Désolée, je suis en retard cette semaine...

Merci à Lilinn, NanaEllie, Sunday91, Idril Malwasul, Lenaa chan, Pisces-Arkady, Axire, Ragdollprincess et Aliena Wyvern pour leur ajouts en favoris/suivi ou leur review.

Espérant que ça continue à vous plaire...


Lorsqu'elle se réveilla, la première chose qu'elle remarqua fut combien son matelas était dur et inconfortable. Puis les souvenirs déferlèrent dans sa mémoire. La bête, la fuite, les nains… Elle ouvrit un œil et le referma aussi sec en gémissant légèrement. Elle avait malgré tout espérer que ce ne soit qu'un rêve.

Elle releva la tête. Les autres dormaient encore. Le jour n'était pas encore levé et elle repoussa la couverture qui la couvrait et remercia intérieurement Bofur (qui d'autre aurait pu avoir cette gentille attention). Elle essaya de se lever sans bruit, mais ne put retenir un léger couinement de douleur. Elle avait mal partout et l'impression d'être passée sous un bus. Elle s'efforça de bouger doucement pour réchauffer ses muscles endoloris et commença à s'éloigner pour soulager une envie pressante.

Elle sursauta violemment lorsqu'elle entendit une voix revêche lui dire :

-« Ne vous éloignez pas ».

Elle tourna les yeux vers celui qui venait de parler et vit Dwalin, assis un peu à l'écart en train d'aiguiser consciencieusement ses haches. Elle dégluti nerveusement et s'approcha de lui. Si ils devaient voyager quelques temps ensemble, elle se dit que ça serait bien d'enterrer la hache de guerre… En fait, elle aurait préféré enterrer les siennes de haches, parce que là, il lui foutait les jetons.

-« Je suis désolée de vous avoir mordu » dit-elle d'un air contrit.

Il la regarda un instant d'un air suspicieux puis pinça les lèvres et lui dit :

-« Bah, ce n'est qu'une égratignure, j'en ai vu d'autre… mais c'était courageux. »

Elle ricana :

-« C'était parfaitement stupide ouai. Mordre quelqu'un qui pourrait me briser la nuque avec le petit doigt n'est pas des plus intelligent. »

Il la regarda comme si elle venait de lui faire le compliment du siècle et lui sourit de toutes ses dents. La vache ! En fait, il faisait encore plus peur quand il souriait.

Elle pris courageusement la fuite en direction des broussailles.

-« Ne vous éloignez pas » répéta-t-il, mais d'un ton qui lui sembla légèrement moins sévère.

-« Je ne vais pas loin » répondit-elle « mais j'ai besoin d'un peu d'intimité… »

Il grogna une réponse qu'elle ne compris pas, et elle s'éloigna pour trouver un coin tranquille.

Lorsqu'elle revint, peu après, l'horizon commençait à se teinter de rose. Elle vit le tas de bois dans un coin et ranima le feu avant de ranger soigneusement la couverture.

Elle parcourut l'assemblée des yeux. Thorin était assis contre un rocher et semblait dormir, mais elle était sure qu'il ne dormait que d'un œil.

Elle profita de ce moment de calme pour faire le point de la situation. Elle ne pouvait plus s'accrocher à la théorie d'un jeu de rôle. Personne ne pouvait changer la position de la lune et des étoiles. Alors quoi ? Elle ne croyait pas vraiment à une hallucination ou un rêve. Les douleurs qu'elle ressentait ce matin là étaient beaucoup trop réelles. Elle se vit obligée de commencer à envisager qu'elle pouvait bien avoir été envoyé dans les Terre du Milieu, mais pourquoi ? Par qui ? Et surtout, comment faire pour rentrer chez elle ? Elle soupira.

Les autres commencèrent à se réveiller. Lorsque Bofur vint lui souhaiter le bonjour elle le remercia pour la couverture, mais il lui dit qu'il n'y était pour rien. Elle se demanda qui avait bien pu la couvrir mais ne put le deviner.

Lorsque tout le monde fut levé et restauré, Thorin pris la parole pour leur expliquer que, d'après Gandalf, il était indispensable qu'elle les accompagne.

