Désolée pour le retard !

Pour ma défense, on était le 1er novembre hier, et je participe cette année au NaNoWriMo pour la première fois. Alors... j'étais occupée à écrire ! Une histoire indépendante, pas une fanfiction, pour changer. Pour ceux qui se demandent ce que c'est, c'est un challenge et il faut arriver à écrire un roman de 50k mots en un mois (du premier au trente novembre, quoi !).

Bon, du coup je viens seulement de penser que je n'avais pas posté ce week-end, donc je le fais avant d'oublier de nouveau, voilà, voilà... C'est un chapitre de transition, donc un peu plus bref, mais il y aura plus d'action la semaine prochaine, promis. Bonne lecture !


Les deux épées tintèrent sourdement en se heurtant et Harry recula d'un pas malgré lui avant de répliquer d'une vicieuse estocade. Son professeur la stoppa néanmoins mais acquiesça, reculant sa propre épée.

"Bien, Al'Najin. Tes muscles commencent à se reformer, nous pourrons bientôt débuter le véritable travail."

Al'Najin acquiesça, hors d'haleine, avant de reprendre le contrôle de son souffle et d'inspirer profondément, se réapprovisionnant en oxygène bien plus efficacement que s'il haletait. Sarab l'avait entraîné sur la demande de Ra's al'Ghul, le remettant d'abord en forme. Il était resté près d'un mois inconscient après son excursion avec le Maître de la Ligue. Lorsqu'il s'était réveillé, tout avait été différent.

Sa vue était parfaitement nette. Un flot de puissance coulait en lui, calme et pourtant grondant sous la surface. Il était capable de sentir sa propre magie et c'était chose fascinante. Lorsqu'il avait touché son front, nulle cicatrice ne s'y était faite sentir. S'étudiant lui-même, il avait fini par se rendre compte de ce qui clochait – dans sa propre magie, celle de Voldemort se trouvait toujours. Normal, avait expliqué Aescelpios. Il l'avait placée là en même temps que son âme et elle s'était entremêlée à celle du jeune garçon comme leurs âmes. Cependant…

S'il la rejetait, elle s'évanouirait avec le temps, rongée par la magie du jeune homme bien plus vivace. Elle n'avait plus d'âme indépendante à laquelle s'accrocher pour survivre et dépendait donc entièrement du jeune assassin. Ou alors il pouvait l'accepter et elle serait petit à petit assimilée. Harry avait longuement questionné son professeur à ce sujet. Cela pourrait-il l'influencer ? Voldemort pourrait-il la sentir et la récupérer ? Aesclepios lui avait répondu durant des heures, l'entretenant des tenants et aboutissants de transferts de magie.

Une chose rare, surtout à cette époque, mais il n'avait pas vécu deux mille ans pour rien. Les transferts étaient nettement plus fréquents dans le passé, notamment lorsque les sorciers avaient pour coutume de s'unir dans des cercles pour lancer des sorts trop puissants pour chaque individu. Les transferts définitifs étaient plus rares mais pas inconnus et, comme l'indiquait leur nom, l'action était définitive. Alors Al'Najin avait tranquillement accepté le cadeau involontaire de son ennemi. Si Voldemort avait été assez stupide pour lui offrir une quantité de magie qui faisait environ un cinquième de la sienne, en d'autres mots de lui donner vingt pour cent de puissance en plus et des magies auxquelles il n'aurait pas forcément eu accès par lui-même, il n'allait certainement pas refuser.

Juste veiller à ce qu'il en soit fait le meilleur usage possible.

