On est dimanche, et le dimanche, c'est nouveau chapitre. Voici donc la fin (il ne manque que l'épilogue). J'aimerais remercier tous mes reviewers, vous me faites super plaisir en envoyant vos messages, surtout ceux que je retrouve chaque semaine (yep, je vous reconnais, vous, là).
Et puis je travaille sur plusieurs autres fics et également des projets indépendants, donc une nouvelle histoire arrivera probablement (12 chapitres écrits, un début raisonnable, quoi, et une autre fic en est à son cinquième chapitre). Ce sera probablement du côté de Marvel cette fois-ci.
Merci encore à tous mes followers et à la semaine prochaine pour la fin. Bonne lecture !
Résumé de l'épisode précédent : Le combat final est arrivé. Laissé seul face à un adversaire plus puissant et plus ancien, la Ligue refusant d'intervenir, Al'Najin n'aurait pu vaincre sans l'aide miraculeuse de Slade Wilson, qui lui offrit l'opportunité de placer le coup fatal. Pourtant, alors que tout semble être fini, la Ligue se retourne contre lui. Affaibli, mortellement blessé, il se prépare à la mort mais Hermione l'évacue. Peine perdue cependant : la Ligue avait prévu cette opportunité et abat la jeune femme sans pitié avant de récupérer son assassin.
Des cris qui n'étaient pas les siens tirèrent Stan de son inconscience. Un moment il se demanda s'il était mort, puis, au vu de la terrible douleur dans ses membres, déduisit que non. Il rouvrit difficilement les yeux – son œil gauche, du moins, car le droit était fermé à cause de l'hématome sanglant dessus. Difficilement, il tenta de bouger, mais n'atteignit pas les trois centimètres parcourus avant qu'un bruit de chaînes ne se fasse entendre.
Une main se posa sur son épaule et il glapit de douleur sans avoir pu se retenir. La main se retira aussitôt vivement. Un moment il chercha à comprendre, puis soudain se souvint. La Ligue l'avait trahi. Slade et Bellatrix s'étaient interposés et Hermione l'avait fait fuir alors qu'il était exténué et blessé. La Ligue avait visiblement prévu le coup, puisque des assassins les attendaient dans ce salon – peut-être la maison d'Hermione, ce qui signifiait que ses parents devaient être décédés aussi par sa faute.
Son esprit s'arrêta sur le visage calme de son amie. Elle ne lui en avait pas voulu d'être tombée dans ce traquenard. Les assassins l'avaient emmené et il fouilla sa mémoire ensuite, cherchant à se souvenir de ce qu'il s'était passé. Des phases de demi-conscience lui revinrent. Il avait été enchaîné et torturé, et il l'était visiblement toujours. Aucune idée de pourquoi Ra's al'Ghul ne l'avait pas immédiatement tué.
"C'est un garçon" fit une voix d'homme, visiblement ému. "Bon sang, c'est de la torture."
Il avait déjà entendu cette voix quelque part. Son visage était plaqué contre la pierre froide alors que les chaînes autour de son poignet le maintenaient debout, mais sa nuque était trop douloureuse pour qu'il ne puisse tourner la tête en arrière, et l'œil duquel il pouvait voir était celui contre la roche.
"Qui êtes-vous ?" demanda-t-il d'une voix rauque. "Où sommes-nous ?"
"Nanda Parbat" répondit la voix de l'homme sans qu'il ne parvienne à l'identifier. "Je suis John Diggle."
Diggle. L'ami d'Oliver Queen, s'il ne s'abusait. Avec un grognement, il se décolla légèrement de la paroi, tournant la tête. Une japonaise se tenait juste derrière, qu'il ne connaissait pas. Elle s'approcha à nouveau de son œil et la fraîcheur lui fit un bien fou, faisant régresser la douleur. Plus loin derrière, se tenait une brune et une blonde qu'il savait être Laurel Lance et Felicity Smoak, tous en triste état. Un autre homme aussi, vêtu d'une combinaison de cuir, mais il ne savait pas de qui il s'agissait.
Cependant il était certain qu'ils faisaient partie de l'équipe d'Oliver Queen. Cela expliquait pourquoi Ra's ne l'avait pas tué immédiatement. Probablement avait-il d'autres chats à fouetter pour le moment et Al'Najin ne le sentait pas très bien pour parvenir à s'évader dans l'immédiat.
"Qu'est-ce qu'il t'est arrivé, mon garçon ?" demanda la japonaise alors que ses mains passaient dans son dos, apaisant encore une fois la douleur.
Un rire ironique souleva sa poitrine, le faisant grimacer de douleur aux côtes brisées. Laurel se rapprochait déjà et tenta de détacher ses poignets, sans succès.
"Tu n'y arriveras pas" fit-il d'une voix rauque. "Elles sont conçues pour bloquer ma magie."
"Magie ?" répéta l'homme en combinaison, mais Laurel avait déjà compris.
"Al'Najin ?" demanda-t-elle, stupéfaite.
Un sourire sarcastique lui répondit.
