Ohayo !
Oh, par les dieux ! Deux chapitres de Une malédiction ? parus sans un mois d'intervalle ? Est-ce possible ? Eh bien oui. La preuve.
Plus sérieusement, je voulais dire que je suis très agréablement surprise et honorée en lisant les reviews que je reçois. À vrai dire, étant donné que je débute (Une malédiction ? est ma toute première -et seule- fanfiction), je ne m'attendais pas à beaucoup de reviews positives. C'est donc avec plaisir que je constate que pour l'instant, cette fanfiction vous plaît. Merci, merci beaucoup de me donner vos avis.
Oh, et évidemment, toute critique négative est la bienvenue du moment qu'elle soit constructive. Si vous voyez telle ou telle chose qui ne convient pas, je ne vous mordrais pas si vous me le faites savoir ;) (je m'arrangerais juste pour que vous ne puissiez plus jamais écrire quoi que ce soit èwé)
D'ailleurs, j'hésite à introduire du mpreg dans cette fanfiction (pas dans les prochains chapitres, mais plus tard peut-être). Si vous avez un avis là-dessus, n'hésitez pas !
Sur ce... enjoy !
Chapitre 9
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Ce matin là, ce fut Percy qui se réveilla le premier. Les paupières lourdes de sommeil, il ouvrit les yeux, étonné de s'être éveillé si tôt: par la fenêtre, il pouvait voir le ciel, d'un bleu semblable à de l'encre diluée, qui s'éclaircissait. Avec un grognement, il se redressa légèrement pour jeter un oeil à son réveil, qui indiquait cinq heures. Il se laissa retomber sur le matelas, se tourna sur le coté et enfouit paresseusement son visage contre une peau chaude et douce. Il sentait le bras de Jason fermement noué autour de sa taille et son corps puissant contre son dos, ainsi que le visage de Nico, qui était blottit contre son torse, enfouit dans son cou, ses boucles brunes lui chatouillant le menton. Leurs jambes étaient entremêlées mais il ne songea pas un seul instant à se dégager. Il aurait voulu rester ainsi toute sa vie, s'enivrant du bonheur d'être avec ceux qu'il aimait le plus au monde, tout simplement.
Une main vint se glisser doucement dans ses cheveux, le faisant sourire. Il n'était pas le seul à être réveillé, apparemment. Il baissa la tête pour voir Nico ouvrir des yeux un peu brillants à cause de la fatigue.
_ Mmmmmh...Percy ?
Le concerné sourit et se pencha pour déposer un baiser sur son front.
_ Bonjour !
_ B'jour. Tu es réveillé depuis longtemps ? Demanda le fils d'Hadès en se redressant, s'étirant pour chasser le sommeil de ses muscles endoloris.
_ Quelques secondes à peine, répondit Percy en se redressant en position assise pour pouvoir l'étreindre.
Avec une expression de contentement non dissimulé, son compagnon se laissa faire, le visage contre son épaule. Puis, après avoir embrassé la joue de Percy, il se glissa hors du lit et se dirigea vers la salle de bain à gestes lents. Le fils de Poséidon bailla, songeant un instant à réveiller Jason, ce qui ne fut pas nécessaire puisque Nico s'en chargea pour lui.
"OH PAR LES SAINTES COUILLES DE ZEUS TOUT PUISSANT ! BORDEL DE... ! CATZATA DI MERDA ?!"
Jason ouvrit brusquement les yeux, alerté par le cri de son copain, et se redressa si vite que Percy faillit se prendre son coude dans les cotes. Réprimant un fou rire face à l'expression hagarde du blond, il lui ébouriffa les cheveux.
_ J'ai pas compris la dernière phrase en italien, mais quelque chose me dit que c'était pas de la grande poésie.
Jason secoua la tête, chassant les dernières traces de sommeil de ses yeux, et sortit du lit pour rejoindre Nico qui continuait de pester dans la salle de bain, bien vite suivit par Percy.
_ Nico, tout va bien ?
_ Si ça va bien ?! Non mais regarde ça !
