Bonjour à tous ! Nous sommes dimanche, et donc comme tous les dimanches, c'est nouveau chapitre. Joyeux Jöl à tout le monde et bonne lecture !
Résumé de l'épisode précédent (et comme c'est le premier, résumé depuis le début, quoi) : A ses six ans, Harry a été recueilli par la Ligue des Assassins, prenant le nom de Al'Najin, le Survivant. Après des années d'études et d'assassinat sous leur supervisation, puis sous celle de Slade Wilson, maître épéiste, Ra's al'Ghul a décidé qu'il était temps de le renvoyer en Angleterre, car la Ligue est sur les traces de Voldemort depuis longtemps déjà. Al'Najin a donc adopté une fausse identité, Stan Mallory, fils d'un Lord anglais incarné par son second mentor, Slade.
La première année de Stan, réparti à Poufsouffle en raison de sa loyauté fanatique envers la Ligue, s'est bien écoulée. L'enseignement de Poudlard étant très différent de celui de la Ligue, il n'a pas eu le temps de s'ennuyer, d'autant moins avec la présence d'un tueur de licornes dans l'école. C'est pourtant mornement que Al'Najin reprend le chemin du prestigieux château, préférant de loin son entraînement avec des professeurs particuliers...
Lorsque le premier septembre arriva, ce fut même avec un profond dépit qu'il reprit la route de Poudlard. L'air vif de l'Himalaya et les entraînements constants lui manqueraient. Il se contenterait de pratiquer plus la magie cependant, attendant toujours des nouvelles des Flamel pour savoir quoi faire de plus pour stopper Voldemort. Il savait qu'ils ne pouvaient pas se précipiter et que, tant que Voldemort aurait des Horcruxes, il serait intouchable, mais la chose était néanmoins frustrante. Ce fut sans difficultés qu'il trouva le compartiment de ses camarades habituels et Ernie et Susan, les deux premiers arrivés, le saluèrent avec la même chaleur. Ils avaient visiblement été en train de raconter leurs vacances et l'invitèrent naturellement à rejoindre la conversation.
"Ben" fit Al'Najin en se reglissant dans la peau de Stan Mallory, haussant ses épaules "j'ai passé les trois premières semaines avec mon père et après on est allés voir ma famille maternelle en Inde et on y est restés jusqu'à la semaine dernière."
"Ah" fit Susan avec un sourire malicieux "et j'ai entendu dire que ton père s'est arrangé pour que tu puisses faire de la magie chez toi."
"Oh ?" demanda-t-il avec intérêt. "Qu'est-ce qui a été dit ?"
"Ombrage était folle furieuse" gloussa Susan. "Ma tante ne l'aime pas du tout et elle a adoré sa tête. Il paraît qu'elle est venue chez toi et qu'elle a menacé ton père de vous envoyer en justice et qu'il l'a écrasée sans même la regarder."
"Mon père sait être intimidant" fit sagement Stan.
"Il a dit quoi ?"
"Il a dit que si l'Angleterre m'interdisait de pratiquer on changerait de pays et on en trouverait un où on pourrait faire de la magie comme on voulait, et que Salem était d'accord, après lui avoir plus ou moins dit qu'elle était incompétente et ne connaissait pas ses propres lois."
Des rires lui répondirent.
"Et ta tante a dit quoi ?" demanda Stan avec intérêt.
"Qu'il avait visiblement raison sur plusieurs points et qu'elle ne voyait pas de raison de t'interdire de pratiquer tant que, effectivement, tu le faisais chez toi et hors de vue des moldus" fit Susan avec un grand sourire. "Elle a elle-même ordonné de désactiver la trace de ta baguette."
"C'est très gentil de sa part" acquiesça Stan. "Tu pourras la remercier pour moi ?"
"Bien sûr."
"Et vous, alors ?" interrogea-t-il. "Vous avez fait quoi ?"
Il n'en fallut pas plus pour que Susan ne se mette à lui raconter avec enthousiasme son long séjour dans les îles Canaries. Bientôt leurs autres camarades les rejoignirent et il en profita pour se retirer de la conversation inintéressante. Il n'avait pas envie d'inventer des mensonges sur ses vacances et se remit donc juste à rêvasser contre la vitre. Habitués, ses condisciples le laissaient tranquille, ne protestant pas lorsqu'il finit par prendre un livre. Il finit par s'absenter pour saluer Hermione et Neville, les seules autres personnes à qui il parlait réellement.
Puis Poudlard arriva mais il ne partit pas vers le lac cette fois-ci. Ils rejoignirent des calèches qui les attendaient et il regarda les chevaux squelettiques qui les tiraient avec une franche curiosité. Hannah à ses côtés gémit légèrement.
"Maman m'avait prévenue, mais ils sont laids" se plaignit-elle.
"De quoi ?" demanda Ernie.
"Les chevaux" répondit Hannah en les pointant du doigt, et Susan serra gentiment sa main.
"Je suis désolée, Hannah."
"De quoi s'agit-il ?" questionna Stan.
