pas vos ennemis.
- Mais vous les détestez ! » répliqua un élève de sixième année. « Vous êtes toujours en train de leur enlever des points ou de leur donner des retenues.
- Je ne les déteste pas, ce n'était qu'un masque pour mon rôle d'espion. Ce sont mes élèves aussi bien que les autres, et si je leur donne des retenues, ce n'est que parce qu'ils les méritent. » le contredit Severus. « Je ferai de même pour quiconque dépassera la limite avec moi. Ceci est votre premier et dernier avertissement. Les cours commençant demain à 10h pile, je vous suggère de déballer vos affaires puis de profiter d'une bonne nuit de sommeil. Les Premières Année, vous pouvez envoyer à vos parents ou tuteurs un hibou les informant de votre répartition. Vous pouvez utiliser un hibou de l'école si vous n'en possédez pas vous-même. Pour vous le couvre-feu est à 22h30, pour les autres, extinction des feux à 23h. Si quelqu'un est intéressé à proposer son nom pour le tournoi, venez me voir demain à 15h. Vous pouvez disposer. »
Il se tourna vers Draco et l'interpella :
- Je dois te dire un mot, Draco. »
Dès que Draco l'eût rejoint dans ses appartements, Severus se détendit et dit doucement à son fils:
- Je sais que tu peux prendre soin de toi, mais sache que je suis toujours disponible si tu as besoin de moi pour quoi que ce soit. Si tu as besoin d'aide, viens me voir. Surveille tes arrières, je sais que la majorité d'entre eux ont paru bien réagir à ta nouvelle situation, mais je sais comment sont certains enfants de Mangemorts, Dragon.
- Oui papa, je sais. Je serai prudent.
- Sais-tu comment poser des sorts répulsifs ?
-Euh, non. Qu'est-ce que c'est ?
- De la magie protectrice que tu peux mettre en place sur ton lit ou ta malle qui repoussera quiconque tentera de toucher ou d'ensorceler tes possessions sans ta permission. Ils peuvent aussi fonctionner sur toi, si nécessaire. Pose-les avant de t'endormir, ils sont efficaces deux jours.
- OK. Euh, qu'est-ce qui arrive si quelqu'un essaie de passer au-travers ?
-Le sort les éloignera physiquement, soit par la force, comme un puissant sort piquant ou en les assomant, ou avec une puissante suggestion.
- Donc ils vont s'enfuir en courant de la pièce en hurlant ? »
Les yeux sombres de Severus étincelèrent.
- Oui, exactement.
- Génial ! Merci papa ! Tu me montres comment les poser ?
-Bien sûr Dragon. C'est pour cela que je t'ai demandé de venir, après tout. » Il sortit sa baguette. »Observe attentivement, Draco. »
Une fois qu'il fût certain que son fils maîtrisait le sort, il renvoya Draco à son dortoir. Il priait pour que les supporters de Voldemort fassent profil bas pour l'instant.
En arrivant à son dortoir, se retrouva face à un Nott et un Avery en colère, qui le regardaient avec un mépris non-dissimulé. Draco leur renvoya leur regard, sachant parfaitement que sembler effrayé en traversant un nid de vipères était une invitation à se faire mordre.
- Un problème, Nott? À moins que tu ne me regardes que parce que tu as encore oublié ton Rapeltout ?
- Tu es un traître, Malefoy ! »répliqua Nott. « Tu es un traître et un lâche, comme Rogue ! Un jour, tu le paieras. Le Seigneur de Ténèbres voit tout ! »
- Dis au Seigneur des Ténèbres d'aller se faire foutre » répondit Draco. « Je ne suis pas un traître, Nott, pas plus que mon père ! Et si tu veux voir un lâche, Nott, regardes dans un miroir ! »
Nott semblait sur le point de sortir sa baguette, mais Avery le retint et secoua la tête.
- Non, Nott. Lances un sort à Malefoy et tu auras Rogue sur le dos pour avoir attaqué un membre de la Maison, qui plus est son fils.
- Ce timbré de Rogue ! En voilà un autre à qui on fera sa fête, une nuit !
