Hm, hm... Hmm, désolée, je pense que je me suis perdue dans un vortex spatio-temporel la semaine dernière... j'étais convaincue d'avoir posté mais visiblement, non. Le nouveau chapitre est donc là et pour me faire pardonner, je l'ai rallongé : c'est le plus gros depuis le début. Merci à tous mes lecteurs et en particulier aux reviewers, ça fait toujours aussi plaisir de recevoir vos messages.

Bises et bonne lecture !


Résumé de l'épisode précédent : Al'Najin a été capturé et enfermé par le Flash. Dans sa cellule, loin de tout agresseur potentiel, il a tout le temps de réfléhir sur sa vie, d'autant plus lorsque Barry Allen vient en parler avec lui. Bien que très différents, les deux jeunes hommes ont des points communs et cela le trouble. A son évasion, pour la première fois de sa vie, il omet de mentionner certains faits à Ra's al'Ghul dans son rapport…


Slade le ramena au manoir des Mallory. Nyssa n'y était pas, à son plus grand regret. Il aurait bien aimé lui dire bonjour avant de retourner à Poudlard mais pourtant prit son sac sans discuter. Slade le ramena au Chemin de Traverse, où ils prirent le réseau de cheminée pour arriver à Poudlard. Dans le bureau de McGonagall, plus précisément, et la sévère sorcière fit un sourire à la salutation exquise de Slade.

"Ravie de vous revoir, Lord Mallory" répondit-elle. "Et je suis contente de vous revoir, Stan. Votre grand-mère se porte-t-elle mieux ?"

Un sourire sincèrement soulagé lui répondit et il inclina la tête.

"Elle s'est remise, par chance. Je m'excuse d'avoir raté ces cours, professeur."

"Il n'y a pas de soucis. Miss Granger vous a pris tous les devoirs et vous donnera copie de ses notes, j'en suis certaine."

Il sourit joyeusement.

"J'irai la remercier après, alors."

"Après quoi ?" demanda Slade, et le jeune homme agrandit son sourire en regardant sa professeure.

"Je l'ai vu" annonça-t-il. "Je l'ai été."

Un mince sourire étira les lèvres de McGonagall.

"Vraiment ? Une fois, ou plusieurs ?"

"Une fois je l'ai été réellement. J'étais lui, je volais dans le ciel, observant tout ce qu'il se passait en contrebas. C'était juste avant que je ne rentre cependant, j'ai eu le temps de refaire une séance en attendant l'avion, mais c'était beaucoup plus bref."

"Qu'en avez-vous pensé ?"

Un rire incroyablement joyeux lui répondit.

"Je ne sais pas comment on peut craindre quelque chose de ça ! Cette impression de liberté en vous, quand le vent s'engouffre dans vos ailes… c'est incroyable ! Je pouvais tout voir, tout comprendre, partir n'importe où, rire du monde entier !"

"Liberté" murmura Slade en serrant sa main sur son épaule. "Ça ne m'étonne pas de toi, gamin."

Cela le ramena brutalement sur Terre et il cligna des yeux, confus, se frottant l'arrière du crâne.

"Désolé. Je crois que je me suis emporté."

Et pourtant McGonagall avait un sourire attendri sur les lèvres.

"Je suis ravie que vous acceptiez votre totem, Stan" affirma-t-elle. "Cela facilitera beaucoup la suite."

"Je suis assez mature pour commencer la métamorphose avec vous ?" demanda-t-il avec innocence.

"Avec moi seulement."

Une légère grimace piteuse apparut sur son visage.

"Honnêtement, professeur, vu tout ce qui peut mal tourner dedans, je préférerai ne pas le faire sans que vous soyez là pour réparer les dégâts…"

"Sage décision" acquiesça Slade. "Eh bien, je vais vous laisser – quelques affaires m'attendent, à mon grand regret."

"Merci de m'avoir accompagné" fit Stan en se retournant pour embrasser sa joue.

"Je t'en prie" répondit Slade en ébouriffant ses cheveux, le faisant grogner, puis embrassant son front. "Fais attention à toi, gamin. Je te revois cet été – et je ne veux pas être appelé parce que tu es allé affronter un monstre quelconque."

Un léger rire lui répondit et Slade salua la professeur avant de se retourner, repartant par la Cheminée. McGonagall jeta un œil à sa montre, puis eut un sourire amusé.

"Il me semblait que vous ne deviez arriver que dans deux heures" annonça-t-elle. "Que diriez-vous d'un cours de Métamorphose avancée en attendant que ma cheminée ne s'active ?"

Seul un sourire joyeux lui répondit et ils se mirent au travail. Le jeune homme n'était plus fatigué comme avant les vacances, constata McGonagall. Il était en pleine forme, ses réserves magiques remplies, et visiblement très motivé pour sa métamorphose, se concentrant aisément sur ses instructions et ses conseils. Il progresserait très vite dans la métamorphose proprement dite, la discipline étant innée chez lui.

La fin de l'année fut calme. Hermione et lui s'étaient à nouveau rapprochés, passant plus de temps ensemble. Il avait fini par admettre qu'il cherchait un objet dissimulé par Voldemort à Poudlard, d'une grande importance pour lui, et elle s'était proposée pour chercher également. Cependant elle était fatiguée, épuisée même, et il finit par saisir son emploi du temps, soigneusement dissimulé usuellement, un jour où ils étaient à la bibliothèque dans un cocon de charmes de silence.

"Hermione ?" demanda-t-il poliment. "Est-ce que tu m'as caché que tu avais le don d'ubiquité ? Il y a un sort pour ça ?"

Hermione sursauta vivement, vit le parchemin et le lui arracha vivement. Il haussa des épaules.

"Trop tard, j'ai très bien vu que tu avais deux, voire trois cours simultanés. Tu me racontes ?"

"McGonagall m'a dit de n'en parler à personne !" chuchota-t-elle, et il roula des yeux.

