Ouuuuuf ! Enfin le chapitre 8 !
Oui. Oui, je sais. Décidément, JAMAIS je n'arriverai à être ponctuelle. Mais cette fois-ci, ce n'est pas entièrement de ma faute: j'avais mes exams et, quand j'ai enfin eu le temps d'écrire, pour une raison que j'ignore, mon ordi à soudainement décidé que, non, il ne me laisserai pas me connecter à . C'était vraiment soûlant et j'ai du attendre d'être de retour à la maison pour pouvoir me connecter via un autre ordi et poster ce chapitre (qui, au passage, est prêt depuis deux semaines et quelques. Greuh.)
Mais bon, je suis là maintenant et je vais essayer d'être plus rapide dans la mise en ligne des prochains chapitres à l'avenir !
En attendant... Enjoy !
Chapitre 8
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_ Piper, calme toi je t'en prie !
Merci à ses réflexes surhumains de demi-dieux, Jason se baissa juste à temps pour éviter un des nombreux projectiles que son ex petite amie lui lança rageusement à la figure depuis une demi-heure. Le vase passa à quelques centimètres de sa joue et alla s'écraser contre le mur, volant en éclat. On lui avait souvent répété que son ADHC pourrait le maintenir en vie pendant une bataille, mais aucun combat n'avait été aussi difficile que celui qu'il était en train de mener.
_ COMMENT TU AS PU ME FAIRE CA A MOI !
Il n'avait jamais vue Piper dans un tel état. Ses yeux d'habitude multicolores étaient assombris par la colère et rougis de larmes, les cheveux épars sur ses épaules et ses poings étaient si serrés qu'elle avait de profondes marques d'ongles sur les paumes. Depuis qu'il était entré dans le bungalow, elle n'avait cessé de crier, et sa voix désormais cassée tremblait d'émotion pendant qu'elle le fixait, le regard accusateur et furieux.
_ TOUT CA C'EST DE TA FAUTE !
_ Piper, répliqua t-il de sa voix la plus calme pour tenter de l'apaiser. On sait tous les deux que c'est faux. On a été ensorcelés, et...
_ SI TU NE LES AVAIS PAS BAISÉS, RIEN DE TOUTE CELA...
Son sang ne fit qu'un tour.
_ Surveille tes mots, je ne les ai pas juste "baisés" ok ?!
Elle eu une moue dédaigneuse, sembla hésiter entre le frapper à mains nues ou lui envoyer un autre objet à la figure, puis éclata de rire. C'était un rire froid, sans humour, qui flanqua la chair de poule à Jason.
_ Alors ça y est, c'est le grand amour entre vous trois ? Tout ça parce que des stupides dieux à la con (un coup de tonnerre secoua le ciel, mais Piper n'y accorda aucune attention) vous ont jeté un sort et vous contrôlez plus votre bite, c'est ça ? (d'un geste rageur, elle empoigna une poupée Barbie qui traînait sur l'étagère et la lui jeta) ON ÉTAIT UN COUPLE ! Un couple heureux ! Tu m'avais promis ! On était...
_ C'est faux ! Ça n'allait plus entre nous !
Il esquissa un geste comme pour s'approcher, mais le regard de Piper l'en dissuada aussitôt. Il avait mal, mal pour elle, car il lisait parfaitement la douleur enfouie derrière la colère dans ses yeux. Il se sentait monstrueux de devoir lui dire ça, mais il préférait qu'elle l'apprenne par lui plutôt que par les rumeurs qui circulaient dans le camp, et dont les mots n'étaient pas toujours tendres. Il prit une grande inspiration et lui avoua:
_ Tout le monde le disait. Que nous deux, c'était... déjà fini. Pareil pour Annabeth et Percy. Ce sont des choses qui se sentent. Tes frères et soeurs ont perçu que notre couple... enfin, n'était plus ce qu'il était. La nouvelle s'est propagée et...
_ Tu es en train de me dire que tu ne m'aimais plus avant le sortilège ?
