Avertissement : Scènes à caractères sexuels plus ou moins glauques et scènes de violences dans ce chapitre. Si vous ne voulez pas les lire, sautez les passages commençant et finissant par des mots en gras. Attention : présence d'une scène de sexe entre un homme et une FEMME ! On prévient parce que dans une fic Yaoi, ça peut en choquer certains, donc voilà vous êtes prévenus.

Bonne lecture.

Yzan et Lili.


~15. Aimer fait souffrir. ~

La réunion se termina et les membres les plus importants de l'organisation quittèrent la salle un à un. Seul Hidan resta sur sa chaise, n'esquissant pas même un geste pour sortir. Voyant cela, Madara attendit que la porte soit refermée et qu'ils soient seuls pour lui demander :

- Tu as quelque chose à me dire, Hidan ?

- Oui.

D'un geste, le chef de l'Akatsuki signifia à son subordonné qu'il avait toute son attention.

- C'est à propos de Taka, commença le mac. Vous m'aviez dit de vous faire part du moindre truc suspect le concernant.

- Effectivement, approuva Madara. Tu connais les raisons pour lesquelles je le tiens particulièrement à l'œil. C'est bien pour ça d'ailleurs que je te l'ai confié.

Hidan tourna la tête pour croiser le regard de son supérieur hiérarchique. Oui, il connaissait les raisons de ce dernier et c'était justement pour ça qu'il était là en tête à tête avec lui. Il acquiesça et reprit :

- Depuis quelques temps, il a un régulier. Ce mec vient le chercher presque tous les vendredi soirs et le ramène le lundi matin.

Les sourcils du chef criminel se froncèrent. Un régulier ? Ce n'était pas le seul que Taka avait, si sa mémoire était bonne. Mais c'était bien le premier qui le prenait aussi longtemps. Serait-il possible que... Préférant taire ses interrogations tant qu'il n'avait pas toutes les données, Madara écouta la suite du discours de son mac le plus rentable et le plus cruel. C'était l'une des raisons pour laquelle il avait confié Taka à Hidan. Celui-ci ne manquait jamais de rappeler au jeune homme où était sa place. Et il tenait tout particulièrement à ce que Taka n'oublie jamais où était sa place et y reste bien sagement.

- Il paye bien, rubis sur l'ongle même, toujours en avance et en liquide. Et ce quelque soit le tarif, poursuivit Hidan. Mais, je trouve que ça ne réussit pas à Taka. Il est moins concentré sur son travail en semaine et il n'attire plus autant les clients. Il fait toujours sa recette, il est toujours aussi rentable ce gosse. Mais, y'a un truc qui va pas. Et j'arrive pas à savoir quoi au juste. Par contre, je suis sûr que ça a un rapport avec son nouveau régulier.

- Et sais-tu à quoi il ressemble ce régulier ? s'enquit Madara.

Il n'avait aucune raison de s'inquiéter n'est-ce pas ? Ils avaient bien bossé avec Taka et il n'avait pas à craindre que le jeune homme ne se retourne soudainement contre eux.

- Oui. Il est blond aux yeux bleus; et riche, très riche. Il a une voiture orange vif et un rottweiller. Il l'amène parfois quand il vient chercher Taka. Par contre, je ne connais pas son nom.

Le chef de l'organisation réfléchit à la meilleure façon de procéder. Taka lui était précieux. Il avait besoin de lui, sinon en bonne santé, au moins en vie. Et surtout, sous sa coupe et parfaitement manipulable. Pas question qu'un bourgeois quelconque lui enlève sa pute préférée ou lui insuffle des désirs de liberté qu'elle n'avait plus depuis longtemps, résignée à son sort. Taka devait rester sur son trottoir. Si ce type ne lui réussissait pas, autant s'en débarrasser. Le jeune homme lui rapportait bien assez sans cela.

- Fais lui peur, trancha-t-il. Cela suffira à le faire fuir.

- Et si ça ne suffit pas ?

Les deux hommes se regardèrent fixement, les yeux de Madara se durcirent et il répondit d'une voix froide et glaciale :

- Alors on avisera. Ouvre tes yeux et tes oreilles. Essaye d'en savoir plus sur ce type. Et tiens-moi au courant.

Hidan hocha la tête avant de se lever pour quitter la pièce. Il devait rencontrer quelques hommes de mains qu'il chargerait de transmettre le "message" au régulier de Taka. Un sourire cruel étira ses lèvres. Il n'aimait rien tant que faire comprendre à sa "Blanche-neige" que rien ne le sortirait de sous sa coupe, pas même un riche client.

~oOo~

- Allez Naruto, te fais pas prier ! Ça fait des plombes qu'on s'est pas fait une soirée en boîte !

Naruto soupira devant le regard suppliant de Sakura et d'Ino. Les deux jeunes filles s'étaient mises en tête de le faire sortir ce soir-là et le tannaient depuis la veille.

- J'ai plein de devoirs à faire et des cours à réviser, tenta-t-il.

- Mais tu as tout le week-end pour le faire ! répliqua la blonde.

- J'ai des trucs prévus ce week-end, répondit Naruto. Je n'aurai pas le temps, c'est pour ça que je voulais faire ça ce soir.

- Tu vas encore passer ta fin de semaine avec ton amoureuse ? s'enquit Sakura, un sourire malicieux étirant sa bouche légèrement maquillée.

- Son amoureux, plutôt, marmonna Kiba à côté du blond.

Heureusement pour Naruto, il fut le seul à l'entendre. Il secoua la tête et expliqua à ses amies que ses parents revenaient passer quelques jours au pays et qu'ils arrivaient le lendemain soir. Mais les jeunes filles ne lâchèrent pas l'affaire. Elles connaissaient Naruto depuis l'enfance et il n'avait jamais su mentir. Comme tous leurs amis, elles avaient remarqué que le blond était plus distant avec eux, passant moins de temps qu'avant en leur compagnie et inventant chaque fois des excuses plus ou moins crédibles pour esquiver leurs traditionnelles sorties de fin de semaine.

Si elles ignoraient à quoi s'en tenir au juste, elles savaient grâce à Gaara et Shikamaru que Naruto ne passait pas ses week-ends seul. Le comportement plus distant de leur ami les inquiétait. Pourquoi ne leur parlait-il pas de ses problèmes, s'il en avait ? Il avait toujours été là pour elles, les soutenant, les écoutant, les consolant, faisant tout pour qu'elles gardent le sourire. Elles voulaient l'aider, mais pour ça il fallait qu'elles connaissent le fond du problème.

Les deux amies avaient donc pensé à une soirée en boîte. Naruto ne tenait pas l'alcool et il suffirait d'un verre ou deux pour le faire parler. Et puis elles avaient envie de passer du temps avec lui, tout le groupe réuni, comme il n'y avait pas si longtemps. Peut-être cela suffirait-il à rendre le sourire à leur ami. Mais pour ça, il fallait qu'il accepte de venir. Voyant que leurs efforts ne donnaient rien, elles décidèrent de passer à une autre méthode : la menace.

- Je te préviens, si ce soir tu n'es pas à vingt heures devant le restau, je viendrai te chercher moi-même.

Naruto déglutit difficilement, la voix devenue sévère et grondante de Sakura le prévenant que la jeune fille aux cheveux roses mettrait sa menace à exécution. Et il savait parfaitement à quel point elle pouvait devenir violente quand elle s'énervait.

- Oui, et je l'accompagnerai, renchérit Ino, une lueur meurtrière au fond des yeux.

