Et voici le nouveau chapitre ! Rien de bien nouveau à dire, donc je vous laisse vous plonger directement dans le vif du sujet. Bonne lecture à vous et merci à tous mes reviewers !
Résumé de l'épisode précédent : Pendant les vacances de Pâques, Al'Najin s'est fait rappeler ses devoirs par Ra's Al'Ghul de manière… douloureuse. Sa première action en retournant à Poudlard est de repousser Hermione, sa seule amie, afin d'éviter son assassinat. C'est donc seul qu'il se prépare et accomplit la troisième et dernière tâche, ignorant que son amie et son père adoptif forment une alliance pour l'empêcher de mourir à cause de la Ligue.
Stan soupira en s'étirant longuement, regardant par la fenêtre. Cela faisait un mois et demi qu'il n'était pas sorti du manoir. Slade et Bellatrix avaient repris l'entraînement avec lui, le préparant pour l'affrontement. Il aurait pu sortir, bien sûr, et rejoindre la Ligue, mais Ra's ne le lui avait pas demandé. Il ne voulait pas le revoir de toutes façons, il n'avait toujours pas digéré ses vacances de Pâques, et s'était donc soigneusement abstenu de lui rendre visite.
De toutes manières il savait ce qu'il avait à faire. Retourner à Poudlard, trouver ce fichu Horcruxe, puis la Ligue entière tendrait un piège au mage noir pour l'abattre. Il prit sa baguette et changea encore une fois ses propres vêtements, rallongeant le tissu. Il avait enfin eut une poussée de croissance pendant l'été. Assez pour dépasser Bellatrix. Pas Slade, mais il avait renoncé à cela, sachant depuis longtemps qu'il n'atteindrait jamais le mètre quatre-vingts de son mentor.
Ses yeux se posèrent avec envie sur l'extérieur. Il comprenait les raisons des deux adultes, toujours aussi paranoïaques, mais avait quand même envie de sortir, sans même savoir pourquoi. Soudain il eut une idée totalement stupide, digne d'un adolescent idiot, et un sourire naquit sur son visage.
"Sonorus" murmura-t-il, amplifiant sa voix. "Je vais voir un copain, je rentre bientôt !"
Il annula le sort après son rugissement peu discret et s'éclipsa sans attendre la moindre réponse, transplanant. Il avait amélioré sa technique au fil des ans et n'avait plus vraiment de difficultés à le faire au loin. Sans plus hésiter, il traversa l'Atlantique, puis transplana à nouveau, jusqu'à Central City.
On était en plein jour ici et il vérifia que rien dans sa tenue n'attirait l'attention, mais ce n'était pas le cas. Il métamorphosa légèrement les traits de son visage, assez pour tromper les reconnaissances faciales. Alors il se mit en route d'un pas joyeux, rejoignant le commissariat central de la ville et y entrant sans ralentir.
"Bonjour" salua-t-il à l'officier de garde. "J'ai rendez-vous avec Mr Allen."
"Un instant" demanda l'officier.
"Bien sûr" répondit-il avec courtoisie.
Ses doigts se refermèrent subrepticement sur sa baguette et il lança un sortilège informulé. Une seconde après, le policier inclinait sa tête.
"Signez le registre, s'il vous plaît."
Al'Najin s'exécuta avec un sourire et passa ensuite dans le détecteur de métaux sans difficultés, se laissant également fouiller. L'épée de Serpentard ne sonnait pas vraiment aux méthodes de détection moldues. Il remercia ensuite chaleureusement le policier qui l'accompagnait au bas de l'escalier.
"Je sais où c'est, merci, ne vous dérangez pas pour moi."
Et il monta quatre à quatre, toquant deux fois avant de pousser la porte et d'entrer au cri de bienvenue, refermant derrière lui.
"Bonjour aussi, Barry" salua-t-il.
Le Flash sursauta, se retourna d'un bond. Une expression de stupéfaction lui répondit et il se fondit soudain dans une traînée vive, verrouillant la porte avant de désactiver les caméras de surveillance.
"Qu'est-ce que tu fous là ?" demanda-t-il en réapparaissant.
"Hey" protesta le cadet "je ne suis pas venu me battre !"
"Qu'est-ce que tu fous là ?" répéta le Flash, et il eut une mine déstabilisée.