"Les calèches n'avancent pas toutes seules" expliqua Susan en aidant Hannah à monter, ne supposant visiblement pas qu'il pouvait voir les chevaux. "Elles sont tirées par des Sombrals, ce sont des chevaux ailés. Il faut avoir vu la mort pour les voir."
"Hm, je vois" fit-il à mi-voix avant de monter dans la calèche. "Ça va, Hannah ?"
"Ça ira" fit la petite fille avec néanmoins un frisson.
Eh bien, il avait vu la mort un certain nombre de fois – avait pris des vies au cours de sa jeune existence. Ce n'était pas surprenant qu'il les voie en conséquence. Ce fut avec un petit soupir déçu qu'il retrouva la morne nourriture de Poudlard, jouant avec ce qui se trouvait dans son assiette sans grande conviction sans écouter les conversations autour. La Ligue et ses entraînements permanents lui manquaient déjà.
Il s'attarda volontairement à la fin de son premier cours de Métamorphoses et McGonagall lui fit un sourire amusé.
"J'ai cru entendre dire que vous aviez trouvé moyen de vous entraîner pendant les vacances, Mr Mallory ?"
"Hm, hm" acquiesça-t-il. "Enfin, mon père a trouvé moyen. Je n'ai pas pratiqué de nouvelle métamorphose mais j'ai revu celles que nous avions faites ensemble."
La sévère professeur sourit, puis gloussa en ouvrant son armoire, sortant tous les objets qu'ils avaient précédemment métamorphosés, soit une bonne quarantaine.
"Surprenez-moi, Mr Mallory. J'irai manger avec un peu de retard."
La baguette du jeune homme jaillit dans sa main et il la fit songeusement tourner entre ses doigts, avant de la pointer sur un premier objet, prononçant la formule correspondante. La transformation fut presque instantanée et il effectua la suivante, puis poursuivit, passant moins de deux secondes par transformation. McGonagall saisit le premier objet quand il eut fini en moins de deux minutes, l'examinant avec attention, puis poursuivit son examen.
"Cinquante points pour Poufsouffle" observa-t-elle simplement à la fin. "Quarante métamorphoses en deux minutes, d'un niveau allant de la première à la cinquième année. Vous venez de valider votre BUSE dans ma matière, Mr Mallory."
"On peut continuer alors ?" demanda le jeune homme avec espoir.
McGonagall hésita un instant, réfléchissant.
"Pourquoi pas au second trimestre ?" finit-elle par suggérer. "Ce n'est pas que je veuille vous brider, Mr Mallory, mais vous allez aborder les métamorphoses de troisième et quatrième niveaux après m'avoir montré ceci. Vous êtes encore jeune et votre réserve magique n'est pas totalement développée, ces sorts pourraient vous épuiser très vite."
"Je suis résistant" protesta-t-il, et elle hocha sa tête.
"C'est vrai, et c'est pour cela que je vous le propose au second trimestre et non pas dans plusieurs années. Vous êtes un sorcier relativement puissant pour votre âge, c'est un fait, mais un usage trop intensif de la magie pourrait endommager vos réserves de manière permanente et ni vous, ni moi ne le souhaitons."
Un silence déçu lui répondit et elle sourit.
"J'accepterai de pratiquer un sort par semaine si et seulement si vous me promettez de ne pas vous y entraîner seul, afin que je puisse garder un œil constamment sur vos réserves."
"D'accord" murmura-t-il.
"Pourquoi n'étudieriez-vous pas les sortilèges pendant ce temps ?" suggéra-t-elle. "Vous avez commencé à vous y intéresser en fin d'année dernière et je crois que votre niveau est encore loin de celui que vous avez en Métamorphoses."
"C'est vrai" admit-il. "Je vais essayer d'atteindre le même niveau en sortilèges. Est-ce que nous pourrons recommencer au second trimestre ?"
"Vous avez ma parole, Mr Mallory" fit-elle en sortant sa propre baguette, annulant ses métamorphoses. "Et si vous voulez vous entraîner sur la durée, puisque vous maîtrisez la vitesse, essayez de maintenir une métamorphose active. Petite taille, pas plus d'une heure pour le moment. Vous verrez, c'est extrêmement compliqué de la maintenir pendant que vous pratiquez une autre magie. Je ne peux pas vous apprendre cette technique, c'est une question d'état d'esprit, mais cela représentera certainement un défi à la hauteur de votre capacité de concentration."
"D'accord" acquiesça-t-il. "Merci, professeur."
"Je vous en prie, Mr Mallory. Vous pourrez vous y entraîner pendant mon cours, vous avez de toutes façons largement dépassé le niveau de seconde année."
"Merci" répéta-t-il en comprenant le congé, s'éclipsant ensuite.
C'était mieux que rien. Ce serait suspect qu'il insiste, ses réelles réserves de magie n'étaient pas connues des professeurs. Il allait effectivement s'entraîner aux sortilèges en attendant et… si McGonagall avait dit qu'il était difficile de maintenir une métamorphose en réalisant une autre magie, ce serait certainement un très bon entraînement. Et puis… Flitwick allait être ravi qu'il se penche sur les sortilèges avec le même intérêt.
