Avertissement : Quelques scènes à caractères sexuels, signalées comme d'habitude par le premier et le dernier mot en gras.

Bonne lecture !

Yzan et Lili.

PS : Pour ceux qui n'ont ni vu, ni lu Le Seigneurs des anneaux... on vous spoile la fin dans ce chapitre... Vous voilà prévenus...


~14. Sortir de sa bulle ~

Naruto soupira lourdement en fermant derrière lui la porte des toilettes du bungalow. Taka l'épuisait. Depuis leur réveil, c'était la troisième fois qu'ils faisaient l'amour. Et ça, c'était sans compter toutes les attaques qu'il avait plus ou moins brillamment esquivé. Pas que faire l'amour à Taka soit désagréable, bien au contraire, mais il avait comme l'impression que le jeune homme voulait rattraper tous les week-ends précédents d'inactivité sexuelle en un seul.

Après une première fois sur la terrasse du bungalow, il avait entraîné un Taka réticent dans une nouvelle séance de shopping. Ce qu'il n'avait pas prévu c'était de se retrouver soudainement emprisonné entre le mur d'une cabine d'essayage et un brun très entreprenant. Sans l'intervention de la vendeuse qui s'était inquiétée de leur brusque disparition, il n'aurait pas résisté bien longtemps aux assauts de son amant.

Ce dernier lui sautait dessus dès que l'occasion se présentait, absolument pas gêné par le fait d'être dans un lieu public avec des gens autour. Naruto avait résisté tant bien que mal aux avances plus qu'explicites du brun, jusqu'au retour dans la voiture. Quand Taka lui avait demandé de trouver un endroit tranquille où se garer, il avait bêtement cru, le coeur lourd et la rage au ventre, que c'était pour se faire un rail de sa foutue poudre.

N'ayant pas envie de devoir gérer une crise de manque, il s'était exécuté, trouvant un parking souterrain où ranger sa voiture. Il avait à peine mis le frein à main que le dossier de son siège s'allongea soudainement et Taka s'installa à califourchon sur ces genoux.

- J'ai envie...

Ces mots, à peine soupirés, l'avait fait céder et il avait répondu passionnément au baiser de son amant, soulagé et bêtement heureux que la poudre blanche ne soit pas la cause de leur arrêt intempestif pour une fois.

Le corps mince du brun se colla au sien, lui faisant sentir le désir incontestable qui déformait le pantalon de son amant. S'emparant des mains pâles qui entreprenaient déjà de le déshabiller en dessous de la ceinture, Naruto souffla :

- Taka... On a le temps tu sais ? En plus, on serait plus confortablement installés à l'hôtel. Tu ne crois pas ?

Une moue frustrée se dessina sur les lèvres fines, et son partenaire gémit :

- Mais, c'est maintenant que j'ai envie... Tu le sens, non ?

Taka accompagna sa phrase d'un coup de hanche qui rapprocha leurs entrejambes respectifs.

- Ne me dis pas qu'à chaque fois que tu bandes, tu va me sauter dessus ? tenta Naruto.

- Ben si ! C'est ta faute, c'est toi qui me fais cet effet là ! Alors assume ! trancha le prostitué.

L'étudiant n'avait rien pu répliquer à son amant, celui-ci revenant à la charge avec une férocité décuplée, et il avait finalement rendu les armes.

Ils avaient quitté le parking une bonne demi-heure plus tard, plus échevelés et débraillés qu'ils n'y étaient entrés, et après avoir testé les amortisseurs de la voiture orange vif. Ils étaient revenus à l'hôtel où ils avaient regardé la fin des Deux tours qu'ils avaient ratée la veille. Après le film, Naruto avait voulu prendre une douche, douche qui s'était prolongée de manière très agréable quand Taka l'avait rejoint sous le jet d'eau chaude.

Quand Naruto sortit des toilettes, il trouva son amant en train de zapper d'une chaîne à l'autre en grignotant du chocolat qu'ils avaient acheté en chemin dans l'après-midi.

- Tu ne devrais pas manger des cochonneries avant le repas, tu n'auras plus faim après, lança-t-il amusé en s'asseyant sur le canapé.

- Au fait, pourquoi tu t'assois toujours par terre ? rajouta-t-il.

Taka leva la tête pour le regarder, un peu surpris par la question. Puis il haussa les épaules et se reconcentra sur son zapping intensif.

- On regarde le troisième ce soir ? Comment ça s'appelle déjà ? Ah oui, "Le retour du Roi".

- Bien sûr, je te l'ai promis non ?

- T'as pas intérêt à m'empêcher de le regarder en entier, je dois tout raconter à Tsu demain.

Un sourire étira les lèvres du blond devant le ton sévère du jeune homme assis sur le tapis et adossé au canapé. Curieux, il ne put s'empêcher de questionner un peu ce dernier :

- Tsu, c'est un ami à toi ? Tu le connais depuis longtemps ? Il fait quoi dans la vie ?

Il vit Taka froncer un instant les sourcils avant qu'il ne se tourne vers lui et lui demande :

- Pourquoi tu veux savoir ça ?

Naruto eut peur d'avoir fait une bourde mais les yeux noirs étaient juste soucieux et curieux, aucune lueur de contrariété ou de colère ne venait briller dans les prunelles sombres.

- Par curiosité. Tu ne m'as jamais parlé de lui avant, alors je me demandais c'est tout. Mais rien ne t'oblige à me répondre si tu n'en a pas envie.

Taka réfléchit un instant. Après tout, il pouvait bien parler un peu des rares amis qu'il avait. Ainsi, il pourrait assouvir la curiosité de son beau blond bizarre et peut-être assouvir la sienne au passage. Après tout, lui aussi ne savait pas grand chose du blond en définitive.

Ce fut d'un ton tranquille et en prenant bien soin de réfléchir à ce qu'il disait, car Naruto n'avait pas besoin de tout savoir, qu'il répondit :

- Tsu est mon ami et colocataire. On a une autre colocataire aussi : Karin. Çà fait cinq ans qu'on se connait, et on vit ensemble depuis aussi longtemps. Ce sont mes seuls amis avec Jûgo. Mais lui tu le connais, c'est le grand roux qui surveille la rue.

- Ah oui, je vois qui c'est.

- Hn... Tsu est sympa, un peu taré mais sympa; et Karin est gentille, même si elle gueule souvent. Elle et Tsu passent leur temps à s'engueuler, on dirait un vieux couple. Je les aime bien. On se comprend tous les trois. On fait le même boulot après tout, alors forcément ça aide.

Naruto hésita à poser une autre question, pas vraiment sûr de ne pas être indiscret. Mais Taka ne lui laissa pas le temps de réfléchir, se retournant pour planter ses yeux dans les siens.

- Et toi ? Tu fais quoi dans la vie ? Comment s'appellent tes amis ? Et ils sont comment ? Tous super riches et bizarres comme toi, ou il y en a des intelligents dans le lot ?

- Hey ! s'exclama Naruto faussement vexé par la dernière question et le rictus narquois qui l'accompagnait.

- Je fais des études de Droit, j'aimerais devenir avocat. Et mes amis sont aussi intelligents que moi, c'est toi qui ne comprends pas mon esprit supérieur !

- Ben voyons !

Naruto rigola doucement devant l'expression septique du brun, puis il reprit plus doucement :

- Tu te souviens du premier week-end quand j'étais au téléphone pendant que tu testais le jacuzzi ?