- Ta gueule, imbécile ! Tu ne peux pas attaquer Rogue dans son sommeil, » gronda son ami. « Choisis tes batailles, Nott, et réfléchis avant de parler !
- Je pensais ce que j'ai dit, Avery !
- Oui, d'accord, comme tu veux. Allez, viens, on va se coucher. » Il emmena un Nott continuant de protester de l'autre côté de la pièce.
Draco le suivit des yeux, puis se tourna vers Crabbe et Goyle :
- Vous gardez cet idiot à l'œil, d'accord ? »
Ils acquiescèrent, ensuite il posa les charmes de répulsion sur son lit et sur sa malle. Il avait appris en étant l'apprenti de Rogue qu'il était primordial de toujours être paré pour toutes les éventualités. Prendre des précautions avait sauvé la vie de Severus lorsqu'il était espion, et Draco était suffisamment intelligent pour suivre son exemple.
- Je vais brosser mes dents. Je reviens tout de suite, » dit-il à ses amis.
- On fera attention à ce que personne ne touche à tes affaires, Draco, » répondit Goyle.
- Merci Greg. »
Il se rendit à la salle de bain des garçons. Sur le chemin du retour, il tomba sur une Pansy semblant l'avoir attendu, ses petits yeux sur lui avec un regard qui donnait à Draco l'envie de réclamer un transfert dans une école quelque part en Antarctique.
- Oh Draco, j'espérais te voir ! » minauda-t-elle en battant des paupières dans ce qui était probablement une tentative de regard langoureux.
- Tu as quelque chose dans l'œil Parkinson ?
-N-non. » Elle avait l'air bouleversée. « Je…je voulais te dire que même si mon père refuse de me laisser te fréquenter puisqu'il ne veut pas me voir associée à un traître à son sang, je veux continuer d'être ta petite amie. Je…je ne laisserai personne nous séparer, mon amour ! » lâcha-t-elle.
Draco lutta pour dissimuler l'horreur que cette idée lui inspirait. Merlin, je pense que je vais être malade. S'il-vous-plaît, par pitié, pourquoi doit-elle être comme ça ? Pourquoi ne pourrait-elle pas me détester comme les autres enfants de Mangemorts ?
- Euh…Pansy ? Tu sais…tu ne devrais pas t'opposer ainsi à ton père…
- Pourquoi pas ? Tu l'as fait.
- Je sais mais c'était…différent. » répondit maladroitement Draco.
- Comment ? Enfin, je veux dire, je m'oppose à mon père par amour pour toi et tu le fait pour tes principes. Et même si je ne suis pas d'accord avec eux…tu es courageux de rester fidèle à ce que tu crois. J'aime ce genre d'attitude chez un homme, » ronronna-t-elle en mettant sa main sur le bras du garçon.
Draco se recula brusquement :
- Pansy, tu te rappelles des règles de la Maison ? Pas de ce genre de choses dans la salle commune ou les dortoirs. »
Elle fit la moue, ce qui la rendit encore moins attirante, comme un bulldog avec une rage de dents.
- Oh, qui fait attention au vieux Rogue et ses règles ennuyantes ? Il n'a jamais été amoureux, qu'est-ce qu'il connait de ces choses-là ? Embrasse-moi Draco !
- Il en connait assez, il était amoureux de la mère de Harry, » répliqua précipitamment Draco, s'éloignant de la fille trop empressée. « Et je ne veux pas l'avoir sur mon dos dès le premier soir, alors contrôle-toi ! »
- Humph ! T'es pas marrant » renifla-t-elle. « Très bien ! Je retrouve à côté du hêtre, tu sais, celui près des serres, demain après le cours de potions. On a tous les deux une heure de libre.
- Comment sais-tu ça ?
- J'ai jeté un œil dans le bureau du directeur avant qu'il ne donne les emplois du temps à Rogue. J'ai appris le tien par cœur, chéri. »
Draco avais des haut-le-cœur. À l'aide, emmenez-là par pitié, faîtes-la partir d'ici !
- Tu as mémorisé mon emploi du temps ?
- Oui. Comme ça, je sais quand on pourra se revoir.
