Tout d'abord, une petite annonce... la semaine prochaine, il n'y aura pas de mise en ligne.
Oui, votre servitrice (ça se dit ça ?) a bien gagné quelques jours de vacance, alors elle s'autorise un petit voyage en célibataire et entre copines !
Reprise des réjouissances prévue la semaine suivante, si notre avion ne se casse pas la gueule ni à l'aller ni au retour (j'aime pas l'avion !). Donc, si vous voulez la suite faut prier pour que mon avion ne tombe pas...
Comme toujours, merci à ceux et celles qui me suivent/laissent des reviews/m'ont ajoutée à leur favories : Akira Oakenshield, Axire, Darkklinne, Idril Melwasul, Lenaa-chan, Lilinn, Lollie Lovegood, love-mangas-naruto, MissAud, NanaEllie, Pisces-Arkady, RagdollPrincess, Sunday91.
Merci également pour l'ajout de mon histoire à la communauté « Maidens and Mayhem in Middle-earth » fondée par TrollingTauriel.
Bonne lecture.
Ps : Âmes sensibles s'abstenir, cette semaine ça cogne...
Le lendemain, elle garda ses distances avec Nori, même si il semblait avoir compris la leçon. Dans les regards qu'il lui lançait, elle ne voyait plus de lueur de convoitise, mais plutôt une certaine inquiétude.
Les autres s'étaient étonnés du nez bleuissant de leur compagnon, mais il avait marmonné une excuse où il était question d'une branche basse. Bofur l'avait regardé avec une expression mauvaise et il avait baissé la tête.
Elle s'étonna du comportement de Dwalin. Il resta à proximité d'elle toute la journée et l'accompagna même quand elle alla chercher du bois.
N'y tenant plus, elle se releva avec quelques bûches dans les bras, et demanda :
-« Pourquoi vous me surveillez comme ça ? Vous avez peur que je me sauve ? »
Il lui lança un regard dédaigneux et grogna avant de répondre de façon intelligible :
-« N'importe quoi peut traîner dans les bois. Ça peut être dangereux ».
-« C'est pas la première fois que je vais chercher du bois seule, on est pas bien loin du camp, vous m'entendriez crier… » Fit-elle remarquer.
-« Hier, vous n'avez pas crié. »
Ah. Évidement.
Elle ressentait des émotions contradictoires, d'un côté elle était touchée par sa… Elle avait du mal à trouver un terme approprié. Pouvait-elle parler de « prévenance » ? Mais d'un autre, elle n'était pas spécialement rassurée de se trouver seule avec lui.
Elle regagnait juste le camp, les bras chargés de bois, lorsqu'elle entendit Thorin l'appeler. Une décharge de peur glaciale parcourut sa colonne vertébrale. Elle déposa le bois à coté du foyer et parti le rejoindre, époussetant ses vêtements en marchant pour gagner quelques secondes. Dwalin la suivie et alla se placer à côté de son chef.
Thorin pris la parole.
-« Bien, puisque Gandalf semble penser que vous êtes importante, et pour votre propre sécurité, je pense qu'il est temps pour vous d'apprendre à vous défendre… plus efficacement qu'en mordant vos adversaires… ou en leur donnant un coup de tête. »
« Ah ! Lui aussi il sait. » se dit-elle
-« Quoi, c'est efficace ! » marmonna-t-elle.
-« Donc, à partir de ce soir, et tout les soir, vous allez apprendre le combat à l'épée avec Dwalin… » Reprit-il comme s'il ne l'avait pas entendue.
Elle jeta un regard à Dwalin, qui lui fit un sourire carnassier. Elle ne vit plus aucune trace de la « sollicitude » dont il avait fait preuve dans la journée, et elle eut vaguement peur.
-« Et le combat à main nue avec moi. »
Elle cru que sa mâchoire allait se décrocher et envisagea l'hypothèse qu'il avait trouvé ce moyen pour se débarrasser d'elle. Après tout, l'un comme l'autre pouvaient lui briser la nuque en lui soufflant dessus. Dans le cadre d'un « entraînement » ça pourrait passer pour un accident.
