Avertissement : Une petite scène signalée en gras, mais sinon c'est tout. Pour une fois qu'on est gentilles, profitez-en XD

Bonne lecture.

Yzan et Lili.

PS : Nous rappelons à nos lecteurs anonymes (n'ayant pas de profil sur ce site) que nous répondons à leurs reviews sur notre profil. Pour y accéder c'est facile : cliquer sur notre pseudo ;). On remercie tout ceux et celles qui nous suivent depuis le début de cette fic (et tout les autres aussi XD). Merci pour vos reviews qu nous touchent toujours beaucoup et nous encouragent à publier le plus tôt possible (même si parfois il y a des retards dus aux intempéries IRL). Vos reviews sont notre salaire, et c'est toujours un plaisir de le recevoir ;) (et puis ça permet de connaitre votre avis ce qui est très intéressant aussi XD Certains lecteurs ont l'esprit encore plus tordu que nous !).


~17. Décisions et conséquences ~

- Ne reviens jamais. Je ne veux plus jamais te voir. Jamais. Si tu te pointes, je chargerai Jûgo de te foutre la raclée du siècle. C'est fini. Adieu.

Naruto resta interdit, les yeux fixés sur le dos de Taka qui s'éloignait de lui. Une violente douleur lui déchira le cœur. Sasuke ne voulait plus le voir... Jamais... Mais pourquoi ? Ils s'aimaient non ? Alors pourquoi ? Adossée au mur, la fine silhouette de son amant était là à quelques pas, et pourtant si loin. Désespéré, il s'apprêtait à quitter cette rue quand du coin de l'œil, il perçut le tremblement des mains fines du prostitué bataillant avec son briquet.

Pourquoi était-il encore là ? Il aurait dû partir tout de suite après sa phrase assassine. Taka retint un soupir et tenta d'oublier la présence de celui qu'il aimait juste devant lui. Prononcer ces mots avait été si difficile, se détourner sans un regard de ses yeux si bleus remplis d'incompréhension avait été une véritable épreuve. Ses doigts tremblèrent, l'obligeant à s'y reprendre à plusieurs fois pour allumer sa clope, sa nervosité grandissant à chaque seconde où Naruto, dans sa citadine orange, restait devant sa portion de trottoir.

Une portière claqua violemment, faisant sursauter Taka qui releva la tête et vit avec stupeur et effarement son beau blond bizarre se diriger vers lui d'un pas ferme et décidé, un air déterminé sur le visage. Mais qu'est-ce qu'il faisait cet imbécile ? Avant qu'il n'ait eu le temps de protester, Naruto l'attrapa par le bras et le tira dans la venelle au sol jonché de préservatifs usagés. Dès qu'ils furent dans l'obscurité de l'étroite ruelle, le prostitué se retrouva plaqué contre le mur de briques sales.

- Pourquoi ? gronda Naruto, les poings serrés, dardant un regard orageux sur son brun.

- J'en ai marre... c'est tout, répondit Taka d'une voix froide. Marre de toi, de tes lubies de bourgeois, de ta façon de me regarder. Je ne supporte plus tout ça. J'ai d'autres clients à satisfaire. Maintenant que tu as eu ce pourquoi tu as raqué, tu dégages. C'est tout.

Les lèvres exigeantes s'écrasèrent sur les siennes dès qu'il eut fini sa phrase, ne lui laissant pas le loisir d'en rajouter.

Il lui fallut toute sa volonté pour ne pas répondre au baiser vindicatif et désespéré de celui que son cœur avait choisi. Il devait le faire, il devait le repousser, l'éloigner de lui ! S'il ne le faisait pas, Dieu seul savait ce qu'il risquait d'advenir de son amant. Hidan, l'Akatsuki... tout ça c'était beaucoup trop dangereux pour lui. Le souvenir du visage bandé et tuméfié de son beau blond bizarre fournit à Taka la force qu'il lui fallait. Posant ses deux mains sur les épaules puissantes de Naruto, il le repoussa sans ménagement, dardant sur lui un regard meurtrier et réfrigérant.

Ignorant l'étau qui comprima son cœur face à l'air profondément blessé de son amoureux, le prostitué s'essuya la bouche d'un geste rageur et grogna :

- Dégage !

- Non ! rétorqua Naruto. Pas tant que tu ne m'auras pas donné la vraie raison ! Je sais que tu mens ! Pourquoi serais-tu si nerveux autrement ? Alors dis-moi : Pourquoi ?!

Dans la venelle sombre, les deux jeunes hommes s'affrontèrent du regard. La tension entre eux était palpable, aucun d'eux ne voulant lâcher l'affaire. Naruto chercha dans les obsidiennes qui lui faisaient face les réponses que son amant refusait de lui donner. Son intuition lui disait que tout ceci n'était qu'un mensonge. Toute la semaine il avait échangé des textos avec Taka, l'appelant même parfois juste pour entendre le son de sa voix, s'assurer qu'il allait bien.

Et là, d'un seul coup, d'un seul; il lui sortait qu'il ne voulait plus jamais le revoir juste parce qu'il en avait marre ? C'était quoi cette blague ! Il était peut-être blond, mais pas complètement idiot ! Voyant le brun faire un mouvement pour s'éloigner de lui, Naruto le saisit par les épaules et le plaqua plus fermement contre le mur.

- Qu'est-ce qui se passe ? C'est ton mac qui t'a dit de me dégager ? Pourquoi ? Je te paye, non ? Alors c'est quoi le problème !

Voyant que Taka ne semblait pas décidé à lui répondre, Naruto perdit le peu de calme qu'il avait réussi à garder et hurla :

- Réponds-moi bordel ! Pourquoi ?

Le prostitué se figea dans la poigne dure qui lui broyait les épaules, son masque de froideur candide se lézardant quelque peu. Un frisson d'angoisse remonta le long de son échine. Jamais il n'aurait cru que son beau blond bizarre puisse lui faire peur un jour.

Pourtant, là, les yeux bleus virant presque au rouge sous la colère et les traits crispés par la rage l'effrayaient un peu. Pas décidé à se laisser impressionner pour autant, et surtout pas à le montrer, Taka planta un regard déterminé et glacial dans les saphirs orageux de son amoureux et claqua d'une voix tranchante :

- Non. C'est pas lui, c'est moi ! C'est moi qui n'en peux plus de toi. Maintenant, va-t-en !

- Menteur ! souffla Naruto.

Il ferma les yeux un instant, tentant de retrouver son calme. Il ne tirerait rien de son brun avec la violence, il le savait. Ce qui fonctionnait avec lui, c'était la douceur, pas la brutalité. Radoucissant son emprise sur les épaules fines de son amour, il l'enlaça, collant son corps fin au sien, le plus près possible. Sa bouche au niveau de son oreille, il lui chuchota :

- Viens avec moi ! On pourrait partir d'ici, j'en ai les moyens. On irait à l'étranger, là où ce mec ne pourrait plus jamais te retrouver. Taka...

