Avertissement : Les mêmes que d'habitude :) Vous commencez à connaître notre musique.
Un remerciement tout particulier à notre Beta, Loute, qui nous aide beaucoup, énormément même.
Bonne lecture.
Yzan et Lili.
Note très importante des auteures... en fin de chapitre !
On vous avait promis une surprise pour le dernier chapitre, mais si, rappelez-vous… Et comme on est adorables et gentilles, il y aura bien une surprise. (Non, Akira, lui, il est bien mort, on vous rassure…). Rendez-vous plus bas ! C'est là que le lapin sortira du chapeau du magicien… euh, non… c'est là que tout vous sera dévoilé concernant notre surprenante (on l'espère) surprise.
~ Tout est fini. ~
La vieille femme frissonna et remonta frileusement le col de son manteau tout en suivant les deux inspecteurs qui marchaient à grandes enjambées devant elle. L'odeur d'antiseptique brûlait presque sa gorge, augmentant un peu plus les larmes qui embrumaient ses yeux. Dans ses mains ridées et abîmées par les outrages du temps, ses doigts fébriles tordaient un mouchoir au tissu fané. Elle esquissa un signe de croix tremblant quand elle croisa un brancard sur lequel reposait un cadavre recouvert d'un grand drap blanchâtre.
Jamais de sa vie elle ne se serait imaginée traverser un tel endroit, digne de toutes ces séries policières qu'elle regardait de temps en temps à la télé. Un nouveau frisson la parcourut des pieds à la tête. Les deux inspecteurs de police devant elle bifurquèrent vers une salle, s'orientant sans la moindre hésitation dans ce lieu silencieux, triste, froid et lugubre. Ils s'assuraient de temps à autre qu'elle les suivait toujours, non sans papoter ente eux du temps qu'il faisait et de ce qu'ils feraient ce week-end avec leur famille respective.
Ils lui tinrent la porte et elle pénétra dans la pièce glaciale à l'odeur de mort, mais en même temps, il ne pouvait en être autrement dans une morgue. L'une des mains de la vielle femme se crispa sur le haut de son manteau, alors qu'elle pressait l'autre sur sa bouche. Le médecin légiste, un homme blafard au regard vide derrière de grosses lunettes la salua poliment d'un signe de tête. Les deux policiers l'encadrèrent, se tenant prêts à la soutenir. Ils étaient tous regroupés autour d'une civière sur laquelle, sous l'un de ces grands draps gris de tristesse, un corps sans vie reposait à présent pour l'éternité.
Le médecin tira doucement sur le drap, après un ultime coup d'oeil entendu échangé avec les deux inspecteurs. La tête fut dévoilée petit à petit, laissant apparaître un visage livide et figé à tout jamais. La vieille femme s'étrangla presque de désarroi, des larmes silencieuses roulant sur ses joues aux nombreuses ridules. Son coeur se serra douloureusement dans sa poitrine et elle manqua presque de s'effondrer sans force. Elle renifla bruyamment avant que ses sanglots accablés ne se répandent. Elle s'accrocha comme une malheureuse à son mouchoir, sa voix larmoyante appelant un Dieu qui, ce jour-là, avait oublié d'être miséricordieux.
- Je pense que l'identification est positive… conclut platement l'un des deux inspecteurs.
- Vous aurez mon rapport écrit sur l'autopsie dans deux jours, comme d'habitude, ajouta le légiste.
La pauvre nourrice s'accrocha à la civière, ivre de chagrin. D'une main tremblante, elle caressa timidement une fine mèche de cheveux noirs comme de l'encre de Chine. Elle l'avait élevé comme son propre fils, aimé comme si cet enfant était le sien… Pourquoi le sort était-il si cruel ? Qu'allait-elle devenir maintenant ?
Les deux policiers retirèrent sa main parcheminée de la sombre chevelure et la soutinrent, l'aidant à s'éloigner, à contrecœur, de cette vie trop vite fauchée.
- Madame, nous avons quelques questions à vous poser. Au poste, on vous servira un café, ou un thé si vous préférez...
A travers le brouillard de ses larmes amères et salées, la vieille femme hocha vaguement la tête, effondrée, ne prêtant plus guère attention aux paroles policées qui lui étaient adressées. Elle se sentait vide, incroyablement vide et malheureuse... Celui qu'elle considérait comme son fils était mort...
~oOo~
MINUTES DU PROCÈS A HUIS CLOS DES MEMBRES DE L'AKATSUKI, LE 12 Septembre 2014 à 15h00 - Salle 1 du TRIBUNAL CORRECTIONNEL.
Président : Le Juge No Subaku, Ses Assesseurs : Mr Oonoki Tsuchikage et Mme Meï Terumi.
Avocat de la défense : Maître Danzô Shimura.
Représentants des parties civiles : pour l'État : Maître Tsunade Hime; pour les familles : Maître Jiraya Myôboku.
Accusés : Konan Pain, Sasori Akasuna, Kabuto Yakushi, Kakuzu Kita, Yahiko Ame, Orochimaru Oto.
Président : " Mesdames et Messieurs les accusés, levez-vous ! Vous serez jugés aujourd'hui pour les chefs d'accusations suivants : Proxénétisme, Pédophilie, Trafic et production de stupéfiants, Trafic d'armes, Meurtres prémédités, Braquages, Vols avec violences, Attentats, Expériences interdites sur des êtres humains, Détournements et blanchiment de fonds monétaires, Chantages, Viols, Enlèvements, Crime organisé. La séance est ouverte ! "
Le coup de maillet du juge résonna dans la salle comme un coup de tonnerre...
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Naruto était arrivé en avance sur le lieu de rendez-vous donné par Chu. Toute la journée, il avait été sous tension, fébrile, impatient. Mais heureusement, il avait eu de quoi s'occuper. Après avoir déposé, non sans un pincement au coeur, Kyuubi chez Kiba, profitant que celui-ci soit en cours à la Fac pour esquiver des au revoir qu'il savait parfaitement être des adieux; il avait été à la banque pour fermer tous ses comptes. Ses amis et son chien allaient lui manquer…
Il avait retiré une grosse somme d'argent en liquide et fait transférer le reste sur un compte à part, y laissant l'accès à ses parents. Puis, il avait été dans une autre banque, pour y ouvrir un nouveau compte sous un nom d'emprunt, compte basé dans un paradis fiscal. Une fois tout ceci fait, il était rentré chez lui pour y faire un brin de ménage. Il ne tenait pas particulièrement à ce que ses amis trouvent son appartement sans dessus dessous.
Les affaires de Taka s'étaient retrouvées dans le vide-ordure, à part la besace rouge qu'il ne put se résoudre à jeter. Naruto ne tenait pas à les emmener, ni à ce que ses amis les trouvent. Il avait tué son ennui et son impatience en nettoyant de fond en comble son appartement. Ses affaires étant déjà prêtes, il n'avait rien de mieux à faire de toute façon, à part se ronger les ongles... Avant de rejoindre le lieu de rendez-vous, il était passé chez Gaara pour déposer ses clés dans la boîte aux lettres de son ami.
Et depuis plus d'une heure, il était là, devant la bibliothèque, à attendre l'inspecteur Hatake, son sac en bandoulière sur une épaule et celui de Taka sur l'autre. Jetant un coup d'oeil à sa montre, il constata que le policier était en retard de quinze minutes. Il soupira de lassitude, espérant vraiment que celui-ci ne tarderait plus. Il avait eu le temps de réfléchir toute la journée et était plus décidé que jamais. Il était prêt à commencer une nouvelle vie ! Une nouvelle vie dont Taka ferait partie, mais plus l'Akatsuki.
Une voiture blanche se gara juste devant lui et la vitre côté passager descendit lentement.
- Naruto !
A l'appel de son prénom, le jeune homme se pencha vers la vitre, voyant le conducteur : Kakashi.
- Je vous attendais, lâcha le blond.
- Tu es sûr de toi ? demanda le policier.
- Absolument, rétorqua Naruto d'un ton ferme et déterminé.
Puis, il ouvrit la portière et s'installa côté passager. Alors qu'il attachait sa ceinture, il vit son visiteur inattendu de la veille assis sur la banquette arrière.
- Bonsoir Naruto.
L'étudiant en Droit salua Chu d'un signe de tête, le scrutant de la tête aux pieds. Il comprenait maintenant pourquoi il avait eu l'impression de l'avoir déjà croisé sans vraiment pouvoir dire où et quand exactement.
