Honte sur moi ! J'étais complètement dans les vapes hier et j'ai oublié de poster. Voici donc le nouveau chapitre avec un petit jour de retard. Merci encore à tous mes reviewers, anonymes ou non, et bonne lecture à tous !
Résumé de l'épisode précédent : Après sa rude aventure dans la Chambre des Secrets, Stan revient chez lui pour les vacances de printemps et un repos bien mérité. Celles-ci se déroulent plutôt bien en dehors de la visite du professeur McGonagall qui apporte de sombres nouvelles : une dangereuse mangemorte, Bellatrix Lestrange, s'est évadée de la prison des sorciers. Afin d'aider Stan à se défendre, elle lui propose toutefois de lui enseigner l'art de devenir Animagus.
Ses deux semaines de repos lui firent néanmoins le plus grand bien. Il ne s'occupa pas de Bellatrix Lestranges, laissant la Guilde faire ses recherches. Sa mission était davantage de se concentrer sur la vie de Voldemort à Poudlard et il s'y attaquerait sérieusement dès qu'il aurait remis un pied dans le château.
Et, effectivement, le jour même de la rentrée, il était dans la bibliothèque, dans la section des anciens élèves.
"Qu'est-ce que tu fais, Stan ?" demanda la voix curieuse d'Hermione.
La jeune fille le rejoignait de plus en plus souvent à sa table de la bibliothèque mais, visiblement, était surprise par l'absence de livres sur son bureau ce jour-là mais plutôt les piles de journaux. Elle posa son propre sac sur sa chaise et prit quelques uns des journaux, les parcourant rapidement.
"Tom Elvis Jedusor ?" lut-elle. "Pourquoi tu t'intéresses à un vieux préfet de Serpentard ?"
"Tu le connais ?" demanda-t-il avec curiosité.
"Vaguement. Ronald en parlait, il a dû récurer sa médaille deux cents fois dans la Salle des Trophées."
"Hm, je n'avais pas vu qu'il avait une médaille, merci."
"Et pourquoi tu t'intéresses à lui ?"
"Parce qu'il veut ma peau" répondit Stan sans lever les yeux de son journal. "La tienne aussi, d'ailleurs."
Un glapissement lui répondit.
"Quoi ?"
"Hermione" fit-il avec un soupir "Jedusor est le nom réel de Voldemort. Tu te souviens, avant les vacances, quand tu as sauvé Ginny et l'a empêché de revenir à la vie ? Eh bien, crois-moi, il n'est pas du genre à oublier ce genre de choses. Et surtout, surtout, tu as détruit son carnet et il y tenait beaucoup."
Hermione se laissa tomber sur sa chaise en réalisant l'ampleur de ses actes. Elle avait aidé son amie et se retrouvait avec un fou furieux sur les talons. Pourtant son expression devint ensuite résignée.
"En quoi t'intéresser à lui à Poudlard va t'aider ?"
"Mon père a des contacts dans différentes polices" expliqua-t-il "et il m'a demandé de trouver le plus d'informations sur lui pour reconstituer son profil psychologique. Ce qu'il se passe dans l'enfance et l'adolescence a souvent des conséquences plus tard, alors je cherche tout ce que je peux."
Hermione resta silencieuse, puis tendit la main vers la pile de journaux jaunis.
"Je vais t'aider."
"Et tes sortilèges ?" s'enquit-il. "Tu m'as presque rattrapé."
C'était chose vraie. La jeune femme commençait à lancer des sortilèges d'animation avec une efficacité redoutable et il avait même idée d'un nouvel entraînement qu'il pourrait appliquer avec elle – quitte à ce qu'elle soit douée, autant qu'elle ne l'aide.
"Si V… Voldemort me trouve" fit-elle doucement "je n'aurai plus aucun usage de mes sortilèges, n'est-ce pas ?"
"En effet" acquiesça-t-il gravement. "Mais si tu ne continues pas à progresser il t'écrasera sans y prêter attention."