"Hermione, tu peux m'envoyer en prison d'un mot, tu crois vraiment que je répéterai un de tes secrets ? J'ai menti à Ra's al'Ghul pour toi."

Elle ouvrit la bouche, la referma, le regardant avec prudence.

"Tu ne risques rien, au moins ?" demanda-t-elle avec anxiété.

Il eut des yeux ronds malgré lui, puis partit dans un fou rire. La question était tellement naïve en sachant que l'on parlait de la Ligue des Assassins.

"Juste de la torture et la mort" rassura-t-il avec une ironie pas méchante pour un sou. "Ne t'inquiètes pas, je gère."

"La mort... ?" répéta-t-elle d'une voix éteinte.

"Quoi, tu crois qu'ils sont appelés assassins pour décorer ?" demanda-t-il avec curiosité. "Les lois de la Ligue sont extrêmement rigides et il y a peu de châtiments en dehors de la mort, surtout pour un acte de trahison."

La voyant effrayée, il posa sa main sur la sienne.

"Je n'ai rien dit" remarqua-t-il "et je ne dirai rien. Tant que tu ne parles pas, je ne risque absolument rien."

Elle se détendit sensiblement et il eut un sourire malicieux.

"Maintenant, comment tu fais pour être à trois endroits à la fois ?"

"J'ai un Retourneur de Temps" admit-elle en chuchotant. "Je l'ai eu en début d'année pour suivre toutes mes options, et uniquement parce que j'étais major avec toi et que Flitwick et McGonagall ont demandé pour moi. Tu retournes en arrière d'une heure pour chaque tour que tu lui donnes."

Son sourcil s'était de plus en plus haussé et ce fut une question purement moldue qui franchit ses lèvres en premier.

"Et les paradoxes temporels ?"

Hermione roula des yeux.

"Tu crois que je ne me le suis pas demandé ? D'après McGonagall c'est pour ça que tu ne dois jamais te voir toi-même et que tu ne peux pas remonter plus de six heures en arrière."

"Ça ne résout pas les paradoxes" remarqua Stan.

"Eh bien... je me suis aussi posé la question" avoua Hermione. "Mais... comment dire... je n'ai pas eu le courage de tenter. Ou l'imagination pour en faire un sans impact."

Ils se regardèrent dans les yeux, mais la même pointe d'envie y brillait.

"Et si" suggéra Stan "je m'empêchais par un message codé de me rendre dans la bibliothèque aujourd'hui ?"

"Les livres de SF m'ont toujours appris que jouer avec le temps était dangereux" répondit Hermione, les yeux brillants. "Mais j'ai furieusement envie de voir ce qu'il va se passer. Si tu ne viens pas aujourd'hui, tu ne sauras pas pour mon Retourneur. Donc tu n'auras pas pu te dire de ne pas venir. Donc tu viendras."

"Comme je ne dois pas me voir" réfléchit Al'Najin à voix haute "je suppose que je pourrai te donner un message que je suis le seul à pouvoir comprendre. Je ne m'étonnerai aucunement de te voir me donner un bout de parchemin, après tout."

Hermione hocha vivement sa tête et il prit un parchemin propre, réfléchissant un moment avant de commencer à calligraphier ses lettres en arabe. Il le codait selon plusieurs chiffrages de la Ligue, en plus d'écrire dans leur dialecte – aucune chance que quelqu'un d'autre à Poudlard ne le comprenne. Puis, pour être absolument certain qu'il se croirait lui-même, il scella le parchemin avec de la cire et ramena l'enveloppe sous la table. Ses doigts pressèrent doucement la poignée de l'épée de Serpentard, la faisant brièvement apparaître, et son pommeau s'incrusta dans la cire chaude.

Hermione prit l'enveloppe avec un petit sourire curieux et s'éloigna, disparaissant derrière un rayonnage.

Lorsqu'elle revint même pas trente secondes plus tard, elle était livide, effrayée, et se laissa tomber sur sa chaise, lui tendant le parchemin au sceau brisé, tremblant de tous ses membres. Il prit le parchemin et ses doigts se mirent à trembler à leur tour.

Au lieu de son message calligraphié, quelques mots se trouvaient écrits. Une écriture ignoble, déformée dans des angles brusques, profondément anormale qui le mettait mal à l'aise, l'angoissait sans qu'il ne sache pourquoi, la peur le prenant directement aux tripes.

On ne joue pas avec le temps.

"Ok" murmura-t-il, les mains tremblantes. "Message reçu."

"Oui" fit faiblement Hermione "message reçu."

Et, sans signe avant-coureur, le parchemin s'enflamma brutalement et disparut. Ils restèrent un long moment silencieux, profondément perturbés, et il finit par émettre un petit rire cassé.

"Au moins" fit-il d'une voix couinant beaucoup trop à son goût "on sait que... y'a une police divine qui s'assure qu'on fasse pas de conneries."

"Ouais" acquiesça Hermione avec un pauvre sourire. "On fera pas de connerie."

Ce fut dans un silence malaisé qu'ils finirent par quitter la bibliothèque avant le couvre-feu, se séparant pour retourner dans leurs dortoirs respectifs.

"Trois cent points pour Poufsouffle" exulta McGonagall, les yeux étincelant de fierté.

Stan prit une mine légèrement ennuyée.

"Sauf votre respect, professeur, si vous avez maintenu cet apprentissage secret, ce ne serait pas très discret."

"Bien sûr, bien sûr" gloussa McGonagall, et il la regarda un peu bizarrement au son incongru. "Je retire ces points. Tout de même, Mr Mallory – moins d'un sorcier sur dix mille ont la capacité de devenir Animagus. Et sur ceux-là ? Peut-être un sur mille compléteront la transformation. Quatorze ans. Incroyable. Probablement le plus jeune que je n'ai jamais vu."

