Et, comme tous les dimanche, voici le nouveau chapitre. J'ai hésité à le couper au milieu, au début d'un combat, mais c'était méchant et je suis quelqu'un de gentil, n'est-ce pas ? Vous en aurez encore une fois la preuve à la fin du chap.
Bonne lecture !
Résumé de l'épisode précédent : Le retour de Voldemort est dorénavant certain et Al'Najin a passé tout son été à s'entraîner avec Slade Wilson et Bellatrix Lestranges, deux des plus terribles guerriers de son temps. Et pourtant, c'est Barry Allen qui lui a donné le courage de se rendre à l'affrontement et de tout faire pour vaincre, ignorant toujours la ferme volonté de Slade, Bellatrix et Hermione de le sauver quel qu'en soit le coût.
Lorsque Stan parvint dans l'aile opposée du château, au septième étage, il n'eut à inspirer que deux fois pour reprendre son souffle. En silence, il s'approcha de Barnabas et fit tomber un voile devant le tableau. Les tableaux percevaient mal le temps. Avec un peu de chance, Barnabas ne se souviendrait pas qu'il avait fait nuit à un moment sur une durée un peu plus longue qu'à l'accoutumée. Puis il laissa tomber le sortilège d'invisibilité, s'approchant du mur opposé pour l'examiner avec la plus grande attention.
Rien d'inhabituel ne lui sauta aux yeux. Ses mains parcoururent précautionneusement les pierres taillées, sans trouver d'aspérités étranges. Le mur ne sonnait pas creux non plus et les jumeaux le rejoignirent alors qu'il recherchait un quelconque point de bascule, hors d'haleine.
"Putain tu sprintes !" s'exclama Fred.
"Silence" fit l'assassin entre ses dents.
Ses yeux se fixaient maintenant sur les pierres et ses mains écartèrent les voiles de magie. Sans succès cependant et un juron grossier en arabe lui échappa. Les murs de Poudlard rayonnaient tellement après un millénaire à recevoir sort sur sort que plus rien n'était visible dans la toile de magie. Il annula la vision avec un grognement de dépit.
"On n'a pas cherché, hein" remarqua Fred en voyant son expression déçue.
"Comment ça s'est passé ?"
"On est passés en courant comme ça" fit Fred "mais après on a vu que McGo arrivait en face, alors on a fait demi-tour et on est repartis dans l'autre sens. Sauf que Miss Teigne a miaulé, Rusard était à un couloir de là, et on est repartis en se disant qu'on allait essayer de sprinter jusqu'au passage de Gwendoline la Fantasque avant que McGo ne nous capte. Et là on a vu le placard et on s'est traités de crétins pour l'avoir loupé comme ça."
Stan analysa la chose. Ils étaient donc passés trois fois dans le couloir. Marchant tranquillement, il fit de même, effectuant les allers et retours. Sans aucun succès cependant, c'était donc qu'il lui manquait quelque chose. Il y avait un autre déclencheur que juste passer devant. Or, les deux jeunes hommes essayaient de fuir. Ils étaient probablement stressés et angoissés.
Avec délicatesse, il modela son occlumancie, jusqu'à émettre un ardent désir de trouver une cachette. L'exclamation de Fred lui dit tout ce qu'il voulait savoir. Se tournant vers le mur, il vit qu'une porte était apparue et il l'ouvrit. C'était un placard à balais tout ce qu'il y avait de plus ordinaire, des seaux au fond, deux balais appuyés contre la paroi et plusieurs produits d'entretien.
"Dumbledore avait trouvé des pots de chambre, c'est ça ?" murmura-t-il, avant de refermer la porte.
Le placard se fondit aussitôt dans le mur. George acquiesça.
"Montrer ce qu'on cherche ?" suggéra le jeune assassin pour lui-même. "Hm… disons que j'ai envie d'aller pisser."
Il modifia l'émission de ses pensées par l'occlumancie, exprimant un intense besoin naturel, et repassa trois fois. La porte réapparut et il l'ouvrit. Des pots de chambre et des toilettes se trouvaient partout dedans et il referma la porte avant d'inspirer profondément.
"Et maintenant" fit-il en se concentrant plus que jamais "j'ai terriblement, terriblement besoin de trouver un objet qui a été caché…"
Et cette fois-ci il n'eut pas besoin de feinter la demande. Pourtant rien ne se passa et il jura violemment.
"Tu penses peut-être mal ?" suggéra George. "Cette salle te donne ce que tu veux, c'est ça ? Alors si quelqu'un a demandé une salle pour cacher un objet qui serait jamais trouvé, elle peut pas te donner l'objet caché, si ? Elle se contredirait elle-même."
