Avertissement :Là encore un chapitre tout doux. Pour les sadiques, pas de panique, ça ne va pas durer ! Mais ici, il n'y a rien quand même. Pas de scènes choquantes, rien de rien; sauf si vous avez peur des bulles et des jacuzzi .
Bonne lecture !
Yzan et Lili.
PS : Les reviews étant le maigre salaire de nos laborieux efforts, on vous remercie de partager vos impressions, promis on mords pas et on réponds toujours.
On est toujours deux auteurs bien distinctes qui travaillent de concert, et on réponds aux reviews sans profil sur ce site, c'est à dire les "Guest", sur notre merveilleux profil, alors à votre bon cœur amis lecteurs, laissez nous donc un petit commentaire.
~7. Un Dimanche ensoleillé.~
- Sasuke... Sasuke... tu viens ?
Il se redressa, apparaissant dans les herbes hautes et se retourna vers la voix qui l'appelait au loin. Une maison se découpait sur un fond de ciel bleu, sous la véranda toute en bois, une table avait était dressée, sa nappe à carreaux rouge et blanc se détachant dans l'horizon. Sa mère sortit par la porte battante qui claqua dans le silence et les pépiements d'oiseaux, les bras chargés de victuailles qu'elle déposa sur la table dont les verres et les assiettes étincelaient sous le soleil.
Son père se saisit de l'un des mets et se dirigea vers le barbecue. Il vit nettement la lueur rougeoyante des braises de là où il se trouvait. Son frère fit encore un pas dans sa direction, ses cheveux longs soulevés par le vent. Il courut à toutes jambes vers la silhouette de l'adolescent, aussi brun que lui, qui le réceptionna contre lui en lui faisant soudain une pichenette au milieu du front.
- Aieee ! se plaignit-il.
- Et bien alors, qu'est-ce que tu faisais ? Tu viens ? On va pas tarder à manger.
- Tu m'as fait mal Aniki, je vais me plaindre à Maman ! protesta t-il en se frottant le front.
Le rire de son frère s'éleva, et ses cheveux furent ébouriffés en tout sens par une main câline.
- Dis, dis, tu m'apprendras à pêcher ? Hein ? J'ai attrapé des vers de terre ! lança t-il à la silhouette à ses côtés qui glissa sa main dans la sienne.
- Plus tard, Otouto, plus tard.
- Tu dis toujours ça ! bouda t-il. Regarde, j'en ai attrapés plein ! Et des gros en plus !
Pour prouver ses dires il extirpa son gibier de ses poches.
- Sasuke ! Ne mets pas ça dans tes poches ! Tu vas te salir, le gronda gentiment l'adolescent. En plus d'ici à se qu'on puisse retourner pêcher, ils ne seront plus bons.
- Tu crois ?
- J'en suis sûr. Allez, laisse-les par terre et va te laver les mains. On va manger, assura Itachi.
- Itachi, Sasuke, vous venez ? lança sa mère depuis la véranda.
Arrivés tout près de la grande maison aux murs bleu ciel et aux volets gris pâle, accueillante et chaleureuse, il lâcha la main de son frère pour courir vers son père devant le barbecue.
- Je vais t'aider Papa ! Je vais t'aider ! Dis-moi ce qu'il faut faire ! clama t-il à l'homme vêtu d'un tablier bordeaux qui mettait de la viande à griller.
- Commence par aller te laver les mains Sasuke, le gronda gentiment le patriarche.
- Itachi emmène-le se laver les mains, regarde, elles sont pleines de terre, poursuivit l'homme à l'adresse de son aîné.
- Oui, Papa.
- Je peux y aller tout seul ! Je suis grand maintenant ! Papa, tu m'attends pour mettre les saucisses !
- Oui, oui. Je t'attends pour les saucisses. Allez va, dépêche-toi.
Il courut vers la véranda dont il grimpa les quelques marches quatre à quatre. Sa mère l'intercepta pour déposer un baiser sur son front.
- Maman, lâche moi. Je suis plus un bébé, lâcha t-il tout en se débattant pour se soustraire à l'étreinte maternelle envahissante.
- Mais pour moi tu seras toujours mon bébé, mon poussin, répondit sa mère avec un grand sourire angélique qui l'éblouit.
- Rohhh ! Arrête de m'appeler comme ça, grogna t-il quand il fut enfin libéré.
Il se retourna prestement avant de s'engouffrer dans la maison et vit son grand frère à côté de son père.
- Ne triche pas Itachi, Papa a dit qu'il m'attendait pour faire griller les saucisses !
- Et ben dépêche-toi ! Sinon je vais toutes les manger ! le taquina son aîné.
Il était debout sur une chaise, retournant avec application les saucisses sur le grill du barbecue.
- Fais bien attention de ne pas te brûler. Ta mère me tuera sinon, dit son père en l'aidant dans sa tâche, ses grandes mains recouvrant les siennes.
- C'est pas possible Papa, Maman elle est trop gentille pour tuer. Même les souris ou les araignées, elle y arrive pas. Elle préfère les chasser à grands coups de balais.
Le rire de son père résonna au dessus de lui.
- C'est vrai, tu as tout à fait raison mon fils.
Ses yeux se posèrent sur les braises rouges, si rouges. Les saucisses cuisaient sur le grill avec un petit grésillement, prenant une jolie teinte dorée.
- Aniki, regarde, c'est moi qui fais cuire ! s'exclama t-il à l'adresse de son frère assis sur les marches, un livre entre les mains.
Ce dernier leva le nez et lui sourit avant de répondre :
- Oui, oui. Je vois ça. Regarde plutôt ce que tu fais et ne t'agite pas trop, tu vas finir par tomber de la chaise.
- Pfff ! N'importe quoi. Je suis grand maintenant.
Il tira moqueusement la langue en direction de son frère qui leva les yeux au ciel. Leur mère se pencha vers son aîné, lui glissant quelque chose à l'oreille qu'il n'entendit pas mais qui fit rire doucement les deux autres. Son père ramena son attention sur le barbecue.
- Qui veut la dernière saucisse ? demanda sa mère.
Dans un bel ensemble les deux frères levèrent la main en s'écriant un "Moi" sonore à l'unisson. Il fusilla des yeux son aîné qui soutint son regard sans faillir.
- Je suis l'aîné, c'est normal que ce soit moi qui l'ai !
- Même pas vrai ! Tu seras toujours l'aîné, c'est de la triche ! Et maman dit que je suis en pleine croipance !
- Croissance, stupide petit frère ! Pas croipance. Et moi aussi je suis en pleine croissance, rétorqua Itachi.
- Oui, mais toi t'es déjà grand. Moi c'est pas pareil. Na !
Tournant la tête vers sa mère, il chercha un soutien auprès d'elle. Mais au moment où il allait ouvrir la bouche, il vit son père en train de manger la fameuse saucisse.
- Papa ! T'avais pas le droit ! T'avais pas dit ! protesta t-il de sa petite voix enfantine.
- Comme ça pas de jaloux et pas de dispute. C'est moi le père et j'ai tous les droits, pas vrai chérie ?
- Tu exagères mon lapin. Tu ôtes le pain de la bouche de tes propres enfants, murmura t-elle en riant.