"J'ai eu un bon professeur" répondit le jeune homme d'un ton traînant. "Je peux réessayer ?"

Elle acquiesça avec un gloussement et il ferma les yeux. La métamorphose lui parut incroyablement facile par rapport à la première fois, prenant moins d'une minute contre une pénible demi-heure, et il étendit ses ailes avec un croassement sonore, avant d'en battre rapidement pour décoller. Les mouvements lui venaient instinctivement et il fit le tour de la pièce en planant, avant de se reposer sur le dossier du fauteuil en velours, prenant garde à ne pas le transpercer avec ses serres acérées.

"Merveilleux" fit la voix lointaine de McGonagall. "Vous voulez faire un tour dehors ?"

L'idée lui parut incroyablement séduisante et il acquiesça d'un vigoureux croassement, étendant de nouveau ses ailes. Elle ouvrit la fenêtre avant de lui tendre une main – et un petit bond le plaça sur le poing fermé.

"Ne quittez pas Poudlard" recommanda-t-elle à l'énorme corbeau sur son poing. "Et une demi-heure seulement pour une première métamorphose, je viendrai vous chercher si vous dépassez."

Il acquiesça et elle tendit son poing, lui donnant une habile impulsion. Le décollage en fut grandement facilité et il plana un moment, avant de battre vigoureusement des ailes. Sans grand succès, mais il passa soudain dans un courant aérien ascendant et comprit subitement comment faire, le remontant gracieusement pour prendre de l'altitude.

Son état d'esprit changea soudain du tout au tout alors qu'il montait, mètre après mètre. Le vent s'engouffrait dans ses ailes, le portant, et il finit par cesser de monter loin au-dessus du château, planant avant de se mettre à enchaîner les piqués et les acrobaties, se retournant même sur le dos, virant à toute allure. La sensation de liberté était incroyable et il croassa encore de joie, sa voix mourant dans le vent qui sifflait.

Son animal était incroyablement aisé à manœuvrer et il se sentait mieux qu'il ne l'avait jamais été. Il pouvait quitter les lieux d'un battement d'ailes et avait le sentiment que le monde entier lui appartenait – un petit vol et il y serait. Personne ne pourrait l'arrêter et il s'éloigna à tire-d'ailes, augmentant la distance entre le château et lui. Ce ne fut que quand la magie des protections lui chatouilla les plumes qu'il repartit en arrière, survolant la Forêt Interdite.

McGonagall était toujours à sa fenêtre et il la voyait bien. Comprenant que la demi-heure était écoulée, il piqua droit sur le château, se laissant tomber, tout son corps tendu pour former une terrible pointe, et ne ralentit qu'au dernier moment en écartant ses ailes, rentrant par la fenêtre. Une idée stupide lui parvint et il n'hésita pas, enivré par les précédentes sensations, reprenant forme humaine avant d'avoir touché le sol.

A sa grande surprise, la transformation se déroula en moins d'une seconde et il retomba sur ses pieds avec souplesse pour se réceptionner, comme s'il venait de faire un saut parfaitement normal. La vieille professeure rayonnait de fierté à son habileté visible et il éclata de rire sans se retenir.

"C'était la meilleure chose que je n'ai jamais faite de ma vie !" affirma-t-il avec fougue. "Le vent, et la liberté ! C'est juste fantastique !"

"N'est-ce pas" acquiesça McGonagall avec un sourire attendri. "Félicitations, Mr Mallory."

Elle épousseta sa robe en se relevant.

"Je propose que nous arrêtions les sessions de Métamorphoses pour la fin de l'année" suggéra-t-elle. "Ce sera avec plaisir que je les poursuivrai avec vous l'année prochaine, si vous êtes toujours intéressé."

"Bien sûr" acquiesça-t-il vivement. "J'ai l'impression que plus on avance, plus les possibilités sont infinies…"

"Oh, la Métamorphose est définitivement une discipline aux immenses possibilités" approuva-t-elle. "Je serai curieuse de voir ce que vous serez capable de produire pour vos BUSES."

"Dans deux ans" fit malicieusement Stan en saisissant son sac, comprenant le congé. "Nous verrons, professeur."

"Pas plus d'une heure de transformation par jour les premiers mois" avertit la sévère voix de McGonagall. "Bonne soirée, Mr Mallory."

"Bonne soirée, professeur. Merci pour tout."

Ce fut avec le cœur léger qu'il quitta le bureau, l'esprit encore plein des sensations de son vol. La métamorphose en elle-même avait été étonnamment rapide – mais il avait eu la supervision d'un Maître en Métamorphoses et, d'après elle, cela avait été grandement facilité par son acceptation totale de son totem, en plus du fait que son père biologique ait également été Animagus.

Le mois de juin tirait à sa fin et il grommela néanmoins en remontant le couloir. Il avait presque terminé sa fouille du château – ne lui restait que le septième étage et quelques tours – mais il n'avait pas trouvé la moindre trace du horcruxe tant recherché. Il commençait à craindre d'avoir manqué une cachette ou un passage secret. Hermione avait beau tenter de l'aider, elle non plus n'avait rien trouvé.

Cela lui vaudrait sûrement des remontrances, mais le château était après tout immense et il l'avait fouillé pendant près d'une année scolaire à chaque instant de libre hors de ses entraînements. Probablement le trouverait-il l'année prochaine. Il ne pouvait pas imaginer Voldemort, après avoir protégé sa vie tellement précautionneusement, mettre l'un de ses horcruxes dans un endroit facile à trouver.

Il était allongé dans son lit, en train de lire pour la vingtième fois le livre d'illusions d'Hermione, quand un pas qu'il connaissait bien entra dans son dortoir. Il ne bougea pas pour autant, tournant sa page en secouant légèrement la tête.

"Je trouve cela spécialement stupide d'autoriser les filles dans le dortoir des garçons et pas l'inverse" fit-il néanmoins à voix haute. "Et les Gryffondor chez les Poufsouffle, en plus."