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MINUTES DU PROCÈS DE L'AKATSUKI. TÉMOIGNAGE DE SASORI AKASUNA DIT LE SCORPION ROUGE.
Maître Danzô Shimura : J'appelle Sasori Akasuna à la barre. Jurez-vous de dire toute la vérité, et rien que la vérité ?
Sasori : Je le jure.
Maître Danzô Shimura : Vous êtes bien Sasori Akasuna, surnommé le Scorpion Rouge ?
Sasori : Oui.
Maître Danzô Shimura : A quel âge avez-vous intégré l'Akatsuki ?
Sasori : J'avais onze ans.
Maître Danzö Shimura : Qui vous a recruté ?
Sasori : Orochimaru Oto. C'est lui qui a recruté la quasi-totalité d'entre nous.
Maître Danzô Shimura : Avez-vous eu le choix ?
Sasori : Oui, le choix entre mourir ou survivre. J'ai préféré survivre, je pense que vous pouvez le comprendre.
Maître Danzô Shimura : Tout le monde peut le comprendre. Comment viviez-vous avant d'entrer dans l'Akatsuki ?
Sasori : Dans la rue. Mes parents sont morts quand j'étais petit. C'est ma grand-mère qui m'a élevé. Mais elle n'avait pas beaucoup de moyens et elle était très malade. Elle est morte quand j'avais huit ans. Après ça, j'ai vécu dans la rue. Je n'avais pas d'autre famille.
Maître Danzô Shimura : Quand vous êtes entré dans l'Akatsuki, comment cela s'est-il passé ?
Sasori : Je n'ai pas eu le choix. On m'a enfermé dans une cellule sombre pendant des jours avec à peine de quoi bouffer. Madara y est venu plusieurs fois me rendre visite. Il m'a violé, battu, marqué au fer rouge comme du bétail. Alors, j'aurais fait n'importe quoi pour lui, pour qu'il arrête de me torturer. Puis, il m'a envoyé sur le trottoir pour dealer. J'avais treize ans. Ensuite, comme je travaillais bien et que je me tenais à carreau, il m'a fait monter en grade. Un jour, il a découvert que j'avais un certain talent pour la chimie, alors il m'a confié un labo. J'étais obligé de faire ça, si je ne l'avais pas fait, il m'aurait tué !
Maître Danzô Shimura : Merci Mr Akasuna. Maître Tsunade, Maître Jiraya... le témoin est à vous.
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Étendu sur un lit, le jeune homme fixait le plafond blanc au-dessus de sa tête, cherchant à remonter le fil des évènements pour comprendre comment il était arrivé là. Tous ses souvenirs étaient nimbés d'un drôle de brouillard, seuls quelques éléments lui parvenaient réellement. Il se souvenait vaguement de bruits de courses, de cris et de coups de feu. Puis quelqu'un était entré, l'avait détaché, pris dans ses bras et l'avait emmené, il ne savait où.
Après ça, un homme vêtu de blanc lui avait parlé, mais il n'avait pas compris ce qu'il lui disait. Son dernier souvenir se résumait aux cris stridents de la sirène d'une ambulance. Quand il s'était réveillé, il était là, dans cette chambre toute blanche, habillé d'une chemise bizarre qui se fermait dans le dos, une perfusion plantée dans le dos de sa main, et des machines avec des écrans sur lesquels des lignes colorées défilaient.
Un hôpital... Il était dans un hôpital. Après s'être rapidement examiné, il constata qu'il avait été lavé et soigné, des pansements couvrant les plaies qui parsemaient son corps. Il tenta de se lever mais retomba lourdement sur le lit, incapable de tenir debout sur ses jambes. La porte s'était ouverte et un médecin était entré. Le docteur l'avait examiné, lui expliquant qu'il était en sécurité ici et qu'il n'avait plus rien à craindre, qu'il était en état de choc et qu'il fallait qu'il y aille doucement.
En sécurité ? Plus rien à craindre ? C'était quoi cette histoire ? Les yeux fixés sur le plafond, il tenta de comprendre ce qui se passait, mais sans y parvenir. Décidément, il avait l'impression d'avoir constamment un train de retard. Il était dans le cirage. La porte de sa chambre s'ouvrit et il tourna la tête, curieux de voir qui était son nouveau visiteur. Trois hommes se tenaient dans l'embrasure de la porte. Mais il n'en vit qu'un, un seul qui retint toute son attention, le poussant à se redresser difficilement et à vouloir le rejoindre s'il l'avait pu, s'il en avait eu la force.
- Naruto...
A peine le prénom avait-il franchi ses lèvres qu'il s'était retrouvé enserré dans une étreinte d'ours, la voix grave du blond résonnant à son oreille en une litanie incessante :
- Vivant, tu es vivant...
Enroulant ses bras autour du cou du jeune homme qui l'étreignait avec force, Taka retint difficilement ses larmes. Une seule chose comptait : Naruto, son Naruto, son beau blond bizarre pyjamaphile et saletéophobe, était là.
Un tourbillon d'émotions le fit s'accrocher plus fermement à la blonde silhouette masculine et l'odeur légèrement épicée de l'After-shave de celui qu'il aimait emplit ses narines, le comblant de bonheur. C'était lui. Il était bien là, vraiment là, à lui chuchoter des paroles sans queues ni têtes tellement il était heureux et soulagé de le retrouver, à se confondre en excuses pour n'avoir été qu'un idiot, pour n'avoir rien compris… Il percevait la chaleur de son corps et les battements de son coeur, son étreinte ne faiblissant pas une seule seconde.
Un mouvement derrière le blond attira soudain son attention, le faisant relever la tête. Son souffle se coupa dans sa gorge alors qu'il resserrait convulsivement ses bras autour de la nuque hâlée. Là, juste devant lui, se tenait l'homme brun qui avait accompagné Madara lors de l'une de ses visites dans sa cellule miteuse. Celui-là même qui avait assuré d'une voix froide et coupante qu'il n'était pas son frère. La peur fit trembler le mince filet de voix enrouée qui franchit ses lèvres desséchées et abîmées.
- Naruto ?
Entendant l'inquiétude percer dans le ton de son amant, l'interpellé se recula légèrement, voyant les orbes onyx écarquillés d'angoisse fixer quelqu'un derrière lui. D'une douce caresse sur la joue pâle marquée par de trop nombreux hématomes, il ramena le regard de Taka sur lui et sourit chaleureusement.
- Tout va bien, ce sont des amis, souffla-t-il d'une voix qu'il espéra rassurante.
Naruto se décala légèrement, s'asseyant tout près de son amoureux mais laissant ainsi le champ libre aux deux autres visiteurs. Sans le quitter pour autant des yeux, sa main enserra tendrement l'une des siennes. Taka observa en silence l'homme brun face à lui, surpris de voir tant d'émotions dans les orbes onyx de celui-ci. Tendresse, tristesse, joie, appréhension... tout cela brillait dans ces yeux aussi noirs que les siens.
Encore cette sensation de déjà-vu... Il avait l'impression d'être à deux doigts de trouver la solution sans y parvenir réellement. Et, c'était frustrant. Son visiteur se rapprocha de lui, un doux sourire un peu timide sur le visage; et Taka sentit son coeur se serrer. Tournant la tête, il interrogea muettement son amoureux qui le fixait en semblant guetter ses réactions. Il revint au brun qui se tenait maintenant en face de lui, à portée de sa main.
Les yeux de Taka naviguèrent de Naruto à l'inconnu étrangement familier. Plus il le regardait, plus il sentait monter en lui cette envie irrépressible de se jeter dans ses bras, comme s'il le connaissait depuis toujours. Resserrant sa prise sur la main de Naruto, le prostitué détailla cet homme mince, cet étranger, qui semblait attendre quelque chose de lui. Essayant de faire le tri dans les sentiments conflictuels qui l'agitaient, Taka porta une main confuse à son front. Le connaissait-il ? L'avait-il vu ailleurs que dans sa cellule moisie où il aurait pu mourir ?
Soudain, dans son esprit, un visage plus enfantin mais très ressemblant se superposa à celui de l'adulte qui lui faisait face. Grimaçant sous les efforts qu'il imposait à son cerveau déjà pas très en forme, il continua à fouiller sa mémoire perturbée. D'autres images ressurgirent, des visions d'un autre temps, d'une autre vie... Les fragments fugaces de souvenirs heureux de son enfance tremblèrent devant ses pupilles dilatées sous le choc, la surprise et le chagrin. Il releva la tête qu'il n'avait pas eu conscience d'avoir baissée, ses yeux écarquillés, sa bouche entrouverte par sa respiration laborieuse.