Dans l'étreinte douce et réconfortante de celui qu'il aimait, le prostitué ne put résister et se laissa aller un bref instant, profitant une dernière, une toute dernière fois de cet amour interdit. Pourquoi cet imbécile rendait-il les choses si difficiles ? Pourquoi ne pouvait-il pas simplement partir ? Il devait le protéger, puisque ce crétin n'avait visiblement aucun instinct de survie. Doucement, tout doucement, Taka se détacha des bras de son amoureux et, plantant ses yeux dans les siens, répéta d'un ton qu'il aurait aimé plus ferme :

- Non. Va-t-en. Et ne reviens plus jamais.

Une paume hâlée se posa sur sa joue et le brun ajouta, bien décidé à faire comprendre à son beau blond bizarre qu'il ne devait plus revenir :

- Rentre chez toi et oublie-moi. Tu as des études à finir, une grande carrière à faire, des amis avec qui sortir. Alors, va-t-en... C'est mieux comme ça.

Et sans laisser au blond le temps de répondre, Taka quitta la venelle, rejoignant son bout de trottoir qui l'attendait. Cette portion de macadam à laquelle il était voué et que jamais il ne quitterait, parce que c'était là qu'était sa place, et Naruto ne pourrait rien y changer.

Abasourdi, choqué, Naruto resta les bras ballants dans la ruelle sombre, ne sachant que dire après le discours de son amant. Ce qu'il avait entraperçu dans les orbes onyx de celui-ci lui avait coupé toute envie de protester. L'éclair fugace mais douloureux qui avait percé les iris noirs et déterminés, il ne l'avait pas imaginé n'est-ce pas ? Un sifflement strident le tira de ses pensées et le blond tourna la tête vers la rue. Son coeur se déchira devant ce qui se déroula sous ses yeux.

Il vit parfaitement Taka rouler des hanches en s'approchant du bord de son bout de trottoir, une voiture s'arrêter devant lui et la vitre côté passager s'abaisser. Ses yeux se posèrent sur son propre véhicule, toujours garé là, avant de revenir sur la silhouette fine du brun qui devait sûrement énumérer ses tarifs au conducteur. Ses sourcils se froncèrent de colère quand il vit son amant monter à la place du mort, sans même un regard pour lui. Ses poings se serrèrent de rage, ses ongles perçant ses paumes. Son impuissance ne fit qu'augmenter sa colère.

Le véhicule démarra et commença à s'éloigner. Pris d'une impulsion subite, Naruto courut jusqu'à sa propre voiture et partit sur les chapeaux de roues à la poursuite de son amour. Il l'aimait, il l'aimait vraiment. Et il était sûr et certain que ses sentiments étaient réciproques. Il n'était pas question, absolument pas question qu'il laisse qui que se soit les séparer. Quelles que soient les raisons pour lesquelles Taka voulait le faire partir, il ne l'abandonnerait pas. Jamais !

Peut-être qu'au début il avait été hanté par le souvenir de Sasuke, son meilleur ami décédé. C'était ça qui l'avait poussé vers ce jeune homme. Mais aujourd'hui, que Taka soit Sasuke ou pas, il s'en moquait. Il avait appris à le connaître, il s'était attaché à lui. Au fil de tous ces week-ends, ses sentiments pour lui avaient grandi. Alors non, il ne pouvait pas partir et juste fermer les yeux. Malgré le métier que Taka faisait, il était bien décidé à tout tenter. Il ne se laisserait pas écarter, il ne le laisserait pas tomber. Il l'aimait, merde ! Et Taka, tout prostitué qu'il était, méritait qu'il se batte pour lui. Il se battrait pour deux s'il le fallait. Il l'aimait, il n'allait pas baisser les bras pour si peu !

Dans l'habitacle, Taka serrait les dents, se forçant à sourire d'un air aguicheur pendant que son client lui tripotait un téton tout en conduisant. Sa propre main se posa sur l'entrejambe de l'homme à ses côtés et entreprit de faire durcir le sexe caché par un bas de jogging gris pâle. Sa nausée revint en force et son estomac se contracta violemment à l'idée qu'il allait devoir écarter les cuisses pour ce type. Décidément, même son corps ne lui foutait pas la paix !

Un éclair orangé attira son attention sur le rétroviseur extérieur et son coeur fit un bond dans sa poitrine quand il reconnut la voiture flashy de son beau blond bizarre, juste là, derrière celle de son client. Mais qu'est-ce qu'il faisait cet imbécile ? Il ne comptait quand même pas le suivre, si ? Un pincement brutal sur son mamelon lui rappela qu'il n'était pas seul et Taka se reconcentra sur son voisin dont l'érection avait pris de l'ampleur sous sa paume qui naviguait sur elle efficacement et mécaniquement.

Le jeune prostitué quitta la voiture à la suite de l'homme, suivant ce dernier jusque dans la chambre miteuse et payée à l'heure d'un hôtel quelconque, non sans avoir jeté un œil à la voiture orange vif qui se gara sur le parking juste après eux. La porte de la pièce anodine se referma derrière lui et il pria intérieurement pour que son amant n'ait pas l'idée stupide d'intervenir, avant de s'avancer vers son client du moment qui ouvrait déjà son pantalon tout en le détaillant d'un air lubrique.

A peine s'était-il déshabillé que son consommateur passa un collier, relié à une laisse en cuir, autour de son cou.

- Mets-toi à genoux comme un chien, et montre-moi qui est ton maître !

Taka s'exécuta en silence, se demandant sur quel genre de malade il était encore tombé. Du sol, il vit son client se dévêtir entièrement et s'asseoir sur le lit, la poignée de la laisse fermement accrochée à sa main. Il allait encore devoir payer de sa personne, mais il espérait que ça se terminerait assez vite.

- Approche !

L'ordre claqua comme un coup de fouet dans le silence de la chambre et le brun s'avança lentement, crispant les muscles de son visage pour prendre un air aguicheur. Mais visiblement, il n'allait pas assez vite pour son "maître" qui tira violemment sur la laisse, apparemment devenu insensible à ses charmes. Le collier ceignant son cou se tendit brutalement, l'asphyxiant dans la manœuvre. C'était un collier étrangleur, comme ceux que l'on mettait aux gros chiens rétifs.

Décidément, il les collectionnait ou quoi ? Ce type le prenait pour un chien au sens propre du terme ! Où est-ce qu'il avait vu qu'il avait une queue et des oreilles aux attributs canins ? Il ne voulait pas qu'il aboie tant qu'on y était ? Tout en taisant ses pensées, Taka se pencha au-dessus de la gamelle d'eau que son "maître" lui tendit pour boire. Il ne savait pas ce qui était le plus humiliant : se retrouver à quatre pattes sur le sol, entièrement nu, un collier au cou, devoir laper l'eau tiédasse que contenait la gamelle, ou bien que son client se masturbe en le regardant faire.

Taka eut une pensée fugace pour son beau blond bizarre qui devait être dans sa voiture. S'il le voyait ainsi, que dirait-il ? Voudrait-il encore l'aider ? Sûrement que non. Il repartirait chez lui, l'abandonnant à son triste sort. Sa langue percée râpa le fond de la gamelle vide, son piercing tintant désagréablement contre le fond métallique.

- C'est bien, bon chien, le félicita son client en lui tapotant le haut du crâne. Maintenant tu vas me sucer, hein le chien !