Il croisa les bras sur son torse et bouda ouvertement.
- Mais je la voulais moi cette saucisse ! Maman, je pourrais avoir une plus grosse part de gâteau au chocolat ?
Pour accentuer sa requête, il fit son regard de chiot battu, celui auquel personne ne résistait, pas même le vieux jardinier qui n'aimait personne.
- D'accord. Mais souviens-toi que pour le dessert, nous serons trois de plus.
- On parle de nous ?
Juste derrière sa mère se tenaient trois personnes, un grand homme blond, une jeune femme rousse et surtout, un petit garçon blond qui lui sauta littéralement dessus.
- Sas'ke !
- Nato ! Viens voir, j'ai trouvé plein de vers de terre !
Attrapant la main de son ami, il l'entraîna dans le jardin pour lui montrer sa découverte.
- Vous... revenez... pour le dessert, hein ? cria sa mère.
Les braises du barbecue crépitèrent ainsi que les pépiements d'oiseaux alors qu'il s'éloignait en courant, la petite main chaude du petit garçon blond dans la sienne. Il courait dans les herbes hautes, s'éloignant rapidement de la maison où des bruissements de conversations qu'il n'entendait plus que vaguement résonnaient. Ses doigts se replièrent ne tenant plus leurs homologues que par l'index et le majeur.
Taka battit rapidement des paupières, sortant de ce rêve étrange qui lui broyait le cœur pour une raison inconnue. Il se passa une main fébrile sur le visage, surpris d'y sentir de l'eau. Il avait pleuré ? Pourtant, ce songe n'avait rien de triste. Il était même assez joyeux. Alors pourquoi se sentait-il aussi mélancolique ? Ces gens... cette famille... ils avaient l'air si heureux. Alors pourquoi pleurer ? Et puis d'où ça sortait toutes ces images...
Tournant la tête, il aperçut le blond endormi sur le canapé à quelques mètres du lit où lui-même était étendu. Sasuke... C'était son prénom dans ce rêve. Voilà, cet imbécile l'avait tellement bassiné avec son Sasuke de malheur qu'il en venait à rêver de lui ! Foutu crétin nostalgique ! Non, mais quelle idée de chercher un gamin mort depuis dix ans. S'il voulait le trouver qu'il aille creuser sa tombe au cimetière ! Taka était prêt à lui offrir une pelle si ça pouvait l'aider.
Déjà qu'il le payait une fortune, tout ça pour ne même pas le toucher. Pas qu'il s'en plaigne, hein ! Mais c'était bizarre quand même de payer une pute pour lui offrir un week-end de vacances et des fringues. C'était comme... comme... acheter un paquet de clopes quand on ne fumait pas ! Absurde. S'il n'était pas gay, il n'avait qu'à se payer une nana... La vision de Karin dans l'un de ces stupides pyjamas que le blond semblait tant affectionner lui traversa l'esprit et manqua le faire pouffer de rire. Non mais sérieux, il avait un vrai problème ce gars. Il avait beau être riche comme Crésus, il avait définitivement une araignée au plafond...
Décidant qu'il avait bien besoin d'un petit remontant pour oublier ce rêve sans queue ni tête, Taka sortit du lit et se dirigea vers le balcon, ramassant sa besace au passage. Il admira un court instant la vue sur le parc de l'hôtel, silencieux à cette heure avancée de la nuit, avant de sortir son matériel. Il s'installa sur la première surface plane qu'il trouva, et se fit son rail de coke sur la table de jardin.
L'esprit apaisé, il se sentit revigoré et décida de faire le tour de la terrasse qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de voir. Le sol en pierre était doux sous ses pieds nus et la brise fraîche de la nuit glissait délicieusement sur son corps recouvert de l'un des fameux pyjama offert par le psychopathe de l'hygiène qui lui servait de client. Remarque, même complètement dingo, il payait quand même rubis sur l'ongle, et pas qu'un peu. Taka caressa un instant l'idée d'en faire sa poule aux œufs d'or, un régulier. Il pouvait bien l'appeler comme il voulait et le prendre pour Dieu le père si ça lui chantait si c'était pour passer des week-end pépère dans des palaces à glander.
Un éclat bleu attira son attention sur un bassin rond, auquel on accédait par deux marches en pierre. Curieux, il s'en approcha constatant qu'il s'agissait ni plus, ni moins, d'une piscine. Taka plongea une main dans l'eau translucide, appréciant de sentir la chaleur de celle-ci et se promettant de l'essayer dés que le jour serait levé. Après tout, Monsieur pâtes de ramen, euh... Naruto ? lui avait bien dit qu'aujourd'hui ils ne quitteraient pas la suite. Il avait bien l'intention de tester chaque équipement avant de partir.
Il fit donc mentalement la liste de tout ce qu'il devait faire : fumer une clope dans les chiottes péteuses de fleurs, prendre un bain dans la baignoire creusée dans le sol de la salle de bain, barboter dans la piscine, allumer la chaîne Hi-fi hyper design du salon, tester tous les plats qu'il n'avait pas encore goûtés sur la carte du restaurant, se faire dorer la pilule sur les transats du balcon... et sauter à pieds joints sur le lit. Et ben, quel programme ! Quand il raconterait ça à Suigetsu, Karin et Jûgo ils n'en reviendraient pas !
Écrasant sa clope dans le fastueux cendrier en cristal, qu'il faudrait qu'il songe à piquer, il bâilla à s'en décrocher la mâchoire et se décida à rentrer se pelotonner sous les draps... Au fait les draps... Peut-être qu'il essayerait de les embarquer aussi... Si ça rentrait dans sa besace... et les serviettes aussi... sans oublier les peignoirs, et les petits chaussons bizarre là... Après tout, il avait vu qu'ils en mettaient des neufs tous les jours, alors bon, une paire de plus ou de moins... Surtout que si c'était pour les jeter, autant en profiter.
Il retourna d'un pas tranquille jusque dans la chambre, se glissant sans bruit sous les draps si accueillants, propres et sentant bon la lessive. Il ne lui fallut pas longtemps avant de se rendormir, rencogné dans les oreillers moelleux, aussi moelleux que des nuages. Sa dernière pensée fut qu'il faudrait qu'il essaye d'en caler un dans son sac, pour agrémenter ses nuits sur le matelas miteux de sa piaule qui lui faisait mal au dos tellement il était fin.
Le lendemain, Naruto fut surpris de trouver un Taka de particulièrement bonne humeur, réveillé à pas d'heure en milieu de matinée par la bonne odeur du déjeuner. Le blond l'avait laissé dormir tout son saoul, se doutant bien que ça ne devait pas lui arriver souvent, passant un long moment à l'observer avant de se coller devant la télé et d'autres épisodes des aventures animées d'un certain ninja en tenue orange. Perplexe, il vit le brun s'étirer comme un chat dans le grand lit, prendre son temps pour se lever, puis le saluer avant de s'attabler en face de lui.
Taka attaqua avec appétit son chocolat chaud et ses tartines, qui l'attendaient déjà, soigneusement préparées par son hôte.
- Celles-là tu peux les tremper. C'est du pain grillé, indiqua le blond.