"Euh…"
Il se tut, déstabilisé. C'était une très bonne question. Qu'est-ce qui lui avait pris de traverser un océan pour aller voir celui qu'on pouvait considérer comme son pire ennemi ? Non, corrigea-t-il mentalement, Voldemort était son pire ennemi. Le Flash était… un adversaire de valeur.
"Je ne sais pas" avoua-t-il finalement.
"Tu entres dans mon bureau de ma vie civile à Central City et tu ne sais pas pourquoi ?" répéta-t-il, l'air légèrement écœuré.
"Ouais. Je, euh, j'avais peut-être envie de voir quelqu'un de, euh, sain d'esprit, encore une fois."
Un lourd silence lui répondit, puis Barry Allen lui désigna un tabouret, s'asseyant lui-même sur un autre.
"Je suis désolé pour la réaction d'Oliver" finit-il par s'excuser après plusieurs minutes de silence. "Je ne pensais pas qu'il viendrait quand même t'agresser."
Al'Najin secoua sa main d'un air nonchalant.
"Pas grave. J'aurai sûrement fait la même chose à sa place. J'ai, euh, contribué au meurtre de sa sœur, après tout."
Un silence malaisé retomba.
"Tu veux refaire un tour en prison ?" proposa finalement le Flash.
"Navré. Mon pire ennemi vient de ressusciter et je suis le seul à pouvoir trouver l'objet qui le maintient en vie."
"Ton tueur de licornes ?"
"Oui" acquiesça-t-il. "Voldemort."
"J'ai fait quelques recherches sur lui. Un vraiment sale type, ses adeptes ont tué des centaines de gens il y a vingt ans."
"Et encore, tu n'as pas vu la partie sorcière" fit sombrement Al'Najin. "Il a tué mes parents biologiques, entre autres."
"Ah. Je comprends ça."
L'aîné avait l'air soudainement fatigué et cela surprit Al'Najin. Il avait l'air toujours optimiste et enjoué, plein de vie et d'espoir.
"Ah bon ?" demanda-t-il du coup avec une franche curiosité.
"Mon père a été envoyé en prison pour le meurtre de ma mère" fit doucement le Flash.
"Oui, tu m'avais dit ça."
"Il est innocent et j'ai retrouvé le véritable meurtrier."
"Tu l'as arrêté ?"
"Je ne peux pas" murmura l'homme, soudainement abattu. "Il est plus fort, plus rapide que moi. Il a plus d'expérience, il a des espions partout où je suis, il suit la moindre de mes conversations."
Al'Najin sortit sa baguette et reçut un regard méfiant en réponse.
"J'ai l'habitude de l'espionnage" justifia l'assassin avant de lancer une flopée de sorts dans tous les sens avec une fluidité acquise par l'expérience. "Et voilà. J'ai mis ton bureau sous sortilèges d'intimité, donc pour le moment aucun micro, aucune caméra, aucun sort ne peut capter ce qu'on raconte."
"Comment…"
"Magie."
"Les méta-humains ne…"
"Magie" répéta Al'Najin. "Pas méta-humain. Sorcier. Donc si je comprends bien, tu dois affronter le meurtrier de tes parents qui est un méta-humain comme toi, en vachement plus puissant ?"
"C'est ça" répondit son aîné, abattu.
Stan cilla. Leurs situations étaient semblables. Terriblement semblables. Et il se rendit compte soudain, en voyant l'expression de l'autre, à quel point il avait peur d'échouer et de relancer une guerre civile, de ne pas être à la hauteur. Bellatrix l'avait entraîné, mais sans jamais chercher à le tuer. Le combat contre Voldemort serait à mort – il n'y aurait qu'un survivant. Et tous ses tours, toutes ses armes moldues, ne suffiraient peut-être pas contre un sorcier aussi maléfique. Il connaissait des branches de la magie que Bellatrix n'avait pas pu lui enseigner.
A vrai dire, il n'avait juste aucune idée des capacités réelles et totales de son ennemi, si ce n'était qu'il était incroyablement plus fort, entraîné et expérimenté que lui.
"Moi aussi" murmura-t-il. "Et j'ai juste la trouille de ma vie maintenant."
Il ferma les yeux.
"Et même si je le bats, et je me battrai parce que je ne veux pas que ça recommence comme il y a vingt ans, de toutes façons je quitterai la Ligue après. Ça voudra probablement dire que je mourrai."
Une expression stupéfaite lui répondit.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" demanda finalement le Flash en faisant rouler son tabouret, se rapprochant de lui.