Une sueur froide coula dans le dos de Naruto devant l'air dangereux de ses deux amies. Un coup d'œil au reste de la tablée lui apprit qu'il n'aurait le soutien d'aucun de ses autres amis, ceux-ci semblant partager le point de vue des deux demoiselles. Soupirant de dépit, il rendit les armes et promit qu'il viendrait. Il espérait juste que Taka ne dirait rien s'il révisait durant leur week-end.

Ses pensées dérivèrent, comme souvent, vers le brun. Il avait hâte de le revoir, de pouvoir le serrer dans ses bras, de s'assurer qu'il était sain et sauf. Le savoir sur le trottoir le révulsait, mais pour l'instant il ne pouvait rien faire de plus. Il espéra que l'inspecteur Hatake était aussi digne de confiance que le disait son père et qu'il pourrait l'aider à sortir son compagnon de sa situation plus que problématique. Il n'avait rien trouvé d'autre pour le sortir de là...

Tout en finissant son repas et écoutant d'une oreille peu attentive la conversation de ses amis, Naruto repensa à tous ces moments qu'il avait partagés avec Taka. Il s'aperçut soudain qu'il ne l'avait jamais vu danser. Il fallait absolument qu'il l'emmène en boîte ce week-end, juste pour voir comment le brun se débrouillait sur une piste de danse. Et puis il pourrait se coller à lui, bouger au rythme de la musique, son corps tout contre le sien. C'était une excellente idée et rien que d'y penser, un sourire étira le coin de ses lèvres. C'était sûrement une chose que Taka n'avait jamais fait non plus.

Les lumières jouant sur la peau pâle et les cheveux noirs de Sasuke, la silhouette mince se déhanchant sur des sons électro, les remarques cyniques et moqueuses du brun sur les autres danseurs, tout ceci il l'imaginait parfaitement. Naruto retint un soupir désabusé quand il croisa son reflet dans la vitre : ses yeux brillants et son sourire en coin lui donnaient l'air complètement idiot. Avec une tête pareille difficile de nier qu'il était amoureux.

Le groupe d'amis se leva et quitta la cafétéria dans un grand bruit de chaises raclant le sol et de conversations amicales. Sai salua des camarades de cours en passant devant leur table, ces derniers lui répondant avec des sourires plus ou moins grands. Les portes battantes se refermèrent derrière le groupe, le brouhaha ne diminuant pas pour autant dans le réfectoire plein d'étudiants qui déjeunaient.

Les jeunes gens que Sai avait salué reprirent leur conversation là où elle s'était interrompue, chacun organisant la soirée à venir.

- Donc on mange chez moi et après on va en boîte ? demanda un jeune homme aux cheveux châtains.

- Hn...

La réponse monosyllabique de son voisin fit sourire les autres qui approuvèrent d'un hochement de tête unanime.

- Tes parents ne diront rien, Akira ? s'inquiéta une demoiselle aux cheveux roux clairs.

- Non. Ils sont chez des amis ce soir, répondit platement Akira.

Son amie lui fit un sourire éclatant avant de se pencher vers lui, s'arrangeant pour bien mettre en valeur sa poitrine.

- Une sortie en boîte, c'est cool. Tu danseras avec moi, hein dis ?

Akira soupira doucement avant de rétorquer d'un ton glacial :

- Sayuki, t'es chiante.

Une moue boudeuse déforma la bouche outrageusement maquillée de sa soupirante et le jeune homme retint un énième soupir. Il se savait beau et, s'il appréciait cet état de fait, il déplorait l'effet que cela avait sur les filles de son entourage. Depuis sa plus tendre enfance, il était poursuivi par un fan-club acharné et ça lui pesait.

Malgré ses nombreuses brimades, les membres de son fan-club ne diminuaient pas, bien au contraire. Au fil des ans, ils étaient de plus en plus nombreux et variés, certains garçons venant même grossir les rangs. Sayuki était l'une de ses plus récentes soupirantes. Il avait bêtement accepté de sortir avec elle le temps d'une soirée et depuis elle ne le lâchait plus, criant partout qu'ils étaient fiancés. Fiancés ? Quelle blague ! Ils avaient juste couché ensemble une fois, une seule, et vu les cris qu'elle poussait il n'était pas prêt de retenter l'expérience. Il ne tenait pas à devenir sourd, merci bien.

Lui préférait quand ses partenaires d'une nuit, jamais plus, il ne voulait pas d'attachement, étaient silencieuses. Rien ne l'exécrait autant que les vagissements de plaisir que certaines de ses conquêtes semblaient se croire obligées de vocaliser. Et s'il n'était pas très regardant sur l'origine de ses coups d'un soir, Akira comptait bien épouser une femme venant du même milieu que lui : bourgeois et riche ! Bien éduquée et discrète, ce serait parfait.

Ses parents étaient dans les affaires, il ne s'était d'ailleurs jamais vraiment intéressé à ces dites affaires, et gagnaient plus que confortablement leurs vies. Son père avait l'ambition qu'il reprenne les rênes de l'entreprise familiale, sa mère souhaitait qu'il choisisse la voie qu'il voulait. A l'heure actuelle, Akira n'avait qu'une seule ambition : profiter de sa jeunesse et de la fortune de ses parents. Et il comptait bien en jouir encore longtemps. Le jeune homme aux cheveux courts d'un noir d'encre dont seules deux longues mèches encadraient son visage pâle aux traits altiers étouffa à nouveau un soupir alors que Sayuki lui faisait à nouveau son numéro de charme.

Discrètement, Taka jeta un œil sur la montre bas de gamme de son client pour constater, avec un certain désespoir, que cela faisait dix bonnes minutes qu'il s'échinait à le faire bander. Pas étonnant qu'il ait mal à la mâchoire. Il y mettait pourtant tout son savoir-faire, mais rien n'y faisait. S'il avait su, il n'aurait jamais proposé ses services à ce mec croisé sur le quai du métro. En dix ans de pratique, c'était bien la première fois qu'il mettait autant de temps à obtenir un résultat quelconque.

S'il n'avait pas eu besoin de fric pour payer sa dose de poudre, il aurait planté cet impuissant là, dans la voie désaffectée qui les abritait, son pantalon sur les genoux et la bite à l'air. Mais voilà, il en avait besoin de sa blanche et ce qu'Hidan lui laissait ne lui suffisait pas pour l'acheter. Bien décidé à ériger le sexe récalcitrant, Taka redoubla d'ardeur, joignant ses mains à sa bouche. Il faillit lâcher un cri de victoire quand enfin, enfin ! La barre de chair durcit entre ses lèvres.

Tout en priant pour que son client ne soit pas aussi long à jouir qu'à bander, Taka baissa son pantalon rouge et prit appui sur le mur noirci de saleté en lui tendant ses fesses. Les avant-bras posés sur les briques sales et poisseuses, le prostitué garda la tête baissée pour contenir ses nausées persistantes. Depuis le lundi soir, il avait envie de vomir dés qu'il faisait une passe tant cela le dégoûtait. Il avait hâte que la semaine se termine, vraiment hâte.

- Oh bordel ! Qu'est-ce t'es bon !

L'exclamation assourdie de son client résonna dans le tunnel désert, créant un écho angoissant et lugubre. Taka ne prit même pas la peine de répondre alors que le bassin de ce type claquait déjà contre ses fesses à un rythme soutenu. S'il ouvrait la bouche, il allait vomir c'était sûr ! Son regard se fixa sur ses pieds écartés et le sol noir où couraient encore des rails depuis longtemps inutilisés.

Une vibration dans sa botte lui indiqua qu'il avait reçu un message et Taka sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Naruto... Il n'y avait que lui qui pouvait lui envoyer un texto à cette heure-là, Jûgo, Suigetsu et Karin sachant eux parfaitement à quoi il occupait ses après-midi... Enfin croyant savoir. Il n'était pas allé se vanter de ses activités clandestines devant ses amis. Ceux-ci se faisaient déjà bien trop de souci pour lui sans qu'il aille en rajouter une couche.