Thorin l'avait vu pâlir et attendait qu'elle se rebelle. Il attendait de voir se rallumer la colère dans ses yeux. Mais, pour l'instant tout ce qu'il y voyait c'était de la stupeur et une vague inquiétude.
-« Bien, vous commencerez par l'épée avec Dwalin et vous enchaînerai avec moi ».
Comment pouvait-il sérieusement penser qu'elle serait physiquement capable d'enchaîner deux entraînements qui, elle n'en doutait pas, seraient pour le moins musclés, après une journée de voyage et ce, tous les soirs…
Enfin, dans l'hypothèse optimiste où elle survivait à ce soir.
Elle envisagea bien d'essayer de négocier de s'entraîner avec quelqu'un d'autre, (Ori ou encore mieux, Bilbon), mais lorsqu'elle croisa le regard de Thorin elle comprit qu'il n'attendait que ça et elle refusa de lui faire ce plaisir. Plutôt crever que lui donner la satisfaction de la voir le supplier !
Dwalin alla chercher deux épées et elle le suivi en traînant les pied. Il la conduisit dans un endroit dégagé, un peu à l'écart. Elle fut rassurée de voir que Gandalf ainsi qu'une bonne partie des autres les avaient suivis, probablement pour s'assurer qu'ils ne l'abîmaient pas trop.
Quand Dwalin lui lança une des épées, elle eut un réflexe malheureux. Elle tenta de la rattraper et y parvint. Elle se retrouva courbée en deux, les doigts coincés entre la poignée et le sol. Cette chose devait être plus lourde qu'elle ! Comment pouvait-il espérer qu'elle pourrait seulement la soulever. Elle réussi, tant bien que mal, à dégager ses doigts, puis à force de pousser et de tirer, elle arriva à relever l'épée en équilibre sur sa pointe plantée dans le sol.
Dwalin riait aux larmes en se tapant sur les cuisses en face d'elle. Thorin, debout, les bras croisés un peu plus loin, la regardait avec un sourire suffisant et une lueur moqueuse dans les yeux. Et elle entendait les gloussements des autres derrière elle.
Elle sentit une bouffée de rage pure l'envahir. Prenant tout son élan, elle tenta de soulever cette chose. Fléchissant les genoux, elle pris autant d'élan que possible. Elle allait certainement se flinguer le dos, mais elle voulait faire disparaître ces sourires moqueurs de leurs visages.
C'est fou ce que la colère peut donner des ailes. Elle réussi à la soulever, mais sous l'effet combiné de l'élan et du poids de cette saloperie, elle bascula en arrière et s'étala sur le dos comme une crêpe sous les éclats de rire de tous les spectateurs.
Elle récupéra dans la poussière les miettes de son amour propre et se releva tant bien que mal.
-« Ça y est ? Vous avez bien rit ? » Demanda-t-elle en s'efforçant de garder un calme qu'elle était loin de ressentir.
Elle bouillait littéralement de rage. Plantant ses yeux dans ceux de Thorin elle repris :
-« Vous voulez vraiment que j'apprenne à me servir d'une épée ou vous vouliez juste me ridiculiser ? Non, parce que si ce n'était que pour ça, on peut arrêter le massacre. C'est bon, tout le monde a compris que je suis une brêle ! »
Thorin ne put s'empêcher de sourire légèrement tandis qu'il la regardait. Elle irradiait littéralement de colère et il adorait la voir comme ça.
Reprenant son sérieux il dit :
-« Il semblerait que cette épée soit légèrement trop lourde pour vous (Noooon, sans blagues ?), nous essaierons de vous en trouver une plus adaptée demain…. Maintenant, passons au combat à main nue.
Ofélia ferma les yeux avec anxiété.