"Je ne l'ai dit à personne" fit misérablement l'assassin.
"Tu m'as dit toi-même que nous n'étions pas écoutés" encouragea doucement son aîné. "La dernière fois, tu n'envisageais pas de t'éloigner d'eux."
"Tu te souviens de mon amie ?" demanda Stan en sentant sa gorge se serrer, et le Flash acquiesça d'un mouvement de tête. "Je… j'ai été stupide de croire que j'étais le seul lié à la Ligue à Poudlard. Notre… amitié est devenue quelque chose dont tout le monde était au courant. Quand… Nyssa a été mise en danger par des sorciers et je l'ai aidée à… leur donner une leçon. Elle n'a tué personne, juste… fait peur… pour leur faire comprendre qu'ils n'avaient pas le droit de… de forcer des moldus à se mettre en danger pour leur amusement."
Il trembla légèrement et deux mains calmes se posèrent sur ses épaules. Une profonde inspiration plus tard, il se sentait mieux et poursuivit.
"Aux vacances suivantes, il nous attendait et… il n'était pas content. Alors il nous a enfermés, séparément, pour toutes les vacances, et il m'a dit que… que j'avais oublié ce que c'était d'être un assassin, et que j'avais deux semaines pour m'en souvenir, après quoi il tuerait toutes mes distractions…"
"Il t'a torturé ?" demanda doucement Barry à son silence prolongé.
"Oui mais ce… ce n'était pas important. Dans le train, après, j'ai… j'ai repoussé Hermione, sinon elle allait mourir. Elle ne voulait pas, alors je… je lui ai menti et je lui ai montré les blessures, et je lui ai dit que c'était sa faute et que si elle voulait pas se sauver elle-même, qu'elle m'épargne au moins ça."
Sa voix se brisa.
"Je ne voulais pas mais c'était le seul moyen qu'elle s'éloigne… et elle ne m'a plus jamais parlé."
Une douce étreinte lui répondit et il n'eut pas la force d'y résister.
"C'était très courageux" murmura son aîné. "Tu savais que cela te ferait souffrir et tu as quand même voulu la protéger."
"Elle est un peu comme toi" fit doucement l'assassin. "Très forte, très intelligente… elle voit toujours le meilleur chez les gens. Même chez moi."
"Je crois que tu as eu une très, très mauvaise éducation" fit honnêtement Barry "mais tu n'es pas très méchant toi-même."
"Ça change rien" fit-il avec un haussement d'épaules. "La seule chose que je sais, c'est que j'essaierai de toutes mes forces de tuer Voldemort. La suite… Si je quitte la Ligue, je perdrai Nyssa."
"Tu es certain que tu ne la perdras pas si tu restes dans la Ligue ?" demanda doucement Barry.
Le silence retomba sans qu'ils ne bougent. Finalement Stan secoua doucement sa tête.
"Tu as besoin d'aide pour ton ennemi ?" proposa-t-il. "Paraît que j'ai de l'expérience pour affronter les speedsters."
"Tu ne crois pas que tu as assez d'ennuis pour ne pas en plus ajouter un combat dans le même camp que le Flash ?" demanda doucement Barry.
"Ouais… mais moi aussi j'ai envie de venger ma mère."
Il s'accorda une seconde de réflexion, puis reprit.
"Puis même si je t'aide pas directement, on peut parler stratégie si tu veux."
"C'est très gentil de ta part" fit sincèrement Barry. "Je te proposerai bien mais je ne peux pas t'aider à tuer quelqu'un."
"Je sais. Je te demande pas. De toutes façons tu ne veux pas voir mes alliés. Beaucoup trop de psychopathes pour toi."
L'aîné eut un léger rire.
"Probablement."
Le silence retomba, puis Stan reprit.
"Je t'ai battu parce que je t'ai pris par surprise. Tu étais plus rapide, plus fort, plus endurant que moi mais j'ai fait quelque chose à quoi tu ne t'attendais pas. C'est ce que tu dois faire si tu veux le battre. Trouver des alliés qu'il n'attend pas. Agir différemment de ce qu'il pense."
"C'est plus compliqué" soupira Barry. "Je ne sais plus quels alliés j'ai, Stan… cet homme, c'est Harrison Wells."
"Le type qui t'a entraîné ?" s'étonna Stan.