"Je sais" acquiesça-t-elle. "Mais travailler en permanence n'est pas bon pour la mémorisation et l'exercice et augmente singulièrement le stress, ce qui ralentit l'apprentissage. Je suppose que faire des recherches sur lui, dans des livres non académiques, pourrait être assimilé à une forme de détente."
Il leva un sourcil, puis se replongea dans son journal. C'était la raison exacte pour laquelle il alternait recherches et entraînements.
"Tu es intelligente" commenta-t-il sobrement avant que le silence ne retombe sur leur table.
Les semaines suivantes les virent alterner leurs recherches et leurs études. Les gens s'étaient accoutumés à les voir ainsi, et Cédric, puis Neville, les rejoignaient parfois. La règle d'or était de ne pas poser de questions sur ce que faisaient les autres et elle semblait parfaitement fonctionner entre eux quatre. Cédric semblait apprécier de pouvoir réviser sans plus de questions et il était arrivé quelque fois que Stan ne le débloque sur un point de théorie de Métamorphoses.
Le jeune assassin avait effectivement commencé à étudier la théorie des Animagus avec McGonagall. Ils n'avaient pas jugé bon d'informer qui que ce soit du contenu de ces leçons – cela faisait après tout un an et demi que McGonagall supervisait ses métamorphoses et la sévère professeur n'avait aucune difficulté à agir comme si elle le faisait. La transformation Animagus était effectivement complexe et incroyablement dangereuse et il se jura de ne jamais rien tenter sans avoir McGonagall à côté pour réparer les dégâts éventuels. Les dégâts psychologiques pouvaient être terribles, bien des sorciers s'étaient pris pour leur animal et n'avaient jamais repris forme humaine, ou étaient restés coincés comme des hybrides, voire avaient eu leur esprit animal dans leur forme humaine.
Hermione avait énormément aidé ses recherches sur Voldemort. Deux paires d'yeux étaient plus rapides qu'une pour rassembler ce genre d'informations – et surtout, fille de moldus, elle connaissait l'intérêt d'un profilage psychologique bien établi et l'aide qu'il pouvait apporter pour stopper un criminel. Ils étudiaient les archives ensemble, retraçant les sept années d'études du jeune Jedusor, puis les conséquences de la Grande Guerre à l'intérieur de Poudlard même.
Mais les deux enfants étaient pour l'instant bien loin de ces pensées. Sous l'œil attentif de Filius Flitwick, ils étaient dans un couloir, face à face, leurs baguettes sorties. Flitwick avait condamné le couloir mais les élèves devaient être emplis de curiosité au vu du fracas qui s'y faisait entendre. Car Hermione et Stan étaient l'un face à l'autre, baguettes brandies. Stan avait abandonné sa robe et remonté les manches de sa chemise en-dessous, dégoulinant de sueur. Hermione avait desserré sa cravate et ne paraissait pas en meilleur état, son regard incroyablement concentré.
Et, entre eux, deux armures se battaient à l'épée avec fracas. Certes, leurs gestes se ralentissaient ou se saccadaient régulièrement, mais Flitwick paraissait littéralement enchanté d'avoir deux élèves de seconde année capables d'animer des armures dans une parodie de combat médiéval. Cela faisait plus de dix minutes qu'ils maintenaient les sorts, les épées se heurtant régulièrement, et aucun des deux ne voulait renoncer à l'affrontement et concéder la victoire à l'autre. L'idée venait de Stan, qui l'avait soumise à Hermione et Flitwick en même temps, et le petit professeur avait accepté avec ravissement.
Le résultat dépassait visiblement toutes ses espérances et il finit par claquer dans ses mains.
"Merveilleux, merveilleux" fit-il d'une voix flûtée. "Cinquante points pour Gryffondor et cinquante points pour Poufsouffle. Vous pouvez arrêter, jeunes gens."
Les deux ne cessèrent pas pour autant et Flitwick gloussa, très amusé, avant de prendre sa propre baguette. Il récupéra le contrôle des sortilèges d'animation sans grande difficulté, l'arrachant à ses deux élèves, et renvoya les armures sur leurs socles. Hermione s'appuya au mur, hors d'haleine, et Stan se pencha en avant, ses mains sur ses genoux, se forçant à inspirer et expirer profondément.