"Salut, Stan" répondit Hermione. "Je te dérange ?"

"Du tout. Je suis encore sur ton livre, alors bon…"

"Oh, tu peux le garder" fit-elle avec un petit rire. "J'avais prévu la chose, je l'ai copié avant de te le donner."

"Sage idée" acquiesça-t-il. "Vraiment passionnant…"

"Tu maîtrises combien de sortilèges dedans ?"

"Totalement maîtrisés ? Neuf. Je les ai tous lancés au moins une fois."

"J'en maîtrise seize" répondit-elle.

Il acquiesça distraitement. Hermione était extrêmement douée pour maîtriser les sortilèges, mais il trouvait personnellement qu'elle ne savait pas les utiliser de manière créative. Ces illusions se combinaient terriblement bien avec de la Métamorphose bien faite – impossible de distinguer, dans les flots de magie, ce qui était réel et ce qui n'était que un abus des sens. Il comptait bien tester ces techniques contre Bellatrix pendant l'été pour voir leur utilité en combat réel.

"Stan ?"

"Oui ?"

"Ça fait combien de temps que tu n'es pas sorti de ton dortoir ?"

"Un jour et demi à peu près, pourquoi ?"

Un profond soupir lui répondit.

"J'ai besoin de ton aide" annonça-t-elle soudain.

"Oh ?" demanda-t-il avec curiosité. "Je suppose que ça implique de violer à peu près tous les règlements de Poudlard alors."

Il avait sorti sa baguette d'un geste nonchalant, tissant une toile de magie avec une habileté acquise avec l'expérience. Hermione le regarda faire et il reposa ensuite sa baguette sur son oreiller, à quelques centimètres de la main qui tournait les pages de son livre. Assez proche pour la saisir en une fraction de seconde et lancer n'importe quel sort qui lui passerait par la tête, mais l'étudiante dans son dos ne semblait pas en avoir conscience. Elle inspira bruyamment en voyant la complexe toile de magie autour d'eux.

"Tu sais que je connais chacun de ces sorts et je n'aurai jamais pensé à les imbriquer comme ça ?" demanda-t-elle.

"La première chose que tu apprends en combat est que pour gagner, tu dois surprendre ton adversaire" répondit-il sans bouger. "Ça implique de sortir des sentiers battus. Pourquoi est-ce que tu veux mon aide ?"

"Sirius Black a été capturé" lâcha-t-elle.

"Vraiment ?" s'étonna-t-il sans mentir. "Ça me surprend."

"Il essayait de rentrer à Poudlard, il a été capturé et… et il va être… embrassé."

"Par un Détraqueur ?"

"Oui" acquiesça Hermione en tremblant légèrement. "Par ces horribles choses. Ils ne devraient même pas exister."

"Je suis d'accord" approuva-t-il "mais je n'ai pas encore trouvé de moyen de les détruire. Qu'est-ce que tu veux de moi ?"

"On ne peut pas le laisser mourir comme ça !" glapit Hermione. "Personne ne mérite ça !"

"Pas même le meurtrier de mes parents biologiques ?" fit-il songeusement. "Hermione, il va te falloir une très bonne raison pour me convaincre de le sauver lui, entre tous."

"Il ne…"

Elle inspira profondément.

"Il n'a pas tué tes parents, Stan" finit-elle par faire doucement. "Ça ne… colle pas."

"Explique ça un peu mieux" demanda-t-il avec curiosité.

Bien sûr, il savait que c'était le cas. Bellatrix avait fait subir quelques interrogatoires à Pettigrow et ils n'ignoraient rien de ce qu'il s'était passé à cette époque. Cependant Hermione n'avait pas ces sources d'informations. Elle inspira à nouveau, puis se lança.

"Il était le meilleur ami de James Potter. Oui, je sais, tu ne crois pas à l'amitié, mais… tu savais qu'il était Animagus ?"

"Oui" acquiesça Stan sans mentir.

"C'est un chien. Tu peux consulter n'importe quel ouvrage sur les créatures magiques, un chien aussi proche du Sinistros n'est pas un traître. Par aucun moyen."

"Il aurait pu être fidèle à la cause de sa famille depuis le début" remarqua Stan en continuant sa lecture. "L'amitié avec James Potter aurait été feinte, et il aurait effectivement réussi à le mener à sa mort. Le Sinistros est un présage de mort, après tout."

"Non, Stan" fit-elle en secouant la tête. "Ce n'est pas ce que j'ai appris de son caractère. Tu n'es pas le seul à avoir des relations dans le monde moldu."

"Qui as-tu interrogé ?" demanda-t-il, franchement surpris cette fois-ci.

"Andromeda Tonks. La cousine de Sirius. Elle a épousé un moldu et a été reniée de la famille Black pour ça."

"Brillant" murmura-t-il pour lui-même.

"Merci" répondit-elle avec modestie. "Est-ce que tu me crois ?"

"Oui" admit-il. "J'ai mes propres sources."

"Est-ce que tu vas m'aider ?"

"Je n'y ai toujours aucun intérêt."

"C'est une mort horrible !" protesta Hermione avec vigueur. "Tu as dit toi-même que tu voulais détruire les Détraqueurs !"

"C'est vrai. Et je le pense toujours."

"Alors pourquoi tu leur laisserais une victime de plus ?" demanda-t-elle avec véhémence. "Il est innocent des crimes dont on l'a accusé et il a quand même passé treize ans avec eux !"

Stan resta silencieux. Bien sûr, s'il pouvait soustraire Black aux Détraqueurs, il le ferait. Le seul problème était que la Ligue n'approuverait pas qu'il risque de se dévoiler pour une personne – parce que sa mission contre Voldemort pouvait sauver des dizaines de milliers de vies, et Sirius Black était seul.

"Mon objectif est Voldemort" trancha-t-il finalement "et sauver Black pourrait compromettre la suite."

