Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour le retard et pour les coquilles/fautes de grammaire et d'orthographe de ce chapitre, mais il est "Brut de décoffrage". C'était ça où repousser la publication à... je sais même pas quand.
Semaine un peu difficile, beaucoup de boulot et gros gros coup de blues, (le genre qui vous donne envie d'aller voir de l'autre coté du miroir si des fois il y avait quelque chose ou au mieux, de rester roulée en boule sous la couette en attendant la fin du monde).
Enfin, peut être que ça génèrera des reviews, parce que, à part mes habituées qui me suivent depuis le début et commentent l'histoire, (j'ai pas le courage de vous citer toutes, mais vous vous reconnaitrez... je vous adore...), les lecteurs "fantômes" ne reviewent que pour signaler qu'il y a des erreurs...
Désolée... je suis malheureuse, fatiguée, et même si en temps normal je suis une fille patiente, compréhensive et gentille, quand je suis fatiguée et malheureuse je deviens garces. Surtout, mes supportrices, ne le prenait pas pour vous...
Malgré les imperfections que vous ne manquerez pas de trouver dans ce chapitre, j'espère que vous prendrait plaisir à le lire quand même.
Nim
Un flot d'air chaud entra dans ses poumons.
La première chose qu'elle ressentis en revenant à elle fut la chaleur sur ses lèvres. Elle repris conscience en aspirant une grande goulée d'air et s'accrocha à la premier chose que ses mains rencontrèrent, comme une noyée s'accroche à la bouée qu'on vient de lui lancer.
Elle ouvrit les yeux et vit le visage de Thorin penché sur elle. Il recula la tête et dit, avec ce qui lui sembla être du soulagement :
- « Elle est revenue. »
Elle réalisa qu'il la tenait dans ses bras, qu'elle s'agrippait à ses épaules comme si ça vie en dépendait et que c'était son souffle dans ses poumons qui l'avait ramenée. Il se releva, l'étendant sur l'herbe, l'obligeant à lâcher prise, avant de s'éloigner pour rejoindre Gandalf. Kili s'agenouillât à coté d'elle pour l'aider à s'asseoir.
Elle entendis Gandalf dire que les Trolls ne pouvait pas avoir voyager de jour et qu'ils avait forcément une caverne dans les environs.
Ils partirent tous à la recherche de cette caverne, elle resta assise à essayer de reprendre ses esprits.
Elle se sentait vaseuse et faible. Sa gorge la faisait souffrir. Elle avait du mal à garder les yeux ouvert, d'ailleurs elle dû perdre connaissance quelques instants. Comme dans un rêve elle sentit une douce caresse sur son cou suivre le tracé de la corde
- « Ne t'inquiète pas », disait la voix de Oïn, « Ce n'est pas grave, elle aura un ecchymose pendant quelques jours, mais au point où elle en est, elle est plus à ça près… ».
Elle était sure que s'était Thorin qui la caressait, et comme la caresse était étrangement douce et agréable, elle garda les yeux fermés pour la prolonger autant que possible.
Lorsque les doigts du nain eurent traversé sa gorge, elle senti sa main se poser sur son épaule et elle ouvrit les yeux.
Soudain, ils entendirent quelqu'un crier que quelque chose approchait. Ils se précipitèrent tous vers les bosquets.
Elle se retrouva avec le Hobbit, entourée de nains armés jusqu'aux dents et prêts à en découdre. Même si ils lui avaient tous dit qu'elle faisait des progrès, ils n'étaient pas prêts à la laisser en première ligne.
Lorsqu'elle vit un traîneau tiré par des lapins jaillir des broussailles, elle se dit qu'elle devait avoir des lésions cérébrales dues au manque d'oxygène.
Elle fut presque soulagée d'entendre Gandalf crier :
-« C'est Radagast ! »
Les nains baissèrent leurs armes, et elle constata qu'ils étaient aussi stupéfaits qu'elle par son attelage et son apparence.
Il était vêtu de brun, comme l'indiquait son nom, un drôle de chapeau sur la tête, et une coulée de fiente d'oiseau sur le coté de la figure. Il avait le regard un peu halluciné, comme s'il avait consommée des choses pas très légales.