Il ne pratiquait cependant pas encore de magie. Sarab avait commencé à le remettre en forme et à lui octroyer les bases de l'entraînement à l'épée, mais Aesclepios lui avait clairement dit qu'il ne lui apprendrait pas le moindre sort tant qu'il n'aurait pas maîtrisé au moins la première étape de l'occlumencie, à savoir empêcher quiconque de lire ses pensées. Et, pour le moment, Harry n'était pas arrivé à grand-chose malgré toute sa bonne volonté. Ses pensées ne semblaient tout simplement pas vouloir lui obéir et se ranger sagement. Bien sûr, il avait été prévenu que c'était une magie particulièrement complexe et que la plupart des gens n'arrivaient jamais à un résultat correct, mais il n'acceptait pas l'échec.

Ses entraînements avec Sarab, bien plus physiques, lui permettaient donc d'exsuder ses émotions. Pas une solution idéale, mais cela suffisait pour le moment.

"Al'Najin ?"

Sa tête se tourna et il vit Nyssa, qui lui sourit avec un signe de tête. Elle lui apprenait l'arabe pendant les soirées, ainsi que de longs cours d'histoire et de batailles qui complétaient les leçons théoriques de Aesclepios. Il n'avait pas beaucoup revu Ra's al'Ghul lui-même mais se doutait que l'homme l'observait régulièrement sans y prêter plus d'attention que cela. Une femme blonde se tenait néanmoins à ses côtés et Nyssa la désigna de la main.

"Ta'er Al'Sahfer" présenta-t-elle. "Elle vient de rejoindre la Ligue. Voici Al'Najin, notre second dernier arrivant, et Sarab, qui lui enseigne les bases du combat. Sarab…"

"Bien" fit l'homme en s'agenouillant tranquillement pour s'asseoir. "Cela sera plus aisé avec deux combattants débutants. Prenez vos bâtons."

Al'Najin s'exécuta. La blonde hésita un moment, se penchant vers Nyssa.

"Est-ce qu'il n'est pas jeune ?" murmura-t-elle.

L'assassin lui décocha un regard aiguisé.

"Al'Najin a déjà prouvé plusieurs fois son appartenance à la Ligue" claqua-t-elle d'une voix sèche "et il a été choisi par mon père lui-même. Ne le sous-estime pas. Ou sous-estime-le, fais-toi jeter à terre, et tu comprendras de ne jamais juger un adversaire sur sa taille et son apparence."

Comme pour confirmer ses dires, un bâton vola. Elle tenta de l'esquiver, trop tard, et l'extrémité entra dans son ventre avec un choc sourd, lui faisant recracher son air. Il avait définitivement beaucoup de force et le bâton retomba au sol avec un bruit mat.

"L'expérience m'a appris qu'il fallait toujours faire ce que te disait ton professeur" remarqua l'enfant, déjà au centre du dojo et en position de combat "car s'il t'enseigne, c'est qu'il est meilleur que toi et peut te battre sans difficultés."

"Sage position" confirma Sarab sans bouger de sa position.

Al'Sahfer avait déjà ramassé son bâton et s'était avancée, se mettant face à lui.

"Al'Najin ne part pas de beaucoup plus loin que toi" observa leur professeur alors que Nyssa s'éloignait sans un mot de plus. "Il est plus rapide, mais tu as l'avantage de la force et de la taille. Campe-toi solidement sur tes deux jambes, sinon il te fera tomber au sol et tu le perdras. Dessers les doigts de ton bâton. Si tu es crispée il sautera entre tes mains."

Elle s'exécuta en silence, suivant ses instructions jusqu'à ce qu'il ne soit satisfait de sa position. Puis il leur donna le signal du début du combat et le garçon fondit en avant. Elle para le premier coup mais sa jambe s'était avancée dans un arc de cercle parallèle au sol et faucha sa jambe droite. Elle s'écroula aussitôt et rougit vivement, la honte l'envahissant. Bon sang, c'était un gamin de quoi, six ans ?

Et pourtant leur instructeur critiqua vertement sa position avant de passer à celle du garçon, lui répétant de ne pas laisser tomber sa défense ainsi dans ce qui ne semblait pas être la première fois, avant qu'ils ne se remettent en position. Elle comprit alors que tout l'entraînement serait ainsi, d'affrontements brefs jusqu'à ce qu'ils ne prennent en compte les remarques de leur professeur, et accepta l'idée de s'entraîner avec un gamin de six ans.