Avec un grondement furieux, il leur tourna le dos et pointa du doigt le creux de ses reins, sur lequel se dessinait un tatouage qui représentait une colombe posée sur le bas de sa colonne vertébrale et qui tenait une flèche à la pointe finement ouvragée dans son bec. Jason caressa du bout des doigts le tatouage, faisant frémir le fils d'Hadès. Apparemment, cette zone était devenue très sensible.
_ Très joli, commenta Percy, réprimant un fou rire. Les colombes. Très macho, très masculin.
Nico semblait se retenir de toutes ses forces de le fusiller du regard.
_ Je n'ai jamais eu de tatouage avant ce matin ! Alors d'où ça sort ?!
_ Percy en a un aussi, informa Jason, le regard fixé sur le dos du demi-dieu.
_ What ?!
Le fils de Poséidon s'empressa de tourner le dos au miroir, observant son propre tatouage par dessus son épaule. Au milieu de sa colonne vertébrale s'étendant une colombe prenant son envol, une flèche dans le bec.
_ Virilité bonjour, grinça t-il tandis que Jason s'esclaffait.
_ Je crois comprendre ce que c'est, dit-il, un sourire amusé aux lèvres. Vous vous souvenez, Chiron nous avait prévenus qu'après notre union, une marque d'appartenance apparaîtrait sur nos corps... Eh ben, c'est fait. J'en ai un aussi, non ?
_ Oui, fit Nico. En haut du dos, une colombe en vol.
_ La colombe, c'est pas le symbole d'Aphrodite ? Demanda Percy.
_ Si... Mais aussi celui d'Eris. Il avait transformé Aphrodite en colombe, un jour... Et la flèche, c'est...
_ Cupidon, compléta Jason.
Il ne s'étonna pas de voir le regard de Nico se durcir. Il savait que son compagnon nourrissait une grande rancœur à l'égard du dieu de l'Amour depuis la scène qu'il lui avait faite en Italie. D'un geste apaisant, il caressa doucement le creux des reins du petit brun, satisfait de sentir les muscles se détendre sous ses doigts.
_ Ouais, lâcha t-il. Alias l'équivalent d'Eros et, du coup, d'Himéros.
_ C'est gentil de leur part, fit Percy d'un ton sarcastique.
Un petit silence s'installa. Du coin de l'œil, il vit Jason détailler du regard leurs corps nus. Il se sentit rougir, un peu déstabilisé. La veille, ils avaient "omis" (hum hum) de se mettre quelque chose sur le dos, et maintenant, lui aussi, il ne pouvait empêcher ses yeux de voyager sur les courbes de ses compagnons, se délectant de ce qu'il voyait.
Soudainement, Jason l'attrapa par les hanches et le ramena contre son corps, collant son torse à son dos avant d'aller mordiller sa un gémissement face à la position dominante du blond, Percy attira Nico contre lui. Son corps nu contre le sien était presque obsédant et il se pencha sur lui pour l'embrasser. Sa langue s'engouffra dans la bouche de son compagnon avec gourmandise tandis que leur dominant dévorait sa nuque, suçant et léchant la peau bronzée jusqu'à laisser des marques violacées qui firent gémir le brun. Il sentit les doigts de Nico parcourir son torse, laissant des traînées brûlantes sur leur passage, et aventura à son tour une main sur la poitrine du plus petit, vers un téton qu'il pinça.
Avec douceur, il délaissa les lèvres de Nico pour descendre sur sa gorge qu'il lécha puis mordilla, tout le long de la jugulaire. Après avoir déposé une myriade de baisers sur la clavicule offerte, sa langue alla caresser un téton dressé, arrachant un gémissement au corps frissonnant qu'il serrait contre lui. Tandis qu'il le léchait, le mordillait et le taquinait du bout de la langue, il sentit les mains chaudes de Jason caresser chaque parcelle de sa peau pour finalement descendre jusqu'à ses fesses, le faisant gémir d'envie.
