POV Lou

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Il ne se sentait pas bien du tout. Lou avait encore l'impression d'avoir du sang dans la bouche, le goût métallique refusant de disparaître de ses papilles. Il avait encore fait une crise. Une deuxième. Et ça avait été beaucoup plus terrifiant que la première fois. La première fois, Lou s'était tout de suite évanoui et s'était réveillé à l'hôpital. Il n'avait pas eu à se regarder perdre son propre sang et tâcher par la même occasion tout ce qui trouvait à portée de sa bouche et du flot constant qui s'en échappait. Il avait vraiment crû qu'il allait mourir là, dans cette ambulance, dans les bras de Robert comme dans toute comédie romantique stupide qui se respecte, les yeux plongés dans ceux du docteur Chase.
D'ailleurs, lui aussi avait eu l'air de s'attendre à chaque secondes à ce que le cœur de Lou lâche. Lui aussi avait eu l'air d'avoir peur. Un sourire mi-amer mi-attendri se dessina sur ses lèvres alors qu'il fixait le plafond désespérément blanc. S'il mourait, ce qui semblait se profiler de plus en plus vite, est ce que Robert le pleurerait ? Sûrement. Lou avait surprit des regards qui ne trompaient pas durant cette journée où le gentil docteur l'avait amené à la fac. C'était rassurant. Parce que lorsque l'on a plus de famille - sauf une tante volage qui devait être quelque part en Papouasie Nouvelle-Guinée - la seule chose qu'on espère c'est que quelqu'un pleurera quand même sa mort. Ami, famille, amant, connaissance, peu importait. Mais dans l'esprit de Lou, si personne ne le pleurait, s'il disparaissait et que à peine quelques semaines plus tard tout ceux qui l'avaient connu l'oubliait, alors ça serait comme s'il n'avait jamais existé.

C'était dans ces moments là qu'il avait envie de croire en Dieu, Bouddha ou tout autre puissance supérieure.

Au moins il aurait eu la certitude d'aller quelque part après sa mort et ne pas juste disparaître de la surface de cette planète. Malheureusement, il ne croyait en rien, pas même en une puissance supérieure inconnue, ou à des extraterrestres capturant son corps pour le ressusciter. Il était sûr que les extraterrestres avaient mieux à faire. Là, maintenant, il avait envie de pleurer. De se lâcher, de juste abandonner son sourire qu'il se collait en permanence et de pleurer toutes les larmes de son corps en anticipation à son hypothétique mort prochaine. Lou en avait marre d'être fort, marre d'être courageux, marre de rire à tout va pour camoufler son angoisse. Il avait peur ! Terriblement peur ! Et plus encore parce que même une équipe de médecins aussi talentueux que ceux qui s'occupaient de lui n'arrivait pas à dénicher ce qu'il avait. S'ils ne le sauvait pas, qui le ferait ?

Ses mains se crispèrent dans les draps, les tordant, les déchirant presque, il avait peur. Trop. Mais les larmes ne coulaient toujours pas. Alors plus que la peur et la tristesse, c'est la colère qui prit le pas sur son caractère doux. Il allait peut-être mourir bientôt. Pourquoi n'arrivait il pas à pleurer alors qu'il était dans cet état intérieurement ? Fichu courage hérité de sa feue mère... Lou commença à trembler, ses yeux s'assombrirent, signe de son courroux, et sa bouche se mua en une ligne pincée.

Il fallait qu'il fume.

Il en avait vraiment besoin.