Il se releva du mur contre lequel il s'était assis et prit la place de Stan, commençant ses allées et venues.
"Je veux un endroit pour cacher un objet" murmura-t-il en commençant, avant de le répéter deux autres fois.
La porte réapparut et il l'ouvrit.
"Mon Dieu" souffla-t-il, et Stan bondit à l'intérieur.
La salle derrière la porte était proprement immense. Il n'en distinguait même pas le plafond dans la pénombre. Des dizaines, centaines peut-être, de rangées d'étagères s'alignaient, ornées d'un bordel incommensurable. Al'Najin claqua brutalement de la langue, écoutant l'écho qui lui en revenait. Cette salle faisait au moins cent mètres sur cinquante. Proprement immense. Une vraie cathédrale.
"Wow" fit Fred en entrant à son tour. "Mon vieux, je crois que tu vas avoir besoin d'aide si ton truc est dans ce bordel."
"Eh bien" murmura Stan après avoir soigneusement refermé la porte derrière lui "je suis prêt à parier que c'est l'objet de magie le plus noir qui se trouve ici."
Il commença attentivement ses recherches. Fred et George Weasley suivirent, jusqu'à littéralement tituber de fatigue. L'aube pointait finalement lorsqu'ils repartirent, laissant le jeune assassin, pour espérer trouver une ou deux heures de sommeil avant le début des cours. Dès qu'ils eurent le dos tourné, Stan verrouilla la porte et se redressa, sourcils froncés. Bien. Il ne sortirait plus de là avant d'avoir trouvé l'objet qu'il cherchait.
Parce que s'il comprenait bien le fonctionnement de cette salle, se trouvaient ici tous les objets jamais cachés à Poudlard.
Il sauta en l'air et se changea habilement en corbeau, commençant à planer dans la salle. Il sentait plus facilement la magie sous sa forme animale et effectivement une sensation immonde ne tarda pas à lui hérisser les plumes. Alors il se mit à descendre, en cercles de plus en plus rapprochés, suivant son instinct et la sensation de malaise jusqu'à avoir fortement délimité son champ de recherche. Il reprit forme humaine et se laissa retomber au sol avec souplesse.
Son regard parcourut les étagères voisines. Des bouteilles d'alcool, en grand nombre. Des livres, sur tous sujets, pour tous publics, du roman pour adolescent au magasine érotique, en passant par des dizaines d'ouvrages de sorts plus ou moins autorisés. Mais également des quantités d'objets dont il ne pouvait même pas deviner l'utilité. Qui sifflaient, roulaient, se rentraient dedans. Des Bavboules. Des pièces d'échecs devenues sauvages qui se promenaient d'étagère en étagère.
La salle était loin d'être silencieuse. Tout bruissait, crépitait. Pourtant le regard de Stan se fixa soudain et il s'avança. Sur un vieux buste décoloré, à côté d'un énorme chapeau, une tiare ternie et rongée par le temps se trouvait. Il se rapprocha lentement, levant sa main, mais s'arrêta net avant de l'avoir touchée. D'une pensée, il remonta ses barrières mentales à leur maximum et l'attrait de la tiare diminua aussitôt.
Il grimaça légèrement. Il avait du venin de Basilic, comme toujours, mais pas de dague. On le surveillait bien trop pour qu'il ne prenne le risque de porter une autre arme que sa baguette ou l'épée de Serpentard. Il se glissa lentement dans les alentours. La probabilité était forte qu'une personne au moins ait caché une arme blanche à Poudlard. Peut-être avait-elle été oubliée.
La chance était avec lui, car il ne mit pas une heure à trouver une épée. Impeccable, constata-t-il en la soulevant et en la faisant tournoyer. Aucunement magique, de ce qu'il sentait. Il retourna vers le diadème et récupéra la fiole dans la sacoche à l'arrière de sa ceinture. C'était l'une des dernières doses, et le Basilic était mort et ne leur en fournirait pas plus. Avec un sourire, il la déboucha néanmoins.
"Eh bien" murmura-t-il alors que la lame commençait à fondre et siffler "septième arme sacrifiée pour toi, Tom. A ta santé."
Et, d'un mouvement fluide du poignet, il fit tourner l'épée plusieurs fois, lui faisant prendre de la vitesse, avant de l'abattre sur le diadème. La détonation usuelle retentit et il se protégea d'un puissant bouclier. Pour la première fois, il ne valsa pas en arrière et cela lui arracha une grimace de satisfaction. Les étagères autour avaient cependant été soufflées, les objets volant en tous sens. Les sifflements s'amplifièrent, un panache de fumée multicolore se mit à s'échapper.