Bon sang, il allait devenir fou ! Son instinct lui hurlait à plein poumons de se retourner et de supplier Jason de le faire sien, là, tout de suite, puis de plaquer Nico contre le mur et de s'engouffrer entre ses cuisses, comme lors de leur première nuit...
Il allait mettre ce plan savoureux à exécution lorsqu'un bruit semblable à une explosion se fit entendre. Il sentit le corps de Nico se figer contre lui. Dans son dos, il pu percevoir Jason se tendre, son instinct de protection exacerbé par la jeunesse de leur lien et la chaleur du moment.
_ JASON ! Cria une voix qu'il identifia sans mal comme celle de Reyna. BOUGE TOI ET SORS DE LA OU JE TE JURE QUE JE DEFONCE LA PORTE !
Un grand silence gêné s'installa entre eux, surpris par la nervosité qu'on sentait dans la voix de la préteur et déçus d'avoir été interrompu. Maintenant que la chaleur du moment était retombée, ils étaient déstabilisés de la vitesse à laquelle les choses avaient dérapé. C'était la première fois, depuis la nuit où ils s'étaient liés, qu'il avaient ressenti un pareil besoin de se lécher, se toucher, s'embrasser, se donner. Ils se dégagèrent timidement, le cœur battant à tout rompre, tandis que Reyna continuait de vociférer derrière la porte. Jason se racla la gorge, luttant pour revenir sur terre.
_ Bon... Euh... ça à l'air important, donc...
_ Oui, fit Nico. Tu devrais...
_ On comprend, compléta Percy. Tu peux...
Il ne termina pas sa phrase, se mordillant la lèvre avec l'air de se retenir de se jeter sur lui.
Après avoir déposé un baiser sur les lèvres de ses deux compagnons encore haletants, il enfila rapidement un jean et un t-shirt au hasard et se dirigea vers la porte, estimant comme sage, pour sa propre sécurité, de ne pas faire attendre Reyna plus longtemps.
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Jason soupira, accoudé à la rambarde de la grande Maison. Il était extrêmement tenté de l'enjamber et de retourner dans le bungalow 3 avant que Reyna n'ai eu le temps de l'intercepter. Mais si ce qu'elle disait était vrai, elle venait de passer un bon quart d'heure à taper contre la porte de leur bungalow sans qu'ils ne les entendent avant de finalement péter un plomb. En même temps, ils étaient occupés. Il avait tenté de le lui expliquer, mais Reyna ne l'avait pas entendu de cette oreille et l'avait traîné, à six heure du matin, à travers tout le camp jusqu'à la Grande Maison.
_ Chiron a reçu un message iris provenant de la Nouvelle Rome, lui avait-elle expliqué. Ça concerne Piper, c'est hyper urgent. Avance.
Et maintenant, ils attendaient sur la terrasse que le centaure négocie avec Iris pour qu'ils puissent voir le message à nouveau.
Jason jeta un regard vers le bungalow de Poséidon en essayant d'empêcher son esprit de s'emballer. Il ne savait pas ce qui lui avait prit, dans la salle de bain. La vue des marques d'appartenance sur leurs corps l'avait... étrangement grisé. Ça confirmait l'existence de leur lien et surtout, montrait à tous que Percy et Nico étaient siens. À lui, à lui seul. Ils n'avaient jamais connu et ne connaîtraient personne d'autre que lui. Ils lui appartenaient, purement, simplement, et cette pensée le rendait euphorique. Il n'avait qu'une envie: lâcher la bride à son instinct et rejoindre ses deux compagnons pour les plaquer contre chaque mur du bungalow et les prendre encore et encore. Seulement, ce n'était pas possible actuellement...
Pourvu qu'Iris se dépêche.
Il jeta un regard en coin à Reyna, qui paraissait aussi fébrile que lui. Elle n'arretait pas de se tordre les doigts, l'air impatient. Il fronça les sourcils. Qu'est ce qu'elle pouvait bien avoir à faire à six heures du matin qui la rendre si nerveuse ? Ce n'était pas comme si quelqu'un allait l'attendre quelque part, à une heure pareille ! Il la vit alors jeter un regard désireux en direction du bungalow d'Athena et esquisser un geste, comme si elle se retenait de dévaler les marches et de courir vers le bungalow n°6. Il écarquilla les yeux.