Ce fut plus fort que lui, le jeune alité tendit la main vers son vis-à-vis, attrapant une courte mèche de cheveux noirs. Et, d'une voix à peine audible noyée d'une douloureuse mélancolie, il souffla :
- Tes cheveux... tu les as... coupés...
Une larme inconsciente glissa le long de sa joue maigre et pâle couverte de bleus. Son coeur se serra dans sa poitrine et sa gorge se contracta horriblement. Ce n'était pas possible, hein... ça ne pouvait pas être vrai ! Et pourtant… il ne pouvait pas en être plus sûr.
L'adulte brun hocha doucement la tête, ses yeux s'illuminant d'une lueur heureuse, lueur que Taka retrouva dans les orbes azurs de son amoureux quand il le regarda brièvement. Un sanglot lui échappa et avant même qu'il n'ait le temps de comprendre réellement, il se retrouva, en pleurs, dans les bras du brun qui murmura d'une voix rendue rauque par l'émotion :
- Sasuke...
Dans sa tête, dans son coeur, ce fut comme si, soudain, un voile épais venait de se déchirer. Tous ces rêves, tous ces cauchemars... c'était des souvenirs... Ses souvenirs, les siens. Il avait tant voulu nier cette possibilité, oublier, mais maintenant... maintenant qu'il inondait de larmes l'épaule de cet être si cher à son coeur qu'il avait cru mort, qu'on lui avait dit être mort, sa main toujours prisonnière de celle de son amoureux, il réalisait enfin qui il était vraiment.
Trop petit, trop faible, trop jeune et démuni face à l'horreur, sans plus personne pour le protéger, impuissant face à ces êtres monstrueux, il avait oublié. Il avait tout oublié… Déchiré par la souffrance, le chagrin, la honte, la douleur, dévoré par ces hommes cruels et diaboliques; ses souvenirs chatoyants avaient été engloutis au plus profond de son être pour qu'il puisse trouver la force de survivre à ces heures si noires et dénuées d'espoir. Entre deux sanglots, le prostitué hoqueta faiblement :
- I... Itachi...
A l'entente de son prénom, ce prénom que ses parents lui avaient donné et que plus personne n'avait prononcé depuis dix ans, Chu resserra brutalement son étreinte autour du corps mince de son petit frère. Son petit frère... Enfin ! Enfin, il l'avait retrouvé ! Enfin, il pouvait le serrer dans ses bras ! Pour la première fois depuis son entrée dans l'Akatsuki, le jeune homme se laissa submerger par l'émotion, des torrents de larmes s'échappèrent de ses yeux pour aller s'échouer dans la chevelure couleur encre de Chine de son cadet.
Un sourire étira les lèvres de Kakashi en voyant les deux frères réunis. Croisant le regard de Naruto, le policier lui désigna la porte et le blond approuva d'un simple signe de tête. Laissant les deux frères enfin se retrouver après tant d'années de séparation, l'inspecteur quitta la pièce, se retrouvant dans le couloir aux murs nus où il attendit que le blond le rejoigne. Ce dernier détacha doucement sa main de celle de Sasuke, s'attirant immédiatement un regard mouillé et soucieux.
Rassurant son amant d'un sourire, Naruto lui embrassa le haut du crâne avant de rejoindre le policier dans le couloir. Kakashi invita l'étudiant à boire un café, ce que celui-ci accepta avec joie. En silence, les deux hommes se dirigèrent vers la cafétéria du bâtiment hyper sécurisé et top secret où ils se trouvaient. Naruto était totalement incapable de dire à quoi ressemblait l'extérieur de cet endroit, y ayant accédé par un long tunnel souterrain quand le policier l'avait conduit jusqu'ici.
Assis autour d'une table et d'un bon café, les deux hommes laissèrent leurs pensées dériver vers leur amant respectif. Kakashi prit la parole, brisant le silence, l'amusement perçant dans sa voix :
- Alors, finalement nous voilà beaux-frères...
Naruto releva la tête, surpris, avant de comprendre ce que voulait dire son vis-à-vis puis opina du chef avec un grand sourire.
~oOo~
MINUTES DU PROCÈS DE L'AKATSUKI. TÉMOIGNAGE DE CHU.
Maître Tsunade Hime : Jurez-vous de dire toute la vérité, rien que la vérité ?
Chu : Oui, je le jure.
Maître Tsunade Hime : Veuillez décliner votre identité... exacte.
Chu : Itachi Uchiwa. Fils aîné de Fugaku et Mikoto Uchiwa. Né le 9 Juin 1987. Surnommé Chu lors de mon intégration à l'Akatsuki.
Maître Tsunade Hime : Comment êtes-vous entré dans l'Akatsuki ?
Chu : J'avais seize ans. J'étais sorti avec des amis quand deux hommes armés m'ont kidnappé. Ils m'ont enfermé dans une pièce sombre et froide. Je ne sais pas combien de temps ça a duré. Je ne voyais jamais personne. Plus tard, j'ai été amené devant Madara, le chef de l'organisation. Il m'a posé des questions sur moi, sur ma famille; puis a confié ma formation à Nagato.
Maître Tsunade Hime : Quelle formation ?
Chu : Pour devenir un combattant. J'ai participé à des combats illégaux avant de devenir tueur à gage pour l'organisation.
Maître Tsunade Hime : Pourquoi avez-vous accepté de faire tout ça ?
Chu : Ils retenaient mon petit frère en otage. Madara me montrait régulièrement des photos et des vidéos de lui, et lui seul savait où il se trouvait. Si je n'obéissais pas, il le tuait. Et j'étais convaincu qu'il le ferait, alors j'ai fait tout ce qu'il me demandait. C'était la seule famille qu'il me restait... J'aurais fait n'importe quoi pour qu'il reste en vie, et Madara le savait.
Maître Tsunade Hime : Et vous n'avez pas essayé de retrouver votre petit frère ?
Chu : Si. Pendant toutes ces années, je n'ai jamais cessé de le chercher. Il fallait que je le sauve, que je le sorte des griffes de ce malade. J'ai suivi la moindre piste, le plus petit indice qui aurait pu me conduire à lui. Mais mes recherches sont restées infructueuses malgré tous mes efforts...
Maître Tsunade Hime : Vous avez fourni beaucoup d'informations à la police sur l'organisation. Comment êtes-vous entré en contact avec eux ?
Chu : Lors d'une garde à vue. L'inspecteur Hatake m'a donné sa carte en me disant qu'il pouvait m'aider. J'ai longuement réfléchi, et je me suis finalement décidé. Seul, je n'arrivais à rien. J'ai donc pensé qu'il pourrait m'aider à trouver Sasuke. C'était risqué, mais les mois et les années passaient… J'étais désespéré. Nous nous sommes rencontrés discrètement et nous avons conclu un marché. Je lui disais tout ce que je savais et ce que j'apprenais sur l'Aka, en échange il m'aidait à chercher mon petit frère. J'espérais qu'avec l'aide de la police, je le retrouverais enfin et que ce cauchemar s'achèverait.
Maître Tsunade Hime : Avez-vous jamais suspecté que votre frère fasse lui aussi partie de l'organisation ?
Chu : Jamais. Je n'avais pas confiance en Madara, mais les photos et les vidéos qu'il me montrait laissaient supposer que mon petit frère avait une enfance et une adolescence normales, loin de tout ça. Il me montrait des photos de classes, des videos de Sasuke lors d'un tournoi de karaté, à la remise des diplômes,... Ça avait l'air si vrai ! Si seulement j'avais su... Si seulement… Je l'aurai sorti de là bien plus vite, quitte à tous les tuer s'il l'avait fallu !
Maître Tsunade Hime : Vous connaissiez tous les membres de l'Akatsuki ?
Chu : Non. Il est impossible de tous les connaître. Ils sont beaucoup trop nombreux. Mais je connais les treize "grands".
Maître Tsunade Hime : Treize Grands ?
Chu : Oui, les treize plus hauts membres de l'organisation.
Maître Tsunade Hime : Sont-ils dans cette salle aujourd'hui ?
Chu : Pas tous. Quelques uns sont morts lors de l'assaut de leur repaire, et j'espère bien qu'ils pourrissent en enfer...
Maître Tsunade Hime : Pouvez-vous nous dire qui étaient les treize grands et quelles étaient leurs fonctions au sein de l'organisation ?