"Oui" répondit le Flash avec douleur. "Celui qui a pris soin de moi, qui m'a entraîné, qui m'a poussé à devenir plus rapide. Je lui ai fait confiance… plus qu'à n'importe qui."
Stan tapota son dos.
"Raison de plus pour lui rentrer dedans…"
"Comment ? Il vient du futur, il me connaît mieux que je ne me connais moi-même ! Il m'a affronté des dizaines de fois, il connaît chacune de mes réactions !"
Il avait haussé le ton sans faire exprès, ce qui n'émut pas plus l'assassin que ça.
"Il pense te connaître" rectifia-t-il, imperturbable. "Il connaît un Barry Allen, peut-être, celui qui vient de son époque. Ce n'est pas toi. Toi tu es un gars de même pas vingt-cinq ans qui vient d'avoir son pouvoir. Et un gars très intelligent, je le sais. Il sait comment tu vas réagir ? Pousse ça à ton avantage. Laisse-le croire qu'il sait et prend-le à contrepied. Fais un truc qui ne te ressemble pas et il ne saura pas comment y réagir. Ça s'appelle une feinte."
"Tu n'aurais pas un peu de ta potion qui pétrifie, par hasard ?" demanda le Flash avec espoir.
"Euh, non, désolé. Et le Maître des Potions qui me l'avait faite ne m'a toujours pas pardonné d'avoir sauvé la vie de son ennemi d'enfance. Ecoute, tu m'as dit toi-même que tu étais convaincu de ne pas avoir d'alliés. Il n'y a vraiment personne à qui tu peux penser ? Queen, par exemple, il ne peut pas te filer un coup de main ?"
Barry soupira.
"Tu veux dire, quand il n'est pas en train de combattre ta Ligue ?"
"Quoi ?" demanda l'assassin avec des yeux ronds. "Queen ? Contre la Ligue ?"
"Tu n'es pas au courant ?"
"Je n'ai pas eu de nouvelles de la Ligue depuis mes précédentes vacances dans leurs cachots" répondit-il sarcastiquement.
Cela prenait tout son sens cependant. Queen était dangereux, lui aussi. Ra's al'Ghul devait juste être occupé avec l'archer et n'avait pas le temps de s'occuper de lui.
"Je suis désolé" soupira Barry. "Oublie ça, je pense bien que tu n'as pas le temps d'y penser."
Un silence malaisé retomba. L'index de Stan tapota un microscope, intrigué. Il ne s'en était jamais servi lui-même, même s'il connaissait le principe. Une éprouvette plus loin vacilla et chuta, mais le Flash l'avait déjà rattrapée et remise dans son emplacement.
"Désolé" s'excusa le plus jeune. "Dis-moi, si je te donnais un truc, tu pourrais me dire en quoi c'est fait ?"
"Pas si c'est une arme."
"Euh… non, pas spécialement. En fait, la première personne qui me l'a montrée s'en servait pour faire des chaînes, assez solides pour immobiliser un troll. La seule personne, en fait, c'est un acte de métamorphose avancée. J'ai essayé de faire le matériau le plus solide du monde. Quelque chose d'incassable."
Une lueur d'intérêt apparut dans les yeux du scientifique.
"Et ça a donné quoi ?"
Stan reprit sa baguette, montrant un bloc de métal.
"Je peux changer ça ? C'est plus facile avec des matériaux déjà lourds."
"Denses" rectifia machinalement Barry. "Vas-y."
Il entama la métamorphose, concentré. L'autre ne parlait pas, regardant le métal se rétrécir, se compacter, devenant plus noir que la nuit. Cela prit dix bonnes minutes au plus jeune mais finalement une longue chaînette noire comme la nuit fut sur le bureau et le Flash la prit au signe de tête d'autorisation, étirant les maillons, sans succès. Ses mains se mirent à vibrer mais le matériau ne bougea pas non plus et il fit rouler son fauteuil dans l'autre sens.
"J'ai besoin d'un échantillon plus petit" annonça-t-il, et la baguette s'agita, laissant tomber un seul maillon dans son autre main. "La moitié de ça, un des deux côtés de ton maillon seulement."
Stan s'exécuta et Barry observa avec attention le fragment restant, avant de le peser.
"Ultra-dense" annonça-t-il. "Peu surprenant s'il est si solide que ça. Voyons voir ce qu'il y a là-dedans. Tu as le temps, j'espère ?"