"Je veux apprendre à faire ça" fit-il sincèrement en regardant Flitwick.
"Récupérer le contrôle d'une animation ?" gloussa le petit professeur. "C'est l'étape suivante de l'art de l'animation."
"Stan" appela Hermione, reprenant tant bien que mal sa respiration. "Tu n'as pas prononcé la formule pour le sort. Tu as fait le mouvement mais tu ne l'as pas dit – et ne mens pas, je sais que tu aimes bien chuchoter tes sorts mais là tu n'as rien dit."
"Informulé" répondit Stan en prenant avec reconnaissance le verre d'eau que lui tendait Flitwick après en avoir amené un à Hermione. "C'est dur mais… c'est cool."
"Et cela donne un grand avantage en duel" approuva Filius Flitwick.
Stan se redressa, s'adossant au mur. Sa chemise était trempée par la sueur, laissant voir le torse musclé en-dessous, mais il ne s'en soucia pas. Des bruits de pas se faisaient entendre et la préfète de Serdaigle de sixième année, Pénélope Deauclaire, qui avait été pétrifiée et ne les avait jamais assez remerciés pour avoir mis fin à la menace, tourna le bout du couloir.
"Professeur" salua-t-elle. "Granger, Mallory. Je suis désolée mais le professeur Dumbledore demande à ce que Mr Mallory ne descende immédiatement dans le parc."
Elle regardait autour d'elle avec curiosité mais ne posa pas la moindre question, trop polie pour cela. Flitwick acquiesça avec un sourire jovial.
"Nous terminions justement. Allons-y, mes chers élèves. Encore félicitations. Un très beau résultat pour des secondes années."
"Merci" répondirent les deux élèves en chœur.
"Mr Mallory" insista Pénélope en le voyant ramasser ses affaires dans l'intention évidente de se rhabiller "je crains que ce ne soit… très urgent."
"Ok" répondit-il avec un haussement d'épaules avant de repartir. "Si quelqu'un voudra bien…"
"Je vais ramener ta robe à un de tes camarades de Poufsouffle" offrit spontanément Hermione avec un sourire.
"Merci. Alors je te suis, Deauclaire."
La préfète repartait déjà à grands pas et il la suivit rapidement. Un attroupement s'était formé devant le château et tout le monde s'écarta en silence à son arrivée, lui faisant se demander ce qu'il se passait. Cela faisait une sensation étrange de marcher au milieu d'une haie d'honneur silencieuse et pourtant il comprit immédiatement en descendant dans le parc et, malgré lui, sa gorge se noua.
Dans la lueur du crépuscule, sa robe blanche paraissant rayonner sous la dernière caresse du soleil, une licorne étincelante se tenait, parfaitement immobile. Elle était à mi-chemin entre la forêt et le château et nulle licorne ne s'était jamais montrée ainsi en plein jour. Cinq centaures l'entouraient mais il n'y prêta pas attention, une énorme boule dans la gorge. C'était stupide, mais il reconnaissait parfaitement la splendide créature.
C'était la licorne qu'il avait sauvé un an auparavant.
Dumbledore se tenait à plus de vingt mètres et n'avait pas cherché à s'approcher plus. Il lui fit un sourire bienveillant en le voyant approcher d'un pas lent, mesuré.
"Mr Mallory" fit-il joyeusement "je crois que vous avez une invitée de marque."
Le jeune homme ne lui prêta pourtant pas la moindre attention, hypnotisé par la splendide créature. Les centaures ne cherchèrent pas à l'empêcher d'approcher et il rejoignit la licorne, levant sa main pour la poser sur son chanfrein, juste sous sa corne, ignorant les murmures de stupéfaction derrière lui.
"Hey" salua-t-il avec tendresse. "Je suis heureux de voir que tu t'en es remis."
"Grâce à toi, jeune Protecteur" murmura la voix incroyablement douce.