- Hn...

- C'était Gaara. Il est très sympa, même s'il peut faire peur au premier abord. Je le connais depuis huit ans. Il fait des études de Droit lui aussi. Je suis sûr que vous vous entendriez bien tous les deux. Il y a Kiba aussi, c'est lui qui garde Kyuubi quand je ne l'emmène pas...

Taka écouta son beau blond bizarre lui parler de ses amis avec une affection perceptible. Il semblait très attaché à eux et les connaissait depuis longtemps. Quelque part, ça le rassurait de savoir le blond aussi entouré. Au moins quand ça se finirait, forcément mal, entre eux; il ne serait pas seul pour affronter le dur retour sur terre. Et l'Aka aurait peut-être plus de difficultés à éliminer le blond avec tous ses amis autour de lui. Bon, ça il n'y croyait pas vraiment, mais peut-être ses amis réussiraient-ils à éviter que Naruto ne se retrouve dans une situation pas possible et particulièrement dangereuse. Ils l'aideraient...

Après un repas plus que copieux, les deux jeunes hommes s'installèrent sur le lit pour regarder le troisième volet de la trilogie du "Seigneur des Anneaux". Sans lui laisser le choix, Naruto installa Taka entre ses jambes l'adossant à lui. Un peu surpris mais pas mécontent, le prostitué se tortilla pour trouver la position idéale et soupira de bien-être quand son beau blond bizarre les couvrit d'un plaid bien chaud.

Taka se plongea dans les aventures épiques de Frodon et ses comparses. Il ne rata pas une miette du film, posant parfois une question à son amant qui lui répondait en chuchotant à son oreille. Quand le générique de fin débuta, il avait les yeux brillants de larmes contenues.

- Alors, ça t'a plu ? s'enquit la voix grave de son amoureux.

- Ouais, mais la fin est trop triste...

Ils avaient discuté un peu, se chamaillant parfois pour des broutilles avant de se coucher. Taka tenta une nouvelle fois de convaincre son pyjamaphile de se laisser entraîner dans des activités charnelles, mais celui-ci refusa en douceur, lui expliquant que chaque levé de chapiteau ne devait pas forcément se finir ainsi. Ils se câlinèrent longuement, chacun faisant tout pour ne pas penser au lendemain.

Le lendemain, Taka retrouverait son bout de trottoir et Naruto les bancs de la Fac. Le lendemain, la réalité reprendrait ses droits. Alors, ils profitaient de la présence de l'autre tant que c'était encore possible. Sentir encore la chaleur de cet autre qui avait prit tant d'importance dans leurs vies. Naruto resserra ses bras autour de la fine musculature de son meilleur ami devenu son amant et Taka se pelotonna encore plus près de lui. Le sommeil les emporta pour quelques heures, quelques heures avant que le soleil ne se lève, signant la fin du rêve.

~oOo~

- Et là... Gollum lui bouffe le doigt !

- Hein ! Sérieux !

- Ouais ! Trop dégueu ! Et comme il a plus de doigt, il a plus l'anneau donc il est plus invisible. Mais Gollum se vautre dans la lave et il crève et l'anneau avec.

- Oh ? Alors Sauron disparaît ?

- Ouais... Comme ça, d'un coup : Pouf ! Plus de Sauron !

Assis sur le matelas miteux de leur piaule, Taka raconta en détail la fin de la trilogie à un Suigetsu passionné, sous l'œil blasé et désintéressé de Karin.

- Pfff... Et ils n'auraient pas pu le détruire bien avant cet anneau ? Et pourquoi ils sont pas allés sur la montagne à dos d'aigle ? C'est bien comme ça qu'ils en reviennent non ?

La jeune fille reçut pour toute réponse deux regards désabusés avant que Suigetsu ne soupire :

- Ma pauvre, tu comprends vraiment rien ! C'est du fantastique, laisse ça aux connaisseurs !

Vexée, la rousse quitta la pièce en maugréant contre ces mecs qui n'avaient aucun bon sens. Une fois seul avec Taka, le jeune homme aux cheveux blancs se lança dans un interrogatoire en règle sur les évènements du film, ravi d'avoir enfin le fin mot de l'histoire. Taka répondit avec joie aux questions de son ami, tous deux discutant des personnages, du monde et des relations entre les divers protagonistes.

- Non, je ne suis pas d'accord, ils sont amis. C'est tout.

- Ah bon ? Pourtant, moi je suis sûr que Legolas, il crève d'envie de se taper Gimli. D'ailleurs, il est super prévenant avec lui, il lui propose un marchepied lors du combat au gouffre de Helm. Et je pense que Gimli serait d'accord, la preuve il ne veut pas qu'Aragorn lui parle du lancé de nain !

- Non, mais Gimli... Il est trop petit pour Légolas !

- Ben non, il est juste à hauteur...

La réflexion fit éclater de rire les deux jeunes hommes. Dehors, de l'autre côté de la porte, Karin eut un sourire soulagé en entendant l'hilarité de ses deux amis. Pour une fois, la bonne humeur de Taka ne s'était pas envolée au bout d'une heure ou deux. Elle espéra que c'était le signe que les choses s'arrangeaient et pas le calme avant la tempête.

Gaara fronça ses sourcils inexistants tout en observant son ami blond qui semblait perdu dans ses pensées, ne suivant rien du cours, pourtant important, sur le Droit des contrats. S'il en croyait le front plissé et le mordillement de l'innocent stylo, les dites pensées n'avaient rien de très agréable. Pourtant, à son arrivée sur le campus, Naruto souriait tellement qu'il avait presque dû mettre ses lunettes de soleil pour le regarder.

Mais ce sourire éclatant n'avait pas duré bien longtemps, laissant place à cette expression soucieuse qui ne lui plaisait pas plus que ça. Quel problème pouvait bien perturber son ami ? Et pourquoi celui-ci ne lui en parlait-il pas ? Il allait devoir lui tirer les vers du nez, en espérant qu'il se laisse faire. Ce qui n'était absolument pas sûr. Mais, il savait qu'il pouvait compter sur Shikamaru pour l'aider. Ce dernier connaissait bien Naruto et était suffisamment intelligent pour saisir ce que le blond ne dirait pas. Leur ami cachait souvent ses problèmes derrières ses sourires.

Plongé dans ses pensées, bien loin des considérations légales des contrats entre sociétés, Naruto réfléchissait à un moyen d'aider Taka. L'enlever pour l'emmener loin d'ici ? Possible, mais pas sûr. Taka pourrait ne pas coopérer et lui serait obligé de tout quitter. Le plus simple et le plus efficace, du moins l'espérait-il, serait de prévenir la police. Mais il se voyait mal débarquer au commissariat et balancer de but en blanc que Sasuke Uchiwa était vivant, mais amnésique, qu'il s'appelait maintenant Taka et faisait le trottoir. Nul doute que les policiers l'enfermeraient lui, chez les fous, et ça n'aiderait pas plus Taka.

Sans compter qu'à part sa certitude, et une marque de naissance, il n'avait pas la moindre preuve tangible pour prouver ses dires. La ressemblance physique ? Les policiers lui diraient que c'était une simple coïncidence et rien d'autre. Bref, personne ne le croirait. Sauf s'il s'adressait à quelqu'un de sa connaissance, quelqu'un qui le connaissait suffisamment pour savoir qu'il n'était pas du genre à inventer des histoires, surtout pas sur des choses aussi graves.

Mais même ainsi, il lui faudrait une preuve, une preuve en béton ! Mais quoi ? Un éclair de génie traversa soudain sa tête blonde : l'ADN ! Voilà une preuve irréfutable ! Le seul problème étant que s'il demandait à Taka de faire un test ADN, celui-ci refuserait tout net. Il se doutait que le jeune homme n'avait nullement envie de se trouver en face de représentants des forces de l'ordre. Il l'avait constaté lors de l'un de leurs week-ends où ils en avaient croisés. Le brun les avait fusillés des yeux en marmonnant contre ces "poulets dégénérés qui n'avaient rien de mieux à faire de leur vie que faire chier les braves gens."

Oui, emmener Taka au commissariat serait aussi facile que de déplacer la montagne à Mahomet, alors autant renoncer dès maintenant. Il lui fallait donc trouver une autre solution. Mais l'ADN lui semblait la meilleure piste pour prouver qui était Taka et le sortir du trottoir. La cloche retentit, indiquant la fin du cours, et sortit Naruto de ses pensées. Il posa un regard surpris sur Gaara :

- C'est déjà fini ?

Son ami à la chevelure flamboyante soupira et le fusilla des yeux avant de répondre :

- Oui. Et, je peux savoir ce qui te tracasse au point de ne rien écouter en cours ?

Naruto sourit et se gratta l'arrière du crâne en disant :

- Rien, je t'assure. Tout va bien. C'est juste que le week-end a été... euh... mouvementé. Du coup, je suis un peu à côté de mes pompes. Mais je t'assure que tout va bien !

- Tu te défends beaucoup pour un innocent...

Le jeune homme blond déglutit difficilement sous le regard acéré du rouquin : là, c'était sûr, Gaara n'allait pas le lâcher avant d'avoir sinon le fin mot de l'histoire, au moins une explication convaincante.

- On en parlera plus tard. Viens, on va manger. trancha le roux.

Ce fut résigné que Naruto suivit son ami jusqu'à la cafétéria du campus. Il avait heureusement droit à un sursis pour trouver une bonne excuse. Mais qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir lui dire pour que Gaara ne mette pas son nez dans ses affaires ? Il ne tenait pas à impliquer ses amis, surtout que lui-même ne savait pas vraiment où il mettait les pieds. Taka évoluait dans un milieu dangereux et il ne voulait pas entraîner ses amis dans tout ça et les exposer eux aussi. C'était à lui de trouver une solution à tout ça. Sortir son petit-ami de là était de sa responsabilité.

Toute la journée durant, Naruto tenta de concentrer son esprit sur les cours, tout en cherchant ce qu'il pourrait bien dire à Gaara et une solution pour éloigner définitivement Sasuke de la prostitution. Ce fut avec un certain soulagement qu'il referma la porte de son appartement, pas mécontent d'avoir réussi à échapper à un roux un peu trop curieux dont il avait éludé certaines questions avec plus ou moins de réussite. Kyuubi lui fit la fête, montrant son contentement de revoir son maître après trois jours sans lui.

- Oui, oui, toi aussi tu m'as manqué, dit-il en riant tout en écartant la tête massive du chien qui lui léchait le visage.

L'étudiant se plongea dans ses devoirs, essayant d'éloigner de son esprit toutes autres considérations que le Droit. La sonnette de la porte d'entrée le tira de l'épluchage soporifique des devoirs donnés par les professeurs. Naruto ouvrit la porte et tenta de la refermer aussitôt. Malheureusement pour lui, un pied vint empêcher la fermeture du battant.

- Si tu croyais t'en tirer comme ça, tu te trompes ! Laisse-nous entrer !

Maudissant ses amis trop curieux et leur capacité à le déchiffrer, Naruto laissa entrer dans son appartement Gaara, Shikamaru et Kiba. La présence de ce dernier le surprit et il ne se gêna pas pour le montrer en fixant d'un air interrogatif son dog-sitter.

- Parce que tu crois que je vois pas quand quelque chose ne va pas ? Je suis ton meilleur ami, je te rappelle ! rétorqua Kiba.

Les trois nouveaux arrivants s'installèrent autour de la table basse, sortant des sacs qu'ils avaient amenés avec eux des bières et des gâteaux apéros. Résigné à subir un interrogatoire en règle, Naruto s'assit à son tour, et prit, avec un soupir de condamné à mort, la bière que Shikamaru lui tendit.

- A nous trois, on a réussi à savoir un peu plus ce qui se passe, commença Gaara. Pour résumer : tu passes la quasi-totalité de tes week-ends ailleurs que chez toi, et tu emmènes parfois Kyuubi avec toi.

- Ne nie pas, on est venu un samedi soir où Kiba n'avait pas ton chien en garde et l'appartement était vide, poursuivit le roux, stoppant la tentative de Naruto pour répondre. Tu passes ces week-ends avec un certain Taka et, si on se fie à ton comportement, tu en es amoureux. Donc, la question est...

- Quand est-ce que tu nous le présentes ? interrompit Kiba.

Le roux le fusilla des yeux et Shikamaru poussa un profond soupir alors que Naruto s'étouffait dans sa bière.

- Oui, aussi. Mais surtout, pourquoi tu fais cette tête de mort-vivant depuis ce matin ? reprit Shikamaru.

- Et pourquoi tu ne nous en parles pas franchement ? renchérit Gaara. On sait tous que tu es bi et aucun d'entre nous n'a de problème avec ça. Alors, qu'est-ce que tu nous caches ?

Sous les yeux de ses amis, ses plus proches amis, Naruto ne sut quoi dire. Il se passa une main lasse dans les cheveux et finit par demander :

- Qu'est-ce qui vous fait croire que je cache quelque chose ? Ça ne fait pas si longtemps que ça que je le fréquente, j'ai peut-être juste envie d'être sûr de moi avant de vous le présenter.

- Te fous pas de nous, répliqua Kiba avec force. Quand tu flashes sur quelqu'un, tu es intarissable, tu nous saoules avec pendant des jours. On peut tous raconter par le menu tes histoires sentimentales. Et là, rien ? Rien de rien ? Alors que tu le vois depuis plus de trois mois ? C'est louche ! Tu nous caches forcément quelque chose.

Gaara et Shikamaru hochèrent la tête en signe d'approbation et le jeune homme blond se retrouva sous le feu des trois regards perçants et inquisiteurs. Avec un soupir, il décida de livrer au moins des demi-vérités à ses amis qui se faisaient du souci :

- Ok. Alors voilà, il s'appelle Taka. Il est de notre âge, mais il a arrêté ses études tôt et il travaille. C'est pour ça qu'on ne peut se voir que le week-end.

- Il fait quoi ? s'enquit Shikamaru.

- Dans le social, répondit Naruto.

Bon ce n'était pas exactement un mensonge, hein ? Si ? Bon, ok, mais il ne se voyait pas dire à ses amis que Taka était un prostitué. Vraiment pas.

- Et pourquoi tu nous en as pas parlé avant ? reprit Gaara.

- A cause de sa famille. Ils ne savent pas qu'il est gay et sont plutôt homophobes, donc il ne veut pas que ça se sache. Et puis, il est assez timide. Et ça fait pas si longtemps que ça qu'on est ensemble, avant on était juste amis.

