Salut à tous !

Nous sommes dimanche et donc, comme tous les dimanches, voici mon nouveau chapitre. Merci encore à ceux qui me laissent des reviews, ça donne vraiment envie de continuer, et bonne lecture à tous !


Résumé de l'épisode précédent : La fin de la seconde année de Stan Mallory se termine. Son retour chez lui, à Londres, passe par un entraînement immédiat. Il n'a plus un seul professeur, mais deux, tout aussi fous l'un que l'autre : Slade Wilson et Bellatrix Lestranges. Et les deux semblent déterminés à lui donner tous les outils dont il pourrait avoir besoin.


Bellatrix l'attendait le lendemain matin et ils commencèrent tôt à travailler dans la salle d'entraînement après en avoir recouvert les murs de sortilèges de confidentialité. Elle prenait très au sérieux sa promesse de n'informer personne de son apprentissage et mit tout le monde à la porte, jetant de puissants sorts répulsifs, et il sut qu'une bonne partie de ses vacances se passerait enfermé avec la sorcière.

Bellatrix était le même genre de professeur que Slade et il se demanda longuement si tous ses apprentissages devaient se faire par des psychopathes qui pensaient que la meilleure façon d'apprendre un sort était de se le prendre en pleine face. Elle avait pris le temps de lui expliquer, ricanant franchement, la différence entre Magie Noire et Arts Sombres : faisait partie de la magie noire tout ce qui était interdit par le Ministère, point. Ni plus, ni moins. C'était incroyable de stupidité et des dizaines de disciplines magiques étaient ainsi hors d'atteinte.

Il n'avait pas mis dix secondes à identifier la discrimination que cela entraînait. Les Nés-de-Moldus n'avaient bien évidemment rien à apprendre hors de Poudlard. Ils n'avaient pas d'autres sources d'information. Les Sang-Pur, en revanche, avaient des bibliothèques familiales et des savoirs ancestraux. Bellatrix, par exemple, était Maître des Arts Sombres. Hautement illégal mais les Black avaient une longue tradition dans ce domaine et leur fille cadette n'y avait pas échappé, recevant un apprentissage dès son plus jeune âge.

Cela assurait donc les Sang-Pur de toujours rester en position de force, quoi qu'il advienne, car aucune personne issue des sans-magie ne pourrait jamais se hisser à leur niveau de connaissance, n'ayant que le savoir scolaire à disposition. Lui-même, élevé par des moldus, n'aurait jamais pu pratiquer de magie noire si Bellatrix ne s'était pas mise sur son chemin.

Les Arts Sombres, en revanche, étaient un tout autre domaine. C'était une branche de magie noire et la définition en était simple – ce qui étonnait et forçait toujours l'admiration de l'assassin, la manière dont les sorciers décrivaient simplement leurs domaines d'études : ils englobaient toute la magie qui requérait un sacrifice. Non pas nécessairement un sacrifice humain, au contraire : les sacrifices les plus puissants étaient ceux consentis par le lanceur lui-même.

Elle avait pris pour exemple l'un des plus terribles sorts de destruction qui n'existe, le Feudeymon : un feu magique, plus chaud que le souffle d'un dragon, brûlant n'importe quoi et doté de sa propre conscience. Il cherchait à échapper à son maître et à tout ravager. Un pur instrument de destruction, littéralement inarrêtable par quoi que ce soit. Son prix ? Une goutte de sang. Cela ne semblait rien, mais ce serait une goutte sacrifiée à jamais, qui ne serait jamais régénérée par le corps. Un allègement définitif de cette petite goutte.

Il avait immédiatement saisi le danger. Si une goutte pouvait être supportable, répéter plusieurs fois le sort aurait des conséquences sur le long terme terribles. Le sang était ce qui transportait les nutriments comme l'oxygène au reste du corps. Si quelqu'un venait à en manquer, c'était un affaiblissement, puis la mort inévitable.

De la même façon, les Impardonnables étaient assimilés aux Arts Sombres car ils rongeaient le libre-arbitre de leur lanceur, créant une addiction et faisant basculer dans une spirale infernale. La sorcière avait pu s'en sevrer seulement après douze ans sans lancer le moindre sortilège et encore, elle savait qu'elle ne prendrait jamais le risque d'en relancer un, quel que soit le contexte.

Un autre problème était venu s'ajouter à l'entraînement de Bellatrix : Slade n'était pas content. Du tout. Il était même d'une humeur de chien et il le lui faisait clairement sentir quand, après un entraînement magique intensif, ils passaient en entraînement physique. Il mordait la poussière beaucoup plus souvent qu'il ne l'aurait voulu malgré ses tentatives de défense et de riposte.

Cela faisait trois semaines qu'il passait son temps à se faire laminer par un de ses professeurs et il était proche de son point de rupture. Si bien que lorsqu'un sort de Bellatrix l'envoya vicieusement valser et que Slade, entré à ce moment, le rattrapa par la peau du cou, manquant d'un cheveu de lui briser la nuque, il en eut sérieusement marre. Son épée jaillit en une fraction de seconde et déchira le bras du mercenaire avant qu'il ne se jette sur Bellatrix, épée dans une main et baguette dans l'autre, les yeux illuminés de fureur meurtrière.