- Pansy, je ne crois pas que ce soit –
- Pourquoi pas ? Ça fait des années que tu me connais et nous sommes pratiquement fiancés.
- Ton père ne veut pas que tu m'épouses…
- Vieux rabat-joie ! Personne ne lui demande son avis ! C'est moiqui me marierai et c'est toi que je veux, Draco Malfoy ! » Elle semblait sur le point de lui baver dessus.
- Je crois que tu devrais écouter ton père, » lâcha-t-il, « Écoute, je suis vraiment fatigué alors on pourrait…en parler demain, d'accord ?
- D'accord. Et ne t'inquiète pas à propos de mon père. Il va changer d'avis, » dit-elle avec la certitude d'un enfant ayant toujours obtenu ce qu'il voulait. « Bonne nuit mon amour ! » Elle l'embrassa puis déguerpit.
Draco attendit qu'elle soit hors de vue avant d'essuyer ses lèvres avec un mouchoir. Beurk ! J'ai été embrassé par un bulldog ! Bordel, pourquoi ce genre de chose n'arrive toujours qu'à moi ?
Il se dépêcha de retourner à son dortoir, où il remercia ses amis pour leur aide, avant de se déshabiller et de se glisser dans son lit. Il passa la nuit à se tourner dans tous les sens, ayant parfaitement conscience des essais de Nott et d'autres supporters des Mangemorts pour l'ensorceler dans son sommeil, ainsi que des sorts les en empêchant. Il pouvait entendre leurs exclamations de douleur et de surprise au-travers du baldaquin et il remercia silencieusement Merlin pour Severus Rogue et ses enseignements, car sans eux il aurait fort probablement commencé le trimestre à l'infirmerie.
À l'extérieur de la classe de potions, Draco attendait son frère. Il était arrivé tôt et espérait qu'Harry ait reçu la lettre qu'il lui avait envoyée le matin. Le message était court, demandant simplement à Harry de le rencontrer devant le local de potions quinze minutes avant le début des cours car il devait lui parler.
Harry apparu quelques instants plus tard, une Pincée uniquement visible aux habitants du Manoir Prince et à Phil, perchée sur son épaule. Le chat fae se tenait droit, les ailes repliées dans le dos, la queue soigneusement enroulée sur elle-même près de ses pieds, ses yeux violets brillants de curiosité. Elle avait passé la moitié de la nuit à explorer le château, rendant Peeves fou à cause de son invisibilité et de ses taquineries, démontrant bien qu'il n'y avait rien de plus agaçant qu'un chatoyant d'une humeur espiègle, et ce, même comparé à Peeves lui-même. Elle avait également fait connaissance avec les fantômes et les portraits, apprenant ainsi l'histoire de l'école au-travers des conversations, et avait découvert plusieurs passages secrets. Elle avait été bien amusée de découvrir qu'en tant qu'habitante du royaume Fae, elle était regardée avec respect et crainte par plusieurs des portraits et même certains des fantômes. Il semblerait que tous les mortels n'aient pas oublié la puissance des Faes.
- Qu'est-ce qu'il y a, Draco ? » demanda Harry aussitôt qu'il eût rejoint son frère. « Ton message était un peu…vague. »
Draco s'éclaircit la gorge.
- C'est parce que je ne voulais pas risquer qu'on puisse le lire accidentellement. » Il regarda des deux côtés du couloir, puis regarda à nouveau vers le brun. « Pincée, peux-tu vérifier que personne n'approche ? La conversation est…privée. » murmura-t-il.
*Il n'y a aucun problème, maître Draco.* répondit le chatoyant avant de s'envoler paresseusement, vérifiant qu'aucun étudiant n'approchait.
- Très bien, grand frère, lâche le morceau. Quel est le problème ?