"Un peu, oui."
"Comment tu appelles ce matériau ?"
"De l'orichalque."
Barry eut un regard surpris.
"Comme dans la mythologie ? Parce que ce n'est définitivement pas un alliage de cuivre et de zinc."
"Je pense que c'est plus proche de la mythologie" acquiesça sagement l'assassin.
Ils restèrent silencieux un long moment. Barry avait lancé son analyse et ils étaient ensuite restés face à face, ne sachant trop quoi dire.
"Alors" finit par demander le scientifique "tu comptes faire quoi quand tu auras quitté la Ligue ?"
"Mourir ?" suggéra le plus jeune.
Un regard sévère lui répondit.
"Je ne plaisante pas."
"Moi non plus. Ils ne me laisseront pas vivre et je doute que je leur survive très longtemps."
"Viens ici, à Central City. Ensemble, nous pouvons…"
"Nous pouvons neutraliser la première vague" acquiesça calmement le plus jeune. "La seconde, la troisième. Peut-être les cent premières, mais un jour, l'un passera ma vigilance et je serai mort. Le jour où j'ai décidé dans ce cachot que je quitterai la Ligue, je me suis tué moi-même."
Il ferma les yeux.
"La seule question est de savoir si je tuerai Voldemort avant."
"Tu ne peux pas penser que tu n'as pas de futur" murmura le Flash.
"Eh bien, je n'en ai pas, c'est un fait" répondit doucement Stan. "Je ne m'en serai probablement jamais rendu compte sans toi. Sans Hermione. Sans Slade et Bella. Si je reste dans la Ligue, je serai leur jouet. Un jouet puissant et dangereux, mais je ne pourrai jamais faire ce que je veux. Je ne pourrai jamais avoir d'amis. Si je quitte la Ligue, je mourrai, tôt ou tard."
Le Flash rouvrit la bouche mais l'assassin l'interrompit, levant sa main.
"J'ai pris ma décision. Je veux juste tuer Voldemort avant. Je ne veux pas d'une deuxième guerre civile au Royaume-Uni, ni nulle part ailleurs. Je ne veux pas qu'un tueur de licornes ne se promène en liberté."
Il se leva lentement.
"Peut-être que je voulais juste parler à quelqu'un pour être sûr de savoir ce que je voulais" fit-il doucement. "Merci, Barry."
"Attends !" interpella le Flash en se levant, tendant la main vers lui.
"Navré" fit Stan avec un petit rire "j'ai un entraînement à terminer."
"Et ton analyse ?"
"Garde-le. Il reprendra sa forme naturelle dans un jour ou deux."
"Mais…"
"Au revoir, Barry" répondit doucement l'assassin. "Et pour ton ennemi… s'il te connaît si bien, surprend-toi toi-même et tu le surprendras."
Il était sorti un instant après et Barry ne trouva pas le courage de le rappeler. Et pourtant un goût de cendres régnait dans sa bouche à l'idée d'un garçon de quinze ans qui lui annonçait qu'il allait mourir. Puis, brutalement, il décida qu'il tenterait de le tirer hors de là, que Stan le veuille ou non.
Bon, autant commencer par s'occuper du problème Harrison Wells, il aurait ensuite les mains libres.
Lorsque Stan retourna à Londres, puis à Poudlard, il se sentait plus calme, plus confiant. Slade et Bellatrix le remarquèrent, bien entendu. Encore une fois, ils laissèrent couler, ne lui posèrent pas de question. Un homme qui savait ce qu'il avait à faire ne pourrait que le faire de son mieux, après tout.
"Gamin" signala cependant Slade sur le quai du Poudlard Express "n'oublie pas de nous prévenir quand tu passeras à l'action."
"Je me doute que belle-maman serait furieuse si je ne le faisais pas" ricana Stan en réponse, avant de l'étreindre. "Merci pour tout, P'pa. Je n'aurai jamais pu me préparer sans toi."
"Ce n'est pas la fin, Stan" murmura Slade à son oreille. "Quoi qu'il se passe, n'oublie pas une chose – ce n'est jamais la fin tant que tu n'es pas mort."
Il s'éloigna et Stan monta dans le train d'un bond, son sac sur son épaule. Slade bouscula une jeune fille qui venait d'arriver sur le quai au passage. Il grogna à peine une excuse avant de quitter le lieu sorcier. Stupéfaite, Hermione regarda le petit paquet glissé dans sa veste par le mercenaire sans même que le geste ne soit visible, puis le laissa sagement à sa place en attendant d'être au calme.