Bellatrix para son épée d'un bouclier chatoyant mais cela n'avait pas été son but et sa robe prit vie, les lambeaux de tissu noir remontant autour de son cou et de ses mains pour l'étrangler et l'immobiliser. Cela lui fournit une ouverture d'une demi-seconde et sa botte percuta la sorcière en plein estomac, la faisant valser à son tour. Elle heurta un mur pour sa plus grande satisfaction et il sentit l'assaut dans son dos, transplanant avant que l'épée de Slade ne le tranche en deux.

Le combat à l'épée s'amorça, brutal, mais il se contentait juste de le ralentir. Sa baguette s'agitait, en apparence sans effet, et il ne prononçait pas de sorts – mais deux fusils se détachèrent du mur et s'armèrent seuls. La détonation retentit terriblement et Slade eut à peine le temps de désengager. Cela suffit au sorcier à animer les armes, métamorphosant les lames pour les affiner et en rendant même certaines barbelées. Il eut un sourire mauvais vers Slade et un geste de baguette projeta plus de trente épées, lances et autres droit sur le mercenaire. Il esquiva le premier assaut mais Al'Najin contrôlait la trajectoire des armes et elles le suivirent après s'être redéployées.

Il couvrit une surface nettement plus grande la seconde fois et Slade recula à nouveau, brisant plusieurs des lames qui le suivaient de sa propre épée. Le sol se déforma soudain sous ses pieds. Au même moment, Al'Najin avait sauté, évitant de nouveau les sorts de Bellatrix. Deux adversaires était quelque chose de terrible à gérer, surtout deux fous comme il avait face à lui. Il ne pouvait pas rester statique une seconde et cela ralentissait les sorts qu'il modelait – ce qui ne l'empêcha pas de planter deux dagues dans le dos de l'autre sorcière et de finir avec son épée sur la gorge de Slade après que ses propres vêtements ne se soient accrochés au mur, le clouant une seconde de trop avant qu'il ne les déchire pour se dégager.

Il s'arrêta, la pointe sur la gorge, et eut un sourire amusé avant de lever calmement ses deux mains. Al'Najin sentit un souffle d'air et une violente brûlure dans son dos et il bascula en avant – pour que Slade ne fauche ses jambes, le faisant tomber au sol. Sa large main écrasa son visage sur le sol alors qu'il se laissait tomber sur son dos, s'y asseyant en le clouant au sol de tout son poids. Bellatrix plus loin se passa une main sur le visage, puis essuya sa bouche où du sang coulait.

"Sors-moi ça s'il te plaît" s'étrangla-t-elle en s'approchant.

Slade s'exécuta de sa main libre, levant un sourcil en voyant le suintement noir.

"Al'Najin, s'il te plaît" souffla Bellatrix, ses traits crispés "pas de poison pendant des entraînements."

"C'était un entraînement" remarqua le jeune homme, de mauvaise foi, pouvant à peine bouger sa mâchoire avec la main de Slade qui le maintenait immobile. "C'était un poison à action lente."

"Pourquoi ?" demanda-t-elle, de mauvaise humeur, en train de se lancer à elle-même des dizaines de sorts de soin à la suite. "Tu comptais utiliser quoi en combat réel ?"

"Venin de Basilic" articula-t-il. "Slade, de l'air, s'il te plaît."

"L'entraînement est terminé ?" grogna le mercenaire.

"Vais soigner ton bras…"

Slade s'écarta et il s'assit difficilement, des points noirs dansant devant les yeux. Puis, lorsqu'il eut de nouveau sa vision claire, il soigna effectivement les plaies ouvertes du mercenaire – c'était à peu près le seul sort de soin qu'il connaissait, allez savoir pourquoi. A croire qu'il l'avait appris à force de faire des entraînements avec des armes tranchantes. Il plongea ensuite sa main dans une des poches sécurisées contre sa poitrine et en sortit l'antidote qu'il tendit à Bellatrix, puis s'adossa au mur, hors d'haleine.

"Donc" demanda Slade "tu as compris quelle était ta force, maintenant ?"

"J'utilise les deux" murmura Al'Najin. "Tu es incapable de lancer des sorts, Slade, et tu ne peux pas utiliser un flingue, Bellatrix."

La sorcière acquiesça, en train de terminer d'annuler les sorts d'animation sur ses vêtements. Les lambeaux tressautaient encore un peu, essayant de s'accrocher à son cou, et elle finit par lever les yeux au ciel. La tenue s'enflamma subitement, réduite en cendres, et la mâchoire de l'assassin s'ouvrit lorsque le feu retomba alors que sa bouche s'asséchait.