- Tu te rappelles, je t'ai dit que mon père – Lucius – avait arrangé pour moi une alliance avec Pansy ? En fait, son père l'a considéré caduc, comme j'avais supposé, une fois que j'ai rejeté Lucius au procès. Seulement Pansy semble continuer de penser que nous sommes engagés ensemble. » dit Draco, déglutissant. « Elle…euh…elle m'a coincé dans un couloir hier soir…et elle était…elle haletait et bavait en me regardant… Hey ! » il envoya un regard furieux à son frère, qui ricanait. « Ce n'est pasdrôle, merde ! Elle m'a embrassé ! J'ai besoin de savoir comment jeter une fille en dix jours ou moins, Harry, parce que sinon, je vais devenir dingue. »
Harry changea son expression en quelque chose ressemblant à de la sympathie, bien qu'il trouvât hilarant que Draco, le populaire, sang-pur, précieux Draco, ait des problèmes avec une fille trop insistante.
- Euh, d'accord. Je vais essayer de t'aider, mais je pense que tu devrais demander à quelqu'un qui a plus d'expérience. Parce que moi, je ne suis jamais sorti avec une fille, ou même seulement discuté vraiment avec une autre qu'Hermione. C'est ma meilleure amie, je la considère comme ma sœur, alors ça ne compte pas.
- Peu importe. Tu es le seul à qui je fais confiance pour être au courant, petit frère, parce que je ne peux pas m'imaginer en parler à papa.
- Même chose pour moi. Très bien…peut-être que tu peux essayer de l'ignorer ? Mais vraiment impoliment.
- Pansy est difficile à ignorer. Elle est comme un bulldog avec un os, » grimaça Draco.
- Tu peux essayer d'être vraiment hautain avec elle. Tu peux faire ça vraiment bien. »
Draco le frappa sur l'épaule.
- Hey ! C'est pour quoi, ça ? C'est la vérité. Tu sais très bien jouer les grands princes »
Draco leva les yeux au ciel.
- Ça ne t'a pas fait mal, gros bébé ! Dommage que je ne sois pas l'héritier du Manoir Prince. Comme ça j'aurais pu lui dire que je ne peux pas marier quelqu'un d'une condition inférieure à la mienne ou bien que je dois épouser une princesse fae ou quelque chose dans le genre.
- Ben, comment saurait-elle que tu mens ? » remarqua sournoisement Harry. « Enfin, personne ne sait la vérité sauf nous, papa, Pincée, Sarai et nos meilleurs amis. Tu as tout raconté à Crabbe et Goyle, hein ?
- Oui. C'est bon pour eux. Et pour Granger et Weasley ?
- Ils ont été choqués, mais ils ne te détestent pas, ni quoique ce soit dans le genre.
- Parfait, parce que la dernière chose dont j'ai besoin, c'est plus d'ennemis. J'en ai bien assez dans mon propre dortoir.
- Qui ?
- Nott et Avery ont été les pires. Mais je sais qu'il y en a d'autres, certains des Serpentards plus âgés sont des partisans des Ténèbres, ils sont simplement plus subtils. Ils m'ont rendu visite la nuit dernière, mais rien de ce qu'ils ont essayé n'a passé les sorts de répulsion que papa m'a enseignés.
- Il t'a enseigné des sorts ? Quand ?
- Hier soir après la réunion. C'est une bonne chose parce que, comme je t'ai dit, certaines personnes ne sont pas ravies que j'aie renié Papa Chéri.
- Ils ont essayé de t'ensorceler ? » demanda Harry, surpris.
- Non, ils ont essayé de me donner des sucreries et un ours en peluche » répondit sarcastiquement son frère. « Bien sûrqu'ils ont essayé de me jeter des sorts - se sont de futurs Mangemorts !
- Est-ce que papa est courant ?
- Non, et il ne le sera pas, » dit Draco avec fermeté.
- Mais Draco –
- Non ! Je peux mener mes propres batailles, Rogue ! Je n'ai pas besoin que papa me couve comme si j'étais un bébé. Il connait les intentions de certains des membres de ma Maison et m'a prévenu de surveiller mes arrières, ceci dit je m'en serais douté tout seul, » lui dit Draco. « Donc, tu te tais et ne vas pas lui en parler, d'accord ? Sinon, je vais te chatouiller à mort à nouveau. »
- D'accord ! Je ne vais pas répéter tout ce que j'entends, tu sais !
- Bien sûr que tu le fait. Tous les petits frères le font.
- Vas te faire foutre, Draco !