"Salut, Laurel" fit-il d'une voix qui se voulait charmante, et dont l'effet fut brisé par le ton totalement cassé.
Elle s'était pourtant reculée comme s'il l'avait brûlée et Felicity battit des paupières.
"Oh wow. Quand Barry m'a dit que tu étais jeune, je n'aurai jamais cru…"
"C'est qui ?" demanda Ray, exaspéré.
"Al'Najin, un des plus puissants assassins de la Ligue" répondit sèchement Laurel. "Arrête ça, Tatsu."
"Je dirai plus" fit doucement Tatsu sans cesser de nettoyer ses plaies et d'apaiser la douleur "un ex-assassin de la Ligue. Que s'est-il passé ?"
"Hm ?" demanda-t-il sans vraiment comprendre. "Ah… Barry avait raison… depuis le début. J'aurai dû l'écouter… j'aurai dû tous les écouter…"
Sa tête retomba contre la roche, la nuque douloureuse après avoir regardé en arrière, et il referma les yeux. Finalement une mort rapide aurait peut-être été préférable. Il hésita à se mordre la langue maintenant afin d'éviter une nouvelle session de torture quand Ra's en aurait fini avec la Team Arrow. Une légère claque sur la tête le tira hors de sa réflexion.
"Ne pense pas au suicide" reprocha Tatsu. "Tu es jeune. Le suicide est pour les faibles qui refusent de se battre plus longtemps."
Il ouvrit la bouche, la referma. Hermione était morte. Slade et Bella ne risquaient pas de venir le chercher dans les tréfonds de Nanda Parbat. Barry avait son pire ennemi sur le dos.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" demanda-t-il.
"De quoi tu te souviens en dernier ?" demanda Felicity, visiblement révulsée par le corps ravagé devant elle.
"De Londres… j'ai tué Voldemort. Il ne tuera plus jamais de licorne."
La voix était lasse, fatiguée.
"Après Ra's… a dit de me tuer. Slade et Bella l'ont intercepté et Hermione m'a transplané mais… un autre groupe d'assassin nous attendaient. Après… juste la douleur."
"C'était il y a trois semaines" informa Felicity. "A Londres… la Ligue a été mise en déroute. La femme – Bella, je suppose – était beaucoup trop puissante et elle a tué des dizaines d'entre eux. Slade a pratiquement tué Ra's mais une fois ici…"
"Le Puits de Lazare" marmonna-t-il et elle acquiesça pour confirmer. "Au moins ils sont vivants. Nyssa ? Ils l'ont tuée, n'est-ce pas ? Je l'ai entendue… refuser d'obéir et de me tuer…"
Un silence lourd lui répondit et cela le crispa. Si elle était juste morte, ils le lui auraient confirmé sans hésiter.
"Qu'est-ce qu'il s'est passé ?" demanda-t-il en se soulevant à nouveau, tournant la tête.
"Ra's a choisi un nouvel héritier" finit par répondre John Diggle "et elle doit l'épouser ce soir."
Un bruit étranglé lui répondit. Sa sœur ne voudrait jamais cela. Elle n'aimait pas les hommes, pour commencer. Elle était libre, ensuite, et choisirait elle-même sa conjointe. Sans réfléchir, il arqua tous ses muscles, s'arrachant à la paroi de roche, appelant sa magie du plus profond de ses tripes. Il ne laisserait pas Nyssa subir cela, subir pire que la mort. Le pouvoir se réveilla, ronronna, se répandit dans ses membres.
Un hurlement de douleur lui échappa alors que des chaînes dorées s'étendaient depuis celles de ses poignets, courant sur son corps, restreignant sa magie en brûlant atrocement sa peau. Pourtant il ne renonça pas. Aucun sceau magique ne tenait si trop de puissance ne s'accumulait derrière. Les chaînes dorées s'enfoncèrent dans sa peau, le plaquant contre le mur, brûlant de magie, et il se laissa retomber, hors d'haleine et couvert de sueur, avant de prendre une nouvelle inspiration.
"Stop !" cria Felicity en se jetant en avant, posant ses mains sur ses épaules. "Stop, tu vas te tuer !"
"M'en… fous…" articula-t-il en crispant à nouveau ses muscles.
"Stop !" répéta Felicity, se rapprochant de son oreille. "On a prévu de sortir. On t'emmènera."
"Quand ?" demanda-t-il dans une cruelle ironie. "Quand il sera trop tard pour elle ?"
Un violent coup de tonnerre retentit à l'extérieur et Felicity ferma les yeux.
"Maintenant" souffla-t-elle.
Comme pour confirmer ses paroles, une traînée rouge s'arrêta devant la porte de leur cellule.
"Hey !" fit la voix joyeuse de Barry. "J'espère que je ne suis pas trop en retard !"
"Juste à temps" souffla Felicity de soulagement alors que Al'Najin renonçait à essayer de briser de force ses liens.
"Eloignez-vous de la porte" demanda le speedster en posant ses mains à plat dessus.