Il s'éloigna rapidement avec Gandalf.
Elle regarda les lapins du traîneau et ne put résister à la tentation de s'approcher. Elle avait toujours aimé les animaux. Le meneur leva la tête et les oreilles lorsqu'elle s'approcha.
Il était énormes pour de lapins. Elle sourit et avança la main. Le lapin se redressa pour y frotter sa tête. Il semblait rechercher les caresses et son pelage était d'une incroyable douceur. Elle se surprit à rire alors qu'elle lui grattait les oreilles et qu'il tapait le sol de sa patte arrière en fermant les yeux. Il semblait prendre autant de plaisir à cette caresse qu'elle en ressentait à la lui donner.
Soudain un hurlement retenti qui la glaça jusqu'à la moelle. Elle entendit le Hobbit demander si c'était un loup, et s'il y avait des loups dans le coin, mais elle avait déjà compris. Elle se releva d'un bond, juste à temps pour voir une énorme bestiole semblable à celle qui l'avait pourchassée se jeter sur un des nains, elle vit Thorin lui passer une épée à travers du corps et n'eut pas le temps de crier lorsqu'elle en vit une deuxième se jeter sur lui. La flèche de Kili l'avait cueillie juste à temps.
-« Des wargs » cria Thorin.
A cet instant, Gandalf revint et lui demanda à qui il avait parlé de sa quête et expliquer qu'ils étaient pourchassés.
Quelqu'un dit qu'il fallait quitter cet endroit, mais Ori leur dit que ce n'était pas possible, que les poneys s'étaient enfuis. Elle pria très fort pour que Bali soit loin, très loin.
Toute à son inquiétude, elle ne compris pas bien ce qui se dit après. Elle entendit Radagast proposer de les attirer et elle se retrouva à courir avec les autres. Ils quittèrent la forêt pour une lande parsemée de rocher, qui lui fit passer aux Causses prés de chez elle.
Cachés derrière un rocher et elle vit le traîneau de Radagast filer entre les cailloux, poursuivi par une horde de warg montés par des créatures hideuses. Elle fut stupéfaite par sa vitesse. Le spectacle était si fascinant qu'elle ne se remit en route qu'en sentant une main saisir son poignet et la tirer violement.
Soudain Radagast fut contraint de faire demi-tour, venant croiser leur propre trajectoire. Elle fut plaquée contre un rocher et se décida enfin à regarder qui la guidait ainsi. Elle fut surprise de constater qu'il s'agissait de Thorin.
Dés que Radagast fut passé, ils se remirent en route. Thorin tenait toujours fermement son poignet et la tira pour qu'elle se remette en route avant de la lâcher et de la pousser durement devant lui. Au moment où elle se remettait à courir, elle l'entendit demander à Gandalf où il les conduisait, mais n'entendit pas la réponse.
Une nouvelle fois ils durent se cacher derrière un rocher, alors que Radagast et ses poursuivant croisaient à nouveau leur route. Elle vit Thorin rattraper Ori au vol et le plaquer violemment contre le rocher :
Elle se demandait comment ils allaient s'en sortir et commençait à se dire qu'elle ne tiendrait pas très longtemps malgré les arrêts forcés qu'il lui permettait de reprendre un peu son souffle. Elle n'avait jamais été très endurante et les séquelles de la nuit précédente rendaient sa respiration difficile. Chaque fois qu'une goulée d'air passait dans sa gorge elle avait l'impression que des lames la déchirait. La douleur devenait un peu plus intolérable à chaque respiration.
Soudain, ils entendirent un bruit de griffe et un grognement sur le rocher au dessus d'eux. Elle eut l'impression que son cœur s'était arrêté et se serra contre la pierre comme si elle avait voulu s'y enfoncer. Elle vit Thorin ordonner silencieusement à Kili d'encocher une flèche. Ce qu'il fit avant de faire trois pas en avant et de tirer. Malheureusement, il ne pouvait pas tuer à la fois le warguier et sa monture.
Il blessa le warg, qui dégringola du rocher et les autres se jetèrent sur l'orc, mais ça avait été bruyant, trop bruyant. Les orcs délaissèrent Radagast pour se lancer à leur poursuite.