Jusqu'à ce qu'il ne semble réellement perdre patience et il rompit immédiatement le combat, bondissant en arrière. Son bâton explosa dans ses mains un instant après. Sarab avait déjà réagi, lançant une vulgaire pierre en arc de cercle vers lui, mais le garçon avait pivoté en une seconde et un éclair quitta sa main tendue, rongeant la roche jusqu'à ce qu'elle n'explose à son tour. Alors il bascula en avant, ses mains sur ses genoux, hors d'haleine.

"Merde" murmura-t-il en anglais. "Je suis désolé."

"Tu progresses" observa Sarab. "Tu l'as senti venir et t'es reculé à temps pour ne blesser personne. Tu dois contrôler ta colère, Al'Najin, pas la laisser te surmonter."

"Je sais" fit-il en haletant, reprenant pourtant le contrôle de sa respiration. "Je sais, mais… elle sort juste."

"La frustration est quelque chose de naturel, surtout à ton âge" répondit Sarab. "Un enfant normal s'y laisserait aller mais nous savons tous ici que tu n'es pas un enfant normal. Tu ne te maîtriseras pas en un jour, ni même en un an."

Un hochement de tête lui répondit.

"Tu peux reprendre pour aujourd'hui ?"

"Oui" fit-il en se redressant, décrispant ses doigts avant de regard Al'Sahfer. "Si tu…"

"Je suppose que je vais juste apprendre à esquiver très vite" répondit la blonde en se mettant en position de combat.

"Ce n'est pas mortel" assura le garçon. "Je n'ai jamais tué maître Sarab."

"C'est douloureux, cependant" avertit l'homme avec un sourire amusé. "Tu apprendras vite à le voir venir."

Ils firent longuement connaissance dans les semaines qui suivirent. Non pas en parlant de leurs vies passées, chose à laquelle ils se refusaient tout autant l'un que l'autre. Mais, à force de passer un minimum de quatre heures par jour à s'entraîner l'un contre l'autre, puis encore davantage de temps pour apprendre l'arabe ensemble avec Nyssa, ils s'étaient rapprochés. Al'Najin avait ses leçons avec Aesclepios qu'elle ne suivait bien sûr pas, n'étant même pas au courant de ce qu'il faisait quand ils n'étaient pas ensemble.

C'était avec plaisir qu'elle avait accepté de lui apprendre à lire et écrire lorsqu'il le lui demanda. S'il était ici, il n'était probablement pas allé à l'école auparavant et il était un élève appliqué, prenant ses leçons au sérieux et apprenant très vite, et lentement une franche camaraderie naquit entre eux malgré leur différence d'âge.

Al'Najin resta silencieux un long moment, les yeux clos, parfaitement immobile. Puis soudain la roche en face de lui se fendit et explosa et il poussa un profond soupir. Ce n'était pas ce qu'il avait voulu faire. Ra's al'Ghul était assis en face de lui, le regardant avec attention.

"Surprenant" finit-il par commenter.

"Vexant" répondit Al'Najin en baissant les yeux. "Je ne comprends pas pourquoi."

"Aesclepios dit que tu as parfaitement maîtrisé l'occlumencie cependant."

Al'Najin secoua sa tête. Lorsque son esprit était devenu impénétrable à celui de son estimé professeur, il avait ressenti la plus grande sensation d'accomplissement de sa jeune vie. Cela lui avait pris trois ans d'exercices et de méditation quotidiens mais ses efforts avaient fini par payer et ses constructions s'étaient lentement bâties. Ils étaient ensuite passés à la seconde étape, bien plus aisée, et travaillaient lentement sur la troisième – qui était plus une question d'attention perpétuelle et de réflexes mentaux que d'une forme différente de maîtrise.