Thorin s'approcha d'elle et commença à lui tourner autour. Elle s'efforçait de toujours lui faire face, tournant au même rythme que lui. Malgré elle, et même si le moment était quand même bien mal choisi, elle remarqua combien il était beau. L'image d'un fauve se forma dans son esprit. Il bougeait avec la grâce d'un grand félin et dégageait la même impression de puissance et de dangerosité. Et comme un grand fauve, elle savait qu'il était mortellement beau.
Elle se prit à regretter que ça ne soit pas comme au zoo, elle aurait apprécié la sécurité d'une vitre très épaisse, et de préférence blindée, entre lui et elle.
Soudain, il bondit vers elle. Elle avait toujours été douée pour l'esquive. Elle réussit à éviter son attaque.
Elle vit un éclair de surprise sur son visage tandis qu'il recommençait à lui tourner autour. Il la pensait complètement sans défenses. Elle décida d'en profiter pour lui faire payer son attitude des derniers jours…
Quelques années plus tôt, elle avait pris des cours de self-défense. Alors, lorsqu'il lança une nouvelle attaque, elle fit la première chose qu'elle avait apprise dans son cours. Au moment où il arrivait sur elle, elle tendit la main, les doigts serrés et le frappa dans creux à la base du cou. On lui avait expliqué que c'était un endroit très sensible, qu'il n'y avait pas besoin de taper très fort, même une fille pouvait bloquer l'attaque d'un homme avec ce coup-là, et gagner les quelques secondes nécessaires pour prendre la fuite.
Avec l'élan qu'il avait, le coup fut plus fort qu'elle ne s'y était attendue et sa position n'était pas bonne, elle glapit de douleur lorsque ses doigts se retournèrent.
Mais le coup avait été efficace. Thorin fit un pas en arrière en grognant, se courbant vers l'avant, la respiration sifflante. Elle avait juste oublié un très léger détail… Elle ne pouvait pas prendre la fuite.
Lorsqu'il se redressa, il lui lança un regard meurtrier, et dit :
-« Je reconnais que j'ai fait une erreur. J'ai oublié la première règle. Ne jamais sous-estimer son ennemi… Cela ne se reproduira pas »
A la façon qu'il eut de quasiment ronronner les derniers mots, elle se dit que là, maintenant, elle avait vraiment des raisons d'avoir peur.
L'attaque suivante fut si violente et rapide qu'elle ne put rien faire. Elle se retrouva, couché sur le ventre, complètement immobilisée. Elle avait l'impression que Thorin avait fait des nœuds avec ses bras et ses jambes.
Là, le nez sur le sol elle comprit beaucoup mieux l'expression « mordre la poussière. »
Il se releva, la libérant et ordonna :
-« On reprend ».
Elle passa la plupart de la demi-heure suivante par terre, immobilisée dans des positions toutes plus acrobatiques et douloureuses les unes que les autres. Chaque fois, qu'il la lâchait il disait :
-« On reprend ! »
Il la sentait faiblir. Il savait qu'il aurait du mettre fin à l'entraînement, qu'elle n'était pas encore suffisamment endurante et qu'il risquait de la blesser, mais il avait été vexé de ne pas avoir envisagé qu'elle savait comment et où frapper.
A l'attaque suivante, elle n'eut même pas la force de faire le moindre mouvement. Il la faucha comme une poupée. Elle tomba lourdement sur le dos et sa tête heurta le sol. Il vit des larmes d'épuisement et de douleurs humidifier ses yeux.
Il se jeta sur elle pour l'immobiliser (comme si ça avait été nécessaire !). Il était à quatre pattes au dessus d'elle. D'une main il tenait ses deux poignets au dessus de sa tête, de l'autre il l'avait saisie à la gorge et il maintenait ses jambes dans l'étau des siennes.
Il la sentait trembler sous lui, de peur ? D'épuisement ? Peut être les deux. Elle tenta quand même de se tortiller pour se dégager, évidemment sans succès. Il eut un petit sourire qu'elle trouva parfaitement sadique.