Peut-être que quelqu'un l'attendait, finalement.
_ Nooooooooon, fit-il, ébahi.
Reyna se tourna vers lui, sur la défensive.
_ Si ? Il eut un grand sourire. Toi et Annabeth. Vous avez...?
Les joues de la fille de Bellone virèrent instantanément au cramoisi, ce qu'il n'aurai jamais cru possible chez elle. Alors il avait vu juste !
_ Pas un mot, dit Reyna, détachant chaque syllabe. Pas. Un. Mot. À personne, tu m'entends ?
_ Tu veux dire que je ne devrai avouer à personne que tu viens très certainement de passer la nuit dans les bras de ta chère et tendre à faire des choses que la bienséance réprouve ? Demanda t-il d'une voix claire, s'amusant de la voir regarder autour d'eux, paniquée à l'idée que quelqu'un n'ai entendu.
Cela le fit moins rire quand elle lui donna un violent coup de coude dans les cotes pour le faire taire.
_ Idiota ! Siffla t-elle.
Elle prit une grande inspiration, calmant ses rougeurs.
_ Tu te trompe sur toute la ligne.
Il haussa un sourcil.
_ Ah, vraiment ?
_ Je n'ai pas passé la nuit avec elle. J'ai passé une partie de la nuit.
_ Oh, mais ça change tout, dit-il, moqueur.
Elle lui lança son fameux regard noir made in Reyna.
_ De plus, continua t-elle, nous n'avons rien fait que "la bienséance réprouve", comme tu dis. Nous ne sommes pas des lapins comme vous, nous, Monsieur Je-Suis-"Occupé"-Avec-Mes-Copains-Des-l'Aube. Des mots, des gestes, ça nous suffit pour l'instant.
_ Pour l'instant.
_ La ferme, Grace.
Abandonnant son sourire moqueur, il la dévisagea. Malgré les cernes sous ses yeux -preuve qu'elle n'avait pas beaucoup dormi- elle rayonnait. Il y avait quelque chose dans son attitude qui montrait clairement qu'elle était heureuse: peut-être ses yeux brillants, ou son maintien différent de d'habitude, ou tout simplement le sourire qu'elle avait du mal à cacher sous son masque d'indifférence.
_ Félicitation, dit-il.
Elle le remercia d'un petit signe de tête. Elle hésita, comme si sa langue peinait à former les mots, mais avoua:
_ J'ai eu de la chance, avec la malédiction. Votre sort... c'est grâce à lui qu'on en est là. Grace à lui que vous êtes heureux, tous les trois. Et c'est grace à lui que Percy n'est plus avec Annabeth... et donc que je sois avec elle, maintenant.
_ Non. Le sort a seulement précipité les choses.
Elle lui jeta un regard étonné.
_ Comment ça ?
_ Tu sais bien que le couple Percy/Annabeth n'était plus ce qu'il était, même avant le sortilège.
_ Mais ça ne veux pas dire que...
_ Annabeth est amoureuse de toi depuis longtemps. Tu as juste été la seule à ne pas le voir. Même Leo l'a remarqué, c'est dire !
Seul le silence accueillit sa remarque.
_ Attends... lâcha la préteur. Tu es en train de me dire que, depuis tout ce temps... tout le monde savait ?!
Il hocha la tête, riant intérieurement en voyant la gêne de son amie. Elle n'allait plus regarder les autres de la même façon désormais. Elle releva le menton.
_ Ils peuvent bien dire ce qu'ils veulent, je m'en fiche !
_ Calme toi, fit-il d'un ton apaisant. Tout le monde est ravi pour vous. En fait, on attendait plus que ce soit officiel. Leo commençait à trouver le temps long, il n'arrivait presque plus à se retenir de vous balancer des remarques pour précipiter les choses. Il va être super heureux quand il saura.
L'air soulagé, elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais à cet instant, la porte s'ouvrit et Chiron leur fit signe d'entrer.