"Uh oh…"
L'endroit avait été rempli d'objets magiques. Peut-être aurait-il dû sortir l'Horcruxe et aller le démolir dans un endroit moins, hm, instable magiquement…
Des flammes jaillirent soudain. Le sifflement s'amplifia terriblement et il fit la chose la plus sensée du monde en voyant le feu magique qui se répandait. Il tourna les talons et sprinta jusqu'à la sortie. Le temps qu'il ne l'atteigne, les flammes magiques se propageaient dans toute la salle. Il sortit d'un bond et claqua la porte derrière lui, qui fondit aussitôt dans le mur.
"Hm, hm."
Le toussotement d'Ombrage ne parvint pas à l'arracher à sa satisfaction. Voldemort était de nouveau mortel. Une sorcière stupide ne le retiendrait pas.
"Voilà une bien étrange heure pour se promener dans les couloirs, Mr Mallory" fit la petite sorcière d'un ton mielleux. "Dans mon bureau."
Il haussa ses épaules.
"Je ne crois pas, non" répondit-il nonchalamment avant de s'éloigner. "Vous avez déjà perdu une fois face à mon père, Ombrage. Ne répétez pas cette erreur."
Un glapissement offusqué lui répondit.
"Retenue, Mallory !"
"Ouais" acquiesça-t-il. "C'est ça."
Elle tenta de suivre son pas rapide, sans succès et il se glissa chez les Poufsouffle. En cinq ans, c'était la première fois que Stan Mallory se faisait surprendre hors de son dortoir. La rumeur allait faire le tour de Poudlard en un clin d'œil et il réfléchit un moment, avant d'avoir un sourire malicieux. Il allait devoir se rendre chez Chourave avant le petit-déjeuner. Mais avant…
Glissant sa main sous sa robe une fois dans son dortoir, il en sortit son téléphone et l'alluma. Il n'eut pas à attendre cinq minutes pour que l'on ne décroche.
"C'est fait" annonça-t-il simplement en arabe. "Je l'ai détruit. Dois-je partir d'ici ?"
Il y eut un léger moment de silence.
"Reste" ordonna finalement Ra's al'Ghul. "Nous allons l'attirer dans un piège et il y a une chance, même faible, qu'il n'attaque l'école. Tu peux transplaner s'il tombe dans notre piège."
"Entendu" acquiesça-t-il.
"Tiens-toi prêt à partir n'importe quand. Garde ton matériel à portée de sortilège."
L'assassin répéta son assentiment, puis la ligne coupa et il le glissa à nouveau dans sa tenue. Une demi-heure après, il ressortait du dortoir, rejoignant la Grande Salle où il rejoignit sa directrice de maison.
"Mr Mallory ?" s'étonna Chourave.
"Je crains d'avoir été injustement placé en retenue" justifia-t-il "alors je suis venu vous demander…"
"Votre attitude intolérable valait cette retenue, Mr Mallory" minauda Ombrage.
"Sauf votre respect" fit Stan d'un ton courtois copié directement de Slade "je ne vois pas en quoi ma présence au septième étage était une infraction au règlement."
"Ignorez-vous donc le couvre-feu ?" demanda la sorcière rose.
"Absolument pas, et vous pouvez demander à vos estimés confrères, je suis le premier à respecter le règlement."
Les jumeaux Weasley, de même qu'Hermione, qui déjeunaient eurent du mal à retenir tout mouvement de surprise à l'aplomb avec lequel il mentait.
"Voyez-vous" poursuivit Stan "si je ne m'abuse, le couvre-feu commence à vingt-deux heures…"
"Et cette heure était indéniablement passée" conclut Ombrage.
"Et se termine à cinq heures du matin" acheva le jeune homme. "J'étais effectivement levé à cinq heures ce matin. L'exercice physique que je fais chez moi me manque sincèrement et j'ai trouvé une salle au septième étage qui permet de le pratiquer tranquillement. J'ai donc fait mes exercices matinaux et suis ensuite retourné dans mon dortoir pour me doucher."
Il eut un aimable sourire.
"Vous aurez certainement remarqué la transpiration quand je suis sorti" fit-il joyeusement "à six heures un quart. Ce genre d'exercices n'est pas long, mais assez éreintant. Une heure par jour est amplement suffisant."
Un silence régna à sa déclaration, puis Chourave inclina sa tête.
"Dolorès, je crains que Mr Mallory n'est raison. Il est tout à fait autorisé de se promener dans les couloirs après cinq heures du matin, bien que nous ayons peu d'élèves aussi lève-tôt."
Ombrage grimaça et le foudroya du regard.
"Je lève la retenue, Mr Mallory" gronda-t-elle du bout des lèvres.