Se demandant vaguement s'il ne fallait pas qu'il se mette vraiment à aboyer, le prostitué prit entre ses lèvres la bite rigide et déjà suintante de son client, y appliquant des attentions mécaniques et purement professionnelles. Rapidement, deux problèmes se posèrent au brun : la main de son client qui menaçait de le scalper tant elle serrait ses cheveux, et sa vessie à présent bien pleine qui réclamait d'être rapidement soulagée.

N'ayant pas particulièrement envie de se soulager devant son client, Taka accéléra le mouvement, soutirant des râles de plus en plus forts à son consommateur aux étranges lubies. Inconsciemment, il resserra ses cuisses pour retenir son envie de plus en plus prégnante et gênante. Quand, après de longues minutes, son "maître" se déversa enfin dans sa bouche, le jeune homme espérait sincèrement qu'il en avait fini avec lui et qu'il pourrait se retirer dans la salle de bain au moins quelques minutes.

- Hmm... Bon chien ! Dis-moi... Tu n'aurais pas envie de pisser par hasard ? ricana méchamment l'homme qui le tenait toujours en laisse.

- Non...

Bon c'était un mensonge, un gros mensonge même, mais pas question de l'avouer à ce type. Cependant ses tortillements inconscients pour se retenir n'échappèrent pas à son client dont le ricanement sournois augmenta.

Sans un mot, l'homme se leva et tira sur la laisse, entraînant Taka à sa suite toujours à quatre pattes, vers la salle de bain. Il le força à entrer dans la baignoire miteuse et lui ordonna :

- Maintenant, lève la patte et soulage-toi comme un bon chien-chien que tu es !

Le prostitué se figea, fixant avec incrédulité ce mec qui lui demandait de pisser comme un vrai chien. Non mais, c'était quoi ce délire ?

Son orgueil déjà bien malmené en prenait un sacré coup là, et il était bien tenté de refuser tout net. Mais alors qu'il hésitait, son client tira sur la laisse, l'étranglant dans la foulée. Il dit :

- Allez ! Si tu veux ton fric, tu vas faire ce que je te dis, compris le chien !

Tremblant de rage contenue et de honte, Taka leva alors lentement l'une de ses jambes, gardant la tête baissée pour ne pas avoir à regarder la jubilation qui devait se lire sur les traits grossiers de son "maître".

Tomber bas, toujours plus bas dans la déchéance... De toute façon, son consommateur aux lubies canines avait visé juste. S'il voulait être payé, il n'avait plus qu'à s'exécuter. Il n'était qu'un prostitué, un jouet sans états d'âme prêt à satisfaire les pulsions sexuelles de ses clients. C'était son métier, ce qu'il était, ce qu'il faisait pour survivre, ce qui lui permettait de rester en vie. Le coeur de Taka se serra et il ferma plus fortement ses paupières. Il n'y avait pas d'autre issue pour lui, l'Akatsuki y veillait. Et Naruto ne pourrait jamais rien y faire.

- C'est bien, c'est un bon chien ça, lança l'homme en le voyant lever enfin une jambe.

- Ce n'est pas un chien, connard !

La voix puissante et furieuse qui retentit dans la pièce fit sursauter les deux occupants qui se tournèrent vers celui qui venait de surgir aussi soudainement par la porte restée ouverte. Les yeux de Taka s'écarquillèrent d'horreur quand il reconnut nul autre que Naruto. La chaîne autour de son cou tinta bruyamment, l'étranglant dans la foulée, quand le client vola à travers la pièce après s'être pris le poing du blond en pleine figure.

- Je t'interdis de le traiter comme ça, pourriture !

Naruto hurla en frappant encore ce mec qui avait osé toucher à son amant. Depuis plus d'une demi-heure, il rongeait son frein dans sa voiture, essayant de ne pas imaginer ce qui se passait dans cette chambre, derrière cette foutue porte. Et ça avait été plus fort que lui, il n'avait pas pu résister. Après avoir soudoyé la concierge avec quelques billets, il était allé jusqu'à l'entrée de la chambre. N'entendant rien, mais craignant ce qu'il pourrait voir, il avait finalement poussé la porte qui n'était même pas verrouillée.

- Allez ! Si tu veux ton fric, tu vas faire ce que je te dis, compris le chien !

Les mots lancés d'une voix railleuse lui avaient hérissé le poil et il avait entrouvert la porte de la salle de bain, découvrant son amant nu dans la baignoire, la tête basse, tenu en laisse par ce type. La phrase suivante l'avait fait définitivement sortir de ses gonds et il avait violemment poussé le battant, se jetant sur ce mec qui osait parler ainsi à son amour, et l'humilier de la sorte. Personne n'avait le droit de traiter son Amour de la sorte, personne ! Personne ! Personne !

Aveuglé par sa rage, il frappait le type à terre en lui hurlant qu'il allait le tuer. A califourchon sur le torse de sa victime, il bourrait son visage de coups de poings. Le client se protégeait le visage comme il pouvait, suppliant le blond d'arrêter, mais celui-ci resta sourd à ses suppliques. Personne n'avait le droit de toucher Taka de cette façon, personne d'autre que lui n'avait le droit de le toucher ! Comment ce porc osait-il poser ne serait-ce qu'un œil sur SON homme ! Personne n'avait le droit de traiter Taka comme ça, c'était son petit ami, le sien, à lui !

Tétanisé dans la baignoire, incapable de bouger, incapable de penser, Taka assista à la fureur de Naruto. Naruto... S'il continuait comme ça, il allait tuer son client... Et ils auraient des ennuis, beaucoup d'ennuis... Ce fut cette pensée qui le sortit de sa léthargie. Se redressant d'un bond, le prostitué sauta sur son amoureux, tentant de l'immobiliser.

- Arrête ! Tu vas le tuer ! Arrête ! Naruto ! Arrête !

Du sang maculait les poings serrés du blond, éclaboussait le carrelage fané sur le sol et les murs, dégoulinait du visage du consommateur qui s'était même pissé dessus sous la frayeur. Les yeux de Naruto étincelaient de fureur. Pourquoi Taka le rejetait-il ? Pourquoi se préoccupait-il du sort de ce pourri étalé sous lui comme une merde à présent ? Ne méritaient-ils pas tous de mourir pour la façon dont ils le traitaient ? Il serait bien capable de les tuer tous jusqu'au dernier, mais visiblement ce n'était pas ce que Taka voulait !

Les cris de son amant résonnant à ses oreilles, intensifièrent encore sa rage. Délaissant sa victime étendue sur le sol, il se retourna vers le brun, le repoussant sans ménagement, dardant un regard sombre sur celui-ci.

- C'est pour ce genre de merde que tu veux que je dégage ? Tu préfères les lubies de ces porcs aux miennes ? Pourquoi ? Du fric ? J'en ai du fric ! Bien plus que ce pervers ! A moins que tu aimes ça te faire traiter comme un chien ! hurla-t-il.

- Non mais pour qui tu me prends ?! Et pour qui tu te prends pour débarquer comme ça ?! rétorqua Taka d'une voix forte et tranchante.