Chu : Il y avait le chef de l'Akatsuki : Madara. C'est lui qui chapeautait tout le monde et gérait le réseau pédophile. C'est lui aussi qui choisissait et marquait les nouvelles recrues.
Maître Tsunade Hime : Marquait ?
Chu : Oui, au fer rouge, d'un A majuscule sur la hanche gauche. C'était la marque de l'Akatsuki. La preuve que vous leur apparteniez...
Maître Tsunade Hime : Poursuivez.
Chu : Orochimaru Oto. C'est lui le principal recruteur. C'est lui aussi qui fournissait les armes et toutes les matières premières pour les stupéfiants et poisons. Kabuto Yakushi, le médecin de l'organisation. Il était en charge de soigner les recrues en cas de besoin. Mais c'est aussi lui qui était en charge des punitions. Il avait la double casquette de médecin et de bourreau.
Maître Tsunade Hime : Savez-vous s'il pratiquait des expériences sur des être humains ?
Chu : C'était son passe temps favori. D'après vous, en quoi consistait les punitions ?
Maître Tsunade Hime : Je préfère ne pas le savoir. Reprenez s'il vous plaît.
Chu : Nagato, je ne connais pas son nom de famille. Lui était en charge de la formation des combattants et des futurs tueurs à gage. C'était lui mon supérieur direct.
Chu : Yahiko, lui, était en charge de la vitrine externe de l'organisation. Il gérait des magasins de tatouages et piercings à travers tout le pays. Ces magasins étaient avant tout des lieux de rencontre avec d'autres organisations criminelles. C'était aussi les points d'approvisionnement pour les recrues travaillant à l'extérieur de la ville. Madara le laissait exercer son art sur les putes de l'organisation. Yahiko les customisait avant qu'elles n'arrivent sur le trottoir.
Maître Tsunade Hime : Pourquoi les customiser ?
Chu : Pour les rendre plus attrayantes je suppose. Je ne l'ai croisé qu'une ou deux fois. Mais selon Nagato qui le connaissait bien, Yahiko avait un faible pour les belles peaux qui rendaient mieux justice à son travail, à ses bijoux et à ses tatouages.
Maître Tsunade Hime : Un esthète, donc. Qui d'autres ?
Chu : Zetsu, le cuisinier de l'Akatsuki. C'était lui qui faisait tous les repas pour les recrues et les prisonniers qui peuplaient les cellules du repaire. J'ignore s'il avait un autre rôle que celui-là. Tobi était l'armurier. Toutes les armes de l'organisation passaient entre ses mains. Kisame et Hidan étaient des macs. Kisame avait en charge les quartiers Est, et Hidan les quartiers Sud. Deidara, lui, s'occupait des bars à putes des quartiers Ouest.
Maître Tsunade Hime : En somme, toute la ville était quadrillée. Il n'y avait rien au Nord ?
Chu : Quelques immeubles vétustes dans la zone et des bordels étaient aux mains de l'Akatsuki qui y organisait ses combats clandestins.
Maître Tsunade Hime: Poursuivez ?
Chu : Konan, la compagne de Madara. C'était elle qui avait sous sa responsabilité les bordels des quartiers Nord.
Maître Tsunade Hime : Sa propre femme était donc elle aussi complice. Qui encore ?
Chu : Sasori était le chimiste. C'est lui qui concevait et fabriquait toutes les substances toxiques : drogues en tout genre et poisons. Kakuzu était le comptable. Il s'occupait de récupérer les recettes de toutes les branches de l'organisation et de les blanchir.
Maître Tsunade Hime : Merci Mr Uchiwa. Maître Danzô Shimura, le témoin est à vous.
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Kakashi et Itachi, alias Chu, se faisaient face assis autour d'une table de la cafétaria du bâtiment hautement sécurisé où ils séjournaient. Le témoignage du jeune homme avait appris bien des choses au policier sur les premières années de son compagnon au sein de l'organisation criminelle. Il ne pouvait qu'admirer le courage de ce dernier qui avait survécu à un entraînement barbare dans l'unique but de retrouver son petit frère.
Ceci dit, il comprenait bien mieux certaines manies de celui qui partageait sa vie depuis quelques années. Un sourire tendre se dessina sur ses lèvres quand il songea qu'effectivement il n'aurait pas voulu l'avoir pour ennemi. Pas sûr qu'il aurait survécu. La voix grave et douce de son amant le tira de ses pensées :
- Je comprendrais si tu veux tout arrêter entre nous... maintenant que tu sais tout ça.
Choqué, Le Borgne releva la tête et fixa éberlué son vis-à-vis.
- Et pourquoi voudrais-je tout arrêter ? J'ai toujours su qui tu étais. Et ça ne m'a pas empêché de t'aimer... jamais.
- Je sais... mais, tu ne savais pas tout, soupira doucement Itachi.
- Je sais que je t'aime, et je sais que je suis heureux avec toi. Je n'ai pas besoin de plus.
L'inspecteur glissa ses mains sur la table et s'empara de celles de son compagnon qui triturait un gobelet de carton où le café avait depuis longtemps refroidi. Tendrement, il entrelaça peu à peu ses doigts à ceux d'Itachi. Mais les phalanges élégantes semblaient dénuées de toute force, incapables de lui rendre son étreinte discrète emplie d'amour et de soutien. Cela ressemblait si peu à celui qu'il aimait. L'inquiétude lui tordit l'estomac.
Son amant évita son regard et Kakashi sentit son coeur se serrer.
- Mais, poursuivit-il, peut-être que toi tu veux rompre ?
- Non !
L'exclamation spontanée d'Itachi le rassura, le brun se justifiant immédiatement :
- C'est juste que... ta vie est ici, tu as ton travail, tes amis... et tu vas devoir tout quitter... à cause de moi. Je ne suis pas un homme bien, j'ai fait des choses terribles. J'ai tué beaucoup de gens, des gens innocents. J'ai beaucoup de sang sur les mains. Je ne mérite pas que tu te sacrifies pour moi !
Sans un mot, Kakashi se leva pour aller embrasser passionnément son amant, lui coupant le souffle. Quand il consentit enfin à le relâcher, ce fut pour planter un regard ferme et déterminé dans les orbes onyx en proie au trouble. D'une voix douce, il lui souffla :
- Rester à tes côtés n'a rien d'un sacrifice. Tu n'es pas un monstre, bien au contraire. Je t'aime tel que tu es. Ne compte pas te débarrasser de moi avant de très nombreuses années.
- Il va falloir que j'économise pour tes vieux jours alors, rit doucement Itachi avant de prendre en otage la bouche devenue boudeuse de son compagnon, l'empêchant efficacement de répliquer.
Il était rassuré de voir que malgré ce qu'il avait appris sur lui, ses sentiments n'avaient pas changé, rassuré de savoir qu'il le suivrait quand même. L'idée de le perdre lui avait ôté le sommeil depuis des jours, le noyant d'inquiétude. Il l'aimait tellement qu'il n'était pas sûr qu'il aurait pu poursuivre sa route sans lui à ses côtés.
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MINUTES DU PROCÈS DE L'AKATSUKI. TÉMOIGNAGE D'OROCHIMARU OTO.
Maître Jiraya Myôboku : Orochimaru Oto, pour quelle raison l'Akatsuki a-t-elle assassiné Fugaku et Mikoto Uchiwa ?
Orochimaru : Par vengeance.
Maître Jiraya Myôboku : Vengeance ?
Orochimaru : Vous parlez de Madara... Mais que savez-vous de lui exactement ?
Maître Jiraya Myôboku : Pas grand chose. Mais je vous en prie, éclairez-nous.
Orochimaru : Huhuhu. Madara Pain, fils d'une prostituée et de père inconnu. Enfin pas si inconnu que ça... son géniteur n'était autre qu'Inuza Uchiwa. Fugaku Uchiwa et Madara étaient demi-frères.
Maître Jiraya Myôboku : Fugaku Uchiwa le savait ?
Orochimaru : Évidemment. Il l'a appris à la mort d'Inuza. Inuza et Madara se sont rencontrés d'ailleurs plusieurs fois, mais Inuza a toujours refusé de reconnaître Madara comme son fils. A sa mort, Madara a réclamé sa part d'héritage, mais Fugaku a refusé. Après quelques menaces dont ce pauvre Fugaku n'a pas tenu compte, Madara a décidé de les tuer, lui et sa femme, et de prendre en charge, à sa manière, l'avenir de leurs enfants : Itachi et Sasuke.