Ses membres se mirent à vibrer de plus en plus vite, jusqu'à l'explosion de la porte blindée, et il entra. Son regard se posa sur l'homme enchaîné derrière Felicity et Tatsu et il hoqueta.
"Stan ?"
Il avait pourtant les yeux à nouveau fermés, haletant, et Barry se rapprocha. Tatsu s'éloigna obligeamment pour lui laisser la place et l'assassin rouvrit à demi les yeux.
"Par pitié, ne me dit pas je te l'avais bien dit" souffla-t-il.
"Ok" accepta Barry "je ne te le dirai pas."
Il se rapprocha encore et écarta les bras, posant ses mains sur les chaînes autour de ses poignets, des deux côtés. Ses doigts se mirent à en tapoter la surface, lentement puis de plus en plus vite.
"Ça va faire mal" prévint-il "mais je suppose que tu t'en fous."
"Si ça me libère…" répondit l'assassin d'un ton traînant alors que le métal vibrait de plus en plus.
Le métal commença à se tordre, puis se décomposa et une pluie de fragments tomba au sol. Sans appui, Al'Najin s'effondra aussitôt mais le Flash l'avait rattrapé, l'allongeant en douceur sur le sol. Sitôt le verrou magique tombé, ses plaies se mirent à fumer de rouge mais il interrompit le processus, agacé. Il n'avait déjà presque aucune magie, il n'allait pas l'injecter dans du soin. Leurs regards se croisèrent et ils restèrent silencieux un moment, jusqu'à ce que Stan ne serre gentiment son avant-bras.
"Hé" fit-il d'une voix pâteuse "si j'ai botté le cul du grand méchant plus fort que moi, y'a pas de raison que t'y arrives pas."
Un sourire triste lui répondit et Al'Najin toussa, avant de se redresser. Il allait assez bien pour se redresser et se releva lentement, appuyé sur le bras offert du speedster.
"Vous devriez partir" fit-il de sa voix rauque. "La Ligue des Assassins va être détruite cette nuit."
"Tu n'as pas de baguette" remarqua le Flash.
"On ne sortira pas sans armes" fit Tatsu au même moment, et il cilla aux deux phrases qui lui étaient parvenues simultanément.
Sa main droite se tendit devant lui, les doigts tremblants. L'épée de Serpentard lui avait été arrachée mais elle lui était liée, au plus profond de son être. Le fourreau invisible à sa taille frémit et, sans qu'il n'en ait conscience, un sifflement sortit de sa bouche. Un moment rien ne se passa, puis l'air devant lui frémit et il y eut un vif crépitement de lumière émeraude. L'arme se dessina dedans, flamboyant d'une lueur argentée, restant en suspension dans l'air.
"J'ai bien peur de n'avoir rien d'autre à te proposer" fit-il avec un amusement fatigué. "Je ne suis pas sûr du tout que tu puisses l'utiliser par contre, elle est très capricieuse."
Les yeux de la moldue était pourtant écarquillés en voyant l'épée à l'éclat surnaturel. Elle tendit la main et ses doigts caressèrent la garde, redessinant la tête du serpent, avant de se refermer sur la poignée. L'épée vint aussitôt et la lumière disparut petit à petit, lui laissant une arme bien solide au poing. Al'Najin cligna des yeux une première fois, puis une seconde. Une moldue venait de prendre l'épée de Serpentard. Oh, eh bien…
Sa main glissa à sa ceinture, ouvrant le ceinturon invisible. Le fourreau réapparut immédiatement et il le lui tendit solennellement.
"Si tu es digne de soulever l'épée de Salazar Serpentard, je te l'offre" énonça-t-il d'une voix parfaitement calme. "Puisses-tu t'en servir dans de meilleurs buts que les miens."
Leurs regards se croisèrent. Elle était japonaise et l'épée venait de là-bas, près de mille ans auparavant. La tradition était très forte dans ce pays. Tatsu prit le fourreau et s'inclina profondément devant lui, les mains jointes devant sa poitrine. Il n'y avait que peu d'occasions dans lesquelles un guerrier offrait son sabre à une inconnue.
"Je jure d'en prendre soin et d'honorer ta mémoire" remercia-t-elle en japonais, et il s'inclina à son tour, difficilement, sentant que c'était la chose à faire.
"Je sais que tu le feras, car tu es digne de cette lame" répondit-il dans la même langue, sans même savoir d'où il la parlait.
De l'épée, comprit-il. De l'épée qui voulait retourner sur la terre d'où elle venait et avait choisi une porteuse qui lui convenait, puissante, intelligente. Il ne se sentit pas mal d'être ainsi dépossédé. Il n'avait pas prévu de survivre bien longtemps.
"Mène-les hors d'ici" demanda-t-il, et Tatsu acquiesça. "Tous. Personne ne survivra dans ce bâtiment."
A nouveau, la japonaise hocha sa tête et claqua de la langue.
"Tout le monde hors d'ici ! Le temps est limité !"
Il y eut un mouvement surpris, mais ils s'exécutèrent néanmoins, partant dans les couloirs en courant. Seul le Fash resta derrière, regardant le sorcier épuisé.