Et Taka ne se fit pas prier pour tester, constatant avec un ravissement intérieur que oui, effectivement, cette fois il n'aurait pas à partir à la pêche dans sa tasse.
- Alors, qu'est-ce que tu veux faire aujourd'hui ? demanda Naruto.
- Plein de choses, répondit le brun. D'abord, fumer dans les chiottes, puis barboter dans la piscine en écoutant de la musique avec la chaîne hi-fi, me sécher sur un transat, prendre un bain dans la baignoire et sauter sur le lit.
Naruto ne put retenir un léger rire.
- Tu deviens un vrai pacha !
- Ah, et il faut que tu commandes TOUT les plats que j'ai pas encore goûtés, rajouta Taka sans tenir compte de l'intervention de son client.
- Et quoi d'autre, Monsieur le Sultan ? ironisa doucement le blond, amusé par l'enthousiasme de son invité.
- Qu'est-ce que je pourrais faire d'autre ?
- Continuer à te gaver de bonbons en regardant d'autres films de zombis à la télé ? tenta le blond.
- Ah ! Si, je sais ! Jouer aux jeux vidéos ! Tu crois que c'est possible ? s'exclama Taka.
- Bien sûr. Et tu veux jouer à quoi ?
- Ah... parce que y a des genres là aussi ? s'inquiéta le brun.
- Ben oui. Tu veux des jeux de plate-forme ? Des jeux de stratégie ? Des FPS ? Des RPG ?
Naruto, sentant qu'il perdait son interlocuteur dans son énumération, celui-ci le regardant tout en nageant en pleine incompréhension totale, acheva :
- Je vais commander un peu de tout, comme ça tu pourras choisir... Je crois que c'est le plus simple.
Les yeux de Taka brillèrent d'intérêt.
-... c'est vrai ?
- Oui, je te montrerais si tu veux. Il y a même des jeux de combats où on pourra se battre l'un contre l'autre.
- Cool ! On va faire ça alors. Si ça se trouve je vais te mettre la raclée de ta vie.
- Ne rêve pas trop Cendrillon. Par contre, il faut qu'on libère la chambre demain à dix heures.
- Ah... Ok. Donc, tu me ramèneras ce soir ou demain ? s'enquit le jeune prostitué.
- Non, pas ce soir. J'ai cours demain matin, je devrais partir à huit heures. Tu pourras rester ici jusqu'à neuf quarante-cinq si tu veux. Je te donnerais de l'argent pour te payer un taxi. Comme ça tu pourras dormir plus longtemps. Ok ?
Taka hocha la tête sans un mot, se disant qu'il garderait l'argent et appellerai Jûgo pour qu'il vienne le chercher. Naruto sourit et rajouta :
- Bien évidement tout ce qu'on a acheté hier est à toi.
Les yeux noirs s'écarquillèrent largement alors que le brun murmurait :
- Tu veux dire... que je peux tout garder ? Vraiment ?
L'approbation silencieuse du blond lui confirma qu'il avait bien entendu. Il n'en revenait pas. Bon, il se serait bien passé des pyjamas, boxer et autres chaussettes, et du polo orange, mais ce type venait de multiplier par quatre le contenu de sa garde-robe. Ne sachant que dire, il replongea dans sa dégustation culinaire et sucrée, cachant son embarras dans sa tasse de chocolat et ses tartines.
Là pour le coup, il ne se sentait pas franchement à l'aise. Le blond lui avait payé un week-end de rêve, sans rien demander en échange, rien, à part qu'il l'écoute déblatérer sur son ami d'enfance, mort il y avait des plombes et qu'il prenait pour lui. Sa conscience le tirailla quelque peu, mais il se jeta avec plus d'empressement sur la nourriture. Pour une fois que sa bonne étoile lui souriait, il n'allait pas s'en plaindre, hein ? Il n'aurait sans doute pas d'autre chance de tomber sur un type qui refusait de coucher avec lui et lui faisait vivre un vrai rêve éveillé. Il coula un regard discret vers son vis-à-vis qui buvait son café en silence. Quel drôle de type quand même... C'était bien la première fois de sa vie qu'il vivait un truc pareil. Personne ne voudrait le croire quand il raconterait aux autres sa fin de semaine. Il était complètement barge ce gars.
Quand il sortit de la salle de bain, un peu plus tard, Taka ne portait en tout et pour tout que l'un des moelleux peignoirs de l'hôtel. Sa course vers la piscine fut stoppée par un blond armé d'un truc bleu pétard qui lui expliqua :
- Dans une piscine, on met un maillot de bain. Je t'en ai pris un. Enfile ça avant d'aller barboter !
Du bout des doigts, il se saisit du maillot de bain, lui jetant un œil dubitatif. Bon visiblement, c'était une sorte de sous-vêtement. Dénouant son peignoir, il se dénuda sans complexe devant son client et revêtit ledit "maillot".
- C'est encore pire que les boxers ce truc ! râla t-il en constatant qu'il était encore plus à l'étroit que dans les sous-vêtements offerts par le blond.
Naruto qui lui avait brusquement tourné le dos en rajouta une couche.
- On s'en fout, enfile-le ! Et la prochaine fois, change-toi dans la salle de bains ! Fichu exhibitionniste ! râla t-il.
- … Pourquoi ? Tu as peur d'avoir des complexes ? lui lança Taka, moqueur .
- Non, j'ai surtout peur pour nos voisins de la chambre d'en face qui sont tranquillement en train de déjeuner sur le balcon de leur chambre. La femme vient de rentrer précipitamment je te signale, et l'homme nous fusille du regard.
Taka suivit la direction du regard azuré et constata effectivement que le "Monsieur d'en face" tenait sa tasse en suspens dans les airs, le petit doigt en l'air, et affichait un air contrarié.
Il haussa les épaules.
- … Ben quoi ! Ils ont qu'à regarder ailleurs eux aussi... C'est pas ma faute s'ils jouent les voyeurs ! Tu veux que je leur fasse un doigt d'honneur ? Parce que bon, bien éduqué et tout comme tu es, c'est pas le genre de truc que tu ferais...
Naruto manqua se taper le front de la paume de sa main. Il leva les yeux au ciel et se demanda bien d'où sortait le brun qui se tenait derrière lui. Là, c'était clair, on était loin de l'éducation qu'il avait reçue dans son enfance.
- Taka, par pitié, sois sage et ignore les. Et, POUR L'AMOUR DU CIEL, évite de te promener à poil sur le balcon.
- Oh, ça va. Relax, je suis pas un gosse, ok ? bougonna t-il.
- Si tu veux, mais fais ce que je te dis. Bon, tu es prêt à tester le jacuzzi ?
- … Le quoi ?
Naruto lâcha un soupir désespéré et se retourna, pointant du doigt la piscine sur la terrasse.
- La piscine qui est là... c'est un Jacuzzi. C'est comme ça que ça s'appelle...
- … Ah... Un Jacu... quoi déjà ?
- Jacuzzi...
- Je vois pas la différence entre ce truc et une piscine mais bon... si tu le dis...