- Language, petit frère, » le taquina le Serpentard, éclatant de rire lorsque le visage de Harry devint rouge. Il adorait se moquer de son frère, c'était trop drôle.
Harry foudroya son frère du regard quelques instants, mais sa colère retomba dès qu'il se remémora ce qui aurait pu arriver à Draco lui nuit précédente.
- Écoute, si tu as besoin de moi, appelle et je viendrai. Pas besoin d'envoyer un message si c'est une urgence, papa dit qu'en tant qu'héritier du manoir, je peux ressentir tous les membres de ma famille qui y habitent, s'ils y ont résidé plus de deux semaines. Et que si c'était nécessaire, je pouvais t'entendre quand tu m'appelles. Ça fait partie de la magie du manoir : Le sang parle au sang.
- Merlin ! Je ne savais pas ! Donc, tu peux m'entendre si je t'appelle ? Peu importe à quelle distance ?
- C'est ce que papa a dit. Donc… si tu as besoin de moi, Draco…appelle moi. Je t'aiderai à botter les fesses de quiconque tentera de te blesser. Personne ne cherche des noises à mon grand frère.
- Vas dire ça à Pansy, » grogna Draco.
- Peut-être que tu devrais la présenter à Ripper, le bulldog de ma tante Marge, » suggéra Harry en riant. « Non, c'est cruel.
- Pour qui ? Pour Pansy ou pour le chien ? » interrogea Draco en gloussant. «Ce serait pourtant le couple parfait.
- Eurk ! Il te manque une case, Malfoy !
- Moi ? C'est toi qui as mis ça sur le tapis. Bon, sérieusement, qu'est-ce que je dois faire ? Elle veut me parler après les cours.
- N'y vas pas et dis que tu as oublié, je ne sais pas moi.
- Ça ne marchera pas longtemps.
- Attends. Peut-être que si tu commençais à montrer de l'intérêt pour une autre fille…ça l'agacerai et elle te laisserait tomber.
- Ça pourrait marcher…sauf que la seule fille qui m'intéresse ne me donnera jamais l'occasion de l'approcher, » fit remarquer Draco.
- Pas nécessairement. Essaie de la rencontrer à la bibliothèque et commence une discussion à propos de livres. Mione est dingue des bouquins, elle parlerait d'eux avec un mort. Et si Pansy voit ça…
- Je pense que… et bien, ça ne peut pas faire de mal. D'accord, je vais essayer. Quand est-ce que Gran – Hermione va à la bibliothèque ? »
Harry éclata de rire.
- Tu devrais plutôt demander quand elle n'y est pas. Si elle pouvait elle y passerait aussi ses nuits.
- Donc n'importe quel soir. Parfait. » Draco sourit de toutes ses dents, puis donna une petite tape dans le dos de Harry. « Merci, petit frère.
- De rien. N'oublie pas, appelle-moi si tu as besoin.
- Je le ferai, ne t'inquiètes pas, Rogue. Je ne suis pas un Griffondor, et je ne projette pas de mourir en martyr. Je ferai tout pour rester là le plus longtemps possible, » le rassura Draco. Il savait qu'il pouvait compter sur Crabbe et Goyle, mais Harry était un sorcier plus doué qu'eux et il connaissait le kin-sa-dor,ce qui lui donnait un avantage incroyable dans un combat, magique ou non. C'était bien de pouvoir compter sur sa famille.
Le cours de potions du jour était dédié aux antidotes. Rogue les avait répartis en binômes formés de membres des deux Maisons. Draco se retrouva avec Hermione, pour son plus grand plaisir et à la grande surprise de la jeune fille. Pansy semblait sur le point de pleurer ou d'ensorceler leur enseignant. Elle devrait travailler avec le pauvre Neville. Harry fût jumelé à Blaise et Ron, à Crabbe. Ce n'était pas si mal. Au moins aucun d'entre eux ne haïssait Harry pour être le fils de Rogue ou simplement un Griffondor.
Harry travaillait calmement avec Zabini, hachant précautionneusement les bourgeons de lavande tandis que Blaise réduisait la corne de bicorne en une fine poudre.