Bellatrix Lestranges était indéniablement une femme magnifique. Elle lui tournait à moitié le dos mais il ne put s'empêcher d'observer la courbe de ses seins et de ses fesses, la pâle luminosité de sa peau blanche. Ses cheveux cascadaient en longues boucles noires dans son dos. Sa baguette semblait vibrer de magie alors qu'elle l'agitait nonchalamment, conjurant des vêtements qu'elle revêtit ensuite. La main de Slade qui frappait violemment l'arrière de son crâne le ramena soudain à la réalité. Il lui jeta un regard perdu et le mercenaire soupira. Merveilleux… des hormones d'adolescent à gérer maintenant en plus. La sorcière plus loin en rit d'ailleurs.

"Ce n'était pas pour toi, Al'Najin" susurra-t-elle. "Tu es un peu trop jeune pour moi, les adolescents ne m'intéressent pas."

Il s'empourpra violemment sans oser bouger et elle se rapprocha de sa démarche souple, posant deux doigts sous son menton avant de le relever, fermant sa bouche.

"Et apprends à ne pas baver, c'est très malpoli."

Il ouvrit la bouche, la referma, puis se détourna en rougissant malgré lui. Il tituba en se relevant et Slade secoua sa tête d'un air navré.

"Tu devrais quand même apprendre à ne pas te vider de ton énergie quand tu te bats."

"Excuse-moi d'avoir eu une forte envie de foutre une raclée à un criminel de classe internationale et à une sorcière ridiculement puissante" fit l'assassin entre ses dents. "Vous n'étiez pas à fond, n'est-ce pas ?"

"A fond ou pas, certaines choses sont difficiles à arrêter" commenta Bellatrix "et une pluie d'armes blanches enchantées pour te suivre partout l'est certainement. Métamorphose et sortilège, une combinaison terrible en duel. Ce qui me fait penser – t'es-tu jamais intéressé à l'art des illusions ?"

"Jamais rien trouvé dessus."

"Flitwick est un bon illusionniste, sans plus. Il pourrait te diriger vers les bonnes sources néanmoins."

"Et comprendre que tout ce que j'ai appris à une utilité mortelle ?" demanda sarcastiquement Al'Najin en rouvrant la porte verrouillée. "Il croit pour l'instant que je refuse le combat, laisse-le dans l'ignorance encore un peu."

"Al'Najin" appela la voix de Sarab.

Il avait visiblement attendu devant leur porte tout le long de l'entraînement.

"Dans le salon, s'il vous plaît. Maintenant."

Al'Najin leva un sourcil, mais s'exécuta néanmoins, ne remarquant pas que le japonais barrait la route aux deux adultes qui le suivaient. Nyssa lui ouvrit la porte du salon et il entra sans crainte, avant de poser un genou à terre. Il ne s'était pas attendu à la présence de Ra's al'Ghul en Angleterre et resta donc silencieux. Ses vêtements déchirés et les brûlures de sorts encore visibles sur ses membres ne laissaient pas vraiment de doute sur son activité précédente.

"Bonjour, Al'Najin" fit le seigneur avec un demi-sourire. "Ton entraînement se passe bien ?"

"Difficilement" admit le jeune assassin. "Je progresse, je crois."

"Qu'est-ce que Lestrange t'apprend ?"

"La magie noire et plus particulièrement les arts sombres" répondit-il sans hésiter. "Des tours très utiles et à tendance très mortelle. Elle m'a aussi entraîné aux Informulés plus intensivement, je n'ai presque plus besoin de formules."

Il acquiesça et le silence retomba un moment.

"Le journal était bien un Horcruxe" finit par annoncer le maître assassin. "Il en reste donc potentiellement quatre. Nous avons retracé son histoire avec Severus Rogue, il est probable que le carnet ait été en possession de Lucius Malefoy. Demande à ta nouvelle amie si son maître lui avait confié un objet."

L'assassin faisait les cent pas, bien qu'avec une certaine lenteur, plongé dans ses réflexions.

"Il est probable qu'il y ait un Horcruxe au moins à Poudlard. J'ai des assassins qui arpentent sa vie, si un lieu était important pour lui, nous le trouverons. Ils ont cependant l'ordre de ne pas le prendre, au vu du danger potentiel que ces objets dégagent."

Ses yeux s'étrécirent.

"Tu les détruiras, puisque tu as détruit le journal. Tu as encore du venin de Basilic ?"

Un hochement de tête lui répondit.

"J'ai aussi un sortilège mais qui n'est pas sans conséquences. Sacrifice permanent."

"Je préférerai le venin de Basilic" fit Ra's al'Ghul en pinçant ses lèvres. "Hm, et…"

Ses doigts saisirent un petit objet sur la table et il le lui lança.

"Travaille là-dessus avec ta nouvelle amie. Cela devrait fonctionner si tu lui fais miroiter sa liberté en échange."

Al'Najin y jeta un œil. C'était le micro qu'il avait confié à Rogue, ce qui signifiait que le Maître de Potions devait avoir eu une intéressante conversation avec quelqu'un. Ra's al'Ghul l'avait probablement déjà écoutée mais il quittait déjà la pièce, son manteau flottant derrière lui.