"Stan" fit-il avec hésitation. "Promets-moi juste… que tu n'as pas l'intention de mourir."
"Pas maintenant" fit sincèrement le sorcier. "Mais… est-ce que tu pourrais faire quelque chose… pour moi ?"
Un lent hochement de tête lui répondit.
"Sors Nyssa et Queen du bâtiment" demanda Al'Najin. "Je vais le détruire."
"Sans mourir ?" demanda Barry d'un ton soupçonneux.
"Sans mourir" confirma l'assassin "mais personne ne sait comment je vais m'échapper. Ne le dis pas, s'il te plaît."
"Si tu me promets quelque chose en échange."
"Quoi ?"
"Viens me retrouver à Central City après."
Al'Najin hésita un moment, puis acquiesça sérieusement.
"Je serai magiquement épuisé après. Je mettrai quelques temps à faire le voyage, mais je viendrai, je te le jure."
Barry acquiesça et s'éloigna d'un pas, le laissant se tenir debout seul.
"Ils seront hors d'ici dans une minute, je te le promets."
Et il repartit dans une traînée rouge, fouillant le bâtiment jusqu'à trouver l'ensemble des assassins rassemblés dans une salle de cérémonie. Ses deux mains se refermèrent sur les bras de Nyssa et Oliver et il partit en courant, les entraînant avec lui, jusqu'à se retrouver à hauteur des autres où il les lâcha, puis il repartit. Il devait vraiment retourner à Central City. Les quelques minutes en compagnie de Stan risquaient de lui coûter cher quand il manquait déjà tellement de temps.
"Par l'enfer" jura Oliver Queen "qu'est-ce que Barry fout ?"
Nyssa arracha son voile avec un dégoût visible, le piétinant avant de repartir à grands pas vers Nanda Parbat, visiblement prête à en découdre. Laurel et Ray pourtant la rattrapèrent en même temps.
"Non !" fit le Canari. "N'y retourne pas !"
"Qu'est-ce qu'il se passe ?" rugit Arrow. "Barry vient de tout faire tomber à l'eau !"
"Au feu, plutôt" fit tristement Felicity.
Et, en effet, les ouvertures de la bâtisse commençaient à fumer. Une fumée noire, malsaine, et soudain une terrible détonation retentit. La montagne elle-même trembla violemment sur ses basses, puis le feu apparut dans leur champ de vision, s'échappant des ouvertures sculptées, rampant le long des parois de la montagne, rugissant férocement.
Il ne semblait pas être d'origine naturelle. On aurait davantage dit une ombre mouvante au dos couvert de flammes sombres, rampant et rugissant, détruisant tout ce qu'elle touchait. Nyssa hoqueta, s'immobilisant soudain.
"Stan" murmura-t-elle alors que ses yeux s'emplissaient de larmes. "Stan !"
Elle s'était jetée en avant et Laurel la retint.
"Non ! Tu vas te faire tuer, Nyssa !"
Le séisme s'amplifia. Des pans entiers de montagne s'effondrèrent alors que le Feudeymon, entièrement libéré, rongeait les tunnels creusés dans la roche, carbonisant toute vie qui y passait. Aucun bruit ne se faisait entendre en dehors du grondement des flammes. Les animaux avaient déserté les environs, galopant, rampant ou volant le plus loin possible. Une première statue se détacha de la façade sculptée et chuta au sol dans un fracas de tonnerre, puis tout s'effondra, noirci, racorni par le feu surnaturel.
Lorsque celui-ci mourut finalement, des heures plus tard, plus aucune vie ne se faisait sentir dans la vallée des assassins, sauf une : dans le ciel, croassant sinistrement, un unique corbeau tournoyait lentement, vérifiant que rien n'avait survécu.
Les STAR Labs étaient silencieux. Barry avait les bras croisés, un pli barrant son front. Il avait réussi à vaincre Harrison Wells, avec l'aide non négligeable de Arrow et Firestorm. Le Reverse Flash ne s'était visiblement pas attendu à la présence des deux autres héros et cela avait été la raison de sa défaite.
Et maintenant, il lui proposait de remonter dans le temps pour sauver sa mère en échange de son propre passage dans le vortex.
"Non" finit-il par dire avec calme, la tristesse l'envahissant.
Cisco avait fait les calculs et il le croyait. S'il créait effectivement ce vortex, il y avait une chance non-négligeable de conséquences secondaires. Plus précisément, il y avait une chance sur dix mille que cela ne provoque l'apparition d'un trou noir. Or ils ne savaient pas comment gérer une telle chose, les corps spatiaux étaient terriblement mal connus. C'étaient des gouffres de lumière et de matière et il ne pouvait pas prendre le risque de condamner la planète entière pour remonter dans le temps.
"Je savais que tu dirais ça" fit Cisco. "C'est pour ça que j'ai proposé de faire un bouclier autour de l'accélérateur. Rien ni personne ne pourra entrer et sortir, un pur bouclier d'énergie."
"Et si le trou noir avale toute l'énergie ?" demanda Barry, sceptique.