"Je vous en remercie, professeur" répondit-il d'un ton enjoué avant de s'éloigner. "Bonne journée."
Des bouches bées lui répondirent. Mallory s'était fait choper hors de son dortoir et il s'en était tiré avec panache. Le jeune homme ne les écoutait cependant pas, se servant en nourriture pour son petit-déjeuner. La seule chose qu'il attendait, maintenant, était l'appel de la Ligue qui le libérerait de tout.
De cette mascarade – il n'avait plus rien à apprendre dans cette école. De cette retenue. De cette constante obéissance aux ordres. Il irait chercher la victoire jusque dans ses tripes contre Voldemort, et il n'y serait pas seul. La Ligue entière le soutiendrait.
Il avait hésité à demander à Slade et Bella de venir l'aider. Ils l'auraient fait, il le savait, sur sa simple demande. Cependant… il ne voulait pas les y mêler. Bellatrix était recherchée par tous les sorciers. Mangemorts comme Aurors se retourneraient contre elle, elle serait une cible prioritaire. Elle savait se défendre, bien sûr, mais ne lui serait pas d'une grande aide contre Voldemort si elle devait en même temps se défendre de cent sorciers enragés.
Slade… le choix avait été plus difficile. Mais Slade ne voulait pas travailler avec la Ligue. Il désapprouvait l'obéissance continue du jeune assassin. Et s'il ne voulait pas travailler avec eux, il risquait d'être une gêne sur le champ de bataille.
Un mois s'écoula horriblement lentement pour lui. Il avait décidé de réutiliser son excuse pour aller au septième étage. La salle sur demande lui avait réellement fourni du matériel d'entraînement physique et il en avait énormément profité, travaillant sans s'épuiser, se maintenant au top de sa forme physique et magique. Décembre pointait le bout de son nez lorsque ce qu'il attendait enfin se produisit. Au beau milieu du repas du soir, un bruit totalement incongru s'éleva : le bruit d'un téléphone portable moldu.
Le silence s'abattit sur la grande salle. Stan haussa des épaules, puis plongea sa main dans sa robe. Plus loin, semblant presque hypnotisée, Hermione sortit le sien propre et l'alluma, ouvrant un message vers l'unique numéro en mémoire.
"Oui ?" demanda Stan en décrochant nonchalamment.
Ses yeux s'étrécirent et il sortit fluidement sa baguette, l'agitant.
"Accio équipement pro" fit-il sur un ton nonchalant. "J'arrive. Où exactement ? Chelsea ? Dix minutes."
Il raccrocha juste après et Hermione termina son message, l'envoyant à la hâte. Les téléphones portables n'étaient pas censés marcher à Poudlard, mais Slade devait connaître un truc puisque celui de Stan marchait aussi. Un gros sac rentrait dans la salle et Stan retira le plus tranquillement du monde sa robe de sorcier, puis sa cravate et sa chemise, vite suivi par ses chaussures, restant torse nu dans le silence absolu.
"Quoi ?" finit-il par demander. "Vous n'avez jamais vu un téléphone portable ?"
Sans attendre de réponse, il déposa le sac sur le banc et l'ouvrit largement, en sortant un coffre en bois, long et plat, couvert d'écritures étrangères. Ses pouces firent sauter les fermoirs et il prit la paire de bottes dedans, les enfilant, avant de mettre le haut de la tunique, puis les différentes protections. Protège-poignets, cuir sur les avant-bras. Armure pare-balles sur le ventre et la poitrine, puis dans le dos. Il rajusta ensuite celles des cuisses, sur son pantalon, puis enfila la tunique du dessus des assassins, rattachant ses cheveux au passage.
Puis, dans le silence incrédule, il commença à sortir les armes. Deux dagues furent placées dans ses bottes, à l'intérieur de ses jambes, le long de ses mollets. De l'autre côté, sur son pied gauche, il plaça un petit pistolet de défense. Il glissa ensuite les épées courtes dans le bas de son dos, puis la ceinture aux multiples poches protégées, emplies de potions comme d'armes de lancer moldu. De même qu'il remit le holster de sa baguette sur son avant-bras gauche, prêt à faire jaillir l'instrument d'un geste souple du poignet. Finalement il remonta le masque le long de son visage, ne laissant que ses yeux visibles, puis rabattit sa capuche.
Un mot nonchalant enflamma le sac et il s'éloigna en silence vers la sortie.
"Mr Mallory" commença Dumbledore.
"Navré, j'ai un rendez-vous pressé."
Il atteignait déjà la porte et Hermione réagit soudain, se levant d'un bond avant de s'élancer à sa suite. Il tendit pourtant la main vers elle.
"Non, Hermione. Pas cette fois."