Le doigt de l'assassin appuya sur la touche pause, puis il remit la conversation en arrière pour la centième fois. Il était assis dans sa chambre, son menton appuyé sur ses doigts croisés, et regardait fixement l'enregistreur. Rogue était allé voir Lucius Malefoy en personne. Il lui avait dit qu'il savait qu'il était mêlé à l'affaire de la Chambre des Secrets – que c'était une belle tentative, mais que le Seigneur des Ténèbres serait terriblement furieux de l'échec. A moins, bien entendu, que Lucius ne trouve un moyen de se racheter, en le faisant revenir plus vite par exemple.

Et alors le Maître des Potions avait commencé à échafauder des théories. La Marque des Ténèbres était reliée à la magie de Voldemort. Ils ne la maîtrisaient pas, mais peut-être qu'il serait possible de tracer cette magie en sens inverse et de retrouver le Seigneur des Ténèbres. Une idée brillante, digne de Severus Rogue, qui avait immédiatement séduit Lucius Malefoy. Et les deux hommes étaient restés à converser, recoupant leurs connaissances. Al'Najin ne pouvait qu'admirer l'habileté avec laquelle Severus dissimulait son impossibilité de parler de certains sujets. Il savait qu'ils étaient espionnés et ne pouvait donc prononcer certains faits à haute voix.

Mais il restait un brillant manipulateur, alternant des hésitations ou des pertes de mémoire, faisant parler un Lucius non méfiant avec aisance. Et le Mangemort ne s'en défendait pas vraiment. Il faisait toute confiance à son compagnon d'armes et souhaitait faire oublier l'échec de la Chambre à leur maître. Rien de mieux pour cela que de le ramener à la vie d'une manière définitive et, en parallèle, de préparer son règne de gloire.

L'enregistrement de Rogue aida immensément ses recherches sur la nature du lien magique. Il avait en parallèle Bellatrix à disposition, qui ne rechignait pas à ce qu'il n'expérimente sur sa Marque. De toutes manières, le serment qu'elle avait prêté envers lui était un acte de trahison et elle ne serait plus jamais la bienvenue parmi les Mangemorts. Il devait encore s'occuper de dégager le lien qui l'unissait à Voldemort, en transférant le rituel sur Pettigrow, mais n'avait pas encore réussi à mettre la main sur le rat. Ce serait l'un de ses deux objectifs à Poudlard – avec trouver l'Horcruxe que Voldemort avait caché dans le château. Il se donnait un an pour y parvenir, ce qui n'était pas impossible. Peut-être devrait-il ralentir un peu dans ses études à côté, mais ce n'était pas foncièrement un problème.

Quatre jours avant qu'il ne doive retourner à Poudlard, Sarab vint néanmoins le voir, inclinant sa tête. Il avait l'air malaisé mais Al'Najin n'avait aucune idée du pourquoi, aussi se contenta-t-il de lui faire signe de parler.

"Nous en avons trouvé un" risqua finalement son ancien professeur. "Le Seigneur a dit que nous ne devions pas y toucher mais vous l'annoncer immédiatement."

"Et ?" demanda le jeune assassin d'une voix neutre.

"Al'Sheitan l'a touché" admit Sarab. "Il doit être empoisonné – sa main nécrose et commence à remonter le long de son bras."

Une grimace de dégoût lui répondit mais Al'Najin se leva néanmoins.

"Amenez-moi là-bas. Où est-ce ?"

"Un petit village nommé Little Hangleton. Là d'où venait son père d'après les informations que vous a apportées votre invitée. Dans l'ancienne maison de son grand-père, plus précisément, une vieille cahute en ruines. Il y avait un serpent qui le gardait mais nous l'avons tué. C'est un anneau, grand comme ça, avec un symbole étrange dessus."

Sarab l'avait regardé prendre son équipement en parlant et Al'Najin préleva soigneusement un peu de venin de basilic supplémentaire pour en enduire l'une de ses dagues. Il ne se risquerait pas à abîmer l'épée de Serpentard en face d'un Horcruxe. Une dague était sacrifiable sans difficultés – le venin même en rongerait le tranchant, le faisant rouiller, mais pas assez vite pour qu'il ne puisse détruire l'objet maudit.

Ils mirent cinq heurs à arriver sur place. La League avait encerclé la cahute à l'écart du village, interdisant à quiconque le voudrait d'approcher. Al'Najin s'arrêta au côté de l'imprudent qui baissa les yeux, avant de retirer son gant et remonter sa main. Ecartant le voile de la réalité, Al'Najin observa soigneusement les magies de l'Horcruxe. Son nez se plissa de dégoût sous son masque.

"Ce n'est pas soignable" annonça-t-il d'emblée. "C'est une malédiction. Tu pourrais la ralentir mais pas la retirer."

Un silence lui répondit, puis l'homme inclina la tête.

"Je vais demander à Ra's al'Ghul une mission suicide" fit-il simplement d'une voix basse.

"Ce serait mieux" approuva Al'Najin "d'autant que ce doit être relativement douloureux de ce que j'ai vu des magies autour."

"Comme de l'acide" admit l'homme. "Merci, jeune seigneur. L'anneau est au sol au centre de la cabane."