Il n'était pas non plus un débutant en science. Par définition, un trou noir absorbait tout ce qu'il trouvait.
"Ben le bouclier l'empêchera d'absorber, donc il ne pourra pas grossir, donc il ne pourra pas absorber."
"Il absorbera le bouclier" s'entêta Barry. "Non, Cisco. Ta méthode pourrait marcher mais le risque est trop élevé."
"Mais…"
Il y eut une série de sursauts. Un corbeau voletait dans la pièce et finit par se poser sur un bureau, étirant ses ailes avant de sautiller.
"Comment il est entré ?" demanda Caitlin, stupéfaite, avant de lui donner une petite tape. "Allez, zou ! Tu seras mieux dehors !"
Un croassement lui répondit et le corbeau sautilla un peu plus loin, se rapprochant d'un des claviers d'ordinateur. Il le regarda un moment, sa tête penchée sur le côté, ses yeux noirs brillant d'intelligence, puis un coup de patte fit bouger la souris, ouvrant un bloc-note, et il donna un premier coup de bec sur le clavier.
"Est-ce que je suis en train de voir un corbeau taper à l'ordinateur ?" demanda Joe, les yeux écarquillés.
"Et si…" commença Cisco, plissant les yeux aux lettres qui apparaissaient une par une en éliminant les fautes de frappe. "Et si… l'énergie était… instable et disparaissait… sitôt absorbée ?"
Barry comprit aussitôt et éclata de rire, tendant ses mains vers l'animal.
"Hey, Stan !" fit-il sur un ton enjoué. "Tu es définitivement plein de surprises !"
Le corbeau croassa mais Barry l'avait déjà attrapé.
"Très bonne question, hein" fit-il en frottant doucement sa tête. "Cisco, si le trou noir hypothétique était alimenté par de la magie, donc de l'énergie qui n'est pas permanente par définition, qu'est-ce que ça ferait ?"
"Euh… je suppose que il s'alimenterait, mais ne s'alimenterait pas" fit Cisco en clignant des yeux. "Donc il devrait s'effondrer sur lui-même… Est-ce que tu es en train de dire que ce corbeau est un assassin de la Ligue ?"
"Ex-assassin de la Ligue" corrigea Barry. "Celui qui a détruit la Ligue et stoppé un meurtrier fou au Royaume-Uni, les préservant d'une guerre civile terriblement meurtrière qui se serait étendue aux pays autour."
Un croassement sonore lui répondit et il rit à nouveau, caressant la tête du corbeau.
"Si, c'est ce que tu as fait. Je ne savais pas que tu pouvais te transformer en corbeau."
Le corbeau s'échappa de ses mains, agitant vigoureusement ses ailes, puis reprit forme humaine en retombant souplement au sol, avant de lever un index.
"Si vous avez des fringues c'est pas de refus."
Car l'ancien assassin était entièrement nu. Il n'avait plus de plaie ouverte ni de fracture, cependant, semblant en pleine forme. Caitlin rougit d'ailleurs vivement et s'éloigna rapidement, mais Barry avait été plus rapide, prenant une série de vêtements de rechange, et il se rhabilla tranquillement.
"Tu viens d'arriver du Pakistan ?" demanda Barry.
"Ouais. Me suis un peu perdu en route et j'étais trop fatigué pour reprendre forme humaine" acquiesça l'assassin.
"Tu te changes en corbeau à volonté ?" demanda Cisco, des étoiles plein les yeux. "Ce truc est trop cool !"
Un sourire amusé lui répondit. Stan paraissait beaucoup plus jeune qu'avant. Ses yeux étaient nettement plus brillants. S'y faisaient toujours voir des ombres, et Barry sut qu'il n'avait pas oublié les morts passés, mais il semblait cependant nettement mieux.
"Cisco, c'est ça ?" s'enquit Stan. "Qu'est-ce qu'il se passerait si ton bouclier était alimenté par une énergie comme de la magie ?"
"Hm… donc" fit prudemment Cisco "ta magie s'évapore une fois utilisée ?"
"Aucune magie n'est éternelle" expliqua Stan. "Quand tu modèles un sort, elle devient visible sous la forme d'un trait d'énergie mais, une fois l'effet atteint, se dissipe d'elle-même ou jusqu'à être dissipée par un contre-sort. Je n'ai plus de baguette, donc je ne peux pas lancer de sorts proprement dits, mais les boucliers n'en ont pas besoin. La magie est dans mon corps et je peux la projeter en dehors, incluant en créant un bouclier autour d'une zone. Par exemple…"
Il se mordit légèrement le pouce, faisant couler son sang, avant de lever une main. Un stylo qui traînait sur le bureau s'entoura d'une bulle argentée. Cisco la prit, tapotant dessus, avant de carrément la jeter contre le mur, mais la bulle ne vibra même pas.
"J'y injecte de la magie en permanence" expliqua Stan "parce qu'elle disparaît au fur et à mesure qu'elle maintient le bouclier. Si la pression dessus augmentait, je pourrai y injecter davantage de magie pour qu'il soit plus solide."