Le petit professeur exulta en effet et Stan ne lui cacha pas que c'étaient les sortilèges silencieux – Informulés, avait rectifié Flitwick – et ses sorts dupliqués et capables de faire demi-tour qui l'avaient le plus marqué. Les sortilèges Informulés pourraient être appris d'ici quelques mois mais nécessitaient surtout de la pratique, d'après Flitwick, et avaient tendance à être plus fatiguant que les sortilèges normaux. La duplication était un sujet nettement plus complexe qui nécessitait une bonne maîtrise des théories magiques et il avait accepté de le conseiller s'il séchait sur lesdites théories et lui avait donné une liste d'ouvrages en discutant. Le demi-tour, enfin, était une technique qu'il avait lui-même inventée pour les championnats de duel. Il la lui transmettrait mais la route serait longue pour y parvenir.
Un autre que Al'Najin se serait sans doute découragé à la quantité astronomique de travail qui l'attendait. Il se contenta de reprendre sa table habituelle à la bibliothèque, à un détail prêt : la plume posée devant lui, métamorphosée en sablier. Il essayait vainement de lire en maintenant la métamorphose pourtant simple mais perdait soit le fil de la lecture, soit voyait le sablier retourner à sa forme première. Sans compter les gouttes de sueur qu'il commençait rapidement à sentir. L'exercice était littéralement imbuvable.
Et McGonagall le savait parfaitement, vu son sourire amusé lorsqu'il avait débarqué avec son livre de sortilèges au cours suivant, s'installant au fond de la classe, sa baguette posée à portée de main après avoir lancé la métamorphose pour la première fois avant d'ouvrir le grimoire. Cela ralentissait sa lecture pour le moment mais serait sans doute bénéfique sur le long terme – surtout s'il voulait maintenir des métamorphoses actives en combat.
Il ne vit même pas le temps passer avant plusieurs mois. La durée de ses métamorphoses s'était lentement améliorée et, encore plus lentement, il avait pu faire autre chose en parallèle. Il avançait donc dans la liste des ouvrages recommandés par Flitwick, donnait un coup de main à ses condisciples lorsqu'ils le lui demandaient, ignorait l'incompétent qui leur servait de professeur de Défense Contre les Forces du Mal et de temps en temps discutait avec Hermione. Un programme rigoureusement identique à l'année précédente, en dehors du fait qu'il n'y avait plus de Pierre Philosophale dans le château.
"Comment tu fais ?" demanda finalement Hermione un jour à la bibliothèque.
Elle était la seule personne tolérée à sa table. Premièrement parce qu'elle ne faisait pas de bruit en lisant et travaillant, préférant se servir de ses neurones que de lui demander une solution toute faite. Deuxièmement parce qu'elle ne tentait pas de déranger les notes et dessins étalés sur la moitié de table réservée à Stan, de même qu'il ne touchait pas à sa moitié, sachant que les feuilles n'étaient en général pas posées au hasard.
"Comment je fais quoi ?" s'enquit-il.
"Tu es en train de maintenir deux métamorphoses" énonça-t-elle "et tu lis un grimoire de Sortilèges de cinquième année."
"McGonagall m'a dit que maintenir des métamorphoses et faire autre chose était difficile et je m'entraîne parce que j'aime les défis" répondit-il en levant les yeux de son livre "et ce grimoire m'a été recommandé par Flitwick si je voulais un jour être capable de dupliquer les sorts comme lui."
"McGonagall et Flitwick ne m'ont jamais donné de piste comme ça" répondit-elle, ses lèvres esquissant une moue "et je suis la meilleure de notre année après toi."
"Est-ce que tu leur as demandé ?" s'enquit-il.
"Pardon ?"
"Est-ce que tu leur as demandé ?" répéta-t-il. "Ils ne me l'ont pas donné spontanément. J'ai commencé à apprendre la théorie de la métamorphose avec les conseils de Tonks, une septième année qui est partie maintenant, et après je suis allé voir McGonagall pour lui demander si je pouvais pratiquer des sorts. Ça n'a pas été spontané de sa part."
Hermione s'arrêta, se frotta les yeux.
"Non" admit-elle. "Je ne croyais pas que les profs aidaient les élèves."
"Ils adorent les élèves qui vont plus loin que le cours" rectifia Stan.
"Je ne suis pas aussi bonne que toi."
"S'il te plaît, ne me fais pas de crise de confiance en toi" fit-il en replongeant dans sa lecture. "Tu es la deuxième de notre année, et de loin. Malefoy est troisième à plus de dix pour cent derrière toi, c'est monstrueux. Et j'ai travaillé en permanence pour être devant toi, j'arrête deux mois, tu me dépasses. Tu as une mémoire eidétique, pas moi."
"J'ai aussi travaillé en permanence" fit Hermione, vexée, sans prendre en compte la remarque sur sa mémoire.