Al'Najin s'arrêta pourtant avant, observant attentivement les alentours, mais il n'y avait pas beaucoup de sortilèges. Logique, étant donné que de la magie protectrice dans un lieu intégralement moldu aurait attiré beaucoup d'attention. Il passa à côté d'un cadavre de serpent, plusieurs flèches plantées dans son corps, reconnaissant une espèce magique terrible venimeuse. Il aurait probablement tué n'importe qui qu'il frôlait de ses crochets mais était bien décédé et Al'Najin poursuivit sa route, s'accroupissant près du sol poussiéreux.

Une cache était creusée dans le sol. Au fond, la bague gisait. Le pouvoir qui s'en dégageait l'aveuglait presque et il hésita un instant. Il ne savait pas ce que faisait cet artefact, magique avant que Voldemort n'en fasse un Horcruxe, mais il était visiblement très puissant. Peut-être devrait-il faire des recherches avant de le détruire ainsi… il pesa un long moment l'option, puis finalement la rejeta.

Dans tout les cas, détruire le Horcruxe détruirait l'artefact. Rechercher de quoi il s'agissait auparavant pourrait créer une tentation inutile, si c'était quelque chose de puissant. Mieux valait le détruire proprement et ne plus jamais en reparler, éliminant toute exposition à des remords ou des regrets. En conséquence, il tendit la main en arrière, paume levée.

"Donnez-moi une dague qui peut être détruite" ordonna-t-il.

Il y eut un bruit de lame tirée et l'un des assassins déposa une dague dans la main tendue. Al'Najin prit une fiole à sa ceinture, la levant pour la regarder. Le venin de Basilic semblait ramper sur les parois, d'un terrifiant rouge sombre, refusant de rester immobile dans sa fiole. L'ouverture en était large, conçue pour qu'il ne puisse y tremper son arme et ensuite laisser le venin se répandre dans la gouttière. Pourtant il sortit précautionneusement ses gants avant, les refermant autour de ses poignets, puis l'antidote, juste au cas où il ne fasse une fausse manipulation. Etre frôlé par des crochets avait suffit à le rendre presque inconscient et lui laisser des cicatrices, il ne tenait pas à tester le venin avec autre chose.

L'opération aurait été bien plus facile avec l'épée de Serpentard, qui était en permanence enduite de venin mais ne pouvait plus le blesser. Il avait tenté la chose, mais la lame l'avait reconnu comme son maître et ne se retournerait plus contre lui. Slade avait tenté de lui transpercer la poitrine avec – pour se retrouver avec une main brûlée au troisième degré que Bellatrix avait dû soigner à la hâte pour éviter une cicatrice et une raideur permanentes. L'épée gisait sagement au sol et avait à nouveau bondi dans sa main quand Al'Najin l'avait agitée, récupérant son bien. Il était toujours utile de se savoir protégé d'une arme aussi terrible.

Cependant il ne tenait pas à risquer d'abîmer l'épée avec un objet concentrant tellement de magie et il entreprit donc de déboucher soigneusement la fiole de venin, insérant la pointe de la dague italienne. Le venin se jeta aussitôt dessus, commençant à la ronger, mais Al'Najin inclina lentement la fiole, le faisant couler le long de la lame jusqu'à la garde, avant de la refermer et la reboucher tout aussi précautionneusement. Puis, agissant rapidement avant que la lame ne soit trop friable, il la planta d'un geste rapide dans la pierre sculptée sur le sommet de la bague.

Il y eut une sourde détonation qui le projeta en arrière et il se rattrapa d'un salto, retombant un genou à terre, sa baguette en main. Il attendit patiemment que la poussière ne retombe puis se rapprocha lentement, tous les sens aux aguets. Il avait sentit une vaste quantité de magie se dissiper, soufflée par le venin, mais préférait rester prudent.

Sans raison cependant, comme l'indiqua le bout de métal noirci et tordu au fond du trou. Al'Najin se concentra à nouveau, cherchant à distinguer toute la magie des environs, même la plus infime, mais sans succès. Il n'y avait plus rien de surnaturel aux alentours et il tendit prudemment son doigt toujours ganté, touchant le bout de métal, avant de faire un signe de tête.

"Al'Sheitan" ordonna-t-il. "Essaie de le prendre."

L'assassin déjà condamné s'approcha sans discuter, s'accroupissant à côté de lui. Il put ramasser l'anneau de sa main intacte sans difficultés ni brûlure supplémentaire et l'enveloppa soigneusement avant de le déposer dans le coffret emmené à cet effet. Al'Najin ramassa la garde de la dague, dernière partie intacte alors que le reste de la lame s'effritait, et l'enveloppa également avant de donner les deux objets à Al'Sheitan.

"Ramène-les à Ra's al'Ghul" ordonna-t-il.

Un signe de tête lui répondit et ils vérifièrent soigneusement qu'il n'y avait plus rien dans les environs avant de disparaître aussi silencieusement qu'ils étaient venus. Cela avait duré trois heures, constata Al'Najin sur le chemin du retour, alors qu'il avait eu l'impression qu'il n'avait mis que quelques minutes. Probablement le déferlement de magie lui avait-il fait perdre toute notion du temps écoulé.