_ Venez, Iris est d'accord pour passer la rediffusion.
Ils entrèrent à sa suite dans la pièce où se tenaient habituellement les réunions entre les chefs de bungalow. Un arc en ciel flottait au dessus de la table, et à l'instant même où il s'approchèrent, une image se forma dans la Brume. Une silhouette floue apparu, puis se précisa.
_ Ave.
La jeune fille qui parlait était belle, indéniablement. Elle avait des yeux clairs, une peau veloutée et des cheveux bouclés couleur caramel qui lui tombaient aux épaules: une fille de Venus, sans doute. Elle avait l'air préoccupée lorsqu'elle continua:
_ Vu que Reyna a demandé des nouvelles de Piper, j'en donne. Elle est arrivée cet après midi et elle s'est installée dans notre bungalow. Elle avait l'air super en colère et elle a pas arrêté de pleurer.
Les entrailles de Jason se tordirent à ces mots. Il baissa la tête, l'air coupable, toute excitation oubliée.
_ On a tout tenté pour la réconforter. On lui a même proposé de regarder Holidays entre filles et de jouer à Action ou Vérité mais rien n'y a fait. Alors elle a commencé à dire des trucs bizarres.
La fille fronça les sourcils, intriguée.
_ Elle a parlé d'un sort et... d'un lien. Elle a dit qu'il fallait qu'elle trouve un moyen de briser une malédiction... je ne sais pas vraiment ce qu'elle voulait dire, mais elle paraissait déterminée. Elle a parlé... d'Araios, ou quelque chose comme ça. Et puis, elle est partie sans un mot de plus, en prenant le pégase qu'elle avait utilisé pour venir. Et voilà. Bon, eh bien...
Sur ce, l'image se brouilla puis finit par disparaître, les volutes de brumes se dispersant, disloquant l'arc en ciel, pour finalement s'effacer. Un silence pesant s'installa. Reyna avait l'air pensif, toute nervosité oubliée, et fixait l'endroit où s'était tenue l'image de la fille de Vénus comme si elle attendait qu'elle réapparaisse pour leur donner plus de précisions. Quand à Chiron, lui, il avait l'air clairement inquiet.
_ Ce n'est pas bon... marmonna t-il. Pas bon du tout...
_ Qu'est ce qui n'est pas bon ? Demanda Jason d'une voix où on entendait percer l'inquiétude. Où est allée Piper ? Qui est cet... Araios, ou je ne sais quoi ?
Le centaure ne répondit pas tout de suite, les yeux dans le vague, manifestement perdu dans ses pensées. Lorsqu'il se tourna vers eux, il avait le visage grave.
_ De toute évidence, fit-il d'une voix mesurée, Piper s'est mis en tête de... disons, rompre le sort qui te lie à Percy et Nico.
_ C'est possible ? Mais... Je vous aviez dit que...
Jason sentit monter en lui une peur sourde, glaçante. Jamais il ne voudrait être séparé de ses deux compagnons. Jamais il ne le supporterait. L'idée en elle même, que l'on puisse les arracher les uns aux autres, lui paraissait carrément monstrueuse et cauchemardesque. Il frissonna.
_ Je ne sais pas si c'est possible, répondit le centaure. Mais il semble que Piper soit déterminée. Si elle va réellement voir Araios, nous allons au devant de graves ennuis...
_ Qui est Araios ? Demanda Reyna.
_ Un dieu mineur. Fils de Nyx, personnification de la malédiction. Si quelqu'un a le pouvoir d'annuler un sort, c'est bien lui. Mais les risques sont terribles... Je ne sais pas à quoi Piper pense...
Jason se redressa, proprement scandalisé.
_ Piper est partie demander au dieu des malédictions de me séparer de mon Percy et de mon Nico ?!
Reyna lui saisit le bras et lui lança un regard apaisant, tentant de le calmer. Chiron prit une grande inspiration.