Maître Jiraya Myôboku : Mais l'Akatsuki existait déjà depuis quelques années à cette époque là.
Orochimaru : Madara a toujours grandi dans la rue, sa mère passait plus de temps à se faire sauter par tous ceux qui pouvaient payer qu'à s'occuper de lui. C'est le lot de beaucoup d'enfants de putes. Il a créé l'Akatsuki pour gagner de l'argent et une réputation qui inspirerait le respect à son père. Mais en vain.
Maître Jiraya Myôboku : Et une fois débarrassé de son demi-frère, il a pu faire main basse sur la fortune de son père.
Orochimaru : C'est exact. Mais sa plus grande joie a été de s'occuper de ses neveux. Il est très attaché à sa famille, voyez-vous.
Maître Jiraya Myôboku : En parlant de famille, il était en couple avec Konan... ils n'avaient pas d'enfants ?
Orochimaru : Bien sûr que si. Ils avaient un fils qui est né en septembre 1993. Un fils qu'ils ont prénommé Akira et qui a été très utile à son père.
Maître Jiraya Myôboku : Utile ? De quelle façon ?
Orochimaru : Disons que Madara a utilisé l'étrange ressemblance entre Akira et son cousin : Sasuke Uchiwa pour faire croire à Itachi que son petit frère chéri et adoré vivait une existence normale et loin de tous dangers.
Orochimaru : C'était un plan très ingénieux. Il tenait Itachi en laisse avec des photos et des vidéos d'un faux Sasuke. Et pendant ce temps, le vrai Sasuke travaillait pour lui aussi, ignorant tout de sa vie d'avant. Pratique non ?
Maître Jiraya Myôboku : Merci pour ces précisions. Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Orochimaru : Oui. Vous parlez toujours des treize "grands", mais nous n'étions pas treize. Seulement douze.
Président : Expliquez-vous !
Orochimaru : Bien sûr votre Honneur. En fait Madara et Tobi ne sont qu'une seule et même personne. Madara a créé le personnage de Tobi pour pouvoir espionner ses hommes. Et quel meilleur endroit pour cela que l'armurerie ? En plus, en jouant au fou mégalomane, il déjouait la méfiance des gens autour de lui et apprenait bien des choses ainsi.
Président : Comme par exemple ?
Orochimaru : Pourquoi croyez-vous que jamais aucune taupe n'a réussi à pénétrer l'organisation ? Grâce à Tobi, Madara avait des oreilles et des yeux partout !
Président : Mais il s'est fait prendre finalement, et maintenant c'est lui qui est mort et enterré. Maître Tsunade Hime, le témoin est à vous.
~ oOo~
Assis sur le lit double qu'ils partageaient, Naruto et Sasuke regardaient un film quelconque à la télévision. Le procès de l'Akatsuki avait commencé et le lendemain Taka serait appelé à la barre pour témoigner. Confortablement installé entre les jambes du blond, son dos contre le torse musclé derrière lui et les bras tannés par le soleil entourant sa taille fine, le prostitué profitait de la chaleur de son amoureux. Il ne prêtait aucune attention au film, toutes ses pensées tournées vers le lendemain.
Sentant la tension qui habitait son amant, Naruto l'obligea à se retourner et le questionna :
- Qu'est-ce qui se passe ? Tu appréhendes pour demain ?
Les orbes sombres le fixèrent avec crainte avant que le jeune homme ne finisse par lâcher dans un souffle :
- Ne viens pas demain.
Naruto fronça les sourcils et resserra son étreinte sur le corps délié de l'élu de son coeur.
- Pas question. Je serai là, avec toi ! répliqua-t-il d'un ton ferme et déterminé.
Sasuke posa une main douce sur la joue de son amoureux, redessinant du bout des doigts les cicatrices qui l'ornaient, puis déposa un chaste baiser sur les lèvres charnues de celui-ci. L'appréhension lui noua la gorge et il déglutit avec difficultés avant de se lancer.
- S'il-te-plait... Je ne veux pas que tu entendes ce que je vais raconter. Ne viens pas au tribunal...
La lueur angoissée qui hantait les orbes onyx toucha profondément Naruto, mais il refusait catégoriquement de quitter Sasuke ne serait-ce qu'une minute. Il l'avait trop souvent perdu pour prendre le risque qu'il lui soit à nouveau enlevé. Caressant le dos de celui qui comptait tant pour lui, il l'embrassa tendrement avant de lui répondre.
- Je sais que je ne vais pas aimer ce que tu vas raconter. Je ne suis même pas sûr d'avoir envie de l'entendre. Mais... Je ne veux pas te quitter. Je ne veux plus jamais être séparé de toi. Et ce que tu as vécu, même si c'est encore pire que ce que j'imagine, ça fait partie de toi maintenant. Tu comprends ?
Taka se mordit les lèvres, hésitant, ne sachant comment convaincre le blond têtu de ne pas venir.
- C'est fini maintenant. Ça n'apportera rien que tu saches tout ce qui m'est arrivé. Et puis... je ne veux pas que tu aies pitié ou que tu te sentes obligé de rester avec moi ou...
Il fut interrompu par une pluie de tendres baisers qui lui coupa le souffle. Il y ressentit tout l'amour que lui portait son homme. Il s'accrocha à la nuque blonde de toutes ses forces, étouffant sa peur de perdre ce beau blond bizarre auquel il tenait tant.
- Je te promets que je n'aurai jamais pitié de toi, souffla Naruto. Je ne te quitterai pas non plus, peu importe ce qui a pu t'arriver, ce que tu as dû traverser. La seule chose qui compte aujourd'hui pour moi, c'est que tu es vivant, là dans mes bras. Plus personne ne nous séparera, plus personne ne te fera de mal. Jamais. Je te le jure !
La détermination inflexible qui perça dans le ton pourtant doux de son amant fit céder Sasuke qui se blottit en silence contre le torse de son amoureux, espérant secrètement que son témoignage ne changerait effectivement rien entre eux.
Il avait vécu tellement de choses humiliantes, horribles, n'avait été traité que comme un vulgaire objet durant tant d'années, tout juste bon à assouvir les fantasmes plus ou moins pervers de tous ceux qui avaient les moyens de payer ou d'abuser de lui tout simplement. Il ne voulait qu'une chose : oublier tout ça, laisser Taka derrière lui et profiter de ce qu'il avait enfin retrouvé : son meilleur ami, devenu son amant, et son frère. Rien d'autre. Mais demain, demain, il devrait répondre aux questions et raconter tout ça, témoigner pour que les coupables soient définitivement enfermés.
Et Naruto serait là, Naruto entendrait… Tout. Tout ce qu'il ne lui avait jamais dit, tout ce qu'il voudrait oublier… Il avait peur que le regard de son amoureux change, qu'il ne voit plus que la pute et non plus ce qu'il était. Naruto serait-il toujours prêt à tout quitter pour le suivre quand il saurait ? L'aimerait-il toujours autant ? Malgré les promesses de celui-ci, il ne pouvait s'empêcher de craindre qu'il ne le quitte, l'abandonne. Il ne pourrait même pas lui en vouloir. Après tout, quel homme sain d'esprit accepterait de passer après autant d'autres ?
Étrangement raconter tout ça devant son frère ne le gênait pas vraiment. Itachi avait lui aussi fait partie de l'Akatsuki, et était donc au courant des pratiques de celle-ci. Le témoignage de son aîné avait eu lieu la veille et Sasuke avait été bouleversé d'apprendre tout ce qu'il avait enduré et fait uniquement pour le retrouver, le protéger. Sa haine envers les membres de cette foutue organisation avait encore grandi quand il avait appris les mensonges que ceux-ci avaient servi à son aîné pour le manipuler.
Un coup frappé à la porte le tira de ses pensées moroses, et Itachi entra dans la chambre. Les deux frères se sourirent et le plus âgé des deux rejoignit le couple sur le lit, s'installant confortablement à côté de Naruto. Immédiatement Sasuke se détacha légèrement de son amant, se décalant pour se glisser entre eux deux. Un soupir de bien-être lui échappa quand il se retrouva dans l'étreinte des deux personnes qui comptaient le plus pour lui, chacune de ses mains agrippée à eux.
Il avait toujours cru qu'il mourrait la tête dans un caniveau… Mais finalement, il allait s'en sortir… Pour affronter tout un tribunal à qui il devrait expliquer comment il avait vécu jusqu'ici. La honte et la peur de perdre Naruto l'assaillirent. Il était une victime, il allait témoigner pour que tout ces pourris finissent derrière les barreaux, payent enfin pour tout ce qu'ils lui avaient fait. Mais à quel prix ? Il se moquait bien de ce que les gens pourraient penser. Naruto, lui, le supporterait-il ?