Priant pour que son client en finisse rapidement, Taka serra les fesses au rythme des déhanchements de celui-ci. Ses yeux baissés tombèrent sur son sexe mou qui se balançait entre ses jambes écartées et il eut une pensée émue pour son beau blond bizarre, le seul capable de le faire réagir. Toute la semaine, Popol était resté aussi mou et aréactif qu'auparavant, à croire que le week-end était le seul jour de travail de mini-Taka. En voilà un qui avait bien de la chance.

- Haaannn... Ouiiiii...

Le cri, digne des plus grandes cantatrices, éclata dans son dos, signe auditif immanquable de la jouissance de son client. Ce dernier se retira et se rhabilla avant de tendre au prostitué son dû en lui disant :

- Tiens, tu l'as bien mérité. Tu es le premier depuis des années à avoir réussi à me faire bander. Ça mérite bien un supplément.

Et ben au moins il était pas radin celui-là, pensa Taka en comptant sa paye chèrement acquise. Il détendit les muscles endoloris de sa mâchoire, en découvrant certains dont il ne soupçonnait même pas l'existence. C'était vraiment possible d'avoir des crampes aux dents du fond ? Avec un soupir désabusé, Taka décida d'abandonner ses questions existentielles pour l'instant et de se concentrer sur quelque chose de plus réjouissant, du moins l'espérait-il : son portable.

Sur l'écran rétro-éclairé s'affichèrent ces quelques mots :

" Tu sais danser ? N."

Amusé, le brun tapa rapidement la réponse :

" Pourquoi ? Tu m'emmènes au bal ?".

Sans lâcher des yeux son téléphone, il sortit de sa botte une clope qu'il alluma, la flamme de son briquet éclairant l'obscurité environnante. Son pouls se précipitait dans ses veines comme celui d'une collégienne, sa passe déjà oubliée. Il avait hâte que ce fichu vendredi arrive, on était Jeudi et c'était long...

" Peut-être. Je t'achèterai une robe. Tu préfères quoi : rose à dentelle ou bleue à volants ?"

" En cuir rouge et ultra-moulante ! Je suis une femme fatale, pas une princesse !"

" Chiche !"

" Dans tes rêves, crétin."

" Dans mes rêves, tu es beaucoup moins vêtu. Et ne m'appelle pas crétin, crétin."

" Pervers !"

" Héhé... Tu me manques."

" Idem."

" A demain."

" A demain."

La conversation par textos interposés déclencha une vague de tendresse dans le cœur du brun, qui sourit doucement. Oui, ce crétin de Monsieur pâte de ramen lui manquait. Il donnerait tout pour ne plus avoir à quitter l'enclave aimante et rassurante de ses bras. Hélas, les choses ne pouvaient pas être ainsi. Ni maintenant, ni jamais. Il le savait. Ça se finirait forcément mal toute cette histoire, du moins pour lui. Mais il allait profiter de chaque seconde… d'ici là.

Alors qu'il quittait le tunnel désaffecté, Taka croisa une jeune femme en robe rouge. Il la détailla discrètement, retenant un ricanement amusé quand il s'imagina dans une telle tenue. Non vraiment, ça ne lui irait pas du tout. Il aurait juste l'air complètement ridicule. Les mains dans les poches, il arpenta les couloirs du métro tout en se demandant où son amoureux comptait l'emmener danser. Déjà, mille scénarios s'élaborèrent dans sa tête, son amant totalement imprévisible, et lui bien loin des considérations de ces bourges qui ne pensaient qu'à s'amuser.

Pourvu que ce ne soit pas un bal quelconque où on ne dansait que des danses de couple, valses et autres du même genre. Parce que si se dandiner sur des airs électro-pop ne le gênait pas, il ne savait absolument pas faire autre chose que ça : se dandiner. Dans son bidonville, les seules musiques qu'on entendait étaient celles que diffusaient les postes de radio, pas des grands classiques. Si Naruto l'emmenait valser, il se retrouverait avec les pieds écrabouillés.

Le bruit du métro entrant en gare le sortit de ses pensées musicales. Taka se faufila rapidement à travers les portes et se trouva une place dans la rame. C'était l'heure de pointe et toutes les places assises étaient prises. S'accrochant à une barre pour ne pas tomber, le jeune homme allait repartir dans ses suppositions sur le programme de fin de semaine quand une main lui caressa le cul avec insistance. Dans la vitre qui lui faisait face, il croisa le regard lubrique d'un homme d'environ quarante ans, vêtu d'un costume cravate.

L'homme se pencha à son oreille, se collant contre son dos par la même occasion, et lui souffla :

- T'as un cul hyper bandant...

Taka se força à faire un sourire aguicheur malgré sa nausée qui revenait en force, et répondit :

- Si tu veux en profiter, faut payer chéri.

- Combien ?

- Cinquante la fellation, quatre-vingt l'enculade et cent vingt les deux. Payable d'avance. Préservatif obligatoire.

La main qui lui caressait les fesses se fit plus insistante encore. Taka ne bougea pas d'un iota, attendant la réponse de son futur consommateur. L'homme se colla à son dos, frottant son érection contre le cul du jeune homme. Jetant un coup d'œil autour de lui, Taka constata que la rame était tellement bondée que personne ne risquait de voir quoi que ce soit s'ils décidaient de faire ça ici même. En plus, il était dans un angle et il tournait le dos au reste des passagers.

- Une enculade, ici et maintenant, souffla l'homme en costume propret.

- Dans ce cas, je prends un supplément pour le lieu public. Donc ça fera cent, répondit placidement le prostitué.

Il sentit plus qu'il ne vit un billet être glissé dans sa main. Il vérifia rapidement que la somme correspondait avant de déboutonner son pantalon, laissant ainsi libre accès à son cul pour celui qui allait le consommer sans la moindre gêne. Un lieu public… ça faisait longtemps tiens. La dernière fois c'était un cinéma.

Ses doigts se resserrèrent avec force autour de la barre de fer qui l'empêcha de perdre l'équilibre. Une main conquérante glissa sur ses fesses dénudées, un doigt pénétra sans douceur son intimité, assouplie par sa passe précédente, avant de se retirer; et la voix grave de son chaland résonna à son oreille :

- Bandant et étroit, tout ce que j'aime.

Taka retint une remarque sarcastique et se contenta de glisser un préservatif dans la paume de ce type en costard. Dans le reflet de la vitre, il s'assura que la protection en latex était dûment utilisée. Le sexe érigé le pénétra rapidement, lui soutirant une légère grimace, sa position n'étant pas franchement la plus agréable. Tout en s'assurant que personne ne leur prêtait attention, il ne tenait pas à finir au poste de police, il se cambra un peu plus pour faciliter les choses à son consommateur.

Son client se déhancha en lui lentement et profondément, visiblement pas pressé d'en finir, glissant ses mains sous le t-shirt du prostitué pour lui agacer les tétons. Les mouvements de la foule qui montait et descendait à chaque station ne semblait pas gêner l'homme qui soufflait dans son cou. Les doigts de ce dernier se crispèrent soudainement sur ses mamelons et un râle étouffé résonna à son oreille. Toujours discrètement, son client se retira, leur permettant de se rhabiller. Juste avant de partir, il lui glissa :

- Tu viens de réaliser l'un de mes fantasmes et grâce à toi, ma journée semble moins pourrie. Bye bye ! Au plaisir de te recroiser dans une rame un de ces quatre...

