Réponses aux reviews « anonymes »

Sil : Merci pour ta review.

Pour moi, c'est un compliment de dire que mon histoire est « simple », parce que je l'écris avant tout pour m'évader un peu de mon quotidien qui, lui, ne l'est pas toujours. J'essaie d'écrire ce que moi j'aime lire quand je lis des fanfictions, et je n'y cherche pas de la grande littérature, pour ça il y a les grand classiques (Zola, Balzac, Hugo… Tolkien).

Oui, j'aime bien Bofur, je le trouve marrant et attachant, c'est celui qui me parait le plus gentil… mais ce n'est que mon avis personnel.

Pourquoi vouloir les taper ? Parce qu'à part Nori, qui n'as pas été très correct (et dont Ofélia c'est chargé), et Thorin qui est… Thorin, les autres ne sont pas si vache avec elle, mais bon, si tu veux les taper, fais toi plaisir… Pour ce qui est de taper Thorin, et bien… tu verras.

Merci à tous ceux qui ont lu et/ou laissé des reviews pour ce chapitre : Darkklinne, Nocciolla, LilieMoonlightchild, NanaEllie, Aliena Wyvern, Sil.

Oh, une dernière chose, cette semaine, c'est noté M pour une bonne raison...


Quelques jours plus tard, alors qu'il faisait chaud. Elle trouva l'eau de la rivière particulièrement attirante. Elle se sentait sale, elle avait chaud, alors, elle bâcla sa vaisselle pour se baigner.

Avant de retirer ses vêtements, elle hésita un instant, elle n'avait pas oublié l'incident avec Nori, et pas spécialement envie de se faire surprendre à moitié à poil par un nain en goguette. Elle regarda par-dessus son épaule, scrutant les sous-bois et tendit l'oreille. Elle n'entendit rien d'autre que la rumeur du vent dans les feuilles et le chant des oiseaux.

La chaleur et la sensation de saleté eurent raison de sa réticence. Elle retira ses vêtements, ne gardant que ses sous-vêtements, avant de se glisser dans l'eau. Elle avança jusqu'à la petite cascade et laissa l'eau ruisseler sur ses cheveux et sa peau. Elle frotta la crasse sur son corps avec une poignée de saponaire qu'elle avait trouvée sur la berge, appréciant l'odeur de chlorophylle de la plante.

Avec le bruit de la cascade sur ses cheveux elle n'entendait pas ce qui se passait autour d'elle. Elle n'entendit pas arriver Thorin.

Il fulminait qu'elle mette si longtemps pour faire la vaisselle, elle allait les retarder. Il avait décidé de partir à sa recherche et avait deux ou trois remarques acerbes pour elle lorsqu'il la trouverait.

Elles moururent dans son esprit lorsqu'il l'aperçut.

Elle était à moitié nue, dans l'eau jusqu'aux hanches. Ses mains mousseuses couraient sur son corps avec une sensualité presque douloureuse. Lorsqu'elle releva les bras pour frotter ses cheveux, il devina la courbure d'un de ses seins. La lumière du soleil filtrant à travers les feuilles dessinait des motifs qui se superposaient aux divers bleus et ecchymoses qui parsemaient son corps.

Il ne pouvait détacher ses yeux de spectacle qu'il trouvait particulièrement attrayant. La poitrine de la jeune femme était opulente, sa taille bien marquée, même si on ne pouvait pas dire qu'elle soit fine, son ventre semblait moelleux, doux et accueillant, la cambrure de ses reins appelait les caresses. Il sentit le désir monter en lui.

Il se surprit à faire un pas en avant. Imaginant déjà ses mains remplaçant les siennes et glissant sur son corps, sa langue cueillant les perles d'eau sur sa poitrine. Il s'arrêta net, à l'orée du bois, extrêmement troublé par sa réaction.

Lorsqu'il la vit tourner vivement la tête, il regagna silencieusement l'ombre des sous bois et rejoignit le camp, maudissant ses mâles instincts.

Ofélia scruta les bois, mais avec ses cheveux qui lui gouttaient dans les yeux elle ne voyait pas grand-chose. Il lui semblait avoir entendu un bruit, tout proche... Trop proche. Elle sortit précipitamment et se rhabilla rapidement sans prendre le temps de sécher. Elle n'avait qu'une hâte, c'était de quitter cet endroit qui, à présent lui donnait la chair de poule. Elle se dit qu'elle avait vraiment fait montre d'une insouciance qui aurait pu être dramatique.

