13.

Allant de surprise en surprise, et aucune n'avait été bonne, le Second et l'Officier Scientifique du Firestarter avaient vu leur Amiral prendre son service, non en uniforme mais portant ses propres couleurs : noir, rouge et or, le symbole Pirate frappant le haut des manches de sa longue veste.

- Et c'est quoi cet étrange pistolet ? fit Phop Torsbim.

- Mais un cosmogun bien sûr ! L'arme de poing la plus puissante des univers. Elle est juste là pour me rassurer car les Entogés ne la redoutent certainement pas.

- Des Entogés, c'est une force militaire ? s'enquit Rhikel Torsbim l'Officier Scientifique. Jamais entendu parler, Amiral, mais je peux faire des recherches !

Alérian se mordit les lèvres.

- Je ne sais pas qui ils sont, mais vous ne les trouverez dans aucune base de données de l'Alliance Galactique, OS. Contentez-vous de suivre le mouvement.

- Nous ne sommes plus sur notre Route de Mission, reprit Phop.

- Nous la reprendrons d'ici quelques temps.

- Combien de temps ?

- Aucune idée.

- Je dois en référer aux Etats-Majors, celui de la République Indépendante et celui de l'Alliance Galactique, résista Phop Torsbim.

- Misère, vous êtes pire qu'un vieil hibou soumis depuis toujours à son fichu Règlement !

- J'ai entendu, remarqua Warius dans l'oreillette d'Alérian.

- Ca me détend. Désolé que ce soit une énième fois à tes dépens.

- Du moment que ce ne sont pas aux miens, ajouta Albator dans l'oreillette.

- Tu as ton numéro dans la file de mes délires d'avant combat, patiente, vieux Pirate !

- A ton service pour affûter tes griffes, conclut Albator, son fils devinant le léger sourire étirant les lèvres du capitaine de l'Arcadia en dépit de la tension des instants présents et à venir.

Alérian appuya sur un bouton pour faire sortir la barre de son Destroyer de son logement et s'en saisit.

- Je finis notre vol en manuel. Etat d'Alerte 5 !

- Mais je ne détecte aucun ennemi en approche ! se récria le Préposé aux Radars.

- Moi je perçois les adversaires, ce sont eux qui m'attirent.

- Mais que veulent-ils ?

- Soit me détruire avant que je ne sois face à eux. Soit me pomper mon énergie. C'est toujours la même histoire !

- Hein ? firent Phop et Rhikel Torsbim. Sans vouloir vous manquer de respect, vous êtes vraiment bizarre, Amiral !

- Et c'est peu de le dire ! ricana le jeune homme à la chevelure immaculée. Je vous laisse la Passerelle, Lieutenant Phop Torsbim. Je reviens dans quelques minutes.


De profil, le ventre d'Itha paraissait énorme, sur le point d'exploser.

- Au vu des photos et vidéos que j'ai pu voir par la suite, même enceinte des jumelles, Danéïre n'a jamais été aussi énorme !

- Les Jardins et Vergers de la Planète Idéale regorgent de produits succulents. Je peux m'en gaver, aucune de mes Suivantes n'aurait l'audace de me faire la moindre remarque ! Tu es d'une impertinence ! Tu as eu beau être mon Amiral, je suis désormais une Déesse.

- Et moi une Instance Surnaturelle !

- Tiens, on dirait que je n'ai pas encore exploré du labyrinthe de la mémoire de Lumiane. Mais j'ai tout mon temps comme tu l'as relevé l'autre jour.

Itha finit de se tourner vers son visiteur.

- Tu as mis du temps à venir, Alérian.

- Je suis têtu et rancunier !

- Mais tu as aussi plein de bon sens et l'amour dans tes cœurs est immense ! Je ne suis là que pour te prêter mon assistance, pacifique. Ta venue prouve que tu l'acceptes. Je suis à ta disposition, Cœurs de Dragons.

Le jeune homme se dirigea vers le fauteuil le plus proche et s'y assit.

- Je ne suis pas le dernier des Dragons, mais ceux qui m'avaient donné l'un de leurs cœurs ne sont plus. Ils ont payé notre amitié au prix fort. Je ne veux pas que d'autres subissent un sort identique, même pas toi ! Maintenant, je dois te laisser, j'ai une autre visite à rendre ! Doc Machinar doit me donner le moyen de gagner face aux Entogés !

- Aie le courage d'aller au bout de ton projet, Alie. Mon cœur à moi est avec les tiens.


Albator et Warius s'étaient partagé une bouteille de red bourbon.

- Une idée du plan insensé de ton rejeton ? interrogea ce dernier.

- Je préfère ne pas me creuser la cervelle. Cela sera bien assez douloureux quand il le mettra en application et que je le découvrirai ! Nous avons promis d'être à ses côtés, à notre façon. Nous ne pouvons interférer ou tenter de le stopper si nous devinions ses intentions. D'accord, Warius ?

- A tes ordres !

Et les verres des deux amis s'entrechoquèrent.