Elle ne put se retenir de ricaner en disant :

-« Ouai, c'est sûr, une épicière c'est pile poil ce qui manquait à cette compagnie… »

Sa déclaration déclencha des réactions variées : Kili et Bofur éclatèrent de rire, Bilbo s'éloigna en marmonnant quelque chose qui ressemblait à « pouvez pas me foutre la paix avec cette histoire… », Thorin la regarda en fronçant les sourcils, comme s'il la soupçonnait de se foutre de lui et Gandalf la regarda d'un air amusé.

Elle ne compris pas leur réactions, et pourtant, quelque part au fond d'elle, elle savait qu'elle aurait dû comprendre.

-« Quoi, c'est mon boulot. Je suis épicière, y'a pas de sous métiers… » Dit-elle avec humeur.

Thorin repris la parole et demanda à Balin de lui donner un contrat. Un contrat ? Ils trimballaient des contrats vierges avec eux ? Elle n'était pas très chaude pour signer quoi que ce soit, mais compris au regard que lui lança Thorin qu'il était plus prudent pour sa santé de ne pas trop la ramener.

Elle écouta vaguement Balin lui expliquer que c'était un contrat classique précisant le temps requis, la rémunération, la prise en charge des obsèques (Hein ?).

Elle pris le document et commença à le lire, même si elle s'en foutait un peu. Après tout, elle n'avait pas trop le choix si elle ne voulait pas se retrouver toute seule au milieu de nulle part. Lorsqu'elle arriva à la liste des blessures diverses et variées dont la compagnie ne pourrait pas être tenue pour responsable, elle se senti verdir légèrement, est-ce qu'ils était obligés d'être aussi descriptif ? C'était le contrat de travail le plus space qu'elle ait jamais eu l'occasion de voir, mais au moins, elle savait à quoi s'attendre.

Lorsqu'elle arriva au bout de l'interminable parchemin et qu'elle vit en quelle qualité elle devait le signer, elle resta muette de stupeur un instant avant d'éclater de rire.

« Porte-bonheur » voilà qu'elle était réduite au rôle de trèfle à quatre feuilles, ou de patte de lapin. Elle se demanda un instant si elle ne devrait pas les prévenir qu'en se moment elle était plutôt « chat noir ». Balin lui tendit sa plume et elle signa le document en haussant les épaules. « Bienvenue, Ofélia, dans la compagnie de Thorin Ecudechêne ».

Elle n'aima pas du tout le regard que Thorin lui jetas.

Après ça, ils se préparèrent à se mettre en route. Lorsqu'elle arriva devant Bali, elle chercha des yeux quelque chose qui puisse lui servir de marche pied, mais ne trouva rien.

Posant les deux mains sur le garrot du cheval et se souleva pour se retrouver en sac à patate sur son dos avant de hisser sa jambe sur la croupe du cheval et de la faire glisser de l'autre coté. Ce n'était pas élégant comme façon de monter, mais c'était efficace.

Ils prirent la route. Thorin et Gandalf devant, et elle en queue de file.

Elle les observait à la lueur de ce qu'elle avait compris cette nuit là. Elle avait vraiment été transportée dans les Terres du Milieu. Elle essaya de se rappeler ce qu'elle savait d'eux, mais se rendit compte qu'elle ne se souvenait pas. Tout ce dont elle se souvenait c'est qu'un auteur du nom de Tolkien avait écrit leur histoire et qu'elle l'avait lu. Elle se souvenait aussi que les descriptions qu'il avait faite de la compagnie était assez fidèle à ce qu'elle avait sous les yeux, comme si il avait connu ces terres lui aussi.

Minute ! Et si c'était ça ? Et si Tolkien avait lui aussi visité la Terre du milieu et qu'il avait trouvé un moyen de rentrer pour écrire les histoires qu'il avait apprises pendant son séjour ? Alors, ça voulait dire que c'était possible. Ça voulait dire qu'elle pourrait peut-être trouver un moyen de rentrer elle aussi.

Elle se raccrocha à cet espoir. Mais, en attendant, il allait bien falloir qu'elle s'adapte si elle voulait survivre assez longtemps pour le trouver ce moyen. Elle se trouvait fort démunie par rapport à eux, sans bagage et sans armes. Même si elle n'aurait probablement pas trop su quoi en faire, elle aurait bien aimé en avoir une pour se rassurer.