Taka ne jugea pas utile de répondre. Sa journée à lui ne faisait que commencer et elle s'annonçait longue, très longue. En plus, maintenant il avait mal aux jambes... Avisant une vieille dame à l'allure inoffensive et sagement assise sur un siège près de lui, il l'aborda :

- Excusez-moi Madame, mais vous descendez bientôt ?

Surprise, la dame âgée lui rétorqua froidement :

- Non.

- Ah d'accord.

Et sans un mot de plus, Taka s'assit sur les genoux de la vieille dame. Voyant l'air plus que choqué de celle-ci, il se justifia :

- Vous comprenez, je descends dans trois arrêts et j'ai mal aux jambes. Alors comme vous descendez pas tout de suite, ça vous gêne pas que je m'assois, n'est-ce pas ?

~oOo~

La musique assourdissante envahissait la boîte de nuit, obligeant les jeunes gens à hurler pour s'entendre. Derrière le comptoir, les barmans servaient des verres à tour de bras aux consommateurs agglutinés devant eux. Sur la piste, des centaines de corps bougeaient au rythme des basses qui sourdaient des enceintes démesurées. L'odeur de sueur se mêlait à celles des parfums et de la bière. Les stroboscopes colorés éclairaient la scène, lui conférant un aspect presque irréel.

Assis sur un canapé, son verre de vodka entre les mains, Naruto riait à gorge déployée devant les pitreries de Kiba et Tenten qui improvisaient une chorégraphie déjantée. A côté de lui, Gaara, Shino, Neji et Shikamaru étaient plongés dans une discussion à bâtons rompus sur un sujet quelconque. Sakura le tira hors de son siège et ils se joignirent au duo de danseurs pour s'agiter sur la musique entraînante.

La boîte de nuit était pleine à craquer, les étudiants profitant de cette dernière soirée en semaine pour se défouler, draguer, boire et s'amuser entre amis. Le DJ enchaîna sur une musique aux fortes sonorités orientales et les filles du groupe entamèrent une danse du ventre, plus ou moins réussie. Naruto, Kiba et Lee tentèrent de les imiter, déclenchant un fou rire chez leurs spectateurs. Conscients d'être ridicules mais ne s'en souciant pas, les trois gais-lurons poursuivirent leurs élucubrations.

Naruto fut bousculé par un danseur près de lui, qui s'excusa d'un geste et d'un sourire. Le jeune homme blond lui répondit de la même façon avant que son attention ne soit attirée par une coiffure familière un peu plus loin. Éberlué et incrédule, il vit Sasuke danser à quelques mètres de lui. Que faisait-il ici ? Pourquoi Sasuke était-il ici, dans cette boîte ? Poussant les gens qui le séparaient de son amant, le blond se fraya un chemin sur la piste bondée jusqu'à se figer à quelques pas de son petit ami.

Sasuke... Son Sasuke dansait collé serré avec une fille ! Son cœur se serra quand il vit le sourire séducteur qui ourlait les lèvres fines de celui qu'il aimait. Son souffle se coupa quand ce dernier se pencha vers sa cavalière pour l'embrasser à pleine bouche. Il vit les mains fines et pâles se glisser sur les fesses de la demoiselle et soudain, il réalisa que quelque chose n'allait pas. Fronçant les sourcils, il chercha à trouver ce qui lui semblait si étrange dans cette scène, ses yeux observant attentivement les deux jeunes gens devant lui.

Ce n'était pas Taka. La réalisation se fit en lui avant même qu'il ne réussisse à mettre le doigt sur toutes ces petites choses qui clochaient : l'absence de piercing, la tenue sobre mais chic composée d'un simple jean sombre et d'une chemise blanche, la silhouette moins fine que celle si mince de Taka, l'attitude charmeuse et conquérante à des années lumières de celle provocatrice et réservée de son amant. Définitivement oui, ce n'était pas son brun.

Rassuré, Naruto rejoignit ses amis tout en se maudissant d'agir comme une midinette. Il avait juste fallu d'un type avec une coiffure vaguement semblable à celle de Taka et la même silhouette pour qu'il se précipite, persuadé que c'était lui. Pourtant, il le savait, à cette heure là son amant devait être sur son trottoir, et certainement pas en boîte de nuit. Et surtout pas avec une fille dans les bras ! Il préféra ne pas penser au fait que c'était plutôt l'inverse que Sasuke devait actuellement vivre : lui dans les bras d'un autre. D'un autre qui le traitait comme un vulgaire jouet...

Quoi qu'il fasse, ses pensées revenaient toujours vers son ami d'enfance. Tout entrain perdu, il se laissa tomber sur le siège à côté d'Hinata et sortit son portable de sa poche. Il ne fouilla pas longtemps avant de trouver ce qu'il cherchait : une photo de Taka. Il l'avait prise lors de leur précédent week-end alors que le brun visionnait, fasciné, Le retour du Roi.

- Canon ! C'est qui ce beau gosse ?

Surpris Naruto tourna la tête vers Témari qui venait de s'installer près de lui. Il rangea rapidement son téléphone avant de répondre à son amie, un peu trop curieuse :

- Un vieux pote. Tu ne danses plus ?

- J'aime pas cette musique, et j'ai soif, répondit la blonde en levant son verre.

Il l'imita et trinqua avec elle avant d'entamer une discussion amicale sur l'ambiance de la soirée et les derniers potins en date de la Fac. Témari était une vraie commère et adorait raconter la vie de ses congénères, ne se gênant pas pour la commenter au passage.

Akira sourit à sa conquête de la soirée. Elle était plutôt jolie avec ses longs cheveux auburn et ses yeux verts. Il se dirigea vers les toilettes et elle le suivit sans un mot, plus que consentante. Par chance, l'une des cabines était vide. Dés que la porte fut fermée, elle se jeta à son cou, l'embrassant goulûment. Le jeune homme glissa ses mains sur la croupe de sa cavalière, plaquant son corps contre le sien pour lui faire sentir toute l'étendue de son désir pour elle.

La jeune fille se détacha de lui, plongeant ses iris émeraudes dans ceux onyx du bel éphèbe qui lui fit un demi-sourire. Sans un mot, elle s'agenouilla sur le sol sale et déboutonna le jean sombre de son futur amant. Les orbes noires de ce dernier brillèrent d'un éclat lubrique et il glissa l'une de ses mains dans ses cheveux, l'incitant à aller jusqu'au bout de son idée. Ouvrant la bouche, elle emprisonna entre ses lèvres l'érection naissante du jeune homme, fière de le sentir frissonner sous ses attentions. Il était beau, il était riche et sympa; elle ferait tout pour le faire tomber définitivement dans ses filets.

D'une poigne douce mais ferme, Akira rapprocha la tête de son amante plus près de son entrejambe, s'enfonçant plus encore dans la cavité chaude et humide qui l'accueillait. Il l'avait séduite sur la piste, et de danses en danses lui avait clairement fait comprendre qu'il la voulait. Il était déjà excité quand il l'avait emmenée ici, dans les toilettes de la boîte. De toute façon, il ne ramenait jamais personne chez lui, tirant son coup sur place ou au pire dans sa voiture.

Sentant qu'il ne tiendrait pas longtemps, et désireux d'obtenir plus qu'une simple fellation, aussi bonne soit-elle, il repoussa la demoiselle et l'incita à se relever. Il ne tarda pas et releva son t-shirt et son soutien-gorge, pour malaxer les seins blancs et généreux qu'ils cachaient. Sa bouche alla se poser sur les mamelons rosés pour les aspirer, soutirant des gémissements concupiscents à sa conquête. Sa peau était chaude et souple sous ses doigts.