Lorsqu'elle rejoignit le camp Thorin devina sa peur et se dit que ça lui servirait de leçon, après tout, n'importe quoi pouvait traîner dans ces bois, et à poil dans la rivière, elle n'aurait pas pu faire grand-chose pour se défendre.

Elle avait cherché Nori des yeux, pensant que s'était lui qui l'avait suivi, mais il pionçait dans un coin.

Thorin donna l'ordre de repartir, disant qu'ils n'avaient que trop traînés en lui lançant un regard accusateur. Ils avaient repris la route depuis quelques minutes lorsque avec un bruit de cavalcade Kili arriva a sa hauteur.

- « Tu as l'air bien inquiète aujourd'hui. » lui dit-il dans un sourire plein de fossettes, les yeux pétillants de malice.

Elle lui rendit son sourire et haussant les épaules lui dit :

-« Je me suis fais peur toute seule tout à l'heure. » Puis avec un regard suspicieux elle demanda « Par hasard, tu ne m'aurais pas suivi quand je me suis éloignée du camp à midi ? »

-« Ah non, c'est pas moi !» répondit Kili

Devant le regard toujours suspicieux de la jeune femme il ajouta :

-« Je peux te le jurer sur la tête de mon frère ».

Elle secoua la tête en souriant, elle savait qu'il ne jurerait pas inconsidérément sur la tête de son frère. Ces deux là étaient plus proche de des jumeaux.

Comme tous les soirs, Thorin assista à la fin de son entraînement avec Dwalin. Même si elle était toujours gauche, elle semblait soulever l'épée avec plus de facilité. Thorin avait été surpris de ses progrès. Elle ne serait jamais une combattante exceptionnelle. Il lui manquait l'agressivité nécessaire pour ça, mais elle serait peut-être capable de se défendre à peu près correctement, un jour.

A la fin de son entraînement avec Dwalin, lorsqu'elle vit Thorin s'approcher pour prendre sa place, l'étrange lueur qu'elle devina au fond de ses yeux l'inquiéta vaguement.

Il lui sembla aussi qu'il était plus violent que d'habitude. Il n'essayait pas de la frapper, il essayait juste de l'attraper, mais il le faisait avec plus de hargne que les jours précédents. Elle résista comme si sa vie en avait dépendue.

Avec lui aussi elle avait fait des progrès. Elle arrivait parfois à se dégager à présent.

Ce soir là, lorsqu'elle se retrouva couchée sur le dos, avec le nain au dessus d'elle, (c'était devenu une habitude, ça finissait toujours comme ça…) elle senti la main de Thorin glisser sur sa peau, sous son T-shirt. Ça lui donna des ailes. Elle ne sut pas bien comment, mais elle retrouva les mouvements qu'on lui avait apprit lors de ses cours d'autodéfense et réussit ce qu'elle avait toujours échoué à faire jusque là. Elle renversa la situation.

Thorin se retrouva à son tour sur le dos, et avant qu'il n'ait eu le temps de réagir, elle lui donna un grand coup dans une partie sensible de son anatomie, avant de prendre la fuite en courant et de rejoindre le camp, le cœur battant.

Thorin, sous le coup de la douleur et de la surprise, ne put rien faire pour la retenir. Il ne comprit pas vraiment ce qui avait provoqué ce progrès fulgurant dans la manière de se battre d'Ofélia. Après tout, il ne lui avait pas fait de mal.

Il se rappela le contact de sa main sur la peau douce de la jeune femme. Ce pouvait-il que ce simple geste ait provoqué ce sursaut de combativité ? D'habitude, les femmes ne cherchaient pas lui échapper quand il les caressait. Elle l'intriguait de plus en plus.

Quand la douleur lancinante se fut un peu calmée, il rejoignit le camp.

Certains avaient assisté à leur combat, même si elle était sure que personne n'avait remarqué qu'il avait essayé de glisser sa main sous son T-shirt. D'ailleurs, l'avait-il vraiment glissée ou est-ce que son T-shirt s'était simplement retroussé dans la bagarre et qu'il avait posé sa main là, par accident ?

Quoi qu'il en soit, tout le monde savait qu'elle avait réussi à le neutraliser assez longtemps pour lui échapper.