Elle entendit Gandalf leur crier de fuir, et ne se fit pas prier pour courir comme une dératée avec les autres, l'adrénaline masquant un instant la douleur, mais elle savait qu'elle ne tiendrait plus ce rythme très longtemps.
Elle entendit quelqu'un crier qu'ils était cernés, et Thorin ordonner à Kili de les tuer. Elle remarqua que Gandalf s'était évaporé et entendis quelqu'un dire qu'il les avait abandonnés.
Lorsque Thorin dégaina son épée en disant qu'il fallait tenir, elle dégaina également la sienne, bien qu'elle se sache incapable de se défendre contre de tels adversaires. Quand elle vit Ori s'attaquer à un des wargs avec un lance-pierre, un rire nerveux et légèrement hystérique lui échappa.
Soudain, derrière eux, ils entendirent crier :
-« Par ici, pauvre fou » et ils virent Gandalf émerger d'un creux au milieu d'un amas de rocher. ».
-« Suivez moi » Cria Thorin.
Passant prés d'elle, il l'attrapa par la taille et la balança dans le trou d'où Gandalf venait de surgir. Elle roula sur une pente rocheuse assez raide avant d'atterrir durement à plat ventre au fond et n'eut que le temps de rouler sur le côté pour éviter d'être écrasée par les suivant.
Elle resta un instant prostrée contre la paroi rocheuse, essayant de reprendre sa respiration et de contrôler la douleur qui pulsait dans sa gorge.
Thorin les rejoignit en dernier. Ils entendirent le son d'un cor à l'extérieur et un bruit de galop résonna dans l'anfractuosité. Ils restèrent un instant silencieux avant qu'un orc ne roule au milieu d'eux, une flèche plantée dans le front.
Thorin l'arracha et en étudia la pointe avant de la rejeter avec dégoût en disant « Des elfes ».
Dwalin revint vers eux en disant qu'il ne voyait pas où conduisait le passage et demandant si ils devait le suivre.
-« Nous le suivons bien sur » dit Bofur, se penchant sur elle pour l'aider à se relever.
Ils se mirent en route, suivant l'étroit sentier entre les rochers. Elle avait surpris sur le visage de Gandalf une étrange expression, comme un soulagement mêlé d'inquiétude.
Le passage était étroit et très encaissé. Quand elle leva le regard vers le haut du canyon, elle ne vit qu'un mince ruban de ciel.
Peu à peu, il lui sembla se sentir un peu mieux, la douleur dans sa gorge était moins insupportable et elle se sentait légèrement euphorique, comme si le passage avait été plein de gaz hilarant. Elle trouvait la sensation étrange, mais très agréable.
Elle surpris une étrange conversation entre Gandalf et le Hobbit.
-« Vous sentez ? » demanda Gandalf.
-« Oui, » répondit le Hobbit « On dirait de la magie ! »
-« C'est ça, » dit Gandalf, « Une très vieille magie ».
Soudain le nain qui était en tête du cortège cria qu'il voyait de la lumière et ils émergèrent sur une petite corniche traversée par un ruisseau.
Lorsqu'elle émergea à son tour, elle resta bouche bée devant la splendeur du spectacle.
Devant eux s'ouvrait une vallée baignée de soleil où serpentait une jolie rivière et de l'autre côté, des bâtiments étaient construits contre la pente, en épousant si bien les reliefs qu'ils semblaient en faire partie. C'était beau à pleurer.
Elle entendit le Hobbit, derrière elle dire :
-« Fontcombe »
Le nom lui sembla familier, sans qu'elle comprenne pourquoi. Mais l'endroit lui fit penser à Rocamadour, qu'elle avait visité quelques années auparavant.
Lorsqu'ils se remirent en route, elle entendit Gandalf dire qu'il faudrait le laisser parler lui. Ils prirent un tout petit sentier qui serpentait le long de la falaise et où ils ne pouvait marcher qu'à la queue leu leu. Arrivée au fond de la vallée, ils traversèrent un pont de pierre étroit et sans rambarde surplombant la rivière profonde et tumultueuse, avant d'atteindre une sorte d'esplanade.