"Tss" fit-elle avec un sourire dur et effrayé à la fois. "Navrée, Stan, je ne vais pas te laisser mourir."
Il eut une mine ennuyée.
"Qu'est-ce que je t'ai expliqué, déjà ?"
Un sourire provocant lui répondit et elle désigna les alentours.
"Trop tard. Tout le monde vient d'entendre mes mots ici et, dans deux minutes, tous les espions l'auront répété partout."
"Idiote" répondit-il avec cependant une certaine douceur dans la voix.
Un sourire lui répondit et elle attacha ses propres cheveux avant d'enlever à son tour sa robe.
"En route, Stan Mallory ?" proposa-t-elle gaiement, comme s'ils partaient en promenade de santé.
Elle ne manquait pas de courage, il ne pouvait pas le lui reprocher. Car elle était capable de sourire et ses mains ne tremblaient pas alors qu'elle se mettait à courir à ses côtés, conjurant une cape sombre, fonçant vers une bataille mortelle. Stan saisit sa main alors qu'ils sortaient du parc de Poudlard et ils transplanèrent.
Ils réapparurent avec un craquement sonore sur des toits. Le bruit fut masqué cependant par les cris. La rue et le quartier alentours s'étaient déjà changés en champ de bataille. Les Mangemorts étaient là, mais l'endroit grouillait d'assassins. Flèches et sorts s'échangeaient dans des sifflements vicieux, plus d'un Mangemort qui s'approcha d'un mur s'effondra, égorgé. Stan n'eut pas de mal à repérer la silhouette de Nyssa sur un toit, même masquée : ses flèches étaient les plus précises de toutes.
Voldemort cependant faisait pencher la bataille par sa présence seule. Il faisait sauter des maisons entières et Stan posa sa main sur l'épaule d'Hermione.
"Reste en vie" murmura-t-il.
"Oui" chuchota Hermione en réponse, avant de l'attraper.
Ses mains se refermèrent sur son visage, repoussant légèrement sa capuche en arrière, et elle embrassa son front.
"Je te donne l'autorisation de le tuer" fit-elle officiellement, le faisant ciller.
Une étrange chaleur monta pourtant en lui et il acquiesça. Sa Ligue avait besoin d'un coup de main contre le mage noir. D'un bond puissant, il se dégagea et se laissa retomber dans la rue, en face de Voldemort.
"Alors" fit le sorcier avec un sourire glacial "c'est votre champion, misérables moldus ? Sang-de-bourbe, vous espérez m'arrêter avec un seul homme ?"
"C'est exactement ça."
Al'Najin ne se recula pas à la voix. Ra's al'Ghul était lui-même présent. Il ne portait pas son riche manteau mais une armure également, et une épée se faisait voir à sa ceinture. Il s'avança d'un pas lent, s'arrêtant derrière son assassin immobile. Al'Najin avait un genou à terre, prêt à bondir, et Ra's le sentit parfaitement quand il posa sa main sur son épaule.
"Laisse-moi te présenter Al'Najin" annonça-t-il. "Il est né pour te tuer."
"Triste jour" remarqua Voldemort sans la moindre peur "que je sois immortel."
"Triste jour" répondit Ra's "que tu ne le sois plus. Finis-le, Al'Najin."
L'assassin fila hors de sa main, fonçant en avant à une vitesse hors du commun. Voldemort eut l'air surpris par l'assaut, puis lança une première volée de sorts et le duel s'engagea dans un flamboiement de magie.
Bien des Mangemorts s'arrêtèrent pour regarder leur maître se battre avec plaisir et admiration. Ra's al'Ghul avait déjà tiré son épée.
"Tuez-les tous" ordonna-t-il d'une voix qui porta sur le champ de bataille.
Et les assassins, qui n'attendaient que cet ordre, se ruèrent à l'assaut, profitant de la surprise des Mangemorts pour les tailler en pièces.
Al'Najin ne s'en souciait pourtant pas. Voldemort requérait toute son attention, toute sa concentration. Il était un adversaire formidable, bien plus que dans le cimetière l'année précédente. Le jeune assassin n'avait plus besoin de se cacher cependant, et atteignit son potentiel en très peu de temps, concentré au maximum de ses capacités. La rage du combat était en lui, puissante, maîtrisée, amplifiant le moindre de ses mouvements.
Leur duel prit un niveau supérieur lorsqu'il commença à y ajouter des métamorphoses. Voldemort eut l'air surpris, puis amusé, et augmenta lui également l'intensité de ses sorts. Al'Najin était forcé d'esquiver la moindre attaque. Il ne connaissait pas l'immense majorité des sorts qu'utilisaient Voldemort et ne pouvait pas permettre à l'un seul d'entre eux de le toucher. Ses transplanages constants, ses toiles de magie semblaient agacer le mage noir, qui soudain se concentra.