"Mais seule" corrigea-t-il. "Moi j'ai demandé à Tonks, puis McGo et Flitwick. Toi tu n'as jamais posé la moindre question à qui que ce soit, je me trompe ? Il y a des milliers de livres dans cette bibliothèque. Ni toi ni moi n'aurons le temps de tous les lire dans notre scolarité."
Hermione eut l'air mortifiée à cette annonce.
"C'est vrai" reconnut-elle néanmoins. "Tu pourrais me passer la liste de…"
Elle s'était interrompue, emplie d'espoir, et il releva les yeux.
"De quoi ? C'est quelles matières que tu veux bosser ?"
"Sortilèges" fit-elle immédiatement. "C'est ma matière préférée. J'adore l'histoire aussi mais Binns…"
"L'histoire, va falloir que tu te débrouilles sans lui" acquiesça-t-il. "Autre chose ?"
Hermione rougit légèrement.
"J'ai regardé le programme de troisième année et je trouve l'Arithmancie passionnante… j'adorais les maths et la géométrie avant et apparemment c'est un pré-requis pour créer ses sortilèges…"
"C'est vrai" acquiesça-t-il "mais je comptais m'y mettre en troisième année, pas avant. On pourrait le faire ensemble si tu veux. Pour les Sortilèges…"
Il se pencha, prenant son sac de cours pour fouiller dedans avant d'en sortir un trieur. Il était rempli de feuilles moldues.
"Tu écris sérieusement sur du papier ?" s'enquit Hermione.
"Et au stylo bic" acquiesça-t-il. "Ça va beaucoup plus vite, je ne fais que les devoirs sur parchemin. Tu devrais faire pareil, ça simplifie vraiment la vie."
Hermione le regarda bizarrement, puis se pencha et sortit un cahier bien moldu de son sac. Il eut un ricanement amusé et prit une feuille, la lui tendant.
"Ça, c'est les livres de sortilèges que j'ai lu l'année dernière" fit-il, et elle se jeta pratiquement sur la liste. "Quand tu auras lu et compris tout ça je te donnerai la liste de Flitwick, pas de soucis. Merde !"
Son sablier venait de se retransformer en plume et il se pinça les ailes du nez, agacé. Bon, au moins cela avait tenu une bonne demi-heure. Un net progrès. Et la boule de pétanque était toujours en lévitation à côté. Comme pour le contredire, elle retomba avec un bruit sourd sur la table, se retransformant en encrier juste après, et il grogna.
"Est-ce que tu as maintenu une métamorphose en lévitation ?" s'enquit poliment Hermione.
"Tu peux essayer ça pour travailler ta concentration" suggéra-t-il en reprenant sa baguette d'une main lasse. "Les deux premiers mois j'arrivais pas à lire en le faisant. Tu lances le Wingardium Leviosa, tu poses ta baguette et tu essaies de faire autre chose."
Hermione fronça des sourcils, puis saisit sa baguette et fit léviter sa plume, avant de la reposer et de recommencer à copier sa liste de livres. Il y eut un petit pouf alors que la plume retombait sur la table et Stan eut un sourire narquois.
"Amuse-toi bien" susurra-t-il avant de métamorphoser les deux objets et d'en faire léviter un.
Un simple regard décidé lui répondit et la plume décolla à nouveau. Elle eut le temps de recopier la moitié d'un titre cette fois-ci et reprit sa baguette, fermement décidée à faire aussi bien que son camarade.
Ce fut Mrs Pince qui les chassa de la bibliothèque à vingt-deux heures, au moment du couvre-feu, comme c'était le cas fréquemment. Aucun d'eux n'avait pensé qu'on était à Halloween, et qu'il y avait eu un festin, bien trop occupés à déterminer qui ferait léviter sa plume le plus longtemps sans cesser leur travail à côté. Et Hermione apprenait définitivement vite. Il décida machinalement de la raccompagner à la Tour Gryffondor et ils étaient dans le couloir du second étage, là où ils avaient croisé le troll, lorsqu'il s'immobilisa.
"Stan ?"
"Qu'est-ce que c'est que ça ?" murmura-t-il.
Son regard était entraîné à repérer toute anomalie. Et l'écriture brillant faiblement sur le mur en était indubitablement une. Il fit jaillir sa baguette, marmonnant un Lumos, et le couloir s'illumina à nouveau alors que les torches se rallumaient avec un claquement. Hermione poussa un petit cri à côté de lui.
"Miss Teigne !"
La chatte était suspendue par la queue à une torchère, raide comme la mort. Derrière elle, de l'écriture brillait faiblement, couleur de sang, et Stan s'en approcha prudemment, la frôlant du bout des doigts.
"Peinture" murmura-t-il. "Ce n'est pas du sang."
Cela y ressemblait furieusement, cependant, dans une très belle imitation. De quoi causer la panique, surtout au vu du message. La Chambre des Secrets a été ouverte. Ennemis de l'héritier, prenez garde. Cela n'éveillait cependant aucun écho dans sa mémoire. Ses yeux pensifs parcoururent le couloir. Ils étaient au second étage, près des toilettes des filles, ce qui expliquait probablement l'eau sur le sol. Son esprit s'attarda un instant sur le détail. Poudlard n'était pas connue pour ses inondations.