Naruto plongea ses orbes azurés dans les iris noirs de son amant et ouvrit la bouche pour protester quand soudain il remarqua que celui-ci tremblait. Sans mot dire, il lui attrapa le poignet et l'entraîna à sa suite, non sans jeter une liasse de billets aux pieds de l'homme dont il venait de refaire le portrait.

- Qu'est-ce que tu fous ? Lâche-moi ! râla Taka en cherchant à se libérer de la poigne de Naruto.

Mais, ce dernier ne prit même pas la peine de répondre et resserra sa prise sur son poignet. Au pas de charge, il traversa la chambre. Il ramassa les vêtements du brun, l'enroula dans un drap qu'il arracha du lit, lui ôta sans aucune douceur le collier étrangleur qui entourait son cou, et sortit hors de la pièce miteuse, le traînant derrière lui sans ménagement.

Il ne lui fallut que quelques secondes pour traverser le parking et rejoindre sa voiture, ouvrir les portières et jeter Taka sur le siège passager. A peine fut-il assis qu'il démarra en trombe, pressé de mettre autant de distance que possible entre eux et cet hôtel. A ses côtés, Taka le fixa sans rien dire, avant de soupirer de lassitude.

- Putain, t'es chiant !

- C'est toi qui es chiant ! Qu'est-ce que tu me fais là, hein ? Toute la semaine on s'est eu par texto et au téléphone et toi, tu m'envoies paître à peine arrivé ! Pourquoi ? Et me sors pas que tu en as marre de moi ou je ne sais quelles autres conneries du même genre ! s'écria Naruto, toujours aussi énervé.

C'en fut trop pour Taka qui craqua pour de bon. Il hurla à son amant :

- Pour te protéger putain ! Ils t'ont envoyé à l'hosto une fois, ça te suffit pas ? Tu crois qu'ils feront quoi s'ils apprennent que tu reviens quand même ? T'es idiot ou quoi ?! Tu tiens vraiment à mourir ? Merde !

Surpris, Naruto se tourna soudain vers son amour.

- Comment tu sais ça ?

Lui lançant un regard peu amène, le brun lui répliqua :

- Jûgo me l'a dit. C'est lui qui t'a retrouvé à l'hôpital. Et regarde devant toi ! Va pas nous faire avoir un accident en plus.

Crispant ses mains sur le volant, le blond grinça des dents avant de répliquer :

- Ces types ne me font pas peur !

- Tu n'as pas la moindre idée de ce qu'ils sont capables de faire, rétorqua Taka d'un ton dur. Moi je sais, et je n'ai pas envie qu'ils s'en prennent à toi. Ramène-moi, je raconterai un bobard à Hidan si jamais le mec se plaint, ça devrait suffire. Et toi, tu te casses et tu ne te repointes plus jamais. C'est clair !

Naruto secoua la tête et soupira :

- T'es têtu, hein ?! Pas question que je te laisse. S'il faut être plus discret, on sera plus discret. Mais pas question que je te laisse tomber. J'ai promis que je t'aiderais, et je tiens toujours mes promesses.

- Et tu crois que tu pourras m'aider si tu crèves, crétin ? Parce que c'est exactement ce qu'il risque de se passer si tu t'entêtes. Ils te tueront. Et pas de la plus douce des manières. T'es suicidaire ou quoi ?!

Sans tenir compte une seule seconde du fait qu'il était au beau milieu de la route, avec des voitures derrière lui, Naruto stoppa net sa citadine orange vif et se tourna vers son amant. Toujours enroulé dans le drap d'un blanc douteux, le brun le fixait d'un regard froid et glacial, démenti par la pointe d'affolement qui avait percé dans sa voix.

- Suicidaire, non. Mais, je t'aime. Et je suis prêt à tout pour te sortir de là et te garder pour moi tout seul. C'est tout.

Choqué par la déclaration de son amant, Taka se figea un instant avant de détourner rapidement la tête vers la vitre, cachant son visage à celui-ci.

- Dis pas ça... marmonna-t-il gêné mais touché malgré lui par la sincérité désarmante de son pyjamaphile.

Un coup de klaxon rageur retentit au moment même où Naruto tendait la main vers son brun.

- Allez démarre, sinon il va te rentrer dans le cul, soupira le prostitué.

- Y'a pas moyen de discuter tranquille... ronchonna Naruto en démarrant.

- Tss...

Le silence s'installa dans l'habitacle, seulement coupé par le ronronnement du moteur de la voiture. Sur son siège, Taka se tortilla légèrement, ce que ne manqua pas le blond qui posa un regard interrogateur sur lui.

- Un problème ?

-... J'ai envie de pisser... avoua Taka, ses tortillements s'accentuant un peu plus. Alors si tu pouvais t'arrêter dans un coin tranquille, ce serait sympa.

Naruto dut se mordre les lèvres pour ne pas rire et il accéléra son allure en répondant :

- On est presque arrivé, tu peux te retenir encore un peu ?

- Hn...

Quelques minutes plus tard, la voiture se gara sur le parking d'un immeuble luxueux et les deux jeunes hommes en descendirent.

- On est où ? s'enquit Taka, toujours enroulé dans son drap.

- Chez moi, répondit calmement le blond. C'était pas ce qui était prévu au départ, mais bon...

Le prostitué suivit en silence son beau blond bizarre, observant l'environnement très cossu qui l'entourait.

Ils traversèrent le vaste hall d'entrée, carrelé de dalles beige clair, largement éclairé par des lampes puissantes incrustées dans le plafond. La porte métallisée de l'ascenseur se referma derrière eux et une petite musique d'ambiance retentit. Taka leva un sourcil interrogatif, questionnant muettement son beau blond bizarre.

- C'est pas moi qui décide de la musique qui passe dans l'ascenseur, se défendit celui-ci.

Un rictus narquois étira les lèvres fines du brun, toujours enroulé dans le drap, le blond ayant pris la peine de récupérer ses affaires en sortant de la voiture. Un tintement clair leur annonça l'arrivée à l'étage désiré et les deux jeunes hommes s'engagèrent dans le couloir menant à l'appartement du blond. Naruto s'arrêta devant une porte noire et l'ouvrit, poussant le battant et s'écartant légèrement pour laisser entrer son amant en premier.

A peine Taka eut-il le temps de mettre un pied dans l'appartement qu'une grosse boule de poils lui sauta dessus, une langue humide et visqueuse lui léchant le visage.

- Hé ! Kyuubi ! Oui, mon gros, moi aussi je suis content de te revoir... Allez, arrête... Faut vraiment que j'aille pisser moi, râla gentiment Taka en repoussant son agresseur canin.

- Les toilettes sont par là, indiqua Naruto en désignant la cloison entrouverte qui séparait ce côté du reste de son logement.

- La salle de bain est juste à côté, sers toi. Je te sors des vêtements un peu plus... euh... décents, poursuivit-il en voyant le brun se diriger au pas de course vers son lieu de délivrance.

Naruto referma soigneusement la porte d'entrée derrière lui et envoya rapidement un message à Kiba pour lui dire que ce n'était finalement pas nécessaire qu'il vienne chercher Kyuubi. Avec un soupir, il se dit qu'il faudrait aussi qu'il annule la réservation à l'hôtel et qu'il aille faire des courses, son frigo étant désespérément vide.