Une terrible onde de magie brute s'échappa soudain de lui. Le choc envoya valser le jeune homme, qui se rattrapa néanmoins habilement. Toutes ses illusions, toutes les toiles de magie tissées venaient de se briser. Il vit le sort vicieux qui arrivait sur sa droite et sut qu'il ne pourrait pas l'esquiver. D'un mouvement à peine visible, il tira l'épée qui jaillit en chantant.
Le sort violet dévia et percuta un mur, le faisant exploser avec une détonation sourde. Voldemort pourtant avait ses yeux posés sur l'épée recourbée, la reconnaissant de toute évidence.
"Comment" articula-t-il, son visage pâlissant de fureur si la chose était encore possible. "Comment un misérable sang-de-bourbe peut-il porter l'épée de mon ancêtre ?"
Il avait ponctué chaque mot d'un violent sort, sans effet sur le jeune sorcier. Al'Najin était toujours vif comme le vent et se contenta de repasser à l'assaut, renouant le contact pour un corps à corps vicieux. Il n'avait pas le temps de discuter. Les boucliers paraient son épée et trois billes roulèrent hors de la manche de l'assassin, tombant au sol. Le mage noir fou de rage s'acharnait sur lui, se fichant des environs et détruisant sans compter. Il ne supportait pas l'idée que la glorieuse épée n'ait choisi quelqu'un d'autre que lui, l'héritier légitime de Serpentard.
Le coup frappa soudain toutes les côtes de l'assassin et il vola en arrière. Sa magie de soin, gracieuseté de Voldemort, s'était déjà activée, réparant les os blessés, les consolidant pour qu'il ne puisse continuer le combat sans risque. L'épée lui avait échappé mais il la rappela d'un claquement de doigts. Un mouvement du poignet de sa baguette reprit le contrôle des trois sphères. Voldemort rouvrit la bouche mais s'arrêta net.
Propulsées à une formidable vitesse, les trois billes entamèrent une terrible danse autour de lui, faisant siffler l'air. Voldemort tenta de bannir tous les environs, sans succès sur le carbone solidifié, et l'une des billes le percuta soudain en plein ventre, ressortant de l'autre côté de son torse. Il poussa un cri autant surpris que douloureux et la seconde en profita pour transpercer son épaule. Al'Najin ne bougeait pas, concentré sur les formidables sphères.
Voldemort coupa le lien magique mais il le rétablit dès que la dissipation fut passée avant de commencer à métamorphoser le sol sous le mage noir. Sa baguette lança subrepticement deux autres sorts qu'il fit se croiser dans le dos du mage noir, avant de percuter la voiture derrière. Le réservoir d'essence explosa instantanément, projetant le sorcier au sol, face contre terre, et les trois billes le suivirent, transperçant son corps avec un bruit écœurant.
"Assez !" tonna soudain le mage en s'élevant dans les airs.
Ses sorts augmentèrent en vitesse et en intensité. Ses plaies se mirent à fumer d'une lueur rougeâtre, la même que celle qui avait soigné le jeune sorcier. Al'Najin dut rouler hors de portée et jeta un œil aux alentours. Les assassins ferraillaient toujours rudement contre les mangemorts. Le quartier se changeait en charnier, de plus en plus de corps s'effondrant dans la bataille rangée qui avait lieu. Pourtant les assassins avaient clairement le dessus, bien plus accoutumés à l'environnement. Et malgré cela, aucun ne l'aidait, aucun ne tentait une attaque audacieuse vers le mage qui le distrairait, lui procurerait une ouverture qui lui donnerait la victoire.
Et surtout, suprême avantage sur les Mangemorts ils ne recherchaient pas un chef pour les mener. Voldemort était trop occupé pour se soucier de ses hommes, concentré sur l'assassin insaisissable. Al'Najin jura alors qu'un nouveau sort l'atteignait, heureusement dévié par l'armure de son avant-bras, et réalisa soudain. Il ne le vaincrait pas seul. Même avec ses sphères, même avec ses armes moldues, Voldemort était trop loin devant lui.
Un nouveau sort le frappa de plein fouet et il percuta un mur. Le pan au-dessus de lui vacilla, puis s'effondra, et l'énorme rocher qui chuta dans son ventre lui fit recracher tout son air. Un instant après, le rocher se soulevait à nouveau, rejeté sur le côté.
"Montre-moi ton visage" ordonna Voldemort, et la capuche s'arracha, de même que son masque.