Il ne contenait qu'un seul objet et une brève missive, en réalité. Un téléphone portable, éteint, et quelques mots. Appelle quand il partira l'affronter. Il ne me le dira pas.
Avec le plus grand soin, la jeune femme déchira le papier et incinéra le reste, avant de glisser le téléphone dans sa poche. Oui, elle préviendrait Slade Wilson, avant de se rendre elle-même sur les lieux. Peu lui importait d'avoir quinze ans et de partir en croisade contre des assassins fous. Elle ne laisserait pas son ami mourir.
Stan Mallory passa son trajet seul et en silence. Il était installé en tailleurs, méditant. Sa magie était calme, régulée. Depuis sa visite à Barry Allen, depuis qu'il était certain de ses choix, il n'avait plus de saute d'humeur, de pic de rage qui montait en lui. Il savait ce qu'il avait à faire et il le ferait, quel qu'en soit le prix. Peu importaient ses relations avec la Ligue des Assassins pour ce combat. La Ligue l'épaulerait et le soutiendrait parce qu'ils voulaient Voldemort et ses Mangemorts morts.
Il ne prêta aucune attention au nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal. Son oreille entraînée occulta la voix agaçante, se concentrant sur les autres bruits. De même qu'il ne prêta pas attention aux règles qu'elle édictait. Deux jours après la rentrée, il se glissait dans les couloirs, silencieux comme un fantôme. Il devait trouver ce Horcruxe avant qu'il ne vienne à l'esprit de Voldemort d'en refaire un. Avec un peu de chance, la Ligue avait déjà localisé le mage noir et l'espionnait.
Pourtant ses pas le menèrent dans les cachots en premier. Il se glissa dans les appartements de Severus, brisant les protections sans se faire remarquer. Un coup de couteau l'accueillit mais il bloqua le bras du Mangemort.
"Bonsoir" salua-t-il.
"Je crois que nous n'avons plus rien à nous dire" grinça le Maître de Potions.
Il avait définitivement la rancune tenace. Presque deux ans après, on aurait pu croire que Severus Rogue avait pardonné son sauvetage inattendu de Sirius Black, mais ce n'était visiblement pas le cas.
"Je me fiche de votre aversion" répondit calmement l'assassin. "J'ai fait une promesse à votre encontre que je tiendrai ce soir."
Un sourcil levé lui répondit et l'assassin éloigna fermement le bras armé. Rogue ne le lâcha pas et il s'impatienta, resserrant brusquement sa prise, écrasant les résistances du poignet jusqu'à ce qu'il ne lâche le couteau qui tomba au sol avec un bruit sourd.
Pour autant Al'Najin ne le relâcha pas, desserrant à peine son étreinte. A la place, il releva la manche du Mangemort, examinant la Marque des Ténèbres avec attention. C'était la même que celle de Bellatrix. Plus brillante et plus noire, cependant. Sans doute Voldemort avait-il regagné des forces. Cela signifiait qu'il devrait provoquer le combat le plus vite possible, avant qu'il ne soit au sommet de son pouvoir.
Ses yeux s'illuminèrent de la vision de la magie. Sa main libre s'agita et un petit cercles de runes se dessina autour d'eux deux. L'aura de Severus jaillit, faisant danser la lueur des torches dans le petit salon. Lentement, ne se pressant pas, Al'Najin commença à démêler les complexes magies du sorcier, isolant la Marque des Ténèbres avant de la détacher complètement. La magie coula dans les runes, tournoyant dedans, redessinant chacun des symboles de feu.
"Sors du cercle" fit l'assassin "et crée un bouclier."
Il avait relâché son poignet en parlant. Rogue recula d'un pas, puis tira sa baguette et créa effectivement un bouclier de protection. Al'Najin avait vaguement songé à un moyen de détruire la magie de la Marque de manière civilisée, puis s'était dit qu'il ne le ferait de toutes façons que sur une seule autre personne que Bellatrix. Il porta la main à sa ceinture et tira l'épée de sa main droite, sa baguette fermement calée dans la gauche. Puis, au même moment, il brisa le cercle et se protégea lui-même d'un puissant bouclier.