Naruto vit bien que ses explications ne convainquaient pas vraiment ses amis. Mais il n'avait pas trouvé mieux, et il ne savait pas mentir.

- Admettons, soupira Gaara. Est-ce qu'au moins tu peux nous dire à quoi il ressemble ? Ou ça aussi c'est secret défense ?

- Il est marié ? C'est pour ça que tu nous fais autant de cachotteries ?

Voilà, comme il s'en doutait, les trois squatteurs n'avaient pas cru un mot de ce qu'il leur avait dit.

- Il est brun, aux yeux noirs. De ma taille, à peu près, mais plus mince. Beau, très beau. Il a de l'humour et de la répartie. Il est curieux, il s'émerveille d'un rien et il n'a aucun sens de la mode. Et il est célibataire Shika, je te le jure sur la tête de Kyuubi.

Soulagé de voir que ses amis ne pousseraient pas plus loin l'interrogatoire, Naruto leur parla de Taka, leur racontant quelques anecdotes de leurs week-ends. Il fit attention à ne pas révéler les addictions du brun, ni quelque indice que ce fut sur sa profession. Ses trois auditeurs l'écoutèrent en silence, riant de temps en temps aux péripéties du couple. Mais quand ils quittèrent leur ami, ils savaient tous trois avec certitude que celui-ci n'avait pas tout dit.

Il avait fait comme d'habitude : noyer le poisson, parlant de choses sans importance pour cacher le fond du problème. Mais ils ne le laisseraient pas s'en tirer à si bon compte, ils allaient l'avoir à l'œil et finiraient bien par savoir ce qui se tramait. Naruto était toujours le premier à aider les autres, et ils voulaient lui rendre la pareille, quoi que celui-ci en pense. D'un commun accord, ils décidèrent de n'en parler à personne d'autre pour l'instant et de faire des recherches de leurs côtés pour en apprendre un peu plus sur ce Taka qui troublait tant leur ami blond et qui le rendait tout aussi soucieux.

~oOo~

A genoux sur le sol sale de la venelle perpendiculaire à son bout de trottoir, Taka rendit tripes et boyaux. Son troisième client de la nuit venait de partir et il n'avait pu retenir plus longtemps les hauts-le-cœur qui lui vrillaient l'estomac. Il se dégoûtait, il se vomissait lui-même. Il se sentait si sale... Il savait qu'après avoir connu la douceur, la tendresse, l'amour de son beau blond bizarre, retrouver ses clients serait difficile. Mais, pas à ce point...

Pas au point que l'idée même d'être touché par d'autres mains que celles de Naruto le révulserait à en être malade. Il avait l'impression de se retrouver comme au tout début, quand il n'était qu'un gamin à qui il fallait apprendre le métier. Il lui avait fallu plus d'une heure, trois fix, une dizaine de clopes et presque un litre de whisky bon marché pour trouver la force de décoller de son mur et de parader sur son trottoir.

Il s'était convaincu que le premier client serait le plus difficile, qu'après il retrouverait ses marques, ses habitudes, et qu'il ferait son boulot sans rien ressentir de particulier, comme avant. Il avait forcé les muscles de son visage pour afficher un sourire aguicheur en énumérant ses tarifs alors qu'il avait envie d'envoyer se faire foutre le quadragénaire qui s'était garé devant lui. Il avait contenu la bile qui lui remontait dans la gorge alors qu'un sexe érigé s'engouffrait entre ses lèvres.

Il avait serré les dents quand des mains brutales l'avait saisi par les hanches, retenu un hurlement d'agonie désespérée quand une barre de chair l'avait pénétré sans somation. Le visage écrasé contre le mur de brique, il avait caché sa souffrance pendant qu'un autre que Naruto le pilonnait abruptement. Quand son client était parti, il avait eu besoin d'un fix, espérant y oublier cette impression de trahir son pyjamaphile saletéophobe et cette sensation de salissure qu'il ressentait partout sur lui.

Ce qu'il n'avait pas anticipé, ce qu'il s'était forcé à ne pas anticiper, était pourtant arrivé : la suite avait été pire. Si le premier client fut un calvaire, le second pire encore, le troisième fut un véritable enfer. C'était pourtant des hommes pas trop mal et avec des désirs simples : fellation, enculade... très classique en somme. Le genre de demandes qu'il trouvait habituellement reposantes.

Pourtant il était là, dans cette venelle, à genoux devant une flaque de vomissures indéfinissables, des hoquets douloureux lui tordant encore les tripes. Le constat était simple : il n'arrivait plus à faire son boulot. Baisser son pantalon était devenu aussi difficile pour lui que faire un pas pour un cul-de-jatte. Mais il n'avait pas le choix, s'il ne faisait pas son chiffre d'affaire cette nuit, Hidan le lui ferait payer, et il n'y tenait pas. Ce fut la peur de la punition que lui ferait subir son mac qui le remit sur ses jambes. Taka retourna sur son bout de trottoir comme un condamné allant à l'échafaud, le teint légèrement verdâtre et le cœur au bord des lèvres.

Des phares trouèrent l'obscurité de la rue et les jeunes prostitués paradèrent, essayant d'attirer le chaland. Jûgo fronça les sourcils en voyant Taka faire son manège habituel avec l'entrain d'une limace en plein désert. La bonne humeur que le brun avait affichée depuis son retour de week-end le matin même s'était littéralement envolée quand il était venu le chercher à moto pour l'emmener ici. Et pour cause...

Un simple coup d'œil à Suigetsu et Karin lui avait confirmé que le pire était arrivé : Taka était tombé amoureux de son beau blond bizarre. Et ils ne pouvaient rien faire pour aider leur ami, rien à part essayer de limiter la casse et ramasser les morceaux brisés. La seule chose que Jûgo espérait c'était que le blond était honnête et qu'il ne laisserait pas tomber Taka comme un mouchoir usagé après ça. Si cela se produisait, il se chargerait de le faire souffrir au moins autant que souffrait maintenant celui qu'il considérait comme un petit frère.

Taka précéda l'homme à la peau basanée dans sa venelle et prit son ton le plus séducteur pour lui demander ce qu'il voulait. Retenant tant bien que mal sa nausée, il s'agenouilla devant son client et ouvrit le jean sombre de celui-ci. Ses yeux s'agrandirent en voyant la taille du sexe, encore au repos, dont il allait devoir s'occuper. Bordel ! Jamais il n'en n'avait vu de si grand ! Et pourtant dans ce domaine, il en avait vu de toutes les tailles et de toutes les couleurs.

Prenant sur lui pour ne pas s'enfuir en courant, Taka ouvrit la bouche autant que nécessaire pour enfourner le sexe imposant. Il crut s'étouffer plusieurs fois quand il prit plus d'ampleur entre ses lèvres, envahissant toute sa cavité buccale. Ses mouvements étaient lents et prudents : il avait déjà la nausée et il ne tenait pas à risquer de vomir à nouveau. Ce type n'avait pas payé pour ça et certainement qu'il n'apprécierait pas.

Mais le consommateur ne semblait pas de cet avis. Taka se retrouva soudain le nez collé dans une toison pubienne brune, le sexe érigé de son client enfoncé en son entier dans sa bouche. Il était sûr qu'il allait lui ressortir par la nuque ! Il fallut au jeune prostitué toute sa concentration pour respirer et surtout, surtout ne pas vomir. Incapable de faire autre chose que ça, Taka subit en silence les déhanchements brutaux qui lui écrasaient la tronche sur le bas ventre de ce mec trop bien monté pour lui.