Cependant des bruits de pas se faisaient entendre, lointains. Son premier réflexe d'assassin fut de disparaître dans la nature mais il resta néanmoins là, rejoignant simplement Hermione, plongé dans ses pensées. Il n'avait pas eu le temps de vérifier si le chat était mort mais en doutait – la position n'était certainement pas une raideur cadavérique. Et la peinture était indubitablement là pour faire de la mise en scène. Les pas se rapprochaient et il réfléchit rapidement. Mise en scène.
Le meilleur moyen de contrer celui qui avait fait ça était d'empêcher toute mise en scène.
"Nox" ordonna-t-il en levant sa baguette, éteignant toutes les torches.
Son autre main avait saisi Hermione et l'entraîna à travers le couloir, vers les bruits de pas, jusqu'à ce qu'ils ne retournent à la lumière.
"Granger" appela-t-il vers la jeune femme choquée. "Hermione. Personne ne doit voir ça. Le mec qui a fait ça veut terroriser les gens, tu comprends ?"
"Oui" fit immédiatement Hermione. "Comme les Mangemorts. Ils lançaient une marque brillante dans le ciel pour faire peur. Ils laissent un message écrit en sang sur le mur pour faire peur."
"Exact. Et tu n'as pas envie qu'il fasse peur aux gens, n'est-ce pas ?"
"Non" fit Hermione en secouant sa tête.
"Alors tu vas piquer le sprint de ta vie jusqu'à la salle des profs et raconter ce que tu viens de voir à n'importe qui sauf Lockhart."
"Et toi ?" demanda-t-elle en admettant néanmoins le bon sens de la proposition.
"Je vais rester là et empêcher les gens de passer tant qu'il n'y a pas de profs. Et ça va être dur, alors dépêche-toi, s'il te plaît."
Il avait à peine eu le temps de finir qu'elle partait en courant dans le couloir, droit vers la salle des professeurs. Bien. Maintenant il devait trouver un moyen de bloquer le passage. Ses yeux se posèrent sur l'armure plus loin dans le couloir et la seconde encore plus loin et il poussa un gros soupir. Il avait à peine étudié les passages sur les sorts d'Animation dans les livres conseillés par Flitwick. Cela ne l'empêcha pas de sortir sa baguette, fermant les yeux pour se concentrer un moment. Les mouvements étaient compliqués mais il avait une bonne mémoire visuelle – essayer de mémoriser les enchaînements favoris de Slade Wilson qui tentait de vous tuer était une bonne façon de développer cette compétence.
La litanie était longue également mais l'armure s'arracha finalement à son socle avec un grincement. Stan l'amena jusqu'au milieu du couloir avant de lui faire prendre la pose d'un chevalier gardant un donjon, son épée à la lame nue à la verticale devant lui alors que les deux gantelets en enserraient la garde. Puis il traversa le couloir dans l'autre sens et réitéra l'opération sur la seconde armure. Il sentit un bref vertige lorsqu'elle fut en place. Cette magie était encore quelque chose d'épuisant, il manquait sérieusement d'entraînement. Pourtant les pas étaient tout proches maintenant et il vérifia que le couloir était plongé dans l'obscurité avant de rejoindre l'armure étincelante en pleine lumière.
"Mallory ?" demanda la voix d'un des préfets de Gryffondor. "Qu'est-ce que tu fais là ?"
"L'armure veut pas laisser passer" répondit-il vaguement "alors Hermione est allée chercher un prof et je l'attendais."
Il réactiva discrètement le sort d'animation alors que Percy Weasley s'approchait, se plaçant face à l'armure d'un air dubitatif avant de tenter de la contourner. Celle-ci fit un pas de côté et son épée frappa le sol avec un bruit sourd, faisant reculer le préfet.
"Tu vois" fit Stan sans montrer la moindre goutte de sueur "elle veut pas, donc j'ai supposé qu'elle avait une bonne raison, et Hermione est allée à la salle des profs. J'ai fait le tour par un passage et l'autre bout du couloir est aussi bloqué."
"Laissez passer !" fit la voix flûtée de Flitwick, et la foule des élèves se fendit aussitôt pour laisser passer sa petite silhouette. "Ah, une armure s'est animée. Eh bien, voyons voir."
Il s'avança sans attendre et l'armure bougea à nouveau, lui barrant la route. Flitwick lui jeta un œil, absolument pas dupe, et Stan fit un très léger non de la tête.
"Fort bien, fort bien" fit le petit professeur d'un ton joyeux. "Cela arrive de temps en temps, ne vous en faites pas. Mr Weasley, ramenez vos condisciples en passant par l'aile est, s'il vous plaît, nous allons débloquer le passage."
"Je…" commença Percy, bombant le torse d'importance. "Entendu, professeur. Vous avez entendu, vous autres, nous passons par l'aile est !"