Taka s'enfonça prudemment dans l'eau, s'assurant qu'il avait pied. Pfff, ils le fatiguaient ces bourges avec leur vocabulaire à la noix totalement incompréhensible. Pourquoi fallait-il qu'ils rebaptisent systématiquement tous les objets ? Une piscine, c'était une piscine, non ? Il s'installa confortablement dans l'eau pas du tout froide, appréciant sa tiédeur.
- Elle est là, la différence.
Levant les yeux vers le blond, il regarda la télécommande que ce dernier lui montrait.
- … Putain, la classe... une piscine avec télécommande... souffla le jeune prostitué.
- Attends, je vais t'expliquer comment ça marche, dit Naruto devant le visage ébahi de Taka, souriant largement devant sa réaction d'enfant au pied d'un sapin de Noël.
Un rugissement féroce retentit, faisant sursauter le brun, alors que le blond plongeait dans sa poche pour en sortir un téléphone portable dernier cri.
- Allo... Ah, salut Gaara... Oui, oui...
Voyant son client commencer à s'éloigner, Taka subtilisa la télécommande des doigts bronzés, bien décidé à tester cette fameuse piscine à options. Il attendit que Naruto soit rentré dans la suite pour se pencher sur l'appareil qu'il tenait dans sa main. Il y avait plein de boutons avec des mots incompréhensibles au-dessus de chacun d'eux. Au hasard, il appuya sur l'une des touches, s'émerveillant quand la couleur de l'eau passa du bleu au vert. Il allait adorer cette piscine, il le sentait !
- Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Kiba m'a dit que t'étais pas chez toi, t'étais pas sensé réviser ?
- Si, mais j'ai eu un imprévu. J'ai dû partir précipitamment.
- Rien de grave au moins.
- Non, non. C'était juste un truc pas prévu, c'est tout.
- T'as jamais su mentir. Tu es sûr que tout va bien ?
- Oui. Je t'assure. C'est trois fois rien. Pas la peine de t'inquiéter. Tout va bien.
Naruto passa une main nerveuse dans ses cheveux. Gaara avait toujours été celui qui le cernait le mieux, c'était difficile de lui mentir, même par omission. En plus, il n'avait absolument pas pensé à une histoire plausible pour couvrir sa soudaine disparition. Son ami se fit plus insistant, le mettant un peu plus mal à l'aise.
- Tu ne me raconterais pas des salades, n'est ce pas ? Tu me le dirais si tu avais un problème, pas vrai ?
- Non, non. Tout va bien je t'assure. Il n'y a aucun problème.
Un glapissement venant de la terrasse attira son attention, ses yeux s'écarquillèrent en voyant le jacuzzi passer d'une couleur à l'autre si vite qu'il donnait l'impression de clignoter et d'énormes bulles éclataient à la surface. On aurait dit un volcan sur le point d'entrer en éruption. Et au beau milieu de ce chaudron des enfers... Taka. L'eau tourbillonnait autour de la frêle silhouette du jeune homme qui s'acharnait sur... la télécommande.
Vérifiant qu'effectivement celle-ci n'était plus en sa possession, Naruto se précipita sur le balcon en râlant :
- Putain, mais quel con !
Il hurla littéralement à son invité en détresse :
- Taka ! N'appuie-pas sur tous les boutons en même temps ! Tu vas tout casser ! Et sors de là !
- Comment ça s'arrête ce truc ? lui répondit le brun, la panique perçant dans sa voix. Je te jure, j'ai rien touché, ça c'est déréglé tout seul !
A l'autre bout du fil, Gaara haussa un sourcil inexistant en entendant les cris résolument masculins qui répondaient à ceux de son ami. Celui-ci n'était donc visiblement pas seul ! Taka. Ce prénom ne lui disait absolument rien. Il faudrait qu'il cuisine un peu le blond pour en savoir plus. Sans le moindre remords, il tendit l'oreille pour percevoir la conversation que tenait le blond avec ce mystérieux Taka.
- Donne-moi ça !
Naruto appuya sur le bouton Off de la télécommande, le chaudron infernal se calmant instantanément.
- Putain ! C'est dangereux ce truc ! Ils pourraient prévenir quand même ! râla Taka. En plus, je sais pas nager, moi.
- Taka... tu avais pied je te signale.
- C'est pas une raison, j'aurais pu glisser et couler. Je connais bien une vieille qui s'est noyée dans une flaque d'eau. Elle a dérapé et pouf ! C'était fini pour elle !
Naruto leva les yeux au ciel, et réalisa avec un temps de retard qu'il était toujours au téléphone, son oreille collée à celui-ci.
- Taka... reste tranquille, ok ? Je reviens.
- Hmpf... Je te l'ai déjà dit, je suis pas un gosse...
- Oui, ben pour l'instant j'en ai pas eu la preuve ! trancha Naruto avant de retourner dans le salon.
- Euh... Gaara ?
- Donc tu n'es pas seul... Bon au moins, maintenant je suis rassuré. Tu as l'air de bien t'amuser avec TON dulciné. Je vois que je te dérange alors je vais te laisser. On en parlera demain...
La pointe de moquerie dans la voix de son interlocuteur n'échappa pas à Naruto qui protesta énergiquement :
- Ce n'est pas mon dulciné ! Va pas t'imaginer n'importe quoi ! C'est juste un vieux pote que j'ai rencontré, par hasard, samedi.
- Mais oui c'est ça... Je raccroche. On se verra Lundi à la Fac. Et tu n'oublieras pas de remercier Kiba.
- Ouais... ça c'est sûr, j'oublierai pas de le remercier...
D'avoir cafté, ajouta mentalement Naruto, sentant un interrogatoire en règle poindre à l'horizon dès qu'il mettrait les pieds sur le campus. Heureusement pour lui, Gaara n'avait pas la langue aussi bien pendue que son ami, amoureux des animaux, mais il devait s'attendre à avoir le roux sur le dos, très probablement associé à Shikamaru...
Ayant jugé plus sage de se tenir éloigné de la piscine diabolique, Taka s'était étalé de tout son long sur l'un des transats, profitant de la chaleur des rayons du soleil sur sa peau. Du coin de l'œil, il avisa sa besace et étira le bras pour l'attraper. Il en sortit son portable et envoya un SMS à Jûgo :
" Je viens de manquer de finir noyé dans une piscine à bulles diabolique !"
La réponse ne se fit pas attendre :
" Besoin d'aide ? Ton client a essayé de tuer ?"
"Non. C'est la piscine qui a essayé de me tuer. Lui il était au tel !"
" Une piscine tueuse ? T'as pris quoi ?"
" Rien. Bordel arrête de pas me croire. Je suis traumatisé là."
"Ok. Tu vas bien ?"
" Ouais. Tu passes me prendre demain ?"
" Où et quand ?"
" A l'entrée de l'allée de l'hôtel Royal. neuf heure trente."
"Ok. Autre chose ?"
" Préviens Tsu et Ka. Ils vont hallu. Et je serai chargé"
" Tu comptes braquer l'hôtel ?"
" Pas besoin. Le client a tout payé".
" Cool."
Naruto revint sur le balcon après avoir raccroché. Il tomba sur Taka, allongé à plat ventre sur un transat.
- Mets de la crème. Avec ta peau toute blanche, tu vas griller comme une sardine.