Debout devant la cuvette des toilettes, Taka vida sa vessie avec un soulagement intense. Il était plus que temps, encore un peu et il se pissait dessus. Ses pensées dérivèrent vers les événements précédents, la réalisation se faisant peu à peu dans son esprit : il était chez Naruto, son beau blond bizarre qui l'avait arraché des bras d'un client complètement barge. Et Naruto lui avait dit qu'il l'aimait... Au souvenir de la déclaration de son amant, son cœur battit la chamade et il se sentit bêtement rougir. Voilà qu'il ressemblait à une midinette maintenant, franchement ce crétin lui faisait vraiment un effet étrange...

Tout en se morigénant lui-même, il quitta les toilettes et ouvrit la seule porte restante, pensant y trouver la salle de bain. Problème: ce n'était visiblement pas la salle de bain, mais une chambre. Pourtant Naruto lui avait bien dit que c'était là non ? Il s'apprêtait à ouvrir la bouche pour poser la question au propriétaire des lieux quand celui-ci surgit derrière lui.

- La salle de bain est derrière le lit, expliqua le blond.

Sans rien ajouter, Taka entra dans la chambre et contourna le lit, un peu dubitatif. A sa grande surprise, il trouva à l'endroit indiqué, une salle de bain complète et haut de gamme qui n'avait pas grand chose à envier à celles des hôtels cinq étoiles où ils avaient été. Lâchant le drap qu'il maintenait toujours autour de lui, Taka entra dans la cabine de douche, ravi de découvrir que celle-ci ne nécessitait pas d'avoir fait de grandes études pour l'utiliser.

Naruto sortit de son dressing un pantalon d'intérieur noir, un tee-shirt blanc et un boxer noir qu'il posa sur son lit, prévenant son amant au passage. Le bruit de l'eau qui coulait le renseigna sur le fait que celui-ci était déjà sous la douche. Il rejoignit le séjour et se laissa tomber sur son canapé où Kyuubi le rejoignit d'un bond, remuant la queue en signe de contentement.

- Finalement on va rester là ce week-end, tu es content Kyu ?

Quelques minutes plus tard, Taka le rejoignit, vêtu des vêtements qu'il lui avait prêtés. Sans un mot, le brun s'assit à même le sol, Kyuubi le rejoignant d'un bond. Les deux jeunes hommes se fixèrent en silence avant que Taka ne finisse par poser une question :

- Et maintenant, on fait quoi ?

Naruto poussa un profond soupir et répondit :

- Pour commencer, que penses-tu d'une bonne pizza ?

Le blond passa commande, puis le silence reprit ses droits, seul s'entendaient les halètements joyeux de Kyuubi et son petit bout de queue qui s'agitait frénétiquement sur le sol. C'était bien le seul qui semblait heureux d'être là. De temps à autre, il léchait l'une des joues pâles de Taka qui le caressait machinalement. Ce fut lui le premier à réagir quand la sonnette retentit, brisant l'atmosphère silencieuse et pesante qui régnait dans l'appartement.

~oOo~

Dans la pièce sombre, Madara fulmina. Ses douze subordonnés se tenaient cois, cherchant à savoir sur qui l'ire de leur chef s'abattrait, leurs yeux surveillant avec attention les visages de leurs voisins. Assis autour de la table ronde au pied sculpté, ils étaient venus faire leur rapport d'activité hebdomadaire et depuis la fin de celui-ci, leur dirigeant arpentait furieusement la salle. Dans le silence pesant, le poing qui s'abattit sur le plateau en verre de la table autour de laquelle ils attendaient tous résonna comme un coup de tonnerre.

- Ces derniers temps, les flics se mêlent d'un peu trop près de nos affaires... Y aurait-il parmi vous, quelqu'un ayant une explication ? rugit-il, dardant un regard furieux sur ses comparses.

Les douze sous-fifres s'entre-regardèrent avant de secouer la tête en silence. Seul Kisame eut le cran de répondre :

- Y'a peut-être une taupe...

- Une taupe... reprit Madara d'un ton doucereux qui n'annonçait rien de bon. Exactement. Un vilain cafard renseigne ces foutus poulets. Je veux que vous me retrouviez ce cafard et que vous me l'ameniez ! Compris !

- Oui, répondirent les douze en chœur, pressés d'échapper à la colère de leur dirigeant.

- Alors, qu'est-ce que vous faites encore là ! rugit Madara.

Ses subordonnés se levèrent immédiatement et quittèrent la pièce au pas de charge, peu enclins à servir de défouloir à leur chef.

- Pas toi Hidan, lança le fondateur de l'Akatsuki à l'attention de son mac des quartiers sud.

L'homme ainsi interpellé se rassit, non sans fusiller des yeux Kakuzu le trésorier qui lui lança un regard narquois.

- Dis-moi, as-tu réglé le problème du régulier de Taka ? s'enquit Madara en s'asseyant à son tour.

Hidan soupira discrètement avant de répondre :

- Je lui ai envoyé mes hommes de mains le passer à tabac il y a deux semaines, mais visiblement ça n'a pas suffit.

Devant le silence de son supérieur hiérarchique, le mac poursuivit :

- D'après l'une de mes poules, Taka et ce type continuent à se voir. Taka passerait les nuits du vendredi, samedi et dimanche avec lui, et reviendrait sur le trottoir avant mon arrivée.

- Il paye ?

- Aucun problème de ce côté là.

Madara fronça les sourcils, contrarié. Cela ne lui plaisait pas que ce mec s'accapare Taka de cette façon, pas du tout même. D'un ton dur, il demanda :

- Tu t'es renseigné ?

- Oui, répondit Hidan. Il s'appelle Naruto Uzumaki, il a vingt ans et il habite seul dans un quartier luxueux de la ville. Étudiant en droit, ses parents vivent à l'étranger.

Le chef de l'organisation criminelle sentit un vilain frisson remonter le long de son échine. Il n'aimait pas cette histoire, pas du tout même. S'adressant à son subordonné, il lui demanda :

- Et Taka... rien à signaler de son côté ?

- Rien. Il fait son taf, comme d'hab. Par contre, il est pas en super forme...

- Il n'a pas tenté de se rebeller ou dit quelque chose d'étrange ?

- Non. Il est moins motivé, mais égal à lui-même. On a fait du bon boulot avec lui patron, y'a aucun risque qu'il se retourne contre nous, tempéra le mac, conscient de l'importance que revêtait sa poule favorite aux yeux de son supérieur.

- Vraiment ? lança Madara.

Le chef de l'Akatsuki se pencha légèrement en avant, plongeant ses orbes sombres dans celles mauves de son subordonné et prit la parole d'une voix curieuse :

- Alors dis-moi... Pourquoi il ne voit plus son client le week-end entier mais seulement la nuit ? Pourquoi ne t'en a-t-il pas parlé ? Pourquoi le cache-t-il ? Parce que tu es d'accord... Il te le cache, n'est-ce pas ?

- Oui, répondit Hidan plus vraiment sûr de lui. C'est peut-être son client qui a décidé ça, pas lui. Et il ne m'a rien dit pour...