Il se sentit frigorifié, comme si Chionée venait de jouer au Ice Bucket Challenge au dessus de sa tête. La voix de Piper était froide et sans couleurs, dépourvue de pitié. Mais son regard était encore pire. Il aurait préféré qu'elle continue de lui hurler dessus. Il aurait même préféré qu'elle le frappe, plutôt que de le regarder ainsi. Il s'efforça de ne pas baisser les yeux.
_ Tu veux dire que tout ce temps, ce n'était que des mensonges abjects visant à me faire espérer ? Que tu ne pensais pas un mot de toutes ces belles paroles ? Que tu ne m'as jamais aimée ?
_ Au début, je...
_ Tu vas me sortir que c'est de ta faute et que tu ne me mérite pas, c'est ça ? Tu vas dire que ce n'est pas moi, c'est toi, et que je vivrais mieux sans toi, parce que je suis géniale et que tu n'es pas assez bien pour moi ? Tu vas me sortir une de ces conneries, comme tous les mecs, qui ne servent qu'a se voiler la face pour mieux faire passer le "je te largue" ?!
_ Non, mais...
_ Arrête de me prendre pour une conne ! (sa voix se brisa) ça fait longtemps que tu ne m'aime plus, n'est ce pas ?
Il se força à soutenir son regard. L'aveux avait du mal à franchir ses lèvres, mais il savait qu'il était temps de mettre des mots sur la vérité qui abitait son esprit depuis de nombreux mois. Sa voix ne faiblit pas quand il répondit:
_ Oui.
Piper frissonna des pieds à la tête. Elle avait l'air prête à hurler, de colère ou de tristesse, et semblait se retenir à grand peine de le décapiter en lui enfonçant la poupée Barbie dans la gorge. Elle ouvrit la bouche comme pour l'agonir d'insultes mais sa tirade mourut dans sa gorge. A présent, c'était la peine qu'on lisait sur son visage.
Elle eut un sanglot et s'appliqua à reprendre sa respiration.
_ Très bien... ( elle eut un mouvement rageur) Très bien !
Elle le repoussa violemment et se précipita vers son lit. Elle y jeta sa valise et y fourra toutes les affaires qui lui passaient par la main. Les yeux écarquillés, il la fixait sans comprendre.
_ Piper, qu'est ce que tu...
_ La ferme ! Je ne veux plus jamais entendre le son de ta voix, c'est clair ?! (elle referma sa valise d'un coup de pied, l'empoigna et ouvrit la porte) Je n'ai plus rien à faire ici. Je refuse de rester dans le coin pendant que tu roucoule ! Maintenant, laisse moi !
Elle sortit en trombe sous le regard interloqué des autres pensionnaires. Elle ne ralentit pas le pas jusqu'à la grande maison et Jason fut obligé de courir pour la suivre.
_ Attends !
Elle l'ignora superbement. Chiron la regarda avec compassion et vint à sa rencontre.
_ Piper, nous...
_ Je pars à a Nouvelle Rome, le coupa t-elle, la voix hachée par la fureur. Je prend un pégase, je m'en vais. Je refuse de respirer le même air que lui.
Le centaure voulu répliquer quelque chose mais elle lui tourna le dos et se précipita vers les écuries. Le fils de Jupiter voulu la suivre, mais Chiron le retint par le bras.
_ Laisse la seule, lui conseilla t-il d'une voix peinée mais étrangement calme. C'est un sacré coup dur pour elle, elle est aveuglée par la colère et le déni. J'espère que tu n'as pas été trop dur.
Jason la suivit des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision. Il aurait tant voulu pouvoir lui expliquer ce qu'il ressentait. Il se sentait coupable de l'avoir meurtrie ainsi, mais il savait qu'il avait tout tenté pour lui épargner le plus de souffrance possible. A présent, il se demandait s'il avait bien choisi ses mots.
Un toussotement gêné interrompit le fil de ses pensées et il se retourna. Percy se tenait sur les marches, comme s'il hésitait à le rejoindre. Il avait l'air mal à l'aise. Nico se tenait un peu plus loin, le regard fixé sur les écuries.