Lorsqu'elle le vit se diriger vers elle, elle rentra la tête dans les épaules, comme si elle avait craint qu'il ne la frappe. Mais lorsqu'il arriva prés d'elle se fut pour lui dire

-« Bien ! Il y a du progrès. Finalement, nous arriverons peut-être à faire quelque chose de vous. »

Elle le regarda d'un air suspicieux tandis qu'il s'éloignait pour aller discuter avec Gandalf.

Balin vint s'asseoir à côté d'elle, ce soir là au dîner, pour la féliciter de ses progrès :

- « Je croyais que toutes les femmes des hommes était de fragiles petites choses. J'ignorais que certaines était capable d'apprendre à se battre ». Dit-il.

Ofélia lui sourit et lui dit :

- « Vous savez, la plupart des femmes sont capables de bien plus de choses que ce que vous pensez, et si certains hommes préfère voir en nous de fragiles petites choses qu'ils peuvent brutaliser sans risque... » Son regard glissa vers Nori « Là d'où je viens, les femmes sont les égales des hommes. »

Devant leur air dubitatif, elle se dit que le féminisme n'était pas encore arrivé jusqu'aux nains. Elle clos la conversation en disant :

-« Laissez tomber. »

Ce soir là, elle alla s'allonger avant les autres, elle s'endormit en les écoutant chanter une très belle ballade sur les temps anciens, un dragon, un trésor et des arbres qui brûlent sous la lune. Leur chœur était magnifique et la voix grave de Thorin curieusement émouvante.


L'eau était douce sur sa peau. Apaisante. La cascade lui massait délicieusement les épaules. Elle était nue dans l'eau du petit bassin, avec pour seule compagnie la lueur des étoiles et de la lune.

La caresse de la cascade fut remplacée par celle plus appuyée de deux larges mains sur ses épaules et la brûlure d'un baiser se dessina sur sa nuque. Elle ne l'avait pas entendu rentrer dans l'eau, mais elle savait qu'elle l'avait attendu. Les mains descendirent le long de ses flancs et caressèrent ses hanches avant de s'enrouler autour d'elle et de la serrer contre un torse dur et chaud.

Elle se retourna entre les bras et embrassa goulûment les lèvres de Thorin en nouant ses bras autour de son cou. Il lui rendit son baiser, l'appuyant un peu plus en pressant une main derrière sa tête. Les lèvres de Thorin quittèrent les celles d'Ofélia et se posèrent délicatement sur sa pommette tuméfiée.

Il recula légèrement et d'une main étonnement douce caressa son visage. Elle le regardait à s'en user les yeux. A la lueur de la lune, les yeux du nain avaient une teinte argentée très claire. Elle se blotti dans ses bras. Posant sa joue sur son torse nu, elle entendit les battements de son cœur et en fut émue. La peau du nain était chaude malgré la fraîcheur de l'eau. Elle posa ses lèvres là où battait le cœur du prince nain et dessina un chemin de baiser en remontant vers son cou. Il se tendit quand elle embrassa la marque que sa morsure y avait laissée.

Il attrapa son menton d'une main ferme et posa ses lèvres sur les siennes. Elle passa ses mains dans ses longs cheveux, saisissant les tresses sur ses tempes.

Thorin la tenait étroitement enlacée contre lui. Elle se dit vaguement qu'elle avait du rater un épisode ou deux… Voire toute une saison, mais lorsque sa langue avide pris possession de sa bouche, elle perdit le fil de ses pensées.

Elle gémit légèrement lorsqu'il resserra encore son étreinte. Elle sentait le mouvement de sa musculature sous ses doigts tandis qu'il la caressait. Elle sentait son désir dressé contre son ventre et eut l'impression que son corps prenait feu et que l'eau n'allait pas tarder à bouillir autour d'eux. Elle aurait voulu hurler, lui dire de la prendre, là, tout de suite, mais elle n'arrivait pas à émettre le moindre son.

Il semblait prendre plaisir à faire durer son calvaire, caressant et embrassant chaque bleu, chaque ecchymose, chaque coupure sur son corps. Elle était au supplice. Jamais, elle n'avait ressentis un tel désir pour quelqu'un. Elle glissa une main entre leurs deux corps et serra ses doigts autour de sa virilité conquérante. Avec un grognement, il la souleva et elle noua ses jambes autour de sa taille.