Le mage eut l'air surpris. C'était la demi-seconde d'ouverture dont l'assassin avait besoin et il se jeta en avant, saisissant ses jambes avant de le faire tomber à terre. Son poing le percuta en plein visage avec toute la violence dont il était capable et un mouvement fluide fit jaillir sa dague hors de sa botte. Sans hésiter une seconde, il la planta dans l'œil qui lui était présenté.
Un terrible hurlement lui répondit et il fut à nouveau propulsé par la magie libérée de Voldemort. Celui-ci avait ses doigts crispés sur son visage. Le sang et l'humeur aqueuse coulaient depuis son œil crevé alors que la dague tombait au sol. Al'Najin roula sur le côté, esquivant l'Avada Kedavra, avant de se redresser d'un bond, transplanant juste à temps hors de portée.
Peine perdue néanmoins, car le sorcier semblait savoir en permanence où il était. Al'Najin se sentait faiblir – il était trop jeune et avait bien moins d'endurance. Chaque nouveau transplanage, chaque nouvelle roulade pompaient dans son énergie qui diminuait rapidement. Il reprit le contrôle de ses sphères mais le sorcier les détruisit en plein vol, les annihilant purement et simplement, fou de rage et de douleur. Finalement son transplanage ralentit et il eut une pensée de regret. Visiblement, il n'était pas assez fort pour le vaincre, malgré tout son entraînement. Finalement un sort d'expulsion l'atteignit, le projetant dans un mur où il s'encastra, retenant son cri au dernier moment. La plupart de ses os devaient être brisés sous la force du choc.
Ce fut au moment où Voldemort afficha un sourire de triomphe en le voyant immobilisé dans les débris qu'il y eut un choc sourd d'une masse tombant au sol. Tournant la tête, Al'Najin vit immédiatement la silhouette massive. Encore plus le fusil d'assaut qu'elle tenait. Il eut un quart de sourire en voyant le masque noir et orange qui ne laissait rien voir du visage du mercenaire, puis le bruit de la première rafale retentit.
Un hurlement étranglé lui répondit alors que les balles frappaient le sorcier, se fichant éperdument de son armure magique. Les impacts apparurent dans son corps, quelques uns puis de plus en plus. Rapidement les points rouges s'étalèrent par dizaines, jusqu'à ce que Ra's al'Ghul ne bondisse en avant, baissant le canon de l'arme d'assaut.
"Seul Al'Najin peut le tuer" indiqua-t-il d'une voix pleine de colère. "Dégage de là, Deathstroke !"
Le mercenaire lui écrasa son poing dans le visage en toute réponse, brisant le nez d'un coup sec et le rejetant en arrière.
"Je n'ai aucun doute que Al'Najin va le descendre" répliqua-t-il. "Je lui donne juste l'ouverture pour."
Voldemort avait en effet détourné son attention du jeune assassin, pour le moment, qui remua inconfortablement dans son lit de pierres explosées. Les briques faisaient mal lorsqu'on rentrait dedans assez fort pour les défoncer… Sa baguette avait été projetée au loin, de même que l'épée. Avec une grimace de rage, Voldemort retourna ses sorts contre le mercenaire, et le fusil d'assaut explosa entre ses mains, n'entamant pas pour autant son armure lourde. Les balles ressortaient du corps du mage dans une fumée rouge, retombant une par une au sol.
Slade avait déjà sorti un pistolet mitrailleur sans s'en formaliser, roulant hors de portée en s'abritant derrière un feu de couverture. Il avait pourtant pris un objet à sa ceinture et le porta à sa main crispée sur le manche. La boucle s'inséra autour de son petit doigt et il retira la protection d'un geste vif avant de la jeter en arrière.
"FRAG !" rugit-il au même moment.
Dans un effort inhumain, Al'Najin s'arracha au lit de briques défoncées, se jetant derrière la carcasse d'une voiture brûlée. Voldemort regarda sans comprendre le petit objet crénelé à ses pieds. Tous les assassins, incluant Ra's al'Ghul, s'étaient jetés à l'abri. Après une seconde d'immobilité, une terrible détonation retentit. Le souffle de l'explosion souleva un énorme nuage de débris, provoquant plusieurs incendies en amplifiant ceux déjà existant.
Lorsque les débris retombèrent, Voldemort était toujours debout, immobile. Horriblement défiguré. Sa robe était en lambeaux. Son corps et ses membres entièrement transpercés de shrapnel tremblaient légèrement. Il commença à bouger, lentement, mais n'eut jamais le temps de finir son mouvement.