- Pour ?

L'hésitation du mac se lut sur son visage. Pourquoi Blanche-neige ne lui avait rien dit quand son client était réapparu ?

Pourtant, lui il lui avait demandé pourquoi son régulier ne venait plus le prendre pour le week-end. Et sa poule favorite lui avait platement rétorqué qu'il n'en savait rien, probablement que son client s'était lassé. Hidan n'avait rien répondu, se contentant de conseiller à Taka de faire aussi bien le week-end que quand il avait son "prince charmant". Ses recettes n'avaient pas intérêt à baisser, sinon il se ferait une joie de le remettre dans le droit chemin.

Et effectivement, le chiffre d'affaire de Taka en fin de semaine n'avait pas diminué. Et les deux week-ends précédents, Hidan n'avait rien trouvé à redire au jeune homme. Il avait appris ce matin même que le régulier n'avait pas autant disparu que ce que Taka voulait faire croire. Ses poings se serrèrent. Ce petit con se foutait de sa gueule... Il allait le lui faire payer, et cher ! Oh, oui, il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas profité de sa Blanche-neige comme il l'entendait. Et il était plus que temps d'y remédier, ne serait-ce que pour lui rappeler à qui il devait fidélité !

Face à lui, Madara eut un sourire sadique en voyant l'énervement de son mac. Taka allait souffrir... Et cela lui convenait parfaitement. D'une voix tranquille mais ne souffrant aucune réplique, il susurra :

- Ramène-moi Taka. J'aimerai beaucoup avoir une petite discussion avec lui. Après tout, ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu.

Hidan hocha la tête et, sur un signe de son chef, quitta la pièce.

Seul dans la salle sombre, assis sur son trône, Madara se dit que c'était parfait. Il avait déjà une petite idée de qui pouvait bien jouer la taupe. Oh, il n'avait aucune preuve, mais lui faire peur et lui rappeler qu'il était à sa botte ne lui ferait pas de mal. Et avec Taka, il ferait d'une pierre deux coups : remettre le prostitué dans le droit chemin et ce avant qu'il ne soit trop tard, et mettre la pression sur le cafard supposé. Oui, son plan était parfait, comme toujours.

~oOo~

Naruto éclata de rire en voyant Sakura pousser un cri d'orfraie à la vue d'une araignée se promenant sur sa chaussure. Shino se précipita au secours de la pauvre petite bête avant que celle-ci ne connaisse une mort atroce sous les coups maladroits d'Ino pour venir en aide à la jeune fille en détresse. Le groupe d'amis profitait du soleil du printemps pour déjeuner sur la pelouse du campus, chacun ayant amené son repas pour pique-niquer.

Gaara et Shikamaru échangèrent un regard amusé, ravis de retrouver leur ami aussi enjoué que d'habitude. Ce dernier riait de bon cœur et blaguait sur tout et n'importe quoi, s'amusant d'un rien. Kiba et lui ne manquaient pas une occasion de jouer des tours pendables à leurs camarades. Depuis deux semaines, le blond avait retrouvé sa joie de vivre habituelle et cela leur convenait tout à fait même s'ils ne s'expliquaient toujours pas pourquoi parfois il avait semblé préoccupé.

De son côté, Naruto se sentait bien, heureux comme jamais. Les deux week-ends précédents avaient été presque magiques. Bon le premier avait mal débuté, mais après l'arrivée des pizzas, il avait pris son courage à deux mains pour expliquer à Taka qu'il n'en avait rien à foutre des menaces du mac et qu'il ne comptait pas le laisser tomber. Il trouverait bien une solution pour le sortir de là. Ce dernier avait bien essayé de lui faire entendre raison, mais n'avait plus rien trouvé à dire quand il l'avait embrassé en lui avouant qu'il l'aimait et que c'était tout ce qui comptait.

La réponse de son amant l'avait empli de joie, un simple murmure à peine audible, un "idiot" chuchoté du bout des lèvres, l'aveu silencieux que lui aussi partageait ses sentiments. Ils s'étaient aimés passionnément après s'être traînés jusque dans la chambre, Naruto ne tenant pas à faire l'amour devant son chien, bien que Taka argue que cela ferait son éducation. Puis ils avaient longuement discuté de la conduite à tenir pour ne pas se faire prendre par Hidan.

Après bien des négociations et des engueulades sur des détails, le couple avait finalement trouvé un compromis. Chaque soir, Taka rejoignait le blond quelques rues plus loin que la sienne, et chaque matin, il retournait sur son bout de trottoir avant le passage du mac, une somme d'argent conséquente dans ses bottes. Jûgo, leur complice, prétendait que le prostitué passait ses nuits avec des clients dans des love-hôtels quand on lui posait la question.

Mieux encore, Naruto avait réussi à faire céder son amant sur un point : le rejoindre en début d'après-midi. Ils passaient donc leurs après-midi ensemble et ce tout le week-end durant, Taka retrouvant son beau blond bizarre dés le vendredi après les cours. Le blond profitait pleinement de la présence de son amour à ses côtés, le traînant partout où il voulait, le couvrant de cadeaux selon ses envies et celles inavouées de son brun.

Alors oui, il était heureux, totalement pleinement heureux. Et le soleil radieux qui régnait ces derniers jours n'était pas pour lui déplaire.

- Fais gaffe Sakura la petite bête va bouffer la grosse ! lança Kiba moqueur.

- Qui est grosse ? rugit Sakura en frappant le haut du crâne du propriétaire d'Akamaru.

- Personne... Personne... Pitié ! supplia le jeune homme en riant.

Les amis rirent de bon cœur des suppliques exagérées du jeune homme châtain, et les conversations repartirent de plus belle. Un étudiant s'avança vers eux et interpella Sai :

- Sai.

Se retournant, Sai sourit au nouveau venu et le salua :

- Akira.

- Excuse-moi de te déranger, et bon appétit à vous, dit poliment Akira. Mais je me demandais si tu accepterais de te mettre avec moi pour le TD ?

- Bien sûr, avec joie, répondit Sai tout sourire.
- Tu nous présentes, s'exclama Ino en se levant avec une expression aguicheuse pour le nouveau venu.

- Je m'appelle Akira, et je suis enchanté de faire la connaissance d'une aussi jolie demoiselle que toi.

Le sourire charmeur du brun fit rougir Ino jusqu'aux oreilles alors qu'elle lui tendait la main en se présentant. Quand Akira lui fit un baisemain des plus gracieux, la jeune fille rougit encore davantage, totalement subjuguée par le charme de l'étudiant. D'un geste de la main, il salua le reste du groupe et repartit vers ses amis qui l'attendaient un peu plus loin, laissant derrière lui, sans le savoir, une blonde au bord de l'évanouissement et une Sakura verte de jalousie.

Naruto, lui, ne parlait plus, fixant éberlué le dos du jeune homme qui s'éloignait. Ce type... il ressemblait comme deux gouttes d'eau à Sasuke. La même coiffure, la même couleur de cheveux : noire aux reflets bleus, la même taille, le même teint de lys, la même cicatrice au sourcil, la même silhouette fine. Quoique non, Akira était plus épais que Taka, mais pas de grand chose. Il n'en croyait pas ses yeux, comment était-ce possible ? Se serait-il trompé ?