Trois jours plus tard, comme si de rien n'était, il reprenait le train pour Poudlard, son sac de sport sur l'épaule. Ses camarades de Poufsouffle étaient déjà installés dans un compartiment et il les rejoignit, répondant brièvement aux salutations en reprenant le rôle de Stan Mallory. Avec un peu de chance cette mascarade serait terminée une fois qu'il aurait trouvé l'Horcruxe de Voldemort à Poudlard. Il avait soif de combats – de véritables combats, contre des gens qui pourraient le mettre en réelle difficulté. Le genre d'adrénaline que lui offraient Slade et Bellatrix lorsqu'il les affrontait.

Les gens qui n'hésitaient pas à tuer étaient ses adversaires favoris. Chaque seconde d'affrontement pouvait être mortelle, la première inattention coûter terriblement cher. Il aimait cette adrénaline. Ses pensées repartirent en arrière, vers son affrontement avec le Flash. Le combat le plus intense qu'il n'ait jamais mené, indiscutablement. Et il admettait avoir une certaine envie de recommencer, quitte à se retrouver capturé et emprisonné. Aucune prison ne pouvait sérieusement le retenir de toutes façons.

"Hey, t'as entendu la dernière, Stan ?" demanda soudain Susan en se penchant sur lui.

"Hm ?" demanda-t-il, arraché à ses pensées.

"Sirius Black s'est échappé ! C'est sûr que sa cousine l'a aidé, c'est pas possible autrement ! Deux évasions en six mois, alors que personne n'avait jamais pu mettre un orteil hors d'Azkaban… Le ministère est en effervescence, ma tante y est tout le temps."

Il ignora le déblatérage de Susan. Sirius Black était finalement assez puissant pour s'évader. Oh, il savait parfaitement que Bellatrix n'avait aucunement aidé son cousin. Vu le mépris avec lequel elle parlait de lui, Al'Najin soupçonnait même qu'il ait été totalement innocent des crimes dont on l'accusait. Il n'avait pas trahi les Potter, en tout cas. Il n'aurait rien fait contre son meilleur ami et Pettigrow se promenait toujours à Poudlard sous la forme du rat des Weasley.

Lorsque Susan eut fini de parler de l'évasion extraordinaire de Sirius Black, il était de nouveau plongé dans ses pensées, recherchant mentalement tous les lieux où Voldemort pouvait avoir caché un Horcruxe. Ce n'était pas la Chambre des Secrets, il en était certain pour l'avoir fouillée entièrement à la fin de l'année passée. La Chambre ne contenait rien cependant, à sa grande déception. Il ne savait pas exactement ce à quoi il s'était attendu, peut-être un héritage caché ou des vieux livres de Salazar, mais il n'y avait strictement rien eu et aucun passage secret supplémentaire.

Il ne suivit pas vraiment la Répartition et soupira en voyant le festin. Les plats étaient toujours les mêmes et de la même qualité nutritive. Bon, ce n'était pas un drame, mais un peu de variété serait cependant la bienvenue de temps en temps. Ils retournèrent ensuite dans leur salle commune et, dès que le couvre-feu fut passé et tout le monde couché, Stan ressortit furtivement de ses quartiers. Il avait un Horcruxe à trouver, autant mettre à profit la quantité de sommeil réduite dont il avait besoin.

Il avait décidé de changer de méthode de recherche. Si l'année précédente il avait étudié les endroits les plus probables pour une cachette, cela n'avait rien donné et il s'était donc décidé à une fouille méthodique du château. Il avait décidé de commencer par le sous-sol et de lentement remonter, notamment parce que les Serpentards connaissaient mieux les cachots que personne et ensuite parce qu'ils étaient tellement peu visités qu'il pouvait les parcourir la nuit sans crainte – Rogue ne lui dirait rien s'il le surprenait dans le coin.

Cela décrut considérablement son temps de présence à la bibliothèque. Etudier des livres était bien, mais moins rapide à ses yeux qu'avoir un professeur particulier. Bellatrix était indéniablement la meilleure chose qui lui soit arrivé dans le monde de la magie, avec l'intérêt pour lui de Flitwick et McGonagall. Les livres permettaient d'acquérir une base, les professeurs vivants de rectifier les erreurs. Un apprentissage était toujours plus valable que des centaines d'heures de lecture parce qu'il prenait beaucoup plus en compte l'aspect pratique et personnalisé de la chose.

Pendant des mois il erra dans le château, étudiant pièce après pièce, couloir après couloir, recherchant le moindre passage secret. La chose la plus ennuyeuse de Poudlard était devenu Rémus Lupin, le nouveau professeur de Défense. Non pas à cause de ses cours, plutôt bons dans l'ensemble même si bien trop faciles pour le jeune assassin. Non, l'homme le suivait, se retrouvait souvent sur son chemin, et manifestait bien trop d'intérêt à son encontre.