Lorsque, enfin, elle le sentit glisser en elle, elle se réveilla en sursaut, le souffle court et les joues brûlantes.

Elle cligna des yeux plusieurs fois, ne comprenant pas bien où elle se trouvait et comment elle y était arrivée. Il lui fallu quelques instant pour revenir à la réalité. Enfin, sa réalité actuelle…

Il faisait nuit, la lune était encore haute au dessus de l'horizon. Tout le monde dormait. Le rêve avait été si vivant qu'elle sentit l'humidité sur ses cuisses. Elle chercha Thorin du regard. Il dormait un peu plus loin, enveloppé dans son grand manteau.

« Ça va pas mieux ma fille ! » marmonna-t-elle en secouant la tête.

Elle essaya de calmer sa respiration et les battements de son cœur dans l'espoir de se rendormir, mais dés qu'elle fermait les yeux, les images du rêve revenait enflammer son esprit. Elle se surprit à se demander si les mains de Thorin étaient vraiment être aussi aventureuses et ses lèvres aussi douces. Ça ne l'aidait pas à se calmer. Elle ne se demandait pas si son torse était aussi puissant, elle le savait déjà, à cause de entraînements… Du coup, elle se demanda comment elle allait faire, la prochaine fois pour ne pas perdre tout ses moyens. Déjà qu'elle était pas douée...

Elle tourna et retourna jusqu'à l'aube, sans parvenir à se rendormir.

Elle ne vit pas le regard de Thorin fixé sur elle, ni ses yeux qui luisaient dans la pénombre. Elle ne sut pas que cette nuit-là, lui aussi avait rêvé.

Lui non plus ne put se rendormir. Se demandant si ses lèvres pouvaient vraiment avoir ce goût là, et si sa peau était vraiment aussi douce. Il était troublé. Il avait déjà fais ce genre de rêve, mais jamais avec une telle intensité… une telle réalité.

Il se dit qu'il y avait longtemps qu'il n'avait pas connu de femme, qu'il était un homme dans la force de l'age, que de l'avoir vue quasiment nue dans la rivière l'avait troublé plus que de raison.

Elle se leva aux premières lueurs de l'aube et commença à préparer le petit déjeuner de sorte que lorsque les premiers nains commencèrent à se lever, tout était prêt. Elle commença à faire le service. Lorsque Thorin vint chercher son écuelle, que leurs doigts se frôlèrent et qu'il planta son regard d'acier dans le sien, elle ne put s'empêcher de baisser les yeux sur ses mains tremblantes.

Elle frôla la crise cardiaque quand Kili fit une réflexion qui lui laissait entendre qu'elle avait parlé pendant son sommeil, mais fut rassurée quand elle compris que tout se qu'il avait entendu étaient des soupirs équivoques.

Ils reprirent la route de bonne heure. Elle n'arrivait pas à regarder Thorin sans perdre ses moyens. Elle fit tout son possible pour éviter qu'il soit dans son champ de vision, mais même ainsi, elle ne pouvait pas empêcher les souvenirs du rêve de revenir la hanter. Elle avait déjà fait des rêves érotiques, mais jamais avec autant d'intensité. Elle avait l'impression de pouvoir encore sentir les lèves de Thorin sur son corps, ses baisers, ses caresses et surtout son odeur… C'était la première fois qu'elle rêvait d'une odeur.

Elle s'était débrouillée pour être en queue de file, très loin derrière Thorin mais même ainsi elle n'arrivait pas à se changer les idées. Elle était extrêmement distraite et tous purent s'en rendre compte. Elle semblait revenir de très loin chaque fois que quelqu'un lui adressait la parole et il lui fallait alors quelques instant pour comprendre ce qu'on venait de lui dire, quand elle n'était pas carrément obligée de faire répéter.

Gandalf ralenti son cheval jusqu'à être à sa hauteur.

- « Que vous arrives-t-il jeune fille, vous êtes distraite aujourd'hui ».

Elle regarda le magicien, quelques instants, semblant hésiter à se confier

-« Votre rêve de cette nuit vous trouble à ce point ? Lui demanda t il.