Itachi et Naruto échangèrent un regard amusé en voyant les contorsions de Sasuke, ayant l'impression de revenir dix ans en arrière quand le cadet de la famille Uchiwa s'endormait blotti entre eux deux devant un film quelconque. Ils étaient simplement heureux de s'être retrouvés, de l'avoir retrouvé lui... Leur Sasuke. Naruto reporta son attention sur l'écran de télévision et la vue d'un chien gambadant gaiement dans une prairie le fit soupirer.
- J'espère que Kyuubi va bien, que Kiba s'occupe bien de lui et qu'Akamaru ne lui fait pas trop de misères.
- Hm... marmonna vaguement Sasuke qui commençait déjà à s'endormir.
- Tu crois que je vais lui manquer ? Moi en tout cas il va me manquer... Mon pauvre toutou... Il va être trop triste sans moi !
Naruto continua à monologuer sur l'absence de son chien, ne voyant pas le sourire amusé des deux frères. Sasuke finit par s'endormir pour de bon, vite suivi par Itachi. Quand Kakashi entra dans la chambre quelques minutes plus tard, il trouva trois dormeurs au sommeil profond, blottis les uns contre les autres, le plus jeune des deux bruns au milieu d'eux. Un sourire tendre étira sa bouche cachée par un masque chirurgical et il s'installa tranquillement dans un fauteuil non loin du lit, décidant de les laisser dormir. La journée de demain serait éprouvante pour eux, alors autant qu'ils se reposent.
~oOo~
MINUTES DU PROCÈS DE L'AKATSUKI. TÉMOIGNAGE DE TAKA.
Maître Tsunade Hime : Vous êtes bien le dénommé Taka ?
Taka : Oui.
Maître Tsunade Hime : Des tests ADN ont prouvé que votre véritable identité est Sasuke Uchiwa. Êtes-vous Sasuke Uchiwa ?
Taka : ... oui.
Maître Tsunade Hime : Pouvez-vous nous raconter ce qu'il s'est passé le soir où vous avez été enlevé ?
Taka : ...
Maître Tsunade Hime : Prenez votre temps, et ne vous inquiétez pas pour les détails. Nous souhaitons juste connaître le déroulement des évènements.
Taka : On a dîné tous les quatre; mes parents, moi et mon frère. Itachi est parti rejoindre des amis, et moi je suis allé me coucher. Je ne sais plus ce que j'ai fait avant de dormir... C'est un peu flou...
Maître Tsunade Hime : Vous étiez jeune, c'est normal. Racontez nous seulement ce dont vous vous souvenez.
Taka : J'ai été réveillé par deux hommes qui m'ont sorti du lit et emmené de force dans le séjour. Mon père et ma mère étaient à genoux au milieu de la pièce, entourés d'autres hommes. Ils étaient armés, et j'avais très peur. J'ai voulu aller vers ma mère, mais ces hommes m'en ont empêché. Ils nous tenaient solidement et avaient leurs armes pointées sur nous. L'un d'entre eux a dit quelque chose, je ne me souviens pas quoi, à mon père. Mon père lui a répondu froidement que jamais il ne serait un membre de notre famille. Il était très en colère.
Président : A quoi ressemblaient ces hommes ? Vous vous en souvenez ?
Taka : Oui. Enfin pas tous. Il y avait Madara, Hidan, Kakuzu, Yahiko, Kabuto et Zetsu. Les autres, je ne sais plus...
Maître Tsunade Hime : Ce n'est pas grave. Que s'est-il passé ensuite ?
Taka : Madara s'est énervé et il a commencé à frapper mon père au visage et ailleurs. Après, il a giflé ma mère et... il l'a attrapé par le col de son kimono et jeté par terre… Il… il s'est jeté sur elle et a déchiré le tissu. Mon père a voulu la défendre, la protéger; mais les autres l'ont maintenu au sol en l'obligeant à regarder. Madara… Madara s'est couché sur elle et elle s'est mise à pleurer et à crier… Il… il l'a violée. Les autres l'ont violée aussi... Je ne comprenais pas vraiment ce qu'ils faisaient. Mon père était horrifié, et dès que ma mère criait trop fort ou se débattait, ils la frappaient. J'étais terrifié et je pleurais… Puis, ça a été mon tour. ils... m'ont fait la même chose...
Président : Ils vous ont frappé et violé ?
Taka : ... oui... Mon père était toujours obligé de regarder; mais cette fois, il a fermé les yeux… Il ne pouvait rien faire…
Maître Tsunade Hime : Et ensuite ?
Taka : Madara a dit de tuer ma mère, et c'est ce qu'ils ont fait. L'un d'eux, je ne sais plus lequel, lui a tiré une balle dans la tête et je l'ai vue s'effondrer. Je crois que j'ai hurlé à ce moment là, mais je n'en suis pas sûr. Puis, il a dit à mon père que maintenant il avait tout perdu et il l'a tué. Il a pointé un pistolet sur son front et il a lui même appuyé sur la détente. Cette fois, je n'ai pas crié je crois. J'étais trop choqué pour pouvoir le faire. Après, ils m'ont emmené dans une voiture et ils ont mis le feu à la maison. Ils sont restés garés tout près pour que je vois ma maison brûler. Madara m'a dit qu'à partir de maintenant, je n'étais plus personne et que je lui appartenais.
Maître Tsunade Hime : Ils vous ont emmené... Savez-vous où ?
Taka : Non. Ils m'ont enfermé dans une espèce de chambre sans fenêtre avec une grosse porte. Il y avait une cabine de douche, un lavabo et des toilettes dans un coin. Et un lit, un petit lit avec des ressors qui grinçaient.
Maître Tsunade Hime : Combien de temps êtes-vous resté dans cette pièce ?
Taka : J'en sais rien. Y'avait pas de fenêtre, pas de pendule. Rien. J'étais seul. Puis Madara est revenu. Il m'a marqué au fer rouge à la hanche, et ils m'ont "éduqué".
Maître Tsunade Hime : Éduqué ?
Taka : Oui. Ils m'ont violé de nombreuses fois chacun et battus quand je criais trop fort. Ils disaient que les putes ne criaient que de plaisir même quand ça faisait mal. Ils m'ont appris "les ficelles du métier". Et quand je n'apprenais pas assez vite ou quand j'étais trop amoché, Kabuto s'occupait de moi. Il me punissait ou me soignait selon ce que j'avais fait ou pas. Et puis... Ils ont dit que j'étais prêt...
Maître Tsunade Hime : Prêt à quoi ?
Taka : A avoir des clients.
Maître Tsunade Hime : Vous aviez quel âge ?
Taka : Je sais pas trop... entre dix et quinze ans.
Président : C'est assez large comme fourchette.
Taka : Je ne sais pas du tout combien de temps j'ai passé dans cette chambre. C'est quand j'en suis sorti que j'ai su que j'avais quinze ans... Je venais de fêter mon dixième anniversaire quand ils m'y avaient enfermé.
Maître Tsunade Hime : Vous n'êtes pas sorti de cette chambre une seule fois en cinq ans ?
Taka : Non.
Maître Tsunade Hime : Que s'est-il passé quand vous êtes sorti ?
Taka : Un jour, Madara est venu me voir avec Hidan. Il m'a dit que j'étais trop vieux maintenant pour les pédophiles. Alors, il me donnait à Hidan...
Président : Vous donnait ?
Taka : Je n'étais qu'un objet pour eux; alors oui, Madara m'a donné à Hidan. Ce jour là, Hidan m'a violé et marqué avec un tazer, puis il m'a emmené dans le quartier Racine. Il m'a montré une piaule et m'a dit que je vivrais là maintenant, que j'avais intérêt à bosser et à lui obéir.
Maître Tsunade Hime : Le quartier Racine ? Le bidonville ?
Taka : Oui. J'ai vécu là ces cinq dernières années. Le soir, j'allais dans la Rue des Embrumes pour travailler.
Maître Tsunade Hime : Et quel travail faisiez-vous ?
Taka : Pute.
Maître Tsunade Hime : Vous n'avez pas essayé de vous échapper ?
Taka : Pour aller où ? Je n'avais plus rien, ni personne... Mes seuls amis c'était mes colocataires, deux putes comme moi, et le sentinelle de la rue. De toute façon, l'Aka m'aurait retrouvé. Ils vous retrouvent toujours… et vous font passer l'envie de leur échapper.