Quand son intimité fut écartelée par le plus gros sexe qu'il ait jamais vu Taka se mordit les lèvres jusqu'au sang pour ne pas hurler de douleur. Le dos écrasé sur le mur de brique, il leva les yeux au ciel, cherchant à se déconnecter de cette réalité qu'il ne supportait plus. Ses orbes sombres se vidèrent de toute vie alors que son esprit s'envolait comme un aigle dans un ciel azur et limpide. Son corps n'était plus qu'une poupée sans vie qu'un inconnu anonyme abusait sans douceur dans une venelle sale et puante.

Taka fût ramené sur terre quand son client le relâcha pour se rhabiller, ayant fini son affaire.

- Tiens ! T'as le cul le plus étroit que j'ai jamais connu. Je reviendrai, lança le type avant de partir non sans avoir payé le prostitué.

Le brun ne répondit même pas. Il reviendrait ? Grand bien lui fasse ! Il n'en avait strictement rien à foutre. Qu'il fasse ce qu'il veut, du moment qu'il payait. C'était bien à ça que servait les putes, non ?

Péniblement, Taka se rhabilla, rangea son salaire dans sa botte et en sortit une clope qu'il alluma d'une main tremblante. S'aidant du mur pour mettre un pied devant l'autre, il rejoignit son bout de trottoir, s'encourageant mentalement pour faire ce qu'il devait faire : le tapin. La nuit fût longue et douloureuse. Les clients qui se succédèrent augmentant un peu plus à chaque fois son mal-être et ses nausées. Cette sensation d'être à chaque fois un peu plus souillé...

Quand il s'étala enfin sur son matelas miteux, le brun n'était plus qu'une loque vidée de toute énergie. Hidan n'avait rien dit sur sa recette, et dés que le mac avait eu le dos tourné, il s'était précipité dans sa venelle pour vomir encore une fois. Son stock de poudre avait grandement diminué durant la nuit, et il devrait le renouveler dés demain. Mais peu lui importait, il n'aurait jamais pu tenir toute la nuit sans ses fix à répétition. Se convaincant que le pire était passé, et que demain serait un meilleur jour, Taka s'endormit, ignorant les regards inquiets de ses colocataires posés sur lui.

Quelques heures plus tard, le jeune homme arpentait les rues touristiques à la recherche de pigeons pour leur refourguer ce qu'il avait piqué à l'hôtel et à ses clients de la veille. Il ne lui fallut pas longtemps pour se débarrasser de sa camelote, mais malheureusement le fruit de son butin ne suffirait pas à payer sa dose de poudre. Désabusé mais résigné, il guetta les regards lubriques posés sur sa personne.

L'avantage de tapiner en journée loin de son trottoir, outre le fait qu'Hidan n'en sachant rien l'intégralité de son salaire lui revenant de droit, s'était qu'il pouvait faire le difficile et choisir ses clients. Il n'avait pas vraiment envie de faire des heures sup, mais là il avait vraiment besoin de sa blanche pour tenir, et du fric pour l'acheter. Il finit par trouver un jeune homme d'une vingtaine d'années, apparemment propre sur lui, qui le détaillait sans vergogne.

D'un pas chaloupé Taka s'approcha de son futur client, jusqu'à être suffisamment proche pour n'être entendu que de lui.

- Si tu veux je peux te faire du bien, beaucoup de bien. Je ne prends pas cher en plus, souffla-t-il d'une voix chaude.

Les yeux du jeune homme ainsi abordé scrutèrent la silhouette fine mise en valeur par un pantalon rouge très moulant et un débardeur noir.

Pour finir de convaincre sa proie, Taka joua avec son piercing lingual, ce qui marcha plutôt bien s'il en croyait la lueur lubrique qui s'alluma dans les yeux marrons de son vis-à-vis. Ce dernier hocha la tête et emboîta le pas au brun qui les mena jusqu'à une impasse sombre et étroite. Caché par une benne à ordures, le prostitué entreprit de satisfaire son client, s'agenouillant devant lui pour le sucer.

L'odeur qui émanait du conteneur près d'eux accentua la nausée qui le tenaillait depuis qu'il avait abordé le type face à lui. Quand le sexe dont il devait s'occuper sortit de sa prison de tissu, Taka leva un sourcil surpris. C'était quoi cette forme ? Un sifflet ? S'il soufflait dedans ça ferait quel genre de bruit ? Bon, ce n'était pas le moment de se poser ce genre de question, même si elle était tout à fait pertinente. Il était là pour gagner sa croûte et pas pour établir le profil médical de l'artillerie qui lui permettrait de se payer sa drogue.

Taka mit tout son professionnalisme à l'œuvre pour donner du plaisir à son client. Il relâcha finalement le sexe devenu rigide pour le couvrir d'un préservatif. Ses yeux s'écarquillèrent devant l'aspect pour le moins inhabituel de la bite devant lui. Le bout de celle-ci était complètement difforme et faisait penser à un chou-fleur. Taka craignit un instant que cela ne rentre pas dans la protection de latex, mais fut vite rassuré quand il réussit à la mettre dedans sans grosses difficultés.

Il ne fallu pas longtemps à son consommateur pour l'enculer profondément, ses coups de hanches l'écrasant contre la benne à ordure. Entre les odeurs putrides et ce dégoût de lui-même qui lui vrillait les entrailles, Taka ne put retenir la bile qui lui monta dans la gorge et ce fut en essayant d'être le plus discret possible qu'il vomit dans le conteneur pendant que le type se déhanchait toujours derrière lui.

Le prostitué accueillit avec soulagement le râle étouffé qui lui signifia la fin de cette étreinte vomissible. Son client repartit après l'avoir payé, le laissant seul dans cette impasse sordide et puante. Comptant son magot, Taka soupira de dépit en constatant qu'il n'avait pas encore assez pour sa poudre. La mort dans l'âme, il repartit en quête de nouveaux pigeons à détrousser d'une manière ou d'une autre. La vie était rude et ne faisait pas de cadeaux aux laissés pour compte comme lui nés sous une mauvaise étoile.

Il se força à ne pas penser à Naruto, à sa douceur, sa tendresse, son odeur, ses bras forts et rassurants. S'il commençait à y penser maintenant, il n'aurait pas la force de retourner sur son trottoir ce soir. Il devait tenir, tenir jusqu'à vendredi soir. Vendredi soir, Naruto viendrait le chercher; vendredi soir, il quitterait pour un temps cette existence sordide. Vendredi soir, il retrouverait son amant, celui dont il était amoureux, le seul qui pouvait le toucher sans le dégoûter, le seul qui le regardait comme un être humain et non pas comme une poupée gonflable sans la moindre valeur. Il devait tenir jusque là... par n'importe quel moyen...

Il devait faire sa semaine comme d'habitude, et vendredi il pourrait tout oublier dans les bras de son beau blond bizarre. On était mardi, plus que trois jours, trois petits jours... cela lui semblait pourtant être une éternité. Taka leva les yeux au ciel, priant tous les Dieux qui puissent exister de lui donner la force nécessaire pour survivre tout ce temps. Un ricanement amer lui échappa : les Dieux, s'ils existaient, devaient l'avoir oublié depuis longtemps. Aucun risque que ceux-ci se manifestent soudainement parce qu'il l'avait demandé.