Il était strictement impossible d'avoir toujours de fausses pensées et de faux souvenirs en tête. En conséquence, la troisième étape consistait à sentir et réagir immédiatement à une intrusion, pas à émettre un faux signal en permanence. C'était difficile et réclamait d'être sur ses gardes à chaque seconde, mais pas davantage ou différemment que lorsqu'on était un assassin qui se préparait à frapper ou être frappé à chaque instant.

En maîtrisant l'occlumencie, il avait cru que ses problèmes de saute d'humeur en combat se résoudraient, mais il n'en avait rien été. Les combats commençaient bien, duraient quelques minutes, puis sa magie se levait rageusement. Il faisait exploser quelque chose la plupart du temps et avait certes appris à utiliser cela comme un avantage offensif, mais ce n'était pas son but. Il ne voulait surtout pas relâcher des flambées de magie dès qu'il était agacé, ce qui ruinerait tout son travail de dissimulation de ses capacités en un instant.

"Il ne me reste que un an avant d'aller à Poudlard" remarqua-t-il. "Je dois savoir me battre avant ou tout sera ruiné."

"Si tu n'y es pas prêt nous ne t'enverrons pas à Poudlard" fit distraitement le seigneur, méditatif.

Le silence retomba un long moment. La rage de Al'Najin n'était pas entièrement naturelle, ils le savaient. Elle était alimentée par sa magie et la Ligue n'avait que très peu de sorciers en son sein. Cependant… cependant il connaissait quelqu'un d'autre dont la fureur était d'origine presque surnaturelle.

"Est-ce que tu te souviens de la mission de Nyssa et Al'Sahfer ?" interrogea-t-il.

Le garçon réfléchit un moment. Al'Sahfer avait fini par quitter la Ligue, rentrant chez elle. Elle aurait dû mourir pour cela, et surtout avait profondément blessé Nyssa avec qui elle entretenait une relation. Patience, avait cependant dit Ra's Al'Ghul au lieu d'ordonner son meurtre immédiat. Elle reviendrait. Le temps de réaliser que plus jamais elle n'aurait la vie d'avant son aventure, d'avant son entraînement, et elle leur reviendrait.

Cela n'avait pas manqué. Elle était venu leur demander leur aide contre un criminel de grande ampleur et s'était réengagée dans la Ligue par la même occasion. Son esprit s'attarda sur ledit criminel.

"Le borgne ?" interrogea-t-il d'ailleurs.

"Slade Wilson" acquiesça Ra's al'Ghul. "Pas un sorcier, mais sa colère n'est pas plus naturelle que la tienne. Cependant il est parfaitement calme en combat et d'un très grand talent. Probablement l'un des guerriers les plus forts de cette planète, à vrai dire. Peut-être l'affronterai-je un jour, ce devrait être un combat… intéressant."

Il s'interrompit un moment, pensif, puis reprit.

"Tristement, il semblerait qu'il ne se contrôle pas très bien hors des combats. Son plan pour abattre son ennemi était certes ingénieux mais il a réagi une fois de trop sous le coup de la colère, ce qui a ruiné tous ses efforts."

"Comment le convaincre de m'enseigner ?" demanda Al'Najin, se mordillant la lèvre. "Hm… est-ce qu'il aurait envie de retrouver sa maîtrise de sa vie de tous les jours ? Vous m'avez appris à garder l'esprit clair et à ne pas me laisser emporter par la haine."

"Je pense que c'est une bonne suggestion de marché" acquiesça Ra's al'Ghul. "En plus de sa liberté, bien sûr. Et s'il tente de s'en prendre à toi sans tenir sa part du marché, je ne suis pas certain qu'il soit au courant de l'existence de la magie, cela te conférera un puissant avantage."

Un hochement de tête lui répondit.

"Où est-il ?"

"Al'Sahfer devrait le savoir."

