10.
- Tu rendrais mes vieux jours moins pénibles, Alie, si tu arrêtais de mourir à répétition !
- La Directrice était manipulée par les Socrates, il n'y a pas d'autre explication à son soudain coup de folie ! Ils ont voulu se débarrasser de moi avant la première rencontre – tout comme les Juges !
- Ca ne finira donc jamais ? soupira Albator.
- Même pas avec le dernier jour véritable de ma vie. C'est la charge de tous les balafrés, depuis des générations, et pour toujours !
- Oh, Alérian…
Thyr, le Grand Socrate, glissa les mains sous les amples plis de manche de sa toge.
- Mais que faut-il donc faire pour que ce sale gosse crève ? ! Bien de nos alliés l'ont tenté par le passé. Nous avions pourtant eu une bonne occasion. Mais les Dragons ont encore contrecarré les plans… C'est eux qu'il faut en réalité éliminer !
Et la trentaine de Socrates présents applaudirent.
Alérian rabaissa son fin pull noir à col roulé, tendant la main vers sa veste bleu pétrole d'Amiral, uniforme réalisé selon les nouveaux codes de la Flotte de l'Union Indépendante, se conformant ainsi aux directives de l'Alliance Galactique en vue d'unifier toutes les Flottes.
- Machinar ?
- Le pouvoir réuni de tes Dragons possède un formidable pouvoir de guérison ! Tu n'as même pas une cicatrice sur tes abdominaux !
- Ca a été très juste, cette fois.
- Quoi, pire que d'habitude ?
- Oui, avoua Alérian en bouclant sa ceinture. Denver seul ne pouvait me sauver… Cela n'était jamais arrivé auparavant ! Et le Phoenix que je suis ne peut pas s'auto-guérir !
- Qu'importe le moyen : tu es de retour et en bonne santé ! Les Torsbim vont être infiniment soulagés !
- Si seulement j'avais pu deviner… Je me suis fait avoir comme un bleu ! Je serai plus prudent, la prochaine fois !
- D'ici là, tâche de ne plus mourir trop souvent !
- Mais vous vous êtes tous donné le mot ou quoi ? !
Le jeune homme à la crinière immaculée soupira.
- Mais vous êtes tous tellement dans le vrai ! Et l'avenir s'annonce tout sauf radieux…
Alérian tressaillit violemment, se pliant en deux de douleur.
- Alie ? s'inquiéta le Doc Mécanoïde. Tu ne peux souffrir, je t'ai examiné, tu es guéri !
- Ce n'est pas moi, c'est le Sanctuaire de Zunia et de Wakrist : il vient d'être détruit ! J'ai perdu mes amis ! Oh non, par les Dieux !
Et les larmes inondèrent les joues du jeune homme.
Phop et Rhikel Torsbim avaient ouvert des yeux ronds à la vue de leur Amiral venant prendre son service sur la Passerelle du Firestarter.
- Mais vous devriez être mort !
- Merci pour la confiance. Je suis le pire trompe-la-mort qui soit, et j'espère que ça durera encore longtemps !
- Vous avez des pouvoirs, ou quoi ? Personne ne se rétablit d'une telle blessure !
- On vous a dit que j'avais des amis bien placés. Et cela n'a jamais été pour mon avancement ! Et je reprends les rênes. Merci d'avoir assuré pour les trois jours écoulés !
- A vos ordres !
Souriant, confiant en ses Second et Officier Scientifique, Alérian se détendit, même si ses cœurs saignaient comme jamais !
Le repas en compagnie d'Albator et de Warius avait été sombre au possible, même si les deux vieux amis étaient heureux au possible du retour du jeune homme !
- Tu as pu t'entretenir avec Denver ? interrogea son père.
- Non, il ne réagit pas à mes appels… Je redoute le pire pour lui aussi ! Les Socrates s'en sont pris à mes amis les plus chers, mes amis Surnaturels !
- Nous n'étions pas offensés, assura Warius. Nous sommes désolés !
- C'est ainsi, murmura Alérian en laissant refroidir les pâtes dans l'assiette creuse devant lui. Et sans mes Grands Dragons, ou de Poche, je ne sais pas comment je vais m'en sortir. J'ai passé trop d'années à compter sur eux… Il va falloir que je me débrouille seul !
- Je suis là, fit Itha la Déesse Dorée en apparaissant.
- Ah non, n'importe qui sauf toi ! aboya Alérian, furieux !