Il se pencha en avant, accentuant la pression sur sa gorge, la respiration de la jeune femme se fit sifflante et elle cessa de se débattre. Il glissa à son oreille :
-« Si ça avait été moi, hier soir, vous ne vous en seriez pas sorti si facilement. ».
Elle cligna des yeux et son cœur manqua un battement quand elle compris à quoi il faisait allusion.
Elle avait l'impression d'être une souris entre les pattes d'un énorme chat joueur. Elle dégluti difficilement. Lorsqu'il se releva d'un mouvement fluide, elle le suivi des yeux, sachant que si il lui ordonnait de reprendre, elle en serait incapable. Là, tout de suite, elle savait qu'elle ne serait même pas capable de se remettre sur ses jambes.
« Sadique ! » pensa-t-elle. Elle était sure qu'il prenait beaucoup de plaisir à la maltraiter ainsi, en laissant à croire à tous qu'il le faisait pour son bien.
Thorin lui lança un dernier regard. En la voyant ainsi couchée dans la poussière, semblant ne même pas avoir la force de tenir sa tête, il se dit vaguement qu'il y avait peut-être été un peu fort. Il tourna les talons et regagna le camp.
Elle laissa sa tête retomber lourdement sur le sol et ferma les yeux avec un soupir de soulagement. C'était fini et elle avait survécut. Enfin, au moins pour ce soir.
-« Ofélia ? Ça va aller ? » Demanda la voix de Bofur avec une réelle inquiétude.
Elle ouvrit un œil. Il était penché au dessus d'elle, les sourcils froncés. Elle se força à se reprendre, elle ne voulait pas qu'il s'inquiète pour elle.
-« Ça va aller, j'ai juste besoin d'une minute. » marmonna-t-elle en roulant sur le côté.
Elle se mit à quatre pattes pour essayer de se relever. Elle savait que sa position était parfaitement ridicule, mais elle n'arrivait même plus à se rappeler comment elle était sensée s'y prendre pour se relever.
Quand elle senti les mains de Bofur se poser sur sa taille et n'eut même pas la force de protester.
Il l'aida à se lever et passa son bras autour de ses épaules pour la soutenir et l'aider à regagner le camp.
Après ces évènements, Ofélia eut un peu de mal à se concentrer sur quoi que se soit. Elle était épuisée et elle avait mal partout. Même faire la vaisselle lui fut difficile. Elle mis beaucoup plus de temps que les autres soir, parce que régulièrement elle se surprenait, les mains immobiles dans l'eau alors qu'elle était en train de s'endormir debout.
Elle avait morflé, elle se dit qu'il finirait probablement par la tuer, si ce n'est par ses coups lors d'un combat, il l'aurait à l'usure, elle ne pourrait pas tenir se rythme bien longtemps avant de mourir d'épuisement.
Mais curieusement, du fond des brumes qui envahissait peu à peu son cerveau, quand elle repensait à ce combat, la seule chose qui revenait sans cesse hanter son esprit, c'était le souffle chaud de Thorin dans son cou…
Thorin était troublé. Il se disait que l'idée de ces séances d'entraînement n'était peut-être pas si judicieuse. Il s'était toujours entraîné avec d'autres hommes. Il n'aurait jamais imaginé que ce genre d'activité pourrait éveiller en lui de telles sensations. Mais quand il l'avait senti se tortiller sous son corps… Il avait ressenti quelque chose qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps.
Lorsqu'il la vit s'allonger un peu plus loin et s'effondrer comme une masse, il se força à se retourner et à fermer les yeux.
Le lendemain soir. Lorsque ils s'arrêtèrent pour la nuit, et qu'elle vit Dwalin s'avancer vers elle avec deux épées, elle en aurait bramé.
Il lui tendit la plus petite. Elle attrapa la poignée avec réticence et fut surprise de la trouver si peu lourde par rapport à celle de la veille. Celle là, elle arrivait à la soulever.