Ce fut un beau chaos pendant quelques minutes alors que les Gryffondor faisaient demi-tour. Dès qu'il n'y eut plus que Flitwick, Stan laissa tomber le sort d'animation, respirant fortement et bruyamment. Le petit professeur le rejoignit de son pas trottinant.
"Que s'est-il passé, Mr Mallory ?" s'enquit-il. "Miss Granger était un peu choquée et son discours n'était pas clair."
"Je serai curieux d'entendre la réponse" fit la voix joviale de Dumbledore. "Ce doit être d'une importance certaine pour qu'un deuxième année ne ressente le besoin d'utiliser un sortilège d'animation de sixième année…"
"C'était dans le livre du professeur Flitwick" répondit Stan en faisant mine de laborieusement reprendre son souffle "et j'ai pas eu d'autre idée pour les empêcher de passer et de voir."
"Voir quoi ?" demanda gravement Dumbledore, et il fit un vague signe de main.
"Le truc là-derrière est une mise en scène ou je n'ai jamais ouvert un bouquin d'histoire sur les dictatures fascistes de ma vie. Et le meilleur moyen d'empêcher une mise en scène d'atteindre son but, même si j'ai aucune idée de ce qu'il s'est passé, c'est de ne pas permettre qu'on la voie."
"Un excellent raisonnement" acquiesça le directeur en sortant sa propre baguette, renvoyant l'armure sur son socle. "Et une très bonne idée d'utiliser une armure ainsi. Voyons voir… Lumos !"
Les lumières se rallumèrent. McGonagall et Rogue les avaient rejoints, ainsi que Chourave. Le regard de Dumbledore se fit grave en voyant la chatte immobilisée et la scène et il s'en rapprocha, la décrochant avec précautions.
"Pétrifiée" murmura-t-il après un bref examen.
Ses yeux bleus se reposèrent sur l'écriture.
"Et je pense que vous aviez tout à fait raison, Mr Mallory" acquiesça-t-il gravement. "Cela m'a tout l'air d'être une mise en scène destinée à causer la panique. Vous avez eu un excellent réflexe. Severus, pourriez-vous amener une potion énergisante à Mr Mallory ? Il doit en avoir besoin après avoir pratiqué un sortilège d'aussi haut niveau."
Le jeune homme fit un infime signe de tête négatif vers Rogue qui partit néanmoins dans un tourbillon de robes. Il ne voulait pas d'une potion énergisante qui ferait probablement déborder sa magie et Rogue allait lui donner quelque chose de bien plus inoffensif.
"Maintenant, Mr Mallory" demanda doucement le directeur "pourriez-vous me dire ce que vous faisiez là ?"
"On était à la bibliothèque avec Hermione" répondit-il d'une voix plate. "Mrs Pince nous a mis dehors à vingt-deux heures parce que c'était le couvre-feu et on n'avait pas remarqué le temps qui passait. J'ai décidé de la raccompagner à la tour Gryffondor parce qu'on discutait de la théorie de Lern et qu'on pouvait le faire en marchant et on est tombés sur ce couloir. Tout était pareil que maintenant, on l'a juste traversé tous les deux et j'ai envoyé Hermione à la salle des professeurs en sentant que ça ne devait pas être trop vu. Le couloir était dans le noir au début et j'ai relancé un Nox, puis j'ai déplacé les armures. Après, quand Weasley est arrivé, j'ai prétendu qu'elle m'empêchait de passer et que Hermione était parti chercher un professeur pour qu'il débloque le passage."
"Mr Mallory m'a effectivement bouché la voie avec l'armure quand je suis arrivé" rajouta Flitwick sur un ton grave "et j'en ai déduit que la chose devait être d'importance, j'ai ordonné aux Gryffondor de passer par l'aile Est. Miss Granger doit être arrivée à l'infirmerie maintenant, elle était un peu choquée et j'ai préféré l'envoyer voir Poppy en compagnie du professeur Bibine."
Dumbledore acquiesça et remit solennellement le chat à son professeur de métamorphoses.
"Je vais enlever ce message. Il n'y aura plus aucune trace dans ce couloir demain matin. Vous pouvez rejoindre votre dortoir, Mr Mallory."
"Qu'est-ce que la Chambre des Secrets ?" s'enquit le jeune homme sans bouger tout de suite.
Rogue revenait et lui tendit une fiole avec dégoût. Il la prit néanmoins, la débouchant puis la buvant, avant de se redresser comme s'il se sentait bien mieux.
"Une légende, Mr Mallory" répondit Dumbledore. "Une très vieille légende, d'une pièce secrète que Salazar aurait laissée dans Poudlard – mais qui n'existe pas, je vous l'assure. Nous allons préparer la potion pour revitaliser Miss Teigne et le coupable, une fois trouvé, écopera d'un bon mois de retenue."
"En attendant" fit Flitwick de sa voix flûtée "cinquante points pour Poufsouffle pour ces superbes sortilèges d'animation."
"Inutile" fit doucement Stan "cela attirerait inutilement l'attention sur cette nuit…"
Flitwick parut réticent, puis eut un sourire amusé.