Cet étudiant... Serait-il possible que se soit Sasuke ? Mais dans ce cas, pourquoi ne l'avait-il pas salué ? Si c'était Sasuke, il l'aurait reconnu, non ? A moins qu'il ne soit lui aussi amnésique. Mais, à première vue, il n'avait pas l'air d'avoir subit de traumatismes pouvant provoquer une perte de mémoire... Et ce serait une sacré coïncidence quand même ! Il avait envie de se lever, de courir après cet inconnu si familier et de le harceler de questions ! Il voulait tout savoir de cet étudiant ! Il voulait comprendre !

Mais bien vite, le blond secoua la tête, chassant ces pensées étranges. Bien sûr que Taka était bel et bien Sasuke. Il avait cette tache de naissance sur la hanche gauche. Aucun doute n'était possible. Cet Akira n'était qu'un sosie, rien de plus, une vague imitation même pas bien faite, mais quand bien même, la ressemblance était troublante. Son sandwich s'envolant de ses mains ramena son attention sur ses amis, plus particulièrement sur Choji qui venait de lui voler son repas.

- Hey ! Rends le moi ! s'exclama-t-il en se jetant sur le voleur.

- Ben quoi, tu gobais les mouches, c'est que t'en voulais plus ! rétorqua Choji en éloignant le sandwich de Naruto. Faut pas gâcher la nourriture !

- Mais j'allais le manger, j'étais juste en train d'admirer la vue ! râla le blond sous les éclats de rire de ses amis.

A l'autre bout de la ville, dans un bidonville, un jeune homme aux cheveux blancs tentait d'aider au mieux son ami en détresse.

- Psssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssssss... ça marche ?

- Pas du tout ! Et puis éloigne toi, tu me déconcentres à être aussi près.

- Bon attends, je connais une autre méthode. Bouge pas, je reviens.

Taka soupira de lassitude en voyant Suigetsu s'éloigner d'un pas rapide vers leur piaule. Debout face à un mur en pierre décrépi, il essayait désespérément de soulager sa vessie, sans succès malgré l'aide de son colocataire et ami qui testait toutes les méthodes qu'il connaissait : imaginer une cascade, imiter le bruit de l'eau, éternuer. Mais rien n'y faisait. Depuis que l'un de ses clients, quelques heures auparavant, s'était amusé à lui enfiler des sondes urinaires de différentes tailles dans l'urètre, il faisait comme un blocage et sa vessie menaçait d'exploser.

-Tiens, trempe ton petit doigt dedans, lui expliqua Suigetsu en lui tendant une boite de conserve remplie d'eau.

- T'es sûr que ça va marcher ?

- Mais oui. Et puis au point où tu en es, tu risques rien à essayer, non ?

- Mouais.

Dubitatif et pas vraiment convaincu, Taka s'exécuta et attendit que ça vienne.

- Pense à la cascade, je fais le bruit de l'eau, souffla Suigetsu. Pssssssssssssssssssssss...

Quelques secondes plus tard, le miracle eut enfin lieu, le mur face à eux recevant l'urine retenue prisonnière par des sphincters récalcitrants.

- Hourra ! Tu pisses ! s'exclama le jeune homme aux cheveux blancs.

- Tu veux pas le gueuler dans toute la ville tant que tu y es ? râla Taka.

- Hé, Karin ! Cria son ami, sourd à ses récriminations.

- Quoi ? lança la jeune femme depuis leur piaule quelques mètres plus loin.

- Il a réussi ! Regarde !

Le jeune homme enthousiaste désigna du doigt le mur en cours d'arrosage intensif, faisant rouler des yeux la jeune femme qui applaudit ironiquement.

Taka se tapa le front contre le mur, désespéré par l'attitude de son ami. Une fois entièrement soulagé, il referma sa braguette et se retourna, prêt à enguirlander celui-ci, quand ses yeux tombèrent sur la pommette bleuie. Immédiatement il se radoucit, se souvenant de la tête abominable que son colocataire avait abordé la veille, suite à une nuit difficile. Lui et Karin avaient soigné sans rien dire les hématomes et les écorchures qui parsemaient le corps mince du jeune homme, le soutenant comme lui le faisait quand c'était eux qui revenaient plus ou moins amochés. Certains clients avaient vraiment un grain...

- Tsu, soupira-t-il.

- Choupinet ?

- Merci.

Suigetsu regarda le brun, surpris par le remerciement, puis sourit largement et lui tapa sur l'épaule en lui disant :

- Pas de problème choupinet. Par contre, compte pas sur moi si un jour tu es constipé.

- Abruti ! ricana Taka en le bousculant gentiment.

Les deux colocataires ricanèrent en cœur avant de rejoindre leur amie rousse dans la masure qu'ils occupaient. Taka se retint de répliquer que de ce côté il n'avait aucun problème, l'un de ses clients s'étant entraîné à lui faire des lavements rectaux deux nuits auparavant. Autant dire que son transit intestinal coulait tout seul.

- Alors, à quelle heure tu décolles ce soir ? s'enquit Suigetsu en entrant dans la pièce.

- Je dois le rejoindre à dix-sept heures, répondit Taka.

- Bah, c'est cool, ça nous laisse... quatre heure avant que tu partes alors. On va faire les courses ?

- Ok, c'est parti, lança Karin en se levant.

Les trois jeunes gens prirent le chemin de la supérette, discutant et plaisantant entre eux comme tous ceux de leur âge. Karin et Suigetsu étaient heureux de voir Taka sourire et rire comme avant. Leur ami était heureux et cela se voyait. Enfin surtout en fin de semaine, les autres jours, le brun traînait sa carcasse comme une âme en peine, reprenant vie dès le vendredi matin à la perspective de passer du temps avec son amoureux.

~oOo~

Vêtu d'un jean bleu clair, d'un tee-shirt blanc, ses converses noires aux pieds et sa besace rouge pendant à ses côtés, Taka posa un œil dubitatif sur les groupes d'étudiants qui sortaient du campus. Ces gamins n'avaient d'autres préoccupations que de réussir leurs études et de savoir comment s'habiller pour aller en boite, et il ne pouvait s'empêcher de les envier un peu. Lui aussi aurait bien aimé aller à la Fac, avoir un avenir autre que le caniveau.

Tirant sur sa clope, le prostitué observa un attroupement de jeunes filles qui suivaient un groupe de jeunes types bien habillés en murmurant entre elles. Suivant des yeux la direction des regards énamourés des demoiselles, il haussa les sourcils en apercevant un type qui lui ressemblait étrangement. Amusé, il se promit de raconter à ses colocataires et amis qu'il avait vu son sosie, imaginant sans mal les remarques que Tsu ferait sur le sujet. Peut-être devrait-il proposer à ce double de lui-même d'échanger leurs places ?

Deux mains se posèrent sur ses yeux, masquant sa vue, et une voix grave et malicieuse résonna à son oreille :

- Qui c'est ?

- Hmm... Homer Simpson ? répondit-il le plus sérieusement du monde.