"Mais" fit Cisco en ramassant la sphère lumineuse "l'énergie se dissipe instantanément, c'est ça ?"
"C'est ça."
"Tu en as combien en réserve ?"
Stan cligna des yeux et Cisco tapota la balle.
"Ce truc-là. Tu pourrais l'alimenter combien de fois ?"
"Un aussi petit bouclier ? Des centaines de fois. Des milliers si j'y mettais toute ma magie."
"Donc un éventuel trou noir absorberait ta magie, mais n'absorberait rien en réalité" fit Cisco, un pli sur son front. "Ça pourrait marcher, en fait. Si je prends les classiques modèles d'astro-physique, un trou noir qui n'est pas alimenté au début de sa vie, par exemple quand une étoile massive s'effondre après avoir sauté en supernova, et qu'il n'y a rien dans son rayon d'attraction gravitationnelle, il s'effondre totalement et devient juste ultra-dense. Donc si on arrive à faire ça, étant donné qu'il sera beaucoup, beaucoup plus petit à sa naissance qu'un trou noir stellaire, il faudrait en énergie…"
Il était retourné à l'ordinateur en parlant, ouvrant plusieurs simulateurs avant de commencer les calculs en parlant à voix haute en même temps. Stan pourtant haussa des épaules lorsqu'il lui montra le chiffre.
"Navré, je n'ai aucune idée de la quantité d'énergie que ça représente. J'ai un peu négligé mon éducation scientifique ces dernières années."
"Je pense que tu peux" fit Barry sans quitter des yeux le chiffre. "C'est inférieur à ce qui est nécessaire pour faire fondre une montagne entière."
"Ah. Donc au pire je balance un Feudeymon dedans, c'est ça ?" vérifia Stan.
"C'est ça, si un… Feudeymon est bien ce qui a détruit Nanda Parbat."
Stan inspira profondément. Il préférerait ne pas en arriver là mais une goutte de son sang était un sacrifice qu'il voulait bien consentir à faire pour aider Barry.
"D'accord. Je peux le faire."
"Qui est-ce que tu veux sauver dans le passé ?" demanda tranquillement Barry.
Un lent sourire étira les lèvres de l'assassin.
"Ta mère est décédée à Halloween, n'est-ce pas ?" demanda-t-il d'une voix douce.
Barry cilla.
"Oui."
"N'est-ce pas ironique" fit tout doucement Al'Najin "que le même jour, au Royaume-Uni, Voldemort n'attaque une des rares familles qui s'opposait encore à lui… Il tuera le père, James Potter, puis la mère, Lily, qui tentait de protéger son bébé de un an… Puis il tentera de tuer le fils, mais Harry Potter lui renverra son sort de mort et il s'évaporera."
L'assassin ferma les yeux.
"L'enfant fut envoyé par un vil manipulateur dans sa dernière famille biologique, où il sera battu" fit-il avant de soulever lentement ses paupières, regardant Barry dans les yeux. "Quand il aura six ans, plein de rage, il sera trouvé par la Ligue des Assassins et les suivra, trop heureux d'échapper aux coups et humiliations. Ra's al'Ghul l'entraînera personnellement toute sa vie, jusqu'à le condamner à mort quand il aura rempli son office – tuer définitivement Voldemort."
Il resta un moment silencieux, puis termina.
"J'aurai aimé avoir une famille comme la tienne, Barry, et ne jamais être trouvé par la Ligue… ne jamais tuer personne. S'il y a une chance, même infime, que cela change… que tu puisses le changer… je veux essayer."
Un long silence régna à sa déclaration, puis Barry cilla.
"Est-ce que vous pouvez nous laisser une minute, s'il vous plaît ?" demanda-t-il lentement.
Des acquiescements lui répondirent et les autres sortirent, les laissant seuls. Un sourire difficile étira les lèvres du speedster et il se rapprocha, étreignant le sorcier.
"Je l'avais dit" murmura-t-il. "Tu n'es pas quelqu'un de mauvais, juste quelqu'un de très mal éduqué."
"Ouais" murmura Stan. "Très très mal éduqué."
"Je n'aurai même pas cinq minutes dans le passé" fit doucement Barry "mais je te jure que j'irai au Royaume-Uni te chercher. Est-ce qu'il y a autre chose ?"
"Ça n'est pas déjà assez ?" s'étrangla Stan.
"J'ai fait des recherches sur les sorciers" murmura le speedster. "Je sais qu'ils ne peuvent faire qu'un seul type de magie sans baguette. Ce qu'ils appellent les Arts Sombres. Ceux qui demandent des sacrifices. Je sais que tu ne sacrifieras pas quelqu'un d'autre. Ça ne laisse qu'une seule solution."
Un rire étranglé lui répondit.
"Tu es beaucoup trop intelligent. J'aurai… j'aurai aimé sauver Slade et Bella aussi mais…"
Barry réfléchit un moment.