Hemrione eut l'air franchement choquée et il retint un soupir. Elle était vraiment trop gentille pour son propre bien. Sa table de chevet se mit à vibrer et il fronça des sourcils avant de tendre la main, prenant le téléphone portable puis décrochant.

"Oui ?" demanda-t-il directement en arabe.

"Il semblerait que nous ayons un problème" annonça la voix de Nyssa. "Nous en avons trouvé un – cinq hommes sont morts. Dans une caverne au bord de l'océan, protégé par des cadavres animés et plusieurs enchantements."

"Et quel est le problème ?"

"C'était un faux. Il avait déjà été volé. Le voleur a laissé un mot avec ses initiales et nous l'avons étudié – l'écriture est indiscutablement celle de Regulus Alphard Black. Il est mort il y a plus de dix ans. Toutes nos pistes ont convergé vers le même endroit – la maison ancestrale des Black. Tristement, ton… professeur particulier ne peut pas y entrer."

"Pourquoi pas ?"

"Parce que le maître actuel de la famille Black la déteste. C'est son cousin Sirius, qui s'est aussi évadé d'Azkaban. Ne peuvent entrer dans la maison familiale que ceux qu'il invite personnellement. Accessoirement, c'est également le parrain de Harry Potter."

Il ferma les yeux avec un profond soupir.

"Je sais où il est" lâcha-t-il. "Je le récupère et le convainc. Sûr que l'objet est là-bas ?"

"Quasiment. A moins qu'il n'ait été re-déplacé depuis la mort de Black."

"D'accord. Je ferai mon rapport demain soir."

Il raccrocha sans attendre de réponse, restant un moment songeur en refermant le clapet d'un petit coup sec. Puis finalement il se releva d'un bond, glissant le téléphone dans une poche intérieure.

"D'accord" fit-il en reprenant en anglais. "On va lui permettre de fuir – mais on le fera à ma manière. Pas de charge stupidement héroïque dans une horde de Détraqueur. Je ne sais pas faire de Patronus."

Il avait laissé tomber en cours d'année, furieux par son échec, se concentrant avec une ardeur renouvelée sur son Animagus et ses sortilèges.

"Moi non plus" avoua Hermione avec cependant espoir. "On va le faire ?"

"On va le faire. Où est-il emprisonné ?"

"Dans le bureau de Flitwick."

"Septième étage" fit-il en faisant quelques allées-retours rapides. "Sortons d'ici."

Il jeta un œil à l'horloge. Il était onze heures mais ils quittèrent la salle commune discrètement. Stan semblait savoir où aller et elle le suivit donc. Il courait tranquillement, à petites foulées, et s'arrêta subitement, leva son poing fermé. Comprenant instinctivement, elle fit de même et il la poussa dans un début de passage secret, laissant retomber la tenture derrière eux. Une minute plus tard, des pas se faisaient entendre, ainsi que des conversations animées.

McGonagall passa devant eux, accompagnée de mauvais gré visiblement par un homme qu'il reconnut comme Cornélius Fudge, le Minsitre de la Magie, et deux Détraqueurs. Hermione émit un bruit apeuré mais il plaqua immédiatement une main sur sa bouche. Le Patronus de McGonagall tournait autour des autres, les Détraqueurs semblaient être retenus et ne s'approchèrent pas d'eux. Il ne relâcha Hermione que quand ils se furent beaucoup éloignés.

"On n'aura pas le temps" remarqua-t-il dans un murmure très bas. "Ils seront au bureau de Flitwick longtemps avant nous."

Son front se barra d'un pli soucieux. Bien sûr, il pourrait débarquer par surprise, assommer tout le monde et s'éclipser ensuite avec Black, mais ce n'était pas une bonne solution.

"Temps" murmura Hermione. "On a besoin de temps…"

"C'est ça" s'impatienta-t-il. "Au moins deux heures. A quelle heure est-ce qu'il a été capturé ?"

"Vers vingt-et-une heures, je crois…"

"Où ?"

"Dans le parc. Par Rogue."

Il retint un juron. Son tout premier mentor allait le haïr. Tant pis. Il n'avait pas le temps de faire dans la dentelle.

"Trois heures" murmura-t-il. "Le mieux… au moment de sa capture. Ou juste après."

"Trois heures" chuchota Hermione, puis soudain elle plongea sa main sous sa robe.

Elle la ressortit en tirant une très longue chaînette. Au bout, un minuscule sablier protégé par une coque et il écarquilla les yeux. Terriblement perturbé par leur expérience dans la bibliothèque, il avait totalement occulté le fait que sa condisciple ait un Retourneur de Temps. Elle passait pourtant déjà la chaîne autour de leurs cous et le regarda ensuite.

"N'oublie pas" chuchota-t-elle "on ne doit surtout pas se voir."

"J'étais dans mon dortoir" répondit-il immédiatement. "C'est pour toi que le problème se pose."

"Je commence à avoir l'habitude" fit-elle avec un faible humour, avant de retourner trois fois le sablier.

La sensation était très étrange. L'espace se déforma autour d'eux, le temps également, puis soudain tout se stabilisa à nouveau. Ils étaient toujours dans leur alcôve mais il la poussa soudain en dehors après avoir retiré la chaîne, l'écartant de justesse d'un étudiant qui sortait de là.

"Oh pardon" fit le Serdaigle, visiblement surpris. "Je ne vous avais pas vus."

"Désolée" répondit Hermione en remettant le sablier sous sa tenue à la hâte. "On y va, Stan ?"

Il acquiesça et sortit rapidement. Ce furent ensemble qu'ils se dirigèrent vers le parc tout naturellement. La plupart des étudiants étaient au repas et ils purent se glisser à l'extérieur.

"Tu sais où ?" demanda Stan.

"Non… entre la Forêt Interdite et le lac, je suppose."