L'une de ses mains descendit sur le ventre plat et mou de la jeune fille jusqu'à la ceinture du pantalon. D'un geste expert il défit bouton et braguette avant de couler ses doigts sur l'intimité humide qu'il convoitait. Une exclamation lascive retentit dans la cabine quand son index pénétra l'antre chaud et moite derrière la fine barrière de tissu de la culotte. Ne souhaitant pas particulièrement que les autres occupants des toilettes entendent leurs activités, Akira embrassa la jeune fille pour la faire taire.

- T'as une capote ? chuchota la demoiselle.

- Dans ma poche arrière, répondit-il sur le même ton.

Une main fébrile se glissa dans sa poche pour en ressortir le sachet argenté, plus que nécessaire dans leur situation. Son père ne s'en remettrait pas s'il engrossait l'une de ses conquêtes nocturnes, et il ne tenait pas particulièrement à chopper une saloperie quelconque. Akira laissa à la jeune fille le soin d'ouvrir l'emballage et de lui enfiler la protection, lui même étant bien trop occupé à malaxer un sein d'une main et à profaner l'intimité de celle-ci de l'autre.

Dès que le latex eut recouvert son érection, il retourna l'objet de son désir contre la paroi lisse du cabinet. Glissant une main sous l'une de ses cuisses, il l'incita à poser un pied sur le rebord des toilettes, ce qu'elle fit obligeamment. La position n'était certes pas des plus confortables mais elle était plus pratique étant donné que ni l'un, ni l'autre n'avaient ôté leurs pantalons, les baissant simplement sur leurs chevilles.

D'un coup de rein puissant, il poussa son érection dans le puits chaud qu'il désirait depuis de longues minutes maintenant. Sans attendre, il se déhancha derrière la jolie rousse qui gémit sous ses assauts. Ses mains s'agrippèrent aux seins généreux, les pétrissant sans douceur. La jeune fille s'accrocha à sa nuque, l'attirant à lui pour l'embrasser fougueusement. Ce qu'il fit sans rechigner. Il ne lui fallut pas longtemps pour atteindre l'apogée de son plaisir, et il se déversa dans le préservatif en de longs jets libérateurs.

Essoufflé, il prit quelques secondes pour retrouver une respiration normale, puis il se retira du corps qui l'avait si délicieusement accueilli. Il ôta rapidement la capote usagée, la jeta dans la poubelle avant de refermer son pantalon. Près de lui, sa conquête l'imita, une moue légèrement déçue sur les lèvres. Avec un sourire séducteur, Akira se pencha vers elle et l'embrassa doucement avant de lui dire :

- La soirée n'est pas finie, ma belle. On remettra ça plus tard, et là promis je te ferai tellement grimper au rideau qu'il te faudra la grande échelle pour redescendre.

Le sourire éclatant qu'il reçut en réponse lui assura que la demoiselle était plus que partante pour un second round. Juste avant de déverrouiller, la porte il lui souffla :

- Je sors le premier, tu attends quelques minutes avant de me suivre. Je t'attends dehors.

Un hochement de tête lui signifia qu'elle était d'accord et il quitta la cabine. Rapidement, il se lava les mains et quitta les toilettes.

Sans attendre, il alla retrouver ses amis. Il n'avait nullement l'intention de remettre ça, avec elle du moins. Tant pis pour elle, si elle l'avait naïvement cru. Il n'était pas le genre de garçon qui couchait deux fois avec la même fille, ni même qui s'occupait de savoir si elle y avait pris du plaisir. La seule chose qui lui importait c'était son plaisir à lui. Il avait d'ailleurs déjà repéré sa prochaine proie, une jolie blonde à forte poitrine.

Debout devant l'évier rempli d'eau savonneuse, Chu faisait la vaisselle tout en discutant tranquillement avec son amant. Un torchon en main, Kakashi essuyait une assiette avant de la ranger dans le placard près de lui. Le couple venait de finir de manger et se préparait à une soirée télé bien tranquille comme il les affectionnait tant. Un peu de normalité et de calme dans leur vie mouvementée et stressante leur faisait toujours le plus grand bien.

Une fois l'évier vidé et la vaisselle dûment rangée, ils s'installèrent sur le canapé, l'inspecteur se calant confortablement contre les coussins moelleux du sofa. A sa grande surprise, Chu ne le rejoignit pas, s'asseyant sur la table basse face à lui. Les orbes sombres de son amant se posèrent sur lui et le fixèrent d'un regard acéré.

- Qu'est-ce qui se passe ?

Chu attendit patiemment la réponse à sa question, voyant parfaitement les signes d'hésitation sur le visage de son amoureux. Il savait que celui-ci lui cachait quelque chose, et quelque chose d'important. On ne devenait pas un assassin aussi doué que lui sans avoir un excellent sens de l'observation et il connaissait bien son compagnon. Dés que celui-ci était entré, il avait tout de suite deviné que quelque chose n'allait pas et il avait patiemment attendu qu'il se décide à lui en parler.

Mais le repas était fini et toujours aucun mot sur le sujet. A ce rythme, il n'était pas prêt de connaître le fin mot de l'histoire. Aussi avait-il pris les choses en main en posant directement la question. Face à lui, Kakashi finit par soupirer lourdement et se passer une main dans les cheveux. Relevant la tête, l'inspecteur planta son unique œil visible dans les iris noirs de son amant. Le regard acéré que Chu dardait sur lui ne lui laissait aucune marge de manoeuvre.

- C'est compliqué, et je ne peux pas tout te dire pour l'instant. Il me manque encore des éléments, des éléments importants, commença-t-il. As-tu déjà entendu parler d'un certain Taka ?

Chu fronça les sourcils et battit le rappel de ses souvenirs, cherchant à se remémorer s'il connaissait ce nom. Après quelques secondes de réflexion, il secoua la tête de gauche à droite, répondant ainsi par la négative à la question de son compagnon.

Kakashi retint un nouveau soupir, pas vraiment surpris de l'ignorance de son amant. Si par hasard, le fils de Minato avait raison alors ce Taka devait être sous étroite surveillance. Mais Chu était bien mieux placé qu'aucun de ses hommes pour avoir des renseignements sur le prostitué et pour surveiller les agissements de l'Akatsuki. Quand il reprit la parole, son ton était aussi calme qu'à l'accoutumée, mais Chu ne s'y trompa point et devina sans mal l'importance de la demande.

- J'aimerais que tu essayes de te renseigner un peu sur lui. De ce que je sais, c'est un prostitué. Il est sous la coupe d'Hidan, et il travaille dans la rue des Embrumes.

- Jeune ? s'enquit Chu.

- Une vingtaine d'années environ. Je ne connais pas son âge exact, ni à quoi il ressemble. rajouta-t-il en voyant son amant ouvrir la bouche.

- Je le ferai.

Chu s'attendait à ce que son compagnon lui sourie, signifiant ainsi la fin de la conversation, mais celui-ci se mordit les lèvres d'un air embarrassé, semblant chercher comment aborder la suite. Posant une main sur le genou de l'inspecteur, il demanda :

- Autre chose ?

- Cette situation se complique à chaque fois un peu plus, c'est désespérant, soupira Kakashi.

- On arrivera à les faire tomber, rassure-toi, assura Chu.

- J'aimerais que tu tendes l'oreille pour savoir s'ils décideraient de s'attaquer à la famille Uzumaki-Namikaze, souffla l'inspecteur, guettant avec anxiété la réaction de son amant.

A cette demande, Chu se tendit immédiatement et ses yeux s'écarquillèrent légèrement. D'une voix où perçait une pointe d'anxiété, il interrogea son compagnon.

- Pourquoi s'en prendraient-ils à eux ? Ils ont quitté le pays, non ?