_ On... On a entendu des cris, expliqua t-il. Est ce que Piper...
Jason poussa un gros soupir et dévala les marches pour arriver à sa hauteur. Il passa le bras autour de la taille du demi-dieu et le serra contre lui.
_ Elle s'en va, déclara t-il. À la Nouvelle Rome. Ça ne s'est pas très bien passé.
_ Piper s'en va ?!
Cette fois, c'est Annabeth qui fit irruption devant la Grande Maison. Elle était à bout de souffle et Jason comprit qu'elle avait du courir depuis le bungalow d'Athena en entendant les cris.
Elle n'attendit pas sa confirmation.
_ Je vais essayer de la retenir, dit-elle. Elle ne peux pas partir comme ça !
Et elle s'élança vers les écuries.
Le reste de l'après midi se passa dans un silence gênant. Ils finirent de déménager les affaires de Nico et Jason dans le bungalow de Poséidon, mais aucun des deux bruns n'osait adresser la parole au romain, de peur de le blesser. Celui-ci était perdu dans ses pensées, le regard dans le vague, et les oeillades inquiètes de ses copains glissaient sur lui sans qu'il ne les remarquent. Annabeth se montrerait-elle assez persuasive ? Piper allait-elle revenir ? Et si c'était le cas, comment réagirait-elle à son encontre ? Devait-il aller la voir pour essayer de la convaincre de rester ? Après tout, c'était une de ses meilleures amies. Elle faisait partie du groupe.
Le repas se passa dans une ambiance tendue, malgré les nombreuses tentatives de Leo pour détendre l'atmosphère. Hazel essayait de détourner l'attention de son frère et de le faire rire en lui racontant les plus belles bourdes de Frank, mais l'inquiétude du petit brun pour Jason était tellement palpable qu'elle du bientôt se résoudre à tenter de le rassurer comme elle pouvait. Quand à Percy, il s'obstinait à écouter sans mot dire les conversations des autres en décortiquant son bagel jusqu'à ce qu'il n'en reste que de la charpie. La situation ne s'arrangea pas lorsque Annabeth les rejoint, les lèvres pincées et les cheveux ébouriffés.
_ Alors ? Fit Reyna en se poussant pour lui faire une place.
La fille d'Athena s'assit et poussa un soupir.
_ Elle ne change pas d'avis. Elle a l'air vraiment, vraiment furieuse. Elle refusait de m'écouter, alors je lui ai proposé de l'accompagner jusqu'à la Nouvelle Rome. J'avais dans l'idée que je pourrais la raisonner pendant le trajet. Mais rien de ce que j'ai pu dire ne l'a calmée. Elle m'a semée dans une forêt près du camp romain.
Percy remua, mal à l'aise. Jason savait qu'il devait se sentir fautif de la situation, mais il ne voulait pas qu'il se ronge les sangs. Il passa la main dans son dos et caressa du bout des doigt le creux de ses reins. Il savait, par Annabeth, que c'était l'emplacement qu'il avait choisi lorsqu'il avait reçu la malédiction d'Achille qui l'avait rendu quasi invulnérable par le passé. Même si le sort s'était effacé dans les eaux du Petit Tibre, lors de son arrivée à la Nouvelle Rome, cette partie de son corps restait très sensible. En effet, Percy se détendit aussitôt et paru plus calme.
Leo repoussa sa troisième assiette de nachos, désormais vide.
_ Je pensais bien qu'elle ne réagirait pas super bien, dit-il. Mais quand même...
Reyna, qui était occupée à enlever les feuilles coincées dans les boucles blondes d'Annabeth, releva la tête.
_ Je vais prendre contact avec les enfants de Venus, fit-elle. Piper va surement dormir dans leur cabine. Ils pourront nous donner des nouvelles d'elle et essayer de la consoler un peu. Mais en attendant, on ne peux pas faire grand chose.
_ On ira la voir, proposa Annabeth.