Après trois autres passes clandestines, deux dans des toilettes publiques, la dernière dans la voiture du gars qu'il avait levé dans une station service, Taka rendit visite à Sasori. Ce dernier se montra obséquieux au possible, lui donnant du "Mon ange" à chaque phrase et faisant semblant de s'inquiéter de sa consommation devenue bien plus importante qu'avant. Comme si le dealer en avait quelque chose à foutre ! Plus les consommateurs achetaient et plus il gagnait de l'argent, alors faire croire qu'il se souciait de ça était une pure blague !

Taka regagna son bidonville en fin d'après-midi, se détendant en disputant une partie de foot avec les gosses du quartier. Suigetsu et Karin se joignirent à eux et la rue de terre battue retentit de rires joyeux et d'exclamations enthousiastes. C'était un simple moment de détente avant qu'ils ne doivent retourner à leurs boulots respectifs, à leurs clients à qui ils vendraient leurs charmes pour un salaire dont plus des deux-tiers iraient gonfler les poches de leurs macs. Une bouffée d'oxygène avant de replonger dans les miasmes de leurs vies sordides.

~oOo~

Naruto leva les yeux vers le bâtiment blanc aux grandes portes vitrées qui lui faisait face : le poste de police. Il y avait longuement réfléchi. Il avait même appelé son père pour savoir si, parmi ses connaissances, il y avait un membre des forces de l'ordre, lui-même n'en connaissant pas. Par chance, celui-ci connaissait bien l'un des inspecteurs avec qui il avait sympathisé quelques années auparavant. Prenant une grande inspiration pour se donner du courage, le jeune homme blond monta les marches qui menaient à l'entrée.

Arrivé devant le comptoir d'accueil, il salua poliment les deux policiers qui s'y tenaient, l'un d'entre eux lui demandant en quoi il pouvait lui être utile.

- J'aimerai voir l'inspecteur Hatake, répondit Naruto.

- C'est pour déposer une plainte ? s'enquit l'homme en uniforme.

- Euh... non. C'est un peu compliqué à expliquer et je préférerais en parler à lui seul.

Naruto se sentit un peu mal à l'aise sous le regard circonspect du policier. Il n'avait pas particulièrement envie de devoir expliquer plusieurs fois ce qu'il venait dire. Mais sans un mot de plus, son vis-à-vis décrocha le téléphone :

- Inspecteur Hatake ? Un jeune homme souhaite vous rencontrer personnellement. Dois-je vous l'envoyer ?

Le préposé à l'accueil écouta la réponse avant de demander à Naruto :

- Votre nom ?

- Naruto Uzumaki-Namikaze.

- Naruto Uzumaki-Namikaze... Bien. Bonne journée, inspecteur.

Le policier raccrocha avant d'indiquer à l'étudiant :

- Il vous attend dans son bureau. Vous prenez ce couloir, tout au fond, dernière porte à droite.

Naruto sourit à l'homme en uniforme, le remercia et prit la direction indiquée. Arrivé devant une porte en bois sombre porteuse d'une plaque indiquant : Hatake Kakashi, il frappa. Une voix grave l'invita à entrer et il poussa le battant pour entrer dans le bureau. C'était une pièce sobrement meublée, ne contenant qu'un bureau et deux armoires métalliques. L'occupant des lieux avait les cheveux courts, auburn, et un masque chirurgical lui cachait le bas du visage, ne laissant voir qu'un œil noir, l'autre étant camouflé par un cache-œil.

- Bonjour, commença Naruto. Je suis Naruto Uzumaki-Namikaze. Et, je voudrais vous parler.

- Bien sûr, répondit l'inspecteur. Assieds-toi. Tu es le fils de Minato, n'est-ce pas ?

- Oui, c'est lui qui m'a conseillé de venir vous voir, expliqua le blond en prenant une chaise.

- Et en quoi puis-je t'aider ? demanda l'inspecteur tout en observant l'étudiant s'installer sur la chaise de l'autre côté de son bureau surchargé de dossiers.

Naruto se souvenait encore de sa conversation téléphonique avec son père. Il ne lui avait bien sûr pas parlé de Taka, ni du fait qu'il fréquentait régulièrement un prostitué. Prétextant un devoir sur les Droits des détenus, il avait posé des questions à son père sur le sujet, lui demandant au passage s'il ne connaîtrait pas un policier digne de confiance qui accepterait de lui répondre. Minato lui avait alors parlé de Kakashi, un vieil ami en qui il avait toute confiance. Naruto avait noté le nom de l'inspecteur avant de couper court au monologue de son père sur le thème du bon vieux temps avec Kakashi le boute-en-train quand ils étaient à la fac.

Kakashi, alias Le borgne, posa un œil curieux sur le jeune homme blond qui lui faisait face avec un air gêné sur le visage. Que pouvait bien lui vouloir le fils de son ami ? Minato était une vieille connaissance, et par principe il était tout prêt à aider son fils unique, dans la mesure de ses possibilités évidemment. Il se demanda bien quel genre de problème pouvait amener un jeune homme de bonne famille comme lui jusque dans son bureau.

- En fait, c'est un peu compliqué à expliquer, commença Naruto tout en cherchant comment aborder le sujet, se grattant l'arrière du crâne.

Il passa une main fébrile dans ses cheveux avant de planter un regard franc dans celui de son interlocuteur.

- Il y a quelque temps, j'ai rencontré un prostitué. Il s'appelle Taka et, et on a sympathisé. J'aimerais beaucoup l'aider, mais je ne sais pas trop comment faire. Alors je me suis dit que vous, peut-être, vous pourriez faire quelque chose. Ou au moins me dire quoi faire...

L'inspecteur soupira discrètement, il ne s'attendait pas à ça. Comment expliquer à ce jeune homme qu'il ne pouvait pas faire grand chose ?

- Tu sais, je ne pourrais sûrement pas faire grand chose. Il faudrait que tu m'expliques la situation exacte de ton ami, mais je ne peux rien te garantir.

La déception parfaitement visible sur le visage de son jeune visiteur lui pinça le cœur, il n'aimait pas annoncer de mauvaises nouvelles.

Sortir des prostitués de leur trottoir était quasiment impossible, surtout quand ils étaient sous la coupe de mafias locales. Les putes finissaient toujours par replonger soit d'eux-mêmes, soit repris par l'organisation qui les avait enrôlés, quand ils ne finissaient pas tout simplement raides morts après un passage à tabac ou une exécution sommaire. Il connaissait ce scénario par cœur pour l'avoir vu se répéter une quantité incalculable de fois malheureusement.

Peu d'entre eux s'en sortaient, et il fallait une volonté de fer pour réussir à tourner la page. Que ce soit à cause de l'argent facile ou à cause des addictions aux drogue ou bien des organisations qui ramenaient toujours au bercail ceux qui tentaient de leur échapper; les putes retournaient toujours dans les bas-fonds de la ville ou bien quittaient ce monde les pieds devant. C'était la triste réalité contre laquelle les forces de l'ordre ne savaient pas lutter.

- Je ne sais pas grand chose, juste qu'il fait le trottoir dans la rue des embrumes, et que son mac s'appelle Hidan.

- Hidan ? s'étonna Kakashi, son intérêt soudain réveillé.