Surgissant dans son dos, hors de la poussière en train de retomber, Al'Najin bondit sur lui, l'épée de Serpentard à nouveau en main, et la lui planta entre les omoplates. La lame transperça le corps blanchâtre comme dans du beurre alors que l'adolescent atterrissait sur son dos, s'y appuyant de tout son poids. Il y eut un moment de flottement, mais le venin de Basilic faisait son œuvre et la peau passa de blanche à grisâtre. Voldemort tomba à genoux alors que l'assassin récupérait son épée et, pour plus de sûreté, le décapitait d'un geste vif.
Slade était ressorti de derrière sa voiture, armes levées, et il lui fit un faible sourire avant de lever son pouce vers lui. Il était épuisé. La majeure partie de ses os étaient brisés, des plaies s'étaient ouvertes sur tout son corps. Ses réserves magiques étaient totalement à plat et il recracha le sang qui lui coulait dans la bouche, sa vue se brouillant sous la sueur et le sang. Il n'aurait jamais réussi sans l'intervention de Deathstroke. Et, dans son esprit embrumé, une unique phrase lui parvint.
"Tuez-le."
Le hoquet de Nyssa lui parvint encore plus clairement. Il regarda sans le comprendre Ra's al'Ghul. Deathstroke pourtant avait déjà réagi, se jetant sur le maître assassin, lâchant un de ses pistolets mitrailleurs pour saisir son épée. Ra's fit de même, parant l'assaut furieux, et un combat vicieux s'engagea. Al'Najin cilla à la pluie de flèches qui lui fonçait dessus mais il n'avait pas assez d'énergie pour les dévier magiquement. La Ligue venait d'ordonner sa mort. Au ralenti, il se souvint de tous les avertissements qu'il avait reçu. Slade. Bella. Hermione. Barry. Ils le lui avaient dit et répété.
Il ne les avait pas crus. Avait pensé qu'il quitterait la Ligue par lui-même et ne deviendrait qu'à ce moment une cible.
Une silhouette encapuchonnée jaillit soudain, le percutant de plein fouet et le jetant à terre sans qu'il n'ait la force de se rattraper. Les flèches sifflèrent au-dessus de leurs têtes et il reconnut Hermione. Un craquement sonore retentit au même moment et la deuxième volée de flèches fut carbonisée en plein vol. Bellatrix Black venait d'apparaître, flottant au-dessus du sol, une terrible aura de magie flamboyant autour d'elle.
"Personne ne le touche !" rugit-elle d'une voix emplie de magie.
Slade était toujours engagé dans son combat furieux contre Ra's, les coups se succédant à une vitesse à peine visible. Bellatrix jeta un œil en arrière, sur Hermione, en tirant sa baguette, commençant à moduler ses sorts.
"Emmène-le en sécurité !" ordonna-t-elle, sa voix vibrante de pouvoir. "Partez d'ici, nous vous couvrons !"
Hermione ne fit qu'acquiescer alors que le massacre reprenait. Bellatrix flottait au-dessus du champ de bataille, se servant de l'environnement pour des sorts dévastateurs. Elle ferma les yeux, ses mains crispées sur la poitrine de l'assassin, et transplana dans un craquement sonore.
L'endroit dans lequel ils réapparurent était bien plus propre et lumineux. Il était allongé sur un tapis propre et soyeux, dans de chaudes couleurs ocres et rouges. Elle lui fit un demi-sourire en le retournant, l'allongeant précautionneusement sur le dos.
"Ça va aller, Stan" fit-elle doucement. "Là, ne bouge pas, on va te soigner."
"Slade… Bella…"
"Ils s'en tireront, ne t'inquiètes pas" rassura-t-elle, mentant aisément.
Il leva soudain sa main et ses doigts se refermèrent sur une flèche noire, l'arrêtant en plein vol. Elle porta immédiatement la main à sa baguette, mais trop tard. Deux autres traits se plantèrent dans son dos et elle vacilla, puis s'effondra.
"Hermione !" hurla-t-il. "Hermione !"
Pourtant il le sentait déjà. Contre lui, sur son torse, le pouls de la jeune femme ralentit, puis s'arrêta. Les flèches avaient frappé cœur et poumon. Une exécution.
Al'Najin ne put réagir lorsque les assassins s'approchèrent, exténué et blessé. Ils repoussèrent le corps de la sorcière d'un coup de pied comme si elle ne valait rien. La vision rendue floue par l'épuisement et les larmes, il ne put lutter lorsqu'ils le soulevèrent par les épaules, ravivant la douleur dans son corps entier avant de lui arracher son épée et sa baguette. L'un d'eux brisa la baguette et ils abandonnèrent l'épée au sol, le traînant à l'extérieur. L'inconscience le prit finalement à cause de la douleur alors qu'il fixait toujours le visage serein de son amie, de plus en plus flou.