Elle vit que les nains semblaient mal à l'aise, et Thorin particulièrement contrarié.
Elle, elle levait le nez vers tout ce qu'elle pouvait apercevoir, écarquillant les yeux pour ne pas en perdre une miette. C'était féerique. Maintenant qu'elle pouvait voir les détails des bâtiments, elle se demandait qui avait bien pu construire de telles merveilles. On aurait dit de la dentelle de pierre, et tous les murs étaient sculptés d'entrelacs compliqués.
Elle entendit parler derrière elle mais ne comprit pas, elle se tourna et vit un être d'une beauté irréelle descendre l'escalier. Il était très grand, brun, des cheveux longs et lisses et un visage androgyne très doux. Elle entendit Gandalf l'appeler Lindir et lui dire qu'ils devaient voir le seigneur Elrond. Lindir répondit qu'Elrond n'était pas là, mais avant qu'il n'ait eu le temps de répondre à Gandalf qui lui demandait où il était (si jamais il en avait eu l'intention), ils entendirent un bruit de galops de l'autre coté du pont.
Elle se retrouva au centre d'un cercle compact formé par les nains qui avaient dégainé leurs armes, et elle vit des cavaliers se lancer sur eux et les encercler. Elle leva la tête vers eux, ils étaient tous de la même race que Lindir, c'était évident, même s'ils étaient tous différents.
Celui qui semblait être leur chef cria, avec un plaisir évident :
-« Gandalf ! »
Ils commencèrent à discuter dans une langue qu'elle ne comprenait pas. Il repassa au langage courant pour s'étonner que des orcs se soit approchés si prés de leur frontière. Quand Gandalf lui eut dit que c'était probablement eux qui les avaient attirés, Thorin sorti du rang à contrecoeur.
Elrond semblait le connaître. Elle fut stupéfaite du ton avec lequel Thorin lui répondit. Non, mais sans dec ? Il voulait tous les faire tuer ou quoi. Ils étaient encerclés par des cavaliers deux fois plus grand qu'eux, il semblait à Ofélia que la prudence aurait conseillé de faire profil bas. Mais Thorin ne semblait pas en être capable.
Lorsque Elrond repris la parole dans une langue qu'elle ne comprenait pas, mais avec un air sévère, elle se dit qu'ils allaient finir au fond de la rivière.
Gloïn la ramena à son tour, serrant un peu plus fort ses haches et demanda s'il venait de les insulter. A cet instant elle remarqua le visage moqueur de Gandalf qui lui dit :
-« Non, Maître Gloin, il vient de nous inviter. »
-« Dans ce cas, allons-y » répondit simplement le nain
Ils suivirent Lindir qui leur montrait le chemin. Lorsqu'elle passa devant Elrond, elle le vit froncer les sourcils et s'approcher d'elle. Lorsque les doigts de l'elfe crochetèrent le col de sa chemise et l'écartèrent légèrement de son cou, elle eut un mouvement de recul.
-« Vous êtes blessée ? » demanda-t-il
Elle cligna des yeux, un instant perturbée par sa voix douce et prévenante.
-« Ce n'est pas grave » dit-elle.
-« Permettez moi d'en douter » répondit Elrond en regardant la large marque noire qui entourait son cou. « Lindir ! » appela-t-il
-« Mon seigneur ? » demanda Lindir en s'approchant
-« Conduit cette jeune femme chez le guérisseur. Elle semble avoir besoin de soins ».
Elle faillit dire que ce n'était pas nécessaire, mais n'en eut pas le temps. Lindir posa sa main entre ses omoplates et la poussa doucement devant lui.
Elle sentit toute volonté l'abandonner. Elle était à bout de force. Il la conduisit dans une grande pièce claire. Lindir s'adressa à l'elfe qui s'y trouvait dans sa langue. Elle ne comprenait pas ce qu'il disait, et se rendit compte qu'elle s'en foutait. Toutefois, lorsque l'elfe guérisseur s'adressa doucement à elle pour lui demander d'ôter ses vêtements, elle le regarda avec un air choqué. Non, mais, et puis quoi ? Elle n'allait pas se déshabiller devant deux hommes inconnus comme ça. Même si s'étaient des elfes.