- Tu me l'étales ? proposa spontanément le brun alangui.
Fronçant les sourcils, Naruto demanda :
- C'est une proposition ou tu as la flemme d'aller chercher la crème ?
Un fin sourire se dessina sur les lèvres fines du brun qui hésita à répondre par la première suggestion. Mais pour être franc, il avait juste la flemme.
- Flemme, avoua t-il.
Le blond se leva et répliqua :
- Si c'est juste ça, alors d'accord. Ne bougez pas votre altesse, je reviens.
- Hmpf...
La remarque de son client le laissa dubitatif. C'était quoi cette réponse. S'il avait répondu en prétextant une proposition, l'autre l'aurait planté là ? Il était décidément pas bien ce mec, n'importe quel type sain d'esprit aurait tout de suite donné dans le panneau. Et lui, rien, c'était même tout le contraire. Encore heureux qu'il ait été honnête.
Naruto revint avec le mini tube de crème qui figurait au nombre des échantillons de la salle de bains gracieusement fournis par l'hôtel. Taka était toujours allongé à plat ventre, attendant sagement. Le blond s'assit sur le bord de la chaise longue en bois exotique.
- Fais-moi de la place, demanda t-il au brun alangui.
Ce dernier obtempéra et glissa un peu plus sur le côté, laissant plus de place à Naruto qui s'installa, à moitié tourné vers le corps pâle.
D'un geste, il pressa le tube, vidant un peu de crème dans l'une de ses paumes. Taka ne tarda pas à soupirer d'aise quand les mains larges se posèrent sur son dos et commencèrent à le masser tout en étalant l'écran protecteur sur sa peau fragile. Naruto fit savamment jouer les muscles noués et tendus qu'il sentait sous ses doigts, faisant peu à peu pénétrer le produit dans l'épiderme. Il prit grand soin de ne pas trop toucher les zones encore marquées par de larges bleus. Il redessina les contours du tatouage à la base du cou pâle et s'étonna du piercing en forme de dollar juste au dessus de l'élastique du maillot de bain.
Il promena ensuite ses paumes expertes sur les cuisses et les mollets fuselés, malaxant la chair tendre couleur de neige avec dextérité. Il compta mentalement chaque cicatrice qu'il rencontrait, les découvrant sous ses doigts, explorant leur forme, testant l'épiderme malmené pour tenter de déterminer si elles étaient anciennes ou récentes. Taka se laissa faire, sans broncher, appréciant les mouvements qui assouplissaient son corps meurtri. Ce n'était pas souvent qu'il avait l'occasion de bénéficier d'un tel traitement.
Les mains chaudes naviguaient sur sa peau, y étalant savamment le produit gras, prenant soin de ne pas insister sur ses blessures de guerre. Il se sentait presque précieux sous ces doigts. C'était bien la première fois qu'on prenait soin de lui de cette manière, et c'était bien agréable. Les paumes bronzées allaient et venaient sur son dos et sur ses jambes, parfois sans but précis, le pétrissant avec considération. S'il avait su que ce serait aussi bien, il l'aurait demandé plus tôt. Il sombra dans une bulle de bien-être, ne craignant pas, pour une fois, ce que ces mains pourraient lui faire, appréciant leur douceur un peu rugueuse.
- Hummm...
Naruto sourit quand Taka s'installa plus confortablement sur le transat, se détendant totalement. Ce dernier avait les yeux fermés et la tête tournée sur le côté, vers lui, posée sur ses bras croisés. Le petit soupir qu'il venait d'entendre était proche d'un ronronnement. Taka sentit de drôles de sensations naître dans son ventre, indolent sur son transat sous ces mains-là.
Ça montait petit à petit en lui, comme une vague douce et chaude. C'était curieux, et en même temps agréable, comme si son corps se réchauffait de l'intérieur et le rendait plus réceptif aux mouvements du blond sur sa peau. Des fourmillements bizarres commencèrent à naître dans le creux de ses reins. Il remua inconsciemment des hanches mais les mains le quittèrent, lui faisant ouvrir les yeux. Ses orbes sombres croisèrent les azur de son client.
- Je crois que maintenant tu ne risques plus rien, dit Naruto avec un léger sourire.
Naruto se releva. Il avait relevé pas moins de quinze cicatrices, certaines aussi petites que des têtes d'épingles, d'autres un peu plus grandes. La plus grande estafilade qui barrait la peau pâle mesurait environ six centimètres, et il préféra ne pas demander d'où elles venaient. Même si le brun semblait avoir apprécié son massage, le blond avait préféré arrêter. Il était bi, et il n'était pas exactement ce que l'on pouvait appeler un saint, alors mieux valait garder certaines distances, juste au cas où.
Taka était loin d'être moche, même s'il était un peu trop mince et un peu amoché. Il restait très beau, et surtout, très désirable, et Naruto ne voulait pas passer cette frontière. C'était son meilleur ami, Sasuke, avant tout. Il s'installa confortablement sur son propre transat, bien décidé à profiter lui aussi du soleil qui réchauffait agréablement l'atmosphère. Il somnola dans le calme ambiant, savourant ce moment de détente.
Ils se prélassèrent ainsi tout l'après-midi, ne quittant leurs transats que pour répondre à des besoins naturels. Taka profita de l'une de ses pauses techniques pour fumer une clope dans les toilettes péteuses de fleurs, ne voyant absolument pas l'intérêt de la chose mais savourant le luxe de pouvoir le faire. Une fois cela fait, il se fit un rail dans la salle de bain, s'enfermant à clef dans la pièce au souvenir de ce que son client lui avait demandé dans la voiture.
Il constata avec un certain plaisir que même s'il ne s'était pas vraiment privé, son stock de poudreuse n'avait pas trop baissé, ce qui lui convenait parfaitement. Il n'aurait pas besoin de revoir Sasori aussi vite que la dernière fois et ce constat le soulagea. Moins il voyait son dealer et mieux il se portait après tout, surtout après sa dernière visite. Il était content de laisser passer un peu de temps avant de retourner dans la salle de billards. Il n'était pas vraiment prêt à affronter le rouquin qui se montrerait mielleux et lui servirait du "Mon ange" à n'en plus finir.
En fin d'après-midi, Naruto proposa à Taka de tester le Jacuzzi une nouvelle fois, mais avec lui aux commandes. Le jeune homme refusa tout net, arguant qu'il préférait tester la baignoire qui lui paraissait bien moins risquée puisque sans télécommande. Le blond se moqua gentiment de lui, mais n'insista pas, comprenant à quel point l'expérience anodine avait été traumatisante et ne voulant pas ruiner l'atmosphère paisible qui régnait entre eux deux.
Il profita du barbotage longuet du brun dans la salle de bains pour commander le reste de la carte, ainsi qu'une console et plusieurs jeux vidéos. Il sélectionna quelques titres très connus de chaque genre, se doutant bien que l'hôtel ne se priverait pas de lui facturer cette prestation les yeux de la tête. En même temps, c'était aussi une autre occasion pour lui de retrouver Sasuke, le Sasuke de son enfance qui avait partagé bon nombre de ses jeux.