- Tu t'es amélioré, Po – euh, Rogue, » remarqua Blaise. « C'est drôle de t'appeler comme ça. Par contre, tu lui ressembles vraiment.
- Bien sûr, c'est mon père, Zabini, » dit Harry avec fierté. Il enleva les mèches ébène tombant devant ses yeux, elles étaient devenues un peu trop longues.
- Et tu te fais bien à l'Idée ? » s'enquit doucement Blaise, déposant le pilon. Harry acquiesça :
- Oui. Pourquoi ? Ça te pose un problème ?
- Non. Ça m'intrigue, enfin, l'année dernière tu t'opposais tellement à lui et là… tu es son fils et sembles en être fier.
- J'en suis fier, » déclara Harry, mettant ses bourgeons dans le chaudron qui mijotait, puis mélangeant dix fois dans le sens des aiguilles d'une montre avant de faire un demi-tour dans le sens contraire. « Draco et le professeur sont ma famille, maintenant. Et ils sont une bien meilleure famille que mon oncle et ma tante ne l'ont jamais été. »
Se fût au tour de Blaise d'acquiescer. « Tant mieux pour toi, Rogue. Tu n'es pas comme la plupart des Gryffondors, bornés et croyant que tous les Serpentards ne sont que des mages noirs n'attendant que de leur jeter un sort.
- C'est parce que moi, je vous connais, Zabini. Et je pourrais te dire la même chose. »
Le jeune homme haussa les épaules. « Mes parents m'ont montré à ne pas juger les gens avant d'avoir tous les faits. Donc, je ne le fais pas. Voilà, c'est prêt à ajouter. » Il fit doucement glisser la poudre de corne de bicorne dans le chaudron.
Un peu plus loin, Draco mélangeait pendant qu'Hermione moulait la corne. Il faisait de son mieux pour demeurer calme malgré son cœur qui battait la chamade. C'était insensé, mais Draco devait reconnaître qu'il aimait la façon dont les cheveux d'Hermione étaient si bouclés et….indomptables, comme le cheval elfique qu'il avait chevauché dans le Bois Profond. Il se demandait un instant ce que cela serait de toucher la masse de cheveux brun-doré, avant de se concentrer à nouveau sur sa préparation. Elle était désormais vert pâle, comme le manuel disait qu'elle devait être.
- Ça semble correct, Malefoy, » remarqua Hermione, scrutant leur chaudron par-dessus son épaule.
- Euh… oui, c'est la bonne couleur et la bonne consistance, » dit Draco, tout en tentant de ne pas rougir malgré le souffle de la jeune fille dans son cou. Oh, Merlin, Hermione ! Ne te tiens pas si près de moi, s'il-te-plaît !Il pouvait sentir le doux parfum de menthe émanant de son souffle et aurait voulu se retourner et lui dire quelque chose de gentil, de spirituel, mais il n'en avait pas le courage. Dégonflé ! Quel genre Malefoy est effrayé à l'idée de parler à une… née-moldue ? »demanda une partie de son cerveau. Un bon Malefoy,répondit l'autre. « As-tu déjà mesuré l'eau distillée ?
- Oui. On en a besoin de deux tasses, plus 0.375 once de miel, » Hermione se retourna pour prendre l'eau. Draco la suivit des yeux, jetant un coup d'œil à ses fesses à de se sourire à lui-même. Bien. Vraiment très bien.Il s'apprêtait à lui donner une petite tape sur le derrière, mais il se retint.
Hermione se retourna abruptement, le bécher d'eau distillée dans une main, et faillit foncer droit dans Draco.
- Oh, désolée ! » Leurs nez se touchaient presque. Hermione se mit à rougir, rapidement suivie de Draco.
Ce dernier ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais n'eut pas la chance de parler car soudain, il y eut une bruyante explosion de l'autre côté de la classe, explosion qui remplit la pièce d'un gaz vert toxique qui empêcha tout le monde de respirer.
- Tout le monde, dehors ! Maintenant ! Vite ! » mugit Severus, agitant la main en une vaine tentative pour contenir le gaz qui s'évaporait de deux chaudrons à la droite de la salle de cours.
Les élèves paniquaient et toussaient, leurs gorges et leurs nez en feu, tandis qu'ils se bousculaient vers la porte.
Draco prit un grand linge à son poste de travail et le tendit à Hermione :
- Mets ça sur son visage, Hermione ! » Il plaça un pli de sa robe sur son propre visage et poussa Hermione jusqu'à l'extérieur.
La majorité de la classe était dans le couloir, circulant à la manière d'un troupeau de moutons laissé à lui-même. Draco jeta un coup d'œil autour de lui et vit Weasley tousser dans sa manche, les yeux pleurant sous l'effet de l'Irritation.
- Ron, ça va ? » demanda Hermione, le rejoignant.
- Oui…je pense, » toussa l'autre. « J'ai eu de la fumée dans les yeux.
- Où est Harry ?
Draco se le demandait aussi, il n'avait pas vu son frère. Il passa sa tête dans la classe, la moitié droite complètement remplie de fumée. Son père se tenait dos à la porte, psalmodiant d'une voie furieuse et hurlant à l'adresse de Harry :
- Harry Albus Rogue, sors d'ici, par l'enfer !
- Non ! Je ne te laisse pas ! » cria Harry, obstiné. De l'eau ruisselait de ses yeux et il toussait beaucoup.
- Harry ! Vas-y ! » rugit Severus. «Je dois me concentrer ! »
Oh, merde ! Harry, imbécile !pensa Draco avant de retourner dans la classe en courant pour attraper sa tête de mule de frère par l'épaule, le sortant de la classe par la force.
- Viens, crétin ! Sors, comme ça il pourra se concentrer sur comment réparer ce merdier !
- Lâche-moi, Draco ! » hurla Harry, terrifié par l'idée que Severus allait mourir. « Papa ! Papa, viens, s'il-te-plaît ! Papa! » Il combattait Draco, essayant de se libérer de son emprise.
- Bordel, Harry ! Arrête ! » grogna son frère. Mais Harry était comme enragé, alors Draco fit la seule chose qui lui vint à l'esprit. Il prit un élan et frappa son frère à la mâchoire.
Harry s'affaissa dans ses bras puis Draco l'emmena hors de la classe, le portant à moitié :
- Désolé, petit frère, » murmura-t-il.
Harry grogna et pleurnicha :
- Papa…il faut le sauver…Draco, on ne peut pas le laisser…
- On n'a pas le choix, » haleta Draco, les larmes aux yeux. « Il sait ce qu'il fait… » Ou du moins Draco priait pour que ce soit le cas. Parce que si Severus mourait…il ne se le pardonnerait jamais.
Harry s'appuya contre Draco, sa mâchoire l'élançant. Son frère avait vraiment un bon crochet du droit, pensait-il à amèrement. De coin de l'œil, il vit une forme vaguement humaine se précipiter dans la classe. Il cligna des yeux, se demandant s'il hallucinait. Qu'est-ce que c'était ? J'ai vu quelque chose…Pincée, où es-tu ?
Le chat fae n'était pas dans les parages, et ne répondit donc pas.
Quelques instants plus tard, le professeur Rogue tituba à l'extérieur, et Harry aurait pu jurer qu'un homme grand, un peu plus grand que son père, soutenait ce dernier. Severus toussait violement, ses cheveux plaqués sur son visage, son seul œil visible rouge et larmoyant.
- Qu'est-ce…que vous faîtes tous…debout ici…comme une bande de…d'idiots ? Vous tous…allez à…l'infirmerie, » ordonna-t-il entre deux spasmes. Il commença à s'affaisser, et Draco passa Harry à Ron.
- Voilà, tiens-le, » dit sèchement Draco, attendant que le roux prenne son ami pour se tourner et offrir son épaule à son Severus. « Venez professeur. Vous aussi, vous avez besoin d'aller à l'infirmerie. »
Le bras de Severus se plaça sur son épaule et l'enserra, puis, lentement, les élèves et leur professeur blessé se rendirent à l'infirmerie, suivis par un invisible vampire aux yeux violets, qui n'était pas au courant qu'un jeune sorcier l'avait vu avant qu'il ne remette ses charmes de dissimulation.
La suite le 15 décembre