Lindir rit doucement et lui dit :
-« Ma Dame, il faut que le guérisseur puisse voir vos blessures pour les soigner. »
Ah, Oui, évidemment… Mais quand même…
-« S'il vous plait. Ça ne prendra qu'un instant et vous serez soulagée de vos douleurs ensuite. Vous devez beaucoup souffrir. » Dit le guérisseur.
C'était vrai qu'elle souffrait beaucoup plus que ce qu'elle voulait bien admettre. Secouant la tête en soupirant, elle s'exécuta. Grimaçant quand elle dû lever les bras au dessus de sa tête pour enlever son corsage.
-« Par les Valars, » dit Lindir « Mais que vous est-il arrivé ? »
Elle baissa les yeux. Tout son corps des genoux aux épaules était marbré de contusions noires et mauves.
-« Les trolls » dit-elle doucement en haussant les épaules, comme si s'était une explication suffisante.
L'elfe guérisseur regarda Lindir et lui dit :
-« Il va me falloir plus de baume. » puis se retournant vers la jeune femme « Mais avant ça, allez prendre un bain. »
On ne pouvait pas dire qu'il y mettait vraiment les formes, mais elle le savait qu'elle était crasseuse.
Il la conduisit dans une pièce à coté de ce qu'elle avait baptisé « l'infirmerie ». Elle y trouva une baignoire pleine d'eau fumante, des serviettes et des vêtements.
Il referma la porte derrière lui en lui disant de bien en profiter parce que quand il lui aurait appliqué le baume, il ne faudrait plus qu'elle se mouille pendant vingt quatre heures au moins.
Au bord de la baignoire elle trouva des savons et des shampoings aux senteurs légères. Elle en fit une consommation immodérée, rougissant de honte lorsqu'elle vit l'eau de la baignoire prendre une couleur boueuse.
En sortant du bain, elle regarda de plus prés les vêtements qu'ils lui avaient fournis. Elle y trouva un équivalent de ses sous-vêtements et les enfila avant de rejoindre l'infirmerie.
Maintenant qu'elle était propre, les ecchymoses sur son corps étaient encore plus flagrantes. Elle s'étendit sur une espèce de table d'examen et l'elfe guérisseur commença à étaler l'onguent sur son corps. Bien qu'un peu gênée au début, elle ne put retenir un petit soupir de soulagement lorsque le baume commença à anesthésier ses douleurs et que ses mains expertes commencèrent à masser ses muscles endoloris. Peu de temps après elle était endormie.
Lorsqu'il eut fini, il la secoua gentiment pour la réveiller. Elle constata que la douleur avait quasiment disparue, elle ne ressentait plus qu'un très léger tiraillement, même sur son cou. Elle se tourna vers le guérisseur avec un regard de pure reconnaissance.
-« Merci. » souffla-t-elle.
Il s'inclina devant elle en riant. Avant de quitter la pièce, il dit :
-« Vous prendrez ce pot d'onguent. Il faudra que vous en remettiez régulièrement sur votre cou dans les jours qui viennent. »
Elle le remercia encore avec effusion avant d'enfiler les vêtements qui avaient été laissés pour elle. C'était une robe blanche, de coupe simple, longue et évasée, agrémentée d'une ceinture en cuivre à motif de roses sur les hanches.
Une fois prête, elle rejoignit Lindir qui l'attendait dans le couloir pour la conduire à la salle à manger.
Lorsqu'ils arrivèrent à porté d'oreille de la salle à manger, ils entendirent un immense vacarme. Elle vit Lindir froncer les sourcils et presser un peu le pas. En arrivant à la porte, elle ferma les yeux de consternation devant le spectacle.
Bofur était monté sur la table et chantait une chanson de taverne où il était question d'un chat, de la lune et de bière.
Les autres se lançait la nourriture à la figure et sur les murs sous le regard consterné des Elfes présents.
Elle vit Gandalf assit à une table sur une petite estrade avec Elrond. Il avait l'air vaguement mal à l'aise. