DISCLAIMER : Les cinq premiers chapitres sont issus d'un copier-coller de ceux qui étaient disponibles sous le profil d'Héléna Serdaigle. Nous avons l'autorisation d'elle (traductrice), de Mattéic (traducteur) et de Snapegirlkmf (écrivaine) pour poursuivre la traduction.
À partir du chapitre 6, vous trouverez la traduction originale d' Elle et Lui. Quelques noms ou expressions peuvent différer de la traduction précédente et nous avoir échappés, n'hésitez pas à nous en faire part. Nous tenons à préciser que nous sommes québécois, certaines expressions "pure laine" peuvent donc se glisser. Enfin, nous visons une publication d'un chapitre aux deux semaines, les vendredis.
Bonne lecture!
Elle et Lui
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Chapitre 6 : Conte de vampire
Philip prit place sur la chaise du professeur derrière le bureau de la classe vide et regarda les deux adolescents, dans l'expectative des questions à arriver.
À sa surprise, les deux frères se regardèrent l'un et l'autre, un courant passant entre eux. Puis, ils se tournèrent et le regardèrent directement – la plupart des jeunes trouvant difficile d'établir un contact visuel direct avec un vampire – et Draco dit :
- Euh… monseigneur….
-Phillip, ou Phil, bien que seuls les membres de la famille ou des amis proches ont la permission de s'adresser ainsi à moi. J'ai été Lord Philip pendant trop longtemps, au 11ième siècle, que je ne veux pas continuer d'être appelé ainsi, corrigea le vampire.
-D'accord Philip, dit Draco en opinant de la tête. Euhmm…. Harry et moi nous nous demandions s'il valait mieux attendre pour continuer cette discussion que mon père soit présent. Comme cela, vous rencontriez la famille au complet. Nous pourrions aller à l'infirmerie en bas et le rencontrer, si vous le voulez bien?
Philip réfléchit un moment, se rappelant comment il avait sauvé Severus du poison toxique du laboratoire de potions et dit : « Oui, j'aimerais cela. Votre père semble être une personne intéressante, et j'aimerais parler avec lui, quand il n'est pas à moitié mort d'inhalation de substances nocives, bien sûr. » Il se mit sur pied et ajouta : « Allez, venez les garçons; allons rencontrer mon descendant prodigue en potions ». Il ouvrit la porte, se tourna et chuchota : « Comme je ne veux pas révéler ma présence, je me voilerai et marcherai dix pas au-devant de vous. » Il prit une bonne inspiration, remit le voile sur lui, puis commença à marcher.
-Phil, comment connais-tu le chemin pour aller à l'infirmerie?, chuchota Harry, réalisant que le vampire n'avait pas pris la peine de demander son chemin, et, dans un château de la taille de celui de Poudlard, les nouveaux venus se perdaient toujours.
-J'ai exploré et vous ai suivi durant une semaine Harry, vint la voix basse et musicale de Phil. « Peu importe où tu étais, je l'étais également, la plupart du temps. »
-Oh, dit Harry en pensant, Merlin, il a vraiment en tête d'être mon garde du corps. J'espère qu'il ne m'a pas suivi dans les toilettes. Il rougit puis réalisa que le vampire était trop intuitif pour faire quelque chose de déplacé et d'embarrassant. Je pensais qu'avec sa vitesse surnaturelle il aurait pu être à la portée des choses avant même que j'arrive. Ce qui faisait plus de sens, de plus, c'était quelque chose qu'Harry pouvait vivre avec. La moindre pensée concernant l'autre scénario suffisait à le faire rougir.
Les deux garçons maintenaient une distance sécuritaire derrière le maître vampire, qui marchait beaucoup plus lentement que la normale, si seulement les adolescents avaient su... Peu de paroles furent échangées sur le chemin de l'infirmerie.
Draco était encore sous le choc en découvrant qu'Harry n'avait pas imaginé des choses quand il avait dit qu'il avait vu un vampire, mais comme il n'aimait pas admettre qu'il s'était trompé, il gardait le silence. Harry se tourna simplement vers lui, affichant un regard plutôt suffisant, et dit :
-Tu ne me crois pas encore, Dragon?
Draco haussa les épaules et répondit :
-Je suppose que maintenant je n'ai pas le choix, commença-t-il, puis cria lorsqu'Harry lui donna une claque derrière la tête « Hey! »
-Peut-être que la prochaine fois tu me croiras, hein?, répondit Harry en se moquant, balançant un doigt taquin devant le nez aristocratique de Draco.
Draco se frotta le derrière de la tête en silence jusqu'à ce qu'Harry rit et dise : « Oh, ne boude pas grand frère, c'est un comportement digne d'un enfant de quatre ans, n'en as-tu pas quatorze? »
-Qui es-tu? Mon père?, grogna son frère, puis il secoua sa tête et soupira. « D'accord. Tu avais raison, il y avait vraiment un vampire dans le château. Heureux maintenant? »
-Heureux comme un enfant, répondit Harry. C'est le miracle du siècle, Draco Malfoy admettant qu'il a eu tort à Harry Rogue.
-Ouais, ouais, répondit Draco en balayant l'air de la main d'un geste nonchalant. Puis, il changea de sujet : « Je me demande ce que papa a dit quand les trois idiots se sont confiés à lui? J'espère qu'il a appelé Dumbledore afin que celui-ci puisse écouter leurs confessions et les accoler au pied du mur.»
-Je l'espère moi aussi, approuva Harry, les yeux brillants. Un accident est une chose, mais un acte délibéré de faire du mal à son père, son frère et lui-même est une autre chose. « Dommage que papa nous ait interdit d'utiliser le kin-sa-dor pour nous défendre, autrement j'aurais réduit en bouillie Nott and Cormac avec plaisir!
-Oui, je sais ce que tu veux dire.
Ils eurent bientôt la réponse à la question de Draco, puisque quand ils arrivèrent à l'infirmerie, ils entendirent des voix colériques, une appartenant à Severus et l'autre, étonnamment, au directeur. Draco et Harry échangèrent des regards de stupéfaction. Dumbledore… criant? C'était un évènement que d'entendre le directeur compréhensif élever la voix… et face à un élève, rien de moins!
Ils pouvaient clairement entendre Dumbledore réprimander les trois mécréants à travers la porte en chêne de l'infirmerie : « …ai totalement honte de vous tous. Que vous pouviez penser si peu de la vie de vos confrères étudiants, sans mentionner celle de votre professeur. Que vous ayez essayé de leur faire du mal si gravement est consternant et honteux. Si ceci est un exemple de la solidarité écolière, je devrais peut-être annuler le Tournoi des Trois-Sorciers et dire aux directeurs de Beauxbâtons et Durmstrang de rester loin d'ici, puisque je ne peux avoir confiance en mes propres étudiants pour se comporter décemment et avec retenue. »
Il y eut une pause, puis Dumbledore continua, furieusement, « Savez-vous qu'une tentative de meurtre a des conséquences, même pour des mineurs? Que le professeur Rogue pourrait porter des charges sur vous tous s'il le voulait, ou qu'Harry et Draco pourraient? Oui, M. Nott, je suis sérieux. Vous ne serez peut-être pas incarcérés à Azkaban, mais il y a d'autres prisons, pour de jeunes sorciers délinquants qui pensent être au-dessus des lois. Cet endroit est connu sous le nom d'Oubliette, la place de l'oubli, et ceux qui y entrent en sortent à jamais changés. »
-C'est un mensonge monsieur!, défia MacLaggen. Je n'ai jamais entendu parler de place comme ça.
-Et donc cela veut dire que ça n'existe pas, M. MacLaggen?, interrompue une voix doucereuse, entremêlée de sarcasme. Basé sur cette théorie, la moitié du monde doit être disparue puisque ce que vous ignorez pourrait remplir une série complète d'encyclopédies.
-Je… J'en ai entendu parler, ajouta Avery en tremblant. Mon grand-père avait l'habitude de me menacer de m'envoyer là-bas quand j'étais méchant. Il.. Il a dit qu'ils nous mettaient dans un trou sombre dans la terre et nous laissait moisir là. Il a dit que c'était là où allaient tous les mauvais petits enfants. S'il-vous-plaît professeur, ne m'envoyer pas là-bas! Je suis désolé, je le suis vraiment!
-Mais monsieur, le…vampire nous a déjà punis!, se lamenta Nott.
-C'est ce que vous avez dit, répondit le directeur. Mais je suis responsable de vous aussi longtemps que vous êtes ici et je ne peux permettre qu'un tel comportement – délibérément malveillant –ne se fasse sans être puni. Je suis sûr que le professeur Rogue sera d'accord avec moi.
-Je le suis certainement, répondit Severus, avec une voix profondément glaciale et furieuse. Vous étiez avertis dès le début de l'année ce qui se passerait si vous me désobéissiez et attaquiez un élève. Maintenant, vous récoltez ce que vous avez semé.
Les deux Serpentard commencèrent à plaider pour obtenir clémence, mais Severus demeura inflexible et pour cette fois, Dumbledore aussi, quand Cormac se joignit à eux.
-À partir de ce soir, vous trois serez en probation pour des problèmes de comportement. Ce qui signifie que vous êtes à un cheveu de vous faire expulser. Traversez la ligne juste une fois, et je commencerai les procédures pour vous expulser de cette école sans délai. Ladite probation inclut l'annulation de toutes vos visites à Pré-au-Lard, restrictions dans vos salles communes à l'exception des classes et des repas, des rapports réguliers à votre directeur de maison de la part de vos professeurs, en regard de vos comportements en classe et trois nuits de détention par semaine avec les professeurs Rogue, McGonagall et moi-même. De plus, il vous est défendu d'assister à quelque match que ce soit de Quidditch et, en dernier et non le moindre, je vais écrire une lettre à vos parents les informant de vos comportements indignes et de la punition que vous avez.
Draco et Harry reculèrent, effrayés, et remercièrent leur bonne étoile de ne pas être ceux qui recevaient cette réprimande.
-Est-ce que c'est clair?, ajouta sérieusement Dumbledore.
Trois voix lui répondirent à l'unisson : « Oui monsieur ».
-Monsieur, demanda Nott, quelque peu timide. « Combien de temps serons-nous en probation? »
-Pour le reste de ce trimestre, au moins. Si vous démontrez un effort honnête, je pourrais réduire votre sentence pour le trimestre prochain. Autrement, votre punition durera l'année entière. Ne vous plaignez pas M. MacLaggen! Vous êtes chanceux que je sois indulgent avec vous, sans quoi vous iriez tous à l'Oubliette! »
Cela cloua le bec même de Cormac. Harry et Draco se cachèrent lorsque la porte de l'infirmerie s'ouvrit pour laisser passer les trois étudiants, punis et, contrits qui filèrent sans demander leur reste. Ils étaient tremblants, pâles et transpirants, grimaçant sous la douleur, puisque la malédiction de Philip avait commencé à les affecter. Ils ne virent même pas leurs victimes tellement ils étaient pressés de s'éloigner de l'infirmerie.
Ils entendirent Dumbledore dire à Severus de bien se porter, puis le crépitement des flammes alors que le directeur fit usage de la poudre de cheminette pour retourner à son bureau.
-Phil, l'horizon est dégagé, murmura Harry inutilement, oubliant que le vampire avait une ouïe grandement supérieure à celle des autres, en plus d'avoir d'autres sens plus développés.
-Je suis au courant de cela Harry, flotta la voix de Phil. Elle était douce et grave, sans comparaison avec celle de leur père.
-Draco, comment devons-nous faire cela?, demanda Harry en regardant son frère. Devrions-nous simplement entrer et lui dire ce qui s'est passé, et puis lui présenter Phil après ou le présenter d'abord?
Draco le regarda pensif. « Je pense que le présenter en premier serait mieux. Après nous pourrions laisser papa nous examiner et constater que nous sommes intacts. Il est probablement inquiet. »
-Ok, bonne idée, dit Harry en poussant la porte de l'infirmerie et en entrant, suivi de Draco et Philip.
-Harry, Draco, Le soulagement dans les yeux et la voix de leur père était palpable. Êtes-vous tous deux intacts? Venez ici et laissez-moi vous regarder.
Les deux garçons obéirent, se soumettant eux-mêmes à une inspection visuelle complète et attentive de Severus, en plus d'un diagnostic magique que l'adulte insista pour réaliser, faisant lever en l'air les yeux de ses fils.
-Papa, nous sommes corrects!, dit Draco. Ces trois têtes vides ne pourraient nous mettre à terre quand même que nous serions attachés et les yeux bandés.
-Shush, Dragon. Je te connais, tu me dirais que tu es correct même si tu avais une hémorragie interne et qu'il te manquerait un bras.
-Ca sonne comme quelqu'un d'autre que je connais, murmura son Serpentard dans sa barbe.
Severus se tourna promptement et tapa Draco, le faisant sursauter et regarder son parent adoptif d'un regard boudeur. Harry, assez intelligent pour apprendre de l'exemple de son frère, ne dit rien et se laissa simplement examiner.
Dès que Severus fut satisfait de l'examen, il les prit dans ses bras et leur dit de s'asseoir sur les sièges près de son lit. « Maintenant, qu'est-ce que toutes ces histoires de fou à propos d'un vampire attaquant Nott et les autres? Est-ce que c'était une illusion que l'un de vous a formée? »
-Non, papa. Il y a vraiment un vampire ici, mais c'est un gentil vampire. Il t'a sauvé des fumées du poison lorsque les chaudrons ont explosé il y a quelques jours. Je l'ai vu une minute avant qu'il ne disparaisse, expliqua Harry.
Severus leva un sourcil, « En es-tu certain? Parce que les vampires ne peuvent franchir les murs de Poudlard à moins d'être invité ou… »
-Ou si leur aura est pure et non salie par le sang des innocents, finit Phil, abaissant son voile et apparaissant ainsi aux côtés des deux garçons. « C'est ce que je suis, puisque je chasse seulement pour me nourrir et je ne prends que le sang des gens malfaisants– les meurtriers, les violeurs, les abuseurs d'enfants, les mangemorts, autant les sorciers que les moldus. »
La mâchoire de Severus tomba et il se mit à fixer la grande apparition aux cheveux foncés qui se pencha gracieusement et sourit, démontrant ainsi un aperçu de ses crocs, mais néanmoins suffisant pour que Rogue soit convaincu qu'il soit un vrai vampire et non pas un fragment de l'imagination d'Harry.
-Saint Merlin! Avez-vous été ici tout ce temps?
-Oui, je peux me voiler de la vue de n'importe quel sorcier ou moldu et la plupart des fae si je le choisis, dit Phil en riant. « Je suis très heureux de vous rencontrer enfin, Severus » Il tendit la main. « Mon nom est Philip Anthony Rogue et je suis un ancêtre très distant de vous. »
-De moi? Mais comment? Severus prit la main du vampire et la serra, mais la soudaine révélation lui laissa l'impression d'avoir reçu un coup à la mâchoire par trois Cognards et d'avoir chuté de son balai. « Mon père Tobias était un moldu, aussi anti-magie que possible. »
Phil rit, ses yeux violets scintillant. « Vrai, mais il n'est pas nécessaire de posséder de la magie pour être un vampire, bien que cela aide. » Il se tourna, alla chercher une chaise et la rapporta près du lit, bougeant si rapidement que c'était comme s'il l'avait conjuré. « Est-ce que cela vous ennuierait si je m'assois pour un instant? Mon histoire est longue et prenante et vous tiendra réveiller probablement plus tard que votre heure de coucher. »
-Une histoire pour dormir de vampire? Cool!, s'exclama Harry, avec l'air d'un enfant impatient à Noël, ce qui était rare puisqu'étant enfant il vivait avec les Dursley et n'avait jamais eu de vrai Noël.
-Cool en sale!, s'écria Draco.
-Draco, langage!, réprimanda Severus automatiquement.
-Désolé, j'ai oublié, répondu rapidement Draco. « Ne nettoie pas ma bouche, stp? »
Severus fronça des sourcils à son fils blond avant d'accéder à sa requête. « Je laisse passer puisque tu as été sous beaucoup de pression ce soir, mais seulement cette fois-ci, compris? Tu es assez vieux pour contrôler ta bouche, Draco Michael. »
-Oui monsieur. Draco laissa sortir un énorme soupir de soulagement. Cela aurait été l'humiliation ultime s'il s'était fait laver la bouche en face de Philip.
Phil sourit fièrement à lui-même, ayant capté chaque pensée de Draco, dû au pouvoir de son esprit vampirique. Étant un ancien lord vampire, Philip avait appris à développer son esprit à son plein potentiel, faisant de lui un genre de télépathe, mais un tel talent venait seulement avec le grand âge. Il se racla la gorge et dit : « Ahem! Commençons-nous? »
-Je suis un peu vieux pour des contes, commença Severus, se sentant mis de côté en étant réduit au même niveau que ses enfants par l'ancien immortel.
-Pas d'après mon évaluation, vous ne l'êtes pas, taquina le vampire, son sourire arrogant étant un écho à celui de Rogue. Trente-quatre ans est pratiquement un enfant pour moi, puisque je suis vivant depuis mille ans.
Severus rougit : « selon l'évaluation de mes pairs sorciers, je suis un adulte… »
Le vampire se mit à rire. « Ah Severus, je plaisantais. Si cela vous fait sentir mieux, votre directeur serait tout juste un adolescent selon l'évaluation vampirique. »
Les garçons se mirent à rire à ce commentaire et Severus eut l'air mortifié.
-Si vous voulez, penser à ceci comme une leçon d'histoire familiale, dit Phil.
-Oui, une ancienne leçon d'histoire, fit remarquer Harry.
-En effet, répondit Phil en riant, puis il commença son histoire. Comme je l'ai mentionné plus tôt, je suis né il y a mille ans, dans les environs de l'an 995. C'est une date approximative puisque dans ce temps-là, nous ne nous occupions pas de suivre un calendrier, étant donné que peu de gens savaient lire ou écrire. Ces talents étaient réservés aux moines et à la royauté, la plupart des nobles ne savait faire autre chose que signer leur nom. Je suis né dans la partie la plus au nord de l'Angleterre, qui est aujourd'hui le Yorkshire. Cette partie était presque uniquement constituée de terrains sauvages réservés pour quelques domaines féodaux. Nous habitions en périphérie de Yorkshire, en hauteur, près des frontières écossaises, bien que, plus loin dans l'intérieur du pays, un centre culturel et de ville prospéraient, incluant la grande ville de York, une des plus grandes parmi la civilisation britannique. J'étais le second fils, destiné à une vie de chevalier, aidant à protéger ma famille et ma maison. J'avais un frère plus vieux, Theodorus, et une petite sœur, Eleanor. Les deux étaient des gens ordinaires, moi, par contre, j'étais né vampire.
-Un vampire-né?, répéta Severus. Mais je pensais que tous les vampires étaient transformés et non nés vampires.
-La plupart le sont. Un vampire-né est très rare et n'arrive peut-être qu'une ou deux fois par siècle. Mais nous sommes plus forts et véritablement immortels, au contraire de mes frères changés. Nous vieillissons de façon infinitésimale, du moins, une fois que notre âge vampirique est atteint, lors de notre adolescence vers seize, dix-sept ou dix-huit ans. Nous l'atteignons juste avant que nous ne cessions de grandir comme les autres et ne montrions aucune différence, peut-être pour épargner nos sens plus élevés et notre rapidité de guérison enfantine.
-Est-ce que cela veut dire que vous ne pouvez être tué? Demanda Draco.
-Je n'ai pas dit ça, mais nous n'avons pas beaucoup de faiblesses, admit Phil doucement. Il bougea une main et un étrange brouillard sembla flotter au-dessus d'eux les faisant grelotter un instant. « Voilà un voile de discrétion qui fera en sorte que rien de ce que je suis sur le point de vous dire ne pourra être entendu par des sorciers mal intentionnés. »
Le vampire eut l'air satisfait de lui-même. « Pour répondre à ta question Draco, un vampire-né ne peut être exterminé par un pieu dans le cœur, l'ail, l'eau bénite ou le feu. Les pieux et le feu peuvent nous blesser, l'ail et l'eau bénite n'a aucun effet sur nous, pas plus que le sort de mort subite. Nos seuls vrais ennemis sont le soleil, les chasseurs de vampire et, occasionnellement, les loups-garous. Bien que certains d'entre nous puissent marcher au soleil s'ils sont protégés par une pierre solaire. »
Phil sortit son propre bijou scintillant du dessous de son chandail et montra à ses descendants le pendentif magique.
-Cela veut dire que tu n'as pas besoin de dormir dans un cercueil avec de la terre de ton sol natal?, demanda Harry, se rappelant l'histoire de Bram Stoker, Dracula.
Phil plissa son nez de dégoût. « Certainement pas! J'aurais pu tuer Stoker pour avoir répandu ces rumeurs stupides à propos des vampires. La plupart de ce qu'il a écrit, Harry, était soit complètement inventé, soit horriblement déformé. Je préfère dormir dans un lit confortable, avec les rideaux fermés près de mon épouse bien-aimée. »
-Vous êtes marié?, s'exclama Severus en soulevant un sourcil.
-Heureux en mariage, depuis plusieurs années, mais nous devançons les choses, répondit Phil, en reprenant son histoire. Ma famille, bien entendu, ignorait que j'étais un vampire. En ce temps, j'aurai été chassé et assassiné pour être un adorateur du diable. Je n'en ai pris connaissance moi-même seulement à la veille de mon dix-septième anniversaire, quand mon appétit pour le sang et mes ailes ont émergé. Et aussi mes canines. Il ouvrit sa bouche pour les montrer.
-Ailes? Tu as des ailes? Où sont-elles?, Draco tendit le cou pour contempler le dos du vampire, se demandant s'il était peut-être devenu aveugle pour les avoir manquées.
-Elles sont rétractées en ce moment, mais quand j'en ressens le besoin, je peux les appeler. Elles sont d'un grand secours dans un combat. Les miennes sont d'une pure couleur noire, comme les ailes d'un corbeau.
-Est-ce que quelqu'un dans votre famille a découvert ce que tu étais?, demanda Severus avec curiosité.
Phil hocha la tête. « Oui, ma sœur l'a découvert en premier, et elle m'a aidé à cacher ma nature, me donnant des moutons vieillissants et du bétail dont je pouvais me nourrir, jusqu'à ce que j'apprenne à chasser par moi-même. Le sang d'animal me gardait en vie, mais j'étais toujours affamé. Malgré tout, j'étais terrifié à l'idée que si je mordais un humain, j'allais les changer en monstre comme j'en étais un moi-même. »
L'ancien vampire grimaça. « J'étais alors littéralement déchiré entre deux mondes. Finalement, le roi nous a appelés à la guerre et j'ai mené les soldats de mon territoire contre les Français. C'est à ce moment que j'ai acquis la réputation de Philip l'Immortel, pour m'avoir pris une lance dans la poitrine et avoir survécu. J'ai utilisé mes pouvons d'illusion pour déguiser la blessure, pour que je n'apparaisse pas comme guérissant trop rapidement, et l'aie déclarée une guérison miraculeuse. Heureusement, j'étais populaire et bien aimé, donc mes loyaux sujets m'ont cru. C'était également à ce moment que j'ai tué mon premier homme et bu de son sang. Après cela, j'ai réalisé que boire du sang était un besoin et que je n'avais pas créé de vampire en faisant cela. J'ai, par la suite, réalisé un choix consciencieux de ne chasser que les hommes qui étaient le mal incarné, jamais des innocents. J'ai toujours tenu ma promesse depuis ce temps. »
-C'est une excellente chose, fit remarquer Severus, insensible.
-Oui, éventuellement j'ai dû prétendre mourir, puisque je ne vieillissais pas. J'ai laissé mes biens et me suis promené partout, incluant le royaume fae. J'ai beaucoup appris d'eux, y compris comment faire des illusions et le combat à l'épée. Je suis devenu un allié de la cour de Seelie.
-Connais-tu la reine Titania?, était la prochaine question d'Harry.
-Oui, elle et moi sommes de vieux amis. Elle est en partie la raison de ma présence ici, petit Rogue, lui dit Phil. Je ne peux pas rester très longtemps à un même endroit puisque les gens pourraient commencer à remarquer que je ne vieillis pas ou que je ne passe pas beaucoup de temps à l'extérieur à la lumière du jour. De plus, j'haïssais regarder mes amis mortels et ma famille mourir, bien que cela ne puisse être évité.
Les yeux violets de Phil perdirent soudainement leur éclat et devinrent morts, signe d'une vieille blessure. « Mon frère mourut éventuellement, bien qu'il ait laissé derrière lui trois garçons et une fille. Ma sœur Nell maria un autre lord, eut plusieurs enfants elle aussi avant de mourir de la peste noire. Ceci permit la continuité de la lignée des Rogue, et j'en ai fait mon affaire de surveiller mes descendants de temps à autre, être sûr qu'ils n'étaient pas en danger et bien portants. À chaque génération, ou aux deux générations, je choisis un descendant à qui me montrer et raconter mon histoire, pour que je ne puisse être oublié. Mais ils ne pouvaient en parler à personne d'autres, moi excepté. J'ai choisi le frère de ton père Tobias, pour me révéler. Malheureusement, mon secret s'est perdu quand il est mort, et ton père n'a jamais su à propos de moi ou de la magie, ou de n'importe quoi ayant rapport avec les sorciers. »
-Jusqu'à ce qu'il rencontre ma mère, dit Severus, une note d'amertume clairement présente dans sa voix.
-Je suis désolé Severus, dit le maître vampire sincèrement. Désolé de n'avoir pu être là pour t'aider comme j'ai aidé tes garçons, mais j'étais… occupé à protéger ma propre famille des chasseurs de vampire, mis à mes trousses par votre sombre nécromancien, Voldemort.
Les yeux de Phil devinrent sombres comme des améthystes. « J'ai éventuellement trouvé une merveilleuse vampire qui était disposée à être ma moitié. Son nom est Julie, et elle est vraiment singulière. Elle est mon autre moitié, mon âme sœur. Elle et sa jeune sœur Alice vivaient avec moi et en ce temps, je devais garder profil bas et les protéger, en plus de me protéger moi-même. Mais, avoir su comment était ton enfance, … soit assuré que j'aurais fait souffrir ton bâtard de père pour le traitement qu'il te donnait. »
-Comment sais-tu à propos de cela?, demanda Severus. « Personne ne sait cela, à l'exception de Lily et de mes deux garçons. »
Phil eut presque honte, « Pardonne-moi Sev, je… je suis un ancien vampire je peux donc lire les pensées d'une personne lorsque celle-ci est dans la même pièce que moi. J'ai cueilli certaines de tes pensées en regard de ton père avant et d'autres de tes garçons quand je l'ai mentionné. Je ne voulais pas envahir ton intimité, Severus, mais il est difficile pour moi de bloquer les pensées des membres de ma famille puisque nous sommes liés par le sang. »
Severus fronça les sourcils et leva ses boucliers d'occlumancie à un niveau élevé, tel qu'il n'avait pas employé depuis sa dernière confrontation avec Voldemort. « Est-ce que c'est mieux, Philip? »
Phil eut l'air surpris. « Oui, maintenant, je ne sens plus la pression. Merci, et s'il te plaît, appelle-moi Phil. Toute ma famille le fait ». Il sourit à Severus.
Le maître des potions lui sourit en retard. « Ce sera avec plaisir… Phil. »
-Uh, Phil? Comment sommes-nous reliés exactement?
-Draco, te répondre serait ardu, puisque les branches de ton arbre généalogique se sont plusieurs fois éloignées des miennes. Il suffit simplement de te dire que tu es en quelque sorte mon arrière, plusieurs fois, neveu. Vous l'êtes tous, en fait.
-Alors, devrait-on t'appeler oncle Phil?, demanda Harry qui voulait savoir.
-Oncle Phil?, Philip eut l'air grandement amusé. « Bien… pourquoi pas? Je peux m'habituer à ça, aussi rapidement que je me suis habitué à entendre mes jumeaux m'appeler papa. »
-Tu as des enfants?, demanda Severus en le regardant fixement. Mais alors… cela veut dire que le mythe selon lequel les vampires ne peuvent procréer est faux!
-Oui, un vampire-né peut engendrer ou porter des enfants avec un autre vampire, ou à l'occasion, avec une humaine, bien que cela soit très rare et dangereux pour une femme humaine de porter un enfant vampire à terme. Je ne risquerais jamais la vie de ma femme mortelle, si j'en avais une. Mais Julie est un vampire et, par conséquent, peut porter mes enfants sans danger. J'ai des jumeaux. Ils ont quatre ans, et sont des faiseurs de troubles incarnés. Ils se nomment Siren et Setus, et nous rendent souvent, Julie et moi, fous à grimper aux rideaux.
-Comme ces deux là, dit Severus, indiquant ses fils de la main. Je sais exactement ce que tu veux dire Phil.
-Hey! Nous ne sommes pas si mauvais papa, protesta Harry.
-C'est vrai, tu as encore ta couleur originale de cheveux, indiqua Draco.
-Même si je ne dois pas vous remercier pour cela, leur renvoya Severus.
-Regarde le bon côté, papa. Nous ne t'avons pas donné de crise cardiaque encore, lui fit remarquer son fils, imprudemment.
-À la vitesse où tu vas, Harry Albus Rogue, j'en vois arriver une dans un futur rapproché, lui dit son père, sans expression.
-Merci papa, dit Harry en faisant une grimace. Bonne manière de me faire sentir coupable.
-Eh bien, mon fils, si c'est la seule manière de te garder en dehors des problèmes…, dit Severus en lui pinçant gentiment l'oreille.
-Je peux penser à d'autres manières, ajout Phil en riant.
-Aide-moi Draco, ils se rassemblent contre moi, dit Harry en regardant son frère avec espoir.
-Qu'est-ce que tu veux que je fasse? Je suis aussi coupable que toi de faire des choses stupides qui rendent papa fou. Admets-le petit frère, ils nous ont épinglés dans un coin et la seule défense qu'ils nous restent est de ne rien ajouter.
-Tu es d'une grande aide, murmura Harry du coin de la bouche.
Draco ria, « J'ai surtout un instinct de survie, alors, ensorcèle-moi. Je suis un Serpentard, je n'embarque pas dans tout le non sens des Valkyries, comme vous les Gryffondor.
-Ce n'est pas du non sens! J'ai sauvé ton postérieur avec mon soi-disant « non sens des Valkyries » dans les Bois profonds, rappela Harry indigné. Je n'aurai pas été là, que tu porterais un bras magique!
-Tu ne me laisseras jamais l'oublier celle-là, non?, commença Draco, batailleur.
-Les garçons! C'est assez!, intervint Severus brusquement. Phil ne veut pas vous entendre vous chamailler comme des enfants de quatre ans. Je suis sûr qu'il en a suffisamment lorsqu'il est à la maison.
Ses deux fils se calmèrent immédiatement, ayant l'air confus.
-Malheureusement, oui, répondit Phil secouant sa tête tristement.
-Tu vois ce qui t'attend plus tard?, demanda Severus avec une affreuse grimace.
-PAPA!, protestèrent en cœur les deux garçons.
-Quoi?, demanda le maître de potions innocemment. Puis, il étendit son bras et passa sa main dans les cheveux de ses garçons, un geste d'affection qu'ils lui permettaient uniquement quand ils étaient en privé.
Phil rit document, heureux de la manière dont les trois s'entendaient bien ensemble. C'était rafraîchissant de voir comment cette petite famille était liée, sachant qu'ils n'étaient parvenus à cette relation que cet été. Quand il eut repris sa position, regarda Severus et dit : « J'espère seulement que, quand mes garçons auront cet âge, je serai capable de leur donner toute l'affection et la discipline que tu as et qu'ils seront aussi bien que ces deux jeunes hommes. »
Harry et Draco se redressèrent et envoyèrent à leur ancêtre un grand sourire de triomphe.
-Tu es le meilleur, oncle Phil, dit Draco.
-Incroyable, approuva Harry.
- Merci, sourit Philip.
-Est-ce que j'ose demander ce que je suis?, grommela Severus, un peu jaloux, puisque jamais ses garçons ne l'avaient regardé avec cette étincelle d'admiration dans leurs yeux. Cela doit être dû à l'aura vampirique.
Harry se tourna vers son père, « Tu es le plus formidable des papas, papa. Je pensais que tu le savais déjà. »
-C'est vrai papa, tu es génial, dit Draco en se joignant à eux. « Même si tu nous réprimandes et que tu nous punis quand nous en avons besoin. » Il donna à son père son sourire le plus gagnant.
-Assez de flatteries, répondit Severus d'une voix bourrue, mais il était content de constater qu'il était encore aimé de ses garçons, en dépit du fait que leur ancêtre nouvellement découvert était très charmeur et un vampire ultra cool.
-Garde ça pour la prochaine fois que tu voudras acheter quelque chose à Pré-au-Lard, leur dit-il en leur souriant arrogamment.
-Tu as parlé comme un vrai Rogue, dit Phil en riant. « Vous êtes tous la raison du pourquoi je suis ici maintenant. C'est mon devoir de vous protéger de tous ceux qui vous veulent du mal et je m'efforcerai de le faire au meilleur de mes capacités. », dit-il gravement. « Comme vous l'avez vu ce soir, personne ne blesse ma famille et s'en tire sans dommage. »
-Un fait dont je suis reconnaissant, lui dit Severus. « Si cela n'était pas de toi, mes fils auraient pu être gravement blessés. Pour cela, jamais je ne pourrai t'en être redevable. »
-Tu n'en auras jamais besoin. Nous sommes une famille. Une famille n'a jamais de dette, énonça fermement Phil.
Severus inclina la tête. « Néanmoins, je pourrais certainement utiliser ton aide. Comme tu peux le constater, ces deux là sont des aimants à problèmes. »
-Tu l'auras Severus, promit Phil. « Et maintenant, je pense qu'il est tard et que vous avez besoin de dormir. C'est presque l'heure du couvre-feu. »
Les deux garçons grognèrent. « Merlin! On en a deux comme ça! »
-Bonne nuit les garçons, dit Severus en indiquant la porte de son doigt.
-'Nuit papa, répondirent-ils, en lui donnant un rapide câlin avant de se faufiler hors de la pièce.
Harry lança derrière son épaule, « En passant, oncle Phil, tu racontes les meilleurs contes. » Puis, il se glissa hors de la pièce.
-Vaurien effronté!, ria Phil sous cape. Il souhaita bonne nuit à Severus et se leva pour devenir l'ombre de ses deux jeunes charges jusqu'à leur dortoir.
Traduction finale le : 1 juin 2013
Relecture finale le : 13 juin 2013