Maître Tsunade Hime : Avez-vous participé à des opérations pour l'Akatsuki ?
Taka : Parfois oui. J'étais guetteur pour certains braquages. Ou bien j'étais chargé de détourner l'attention.
Maître Tsunade Hime : Avez-vous déjà tué quelqu'un pour l'organisation ?
Taka : Non. Tabassé oui, mais tué jamais.
Maître Tsunade Hime : Merci pour votre témoignage. Je n'ai plus de questions. Maître Jiraya, le témoin est à vous.
~oOo~
La voiture aux vitres teintées se gara dans le parking de l'aéroport, déposant ses quatre passagers. Dans une heure, ils prendraient l'avion sous leurs nouvelles identités et partiraient pour une nouvelle vie, loin, très loin de leur pays natal. Avec pour seul bagage un sac chacun, l'enregistrement fut vite fait et les deux couples se dirigèrent vers la salle d'attente, faisant des adieux silencieux à leur mère patrie.
Sa main fermement serrée dans celle de Naruto, Sasuke avançait la peur au ventre. C'était idiot, ils étaient là incognito. Il n'avait aucune raison d'avoir peur, mais il ne pouvait s'en empêcher. Il avait hâte d'être enfin arrivé à destination, de disparaître définitivement. Se laissant guider par son amant, il ne cessait de jeter des coups d'oeil à droite et à gauche, craignant de voir surgir un membre de l'Akatsuki qui viendrait le reprendre et le séparer de son amoureux et de son frère.
Il avait vu les visages se décomposer au fil de son témoignage. L'affaire défrayait les chroniques malgré le huit clos et son nom de prostitué était partout, jusque dans les journaux. La sordide histoire de sa vie, racontée dans les grandes lignes et sans dévoiler son identité réelle, émouvait le pays entier. Naruto n'avait rien dit sur tout ça, mais changeait systématiquement de chaîne dès qu'il y avait un reporter sur l'écran de télévision. Les marches du Palais de Justice étaient devenues le haut lieu de rendez-vous de toute la presse que comptait la ville.
Une silhouette attira son attention, le faisant froncer les sourcils. Un jeune homme d'une vingtaine d'années se tenait près de l'entrée de la salle d'attente où ils se dirigeaient. Ses cheveux roux coupés courts laissaient voir un tatouage sur son front pâle. Les yeux bleu-vert de l'inconnu se posèrent sur lui, puis sur Naruto, un sourire discret venant égayer le visage austère de cet inconnu qui le salua d'un signe de tête.
Surpris, Sasuke se figea, se demandant vaguement qui était ce type. Un mouvement aux pieds du jeune homme attira son attention sur un chien, un rottweiller, qui était assis là bien sagement. Reconnaissant le canidé, Sasuke tira sur la main de Naruto, l'entraînant vers le roux et son compagnon à quatre pattes. L'exclamation étouffée qui retentit à ses côtés lui confirma qu'il ne s'était pas trompé.
- Kyu !
Naruto n'en revenait pas. Kyuubi, son chien, était là avec Gaara. Pressant le pas, il se précipita vers son toutou qui l'accueillit en lui sautant dessus et lui léchant le visage à grand coups de langues.
- Hey ! Oui mon gros ! Oh oui, moi aussi je suis content de te voir ! Oh oui, tu es gentil !
Gagatisant avec son chien, Naruto ne prêta pas vraiment attention à Kakashi et Itachi qui se rapprochèrent. Sasuke lança un regard entendu au policier. Il avait pratiquement supplié celui-ci de faire quelque chose pour que Kyuubi soit du voyage, ne supportant pas de voir son blond si malheureux de cette séparation. L'inspecteur lui avait promis de faire ce qu'il pourrait, et visiblement, il avait tenu parole. Le rire de Naruto fit sourire Sasuke.
- Tu sais que je suis là aussi.
La voix placide de Gaara mit un terme aux retrouvailles enthousiastes du maître avec son chien, Naruto lui adressant un sourire d'excuses.
- Désolé. Qu'est-ce que tu fais là d'ailleurs ? Et avec Kyu en plus ?
Maintenant qu'il y pensait, personne ne savait qu'ils partaient, alors comment son ami avait-il eu l'info ?
Gaara leva les yeux au ciel et expliqua :
- Mon père est juge, tu sais. C'est même lui qui a présidé le procès de l'Akatsuki. Il ne m'en aurait pas parlé si ton petit ami n'en avait pas eu marre de tes jérémiades à propos de ton chien.
Naruto jeta un coup d'oeil interrogatif à son amoureux qui se contenta d'hausser les épaules en désignant Kakashi du menton.
Itachi, qui n'avait jusque là rien dit, intervint alors :
- Tu sauras garder le secret ?
- Bien sûr, répondit calmement Gaara. Mon frère aîné fait aussi partie du programme de protection des témoins. Je suis donc bien placé pour savoir quel sont les risques de divulguer de telles informations. Et puis, je ne connais ni votre destination, ni vos nouvelles identités. Juste que je devais me trouver là à cette heure-ci pour que Naruto puisse récupérer Kyuubi.
- On l'emmène ! Wouhou ! Tu entends ça mon chien ? Tu viens avec nous ! Sasu, c'est génial non ?!
Le jeune homme, qui s'était baissé pour flatter l'encolure du molosse, leva les yeux au ciel en soupirant :
- Je ne suis pas sourd, crétin !
Une voix féminine retentit dans le hall de l'aéroport, invitant les passagers du vol 1406 à destination de New York à embarquer. D'une légère pression sur l'épaule, Kakashi fit comprendre à Naruto qu'il était temps pour eux de partir :
- Si tu veux avoir le temps de faire embarquer ton chien, il faut se dépêcher.
- J'arrive, souffla le blond.
Comprenant que son amant souhaitait dire au revoir, non : adieu, à son ami. Sasuke prit la laisse de Kyuubi et voulut suivre le couple vers le comptoir, mais une main le retint. Surpris, il interrogea silencieusement le blond du regard qui lui sourit avant de dire :
- Sasuke, je te présente Gaara. Gaara, je te présente Sasuke.
Le brun tendit une main vers le jeune homme roux qui la lui serra avec un sourire.
Itachi prit la laisse de Kyuubi qui le suivit gentiment, agitant son bout de queue avec joie, sous l'oeil amusé de Kakashi :
- Tu parles d'un chien de garde... Il ressemble plus à un gros nounours qu'autre chose.
Mais le grognement sourd et menaçant qui roula dans la gorge du rottweiller lui fit rapidement reculer la main qu'il avait tendue pour le caresser.
- Je crois qu'il a ses préférences, se moqua gentiment Itachi.
- Comment ça se fait qu'il me grogne dessus, je suis un gentil moi, râla le policier. Il te dit rien à toi, ni à ton frère !
Un doux rire échappa à l'ancien tueur à gage qui expliqua :
- Sasuke a toujours eu un truc avec les animaux, et moi... disons que j'ai appris à les mettre en confiance.
- Grmph...
Pendant que le couple plus âgé s'occupait de s'assurer que Kyuubi ferait bien partie du voyage, Naruto et Gaara se regardaient fixement, bien conscients qu'ils ne se reverraient sûrement jamais.
- Kiba n'a rien dit que tu récupères Kyu comme ça ? s'inquiéta le blond.
- Ne t'inquiète pas pour ça, je gère Kiba et les autres. Toi, vis ta vie, prends soin de toi et surtout... sois heureux, ok ?!
Touché et à court de mots, Naruto serra Gaara fort contre lui :
- Merci... pour tout. Toi aussi, prends bien soin de toi, et des autres. Et soyez heureux, vous tous, d'accord ?
Gaara hocha la tête et se dégagea doucement de l'étreinte de son ami, reportant son attention sur le brun que celui-ci n'avait pas lâché.
- Je suis ravi de te rencontrer enfin, Sasuke, lui dit Gaara. C'est dommage que l'on n'ait pas le temps de faire plus ample connaissance, j'aurais aimé te connaître un peu plus. Après tout j'entends parler de toi depuis... des années.
Ne sachant que dire, Sasuke se contenta d'un hochement de tête, laissant son interlocuteur l'interpréter comme il le voulait.
- Bon, on va y aller. Ils vont partir sans nous sinon, souffla Naruto pas vraiment à l'aise dans ce genre de situation.