Elle ne se demanda même pas comment il savait qu'elle avait rêvé, après tout Kili l'avait bien entendu. Elle hésita encore un instant avant de lui demander dans un murmure :

-« Est-il possible qu'un rêve ressemble tellement à la réalité qu'on puisse s'y tromper ? Est-il possible qu'un rêve paraisse si réel qu'on ait l'impression qu'il s'agit d'un souvenir, même si on sait très bien que ce n'est jamais arrivé ? »

-« Et bien, il arrive parfois que certaines personnes puissent se rappeler de choses qui ne se sont pas encore produites »

- « Des rêves prémonitoires ? Mais ça se passait dans un endroit où nous sommes déjà passé. »

-« Ce n'est pas le lieu qui compte, mais se qui s'y produit. Seules les sensations voyagent vers le passé. L'esprit utilise les images présentes en lui pour les habiller ».

Elle se senti pâlir. Un rêve prémonitoire ? Impossible. Jamais elle et Thorin… elle se demanda si l'esprit pouvait également intervertir les protagonistes du rêve, mais elle ne voulait pas trop en dire et savait que Gandalf, était beaucoup plus perspicace et clairvoyant que ce qu'il paraissait, elle craignait d'en avoir déjà trop dit.

La voyant pâlir, il lui dit :

-« Ofélia, si vous avez fait un rêve de ce genre et qu'il concerne notre quête, vous devez m'en parler. Cela peut avoir son importance pour me permettre de comprendre le rôle que le destin s'attend à vous voir jouer ».

Mais, oui, bien sûr, elle se voyait très bien expliquer au vieux magicien qu'elle avait rêvée qu'elle et Thorin… Elle se senti rougir.

Hors de question qu'elle évoque ses fantasmes avec le vieux magicien. Elle secoua la tête et lui dit.

- « Non, Gandalf, ça ne concernait pas la quête. »

Elle se tourna vers lui en lui adressant son sourire le plus candide. Il ne fut pas dupe, elle en était consciente.

Il savait qu'elle lui cachait quelque chose et comme il était perspicace, et que ses oreilles étaient aussi affûtées que celles de Kili et qu'il avait vu les joues d'Ofélia s'empourprer, il se douta du genre de rêve qu'elle avait fait, mais il ne voulait pas la brusquer. Il n'insista pas et après quelques instant de discussion anodine, il parti rejoindre Thorin en tête de cortège.

Lui aussi semblait troublé, mais il n'était pas aussi aisé de faire parler un nain des montagne bleues qu'une jeune femme confiante. Il ne s'y risqua même pas, ne voulant pas provoquer un esclandre pour peut être rien. Mais, il ne put s'empêcher de remarquer les regards que Thorin jetait à la jeune femme.

Une idée effleura son esprit « un rêve en commun ? Serais-ce possible ? » Si s'était le cas, vue les conclusions auxquelles il était arrivé concernant le rêve d'Ofélia, il ne comprenait absolument pas en quoi le rôle de la jeune femme auprès de Thorin pouvait être bénéfique à leur quête. De ce qu'il en déduisait, ça risquait plutôt de compliquer sérieusement les choses. Mais, les Valars savaient ce qu'ils faisaient. Enfin, il l'espérait.

Elle se demandait comment elle aurait réagit, dans la réalité, si les mains de Thorin s'étaient vraiment posée sur elle dans ses conditions là. Elle aimait à se dire qu'elle l'aurait giflé, qu'elle aurait trouvé une répartie particulièrement cinglante, mais à vrai dire, elle n'était pas vraiment sure qu'elle aurait résisté, si ce n'est pour la forme. Elle le trouvait très beau, il la troublait, et elle en était consciente.

« C'est pas possible, ce monde est en train de me rendre maso ! » pensa-t-elle. Franchement, fantasmer sur un mec qui lui en faisait baver des ronds de chapeaux depuis son arrivée et qui semblait prendre plaisir à lui taper dessus... La « chienne de garde » en elle montra les crocs.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent ce soir là, elle assura ses corvées et attendit que Dwalin vienne la chercher pour son entraînement à l'épée, mais il ne vint pas. Thorin non plus. Bien qu'elle en soit un peu surprise, elle ne chercha pas à se rappeler à leur bon souvenir, préférant courageusement raser les arbres, à défauts de murs, dans l'espoir de gagner un soir de relâche.

Après le dîner, elle rassembla la vaisselle et trouva un point d'eau pour la laver.