Dwalin la conduisit un peu à l'écart et commença à lui expliquer comment elle devait la tenir, comment bouger ses pieds, comment parer les coups de ses adversaires. Voyant qu'elle avait du mal à garder l'épée dans une position correcte, il la rassura en lui disant qu'avec la pratique, elle ses muscles se renforceraient et que ça deviendrait plus facile.
Elle fut surprise de découvrir en lui un bon professeur, plutôt patient et n'hésitant pas à venir corriger sa position. Elle se dit que finalement, cet apprentissage serait peut être plus intéressant que ce qu'elle pensait. Elle ne vit pas le temps passer, même si elle commençait à ressentir une certaine fatigue.
Avant de les interrompre pour prendre son tour, Thorin les regarda s'entraîner un instant. Elle avait enlevé sa chemise et ne portait que son T-shirt légèrement moulant et lacé sur la poitrine et son pantalon trop grand qui tombait sur ses hanches, dévoilant une bande de peau au dessous de sa taille. Ses cheveux étaient collés sur son front par la sueur. Elle maniait l'épée selon les instructions de Dwalin. Et même si ses mouvements étaient maladroits et qu'elle avait du mal à soulever l'épée, il devait bien reconnaître qu'elle faisait des efforts louables.
-« Ça suffit pour le moment » dit Thorin.
Elle rendit l'épée à Dwalin, puis elle se retourna vers lui avec un air résigné.
Lorsqu'il s'avança vers elle, elle remarqua que son regard s'attardait sur son décolleté. Elle savait que sa poitrine ne laissait pas les hommes indifférents. Adolescente les regards insistants de ses camarades et des hommes plus âgés l'avaient gênée, mais il y avait longtemps qu'elle n'était plus une adolescente. Elle se dit que si ça pouvait le distraire suffisamment pour lui éviter un coup ou deux, ça serait toujours ça de gagné.
Ils commencèrent le combat. Enfin, combat était un grand mot. Il essayait de la frapper et elle s'efforçait de garder suffisamment d'espaces entre eux, pour qu'il ne puisse pas l'atteindre. Petite elle était la meilleure quand elle jouait à chat. Et puis, là, elle était très motivée, parce qu'elle savait qu'il ne se contenterait pas de lui taper sur l'épaule en criant « chat ! ». Elle n'avait pas spécialement envie de prendre une mandale.
Elle se rendit vite compte que le nain avait beaucoup de mal à se concentrer sur autre chose que sur la naissance de ses seins qu'il apercevait dans l'entrebâillement de son décolleté. Du coup, ses mouvements était moins fluide que la veille.
Thorin commença à sentir sa patience s'émousser, et la moutarde lui monter au nez. Il savait qu'elle avait compris l'effet que son corps avait sur lui et qu'elle en jouait. Il n'aimait pas du tout ça.
-« Il ne faut pas vous étonner si certains cherchent à vous coincer dans les bois ! » cracha-t-il avec colère, après l'avoir ratée une nouvelle fois.
-« Je n'y suis pour rien si les hommes ne sont que des animaux incapables de la garder dans leur pantalon ! » répondit-elle du tac au tac, esquivant une nouvelle attaque.
-« Vous êtes là pour apprendre à vous battre. Alors battez vous ! Attaquez moi ! »
Croisant son regard, elle compris qu'il serait mauvais pour sa santé de le contrarier encore plus. Elle s'exécuta à contrecœur, sachant déjà comment ça allait finir.
Effectivement, en un rien de temps, elle se retrouva complètement immobilisée, debout, face à lui, étroitement serrée contre son torse. Il avait bloqué ses poignets dans son dos avec une de ses grandes mains (elle se demandait encore comment elle avait atterrit dans cette position), son autre bras était enroulé autour de ses hanches, la plaquant contre lui, lui interdisant tout mouvement de fuite. Elle tenta d'utiliser ses jambes, mais elle n'arrivait pas à lever le genou assez pour atteindre « la » partie sensible de l'anatomie du nain, et les coups de pied qu'elle lui lançaient dans les tibias lui faisait autant d'effet que si elle lui avait soufflé dessus.