"Je ne pourrai pas aller en Australie" trancha-t-il finalement à regrets. "Mais si tu veux que je donne un message à Bellatrix, dis-moi où elle se trouvait et je le lui donnerai. Je ne pourrai pas la forcer à l'écouter, je n'aurai pas le temps, mais je peux le lui donner."
Stan ouvrit la bouche, la referma.
"Tu le ferais ?" murmura-t-il.
"Oui" acquiesça simplement le speedster.
Lorsqu'ils descendirent au niveau de l'accélérateur, une demi-heure plus tard, les autres les attendaient. Le Flash avait remis sa tenue écarlate. Les autres gens quittèrent l'accélérateur, un par un, après leur avoir souhaité une bonne chance. Le sourire de Harrison Wells disparut en voyant le sorcier qui se tenait là, le dos droit, ses mains croisées dans le dos. Barry lui sourit néanmoins et ils s'étreignirent les épaules.
"Amuse-toi bien" finit par dire Stan avec un léger sourire.
Il était incroyablement calme, songea Barry à regrets, et pourtant il lui rendit son sourire. Dans l'intérieur de sa tunique, à l'abri des frictions, deux dictaphones et deux fioles de souvenirs se trouvaient. Stan resta immobile alors qu'il commençait à courir, de plus en plus vite. Ce ne fut que lorsqu'il eut atteint la vitesse requise que Cisco relâcha un atome d'hydrogène au beau milieu du passage.
La collision eut l'effet formidable souhaité et le vortex s'ouvrit. Barry fonça dedans sans hésiter. Il sentait la Speed Force comme jamais. Une partie de lui était incroyablement émerveillée mais il se ressaisit. Son temps était plus que limité. Les scènes défilaient dans son champ de vision, de temps, de lieux, de personnes qu'il ne connaissait pas. Soudain il vit le bon moment et jaillit devant sa maison de l'époque.
Il fonça en avant, rejoignant le salon. Le combat avec le Reverse Flash avait déjà commencé, comme il le remarqua en observant par l'entrebâillement de la porte. Il savait déjà qu'il était lui-même présent – une autre version, d'un futur plus lointain. Son regard croisa soudain celui de son double plus âgé, qui fit un lent non de la tête.
Sa bouche s'ouvrit, puis se referma, et il sentit les larmes lui monter aux yeux. Il avait senti depuis le début que c'était une mauvaise idée mais son futur lui devait avoir une excellente raison de le lui demander. Le cœur serré, il referma néanmoins la porte avec un léger bruit, puis subitement se reprit. Si lui ne pouvait pas sauver sa mère, cela ne voulait pas dire que tous étaient condamnés de la même façon.
D'un bond puissant, il s'éloigna, quittant la maison sans se retourner. Il courut plus vite qu'il ne l'avait jamais fait, traversant l'océan Atlantique en moins d'une minute, fonçant dans le petit village de Godric Hollow. Un éclair vert se fit voir quand il parvint dans la bonne maison et il crut être arrivé trop tard, mais rentra néanmoins sans prendre la peine d'ouvrir la porte, montant à l'étage après être passé devant l'homme décédé.
Il prit en une fraction de seconde la mesure de la situation et saisit la baguette levée de Voldemort, la brisant en deux avant d'attraper et d'arracher le rideau, enroulant et immobilisant le mage noir dedans. Puis, sans même ralentir, il saisit le bébé qui pleurait à la vision de sa mère immobile, son front dénué de toute cicatrice, et quitta les lieux.
Ce fut toujours à la même vitesse qu'il rejoignit le manoir Lestrange. Quatre personnes s'y trouvaient, complotant – deux hommes, visiblement frères, un autre plus jeune aux cheveux blonds de paille et une femme de petite taille, d'une très grande beauté. La traînée rouge immobilisa les trois hommes, puis assit de force Bellatrix dans un fauteuil.
"Je n'ai pas le temps de t'y forcer" annonça-t-il d'une voix déformée en s'immobilisant enfin, le bébé contre sa poitrine "mais je te conseille d'écouter ceci."
Il avait sorti un petit paquet de papier kraft et le posa sur la table. Au même moment, il avait posé le dictaphone et le lança, enfonçant la touche de lecture avant de rajouter une fiole emplie de souvenirs argentés à côté. La voix de Stan s'éleva alors qu'il repartait dans une rafale de vent. Il devait retourner jusqu'au vortex et il n'avait plus beaucoup de temps.
"Dis-moi, Bellatrix" interrogea la voix de Stan, tremblant légèrement "si tu pouvais dire quelque chose à la jeune Bellatrix, il y a quinze ans, pour la convaincre de voir tous les souvenirs que nous avons en commun, qu'est-ce que tu lui dirais ?"
Les yeux de la puissante sorcière s'écarquillèrent aux paroles. D'autant plus lorsque sa propre voix, plus vieille, plus lasse, s'éleva et se mit à parler. Stan n'avait pas su comment passer le message. Barry avait tout simplement téléphoné aux deux adultes, lui disant de poser la question et enregistrant la conversation. Ils ne pourraient pas faire mieux et Bellatrix pâlissait de plus en plus en entendant sa propre voix lui parler.