Lorsqu'elle entendit des pas lourd dans le sentier derrière elle, elle se releva vivement, attrapant un couteau au vol. Hors de question que Nori lui refasse le coup, cette fois elle allait vraiment lui faire mal !

Elle se trouva nez à nez avec Thorin. Elle se rappela ce qu'il lui avait dit, lors de leur premier entraînement. Est-ce qu'il était là pour tente sa chance ? Elle dégluti difficilement, se disant qu'elle se battrait jusqu'au bout ! (Ah, ben, elle l'avait sa réponse…).

Il s'arrêta à côté d'elle et contempla un instant la rivière, silencieux. Elle se demandait ce qu'il lui voulait, mais n'osait pas poser la question. C'était la première fois qu'elle se retrouvait seule avec lui, et elle n'était pas spécialement rassurée.

-« Dommage qu'il fasse si frais ce soir. Un bain aurait été agréable, encore que l'endroit ne soit pas aussi beau que celui de cette nuit. »

Elle eut du mal à masquer un hoquet de stupeur et se senti blêmir en comprenant à quoi il faisait allusion.

D'ailleurs elle ne dut pas réussir à le masquer du tout, parce que Thorin se tourna vers elle avec un regard brillant. Elle eut peur.

Elle tenta de se raisonner, ça, ça ce n'était pas possible ! Il ne pouvait pas savoir de quoi elle avait rêvé ! Pourtant, quelque part au fond d'elle, elle savait qu'il n'avait pas fait cette réflexion par hasard.

-« Je ne m'entraînerai pas se soir Thorin » déclara-t-elle, plus pour faire diversion que pour autre chose.

-« Il est trop tard pour un entraînement. » répondit-il calmement

-« Alors, que voulez vous ? » demanda-t-elle d'un ton qu'elle voulait froid, mais qu'elle sentis légèrement tremblant.

Il la regarda un instant, semblant chercher une réponse appropriée.

-« M'assurer que vous ne vous étiez pas effondrée dans l'eau. Je pense que Gandalf serait contrarié si vous vous noyiez par accident ».

Un sourire sardonique déforma les lèvres d'Ofélia.

-« Que de sollicitudes. Je suis touchée. » Dit-elle d'un ton aigre.

Thorin fronça les sourcils :

-« Je vous interdit de me parler sur ce ton ! Et j'exige que vous me répondiez »

Répondre à quoi ? Il n'avait même pas posé de question. Elle tenta :

-« Je vais bien ? »

Les sourcils du nain se froncèrent encore plus et ses yeux prirent une teinte orageuse qu'elle commençait à connaître. Soit se n'était pas la réponse qu'il attendait, soit il était juste venu pour se défouler. Elle penchait pour la seconde solution.

-« Ne me mentez pas ! » ordonna-t-il d'un ton grondant

Bordel, mais qu'est-ce qu'il voulait ? Pourquoi ne pouvait-il pas lui foutre la paix ? Depuis quand il en avait quelque chose à faire de comment elle allait ?

Plantant ses yeux dans ceux de Thorin, elle dit, s'efforçant de garder un ton calme :

-« Si je me roule par terre, en pleurant et en geignant, ça aide ? »

Il fut tellement interloqué de l'entendre répliquer sur ce ton, qu'il ne répondit pas immédiatement.

-« C'est ce que je pensais. » reprit-elle « Donc, au moins sur ce point là, vous vous contenterez d'un mensonge ! »

Sur ce, voyant le regard de Thorin s'assombrir encore plus, elle ramassa rapidement sa vaisselle et pris courageusement la fuite à grand pas dans le sentier.

Elle entendit la voix rugissante de Thorin lui ordonner de revenir, qu'il ne l'avait pas autorisée à partir et elle pressa encore plus le pas, se retenant difficilement de courir, pour rejoindre les autres. Elle espérait qu'il ne tenterait rien contre elle en leur présence, ou qu'au moins Gandalf l'empêcherait de lui faire du mal.

Elle se dépêcha de s'enrouler dans sa couverture et le surveilla discrètement lorsqu'il sorti du bois. Il avait mis longtemps avant de la suivre. Elle compris qu'il avait dû vouloir reprendre une contenance avant de rejoindre ses compagnons, mais elle voyait bien qu'il était encore fou de rage, et le mot était faible.

« Bon sang, mais qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire ? » se demanda-t-elle.

« Ou pas… Justement. » Ajouta une petite voix au fond de son esprit.