Il avait du coup demandé une enquête à l'extérieur. Trouver qu'il connaissait ses parents biologiques n'avait pas été compliqué. Savoir qu'il était un loup-garou l'avait davantage inquiété. Il savait juste que les sens des lycanthropes étaient plus développés que ceux des humains, mais il ne savait pas à quel point et ne pouvait donc déduire ce que Lupin avait deviné sur lui.

Un soir de décembre, il était assis sur la rambarde d'un des balcons extérieurs du second étage. Il n'avait pas le droit d'y être, le couvre-feu passé depuis longtemps, mais avait eu besoin de prendre l'air avant de se replonger dans ses recherches de l'Horcruxe. Lupin l'avait suivi plusieurs fois dans ses expéditions nocturnes mais ne l'avait ni arrêté, ni puni. Il restait à distance, le surveillant sans intervenir.

Les yeux du jeune assassin étaient posés sur le ciel étoilé, par chance dégagé ce jour-là. Des formes noires lointaines y tournoyaient. Au vu de la sensation de malaise en les regardant, il se doutait qu'il s'agissait des détraqueurs. Après l'évasion de Sirius Black, le ministère de la Magie avait tenu à en placer autour de Poudlard malgré les protestations du directeur. Il était passé entre les mailles de leur contrôle lors du trajet en train, activant son occlumencie au maximum, mais n'avait pas renouvelé l'expérience.

Ses pensées se détournèrent des détraqueurs, retournant vers l'Horcruxe. Sa fouille du sous-sol, puis du premier étage n'avait rien donné. Où que Voldemort ait caché son morceau d'âme, il était terriblement bien dissimulé. Il ne renoncerait pas cependant.

Une grande sensation de froid l'envahit soudain et il fronça des sourcils, activant ses protections au maximum. Il ne voyait pas d'agresseur mais se releva néanmoins d'un bond avant de se laisser tomber sur le sol devant le parapet, au cas où l'origine de la magie qui agissait sur lui soit dans le parc. Briser la ligne de vue ne suffit cependant pas et la sensation s'amplifia. Une voix se fit entendre dans le lointain, un cri, comme un écho, et il posa instinctivement sa main sur la poignée de son épée.

Le froid augmenta encore, engourdissant ses membres. Il activa instantanément sa magie, se réchauffant de l'intérieur, et l'agression subtile se fit soudain beaucoup plus violente, le prenant par surprise. Les cris hurlèrent dans sa tête. Il tenta d'occluder au maximum de ses capacités et les cris s'éloignèrent un moment, avant de revenir, amplifiant le froid. L'attaque se concentra sur sa mémoire, occultant certains souvenirs, et il comprit soudain ce qu'il se passait.

Un détraqueur le ciblait spécifiquement. Sa baguette jaillit alors que la cagoule noire apparaissait au-dessus du parapet. Le sort lancé à bout portant laissa un trou dans la capuche sans cependant ralentir la créature et celle-ci émit un râle, aspirant l'air. Ses barrières d'occlumencie frémirent et explosèrent soudain en même temps que les cris et il se retrouva dans sa propre mémoire. La sensation de la ceinture de Dursley cingla ses épaules, mais son malaise s'amplifia soudain en reconnaissant les cris – ceux de ses parents, mêlés à d'autres encore plus terribles, de gens qu'il avait lui-même exécutés.

Des choses qu'il avait cru oubliées ou maîtrisées et qui lui revinrent soudain en pleine face. L'expression de Queen quand Slade avait décapité sa petite sœur. Une de ses premières missions dans la Ligue, accompagnant ses aînés, où il avait fait parler un homme en attaquant sa fille. Les cris qu'il entendait étaient les siens et il vacilla. Une main squelettique se tendit vers lui, cherchant à le saisir. Son instinct de survie reprit brutalement le dessus et il fit ce qu'il avait toujours fait en se sentant en danger de mort – il laissa sa rage de vivre reprendre le dessus, l'envahir tout entier.

Sa colère se déversa aussitôt, écartant les souvenirs qui s'estompèrent. La magie se leva d'un coup, alimentée par la rage, et il laissa la foudre crépiter en lui avant de la libérer à bout portant sans aucune retenue. L'éclair illumina tout le parc de Poudlard et le détraqueur recula de plusieurs mètres, valsant alors que la foudre carbonisait la robe noire. Il sentit son cœur se soulever en voyant ce qui se trouvait dessous – une simple bouche, dépourvue de dents et de lèvres. Le détraqueur ne semblait même pas avoir mal et se retourna vers lui. La douzaine de sortilèges n'eut aucun effet, mais les cris revinrent en force dans son esprit et Al'Najin se décida instantanément.

Un combat ici, contre cette créature inconnue, n'aurait aucun sens. S'éloignant d'un puissant salto, il rejoignit la porte en sprintant, se jetant dans l'escalier en sautant la plupart des marches. Le détraqueur le suivait en volant, furieux, et il était incroyablement rapide, mais l'assassin n'était pas en reste. Il sauta les vingt dernières marches, plongeant en avant pour se réceptionner d'une roulade avant de reprendre sa course. Une silhouette jaillit soudain depuis le virage suivant – la silhouette de Rémus Lupin, baguette au poing, qui réagit instantanément en voyant le détraqueur à ses trousses.