Al'Najin l'avait déjà compris : s'il décidait d'aller chercher Slade Wilson pour tenter d'obtenir de l'aide de sa part, ce serait seul. Il n'en quitterait pas la Ligue pour autant mais personne ne resterait par-dessus son épaule pour le chaperonner. Il trouverait la prison et se débrouillerait pour s'y infiltrer. Personne ne l'y aiderait.

Cela lui convenait néanmoins. S'il avait tellement de mal en affrontement direct, il avait beaucoup appris en magie et dans le domaine de la dissimulation. Il était à vrai dire déjà un assassin doué depuis longtemps, capable de glisser dans les ombres, de suivre ses proies sans se faire repérer. Sa principale faiblesse était définitivement le combat frontal, chose ironique si l'on considérait qu'il était nettement plus puissant, et surtout plus entraîné que la moyenne.

"Certaines choses doivent être faites seul et sans que l'on t'amène la solution" remarqua le maître assassin. "Peut-être que tu n'y arrives pas parce que tu n'as jamais rien eu à faire pour trouver cette solution."

Al'Najin se releva lentement, avant d'incliner la tête.

"Peut-être. Je vais chercher du côté de Mr Wilson, effectivement. Même s'il refuse, je sens que j'ai beaucoup à apprendre de cette rencontre."

"Alors vas-y. Et…"

Il s'arrêta de son mouvement pour se retourner, regardant l'homme tranquillement assis.

"Oui ?"

"Ne te fais pas prendre. Tu es l'une de mes recrues les plus prometteuses et tu as déjà montré nombre de tes talents – je tiens à ce que tu restes dans la Ligue, anonymement si c'est faisable."

Al'Najin eut un demi-sourire.

"Ne vous inquiétez pas, maître. Temps limité ou non, je n'entrerai pas dans cette prison avant d'avoir prévu le moindre de mes mouvements."

"Alors j'attends de te voir à l'œuvre avec la plus franche curiosité."

Le plus jeune hocha la tête et quitta les lieux sans plus discuter. Peut-être Ra's al'Ghul avait-il raison. Peut-être n'y arrivait-il pas parce qu'il avait le sentiment qu'il n'avait rien fait de particulier pour l'obtenir en dehors de son entraînement coutumier. Il rejoignit les appartements de Nyssa, toquant poliment. Elle ne tarda pas à venir et il la regarda avec attention.

"Al'Sahfer est là ?"

Nyssa s'écarta en réponse, le laissant entrer. La blonde était allongée dans son lit, sur le ventre, et lisait tranquillement, et elle releva des yeux pour le regarder.

"Oui ?"

"Je veux parler à Slade Wilson" annonça l'enfant. "Et j'ai besoin que tu me dises où il est."

Elle resta silencieuse un moment. Son bon sens lui disait qu'un enfant n'avait aucune chance d'arriver dans la prison de l'Argus. Qu'au mieux, il mourrait, au pire, il serait capturé. Amanda Waller, la chef de l'Argus, était par bien des aspects autant une psychopathe que les plus fanatiques des assassins de la Ligue. Après tout, ils ne plantaient pas des bombes dans la colonne vertébrale des gens pour les forcer à obéir, contrairement à elle.

Son expérience, en revanche, lui disait qu'il devait avoir une bonne raison et une idée derrière la tête. De plus, Al'Najin n'agissait jamais au hasard mais planifiait – et il possédait assez de force brute pour se tirer de beaucoup de situations embarrassantes. Il n'était pas appelé le survivant pour rien. Si les premiers mois ils s'étaient entraînés ensembles, il avait fini par la surpasser malgré son jeune âge. Et pour cause : elle restait humaine. Elle l'avait tenu tant qu'ils se battaient uniquement au corps à corps.

Dès qu'il s'était mis à utiliser sa magie plus ou moins consciemment, à tendre des embuscades depuis l'obscurité, à disparaître en plein combat pour réapparaître n'importe où, il l'avait écrasée.