Sortant finalement du bain chaud et parfumé qu'il s'était fait couler, testant tous les produits estampillés "pour le bain", Taka s'essuya rapidement avant d'enfiler un pyjama et les petits chaussons de l'hôtel. Un fix plus tard, il sortait de la pièce pour rejoindre son client. Ce dernier était installé dans la chambre, sur le canapé, une table sur roulette couverte de nourriture à ses côtés.
- Je commençais à croire que tu t'étais noyé ! lança le blond à son encontre, une pointe de malice perçant dans sa voix.
Le brun haussa les épaules et se pencha directement sur les plats, cherchant déjà par quoi il allait commencer. Il avait faim, et les délicieuses odeurs qui s'échappaient des assiettes aiguisaient son appétit. Du bout des doigts, il testa la fermeté d'un truc bizarre et sans odeur, visiblement composé de riz et d'un truc rose dessus.
- C'est quoi ? s'enquit-il.
- Des sushis. Ceux-là sont au saumon. Ça se mange avec cette sauce là. Tu prends avec les baguettes et tu trempes dans la sauce, expliqua Naruto en joignant le geste à la parole.
S'asseyant sur le canapé à côté de son client, le prostitué s'attaqua aux différents mets devant lui, posant de temps en temps une question sur ce qu'il avait choisi avant de goûter. Si certains plats remportèrent sa plus totale approbation, d'autres, en revanche, furent vite délaissés. Les desserts, surtout ceux à base de chocolat, disparurent dans l'estomac du brun avec force compliments, et la chantilly fut savourée avec délice. Naruto s'amusait beaucoup de voir les réactions de son invité qui se comportait face à la nourriture comme un enfant devant ses cadeaux de Noël.
Taka loucha bizarrement sur le boîtier blanc que lui tendit son client.
- C'est quoi ?
- La manette de jeu, répondit Naruto. Attends, je t'explique.
Quelques explications plus tard, les deux jeunes hommes jouaient à un célèbre jeu de plate-forme, avec un certain plombier en personnage principal.
- Argh... allez... saute, bordel ! râla Taka en s'acharnant sur sa manette.
- Tu t'y prends mal. Il faut faire comme ça ! répliqua le blond en faisant sauter son personnage avec aisance.
- Mais c'est ce que je fais ! C'est ce trouduc qui veut pas obéir ! Allez... saute ! Putain de connard !
Sentant l'énervement de plus en plus évidant dans la voix du brun, Naruto jugea plus sage de changer de jeu. Ils essayèrent donc des jeux différents, auxquels Taka n'accrocha pas vraiment. Il avait trouvé Final Fantasy assez joli mais trop long et trop chiant, n'avait absolument rien compris au scénario de Call of Duty, était mort une dizaine fois en quelques minutes à Resident Evil, et n'avait jamais réussi à rester discret dans Assassin Creed. Naruto commençait à croire qu'il ne trouverait aucun jeu susceptible de lui plaire quand il lança Mario Kart.
- J'ai gagné !
Le cri de victoire retenti dans la suite alors que Taka levait les bras en l'air, un large sourire éclairant son visage. Assis dans le canapé, Naruto grogna en le félicitant du bout des lèvres, cachant son propre sourire face à la réaction enthousiaste du jeune homme. Il voulait bien perdre autant de fois qu'il le faudrait s'il pouvait revoir ce sourire qui lui avait tant manqué ces dix dernières années. En tout cas la course de voiture plaisait beaucoup plus à son invité que les jeux précédents.
- On en refait une ? demanda Taka. Ou tu as peur que je te mette encore une raclée ?
Naruto secoua la tête et proposa un jeu de combat.
- Tu vas voir, c'est hyper simple. Le but du jeu c'est juste de frapper son adversaire jusqu'à ce qu'il soit KO.
- Ah. Ok, ça à l'air cool.
Avec un rictus moqueur, Taka rajouta :
- Je vais te laminer, Naruto !
- Que tu crois ! rétorqua l'interpellé.
Quelques minutes plus tard, les deux garçons étaient debout devant le canapé, s'agitant dans tous les sens, et encourageant leurs avatars qui se combattaient férocement sur l'écran de télévision. Si Naruto avait l'avantage de connaître le jeu depuis longtemps et donc de savoir quel combo effectuer, Taka avait, lui, l'avantage de la découverte. Il appuyait sur tous les boutons sans réfléchir, secouant ses bras sans aucune logique, mais de ce fait réussissait des coups impressionnants, et le blond avait bien du mal à lui tenir tête.
Coulant un regard vers son adversaire, Naruto le vit, le visage tendu par la concentration, marmonnant entre ses dents, ses yeux rivés sur l'écran. Là, il ressemblait tellement à Sasuke, Sasuke le compétiteur qui se donnait toujours à fond. Combien de fois s'étaient-ils affrontés tous les deux autour d'un jeu vidéo ou d'un sport quelconque ? Sasuke le poussait à être meilleur, parce que lui, ne faisait aucun cadeau à ses opposants, qu'ils soient débutants ou non.
Et là, Taka se comportait exactement comme Sasuke, qu'importait que son adversaire soit plus expérimenté, plus aguerri, il se battait pour gagner. Un doux sourire étira les lèvres du blond, bêtement heureux de voir le brun avoir cette attitude. Mais pas question de lui faciliter la tâche, il se reconcentra sur le jeu, juste à temps pour voir son avatar s'effondrer au sol suite à une combinaison hasardeuse mais efficace de Taka.
- Ouhou ! J'ai encore gagné ! cria Taka, un immense sourire barrant son visage.
- … J'y crois pas... comment t'as fait ça ? s'exclama le blond.
- Aucune idée, répliqua le brun. Mais on s'en fout. L'essentiel c'est que tu t'es pris une branlée !
Dépité, Naruto se laissa tomber dans le canapé en grommelant. Il s'était laissé déconcentrer et avait perdu alors qu'il avait toutes les cartes en main pour gagner.
- Je veux ma revanche ! clama t-il en se redressant soudainement.
- Ok. Prépare-toi à le regretter ! rétorqua Taka.
Ils enchaînèrent plusieurs parties, aucun des deux ne voulant perdre face à l'autre, ne s'accordant aucune pause. Quand ils s'échouèrent dans le sofa, épuisés, c'était un match nul.
- On arrête ? Match nul c'est bien, non ? demanda Naruto.
- ...ok... Mais n'empêche que j'aurais pu gagner si tu ne m'avais pas bousculé lors de la troisième partie, bougonna Taka.
Naruto sourit doucement en voyant la tête brun endormie sur son épaule. Après leurs jeux vidéos, ils avaient mis un film et Taka s'était assoupi, se servant de lui comme oreiller au passage. Avec mille précautions, il se leva, souleva la silhouette menue et trop légère à son goût, pour l'installer sous les couvertures dans le grand lit de la chambre. Il contempla un long moment le visage aux traits altiers si détendu dans le repos, s'interrogeant sur les raisons du pourquoi le brun avait autant de piercings.