La détonation balaya le salon proprement rangé. Les deux sorciers ne frémirent pas, retranchés derrière leurs protections respectives. Le plus jeune rangea son épée aussi vite qu'il l'avait sortie, puis fit disparaître son bouclier une fois le souffle de l'explosion retombé, rangeant également sa baguette dans le holster sur son avant-bras.
"Bonne nuit" rajouta-t-il simplement avant de quitter la pièce, refermant derrière lui et remettant les protections en place.
Avec une patience hors-normes, il se remit à sa fouille méthodique du château. Il avait forcément manqué une cachette. Forcément.
Les deux premiers mois n'ajoutèrent pas de nouvelle pièce cachée à son exploration constante. Il sautait régulièrement les cours qu'il considérait comme inutiles et n'avait plus mis un orteil en Défense après la première leçon. Ombrage l'avait vertement repris parce qu'il n'avait pas ouvert son livre quand elle le lui ordonnait. Il avait répondu d'un ton ennuyé que le passéisme n'était jamais une solution face à une violence revendiquée et que, au minimum, il fallait se défendre, au maximum répliquer.
Ombrage lui avait affirmé qu'il avait certes de beaux exemples de violence gratuite dans sa famille, ainsi qu'un mépris inné pour l'autorité.
Il lui avait rit au nez. Elle l'avait collé et il avait négligé de se rendre à la retenue. Depuis, il ne s'était plus présenté à un seul cours. Comme il l'avait affirmé à Chourave lorsque sa directrice l'avait convoquée avec le plus grand ennui, il avait parfaitement le droit d'ignorer un cours s'il s'estimait assez bon pour passer ses BUSE en candidat libre. Ce n'était pas parce que personne n'osait le faire qu'il allait s'en priver.
Il était en train de fouiller dans le second étage lorsque des voix et des bruits de pas se firent entendre. D'un mouvement de baguette, il se rendit invisible et se glissa derrière une armure, se tassant contre le mur. Les voix se rapprochèrent en chuchotant, ce qui signifiait que leurs possesseurs n'avaient certainement pas le droit d'être ici. Lorsqu'ils parurent au bout du couloir, Stan reconnut les jumeaux Weasley, sûrement en préparation d'une blague, et il resta donc parfaitement immobile. Son souffle même était imperceptible.
"Je te dis qu'il est là !" chuchota l'un des deux, penché sur un bout de parchemin.
"Y'a personne, Fred" murmura l'autre avec agacement, agitant sa baguette. "Ce putain de couloir est désert !"
"Il est là, regarde la Carte !"
Un soupir exaspéré lui répondit.
"Mallory !" finit par appeler le second un peu plus fort. "Mallory, on sait que t'es là, bordel ! C'est important, montre-toi !"
Stan ne bougea pas.
"Tu crois qu'il est mort ?" s'inquiéta George. "Ou inconscient ?"
"Ou alors il ne veut pas se faire choper ?" demanda Fred avec agacement. "Ecoute, Mallory, on sait que t'es là. T'es probablement la personne qui connaît le mieux le château avec nous, et la plus habituée des balades nocturnes."
Stan se déplaça dans le plus parfait silence, se rapprochant des jumeaux. Le parchemin qu'ils tenaient l'intriguait au plus haut point et il l'étudia en silence, lisant à l'envers sans difficultés. C'était une carte. Une carte de Poudlard, visiblement, et des tas de minuscules petits points se déplaçaient dessus. Rapidement, il chercha leurs trois noms. Les étiquettes étaient pratiquement collées les unes aux autres.
"Où est-ce que vous avez eu ça, par l'enfer ?" murmura-t-il, faisant sursauter les deux jumeaux.
"Je t'avais dit qu'il était là !" fit George, triomphant. "Putain, Mallory, tu es invisible ou quoi ?"
"Bien vu" répondit ironiquement l'assassin. "Qu'est-ce qui est si important ?"
"C'est à propos de Tu-Sais-Qui" chuchota Fred en se décalant contre le mur.
George suivit et il fit de même, restant à peine à portée de voix.
"On te croit quand tu dis qu'il est revenu, et Cédric aussi" rajouta Fred. "Bordel, ce serpent était une preuve plus que suffisante. Après, ça fait quatre ans que t'es là et on a appris à te connaître en t'observant tout le temps : tu fais jamais rien pour rien. Et notre intuition nous dit que ce que tu fais là l'emmerderait au plus haut point s'il le savait."
"Vous êtes trop perspicaces pour votre propre bien" marmonna Stan.
