8.
- J'aurais aimé dire que j'aime, mais là ça me gonfle d'être un Dragonneau en langes ! Pourquoi je ne grandis pas ? J'ai passé mon jeune âge à mettre des couches à mes enfants… Le tout dernier, je ne l'attendais pas, mais il est si cher à mes cœurs !
- Ton âme est ici, Alie, murmura doucement Denver. Rien à voir avec ton âge réel, ou celui de tes passés ou à venir. Tu es là en tant que jeune Dragon, bien que tu sois si Humain !
Le Dragonneau en langes s'agita, se mettant sur son séant comme à son habitude.
- Pourquoi j'ai trop souvent l'impression qu'on me reproche mes cœurs, alors que j'ai donné le mien à une seule femme ? Dois-je être pénalisé pour être « si Humain » comme tu dis. Et que je perds mon humanité à mesure des combats, car je dois m'endurcir, et je ne peux plus être humain… Le Chant, il est si beau !
Denver frotta son museau contre la joue du jeune homme.
- Il est magnifique, intemporel, et si tu n'étais si proche de nous avec tes cœurs, tu ne l'entendrais pas !
Alérian battit des paupières.
- Je suis des vôtres ? Ou ma vie s'éteint ?
- Les deux, soupira Denver.
Alérian soupira, reprenant de l'air, mais peinant à retrouver de l'oxygène.
- Je ne dors pas, ou pas tout à fait. Que m'est-il arrivé pour que je me retrouve dans ce rêve… ?
Denver versa quelques larmes.
- On t'a tiré dessus, Alie.
- Je ne me souviens de rien…
- Tu es retourné à l'Observatoire. Tu reprenais les derniers fichiers
- Je ne sais pas…
Alérian hurla, son ventre de Dragonneau s'ouvrant en pissant le sang, avant qu'il ne s'écroule.
Revenu à l'Observatoire, pour finaliser sa présence, Alérian téléchargea les nouveaux fichiers.
- Bien, je repars.
- Non, vous n'irez nulle part !
Alérian se retourna vers la Directrice à l'apparence de grenouille.
- Hein ?
Mais avant d'avoir compris quelque chose, la Directrice lui avait tiré dessus à bout portant, le touchant en plein ventre.
De loin, Warius s'était tenu au plus proche qu'il le pouvait de son ami balafré.
- Tu es avec le petit ?
- Oui, Warius. Tous tes passe-droits m'ont permis d'arriver. Alérian est toujours aux soins intensifs. Mais il est hors de danger !
- Pourquoi ?
- Cette Directrice s'est suicidée avant d'avoir pu être arrêtée. La piste s'arrête là.
Albator passa la langue sur ses lèvres bien trop sèches.
- On ne saura jamais, pour mon garçon.
- Je le crains. Cette Directrice, mandatée, sans nul doute – Socrates ou de simples adversaires Surnaturels. Je ne peux rien dire, l'enquête est en cours, mon ami. Alie va bien !
- Mon fils a perdu presque tout son sang, il peut à peine ouvrir les yeux. Rien ne va ! Je vais le protéger, mais je crains de ne pas être à la hauteur…
- Je serai bientôt là !
- Warius ?
- J'ai pris le Karyu dès que j'ai appris pour le tir. Je serai là dans deux jours ! Et ne proteste pas, vieil acariâtre et prudent !
- Je ne peux te passer de ton aide, avec mon fils à demi mort !
Albator se racla la gorge, sans mot, et Warius se garda d'ajouter une parole.
- J'ai soif…
Beebop glissa la paille entre les lèvres de son ami.
- Merci, c'est mieux. J'ai mal ! Machinar ?
- Je vais augmenter la morphine. Tu te sens mieux, Amiral ?
- Je ne sais même pas ce qui m'est arrivé… J'ai encore fait du mal à quelqu'un ?…
Alérian hurla, les mains par réflexe sur son ventre.
- J'ai tellement mal ! Pourquoi le Chant ne m'apaise pas ?
- Le Chant ? interrogea le Doc Mécanoïde.
- Denver, Zunia, ne m'abandonnez pas ! murmura Alérian avant de s'évanouir, les capteurs plongeant dans le rougir et bippant à tout va !
Denver avança le museau pour un baiser/nez avec son ami Humain.
- J'ai mal… Ou, non, je n'ai plus mal… Aide-moi, Denver !
Et le Dragon de Poche s'allongea auprès de son ami Humain qui continuait à se vider de son sang.