Dans cette position, juste en baissant les yeux, il avait une vue plongeante dans le décolleté de la jeune femme. Il ressenti une tension dans son ventre en voyant les deux globes de chair pâle qui se soulevaient légèrement à chacune de ses respiration.
Il se pencha contre son oreille :
-« Vous ne devriez pas provoquer ainsi vos ennemies avec votre tenue… Cela pourrait leur donner des idées déplacées. »
Oui, effectivement, avec son bassin était étroitement serré contre celui du nain, elle la sentait assez bien « l'idée déplacée ».
Ça lui servirait de leçon ! Ce n'était vraiment pas une bonne idée de jouer à ça avec un homme qui devait être frustré depuis plusieurs mois. Elle se maudit d'avoir oublié que Thorin était aussi un homme. Même si son visage restait de marbre en toutes circonstances, il n'était pas de bois !
Elle se débattit de plus belle, en vain. Il lui faisait mal et elle n'aimait pas du tout la façon dont il gardait les yeux baissés sur sa poitrine.
Il fallait à tout prix qu'elle mette fin à cette situation ! Alors elle fit la seule chose qui était encore à sa portée, elle planta ses dents dans son cou.
De surprise il la poussa en arrière avant de la gifler violemment du revers de la main.
Elle tomba sur le cul. Assise sur le sol, une main posée sur sa joue qui l'élançait, elle le regarda avec stupeur. Elle vit dans ses yeux une stupeur égale à la sienne. Mais elle ne savait pas s'il était stupéfait qu'elle l'ait mordu ou s'il était stupéfait de l'avoir giflée. Malgré son attitude avec elle depuis le début, elle sentait qu'il n'était pas du genre à frapper une femme.
Thorin sentait la chaleur de son sang qui coulait le long de son cou. C'est qu'elle avait de bonnes dents la garce ! Il la regardait, assise par terre, sa main sur la joue. Il n'avait jamais frappé une femme avant, mais la gifle était partie comme un réflexe à la douleur qu'il avait ressentit dans son cou.
Le silence s'était fait autour d'eux.
-« Que ça vous serve de leçon ! » déclara-t-il « Pour mordre vous êtes obligée de vous approcher de votre adversaire et de plus, je doute que vous ayez très envie de mordre un orc .».
Lorsqu'ils rejoignirent le camp, Gandalf pris Thorin à l'écart du groupe pour lui faire part de son mécontentement.
-« Je vous ai dis que vous deviez vous soucier d'elle, qu'elle avait un rôle à jouer dans votre quête, et vous, vous devenez le principal danger qui la guette. Vous allez finir par la tuer avec vos entraînements. »
-« C'est justement parce que je me soucis d'elle que je ne l'épargne pas. Nous sommes encore en relative sécurité, mais nous seront bientôt au cœur des terres sauvages. Il faut qu'elle sache se battre vite, et la seule manière que je connaisse est brutale. Que pensez vous que les orcs feront d'elle si elle venait à être capturée ? »
Leur dispute dura encore un moment. Mais Gandalf devait bien admettre que Thorin avait raison. Après leur discussion, il partit s'asseoir à l'écart pour réfléchir. Il avait senti autre chose derrière les propos du nain. Il y avait une réelle inquiétude et une certaine sollicitude dans la manière dont il parlait de la jeune femme.
Thorin regagna le groupe et s'approcha d'Ofélia. D'une main ferme, mais non dénuée de douceur il lui attrapa le menton et lui releva la tête pour examiner la contusion sur son visage. Sa pommette avait pris une couleur aubergine du coin de l'œil en descendant jusqu'au milieu de la joue.
-« Je m'en remettrait. » dit-elle « J'imagine que j'en verrais d'autre » ajouta-t-elle d'un air résigné, en haussant les épaules.
Et le sujet fut clos.