"Ok. On va se trouver un point de vue et j'irai faire de la reconnaissance pour essayer de le trouver avant. Tu feras le guet près du lac. Si tu vois Rogue, reste hors de vue – il a été espion et il est très doué pour savoir si on le suit."

Elle acquiesça d'un mouvement de tête un peu tremblant. Il ne mit pas dix minutes à trouver un excellent point d'observation et fit ensuite un signe de tête vers elle.

"Je reviens toutes les dix minutes, ou je te fais un signal que tu verras d'ici. Si tu as quelque chose en vue, sors des étincelles vertes. Tu es en danger, du rouge et tu déguerpis. Entendu ?"

"Et si toi tu es en danger ?" demanda-t-elle faiblement.

Un sourire cynique lui répondit.

"Je ne serai probablement pas le plus en danger" remarqua-t-il avant de s'éloigner à puissantes foulées.

Il n'hésita pas une seconde à s'enfoncer dans la Forêt Interdite, puis examina attentivement les alentours. Il n'y avait pas âme qui vive et il étendit légèrement les bras avant de se métamorphoser. Le corbeau ne mit pas dix secondes à prendre son envol, recherchant un chien ou un homme dans les environs. Il remontait régulièrement au-dessus de la cime des arbres pour vérifier la position d'Hermione, et ce fut lors d'une de ces émergées qu'il vit la sombre silhouette de Rogue.

Il remonta plus haut dans le ciel, tournoyant avec un croassement, suivant Rogue du coin de l'œil. L'homme se dirigeait à vive allure vers le saule Cogneur et il s'en étonna. Sans doute y avait-il une cache ou un passage qu'il n'avait jamais découvert. Peu de temps après, Lupin passa à son tour et il reste surpris – qu'est-ce que le lycanthrope faisait dans cette histoire ? Il se posa néanmoins sur un arbre à proximité, attendant patiemment.

Il fallut une bonne demi-heure pour que sa patience ne paye. Il avait envoyé des signaux réguliers vers Hermione pour qu'elle ne reste en place sans discuter. Finalement les branches s'immobilisèrent à nouveau et une première silhouette en sortit. C'était Lupin, qui hissa un homme inconscient hors de l'arbre – Rogue. Il fut suivi par une deuxième silhouette humaine. Sirius Black, sans aucun doute, et Al'Najin reprit forme humaine avant de s'avancer pour les rejoindre rapidement.

"Bonne nouvelle ou mauvaise nouvelle ?" s'enquit-il en arrivant brusquement à leur hauteur.

Deux sursauts lui répondirent et Black pointa la baguette de Rogue vers lui. Il avait déjà levé sa main, frappant le poignet dans une violente manchette avant de récupérer l'arme.

"Mr Mallory" fit sévèrement Lupin "ce n'est pas ce que vous…"

"Je sais qu'il n'a pas tué mes parents biologiques" coupa Stan avec un signe du menton vers Black. "Laissez Rogue là, Mr Black, et partez. Maintenant. Les Détraqueurs se rapprochent déjà."

"Harry ?" demanda Sirius Black, incrédule.

"Lupin" fit le jeune homme d'un air ennuyé "persuadez-le maintenant, s'il vous plaît. Je n'ai pas utilisé un Retourneur de Temps et risqué le renvoi pour voir la même chose se reproduire."

Lupin pourtant resta silencieux, immobile. Son visage ne présentait aucune expression. Au même moment, un grand froid les envahit et il jura, de même que Black. Stan lança un sort de lévitation sur Rogue, puis s'éloigna à grande allure.

"Derrière moi" cria-t-il à Black et Lupin.

L'évadé se mit en route sans discuter, le suivant. Il sentait qu'il n'était pas de taille à affronter les Détraqueurs. Lupin pourtant ne bougea pas, jusqu'à ce qu'un terrible grognement ne s'échappe de sa poitrine. Al'Najin jura. C'était une pleine lune – la pire chose qu'il ne puisse arriver. Le ciel s'assombrit considérablement et il jura à nouveau aux silhouettes enveloppées dans des capes. Les Détraqueurs les cernèrent rapidement. Il tenta le sortilège du Patronus, sans succès. Black était déjà tombé à genoux, gémissant faiblement.

Les Détraqueurs se rapprochaient et ses barrières d'occlumencie ployaient. Il avait eu du mal à en repousser un et ils étaient maintenant des dizaines – un véritable troupeau, attirés par les trois proies aisées qu'ils étaient. Rogue s'agita avant de se réveiller en sursaut avec un grognement. Ses yeux se posèrent sur l'horizon alors que le hurlement d'un loup retentissait.

"Lupin" grogna-t-il. "Détraqueurs !"

"Merci pour ce résumé de la situation" répondit Al'Najin, de la sueur dégoulinant sur son visage. "Spero Patronum !"

Aucun succès. Il avait beau se concentrer, il ne ressentait toujours pas assez d'émotions pour le sortilège.

"Ma baguette !" rugit Rogue.

Il la lui lança sans discuter et le sorcier se redressa, dessinant les complexes mouvements.

"Spero Patronum !"

La lueur argentée jaillit aussitôt, aveuglante, et les Détraqueurs reculèrent. Pas de beaucoup, néanmoins, mais Rogue ne se découragea pas, éjectant d'un mouvement vif une créature un peu trop audacieuse. L'oreille fine de Al'Najin perçut soudain un faible cri féminin et il jura. Il y avait un loup-garou en liberté dans le parc, et Hermione y était seule. Son doigt pointa Black qui sanglotait au sol.

"Je le veux vivant" avertit-il en regardant Rogue dans les yeux.

"Où est-ce que tu vas ?" vociféra Rogue alors qu'il se relevait. "Tu ne peux pas sortir d'un cercle de Détraqueurs !"