- Tchou ! Des donuts ! Raté ! Essaye encore...

- Alors... Voyons voir... Le Prince Charles ?

- Non.

- Un extra-terrestre ?

- Non plus.

- Je donne ma langue au chat, alors.

- Mmh... je préférerais que tu me la donnes dans ce cas...

Les mains se retirèrent de devant ses yeux, lui permettant de tomber sur le visage mi-boudeur, mi-amusé de Naruto.

- Tu n'as même pas reconnu Superman, ronchonna ce dernier.

Les yeux noirs le détaillèrent sans vergogne, un sourire narquois étirant les lèvres fines du brun qui lança goguenard :

- Où est ta cape ?

Naruto rit doucement avant d'entourer les épaules de son amant d'un bras et de l'entraîner vers une rue adjacente où était garée la voiture qu'il avait loué pour la soirée. Par mesure de précaution, il ne venait pas chercher Taka sur son trottoir dans sa citadine orange vif bien trop reconnaissable. Il préférait louer une voiture différente chaque soir, passant ainsi plus inaperçu aux yeux indiscrets qui risquaient d'aller répéter au mac de son amoureux des choses que celui-ci n'avait nullement besoin de savoir.

Tout en démarrant la berline noire et s'insérant dans la circulation, Naruto discuta avec Taka du programme de la soirée. Comme chaque soir depuis qu'ils se voyaient en secret, le blond déposerait le prostitué à quelques rues de son trottoir vers dix-neuf heures. Ensuite, il viendrait comme si de rien n'était chercher son amant comme n'importe quel client pour le ramener le matin vers cinq heures. Et le même manège recommencerait le lendemain et le surlendemain.

Jûgo, le sentinelle, les couvrait, et si jamais le mac, Hidan, décidait de faire une descente de contrôle dans sa rue, le roux enverrait un texto à Taka pour que celui-ci revienne, histoire d'éviter d'avoir des ennuis. En attendant, le blond comptait bien profiter au maximum de son amant, espérant réussir à le convaincre de se voir même en semaine. Après tout, il y avait des jours où ses cours lui laissaient pas mal de temps libre, et au moins pendant qu'il était avec lui, il n'était pas avec des pourris qui le traitaient comme un trou.

Taka soupira bruyamment en se laissant tomber sur le canapé de son pyjamaphile, Kyuubi venant immédiatement quémander une caresse.

- Surtout m'aide pas, hein ! râla Naruto depuis l'entrée de son appartement.

Le brun leva les yeux, observant son blond chargé comme une mule se débattre pour fermer la porte sans lâcher les sacs qu'il portait.

- Ben non. Tu t'en sors très bien tout seul, rétorqua le prostitué avec un sourire moqueur. Et puis, je dois aller prendre une douche.

Naruto souffla de dépit en voyant le brun se lever et se diriger vers la chambre, sa besace sous le bras. Jetant un regard désabusé à son chien, il ronchonna :

- T'as vu ça ? Je me plie en quatre pour lui faire plaisir et c'est comme ça qu'il me remercie.

Kyuubi pencha la tête sur le côté, ses yeux noirs observant son maître d'un air interrogateur, puis il s'élança à la suite du brun, son moignon de queue s'agitant frénétiquement dans son dos.

- Traître, râla Naruto à l'attention de son chien.

Se penchant vers les sacs qu'il avait finalement posés au sol, il entreprit de ranger le résultat de leurs emplettes faites dans un supermarché, souriant bêtement au souvenir de Taka qui s'était émerveillé devant la variété de produits disponibles.

La nuit était tombée depuis quelques heures et les deux jeunes hommes étaient confortablement installés devant la télévision, se disputant sur le choix du film. Naruto voulait faire découvrir à son amant la série Bleach, arguant que ça lui plairait sûrement avec les combats, l'humour et les personnages, mais Taka restait sourd à toute argumentation. Lui, il voulait voir le film Gladiator. Suigetsu serait probablement ravi qu'il le lui raconte.

Finalement, un compromis fut trouvé et Naruto s'installa sur le canapé, la télécommande en main, prêt à lancer le film. Taka se cala confortablement tout contre lui, un saladier de bonbons sur les genoux, et Kyuubi vint se coucher juste à leurs pieds. Le générique débuta, éclairant la pièce plongée dans la pénombre et le titre du film apparut sur l'écran plasma : X-Men. Les deux amoureux se plongèrent dans les aventures mouvementées d'un groupe de personnes dotées de pouvoirs surnaturels.

- Tu crois qu'il a du métal partout ? questionna Taka en pointant du doigt Wolverine à l'écran.

- Je ne pense pas non.

- Ben j'espère pas pour lui. Tu imagine, une pointe en métal qui lui sort du cul ? Pour s'asseoir ça doit pas être pratique. Et puis s'il en a dans la bite… ça doit être ça le pire.

L'éclat de rire de Naruto retentit dans l'appartement suite à cette réflexion de son amant.

Le blond se pencha vers la bouche à peine rosée de son amoureux pour l'embrasser quand soudain, la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas, faisant bondir Kyuubi qui se mit à grogner et aboyer contre ceux qui venaient de faire irruption dans l'appartement.

- Non, mais ça va pas ? hurla Naruto, choqué. Pour qui vous vous prenez ! C'est chez moi ici !

A côté de lui, Taka déglutit difficilement en croisant un regard bien trop connu à son goût.

To be continued...


Commentaires des auteures :

Aha ! Mais qui vient donc d'entrer dans l'appartement de Naruto ? Vous le saurez au prochain chapitre ! En attendant, nous on est bien contentes d'avoir réussi à venir à bout de ce chapitre là. Pfiouuuh !


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Les deux auteures sont penchées au-dessus de leurs écrans respectifs et marmonnent dans leurs barbes inexistantes. Près d'elles, Taka fronce les sourcils et demande à Naru :

- Qu'est-ce qu'elles font ?

- Elles réfléchissent.

- A quoi ?

- Ça je ne sais pas. A leur prochaine fic peut-être...

Itachi et Sasu, alarmés par cette idée, se précipitent pour voir à leur tour. Un soupir de soulagement échappe aux deux frères qui s'exclament avec le sourire :

- Non. Elles regardent si elles ont bien fait toute leur liste de clients prévus pour Taka.

- Parce qu'elles ont fait une liste ? s'écrie Taka outré. Non, mais ça va pas bien dans leurs têtes !

Devant le sourire narquois de Sasu, Taka le fusille des yeux avant de lui faire remarquer :

- A ta place je rirais pas... Il y a quand même une possibilité pour que je sois toi !

- Impossible. Je suis mort depuis dix ans dans cette fic.

Itachi et Naru lèvent les yeux au ciel avant de se tourner vers les lecteurs :

- Et vous ? Vous en pensez quoi ? Il est mort Sasu ? Ou bien c'est lui Taka ? Ou Akira ? N'hésitez pas à le leur demander avec une petite review... Peut-être qu'elles vous le diront.


Rendez-vous au prochain chapitre : chapitre 18 : Quand l'étau se resserre.

Alors que tout va pour le mieux, la boîte de Pandore s'ouvre à nouveau et les ennuis continuent…