- Minato et Kushina ont quitté le pays, mais leur fils unique, Naruto, est toujours ici. Il fait des études de Droit à la Fac et vit seul dans un appartement, répondit Kakashi. Je ne peux pas tout te dire, pas encore, mais j'ai tout lieu de croire que Naruto risque de mettre son nez dans des affaires qui ne le concerne en rien. C'est pour ça que je voudrais que tu sois attentif, je n'aimerais pas devoir annoncer à Minato la mort de son fils.

- Tu les connais ?

- Minato est un vieil ami, on s'appelle encore de temps en temps pour discuter.

Les deux amants se fixèrent en silence, Chu comprenant parfaitement que son compagnon n'en dirait pas plus, pas tout de suite en tout cas, Kakashi attentif à la tension qui habitait son amoureux.

Il savait parfaitement que Chu avait une affection particulière pour cette famille, qu'il avait connue avant d'être enrôlé de force dans l'organisation criminelle. Kushina lui donnait des cours de musique et il s'était beaucoup attaché à la jeune femme. Il lui en avait parlé au début de leur relation, et son soulagement en apprenant que le couple avait quitté le pays avait été plus que visible. Aussi était-il parfaitement conscient que sa demande devait fortement inquiéter Chu.

Le tueur à gage finit par se détendre subrepticement. Il n'aimait pas ce que sous-entendait son amant, mais si l'organisation planifiait de s'attaquer aux Uzumaki-Namikaze, il devait l'apprendre le plus rapidement possible pour déjouer leurs plans. Bien des questions restaient en suspend : pourquoi Naruto se mêlerait-il des affaires de l'Akatsuki ? Quel était le lien avec ce prostitué, Taka ?

Il n'était pas stupide et avait bien compris que les deux demandes assez singulières de l'inspecteur qui partageait sa vie étaient liées entre elles, et ce même s'il ne le lui avait pas dit. Ce qu'il ne comprenait pas c'était comment ? Le fils de bonne famille serait-il tombé dans un piège tendu par le prostitué ? Ou pire : Hidan ? Et pourquoi piéger le jeune homme ? Son argent ? Autre chose ? Il lui manquait des éléments pour bien saisir toute la situation, mais son amant ne lui dirait rien de plus pour le moment. A lui de trouver les réponses en tendant l'oreille et en ouvrant les yeux. Il allait mener sa propre enquête de son côté pour rassembler ces nouvelles pièces du puzzle.

Kakashi se détendit définitivement quand Chu se leva et vint s'installer sur le canapé, se blottissant contre lui, comme à son habitude.

- Qu'est-ce qu'on regarde ce soir ? s'enquit le jeune homme.

- On a le choix entre La croisée des mondes, Pirates des Caraïbes, et King Kong, répondit Le Borgne en feuilletant le programme télé. Tu veux voir quoi ?

- Hmm... Pirates des Caraïbes.

- C'est parti alors, va pour les pirates.

L'écran s'alluma et les publicités défilèrent devant leurs yeux. Kakashi entoura de ses bras la silhouette fine de son amant, l'une des ses mains allant caresser les cheveux noirs coupés courts. Chu se détendit un peu plus dans l'étreinte tendre et aimante de son compagnon et attendit patiemment que le film commence. Les publicités laissèrent place au générique et le couple oublia pour un temps leurs préoccupations professionnelles en se plongeant dans les aventures épiques du Capitaine Jack Sparrow.

La porte de la boîte de nuit s'ouvrit, laissant sortir la musique et un groupe de jeunes gens qui discutaient en riant. Sur le parking éclairé par des lampadaires, les voix des membres du groupe résonnaient étrangement fortes. Les filles se plaignirent de la fraîcheur nocturne si différente de l'ambiance moite et surchauffée à l'intérieur, les garçons se moquant d'elles en riant. Ils se dirigèrent vers les voitures, ceux qui avaient du mal à marcher droit soutenus par d'autres, plus sobres.

Naruto salua ses amis avant d'aller vers sa voiture orange vif d'un pas rapide pour la faire chauffer en attendant que les deux autres arrivent. Il devait ramener Gaara et Témari qui habitaient près de chez lui, mais Témari tardait à quitter les bras de Shikamaru, et Gaara à se détacher de sa conquête de la soirée. Probablement que la jeune fille viendrait avec eux. Il devait d'ailleurs admettre que son ami avait plutôt bon goût, la demoiselle était vraiment très jolie.

Alors qu'il sortait ses clés de sa poche, il se sentit soudain tiré vers l'arrière par une poigne puissante. Avant même qu'il n'ait eu le temps de pousser un cri, une main ferme le bâillonna et son bras fut tordu dans son dos en une prise douloureuse. Son agresseur le traîna rapidement sur quelques mètres, l'emmenant dans un coin sombre du parking où attendaient trois colosses bâtis comme des armoires à glace. Il fut éloigné de ses amis sans avoir la moindre chance de les avertir.

Naruto fut brutalement jeté à terre et à peine eut-il touché le sol que le premier coup tomba, lui coupant le souffle. Il avait trop bu et les coups étaient bien trop puissants pour qu'il puisse se défendre, aussi le jeune homme se recroquevilla-t-il au sol, se protégeant la tête avec ses bras. Les coups pleuvaient littéralement sur lui, mains, pieds et même batte de base-ball. Ses agresseurs ne lui laissèrent pas une seconde de répit, frappant toutes les parties de son corps qu'ils pouvaient atteindre, encore et encore.

Un choc particulièrement violent lui fit pousser un cri de souffrance et relâcher sa prise protectrice sur sa tête. Immédiatement, les hommes s'attaquèrent à son visage à présent découvert. Naruto sentit le goût du sang lui emplir la bouche et des étoiles commencèrent à danser devant ses yeux alors qu'une douleur fulgurante lui vrillait le crâne. Un poing dans son estomac lui coupa une nouvelle fois le souffle et ses doigts furent écrasés sans ménagement par une lourde botte.

Il ignora combien de temps son calvaire dura, mais ses agresseurs finirent par stopper leurs attaques violentes. L'un d'eux se pencha sur le blond et lui souffla d'un ton menaçant, son haleine fétide allant s'écraser sur le visage maculé de terre et de sang :

- Que cela te serve de leçon. Ne t'approche plus jamais de Taka. Jamais. Si on te revoit en train de roder autour de lui, la prochaine fois ce sera pire. Capiche ?

Incapable de proférer un seul mot, Naruto gémit pitoyablement. Ses agresseurs durent juger sa réponse satisfaisante puisqu'ils partirent, le laissant là au bord de l'évanouissement, perclus de douleurs sur le sol en terre battue du parking. S'il l'avait pu, le blond leur aurait craché à la gueule. Ne plus jamais voir Taka ? Impossible. Non, il ne pouvait pas abandonner son ami, son amant. Et rien de ce que ces types, probablement envoyés par le mac de Taka, pourraient dire ou faire ne l'empêcherait de retrouver son amoureux.

Au loin, il vit Gaara, Témari, Shikamaru et la jeune fille inconnue se diriger vers sa voiture. Il tenta de les appeler, incapable de se relever ou même de bouger un seul muscle tant il avait mal. Ces enfoirés ne l'avaient pas raté ! Péniblement, il tenta d'alerter ses amis, mais ne réussit qu'à émettre un immonde gargouillis. Sa vison était floue et des points blancs papillonnaient devant ses yeux. Il aurait pu mieux se défendre s'il avait moins bu et s'il n'avait pas été attaqué en traître. Les enfoirés...

Gaara fronça les sourcils en ne voyant pas son ami blond dans la voiture, la dite voiture qui était toujours fermée à clé. Il était pourtant certain que celui-ci était allé vers son précieux bolide pour le démarrer quelques minutes plus tôt.