Jason hocha la tête. Il savait qu'Annabeth et Piper étaient très amies, et ce depuis leur rencontre. Elles avaient traversé de nombreuses épreuves ensemble qui avaient renforcé leur attachement l'une à l'autre. Alors qu'il allait acquiescer, il vit le regard de Reyna se durcir. Était-ce de l'amertume qu'il lisait dans ses prunelles brunes ? Non, pas exactement. Une émotion plus sournoise, un sentiment plus glaçant...
De la jalousie.
Il eut du mal à cacher son étonnement. Reyna était... jalouse de Piper ? Alors... se pourrait-il que les autres aient raison à propos des sentiments que la préteuse entretenaient pour la fille d'Athena ? Se pourraient-il qu'elle soit... amoureuse ?
Le regard malicieux de Leo, qui n'avait rien perdu de la scène, et l'air suspicieux de Nico devant la réaction de la romaine confirmèrent à Jason qu'ils pensaient comme lui. Il refixa son attention sur les deux filles.
Annabeth rougit légèrement lorsque les doigts de Reyna, pourchassant une brindille emmêlées dans une mèche de cheveux dorés, effleura sa joue.
Oh oh.
C'était encore plus fort que ça.
Reyna n'était pas la seule à être sous le charme. De toute évidence, Leo avait raison depuis le début (quand avait-il appris à décrypter les sentiments des autres comme ça ? Lui qui pensait que Reyna avait la capacité émotionnelle d'une petite cuillère lorsqu'il l'avait rencontrée et qui ne jurait que par la mécanique, il semblait un peu plus sensible aux émotions des humains qu'il ne voulait bien l'avouer).
Percy regardait Annabeth aussi, désormais. Il la connaissait depuis leur douze ans, c'était sa meilleure amie, il l'avait suivie jusque dans le Tartare. Il la connaissait par cœur. Il devait savoir ce qui se tramait sous les boucles blondes. Il eut un petit sourire en comprenant la situation. Jason vit une lueur de malice s'allumer dans ses yeux, et, redoutant une réaction purement Percyenne, il lui prit le bras pour l'empêcher de faire quelque chose de stupide - genre se lever et se mettre à chanter Kiss the girl. Ce serait le genre de chose dont le fils de Poséidon serait parfaitement capable: "Shalalalalala my oh my, why is Reyna so shy, come on, kiss the girl !"
Quelque chose lui murmurait que Reyna et Annabeth n'aurait pas beaucoup apprécié. Mais alors, pas du tout. Et il tenait à conserver son Percy en un seul morceau.
La conversation dériva bien vite, Leo se retenant, semblait-il à grand-peine, de faire des commentaires sur les deux filles. Le "sujet Piper" était sensible, ils l'évitèrent soigneusement, et lorsque le couvre feu fut sonné, ils retournèrent chacun dans leurs cabines.
Il était tard et la journée avait été épuisante, autant physiquement qu'émotionnellement. Le déménagement et les rebondissements du jour avaient sapé l'énergie des deux bruns, et ils se seraient écroulés directement sur le lit en mode "everybody do the flap" si Jason n'avait pas pris soin d'eux, les lavant avec douceur et ne se refusant pas quelques caresses appuyées qui firent gémir les deux autres. Nico et lui trouvèrent bien vite leurs marques dans le bungalow n°3, malgré le bordel monstre que Percy avait accumulé depuis sa première année à la Colonie, et qui se traduisait par toutes ses affaires étalées dans des endroits insolites de la cabine (exemple: le cosplay de la Petite Sirène suspendu au lustre de la salle de bain. Jason ne voulait même pas savoir ce que Percy avait fait pour qu'il atterrisse là-haut, et encore moins pourquoi il possédait un déguisement d'Ariel). Ils évoluaient tous les trois comme s'ils avaient toujours été liés, par automatisme, d'instinct. Ils appréciaient les regards de leurs compagnons, chacun de leurs gestes, chacun de leurs baisers. Lorsque Percy et Nico finirent par s'endormir, leurs corps chauds contre le sien, Jason ne put s'empêcher de penser que cette malédiction avait apporté bien plus de bonheur qu'elle n'avait fait couler de larmes.