Trop tard, Al'Najin avait sauté et se métamorphosa, s'éloignant à tire-d'ailes. L'influence des Détraqueurs diminua terriblement sous sa forme animale et il croassa. C'était beaucoup mieux ainsi, il aurait dû se transformer plus vite. La plupart renoncèrent à le suivre d'ailleurs et il suivit la trace du loup-garou. Herbe déchiquetée, broussailles arrachées, ce n'était pas difficile. Comme il l'avait pensé, il avait senti l'odeur d'Hermione et il accéléra son vol jusqu'à apercevoir la silhouette claire du loup-garou.

Il reniflait les alentours d'un arbre, puis soudain se jeta en avant. Al'Najin n'hésita pas une seconde, reprenant forme humaine avant de lancer un puissant sort d'expulsion informulé. Hermione avait fait de même au même moment et le regarda, hors d'haleine, des larmes plein les yeux.

"Cours !" rugit l'assassin. "Retourne au château, maintenant !"

"Stan, c'est un loup-garou !"

"Je ne suis pas aveugle" grogna-t-il. "Cours maintenant !"

"Tu ne peux pas affronter un loup-garou seul !"

Il eut un rictus et se jeta en avant en réponse, sur le lycanthrope qui se relevait. Le combat s'engagea, rapide et vicieux. La bête était incroyablement forte mais frappait de manière terriblement désordonnée, ne cherchant qu'à refermer sa mâchoire. Il l'expulsa à nouveau sans beaucoup d'efforts et agita sa baguette, métamorphosant des racines d'arbres.

"Cours, par l'enfer !" rugit-il vers Hermione, qui comprit enfin et détala.

Tant mieux, car le loup-garou se dégageait déjà du piège de racines, grognant avant de s'élancer à la poursuite d'Hermione. Al'Najin le rattrapa et le percuta de plein fouet, le faisant à nouveau tomber au sol, et leur combat reprit. Il évita son sort d'expulsion cette fois-ci et les griffes se refermèrent sur son bras. Une brusque torsion du cou lui évita la mâchoire musclée, qui se referma à deux centimètres de sa gorge, et il lança un nouveau sortilège à bout portant. Sans succès et il se concentra en réponse, laissant sa colère s'accumuler.

L'éclair flamboyant qu'il libéra eut beaucoup plus d'effet. Il se redressa d'un bond, retombant sur ses pieds. La première règle face à un prédateur était de ne jamais rester au sol, en position de faiblesse. Le regard trop intelligent du loup se posa sur lui mais il n'attaqua pas tout de suite, découvrant ses crocs en grondant, lui tournant lentement autour. Al'Najin jeta un œil aux alentours, mais ils étaient seuls. Personne ne viendrait l'aider et il se pencha légèrement en avant, en position de combat.

Le loup était plus fort et plus rapide que lui. Il attaquait pour tuer, également, et cela en faisait un formidable adversaire. Chaque seconde augmentait pourtant les probabilités que quelqu'un ne les découvre, ou que le loup ne soit pris d'une nouvelle furie qui le rendrait encore plus fort. Il prit sa décision en conséquence, portant lentement sa main droite à son flanc gauche. Ses doigts frôlèrent la poignée invisible, caressant le pommeau d'obsidienne, puis se refermèrent dessus.

Au moment où le loup bondit en avant, il dégaina.

L'épée de Serpentard jaillit avec un sifflement, heureuse de servir enfin. Elle trancha la masse qui lui arrivait dessus sans aucune difficulté et le loup-garou glapit, bondissant en arrière. L'assassin s'était pourtant déjà enlacé, contre-attaquant avec la même violence. Il n'y avait plus de règle ou de Poudlard, plus de Stan Mallory.

Juste un Assassin parfaitement entraîné contre une bête sauvage.

Le loup le comprit d'ailleurs et il ré-attaqua, fou de douleur. Pourtant le combat violent s'acheva en quelques secondes. Al'Najin était parfaitement maître de ses capacités, portait l'épée qu'il préférait, enduite d'un poison mortel. Après moins d'une minute, il fenta à une vitesse hors-normes et la lame s'enfonça dans le poitrail comme dans du beurre. Son bras vacilla à la violence du choc mais tint bon, et il ne fallut pas un instant pour que la bête ne s'effondre, foudroyée par l'arme aiguisée plantée dans son cœur comme par le violent venin.

Al'Najin resta immobile un instant pour être sûr qu'elle était morte, puis retira lentement l'épée qui vint avec un chuintement. Il observa un instant l'arme à la lueur de la lune, mais elle était intacte malgré la violence du choc, couverte de sang sombre. Son regard se posa à nouveau sur le loup-garou dont la forme vacilla, puis se retransforma lentement. Il eut une expression de pitié pour Lupin. Une seule soirée où il n'avait pu prendre sa potion.

Cela l'avait mené droit à la mort.

Al'Najin se pencha, essuyant l'épée sur les vêtements usés du professeur. Il n'avait pas de regrets à avoir abattu le loup-garou, juste une pensée de pitié pour l'homme qu'il était. Cependant Hermione aurait été mordue ou déchiquetée, et quelque chose lui disait que Lupin préférait être mort à coupable de cela. Son expression était sereine et Al'Najin tendit la main, fermant ses yeux, avant de se redresser et de s'éloigner, rangeant son arme qui disparut à nouveau.

Rapidement il reprit sa forme de corbeau, rejoignant le lac. Rogue y était toujours, son Patronus les protégeant. Les fenêtres du château s'illuminaient et soudain un phénix flamboyant d'argent jaillit, fondant sur eux. Il y eut des cris suraigus autour d'eux, puis les Détraqueurs s'éparpillèrent. Rogue eut un rictus en le voyant se pencher sur la silhouette inconsciente.

"Vivant" fit-il ironiquement alors que les portes du château s'ouvraient. "Plus pour longtemps."

"J'en ai besoin" répondit platement l'assassin en hissant le bras de l'homme inconscient sur son épaule. "Tu te vengeras plus tard."