Le soir venu ils s'arrêtèrent sur un petit promontoire au pied d'un rocher qui avançait légèrement au dessus de leurs têtes.

Elle alla chercher du bois et regarda Gloïn et Oïn qui allumait le feu. Elle qui, avec trois cagettes, un litre d'alcool à brûler et une boite entière d'allumette, n'arrivait pas toujours à allumer son poêle, était admirative de leur capacité à en faire prendre un avec du bois humide et un briquet à pierre… Ensuite, elle aida Bofur à distribuer les assiettes. Ils dînèrent autour d'un petit feu camp. Lorsqu'ils eurent fini, elle fit la vaisselle et la rangea.

Thorin, assis un peu à l'écart l'observait. Il devait bien reconnaître que rien que sa tenue laissait penser qu'elle n'était pas d'ici. Il n'avait jamais vu une femme habillée de façon aussi provocante, pourtant son attitude n'avait rien d'équivoque. Mais ce qui la faisait sortir du lot de ses semblables s'était surtout son attitude. Contrairement à la majorité des femmes de ces terres, elle ne semblait pas perturbée outre mesure d'être entourée par 15 hommes. Elle avait l'air à l'aise avec eux, bien qu'elle ne les connaisse que depuis la veille.

Gandalf s'approcha de lui et dit :

-« Finalement, elle ne sera peut être pas tant un charge que ce que vous pensiez. Elle est à l'aise à cheval, elle fait sa part de corvées sans qu'on ait besoin de lui en faire la demande. Je ne pense pas qu'elle nous retarde, ni qu'elle ne crée des problèmes, elle à l'air d'avoir un caractère plutôt facile »

« C'est bien ce qui m'inquiète, dis Thorin, les terres sauvages ne sont pas faites pour les douces jeunes femmes ».

Gandalf regarda Thorin avec une lueur moqueuse au fond des yeux.

-« Je vous rappelle que la douce jeune femme n'a pas hésité à mordre Dwalin jusqu'au sang. Je pense qu'elle peut être combative en cas de besoin. Et qu'elle pourrait bien vous surprendre. »

-« Hmpf » répondit Thorin en pinçant les lèvres.

Elle avait achevé de ranger la vaisselle, s'était approchée du bord de la falaise et regardait le paysage.

Thorin se leva et s'approcha d'elle. Elle tourna les yeux vers lui.

- « Savez vous vous battre ? De qu'elle arme vous servez vous, la hache ou l'épée ?

Un peu interloquée, elle répondit

- « Non. Ni l'une, ni l'autre, mais je suis très douée pour prendre la fuite. »

Il la regarda d'un air vaguement dégoûté. Soudain, il tenta de la frapper.

Instinctivement, elle esquiva le coup.

- « Qu'est ce qui vous prend ? Qu'est ce que j'ai fait ?

Il lui sourit et tourna les talons sans répondre, la laissant plantée là.

Ce mec était peut être un prince se dit elle, mais il était loin d'être charmant, enfin dans ses manières, parce qu'il était quand même très beau. En même temps, vu l'environnement où elle se trouvait, elle se dit qu'elle préférait un rustre qui sache se servir d'une arme en cas de besoin.

Elle retourna auprès du feu. La plupart des nains dormaient déjà. A quelque distance, Gloïn ronflait, avalant et recrachant une nuée de papillons de nuits. Ça la fit rire.

Elle s'enveloppa dans la couverture et se coucha en chien de fusil, tournée vers le feu de camp, la tête posée sur le bras.

La couverture était lourde et agréablement chaude. Elle jeta un dernier regard autour d'elle. Kili et Fili discutaient et riaient doucement de l'autre coté du feu. Thorin avait repris sa place contre le rocher non loin d'elle, il avait la tête rejetée en arrière et les yeux clos, elle en profita pour l'examiner un peu. Même endormis, il se dégageait de lui une impression de puissance impressionnante. Elle se dit que de toute sa vie, elle n'avait jamais vu un homme aussi beau en chair et en os.

Elle s'assoupit rapidement.

Elle fut réveillée en sursaut par un cri strident. Elle entendit le Hobbit demander ce que c'était et se leva, inquiète. Kili répondit que s'étaient des orcs. Elle pensa vaguement à « sauver Willy », mais se douta qu'il ne s'agissait pas de ce genre d'orque. Elle se dit qu'elle n'avait aucune envie de savoir ce qu'était un orc.