"Spero Patronum !"

Une lueur argentée jaillit aussitôt, l'enveloppant avant de le dépasser, se reformant derrière lui. Toute pression disparut dans son esprit et il se retourna prudemment au cri furieux du détraqueur, cessant de courir. Entre eux, un cerf argenté flottait, incroyablement lumineux. Lupin fit un mouvement de baguette, faisant avancer le cervidé, et le Détraqueur recula d'autant.

"Hors d'ici" ordonna sèchement le professeur. "Vous n'avez pas le droit d'entrer dans Poudlard."

Il y eut un moment de flottement, puis la créature repartit avec un sifflement. Al'Najin se concentra, protégé par le bouclier, faisant retomber la rage et diminuer sa magie. Il avait bien failli griller sa couverture – en se sentant poursuivi, sa main s'était posée sur l'épée de Salazar et il s'était préparé à se retourner en dégainant pour un coup dévastateur. Le cerf étincela encore un moment, puis disparut, et Lupin baissa sa baguette.

"Ça va ?" interrogea-t-il.

"Ouais" murmura l'assassin. "Merci, je suppose."

"Venez par là, Mallory. Combien de temps vous êtes resté exposé au Détraqueur ?"

"Sais pas. J'étais assis et il a commencé à faire froid."

Il suivit néanmoins le professeur. Il n'avait pas de possibilité de s'échapper maintenant sans s'attirer d'énormes ennuis. Lupin le ramena dans son bureau et ouvrit ses tiroirs, avant d'en sortir une tablette et de la casser en morceaux, la posant devant lui.

"Mangez. Le chocolat est le meilleur remède contre l'effet des Détraqueurs."

"C'est une blague ?" demanda platement l'assassin.

"Essayez."

Et pourtant la première bouchée lui fit un bien fou, ramenant la chaleur dans ses membres. Il engloutit sa part sans plus hésiter, se sentant nettement mieux, sous le regard attentif de Lupin. Le chocolat le réchauffait certes mais il ne pouvait pas s'empêcher de revoir les souvenirs montrés – l'expression de cette fille lorsqu'il l'avait torturée devant son père. Elle avait été un peu plus âgée que lui à l'époque et ne s'en était pas tirée. Il n'avait pas cillé en le faisant. La Ligue lui avait appris à le faire, cela faisait partie des choses nécessaires à son statut d'assassin.

Le chocolat prit un goût de cendres dans sa bouche et il le reposa. Son regard se releva, se posant sur Lupin, pensif, qui l'observa en retour.

"Quel était ce sort ? Ceux que j'ai lancé n'ont eu aucun effet."

"Un Patronus. Le seul sortilège connu pour fonctionner sur les Détraqueurs. Il ne les détruit pas cependant, il ne fait que les repousser."

"Vous pourriez me l'apprendre ?"

"Beaucoup de sorciers n'y parviennent jamais, Mr Mallory."

"J'y arriverai. Je ne veux plus jamais voir ça."

Lupin hésita un moment.

"Eh bien" finit-il par dire "il est évident que vous avez les réserves magiques pour le faire, au vu de vos sortilèges de Métamorphose et de Sortilèges... ce sera très difficile pour quelqu'un de votre âge mais nous pouvons essayer, oui."

"Merci."

"Retournez dans votre dortoir. Vous avez besoin de sommeil."

Stan se leva en silence, retournant vers la porte. Il avait sa main sur la poignée quand le professeur le rappela.

"Je vous rappellerai néanmoins que se promener seul de nuit n'est pas sûr, surtout pour vous. Vous avez deux assassins aux trousses, Mr Mallory."

Le jeune homme se retourna, croisant son regard.

"Je ne sais pas pourquoi vous ne m'avez ni collé, ni dénoncé" dit-il lentement "mais je vous assure que j'ai pris mes précautions. Poudlard est l'école la plus sûre du monde, après tout."

"Comme vous le voulez" répondit-il en éludant la première partie de sa remarque "mais je ne serai peut-être pas toujours présent pour vous tirer des griffes d'un Détraqueur."

"Eh bien" remarqua Al'Najin "quand je maîtriserai ce sortilège, ce danger au moins sera écarté."

Il était sorti un instant après et retourna effectivement dans son dortoir, s'asseyant en tailleurs sur son lit pour méditer. Son esprit était encore agité – l'assaut mental avait sérieusement ébranlé sa maîtrise de lui-même et broyé son occlumencie. Reconstituer ses barrières à un niveau correct lui prit quasiment toute la nuit, puis ensuite seulement il s'autorisa à dormir. Sans grand succès cependant : les souvenirs lui revinrent plusieurs fois dans de violents cauchemars, le réveillant en sursaut jusqu'à ce que l'aube ne pointe, peu de temps avant le lever de ses camarades.