Mais son paquet avait été confisqué à son arrivée à l'hôpital. Bon sang ! Ils faisaient tous en sorte qu'il pète un câble ou quoi ?! Il allait peut-être mourir bientôt. Ils voulaient qu'il devienne tout à fait fou ?! Lou baissa les yeux sur ses mains blanches, tellement pâles, signe qu'il avait passé une grande partie de sa vie dans un hôpital et l'autre partie enfermé chez lui. Il avait l'air encore plus faible avec cette pâleur et il la détesta. Ses mains nerveuses se perdirent dans ses cheveux blancs, les tirant de rage, le stress et la peur lui faisant chercher de la douleur pour s'accrocher. Il allait peut-être mourir bientôt. S'il avait fait ce choix d'arrêter les teintures pour sa tignasse, c'était surtout dans l'espérance d'atténuer sa pâleur et d'accepter son vrai visage, même si, au final, cela n'avait pas marché aussi bien qu'il l'avait imaginé. Son regard torturé tomba sur une photo posée sur la couverture. Lui et sa cousine, enfants, heureuses. En y repensant, sa cousine aussi était toujours vivante, vivant à Las Vegas. Cette salope. C'était injuste, tellement injuste, que ce soit lui qui soit dans ce lit d'hôpital à se ronger les sangs alors que la fille avec qui il avait passé son enfance avait une vie parfaite et sans accros. C'était tellement injuste. Il allait peut-être mourir bientôt. Il avait envie de crier à la mort, de se mordre, de se griffer, de pleurer, bon sang, de pleurer ! Il ne voulait pas mourir ! Plus, en tout cas ! Il avait eu tellement l'habitude qu'on lui dise qu'il allait décéder qu'il s'était habitué à l'idée. Il s'était attendu à tomber face à son cancer, pas à une maladie inconnue qui lui faisait perdre tout son sang ! C'était tellement injuste de lui avoir fait croire qu'il était guéri - enfin ! - et de découvrir ensuite qu'il l'était encore ! C'était injuste... Après tout, il s'était familiarisé avec l'idée de vieillir, d'avoir une vie, de s'autoriser à tisser des liens... des liens avec des médecins par exemple...

Il fallait qu'il se calme. D'urgence. Sinon il allait perdre la tête. Il y avait encore de l'espoir. Il fallait qu'il se convainc. Il allait peut-être mourir bientôt. Mais il allait aussi peut-être vivre. Il se força à ralentir sa respiration. Il fit redescendre la pression. Le quart d'heure de flippe était passé. Et il n'avait même pas pleuré. Décidément, il y avait des choses qui ne changeaient pas. Il s'affaissa sur son oreiller. Le silence lui fit du bien, seul le bruit du cardiogramme troublait la paisible chambre. À l'extérieur, il pouvait voir les infirmières, les différents médecins et les visiteurs se mêler, se croiser, se mélanger tout en émettant un brouhaha qui devait être insupportable. Par contre, aucun Robert en vue. Vu ce qu'il s'était passé, Lou aurait crû que le docteur blond serait venu à son chevet, s'enquérir de son état de santé.

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POV Robert

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Oui, Chase était effectivement inquiet quant à l'état de son patient. Cependant, il était bien trop occupé à se fixer bêtement dans la glace des toilettes, les mains fermement accrochées aux bords du lavabo, son visage et quelques mèches de cheveux dégoulinant d'eau. Il s'efforçait de ne pas penser à ce que le docteur House lui avait balancé à la tête. Lou ? L'intersexué ? Il devait s'avouer que, oui, effectivement, il avait déjà laissé ses yeux s'égarer sur le verso de son patient, un peu vers le bas. Mais c'était parce que de dos, Lou ressemblait en tout point à une femme ! Et il n'était qu'un homme, nom de Dieu ! C'était normal pour un homme en bonne santé et dans la fleur de l'âge de laisser parfois s'égarer des regards sur l'anatomie du genre auquel on s'intéresse. Robert avait même aperçu Wilson tourner la tête en voyant Lou passer, ce n'était donc pas que lui ! Le corps asexué (vu de face) de Lou ne faisait pas d'effet que sur sa personne ! Encore heureux. Donc, il n'était pas bizarre d'être attiré par un corps qui aurait pu être celui d'un jeune garçon - absence totale de poitrine oblige. Il se fixa encore dans le miroir, se testant lui-même, vérifiant sans ses yeux ce que le docteur avait dit.

Lui ?

L'hétéro par excellence ?

Amoureux ?

De Lou ?

Non, ce n'était pas possible. C'était autant possible que Cameron sortant avec House. Oh... attendez... mauvais exemple. C'était autant possible que Foreman sortant avec House. Robert s'ébroua et claqua ses joues.

- Allez mon gars, ce n'est pas le moment de se remettre en question.

Il gagna rapidement le centre de diagnostic et y trouva ses deux collègues, accompagnés de House jouant à la GameBoy et de Wilson étudiant des radios et des échographies qu'il devina appartenir à Lou. Se forçant à ignorer le sourire goguenard de son patron, Chase prit place autour de la table qui semblait l'attendre. Cameron le foudroyait du regard. Il se demandait bien pourquoi, il n'avait rien fait, mais finalement il s'en fichait pas mal. Personne ne parlait dans la salle mais au bout d'un moment, Wilson se tourna vers House et dit :

- Alors ?

Le boiteux ferma sa console et fit tourner sa chaise à roulettes, les yeux en l'air, avec l'air qu'il avait lorsqu'il réfléchissait intensément. Le temps avait l'air de s'écouler très très lentement, et cette Cameron qui le fixait encore ! Il croisa son regard méchant, sa mâchoire était contractée et elle avait l'air vraiment en colère. Robert, encore troublé par sa discussion avec le docteur House, était un tantinet sur les nerfs. Alors c'est naturellement avec toute la délicatesse du monde qu'il grogna un Quoi ? rugueux et courroucé. La jeune femme se décida enfin à ouvrir la bouche :

- Tu n'aurais pas dû faire ça, lui reprocha-t-elle alors que Foreman voyait déjà se profiler une violente dispute et s'écartait des deux. Il était fragile, et on ne savait pas ce qu'il avait, c'était terriblement stupide de ta part de lui faire faire une ballade ! Et n'ose pas dire le contraire ! Maintenant, il est encore plus faible et on ne sait toujours pas ce qu'il a, par contre, ce qu'on sait c'est qu'il risque de mourir à tout instant ! Alors, s'il te plait, la prochaine fois que tu as une idée stupide, consulté nous avant d'agir ! Cela évitera qu'il se vide de son sang sur le chemin de l'hôpital ! Elle reprit son souffle. Non mais sérieusement ! L'emmener à la fac ? Est ce que tu es complètement abruti ou est ce que tu t'es dis que le mêler à toute une foule potentiellement porteuse de maladies était une bonne idée ?!

Il l'avait écouté jusqu'au bout sans pouvoir en placer une et son visage virait au rouge tomate sous le coup de la colère. Il savait tout ça. Il en était tellement conscient que s'en était douloureux. Il s'apprêta à exploser, à insulter cette gourgandine jusqu'à ce que mort s'ensuive et qu'il soit enfin débarrasser de Cameron mais une exclamation intéressée le coupa dans son élan. House venait d'arrêter se tourner et ses yeux bleus parlaient d'eux même quant à la raison de son exclamation. Il avait trouvé. Il avait trouvé. Un indescriptible sentiment de soulagement et de reconnaissance envahit le cœur de Robert, effaçant les remords et la colère. Il voulait croire que House allait trouver un traitement. Alors il écouta attentivement tout les mots qui sortirent de la bouche qui, à cet instant, était celle qu'il vénérait le plus au monde.

Et lorsque, en traversant les couloirs pour sortir et retourner à la fac, il passa devant la chambre de Lou, et qu'il le vit, allongé dans son lit, bougeant à peine, les yeux fixés sur une photo, il de surprit à désirer la guérison de ce patient de tout son être. Et alors à ce moment et seulement à celui-là, il réfléchirait posément à la marche à suivre. La dilemme était simple pour le jeune homme. Prendre son courage à deux mains, et proposer un verre à Lou et plus si affinités, ou attendre patiemment que ces sentiments disparaissent, s'ils disparaissaient un jour...

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- Bon. Débriefing.

Cameron échangea un regard perplexe avec Foreman. Il n'avait rien à dire et elle avait déjà exprimé sa pensée à l'encontre du docteur blond. Chase se torturait l'esprit, repensant à ce qui avait pu déclencher la crise de Lou - il y avait bien quelque chose ! Quelque chose qu'ils avaient manqué ! -, alors que House les regardait d'un air désespéré. Comme s'ils étaient les gens les plus idiots qu'il avait jamais vu. Wilson semblait partagé entre rire de l'agacement de son ami et s'inquiéter aussi pour la santé de l'attachant patient. Cette situation était habituelle pour l'équipe, sauf que cette fois le patient n'était plus totalement un parfait inconnu, un simple nom dans un dossier, c'était devenu plus que ça. Presque un ami. La mort d'un patient n'est jamais drôle, mais la mort de ce patient porterait vraiment un coup au moral de l'équipe.

- Allez, encouragea Gregory. Dites n'importe quoi.

Après un moment d'hésitation, Foreman avança une hypothèse cérébrale, qui fut bien entendue rejetée par le diagnosticien. Ce dernier jaugea ses associés les uns après les autres, cherchant qu'une petite lumière s'allume dans leurs yeux. Ce n'était tout de même pas si compliqué ! Quel était le point commun entre les deux crises de Lou ? Il observa attentivement Chase. C'était lui le mieux placé pour savoir, il n'allait pas tarder à deviner n'est ce pas ? Pas vraiment. Robert réfléchissait profondément, plongé dans ses notes et ses souvenirs de fac de médecine. Même Wilson semblait donner sa langue au chat et attendait patiemment que son ami misanthrope leur donne la réponse - car il n'y avait aucun doute que House l'avait.

Au bout de longues minutes de silence, Gregory soupira. Il boita jusqu'au tableau et marqua en lettres capitales : POISON. Chase fronca les sourcils.

- Comment ? La seule nourriture avec laquelle il a été en contact est celle de l'hôpital, et elle est si saine qu'elle en est écœurante ! s'exclama Cameron en haussant un fin sourcil brun.

House posa ses yeux bleus sur Chase, s'attendant apparemment à ce que celui-ci ait la réponse. Mais s'il l'avait, il l'aurait avancé depuis longtemps et Lou serait en pleine santé et peut-être même qu'ils seraient ensemble à l'heure qu'il était... mais il divaguait. Il se concentra, si House pensait qu'il avait la réponse, c'est qu'il l'avait sûrement. Quel était le point commun entre les deux crises ? Il ne voyait vraiment pas. Pourtant il devait y en avoir un ! Frustré, il fourragea dans ses cheveux blonds. C'était si énervant de ne pas se souvenir que... oh.

- Cantine.

Il se souvenait maintenant ! Le point commun entre les deux événements sanglants était l'endroit où les crises s'étaient déclenchées. C'est-à-dire le réfectoire de la fac de droit. Juste après avoir mangé.

Un sourire satisfait s'afficha sur les lèvres exsangues du boiteux. Il tapota la jambe de Chase et grogna un ''Tu sais ce qu'il te reste à faire, Golden boy'' avant de sortir en sautillant presque - ce qui donnait un image assez étrange à cause de la canne. Chase se leva d'un bond et se dirigea vers la sortie de l'hôpital. Oui, il savait ce qu'il devait faire. Et alors, bientôt il pourrait...

En chemin, il aperçu au loin, adossé à un mur et discutant avec Sophia, Lou. Les bras croisés dans le dos, un sourire discret sur les lèvres, Robert pouvait sentir d'ici que ses jambes étaient encore faibles et que le contre coup de l'hémorragie était encore là. Là d'où il était, à plusieurs mètres de lui, il ressemblait à un prix exhibé juste avant un tirage au sort. Alors oui, bientôt il parlerait au jeune intersexué.

Et le jeune était le gros lot de la loterie dans le cœur de Chase.

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POV Lou

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Il n'arrivais pas à y croire.

Lui ? Empoisonné ? Mais pourquoi ? Il n'avait pas d'ennemi ! Il avait déjà à peine des amis ! C'était complètement absurde, tout comme toutes les hypothèses du docteur House, et il avait donc du mal à y croire. De plus, celui-ci semblait aussi confiant que les autres fois au sujet de son diagnostique, ce qui n'était pas des plus rassurants quand on songeait que ça ne l'avait pas empêché de vomir du sang de fois de suite. Lou devait toutefois avouer que le fait que chaque hémorragies se soient produites après qu'il ait mangé à la cantine de sa fac était assez troublant. Très troublant même. Il regarda attentivement la pilule que lui tendait le docteur Cameron et songea aux avantages et aux inconvénients qu'il pourrait y avoir. Il n'avait vraiment pas envie de tenter de nouveau une expérience sanglante, mais qu'est-ce qui lui disait que le médicament n'allait pas déclencher autre chose ? De plus, il avait les médicaments et autres comprimés en horreur depuis le traitement de son cancer. Tiraillé, il leva les yeux vers Chase qui le regardait avec un grand sourire, confiant. Si lui pensait que c'était le bon diagnostique alors... Lou prit le médicament et le goba tout rond, précipitamment, avant de risquer de changer d'avis. Une fois cela fait, il demanda aux docteurs comment est ce qu'ils pensaient qu'il avait été empoisonné.

- Je penche pour un produit vaisselle contaminé, dit Cameron.

House leva les yeux au ciel.

- Alors pourquoi est-ce que les autres élèves ne sont pas touchés ? Peut-être qu'une des cuisinières t'en veut personnellement, tenta Foreman.

Lou hocha négativement la tête.

- Je doute même leur avoir déjà parlé ne serait-ce qu'une fois en dehors de ''Bonjour-merci-au revoir''. Pour empoisonner quelqu'un il faut sacrément lui en vouloir !

Alors qu'ils lançaient d'autres hypothèses qui, au fur et à mesure, devenaient de plus en plus imaginatifs et relevaient plus d'un roman d'Agatha Christie que de la réalité, Chase réfléchit. Lou avait raison, on n'empoisonnait pas quelqu'un sans raisons, et il avait lui même été témoin de la méfiance que les élèves éprouvaient envers son patient, mais la méfiance n'avait jamais mené à la tentative de meurtre. Parce que c'était exactement ça : une tentative de meurtre, avortée, certes, mais quand même. Toutefois, alors qu'il réfléchissait, quelque chose lui trottait dans le crâne. À bien y penser, quelqu'un avait l'air de plus ressentir de l'hostilité, voire de la haine, pour Lou que les autres élèves. Comment s'appelait-elle déjà ?

- Malory.

Lou leva les yeux vers lui, les sourcils froncés.

- Qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans ? demanda-t-il.

- Qui est Malory ? s'intéressa House. Une ancienne conquête ?

Chase attendit la réponse. Il ne savait pas. Il savait juste que Lou n'aimait pas du tout cette blondasse, mais était ce parce qu'ils avaient une histoire houleuse en commun ? Il n'avait pas pensé à demander.

- Non. Elle me colle depuis un bail et je l'ai toujours repoussée. Vous pensez que... qu'elle m'a empoisonnée ?

Il y avait un pas entre repousser quelqu'un qu'on n'aime pas et se rendre compte que cette personne était capable de vous assassiner. Lou avait toujours eu la faiblesse de penser que les gens étaient raisonnables, apparemment il s'était trompé. La sonnerie d'un téléphone interrompit leur réflexion, House décrocha, parla un peu, lâcha un merci et raccrocha.

- C'était le labo de la police, ils ont analysés les restes du plat de ce que tu as mangé hier, Lou, et ils ont trouvés du cyanure. Je leur ai conseillé d'interroger cette Malory, tu as rendez-vous au pose demain pour donner ta version de l'histoire.

Lou n'arrivait pas à croire les dimensions qu'était en train de prendre cette histoire. Il savait très bien ce que risquait Madison si c'était bien elle qui était la coupable. Tentative de meurtre, à deux reprises ! Ça allait chercher dans les vingt ans... Et elle le savait ! Puisqu'ils étaient tout deux étudiants en droit ! Et nom de Dieu ! Du cyanure ! Ce n'était vraiment pas pour le blesser, mais bien pour le tuer ! Heureusement qu'il avait rapidement été pris en charge à chaque fois, sinon il ne donnerait pas cher de sa peau... Lou frissonna en imaginant à quel point cette fille devait le haïr pour essayer de l'assassiner à deux reprises. Ses poings se serrèrent sur les draps blancs alors que la surprise laissait place à la colère. Qu'est-ce qu'avait les gens à toujours essayer de le tuer ?! Il avait l'impression de revenir en arrière... Il en avait assez d'être toujours la cible de psychopathes en puissance. Qu'avait-il de particulier ? Est-ce que sa voix émettait des ondes qui attiraient les malades tout comme les chiens errants ?

Une main se posa sur son épaule alors qu'il ruminait des pensées peu agréables. Levant les yeux, il vit Robert qui lui adressait un sourire éclatant, un sourire qui voulait dire ''Tout va bien aller à partir de maintenant''. Et Lou avait envie d'y croire !

House expliqua qu'il allait devoir rester à l'hôpital un ou deux jours de plus, le temps que le poison soit totalement purgé de son corps, puis il pourrait rentrer chez lui et sa vie continuerait son cours et c'était tout ce à quoi il aspirait en ce moment. Les murs blancs et l'odeur de désinfectant de l'hôpital commençait vraiment à lui donner des envies de meurtre, ou de suicide, c'était selon.

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Les jours suivant furent un peu flous dans l'esprit de Lou. Tout se passa étonnamment vite. Il devait se rendre au commissariat pour donner sa déposition et porter plainte contre Malory, mais Rober insista pour que ce soient les policiers qui se déplacent, arguant qu'il valait mieux qu'il se repose et bouge le moins possible. Lou avait levé les yeux au ciel en entendant cela. Il avait envie de sortir, maintenant qu'il savait que sa vie n'était plus menacée, ni par son cancer, ni par une quelconque folle. Il s'avéra que c'était bien elle qui avait plus ou moins discrètement ajouté du cyanure au café qu'il buvait tout les midis.
Plus ou moins discrètement car si Lou ne l'avait pas vu - il était un peu étourdi, et la capuche bouchait légèrement son champ de vision - une des femmes de cantine avait remarqué que la jeune fille s'était approché de son plateau à plusieurs reprises.
Le plus étonnant était sûrement que le procès prit peu de temps. Apparemment, la culpabilité de Madison crevait les yeux et même son avocat - payé par Papa - ne put faire quelque chose pour raccourcir la peine. Elle écopa de dix-huit ans de prison. Lou n'assista pas au procès, il n'aimait pas être sur le banc des témoins au tribunal et préférait largement la place des avocats. Il avait largement trop vu ce satané banc. Trois jours à peine après le procès, il était dehors. Liberté.

Il savoura longuement la morsure du soleil de midi par ce beau mois de juillet. Jamais le ciel bleu ne lui parut plus beau qu'en ce jour où il était définitivement hors de danger. Il s'étira longuement, profitant de la chaleur. Puis, il se tourna vers les cinq médecins qui lui avaient sauvé la vie et sourit largement. Peu de mots furent échangés, il serra la main de House et Cameron, enlaça Foreman et Wilson - en glissant à l'oreille de ce dernier qu'il devrait tenter sa chance avec House (le rougissement qu'il eu était tout à fait adorable) - et, pour finir, s'arrêta devant Chase. ll regarda longuement le visage doux du jeune médecin, ses cheveux blonds, son petit sourire sur ses lèvres minces et chercha quelque chose dans ses yeux. Une lueur qui confirmerait son intuition. Il sonda le regard clair et bleu et, au bout d'un moment, sourit, sûr de lui. Doucement, il se haussa sur la pointe de ses baskets et, posant ses petites mains sur le devant de sa chemise, posa délicatement ses lèvres rieuses sur leurs homologues masculines.
Le baiser sembla durer une éternité durant laquelle Lou savoura le goût de son médecin préféré.
Puis, tout aussi lentement, il se recula d'un Chase surprit mais néanmoins ravi. Il murmura un ''A bientôt'', replaça la sangle de son sac sur son épaule, et s'éloigna, un grand sourire au lèvres.

Oh oui, ils allaient se revoir bientôt.

Il en était plus que sûr, vu l'air extatique qui planait toujours sur le visage du blond.


J'ai l'impression que cette histoire est le vilain petit canard parmi toutes celles que j'ai écris...

Review ?