Ce que le fils de son ami avait commencé à raconter attira toute son attention. Cette histoire pouvait s'avérer intéressante pour son enquête. La rue des embrumes était le fief de l'Akatsuki et si le gigolo acceptait de témoigner, cela pourrait l'aider à mettre l'organisation hors d'état de nuire, apportant des faits avérés au dossier contre l'organisation mafieuse qu'ils traquaient depuis des années.

Un témoignage solide étayerait les charges contre l'Akatsuki, car il était parfaitement conscient qu'à ce jour, il n'avait rien de suffisant pour traîner les têtes pensantes devant les tribunaux. Les hommes de mains qu'ils arrivaient à arrêter n'étaient que du menu fretin qui n'empéchait pas l'organisation de poursuivre ses acticités illicites.

- Et tu sais à quoi il ressemble ? poursuivit-il.

- Oui, répondit Naruto de la colère voilant sa voix. Il est assez grand, les cheveux gris-blancs, un grand manteau noir et des pratiques de barbares. Vous le connaissez ?

- Pas personnellement, non. Mais, j'ai déjà entendu parler de lui.

Oh oui, il avait entendu parler de lui, et pas en bien. C'était l'un des macs de l'Akatsuki. Et de ce qu'il savait, c'était le plus cruel des treize "grands" qui dirigeaient la société criminelle. Si ce Taka était aux mains de ce type, Kakashi le plaignait sincèrement. Pas mal de meurtres macabres et cruels étaient liés à ce criminel qui leur avait échappé jusque là. Les moeurs le connaissaient aussi très bien pour ses activités de souteneur, mais personne n'avait jamais voulu, ni vécu assez longtemps, pour témoigner contre lui, les laissant avec des dossiers bien trop minces pour le traduire en justice.

- Pourquoi crois-tu que je pourrais aider ton ami ? s'enquit l'inspecteur.

Naruto se mordilla les lèvres, hésitant un instant. Il n'était pas assez idiot pour savoir que ce qu'il allait dire était difficilement crédible, surtout qu'il n'avait aucune preuve concrète. Prenant son courage à deux mains, il finit par se lancer :

- Vous vous souvenez de la tragédie Uchiwa, il y a dix ans ?

La question surprit Kakashi, bien qu'il le cachât. Il savait tout ce qu'il y avait à savoir sur le massacre de cette famille, et pour cause... Il connaissait très bien les Uchiwa. Malgré des années d'enquête, il n'avait jamais réussi à mettre la main sur les responsables. Il savait avec une certitude absolue que c'était l'œuvre de l'Akatsuki, son amant et indic le lui ayant confirmé. Mais il n'avait jamais trouvé la moindre preuve. De plus, il ne voyait absolument pas le rapport entre un simple prostitué et cette famille bourgeoise disparue.

- Oui, je me souviens très bien. Mais quel est le rapport avec ton ami ? Il a des infos à ce sujet ?

C'était la seule raison plausible, du moins ne voyait-il que celle-là, pour que le jeune homme lui parle de cet évènement. Un doute l'assaillit quand il vit l'air embarrassé du blond laisser place à une détermination farouche. Un étrange pressentiment lui étreignit le cœur, et il ne fut pas sûr d'avoir envie d'entendre la suite.

Naruto planta un regard franc et direct dans les yeux de l'inspecteur et lâcha :

- Sasuke Uchiwa... Le plus jeune de la famille. Il est vivant. Taka, le prostitué... c'est lui. Taka est Sasuke Uchiwa. Il a survécu.

Un silence de mort s'abattit dans la pièce, les deux interlocuteurs se jaugeant mutuellement. Le blond guetta la réaction de l'inspecteur qui, lui, cherchait la moindre trace de duperie dans les pupilles azurées posées sur lui.

Kakashi se sentit pâlir devant l'absence de doute de l'étudiant qui lui faisait face. C'était impossible ! Totalement impossible ! Sasuke Uchiwa... Non, selon ce qu'il savait, et il en savait beaucoup, c'était impossible que le jeune homme en face de lui dise la vérité. Malgré lui, ce mot lui échappa, soutirant un soupir désabusé à son vis-à-vis.

- Je sais. C'est ce que je me suis dit aussi la première fois que je l'ai vu. Pourtant, je vous jure que c'est lui. Le truc c'est qu'il souffre d'amnésie, il ne se souvient pas d'avoir été Sasuke. Mais c'est lui, c'est vraiment lui. Et je sais pas quoi faire pour l'aider et le sortir de là où il est.

Naruto se doutait que ce serait difficile de convaincre le représentant des forces de l'ordre de la véracité de ses dires. Il y avait longuement réfléchi avant, et avait fouillé minutieusement ses affaires pour trouver quelque chose qui pourrait lui servir de preuve. Il extirpa de sa poche un sachet plastique et le tendit à l'inspecteur.

- Je savais que vous auriez du mal à me croire. Alors je vous ai ramené ça. Ce sont des cheveux à lui. Vous pourriez faire un test ADN dessus, non ? Comme ça, ça prouverait que c'est bien lui ?

Kakashi regarda à travers le plastique qui contenait quelques cheveux noirs assez courts. Il leva les yeux sur le jeune homme et soupesa le pour et le contre. Faire un test ADN était onéreux et son chef ne manquerait pas de lui réclamer une justification. Mais si ces cheveux étaient bien ceux de Sasuke Uchiwa... Grand Dieu... Cela voudrait dire que... Il n'osait pas imaginer tout ce que cela impliquait. Si le fils de Minato disait vrai, il devait en être sûr. Il ne pouvait pas négliger cette piste. Un test ADN serait effectivement le moyen le plus efficace, et si Naruto se trompait et bien il n'aurait plus qu'à cirer les pompes de son chef et à faire des heures sup pour le calmer. Mais le jeu en vallait la chandelle, c'était même un rebondissement inespéré dans son enquête qui s'embourbait...

Devait-il en parler à son amant ? Celui-ci saurait peut-être quelque chose. Non, se morigéna-t-il. Il ne devait pas toucher un mot de cette histoire à Chu tant qu'il ne serait sûr de rien. Et même si les résultats prouvaient que Naruto se trompait sur l'identité du prostitué, il pourrait toujours obtenir des informations supplémentaires en interrogeant ce Taka. Après tout, il était tout à fait possible que ce dernier ait menti au blond dans le but de l'appâter pour le ruiner ou pire... Il était de notoriété publique que les Uchiwa et les Uzumaki-Namikaze étaient très amis avant le drame.

Le jeune homme face à lui semblait convaincu de ce qu'il avançait. Kakashi saisit le sachet de plastique, gardant toujours le silence. Il se perdit en conjectures sur ce que ces cheveux pourraient révéler. Sasuke Uchiwa... Effectivement, le test ADN s'imposait. L'inspecteur ne croyait pas vraiment à cette histoire d'amnésie, mais en même temps, il ne pouvait écarter aucune piste qui lui permettrait de mettre l'organisation mafieuse hors d'état de nuire.

- Vous le ferez ? lança l'étudiant.

Naruto vit l'inspecteur hocher la tête, avant que celui-ci ne reprenne la parole.

- Il faut compter deux à trois semaines pour avoir le résultat. Mais ne te fais pas trop d'illusions...

- Je sais ce que je dis. Sasuke était mon meilleur ami, je le reconnaîtrais entre mille, interrompit le blond d'un ton péremptoire. Il faut que je le sorte de là !