Il n'avait jamais aimé les effusions larmoyantes et les adieux déchirants. Aussi commença-t-il à s'éloigner pour retrouver les deux autres qui les attendaient plus loin, entraînant son amant à sa suite, pas mécontent que ce soit Gaara qui soit venu, et non pas Kiba beaucoup plus démonstratif.
- Au fait... Sasuke...
La voix malicieuse de Gaara retentit dans le dos du couple qui se retourna, attendant la suite.
- Dans le jacuzzi... C'était toi, n'est-ce pas ? s'enquit le roux.
A son grand amusement, il vit Naruto pâlir alors que Sasuke se tournait brusquement vers lui en le fusillant des yeux.
- J'y crois pas ! Tu lui as raconté ça ! J'ai l'air de quoi moi ?
- Mais non, j'ai rien dit, Sas'ke ! Il nous a entendu au téléphone, souviens-toi !
- Idiot de blond ! Il doit bien se foutre de moi maintenant ton pote... T'imagines, la honte ?!
- Je te jure qu'il se moque pas de toi, c'est pas le genre de Gaara. Et puis, tu sais...
- J'espère que tu n'as rien raconté d'autre de gênant pour moi !
Gaara observa, amusé, le jeune couple s'éloigner, le brun râlant après le blond qui tentait de faire amende honorable. Cependant, malgré la mini-dispute entre eux deux, leurs mains ne s'étaient pas lâchées une seule seconde. Une vague de nostalgie lui étreignit le coeur quand il prit conscience qu'il ne reverrait sûrement jamais Naruto. Ce serait dur pour leurs amis et ses parents qui le croiraient mort dans un accident quelconque.
Mais il garderait le secret, et s'il en croyait ce qu'il voyait : Naruto serait heureux avec son ami d'enfance, son meilleur ami, celui qui avait toujours eu une place si particulière dans son coeur malgré son absence, celui qu'il avait retrouvé par un hasard étonnant, celui qui était devenu son amoureux. Ce qui, finalement, n'avait rien de bien surprenant. En écoutant les anecdotes que racontaient les autres sur le duo, il avait toujours eu l'étrange impression qu'ils étaient les deux moitiés d'un même tout.
Triste, mais certain que son ami s'en sortirait et serait heureux, Gaara quitta l'aéroport pour rentrer chez lui. Demain, la mort de Naruto serait annoncée dans le journal. Demain, il devrait soutenir leurs amis qui le vivraient mal, très mal. Demain, il devrait aller à l'appartement du blond pour empaqueter ses affaires pour que ses parents les récupèrent. Demain, Naruto serait mort et un illustre inconnu lui ressemblant débuterait une nouvelle vie à l'autre bout du globe.
~oOo~
Extraits du journal quotidien "La Voix du Sud" le 22 Septembre 2014.
PROCÈS DE L'AKASTUKI : LE VERDICT EST TOMBÉ !
Après une semaine de procès, procès donné à huis clos, le verdict est enfin tombé pour les différents membres de l'Akatsuki qui comparaissaient. Les six survivants de l'organisation mafieuse la plus redoutée du pays ont tous été reconnus coupables de tous les chefs d'inculpations, sans exceptions.
Les avocats des Parties civiles avaient préconisé la peine capitale, celui de la Défense la réclusion à perpétuité. Le juge No Sabaku a tranché : tous sont condamnés à la peine capitale sans possibilité de sursis. L'avocat de la Défense, Maître Danzo Shimura annonce que ses clients feront appel de la sentence. Les avocats des parties civiles, Maître Tsunade Hime et Maître Jiraya Myôboku se disent confiants et satisfaits de la peine proclamée.
UNE MORT TRAGIQUE : LA POLICE ACCUSÉE DE BAVURE.
La mort d'un jeune homme innocent lors d'une opération de grande envergure de la police vient entacher le succès du fabuleux coup de filet qui a permis de mettre une grande partie de l'Akatsuki derrière les barreaux mais surtout devant un Tribunal ! Akira Pain, fils unique de l'un des principaux accusés, n'aurait, selon certains témoignages, jamais trempé dans les affaires criminelles de ses parents. Tué d'une balle dans la tête lors de l'embuscade policière qui a mis fin aux agissements de la redoutable bande organisée, sa présence sur les lieux reste, toutefois, inexpliquée.
La gouvernante de la famille a porté plainte contre la Police. Le jeune homme désarmé n'aurait jamais dû être pris pour cible et abattu. Sa mort tragique serait un dommage collatéral qu'elle ne veut pas voir passer sous silence et ignorer. Cette bavure pourrait bien ternir la réussite retentissante de l'opération policière visant à nettoyer notre ville du fléau du grand banditisme. Le Directeur Général de la Police s'est refusé à tout commentaire sur cette affaire. Les obsèques de la victime auront lieu Samedi prochain.
TERRIBLE ACCIDENT DE VOITURE.
Hier soir, un terrible accident de voiture s'est produit près de l'aéroport. Un chauffeur de taxi a perdu le contrôle de son véhicule dans un virage particulièrement dangereux, passant par dessus la rambarde sécurité. Le taxi est tombé et s'est écrasé dans le fleuve en contrebas. Si le chauffeur a miraculeusement survécu, son passager, un jeune étudiant en Droit, n'a pas eu cette chance. Les sauveteurs ont repêché son corps sans vie, coincé dans l'habitacle du véhicule.
Cet accident relance le sujet de la sécurité sur cette portion de route particulièrement meurtrière. C'est déjà le quatrième accident mortel depuis le début de l'année dans ce virage. Le Maire, interpellé sur le sujet, a répondu : " Des travaux sont prévus pour améliorer la sécurité de ce secteur routier, ils commenceront le mois prochain". En attendant, tous les automobilistes sont appelés à faire preuve de plus de prudence."
To be continued...
Commentaire des auteures :
On entend d'ici les hurlements de joie de toutes celles (et ceux !) qui soutiennent depuis le départ que Taka est Sasuke et que Chu est Itachi ! Bravo à vous d'avoir deviné ! Mais avouez que parfois vous avez douté ! Non ? Même pas un petit peu ? Allez... Cette histoire touche à sa fin, reste l'épilogue et ce sera fini... on espère qu'elle vous a plu ! On vous remercie de nous avoir suivies et soutenues jusqu'ici ! Vos reviews nous ont fait vraiment très plaisir, rire, culpabiliser aussi (un tout petit peu….); bref merci à tous les revieweurs pour ces petits ou grands mots qu'on a découvert avec bonheur et lu avec curiosité. On vous donne rendez-vous pour le dernier volet de cette saga qui vous a tenus en haleine et nous a fait bien transpirer.
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
Alors que les deux auteures soufflent de soulagement après avoir posé le dernier mot de ce chapitre laborieux, Sasu relit soigneusement les chapitres précédents :
- Attendez... ça veut dire que l'autre là, Taka... C'était moi depuis le début ?
Taka tapote l'épaule de Sasu, un sourire moqueur sur le visage :
- C'est ça !
Sasu s'évanouit d'horreur sous l'oeil compatissant d'Akira qui marmonne :
- Je suis plutôt content d'être mort finalement moi... dites vous autres, une petite review pour commenter la fin de ce scénario improbable et tiré par les cheveux qu'elles nous ont pondu ?
Rendez-vous au prochain et dernier chapitre : Épilogue ou Prologue : La vie rêvée de Mike.
Un avenir se dessine, prenant forme sur les ruines du passé… Une vie prend fin et une autre commence...
Note très importante des auteures :
The surprise !
Première surprise : le prochain et dernier (et oui... le dernier !) chapitre sera publié le 01/11 ! Et promis il n'y aura pas de retard, il est tout prêt et dans les starting blocks ! Oui, prêt à vous être dévoilé sans la moindre attente.
Seconde surprise : on vous propose une soirée d'échange avec nous en direct-live, le 10 Novembre 2014, à partir de 21h, où vous pourrez nous poser toutes les questions que vous voulez sur Taka ou nos autres fics, protester de vive voix si quelque chose vous a déplu, discuter de la pluie et du beau temps, etc... bref, faire plus ample connaissance avec nous. Si vous êtes intéressés, faites le nous savoir, on vous donnera toutes les indications nécessaires par MP pour nous rejoindre . La seule obligation pour vous : avoir un ordinateur, internet et nous prévenir au plus tard dans la semaine qui suivra la publication du dernier chapitre. On espère que vous serez nombreux, on a hâte de pouvoir discuter avec vous !
Bien à vous,
Yzan et Lili.