"Ne fait pas ça !" gronda Rogue, visiblement furieux.

Il lui adressa un regard plus glacé que la mort.

"Si tu m'en empêches, je m'assurerai que Ra's connaisse l'origine de l'échec de ma mission" siffla le plus jeune. "Ça ne me fait pas plaisir, je suis les ordres."

Il s'éloignait déjà, traînant l'homme pourtant plus grand que lui sans la moindre difficultés. Rogue glapit furieusement, mais ne tenta pas de l'en empêcher. Il se retourna pourtant à moitié.

"Où mène le Saule Cogneur ?"

"La Cabane Hurlante de Pré-au-Lard" répondit le professeur de mauvaise grâce.

"Parfait. Si vous voulez expliquer votre présence, il y a un loup-garou mort à l'orée de la forêt. Il allait mordre une élève, vous n'avez pas eu le temps de voir qui, juste entendu un cri féminin."

Rogue resta silencieux, mais il s'était déjà remis en marche et rejoignit le Saule Cogneur. Après un moment d'hésitation, il se souvint de comment il avait vu Rogue passer et prit un bâton, tâtonnant dans les racines jusqu'à trouver la bonne. Ce fut sans hésiter qu'il entra, traînant toujours Black derrière lui. Le tunnel remonta bientôt et il assit l'homme sur une chaise défoncée avant de sortir son téléphone. Ce fut la voix de Nyssa qui le salua.

"Hey, grande sœur" répondit-il avec un sourire malgré lui.

"Hey, petit frère" répondit-elle avec un léger rire. "Quelles nouvelles ?"

"J'ai un ami inconscient qui aurait besoin d'aide et de soins" répondit-il d'un ton enjoué. "C'est possible ?"

"Où êtes-vous ?"

"Dans la Cabane Hurlante de Pré-au-Lard" admit-il, s'accroupissant alors que Black remuait en gémissant. "Oh là, mon gars, ne bouge pas pour le moment. Et pas de bruit, les Aurors vont sûrement patrouiller comme pas permis dans dix minutes."

Black sursauta vivement, mais se tut néanmoins, restant immobile.

"Reste là dix minutes" demanda la voix de Nyssa avant de raccrocher.

Il fit de même, rangeant son téléphone, et Sirius le regarda en clignant des yeux.

"Harry ?"

"Stan" corrigea-t-il. "J'ai été adopté."

"Désolé. Je… je connaissais tes parents…"

"Je sais. Et je sais que vous ne les avez pas tués. Pettigrow l'a fait."

"Comment…"

"Est-ce que c'est important ? Pour le moment, il vaut mieux que vous restiez hors de vue des Aurors. J'espère juste que personne ne leur a parlé de ce passage."

Un bruit se fit entendre derrière eux et il sortit sa baguette. La série de tapotements contre le mur le fit néanmoins se relaxer. Quelques instants après, Nyssa entrait néanmoins, en partie en tenue de la Ligue, et il se leva pour l'étreindre avec un sourire.

"Hey" murmura-t-elle à son oreille. "Un plaisir de te voir."

"Qu'est-ce que tu fais là ?" chuchota-t-il.

"Il semblerait que tu aies souvent besoin de renforts en fin d'année" fit-elle avec un petit rire, embrassant son front.

Il sourit sans s'en empêcher, l'étreignant chaleureusement.

"Content de te voir."

"Moi de même. Sirius Black ?"

"Mr Black, voici ma sœur aînée, Kaheda" présenta-t-il. "Elle va vous emmener en lieu sûr, si vous le voulez bien."

"Vous avez besoin de soins" renchérit Kaheda avec un sourire, lui tendant une main. "Stan nous rejoindra à la fin de l'année scolaire."

Il hésita, mais Stan acquiesça avec un sourire encourageant et il se releva, titubant. Nyssa n'hésita pas à le soutenir et fit un sourire à son petit frère.

"Je te revois la semaine prochaine, Stan."

"Yep. Soignez-vous bien, Mr Black."

Il s'éloigna rapidement, repartant dans le souterrain pour retourner à Poudlard. Ce fut en catimini qu'il rentra dans le château même, ne tenant pas à montrer ses vêtements écorchés par le combat contre le loup-garou et les griffures qu'il présentait. Une petite voix l'appela néanmoins rapidement et il obliqua dans un autre passage secret.

"Salut, Hermione" fit-il d'une voix calme.

"Où est-il ?" murmura Hermione.

"Hors d'ici, et en sécurité."

"Et… le professeur Lupin ?"

Il lui adressa un regard indéchiffrable. Elle comprit, puisque ses yeux s'agrandirent.

"Il… il est…"

"Désolé, mais il te courait après."

"Tu aurais pu le neutraliser !"

"Neutraliser une bête qui est en train d'essayer de t'égorger et de m'égorger ?" demanda-t-il, perplexe. "Ce n'est pas ainsi qu'un combat à mort se déroule, Hermione. Quand tu défends ta vie ou celle de quelqu'un, tu frappes d'abord et tu discutes ensuite. C'est l'instinct de survie qui prend le dessus."

"Mais tu… tu… Stan !"

Un hoquet lui échappa.

"Il était tellement gentil !"

"Pas quand je me battais contre lui" fit-il en tournant les talons, agacé par sa réaction. "Bonne nuit, Hermione. De rien pour avoir sauvé ta vie, c'était avec plaisir."

Le sarcasme avait pointé dans sa voix et il disparut rapidement, jetant un œil à sa montre en arrivant aux quartiers des Poufsouffle. Il faudrait encore une heure pour que son plus jeune lui ne sorte. Un moment il caressa l'idée d'envoyer la règle se faire voir et de se réfugier dans son dortoir, puis renonça avec un frisson d'appréhension.

Le souvenir du billet écrit de cette main inhumaine était toujours bien présent dans son esprit. Il attendrait sagement que la voie ne soit libre.