"Mr Wilson a été enfermé par l'Argus dans une prison spécialement construite sur l'île de Lian Yu" annonça-t-elle alors en tournant la page de son livre comme si cela ne l'intéressait pas réellement. "Oliver Queen s'enquiert très régulièrement de son état. Il est enfermé dans une cellule souterraine et n'a pas vu le jour depuis sa capture. Un puits permet d'y descendre, d'environ quatre-vingts centimètres de large, dont l'ouverture est dans un petit bunker lui-même placé au milieu d'un espace aux lignes de vues entièrement dégagées. L'espace autour, l'intérieur du bunker, l'entrée du puits, la salle de surveillance sur laquelle il débouche, puis le couloir qui mène aux cellules et la grotte contenant les cellules elles-mêmes sont en permanence sous surveillance vidéo et thermique."

Elle resta un moment songeuse.

"Il n'y a pas d'autres prisonniers à ma connaissance. Les vidéos sont reliées au quartier général de l'Argus à ce que je sais, donc même si les gens sur place sont neutralisés, les renforts devraient arriver très vite. Je ne pense pas qu'une escouade entière puisse prendre ce bunker d'assaut, et ne parlons même pas de quitter une île de cette taille cernée par des navires américains qui passent par hasard par là."

Le silence retomba sur la pièce et il inclina sa tête sur le côté, interrogateur.

"Tu ne m'en voudrais pas si j'allais le voir, voire le libérais ? J'ai cru comprendre qu'il y avait une histoire entre vous."

Al'Sahfer releva les yeux, pensive, s'appuyant sur sa main. Il l'observait avec attention, nullement conscient de la beauté des deux femmes dans la pièce. Il était après tout trop jeune pour cela et pourtant des hommes ou des femmes plus âgées n'aurait pu que reconnaître qu'elles étaient toutes les deux très différentes, mais magnifiques.

"J'ai eu effectivement un conflit avec Slade Wilson" reconnut-elle finalement. "Cependant la Ligue a été engagée pour le neutraliser et a proposé de le tuer, chose que j'aurai faite. Il nous a été explicitement demandé de le laissé vivant, chose que je désapprouvais fermement en connaissant parfaitement ce dont il était capable."

Ses épaules se haussèrent, faisant retomber son abondante chevelure blonde en avant.

"S'il s'échappe, ce n'est pas mon problème. Je les avais prévenus et les avais avertis qu'il serait plus sage de le tuer. Je te serai par contre reconnaissante de le convaincre de ne pas revenir après moi – je suis consciente qu'il est plus fort que moi. Et méfie-toi de lui, il est fou."

Le jeune homme hocha lentement sa tête.

"Je ferai attention. Merci."

"Est-ce que tu as besoin d'aide ?" demanda gravement Nyssa.

Il posa ses yeux verts pensifs sur elle.

"On m'a fait comprendre que ce serait une mission solitaire."

Un hochement de tête lui répondit. Elle n'insisterait pas, ne voudrait même pas connaître son plan si son père avait décrété qu'il devait agir seul.

"Je vais te faire un plan de l'île" fit simplement Al'Sahfer en refermant son livre et en se redressant pour s'étirer. "Et te marquer ce que je sais des lieux."

"Merci."

Il était ressorti juste après, retournant à son entraînement de magie. Ce fut distraitement qu'il se rendit invisible pour y aller, travaillant la tenue de son sortilège sur la durée. Aesclepios l'attendait déjà et ils se mirent immédiatement au travail.

Lorsqu'il rentra dans sa chambre, le soir, un rouleau était sur son lit et il le déplia avec attention, examinant longuement les plans dessinés par son amie. Pour un homme ordinaire, il aurait dit que c'était mission impossible. Mais il n'était pas ordinaire, n'est-ce pas ? Mentalement, il commença à faire la liste de tous les sortilèges qu'il devait préparer et tout le matériel dont il aurait besoin, incluant les potions qu'il devrait brasser à l'avance.