- Ben, il est où ?

La question de Témari fit écho aux interrogations des deux étudiants. Tous trois cherchèrent des yeux leur ami blond, se demandant bien où celui-ci avait pu disparaître.

Ce fut la jeune fille qui accompagnait Gaara qui retrouva Naruto, avertissant les autres par de grands cris effrayés qui rameutèrent le groupe entier.

- Bordel, Naruto ! Qu'est-ce qui t'es arrivé ?

La voix affolée de Kiba parvint jusqu'au blond dans un brouillard de plus en plus dense. Ses amis l'avaient retrouvé... Ce fut sa dernière pensée avant de sombrer définitivement dans l'inconscience.

~oOo~

Suigetsu et Karin échangèrent un regard amusé en voyant Taka préparer ses affaires pour le week-end. L'enthousiasme débordant de celui-ci faisait plaisir à voir. Avec énergie, le jeune homme brun faisait l'inventaire de ce qu'il devait mettre dans sa besace, comptant les boxers et les chaussettes, secouant avec minutie ses polos pour les défroisser et s'acharnant sur les lacets de ses baskets.

Les deux amis avaient parfaitement conscience que le plaisir évident de Taka à l'idée des deux jours qui l'attendaient ne rendrait la chute que plus douloureuse quand son beau blond bizarre se lasserait de lui. Mais ils n'avaient pas le cœur de le ramener sur terre. Le bonheur même éphémère de leur ami était bien trop agréable à regarder pour ça. De toute façon, il était trop tard, Taka était définitivement trop attaché à son client pour que la séparation se fasse sans dommages. Ils n'auraient plus qu'à ramasser les pots cassés, en espérant que cela ne serait pas trop difficile.

Ce fut un Taka particulièrement guilleret que Jûgo déposa ce soir là sur le trottoir. Vêtu d'un jean sombre, d'un polo gris et de sa veste café crème, sa besace lui battant les flancs, le prostitué passa devant ses collègues pour rejoindre sa place attitrée. Il n'y resterait pas longtemps de toute façon, Naruto viendrait le chercher dans moins d'une heure. Il n'avait plus qu'à l'attendre sagement. Plongeant sa main dans son sac, Taka en sortit une clope qu'il alluma pour patienter.

Jûgo fronça les sourcils et posa un regard désolé sur celui qu'il considérait comme un petit frère. Cela faisait maintenant près de trois heures qu'ils étaient arrivés dans la rue et toujours pas le moindre signe de ce client si particulier en vue. Adossé à son mur, Taka fumait clope sur clope sans bouger d'un iota, attendant encore son beau blond bizarre, la main crispée sur son téléphone. Il avait bien tenté de lui envoyer un texto, et même de l'appeler, mais ses messages restaient sans réponse et il tombait toujours directement sur le répondeur.

Pourquoi ne venait-il pas ? Il devrait déjà être venu pour l'emmener loin de cette rue. Taka fixait d'un regard vide les voitures qui défilaient devant lui, n'esquissant pas un geste pour en arrêter une. Aucune d'elle n'était celle qu'il attendait.

- Ben alors, Taka... Ton prince charmant s'est barré avec la belle aux bois dormant ?

La réflexion sarcastique de son voisin ne fit qu'augmenter son désarroi.

Sans répondre, le brun se détacha de son mur et s'enfonça dans la venelle sombre. Un coup d'œil à son portable lui appris qu'il était presque minuit. Cette fois, c'était sûr, Naruto ne viendrait pas. Son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine à ce triste constat. Alors voilà, c'était fini... Maintenant que le blond avait eu ce qu'il avait si chèrement payé, il l'abandonnait. Pourtant, pas plus tard qu'hier, il lui avait dit qu'il l'emmènerait danser. Mais visiblement, il avait changé d'avis.

Sortant son sachet de poudre de sa besace, Taka se fit un fix, espérant y noyer le chagrin qui lui comprimait la gorge et lui broyait le cœur. Ses yeux se posèrent, hagards, sur les autres prostitués qui tapinaient sur le trottoir. Lui aussi devait se mettre au boulot, le blond ne viendrait plus et Hidan lui ferait la peau s'il ne faisait pas sa recette. Jetant un coup d'œil à sa tenue, il se fit la réflexion que ce n'était pas habillé comme ça qu'il attirerait le chaland.

D'un geste fluide, il ôta son polo, se mettant torse nu, puis coula le vêtement dans sa besace dont il sortit son paquet de clope et sa précieuse poudre. Il planqua le tout et son téléphone dans un coin de la venelle et alla confier son sac à Jûgo, la mort dans l'âme. Le roux posa un regard compatissant sur lui et lui souffla de ne pas faire de conneries, avant de le laisser regagner sa place attitrée.

Des phares trouèrent l'obscurité de la rue et Taka fit son manège habituel, sifflements stridents et pas chaloupés. Son esprit était totalement vide, il ne pensait pas, il ne pensait plus, complètement anesthésié par sa tristesse et son désarroi devant la défection de son amant ou en tout cas celui qui s'était proclamé comme tel. Une voiture se gara devant lui et la vitre côté conducteur se baissa. C'était fini, il ne viendrait pas, il ne viendrait plus… et lui il devait s'en sortir et gagner sa croute s'il voulait voir le jour se lever sans trop de dommages.

Un homme entre deux âges, bodybuildé en marcel couvert de sueur et moulant ses muscles outrageusement saillants lui demanda ses tarifs. Taka, la mort dans l'âme, se pencha et continua à lui jouer son numéro, lui annonçant la couleur d'une voix sucrée. C'était son gagne pain, c'était ça sa vie. Naruto l'avait abandonné, mais sa vie sordide continuait. L'homme descendit du véhicule et Taka se fit la réflexion qu'il ressemblait au héros de ce film qu'ils avaient vus un jour sur le petit écran de télé dans le bidonville.

Suigetsu s'était extasié sur la capacité du héros, Rambo si sa mémoire était bonne, à tirer sur tout ce qui bougeait avec ses armes, franchissant les embûches comme personne, se battant seul contre toute l'armée ennemi et remportant la victoire, faisant tout exploser sur son passage. Ce type était l'exacte réplique de l'acteur, en un peu moins beau sans doute. Est-ce que lui aussi tirait sur tout ce qui bougeait ? Était-il militaire ou un truc du genre ? Prêt à sauver le monde ? Mais en tout cas pas prêt à le sauver lui, lui et son cœur en miettes.

L'odeur âcre de sueur de son client le précéda alors que pourtant il était derrière lui. Taka se dirigea vers sa venelle, l'estomac au bord des lèvres, se demandant si la bite du consommateur serait aussi musclée que le reste. Il aurait bien pleuré sur son sort, mais c'était un luxe qu'il ne pouvait pas se permettre. Il était un prostitué, il était là pour faire son boulot, sans quoi Hidan se chargerait de lui. Son client avait payé pour un complet : fellation et pénétration. Et c'était exactement ce qu'il allait avoir... Les Dieux continuaient à se moquer de lui et sa mauvaise étoile s'ingéniait à lui pourrir la vie… Il savait depuis le début que ça ne durerait pas, mais merde, ça faisait un mal de chien...

Taka s'agenouilla sur les pavés sales et disjoints de la venelle sombre, se faisant bêtement la réflexion qu'il allait salir son beau pantalon neuf pas vraiment adapté pour ce genre d'activité. Cette pensée spontanée lui creva un peu plus le cœur, le faisant se sentir encore plus misérable. L'homme, bâti comme une armoire à glace, dégrafa sa braguette, pressé. Il extirpa d'un slip pas très propre son sexe encore mou et parfaitement épilé.