Kakashi ne dit rien, même si lui n'avait pas la même conviction que le jeune homme. Il était partagé entre espérer que ce dernier ait raison et prier pour qu'il ait tort. Quoiqu'il en soit, Taka faisait partie sans aucun doute de l'Akatsuki, il ne fallait pas que le fils de son ami se mêle de trop près à cette histoire. Frayer avec l'organisation n'apporterait rien de bon au jeune homme, c'était beaucoup trop dangereux. Il ne tenait pas particulièrement à retrouver le cadavre de l'étudiant au détour d'une enquête, ni devoir annoncer à son vieil ami Minato que son fils unique était mort pour une histoire de prostitution.

Kakashi savait à quel point il n'était pas bon de trop s'attacher à un prostitué, il avait vu trop de gens souffrir de ce genre de relation. Au final, ils finissaient les poches vides et le cœur en miette alors que l'objet de leur affection irraisonnée continuait à arpenter le trottoir. Combien de gens, pleins de bonnes intentions, avait-il vu se faire rouler dans la farine ou assister impuissants à la rechute de ceux qu'ils voulaient aider à tout prix… quand ça ne se finissait tout simplement pas au cimetière pour tout le monde…

Aussi prit-il un air sévère pour s'adresser à son vis-à-vis :

- Tu veux aider ton ami, n'est-ce pas ?

- Oui. Je ferai tout pour ça ! lança le blond d'un ton péremptoire qui ne l'inquiéta que davantage.

- Tu le vois souvent ?

- Presque tous les week-ends.

Kakashi retint un soupir désabusé, craignant soudain que son intervention n'arrive trop tard, beaucoup trop tard.

Il planta son œil unique dans le regard azur du jeune homme bien trop jeune pour mourir.

- Ok. Je ne te ferai pas la morale ou quoi que ce soit d'autre, mais fais attention. Ton ami est aux mains d'une organisation criminelle très dangereuse, et très puissante aussi malheureusement. Alors surtout, sois prudent. Ne l'emmène jamais chez toi, ne lui donne aucune info personnelle et si tu as des ennuis, viens me voir aussitôt ou appelle moi.

Le ton autoritaire de l'inspecteur n'impressionna nullement Naruto qui se contenta de le fixer sans mot dire. Au bout de quelques secondes de silence, il se leva de sa chaise, tendit une carte de visite à son interlocuteur, et se dirigea vers la sortie.

- S'il vous plaît, téléphonez-moi dès que vous aurez les résultats. Et ne vous inquiétez pas, je sais ce que je fais. J'avais déjà compris qu'il y avait une sorte de truc mafieux derrière tout ça. Mais j'ai confiance en Sasuke, il ne me trahira pas.

Kakashi se frotta le front. Le fils de son ami semblait avoir hérité du caractère déterminé de celui-ci et de sa femme, et ça non plus ça n'allait pas lui simplifier les choses.

- Je te tiens au courant. On verra ensuite comment faire pour sortir ton ami de là. Mais souviens-toi, je ne peux rien te garantir. D'ici là, fais bien attention, et appelles moi en cas de problème, lui dit-il en lui donnant à son tour une carte de visite. Surtout, ne joue pas au héros car ça pourrait te coûter très cher.

Non, Kakashi n'avait aucune envie de retrouver le jeune homme réduit à l'état de cadavre. L'étudiant n'avait aucune idée de ce dans quoi il s'était embarqué et l'inspecteur conclut que moins il en saurait, mieux ça vaudrait.

A voir son air si décidé, en savoir trop long ne ferait que le pousser encore plus à aider ce prostitué. Et Dieu seul savait ce qui pourrait bien lui passer par la tête pour sortir la pute en question de son trottoir. La menace d'une organisation mafieuse dangereuse ne serait pas suffisante pour le dissuader de venir en aide à son ami qui gagnait sa vie de cette manière. Et Kakashi était prêt à parier que l'ami en question devait bénéficier du panel complet d'addictions propre à son "métier". Il serait bien capable de vendre le fils de Minato à l'organisation pour quelques billets ou bien un sachet de drogue quelconque.

Sur ces mots, Naruto quitta le bureau, laissant derrière lui un Kakashi plus qu'inquiet. L'inspecteur avait un mauvais pressentiment. Il espérait de tout cœur que cette histoire se terminerait bien, mais rien n'était moins sûr. Si Sasuke Uchiwa était bel et bien ce Taka, alors les choses allaient devenir infiniment plus compliquées qu'elles ne l'étaient déjà. En se dirigeant vers le laboratoire, il réfléchit à la possibilité de faire de Taka un témoin clé pour faire enfin tomber cette foutue organisation.

Il faudrait aussi qu'il discute avec Chu pour que ce dernier essaye d'en savoir plus sur ce Taka, et qu'il soit vigilant s'il entendait parler d'une action entreprise contre les Uzumaki-Namikaze. Il ne souhaitait pas que la tragédie Uchiwa se renouvelle, vraiment pas. Il pria pour que Naruto n'ait pas l'idée stupide de défier, d'une manière ou d'une autre, une organisation aussi puissante. Et il espérait que ce Taka était honnête et ne menait pas le blond par le bout du nez. Même si là, il avait de très sérieux doutes...

To be continued...


Commentaires des auteures :

Ce serait si simple s'ils n'étaient qu'eux deux ! Mais d'autres gravitent autour d'eux et il faut bien en tenir compte. Taka découvre sa sexualité au passage et il est du genre à avoir envie n'importe quand ! Petite dédicace à toutes celles et ceux qui aiment Le seigneur des anneaux... on espère que les remarques plus ou moins constructives sur le sujet vous ont plu.


Bureau des plaintes et des personnages martyrisés :

La porte de l'antre des deux auteures s'ouvre avec fracas alors qu'une voix puissante retentit :

- Comment ça, je suis juste à la hauteur ! Moi, un nain ! Avec un oreilles-pointues ! C'est un blasphème !

Les deux auteures surprises, regardent partout autour d'elles à la recherche de l'origine de cette voix d'outre-tombe.

- Qui nous parle ?

Entre alors un jeune homme blond à la beauté renversante et aux oreilles d'elfe. D'un ton placide, il s'adresse aux deux demoiselles :

- Plus bas, mes gentes dames.

Baissant les yeux, les deux fanfickeuses voient alors Gimli dans toute sa splendeur de nain.

- Gimlinouchet... tu as encore oublié ton marchepied, dit tranquillement Légolas en déposant une caisse renversée au sol.

- Oh toi, ça va, hein ! Ces deux folles ont l'air de croire que c'est moi le Uke... Je replaçais juste les choses dans le bon ordre.

Les deux gentes dames pas vraiment convaincues par les paroles de la personne, seule représentante dans la pièce des gens de petite taille dans la pièce, se tournent tout de même vers les lecteurs.

- Si vous nous laissez une review, on demandera à Gimli et Légolas de prouver leurs dires. Sinon on vous préviens, notre prochain OS hors fandom Naruto ce sera du Gimli/Legolas ! Alors, review ?


Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 15 : Aimer fait souffrir.

Le sablier du temps s'écoule et Taka lutte… Aimer un blond déterminé sera-t-il son salut ou creusera-t-il sa tombe ?

Toutes nos excuses à nos lecteurs pour ce délais dans la publication… Mais ne vous inquiétez pas, l'aventure de Taka continue malgré les retards intempestifs… Merci pour votre patience.