"Ouais, on triche un peu, on a la carte" modéra Fred. "Au début on se demandait ce que tu foutais, puis on s'est rendus compte – tu fouilles le château. Donc tu cherches un truc bien précis. Et visiblement, tu l'as pas trouvé et tu recommences."
"Peut-être" reconnut Stan de mauvaise grâce.
"Alors si ce truc est pour emmerder Tu-Sais-Qui, on te propose officiellement l'aide des jumeaux Weasley" fit George en tendant sa main dans le vide devant lui.
Stan ne la serra pas pour autant.
"Personne ne doit savoir ce que je cherche" fit-il d'une voix à peine audible. "Vous devriez retourner faire vos blagues."
"Idiot" chuchota Fred "on fera comment nos blagues une fois replongés dans une guerre civile ? On a connu la fin de la dernière, tu sais. On a vu maman qui sanglotait quand les Mangemorts ont tué ses deux frères. On a vu des tonnes d'amis de la famille qui partaient et qui ne revenaient pas. Les Weasley sont des traîtres à leur sang. Ron peut se voiler la face autant qu'il veut, nous serons l'une des premières familles Sang-Pur visées, d'autant plus avec papa et maman qui travaillent avec Dumbledore."
"Oh, vraiment ?" demanda Stan avec un intérêt non feint.
"Tu connais l'Ordre du Phénix ?" murmura George.
"De nom. Une organisation secrète – pas si secrète – qui luttait contre Voldemort."
Deux frissons lui répondirent au nom.
"Ouais" reconnut pourtant George "et nos parents sont dedans. Alors c'est beau de croire que rien nous arrivera jamais à Poudlard, mais ça fera pas avancer le bordel. Bon sang, Mallory, t'es le Survivant. Si un mec autre que Dumbledore a une chance de poutrer Tu-Sais-Qui, c'est toi."
"C'est relativement dans mes objectifs" reconnut le jeune homme.
Le silence retomba un instant, puis Stan reprit.
"Voldemort a caché un objet de magie extrêmement noire dans Poudlard. Je dois le détruire. Il l'a un peu trop bien caché."
"Ok" murmura George. "Tu as essayé des détecteurs à magie noire ?"
"Ça n'a rien donné. Les murs de Poudlard sont saturés de magie."
Fred s'était mis à faire les cent pas, réfléchissant.
"Il ressemble à quoi ?" demanda George.
"Probablement un cercle de métal tordu. Il pue réellement la magie noire, vous ne pourrez pas ne pas le reconnaître si vous tombez dessus. Il n'est pas dans la Chambre, j'ai déjà vérifié. J'ai fouillé chaque recoin de ce foutu château, impossible à trouver."
"Oh, tu sais" fit George avec amusement "on découvre des trucs tous les jours à Poudlard. Regarde, l'autre jour, Dumbledore avait parlé d'une pièce ne contenant que des pots de chambre, donc on s'est dits qu'on allait la chercher…"
"Mais là où il avait dit" compléta Fred "Rusard nous a chopé et y'avait juste un placard à balais."
"Où ça ?" demanda Stan, plus par politesse que par intérêt.
"Au septième étage, en face du tableau de Barnabas le Follet."
Stan repassa ledit couloir dans sa mémoire. Il avait mémorisé le maximum de cachettes potentielles dans le château pour pouvoir s'y promener comme bon lui semblait et, en quatre ans, sa représentation mentale de Poudlard s'était faite très précise.
"Il n'y a pas de placard à balais là" affirma-t-il.
"Je te jure qu'il y en a un" répondit Fred.
"Non, il n'y en a pas."
"Fred" remarqua Georges, penché sur le parchemin "la carte dit qu'il n'y en a pas."
"Mais on s'est planqués dedans !"
"Je sais, qu'on s'est planqués dedans !" s'énerva Georges.
Stan avait déjà pris sa décision et tourna les talons, partant en courant. C'était la première fichue piste tangible sur une salle secrète qu'il aurait manquée. Il en avait découvert des tas au cours de sa fouille, mais il était absolument certain que le mur en face du tableau de Barnabas était vide. Les jumeaux tentèrent de le suivre mais ne purent rester au niveau de l'assassin surentraîné. Le pire était qu'il ne faisait même pas un bruit en courant ou en respirant et, sans la Carte, ils l'auraient immédiatement perdu.