"Très bien, Mr Mallory, mais j'attends à ce que vous m'en fassiez la démonstration dans mon cours pour pouvoir vous les réattribuer. Bonne nuit."
"Bonne nuit" répondit le jeune homme en se décollant enfin du mur, retournant en silence vers son dortoir.
Son premier geste une fois dans son lit fut de sortir son téléphone et d'envoyer une succession de brefs message à la Ligue. Il aurait préféré que personne ne voit la scène, mais la limiter aux professeurs principaux était déjà une réussite en soit. Pas un instant il ne croyait Dumbledore – si la légende de la Chambre des Secrets avait perduré aussi longtemps, elle devait bien contenir un fond de vérité. Peut-être pas ce que disaient les récits exactement, mais certainement quelque chose. Et s'il y avait une information à déterrer quelque part, la Ligue le ferait pour lui. Ils avaient des informateurs spécialisés dans ce genre de recherches, chez les moldus comme chez les sorciers, et lui-même, en tant qu'assassin, ne ferait pas de mouvement dangereux tant qu'il n'aurait pas le maximum d'informations en sa possession.
De toutes manières, les consignes de Ra's al'Ghul étaient claires, surtout après le fiasco avec le meurtrier de licornes qui avait manqué de le tuer : pas d'acte inconsidéré. Il travaillait en priorité à l'accroissement de ses capacités et s'intégrait afin de mieux se placer pour pouvoir frapper Voldemort le moment venu, en plus d'éventuels autres gêneurs. Il commençait déjà à avoir sa petite idée de comment neutraliser le plus de Mangemorts possibles.
Son sourire disparut brutalement. Il devait encore s'occuper de la Marque de Rogue. Le sorcier ne pouvait pas lui en parler et il avait tenté d'agir par psychologie inversée : lorsque la question était bien posée, le silence était une réponse en soit. Sortant une feuille et un stylo, il entreprit de noter les questions qu'il avait déjà posées à Rogue et de dégager un schéma. Un tel jeu de devinettes pouvait prendre des mois et il tapota sa joue, songeur, avant qu'une question ne fuse dans son esprit. Il rejeta aussitôt la feuille. Si cette réponse était connue, il n'aurait besoin de rien d'autre.
Severus Rogue ne parut pas heureux à leur retenue suivante, lorsqu'il ne le vit pas sortir son bloc comme à l'accoutumée. Pourtant Al'Najin avait été très patient, lui avait déjà posé des dizaines de questions. Il savait à quel point l'exercice était délicat : si certaines questions, comme Connais-tu un moyen d'enlever la Marque, étaient aisées à trouver, d'autres nécessitaient d'être encore plus roublard que celui qui avait posé le sortilège de confidentialité – et peu de gens étaient plus rusés que Voldemort lui-même.
"Severus" fit Al'Najin avec un sourire rusé, croisant ses doigts devant lui "si tu réponds à cette question, je pense que nous passerons la soirée à se soûler au Whisky Pur-Feu… je me sens très idiot de ne pas y avoir pensé plus tôt, en réalité…"
"Ne me fais pas espérer une bonne cuite" répliqua le Maître de Potions "et ne compte pas sur moi pour te donner la moindre goutte d'alcool."
Ses yeux se plissèrent.
"Mais une lettre de trente pages de Flamel, accompagné d'un grimoire, pourrait être une belle récompense, n'est-ce pas ?"
Les yeux du jeune garçon s'écarquillèrent et il fit un sourire joyeux.
"Dis-moi, Severus, un Mangemort peut-il parler de la Marque avec un autre Mangemort s'il est certain qu'il n'y a aucun témoin ?"
Les yeux de Rogue se plissèrent.
"Les sorts d'écoute l'empêcheront."
"Oh mais nous n'utiliserons pas de sorts d'écoute" répondit innocemment le jeune assassin, sortant un micro minuscule, plus petit qu'une noisette, de sa poche. "Est-ce que Voldemort a sérieusement pensé qu'un Mangemort pourrait dissimuler un micro et un enregistreur sur lui ?"
Le silence lui répondit. Le Maître de Potions regardait le micro, le cœur battant. Bien sûr que non. Bien sûr que Voldemort n'avait pas pensé aux moyens d'espionnage moldus, d'autant plus qu'ils n'étaient pas aussi développés et discrets à l'époque.
"Fait parler un Mangemort, Severus" fit tranquillement Al'Najin en lui tendant le micro. "Fais-lui dire tout ce qu'il sait de la Marque, en tant que frère d'armes, pose des questions pertinentes… et ramène l'enregistrement après."
Severus tendit la main, prenant mécaniquement le micro.
"Il peut enregistrer sept heures en non-stop" informa Al'Najin. "Il fonctionne dans les lieux magiques. Tu peux le porter à l'intérieur de tes vêtements, au fond d'une poche ou dans ton col par exemple. Si un charme de silence ou d'intimité est posé sur toi, ça ne l'affecte pas, j'ai testé. Il n'émet pas, ce n'est qu'un enregistreur, il ne peut donc pas être détecté par ses ondes. Tu me l'amèneras dès qu'il sera plein et je te le rechargerai à l'infini."