Rien que sur le visage, il en avait quatre : un à chaque sourcil, un au coin de la lèvre supérieure et un au milieu de la lèvre inférieure. Les oreilles en portaient six chacune, du lobe au haut du pavillon et il semblait bien avoir aperçu un éclat métallique sur la langue du brun quand celui-ci avait ouvert grand la bouche pour enfourner une énorme cuillère de glace avec de la chantilly. Il y avait aussi celui dans le bas du dos, celui sur le nombril et ceux sur les mamelons qu'il avait vus cet après-midi quand Taka était en maillot de bain. Au total, vingt-et-un bijoux qui ornaient le corps pâle, et un tatouage. En avait-il d'autres ailleurs qu'il n'avait pas vus ?
Secouant la tête, le blond se dirigea vers le canapé et s'y coucha, n'oubliant pas de régler son portable pour qu'il le réveille à sept heures. L'idée de laisser Taka retourner sur son bout de trottoir sordide lui retournait les entrailles. Il se promit de lui offrir d'autres week-ends de repos comme celui-là. Il ne supporterait pas de ne plus le voir, pas maintenant qu'il savait que c'était Sasuke, son meilleur ami. Ces deux jours avaient été comme un rêve, ça lui avait tellement manqué que l'avoir à ses côtés, même si différent, même si amnésique. Ça avait comblé ce vide avec lequel il vivait depuis dix ans. Sur la promesse renouvelée de tout faire pour aider le brun, Naruto sombra dans le sommeil.
~oOo~
- Voilà, j'y vais...
Naruto se tenait devant la porte de la suite, face à Taka qui s'était levé en même temps que lui.
- Tu dois libérer la chambre avant dix heures. Tu déposes le passe au comptoir de l'accueil. J'ai déjà tout réglé. Et je t'ai mis l'argent pour le taxi sur la table basse. Je pense qu'il y aura assez.
Taka hocha la tête en silence. Pourquoi sentait-il son cœur se serrer ? Il préféra ne pas s'attarder dessus et regarda son client qui ouvrait la porte pour sortir de la suite... et de sa vie.
- Naruto...
Le blond se retourna à l'appel de son prénom et fixa le brun qui semblait gêné.
- Je... hm... Merci... pour tout ça.
Il désigna vaguement la suite derrière lui, un peu embarrassé et ne sachant trop comment exprimer sa gratitude envers ce type bizarre qui l'avait payé et couvert de cadeaux sans jamais le toucher.
Le blond sourit largement avant de tendre la main vers le jeune prostitué, pour repousser une mèche brune qui retomba immédiatement à sa place précédente.
- De rien. Ce fut un plaisir. Et puis... il y en aura d'autres... des week-ends comme ça...
Les yeux noirs s'écarquillèrent largement avant qu'un léger sourire ne fleurissent sur les lèvres fines de Taka. Naruto le salua une dernière fois avant de quitter la suite, retournant vers ses études... et un certain roux qui devait l'attendre de pied ferme.
Taka attendit d'être sûr que son client soit parti, vérifiant même en passant la tête par la porte que le couloir était vide, avant de se précipiter dans la chambre pour sauter sur le lit, comme un gosse, en riant. Il avait trouvé sa poule aux œufs d'or ! Ce beau blond bizarre allait le rendre riche en ne faisant strictement rien ! Quel pied ! Quand il allait dire ça à Suigetsu et Karin, ils allaient en être verts de jalousie !
D'un bond, il atterrit sur le sol et se dirigea vers la salle de bain, attrapant sa besace au passage, pour profiter une dernière fois de la luxueuse cabine de douche. Une fois lavé, séché et rhabillé de son pantalon rouge et son gilet sans manche, il remplit son sac de tous les flacons qui étaient à sa disposition. Il y colla aussi les deux paires de chaussons de l'hôtel, le cendrier des chiottes, le rouleau de papier toilette, et le reste du contenu du mini-bar.
Dans les sacs contenant les vêtements offerts par le blond, il glissa un peignoir, une serviette de toilette, les couverts et les assiettes du petit-déjeuner, les petits pains, brioches et autres viennoiseries. En s'acharnant bien, il réussit même à y mettre l'un des oreillers du lit et un des plaids bien chaud. Voilà qui rendrait les heures de repos dans la piaule miteuse bien plus confortables pour lui et ses deux colocataires.
Il fit une dernière fois le tour de la suite, ouvrant chaque placard pour voir s'il ne pouvait pas embarquer autre chose au passage. Il comptait bien revendre à prix d'or une partie de son butin et offrir ce qu'il ne garderait pas à ses colocataires. Après tout ils étaient dans la même galère tout les trois, il fallait bien se serrer les coudes. Ils étaient ce qui se rapprochait le plus d'amis pour lui, et il savait qu'à sa place ils auraient fait pareil.
A neuf heure vingt, Taka descendit dans le hall, chargé de ses sacs de grande marque. Il garda l'air naturel, ne montrant rien du poids de son chargement, priant pour qu'aucun des employés ne vienne vérifier le contenu de ses sacs. Il déposa le passe au comptoir, saluant poliment l'hôtesse qui lui adressa un regard torve, et quitta l'hôtel. A neuf heure trente, quand Jûgo arriva sur sa moto, Taka l'attendait à l'entrée de l'allée ombragée comme ils l'avaient convenu.
Le géant roux se gara devant son protégé et le salua d'un signe de tête.
- Content de voir que tu vas bien.
- Ouais. Nickel, répondit Taka en s'installant derrière le sentinelle.
Il cala sa besace devant lui, et serra les cuisses autour de la machine vrombissante.
- Vas-y mollo dans les virages, je peux pas me tenir, prévint-il.
- T'as dévalisé l'hôtel ou quoi ? rétorqua le roux en enfonçant un casque sur le crâne brun de son passager.
Taka sourit et ses yeux pétillants de malice croisèrent les iris brun-rouge de Jûgo qui secoua la tête amusé, et soulagé de voir que son ami se portait bien mieux qu'au début du week-end. Quoi qu'il se soit passé durant ces deux jours, ça avait incontestablement fait du bien à Taka. Et s'il en croyait les SMS reçus, ce dernier aurait beaucoup de choses à raconter.
La moto s'engagea dans la circulation, le conducteur jetant régulièrement un œil à son passager pour s'assurer qu'il ne risquait pas de le perdre en route. Peu à peu, les maisons se firent moins cossues, puis le macadam céda sa place à la terre battue alors qu'ils entraient dans le bidonville. Une ribambelle de gamin se mirent à les suivre, criant et riant en une joyeuse cacophonie. Jûgo coupa le moteur devant l'assemblage précaire de tôle qui formait la piaule de Taka.
Taka descendit de moto sans lâcher une seule seconde ses sacs. A peine le géant roux avait-il eu le temps de lui ôter son casque qu'une voix bien connue l'interpella :
- Choupinet ! Te voilà de retour !
Il fut prit dans une étreinte chaleureuse et surtout étouffante. Il grogna plus qu'autre chose à l'encontre de son agresseur :
- Tsu... lâche-moi.
Suigetsu s'exécuta, non sans prendre à parti leur colocataire commune avec des airs d'acteur de tragédie grecque :
- Tu vois, la rouquine... deux jours sans nous donner la moindre nouvelle... et quand enfin il revient, c'est pour nous planter un couteau en plein cœur... Quel fils ingrat nous avons là !