_ Il semblerait. Mais elle va avoir beaucoup de mal à le trouver. D'après ce que je sais, Araios se trouve dans la partie la plus sombre et dangereuse des Enfers, près de la fosse où les titans sont retenus prisonniers, et où les morceaux de Cronos gisent. Piper court un grand danger, d'autant plus que les... "services" d'Araios ne sont pas gratuits. Le prix à payer sera élevé, et je crains que le don d'enjôlement de Piper ne suffise pas contre un tel dieu...
_ Il faut qu'on l'arrete, dit Reyna d'un ton ferme, et Jason l'approuva tout de suite. Elle est en danger et Jason, Nico et Percy aussi, du coup. Après tout, rompre une malédiction ne doit pas être sans conséquence, surtout lorsqu'il s'agit d'un sort... affectif.
Soudainement, son regard se fit fuyant. Lorsqu'elle remarqua que les deux autres la regardait d'un air insistant, elle continua:
_ Il y a quelques années... Peu après que je soit devenue prêteur, une fille de Venus, qui était éperdument amoureuse d'un garçon qui avait déjà une petite amie, lui a fait boire un philtre d'amour. Tu sais, le genre de trucs que vend Médée...
Jason hocha la tête. Pour l'avoir expérimenté, il savait que les sortilèges de Médée étaient redoutables.
_ Mais ça a dégénéré, continua t-elle. C'est devenu permanent. Alors la petite amie du garçon est allée voir Araios en lui demandant de supprimer le sort. Je ne sait pas ce qu'elle lui a donné comme payement, mais elle n'a plus jamais été la même. Quand au garçon et à l'autre fille... Effectivement, le sortilège qui les unissait à été brisé. Mais...
Elle eut une petite grimace qui n'annonçait rien de bon.
_ Après, ils sont devenus complètement amorphes. On aurait dit qu'ils étaient sans cesse ailleurs. Il n'écoutaient plus rien, ou peut-être qu'il n'entendaient plus. Ils ne parlaient pas non plus. C'était comme si... comme si quelque chose s'était brisé en eux. Comme si le corps était là, mais pas l'âme. C'était affreux.
Jason frissonna. Cette histoire était terrible... et surtout, ressemblait à la sienne. Même s'il était sûr de son amour pour ses deux copains, c'était un sortilège qui les avaient réunis. Si Piper tentait le diable en allant voir ce dieu des malédictions, non seulement elle devrait en payer le prix, mais en plus Nico, Percy et lui deviendraient des corps vides...
Chiron hocha la tête, les incitant au calme.
_ Il faut intercepter Piper avant qu'elle ne parle à Araios. Elle ne se rend très certainement pas compte de ce qu'elle risque.
_ Elle cherche à récupérer Jason, fit Reyna d'un ton douloureux. C'est normal. N'importe qui réagirait pareil en voyant l'etre aimé s'éloigner.
Jason éprouva une fois de plus la piqûre de la culpabilité. C'était de sa faute. Peut être que s'il avait dit les choses autrement... Il n'avait pas eu la bonne réaction face à la colère et à la tristesse de la jeune fille... Et à présent, il ne pouvait que s'en vouloir...
_ Je vais y aller, décida t-il.
Les deux autres se tournèrent vers lui.
_ Je vais aller chercher Piper. Je vais la raisonner et la ramener.
_ Tu ne peux pas te séparer de Nico et Percy, objecta Reyna.
_ Eh bien, ils viendront. De toute manière, si Araios habite dans les Enfers, j'aurai besoin de Nico. Il connait le lieu comme sa poche, c'est le royaume de son père.
_ Une quête, dit Chiron. Oui, c'est la seule solution. Mais je préfère avoir l'avis du conseil des chefs de bungalow avant de vous autoriser à partir. Nous en reparlerons donc dans quelques heures, lorsque tous seront réveillés.
Lorsqu'il quitta la Grande Maison, quelques instants plus tard, Jason se demanda comment il avait pu être joyeux le matin même. Les étreintes avec ses deux compagnons lui paraissaient lointaines, son bonheur remplacé par une peur sourde: on allait les séparer et Piper était en danger.