"Oh, je vais le faire, Al'Najin" répondit Rogue en faisant disparaître l'engin. "Et je sais même à qui je demanderai et pourquoi… Oui, cette idée a du potentiel, infiniment plus de potentiel que de me questionner au hasard."
"Oui" fit l'assassin en penchant sa tête sur le côté "c'est aussi le sentiment que j'ai eu quand elle m'a traversé l'esprit."
"Je vais tester ceci prochainement, jeune homme" fit Rogue avec un sourire féroce. "Le temps d'amener la chose subtilement auprès de la bonne personne et je pense que nous théoriserons beaucoup autour de quelques verres de whisky Pur-Feu."
"Eh bien" fit Stan en se levant "je vais retourner à mes Sortilèges alors. Bonne soirée."
"Un instant" rappela le professeur.
Il s'arrêta, l'air ennuyé. Rogue s'était levé et disparut dans la pièce voisine. Al'Najin entendit les bruits des sorts de sa réserve personnelle qu'il désactivait un par un, avant de les remettre en place tout aussi précautionneusement et de revenir. Il lui tendit une lettre en épais papier filigrané sans être du parchemin pour autant.
"Pour vous. Quant à ceci, notre ami commun a demandé à ce qu'il ne sorte pas de ma réserve personnelle sauf pendant que vous l'étudiez."
Ses lèvres formèrent une moue sceptique alors qu'il posait l'épais grimoire sur le bureau.
"Je ne suis pas certain que vous comprendrez mais votre ami semble persuadé du contraire."
Al'Najin tendit la main vers le grimoire sans titre, les doigts frémissants d'excitation, soulevant la garde. L'écriture était fine et déliée, élégante mais aisément lisible. Le livre était visiblement manuscrit et ses yeux s'écarquillèrent.
Des auras et signatures magiques, de leur détection et leur signification, de leur dissimulation et leur abus.
Par Pernelle Flamel.
Il resta bouche bée. Si Nicolas Flamel était un alchimiste hors du commun, le seul à avoir réussi à achever le Grand Œuvre, Pernelle, bien que moins connue, n'était pas une mauvaise sorcière pour autant. Elle était après tout en train de calculer la puissance exacte de Voldemort et le nombre de Horcruxes qu'il avait construit, ce qui démontrait un énorme talent en arithmancie – et il s'était déjà douté plus ou moins que les auras étaient soit de la divination, soit de l'arithmancie.
"Et tes sortilèges ?" demanda Severus d'un ton moqueur alors qu'il tournait la première page, examinant attentivement le sommaire.
Pernelle avait couvert beaucoup de domaines. Depuis la technique qu'elle comme Aesclepios avait utilisée pour faire jaillir ses magies, jusqu'à comment les voir bien plus subtilement, autour des gens, comme un dérivé de la Legilimencie, mais également repérer les enchantements et tout ce qui possédait une signature magique, que ce soit incrusté dans des murs ou dans l'air. Et bien sûr, les significations des auras, de leurs formes et leurs couleurs, comment les assimiler et les utiliser au mieux.
"Oublie ça" répondit-il en se rasseyant, prenant le livre sur ses genoux. "Et donne-moi beaucoup de retenues ces prochains temps."
"Retenue, Mallory" grimaça Rogue "pour avoir réussi à me faire sourire avec vos idées stupides. Mercredi soir, vingt heures."
Il acquiesça distraitement. Pourtant les trois premières pages suffirent à lui offrir un mal de crâne. Pernelle avait expliqué ses théories à l'aide de schémas et de formules – et Wildberg, le Maître de Métamorphoses, pouvait aller se coucher tellement ses recherches étaient simplistes. Il allait lui falloir des mois à travailler avec acharnement et refaire les calculs pour comprendre de quoi elle parlait avant même de pouvoir songer à l'appliquer. Peut-être même était-il trop tôt, et n'avait-il pas assez de connaissances en arithmancie.
Il rejeta l'idée. Les Flamel avaient eut un assez bon aperçu de ses connaissances et avaient probablement suivi ses progrès magiques – chose réellement aisée pour Nicolas. McGonagall avait fanfaronné partout sur ses exploits en Métamorphoses et le couple multicentenaire le savait probablement. Pernelle pensait donc qu'il pouvait comprendre en l'état actuel de ses connaissances. Il allait certainement s'employer à lui prouver à quel point elle avait raison. Voir la magie était certainement le rêve de beaucoup de sorciers – et un don d'un potentiel incroyablement élevé.
Il ne quitta les donjons qu'à minuit, l'esprit bourdonnant, rejoignant son dortoir où il s'effondra dans son lit plus qu'il ne se coucha. Il ne se souvenait même pas de quelque chose qui ait tellement mobilisé son intellect dans le passé – mais il comprendrait et userait de ces aptitudes, foi d'Assassin.