Barry pourtant était déjà reparti, retraversant l'océan. Il rejoignit la rue de Central City où sa jeune version était réapparue et se matérialisa devant lui, déposant le bébé hurlant dans ses bras.
"Tout le monde était mort" fit-il d'une voix douce. "Je n'ai pu le sauver que lui. Courage, Barry."
Il était à nouveau reparti et rejoignit le vortex qui se refermait. Ce fut à une vitesse à peine imaginable qu'il jaillit dans son époque et percuta par mégarde Harrison Wells qui s'apprêtait à franchir le passage.
Stan était levé, les bras largement écartés. Un flot de magie s'échappait de lui, entourant tout l'accélérateur d'un immense bouclier d'argent. Le vortex trembla, puis commença à s'effondrer sur lui-même.
"Le vortex, Stan !" cria la voix de Cisco dans le haut-paleur. "Empêche le vortex de s'alimenter !"
Le sorcier y redirigea immédiatement toute sa magie. Le bouclier convergea autour du vortex. Le flamboiement argenté s'intensifia, puis le vortex se tassa, s'effondra, et disparut. Stan retomba souplement sur le sol et croisa le regard de Barry, qui lui sourit.
"C'est fait" confirma-t-il. "Bébé Harry a changé de continent avant d'être frappé et Bella écoute son enregistrement."
Un lent sourire de reconnaissance apparut sur les lèvres du sorcier.
"Et toi ?"
Barry secoua la tête.
"Peut-être que j'avais la meilleure famille que je pouvais avoir" fit-il doucement.
Une explosion se fit entendre, et une injure jurée de Cisco.
"Barry ! Barry, il y a une autre singularité qui est apparue !" cria Caitlin.
"Où ?"
"Dans le ciel !"
Barry saisit son bras et courut à l'extérieur, sur le toit des Star Labs. Leurs yeux s'écarquillèrent en même temps au trou noir qui gravitait, subitement apparu, et qui grossissait déjà lentement. Les toits des immeubles commençaient à frémir et à s'arracher. Barry voulut avancer mais la main de Stan se posa sur son bras.
"Ta vitesse ne fera rien pour ça."
"On n'en sait rien" répondit vivement le speedster. "Je peux empêcher les débris de rentrer dedans, ça fera toujours ça de masse en moins qu'il absorbera !"
Stan resta silencieux, puis lentement acquiesça.
"C'est vrai."
Leurs yeux se croisèrent et Barry sut ce qu'il allait faire. Il l'étreignit sans réfléchir.
"Au revoir, Barry" murmura l'assassin. "Tu es le meilleur homme que j'ai connu."
"Avec Hermione."
"Avec Hermione" confirma Stan.
Barry se recula, les yeux humides, puis lui tendit une main.
"Amis ?" proposa-t-il.
Une lueur s'alluma dans les yeux de l'adolescent. Il avait l'air hésitant, touché, mais finalement tendit sa main, serrant doucement celle du speedster.
"Amis" confirma-t-il d'une voix légèrement rauque.
"Au revoir, Stan" murmura Barry, puis il se remit à courir, bondissant sur les débris échappés.
Il sautait de débris en débris, courant. Le vent qu'il créait renvoyait les débris vers le sol, les empêchant d'être engloutis. Il savait que le trou noir absorbait tout de même de la matière, mais moins cependant. Un corbeau dépassa la barrière vivante qu'il formait, puis reprit forme humaine. L'adolescent sourit une dernière fois, puis ferma les yeux en écartant les bras, commençant à incanter.
Il reconnut certaines des paroles dans le latin. Il reconnut les mentions à ses amis, puis il reconnut un passage du serment de la Ligue des Assassins. Vie et meurt pour l'innocent. Pour lui, pour mes amis, aujourd'hui je fais don de ma vie. Protège-les, magie toute puissante.
Et une immense gerbe de lumière blanche jaillit de son corps. Lentement l'attraction gravitationnelle se ralentit alors que le trou noir absorbait la magie sans aucune masse. Les plus gros déchets retombèrent en premier et il sprinta vers le sol, les déviant pour qu'ils n'écrasent personne, écartant une personne trop stupéfaite qui allait en mourir. Les bords de l'anomalie frémirent, tremblotèrent, puis commencèrent lentement à se refermer, noyés de cette fantastique lumière pure.
L'éclat lumineux ne mourut que lorsque le ciel fut à nouveau dégagé, lorsque plus aucune erreur ne se fit sentir dans la gravitation. Les yeux de Barry repérèrent le petit point noir qui tombait et il n'hésita pas malgré sa fatigue, s'élançant une dernière fois pour rattraper le corps de l'adolescent.
Stan paraissait étrangement serein. Ses yeux étaient clos, un léger sourire apaisé se faisait voir sur ses lèvres. Barry l'allongea délicatement dans l'herbe, la gorge nouée, s'agenouillant à ses côtés. Il ne bougea pas quand les autres le rejoignirent et ce ne fut que quand Joe posa une main sur son épaule qu'il laissa ses larmes couler.