- Le jour où toi et moi on aura un fils ensemble, rappelle-moi de me pendre ! lâcha Karin d'une voix acerbe.
- En plus, il a donné des nouvelles. Je vous ai montré les SMS, rajouta calmement Jûgo.
Suigetsu croisa les bras sur son torse et tourna la tête d'un air boudeur, en ronchonnant :
- Tss... vraiment, vous n'avez aucun humour vous deux !
Taka ricana doucement et se dirigea vers la porte de leur piaule, invitant les trois autres à le suivre.
- Au lieu de bouder, ramène ton cul. J'ai des trucs qui devraient te plaire.
Une fois la porte soigneusement refermée, Taka adressa un sourire malicieux aux trois autres avant de vider le contenu de ses nombreux sacs et de sa besace sur le matelas miteux. Trois paires d'yeux s'écarquillèrent largement à la vue de tout ce qui était étalé devant eux.
- Oh la vache ! s'exclama Suigetsu. T'as braqué l'hôtel ?
- Même pas, répondit le brun. Toutes les fringues, c'est mon client qui les a payées !
Les trois autres l'observèrent immédiatement avec compassion. Karin traduisit à voix haute leur inquiétude commune :
- Et il t'a fait quoi pour t'offrir tout ça ?
Taka sourit un peu plus.
- Rien.
- Rien ? répéta la rouquine incrédule. Comment ça rien ?
- Ouais, c'est sûr qu'il t'a forcément fait quelque chose. Aucun type normal ne paierait une pute pour un week-end, l'emmènerait dans un putain d'hôtel de bourges et lui offrirait des trucs, sans aucune compensation, renchérit Suigestu.
- Je sais. C'est ce que je me suis dit aussi, répondit le brun. Mais à part me raconter sa vie, m'obliger à me laver au moins trois fois par jour, me faire porter des pyjamas et me resapper, il ne m'a absolument rien fait. La seule fois où il m'a touché, c'est quand il m'a tartiné le dos de crème solaire pour pas que je chope des coups de soleil.
L'incrédulité plus que visible sur les visages de ses comparses fit soupirer Taka.
- Attends... ce mec ne t'a absolument rien fait ? Même pas dans ton sommeil ? Rien de rien ? voulut s'assurer Karin. T'as aucun blanc dans ton week-end et vous avez vu personne d'autre ?
Le mouvement de dénégation de la tête du brun confirma les dires de la jeune femme.
- J'ai pas été baisé du week-end, je l'aurais senti sinon. Et, je me souviens de chaque minute passée avec lui, acheva Taka.
Les quatre occupants de la misérable pièce s'entre-regardèrent avant d'éclater de rire dans un bel ensemble.
- Il est dingue ce type !
- Complètement fou !
- Vachement dérangé !
- Et maniaque de l'hygiène !
S'installant comme ils purent sur le matelas encombré, les quatre jeunes gens se lancèrent dans une discussion sur le client de Taka, celui-ci leur racontant par le menu les trucs de dingues que ces bourges avaient inventés et ses mésaventures avec une piscine à bulles. Suigetsu et Jûgo, bien plus au courant de ces choses-là que les deux autres qui avaient passé leurs enfances enfermés dans les chambres sordides du réseau pédophile de l'organisation, éclairèrent les zones d'ombres.
Ainsi Taka apprit que le fameux Jean-Paul Gauthier était un grand couturier de renommée mondiale, réputé pour son extravagance, et que les jacuzzi n'étaient pas uniquement réservés aux riches. Il y en avait dans certaines piscines publiques, même si ceux-là ne faisaient pas de lumières. Une fois le récit du brun terminé, ils firent le tri dans les affaires étalées sur le matelas. D'un commun accord, ils décidèrent de garder le plaid et l'oreiller pour eux, de même que les mignonnettes du mini-bar, la serviette, le peignoir et les chaussons.
Taka offrit l'ensemble des flacons de la salle de bain à Karin, qui fut ravie d'avoir entre les mains des produits pour se faire belle et surtout du parfum. Suigetsu accepta de bon cœur le polo orange que lui proposa le brun, et Jûgo le remercia pour les paires de chaussettes. Ce serait très pratique pour lustrer sa bécane. Ils goûtèrent les viennoiseries et autres denrées ramenées par le brun et s'organisèrent pour revendre le plus vite possible le surplus, Taka ne gardant que la paire de chaussures, le jean noir et le polo rouge, et bien sûr sa besace.
Dans l'un des sacs, il mit tous les sachets qu'il avait piqué dans le mini-bar et le reste du petit-déjeuner, puis il sortit de la piaule et se dirigea vers le groupe de gamins du quartier qui jouaient au foot avec leur ballon de fortune.
- Hey ! Les mômes ! appela t-il.
Très vite, il se retrouva entouré d'une nuée de gosses à qui il distribua sans aucun remords le contenu de son sac. Ébouriffant une tête brune, il eut un sourire et leur promit que la prochaine fois il essaierait de leur ramener un ballon et du chocolat.
Heureux comme des papes, les gamins s'éparpillèrent à nouveau, riches des trésors qui rempliraient un peu leurs estomacs rarement pleinement contentés. Taka les regarda jouer un moment, essayant de ne pas penser que dans quelques heures il retrouverait son bout de trottoir et son défilé de clients à satisfaire. La parenthèse enchantée était terminée, son quotidien sordide reprenait ses droits, jusqu'à ce que le beau blond bizarre ne revienne... s'il revenait.
To be continued...
Commentaires des auteures :
On a fait le choix d'un Taka ayant des réactions un peu enfantines parfois face à ce luxe qu'il ne connaît pas. Mais imaginez-vous dans une suite hyper luxueuse d'un palace cinq étoiles... vous feriez pareil, non ? En tout cas, nous c'est comme ça qu'on l'a pensé.
Voilà, en espérant que ce chapitre tout doux vous ait plu.
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
Taka les poings sur les hanches, fixe d'un regard noir les deux auteures :
- On va mettre une bonne fois pour toute les choses au point : Je sais nager, je n'ai pas peur de l'eau et c'est quoi votre problème avec les jacuzzi ? Non, parce que c'est la deuxième fois que vous écrivez une scène dans un jacuzzi qui tourne au ridicule pour celui qui est dedans!
- Ah mais non, pas du tout ! Dans l'autre scène avec le jacuzzi, ceux qui sont ridicules c'est Naru et Ita... et ils sont à l'extérieur du jacuzzi !
- C'est vrai ? Et qui est à l'intérieur ? Moi ?
- Ben, non... c'est Sasu !
- Quoi ! Mais j'ai rien demandé moi ! Oubliez moi un peu ! proteste Sasu.
Ita et Naru se regardent et soupirent :
- On a rien demandé nous non plus ! Pitié, vous lecteurs vous nous aimez hein ? Alors reviewez ! C'est le seul moyen de les arrêter. Elles ont promis de ne plus nous torturer dès qu'elles auraient obtenu un milliard de reviews !
Rendez-vous au prochain chapitre : chapitre 8 : Double Jeu.
Taka est-il parfaitement honnête avec Naruto ? Naruto reviendra-t-il ? D'autres protagonistes entrent en scène... Dans ce monde de mafieux qui joue vraiment franc jeu ?