La licorne avança sa tête, venant fourrer son museau dans son épaule, et il sentit les larmes lui monter aux yeux. Ce fut sans réfléchir qu'il enlaça le cou puissant. Il avait à peine vu la licorne se relever l'année précédente et maintenant elle était là, devant lui. Sa tête donnait de légers coups affectueux dans son épaule et il ferma les yeux en sentant ses larmes commencer à couler. Un silence absolu régnait sur la scène, sans aucune interruption.
"Pourquoi es-tu venue ?" murmura-t-il. "Tu ne serais pas mieux avec ta troupe ?"
"Il y a quelqu'un que tu dois voir" répondit l'animal toujours dans sa tête, semblant indifférent aux barrières d'occlumencie pleinement déployées. "Protecteur, je te promets qu'il n'y a pas de danger et c'est pour cela que je suis venue te chercher."
Il acquiesça sans hésiter. Une licorne ne pouvait pas mentir par nature même et cela devait être terriblement important pour qu'elle ne prenne la peine de sortir de sa forêt, de s'éloigner de sa troupe. Il essuya machinalement ses yeux et se redressa.
"Je te suis."
Dumbledore avança mais les centaures lui barrèrent la route. Un homme au poil noir comme la nuit frappa nerveusement du sabot sur le sol.
"La licorne a voulu venir le chercher, Albus" informa-t-il. "Elle veut lui montrer quelque chose, et je vous jure que nous l'accompagnerons tout du long et le protégerons comme l'un de nos poulains, jusqu'à le ramener ici même."
Le directeur hésita, puis acquiesça.
"Bien sûr, je ne tenterai jamais de m'immiscer sur la route d'une licorne. Cependant, pardonnez un vieil homme fatigué – mais si le jeune Stan Mallory venait à sortir des protections de Poudlard, il pourrait se trouver la cible d'intentions malveillantes."
"Nous ne sortirons pas des protections" promit le centaure.
"Si vous n'acceptez nul sorcier" demanda le directeur avec espoir "tolérerez-vous que Fumseck ne vous accompagne ? Si le pire devait advenir, il pourrait immédiatement ramener Mr Mallory entre les murs de Poudlard."
Le centaure inclina sa tête.
"Un phénix sera toujours pur et le bienvenu" énonça-t-il. "Il peut venir, bien entendu."
Il n'en fallut pas plus pour que l'oiseau de feu n'apparaisse avec un cri mélodieux, volant jusqu'à Stan avant de se poser sur son bras instinctivement tendu. Et ce fut en compagnie de son étrange escorte que le jeune homme s'enfonça dans la forêt sans un regard en arrière.
Ils marchèrent plus de quatre heures, s'enfonçant dans la forêt de plus en plus sombre. Des yeux les regardaient parfois passer mais Stan ne se sentit pas agressé à un seul moment. Il marchait à côté de la licorne, sa main sur son encolure. Fumseck était tranquillement posé sur son autre bras, sa tête blottie contre son épaule, et les cinq centaures fermaient la marche. Leur rythme était calme mais rapide, sans heurts, et ils finirent par s'arrêter dans une clairière plongée dans la pénombre. La nuit avait eu le temps de tomber depuis bien longtemps.
Et pourtant Stan posa immédiatement la main sur la garde de son épée invisible en voyant la silhouette immobile au milieu de la clairière. Bellatrix Lestranges le regarda en retour, n'exécutant pas un mouvement.
Il ne sut quoi penser d'elle au premier abord. Elle était la sorcière la plus puissante d'Angleterre d'après Rogue, il se serait attendu à une grande, terrible femme. La sorcière en face de lui ne devait pas dépasser les un mètres soixante. Ses cheveux étaient emmêlés et sales, tombant dans son dos, et elle était émaciée, décharnée par son long séjour en prison. De même que sa peau était terriblement pâle, faiblement lumineuse dans la lueur de la lune.
Et pourtant quelque chose restait attirant en elle. Ses traits, son expression même étaient emplis de noblesse, son regard étincelait – et Al'Najin reconnut immédiatement son regard, celui d'une tueuse sûre de ses capacités, connaissant parfaitement ses propres limites. Un regard similaire à celui de Slade Wilson et Ra's al'Ghul. Il y aurait attendu de la folie après des années à Azkaban, mais difficilement ce regard parfaitement calme, empli de puissance.
"J'identifie difficilement cela comme une absence de danger" fit-il en guise de salutations, mais la licorne le poussa en avant d'un léger coup de naseaux dans ses omoplates.
"J'ai juré sur ma vie et ma magie que je souhaitais seulement te parler et n'attaquerait personne dans cette Forêt, sauf si je devais me défendre, tant que tu n'aurais pas été en face de moi et n'aurais pris ta décision."
La voix de Lestranges était rauque, fatiguée, mais pourtant parfaitement sûre. Leurs regards se croisèrent à nouveau et restèrent ancrés, jusqu'à ce qu'elle ne fasse un très lent sourire dépourvu de joie.
"J'avais vu juste. Tu n'es pas un innocent garçon de douze ans. J'aimerais te parler seul à seule."
Les centaures s'éloignèrent sans discuter. La licorne lui mit un dernier petit coup dans l'épaule, puis s'éloigna en trottant après une muette salutation. Seul Fumseck resta sur son bras, se déplaçant néanmoins sur son épaule. Al'Najin relâcha en partie la poignée de son épée, gardant néanmoins ses doigts sur la garde invisible. A nouveau le silence régna entre eux un long moment, jusqu'à ce qu'elle n'incline pensivement sa tête sur le côté.
"Jeune, et pourtant déjà assassin et parfaitement patient."
"Je ne suis pas un assassin" répondit-il sans se troubler.
"Mensonges. Nous savons nous reconnaître entre nous, jeune homme. Tu l'es indubitablement – tu ne crains pas la mort et sais l'amener sans difficultés."
"Ceci est une excellente raison que je ne te tue ici et maintenant" remarqua-t-il sans nier plus. "Personne ne s'émouvrait de retrouver le cadavre de Bellatrix Lestranges sauvagement découpé."
"C'est vrai" acquiesça-t-elle. "Accepteras-tu de m'écouter avant de prendre ta décision ? Je n'ai pas de baguette et j'ai juré de ne pas t'attaquer."
Il évalua ses options un moment, puis acquiesça d'un signe de tête. Elle se redressa, fière malgré ses guenilles, malgré ses traits épuisés.
"J'aimerais te faire une proposition – que tu accepteras ou non. Mais si tu l'acceptes, j'aurai une dette de vie envers toi. Sais-tu de quoi il s'agit ?"
"Tu ne devras jamais t'opposer à moi jusqu'à sauver ma vie ou répondre à l'un de mes vœux de valeur équivalente" énonça-t-il doctement.
Elle hocha sa tête en signe d'approbation.
"J'ai bien peur que nous ne devions remonter loin dans le passé pour t'expliquer ce dont j'ai besoin. J'ai toujours été une sorcière puissante, comme tu t'en doutes. Puissante et ma famille, les Black, n'ont pas négligé mon éducation. Bien avant d'entrer à Poudlard, avec la baguette de mon père, j'ai appris beaucoup de magie. Enormément pour mon jeune âge et il s'est avéré que mon grand talent résidait dans les Arts Sombres, pour le plus grand bonheur de ma famille."
Ses yeux se plissèrent.
"Cependant la puissance fait peur, d'autant plus lorsqu'elle est enfermée dans une jeune femme. Lorsque je me rendis à Poudlard pour la première fois, les murmures naissaient déjà sur mon passage. Beaucoup de sorciers de Sang-Pur me courtisèrent mais aucun ne me semblait être mon égal – car aucun ne l'était, en vérité. Mes parents recherchaient le candidat idéal et je décidais de ne pas m'en soucier. Le Seigneur des Ténèbres commença à faire parler de lui à ce moment-là et je me retrouvais prise dans un dilemme. Il possédait certes un grand pouvoir dans les Arts Sombres et cela m'intéressait grandement, mais ses propositions ne me parlaient pas. Malheureusement, quelqu'un prit la décision à ma place."
Sa tête s'inclina sur le côté, faisant tomber ses lourdes boucles noires.
"Je fus capturée et un rituel d'ancienne magie fut pratiqué à mes dépends, un rituel qui me liait au plus puissant mage en présence, me forçant à son service. Bien entendu, le Maître du rituel crut que c'était lui, mais il s'avéra que le Seigneur des Ténèbres était proche, très proche, et il s'empara du lien avant qu'il ne soit finalisé. Peu importait au créateur finalement – l'important était que je n'ai plus de libre-arbitre. Le Seigneur des Ténèbres se rendit compte de mon mécontentement et entreprit d'y remédier. Il m'apprit les Impardonnables et me força à les user."
A nouveau, elle s'interrompit. Il ne la quittait pas des yeux, ne baissant pas sa garde une seconde. Promesse ou pas, il ne se fiait pas à la femme en face de lui.
"Sais-tu pourquoi les Impardonnables sont appelés ainsi ?" questionna-t-elle.
"Non" reconnut-il. "Parce qu'ils laissent des traces à vie, je suppose."
"Non" nia-t-elle en secouant la tête. "Ils ne sont pas Impardonnables pour leur victime, mais pour leur lanceur. Ils développent une addiction – lorsque l'on commence à tuer avec un Avada, on y a ensuite recours de plus en plus souvent. C'est tellement aisé pour ce que cela représente de prendre une vie que l'on y devient addict, puis l'on y recourt de plus en plus, et la boucle est infinie. Je n'ai pas échappé à la règle et mon esprit fut lentement brisé – jusqu'à ce que je n'accepte un mariage de seconde zone et que je ne devienne fanatique. Le Seigneur des Ténèbres me donnait d'éternelles victimes pour les Impardonnables et je ne parvins pas à m'en défaire."
Un léger sourire cruel apparut sur ses lèvres.
"Cette addiction a disparu à Azkaban cependant. Je ne prendrai plus jamais le risque de lancer l'un de ces sorts, mais je n'en ressens plus le besoin. Ce qui signifie que pour être libre, il m'est nécessaire de trouver quelqu'un capable de s'occuper du rituel. Tu es un assassin. Tu es profondément lié à Dumbledore comme au Seigneur des Ténèbres. Tu as tué un Basilic à douze ans. Sans nul doute, tu as le pouvoir de faire ceci. Non pas le défaire, cela te demanderait plus de magie qu'il n'en a été déployée à sa création, mais le transférer sur quelqu'un d'autre. Et je serai alors à ton service jusqu'à ce que la dette de vie ne soit payée – je sais que tu tueras le Seigneur des Ténèbres un jour, cela se voit dans tes yeux dès que je prononce son nom, et je serai heureuse de t'aider à t'occuper de tous ceux qui tentent de t'en empêcher."
Son sourire s'agrandit.
"Bien sûr, je ne rechignerai pas sur la mort de Dumbledore au passage. J'ai la rancune tenace."
"Quel est le problème avec une femme puissante ?" questionna platement Stan.
Bellatrix leva un sourcil parfaitement dessiné, puis son sourire se fit mauvais.
"Cite-moi une sorcière puissante, jeune assassin. Une seule qui est connue pour cela et n'est pas dans l'ombre d'un autre."
Stan retint le nom de McGonagall qui allait franchir ses lèvres. Elle n'était qu'une servante de Dumbledore, bien qu'elle ait fait preuve de pensée indépendante.
"Amelia Bones" suggéra-t-il.
"Bon choix" acquiesça Lestranges "cependant Bones est une chienne de Dumbledore. Pas aussi ouvertement que McGonagall, qui est le premier nom que tu as voulu dire je pense, mais c'est néanmoins le cas. Si tu veux trouver une sorcière connue et crainte pour elle-même, je crains que tu ne doives remonter à Baba Yaga. Et, encore précédemment, peut-être à Morgane elle-même. Les hommes ont le pouvoir chez les sorciers, toujours, et les femmes ne sont que vecteurs de leur reproduction."
"C'est idiot" commenta sobrement l'assassin. "Si une supériorité pourrait éventuellement s'appliquer sur un plan purement physique – et encore, certaines femmes sont extrêmement fortes – la magie n'établit pas de distinction entre les deux sexes."
"Non" gloussa Bellatrix "en effet. Mais une femme plus puissante que les deux sorciers les plus puissants d'Angleterre les gênaient autant l'un que l'autre."
Stan plissa ses yeux.
"C'est une affirmation d'une grande force."
Lentement, avec provocation, la femme écarta les mains, lui montrant son corps frêle, presque brisé.
"Sais-tu voir les auras, jeune assassin ? Regarde, je t'y autorise. Observe et apprend – et ensuite tu croiras mon histoire, et prendras ta décision en conséquence."
Stan resta immobile un moment, puis lentement leva ses mains. Il redessina les passes apprises par Aescelpios, redessinées et expliquées dans le livre de Pernelle Flamel. Les voiles de magie commencèrent à chuchoter, à chuinter alors qu'il cherchait à les écarter pour révéler la puissance face à lui. Il s'y était vaguement entraîné mais n'avait jamais été aussi concentré sur son objectif, souhaitant tout voir. Bellatrix Lestranges ne s'y opposait pas et il y eut soudain un crépitement, puis la réalité se déchira.
La flamboyante aura apparut autour de la femme si frêle. Sa puissance actuelle, diminuée par Azkaban, mais également son potentiel total. Il leva instinctivement son bras pour se protéger le visage des crépitements de magie. Des dizaines de couleurs s'entrelaçaient, grondaient, crépitaient, serpentaient en s'emmêlant les unes autour des autres. Le tout était débordant de vie et d'énergie et terriblement intimidant. Lui-même ne possédait pas un quart de ce pouvoir montré par la terrible sorcière et il entreprit de faire le calcul mental.
D'après Pernelle Flamel, il possédait environ huit pour cents de la magie de Voldemort. Cela signifiait que le mage noir, privé de ces mêmes huit pour cents, était actuellement son supérieur de cinquante-deux pour cents. Il tenta de faire le ratio avec l'aura virevoltant autour de Bellatrix, sans succès. Il savait que les auras étaient exponentielles. Ce qui était sûr, c'était qu'elle était plus puissante que la force actuelle de Voldemort, puisqu'elle était nettement plus de deux fois au-dessus de lui en puissance brute.
Ses poignets se croisèrent devant lui et les voiles de magie avec, dissimulant à nouveau l'aura. Il regarda pensivement la sorcière un long moment.
"Y a-t-il autre chose que tu souhaites que le transfert de ce rituel ?" interrogea-t-il finalement. "Et quel prix proposes-tu pour la dette de vie ?"
"Quel prix exiges-tu ?" répondit-elle. "Je ne suis pas en position de négocier. Ce que j'aimerais, c'est le rituel et la disparition de la Marque des Ténèbres. La seule chose que je pourrai te proposer est celui qui a livré tes parents biologiques au Seigneur des Ténèbres."
Les yeux de Stan se plissèrent. Cette personne était sûrement l'une de celles qu'il haïssait le plus.
"Sirius Black ?"
"Mon cousin n'a jamais été un Mangemort" fit Bellatrix en secouant sa tête "il a juste été opportunément été mis en prison sans procès quand il était le parrain du jeune Harry Potter et donc son tuteur. Peter Pettigrow était le Gardien du Secret des Potter et l'a révélé au Seigneur des Ténèbres."
"Voldemort."
"Les gens portant la Marque ne peuvent le nommer ainsi."
"Je vois" fit-il à mi-voix.
Il resta immobile un long moment, le dos droit, réfléchissant. Non pas à s'il allait accepter le marché de Bellatrix Lestranges, parce qu'il le ferait indéniablement. Non, il réfléchissait à la manière de formuler le contrat magique qui les lierait.
"Je transférerai le rituel sur Pettigrow" énonça-t-il finalement lentement "et, quand j'aurai trouvé le moyen de supprimer la Marque des Ténèbres, tu seras la seconde à en bénéficier. Je te rendrai ta liberté quand tu auras honoré les termes de notre contrat."
"Et qu'attends-tu de moi ?" interrogea la sorcière.
Un regard brûlant lui répondit.
"Tu participeras aux recherches pour détruire Voldemort et la Marque. Tu tueras mes ennemis quand je ne voudrai pas m'exposer pour le faire. Tu protégeras ma vie. Tu me transmettras toutes tes connaissances sur les Arts Sombres et la Magie Noire."
Un hochement de tête lui répondit et il poursuivit.
"Ensuite je te rendrai ta liberté. Tu ne parleras à personne de ce que tu m'auras enseigné, n'y fera jamais allusion et ne donnera aucune indication à quiconque sur ma force réelle ou le moindre de mes secrets. Tu n'attenteras pas à ma vie et ce, même après que je ne t'ai libérée."
Un lent, très lent sourire apparut sur les lèvres de la sorcière. Un sourire appréciateur et cruel à la fois et elle leva sa main. Al'Najin posa sa main sur son épée et fit jaillit la lame. Pas dans son entier, juste sur dix centimètres, et le regard de la sorcière se posa sur la garde ouvragée. Ce fut néanmoins sans crainte qu'elle avança sa main, tranchant sa paume sur le fil argenté.
"J'accepte tes conditions" énonça-t-elle sans hésiter.
"Et je prends acte de ton acceptation" répondit-il après avoir ouvert sa propre main.
Leurs paumes se frôlèrent, puis s'appliquèrent au-dessus de la garde serpentine, mélangeant leurs sangs, et la magie scella leur pacte. Il venait de se placer hors de portée de la sorcière la plus puissante d'Angleterre et rien que cela était appréciable – en plus des leçons privées qu'il y avait gagné.
"Où est Pettrigrow ?"
"C'est un Animagus rat" répondit Bellatrix sans hésiter "et il est actuellement en possession de la famille Weasley. Il se cache depuis qu'il a tué douze moldus et s'est fait disparaître, laissant Sirius Black comme seul coupable."
Il acquiesça silencieusement. Hermione s'était souvent plainte du rat de Ronld Wealsey qui traînait partout, en général peu propre, et grignotait des devoirs.
"Tu vas retourner à Londres" énonça-t-il. "Je récupérerai Pettigrow et je t'y retrouverai au premier jour de l'été. Tu iras dans le manoir des Mallory en disant que tu viens de ma part. Ne blesse personne mortellement. Si tu connais un moyen de récupérer une baguette sans attirer l'attention sur toi et a juste besoin d'argent, ils te le donneront. Sinon, nous irons t'en chercher une ensemble."
Il se tut et elle acquiesça.
"Oh et…" pensa-t-il soudain à voix haute "fais attention au borgne. Il aime se frotter aux choses dangereuses. Et plus elles sont dangereuses, plus il aime ça."
Une lueur d'intérêt apparut dans le regard de Bellatrix mais il ne poursuivit pas. Mieux valait simplement la prévenir de ne pas jouer avec les nerfs de Slade – quoiqu'elle s'en serait probablement rendu compte très vite.
"Comment dois-je t'appeler pour qu'ils me croient ?" s'enquit-elle finalement alors qu'il se détournait, repartant vers Poudlard.
"Al'Najin."
Il ne s'était pas retourné et reprit la route vers Poudlard. Des centaures jaillirent après une trentaine de mètres, l'accompagnant en silence jusqu'à la lisière de la forêt. Il était près de cinq heures du matin. L'aube pointerait bientôt. Il ne se soucia pas de discrétion en rejoignant son dortoir, caressant distraitement Fumseck sur son épaule. Ce qui n'empêcha pas Rogue de lui tomber dessus avec un air de chauve-souris mal réveillée.
"Retenue ce soir, Mallory" susurra-t-il d'une voix doucereuse. "Vous pensez visiblement que le couvre-feu ne s'applique pas à vous ?"
Il ne prit même pas la peine de répondre avant de rentrer dans les quartiers des Poufsouffle, retenant un ricanement. Cédric s'était endormi dans la salle commune, visiblement en l'attendant. L'assassin monta en silence dans son dortoir et se coucha, refermant les rideaux de son lit autour de lui avant de les bloquer d'un sort. Il avait une excuse en or pour sécher l'Histoire de la Magie le matin et n'allait pas la manquer.