-« … attaquent au petit jour, quand tout le monde dort et des mares de sang » entendit-elle Kili dire, puis il pouffa en se retournant vers son frère.

Elle lui aurait bien mis une claque ou deux… Et elle n'était pas la seule à y avoir penser.

-« Vous trouvez ça drôle ? » Gronda la voix sévère de Thorin, « Vous pensez qu'une attaque d'orcs est une plaisanterie ? » Il s'était levé et lorsqu'il passa devant Ofélia, elle vit briller une colère froide au fond de ses yeux. Elle se dit que si elle avait été dirigée contre elle, elle se serait liquéfiée sur place.

Kili baissa la tête, confus, et dit

-« On pensait pas à mal »

- « Non, vous ne pensiez pas, vous ignorez tout du monde ! » répondis Thorin avec colère, en se dirigeant vers la falaise.

- « Tant fais pas, mon gars », dis gentiment Balin à Kili, « Thorin a plus de raison qu'un autre de détester les orcs »

Il raconta alors qu'après la chute d'Erébor, les nains avait voulu reconquérir leur ancien royaume, la Moria, mais qu'elle était infestée d'orcs. Il raconta comment, lors de la bataille pour tenter de la reconquérir, un orc pale du nom d'Azog le profanateur, qui avait juré d'exterminer la lignée de Durin, avait décapité le vieux roi Thror et balancé sa tête à Thorin. Comment le père de Thorin était devenu fou à cette vision et avait disparu. Comment Thorin avait affronté l'orc pale qui lui avait arraché son bouclier et son épée et comment, se protégeant avec une branche de chêne, il avait réussi à couper une main à Azog avec une épée ramassée au sol. Puis comment rassemblant les troupes ils avaient réussi à repousser les orcs. Balin dit que c'était là que Thorin avait gagné son nom d' « écu de chêne ».

Elle s'était assise pour écouter l'histoire, le Hobbit était également assis à coté d'elle. Elle jeta un coup d'œil vers la falaise. Thorin se tenait debout dans la lueur de la lune. Elle le regardait toujours lorsqu'elle entendit Balin dire :

-« Ce jour là, je me suis dit « il y en a un que je pourrais suivre, il y en a un que je pourrai appeler roi ».

Elle vit Thorin se retourner, remercier Balin d'un mouvement de paupières, et entendit Bilbo demander :

- « L'orc pale, qu'est-il advenu de lui ? »

- « Il a regagné furtivement le trou d'où il était sortit. Cet être infâme est mort de ses blessures depuis longtemps ». Dit Thorin en passant prés d'eux.

Elle le suivi des yeux lorsqu'il signifia que l'histoire était finie en retournant s'appuyer contre son rocher.

Chacun retourna dans son coin. Elle se rallongea sur le ventre, la tête sur les bras.

Thorin, essayant de calmer sa colère contre son neveu, laissa errer son regard sur ses compagnons. Lorsque ses yeux se posèrent sur la jeune femme elle sembla sentir son regard. Elle releva la tête et lorsque leurs regards se croisèrent elle le soutint. Il en fut troublé. Il n'était pas habitué à ça. Les femmes, quelque soit leur race avait du mal à le regarder dans les yeux. Et dans les yeux de celles qui s'y efforçaient, il y avait toujours une lueur de convoitise qu'il n'avait pas vu dans ceux d'Ofélia.

Il la sentait différente de toutes les femmes qu'il avait connues. Elle n'était pas effrontée comme les filles délurées qu'il avait pu rencontrer dans les auberges et les tavernes, mais elle n'était pas non plus soumise comme les autre humaines qu'il avait côtoyé lors de son errance après que le dragon eut pris la montagne, et elle n'était pas timide comme les naines. Encore que toutes les naines ne soient pas timides. Sa sœur avait un caractère plutôt affirmé, mais en même temps, elle était de la lignée de Durin, alors…

Elle, il la sentait plus indépendante, plus libre.

Lorsqu'elle reposa la tête sur ses bras en soupirant, il continua à la regarder quelques instant se demandant quel pouvait bien être le rôle qu'elle aurait à jouer dans cette quête.