Au moins, il ne risquait pas de s'étouffer avec un poil remarqua le prostitué en prenant entre ses doigts la bite encore flasque du consommateur. Une main puissante se glissa presque immédiatement dans ses cheveux.

- Je parie que tu t'imagines déjà que tu suces ma bite au rythme des coups de fouet de mes couilles sur ta gueule, souffla d'une voix rauque le bodybuildeur.

Taka ne répondit pas, se contentant de lever vaguement un sourcil surpris par une telle réplique.

- En guise de hors-d'œuvre, je vais défoncer ta gueule de con avec ma grosse queue, reprit le client sur un ton salace.

Le prostitué ouvrit la bouche pour prendre le sexe plus si mou que ça entre ses lèvres. A peine l'avait-il enfourné que sa tête fut projetée contre le bas-ventre imberbe de son chaland.

- J'ai envie de te caler ma grosse bite au fond de la gorge et je vais te chatouiller les amygdales, grogna l'homme en commençant à se déhancher furieusement, sa main agrippée aux mèches brunes.

Se concentrant pour ne pas vomir, Taka entreprit de sucer, avec tout le professionnalisme dont il était capable, la barre de chair maintenant rigide. Le gland tapa dans le fond de sa gorge et sa nausée, revenue en force depuis qu'il était dans la venelle, s'accentua.

- Ça c'est un gland digne d'Hercule. Suce le bien, lèche-le avec ta grande langue de salope.

Sérieusement, ce genre de réplique en temps normal lui donnait envie de rire. Mais d'où il sortait ce mec ? D'un film porno ?

Mais là, ça ne le faisait pas rire du tout. Après l'abandon de Naruto, les mots vulgaires et graveleux de ce type lui rappelaient douloureusement sa condition. Il n'était qu'une pute, rien d'autre. Et cet état de fait qu'il connaissait pourtant par cœur ne lui avait jamais semblé aussi douloureux, ni aussi lourd à porter qu'en cet instant.

- T'en as sucé combien de kilomètres de bites, hein ma salope ?

Le client se retira et le repoussa soudain sans ménagement, tout en lui disant d'un ton tranchant :

- Montre-moi ton cul !

Au moment de défaire son pantalon, ses doigts se crispèrent sur les boutons du jean qu'il portait. Taka se mordit les lèvres et défit sa braguette, faisant glisser le pantalon sur ses cuisses, seulement il avait complètement oublié le boxer. Ces satanés boxers que son saletéophobe de blond lui avait achetés et qu'il portait les week-ends sous ses vêtements, même si ça le gênait toujours autant.

Baissant son pantalon et son sous-vêtement, Taka dénuda ses fesses et se retourna vers le mur pour les présenter à ce type au langage fleuri. Ce dernier les lui tâta comme pour les évaluer, avant de lui susurrer d'un ton supposément sensuel :

- Tu la veux ! Tu la veux ma belle queue ? Tu la veux ma gentille queue ?

Comprenant que ce dernier attendait une réponse, le prostitué se fendit d'un "Oh oui ! Je la veux" qu'il espéra convaincant.

- T'inquiète, tu vas l'avoir. Je vais te la mettre tellement profond qu'elle va te ressortir par la bouche.

Retenant une réplique mordante sur la vantardise de ce type, Taka serra les dents quand le sexe érigé et couvert de latex pénétra son intimité. Deux mains puissantes le saisirent par les hanches et une voix rauque lui souffla :

- Ça rentre tout seul dans ton cul. Tu dois t'en manger des bites. Combien de mètres de queues tu t'es enfoncé dans le cul aujourd'hui? Ça doit approcher le kilomètre, non ?

Taka fut bien tenté de répondre que non, aujourd'hui c'était la première. Il n'avait pas tapiné en journée, préférant se réserver pour son rendez-vous de ce soir. Mais vu tout ce qu'il s'était bouffé comme bites dans sa carrière, il devait avoir fait deux ou trois fois le tour de la terre.

- Putain, si tu serres encore plus ton cul, je vais éjaculer avant même que ma bite ne soit rentrée en entier, s'exclama l'homme derrière lui.

Le bruit d'un bassin claquant sans relâche sur ses fesses emplit le silence tout relatif de la venelle. Les yeux baissés vers le sol, Taka essaya d'oublier que ce soir il n'était rien d'autre qu'un sac à foutre, rien d'autre qu'un prostitué. Son regard se posa sur ses chaussures, les baskets que Naruto lui avait offertes et une forte envie de pleurer lui étreignit la gorge. Quand son client grogna "T'aimes ça, hein, sentir ma grosse bite te déchirer en deux.", il ne put que gémir un misérable "Oui" étranglé.

Son client le baisa comme une vulgaire poupée durant de longues minutes, l'abreuvant de phrases toutes plus classes les unes que les autres. Et Taka se retint difficilement de pleurer et de vomir, lui répondant tant bien que mal. Quand enfin un râle jouissif signa la fin de son calvaire, le jeune homme ne se sentit pas soulagé pour autant.

- Personne ne t'a jamais tringlé comme ça, hein? J'ai sûrement dû mettre ton derrière en orbite… Ah Ah Or-Bite… puisque t'es qu'une pute, bien roulé, mais pute quand même.

Sur cette simple phrase en guise de salutations, le client repartit, laissant Taka seul dans sa venelle, son salaire à la main, son pantalon et son boxer sur les genoux et le coeur en poussière. La nuit fut longue et difficile mais le jeune homme attendit d'être de retour dans sa piaule pour laisser couler les larmes silencieuses qu'il avait contenue jusque là. Le désarroi d'avoir été abandonné par Naruto perforait sa poitrine au fer rouge. Ses deux amis, surpris de le voir ce soir là, ne posèrent aucune question, s'installant de chaque côté de lui et le prenant dans leurs bras pour lui apporter un peu de soutien et de réconfort.

To be continued...


Commentaires des auteures :

Et voilà, un grand merci à Micka pour son coup de main. Sans lui, nos dialogues auraient manqué de piquant. Et on a réussi à caser tous les personnages dans UN seul chapitre ! Admirez l'exploit !

Commentaire de Micka : Content que les auteures (zêtes combien?) soient satisfaites de la connerie qui circule dans mon cerveau.


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Taka arrive en râlant :

- J'y crois pas ! Ce blond m'a laissé tomber comme une vieille chaussette ! Et tout ça pourquoi ? Pour l'autre-là, le Sasu.

Les deux auteurs, surprises, lèvent la tête :

- Hein ? Mais qu'est-ce que tu racontes ?

Suivant le doigt tendu de Taka, elles voient alors assis dans le canapé Naru et Sasu en train de se papouiller sous le regard amusé d'Ita.

Jack Sparrow débarque alors et salue les deux demoiselles :

- Bien le bonjour mes belles demoiselles. Je passais juste vous dire de surtout ne pas penser à moi pour vos prochains écrits. Je serais honoré de faire quelques apparitions mais pas plus.

- Tu as peur de ce qu'elles pourraient te faire, hein ? ricane Taka.

- Pas du tout, rétorque le pirate. J'ai plus peur de la réaction de Mademoiselle Swan, si par hasard je lui pique son très cher Will.

- Ah oui, pas faux.

Kyu fixe les lecteurs et ronchonne :

- Tous les personnages, hein ? Elles n'ont pas l'impression de m'avoir oublié par hasard ! Reviewez pour le leur dire !


Rendez-vous au prochain chapitre : chapitre 16 : Bleus aux corps, bleus à l'âme.

Les cieux observent Taka, Destinée et la mauvaise étoile du jeune homme jouant la suite de sa vie aux dés… Être trahi et abandonné par l'être aimé est le plus affûté des poignards.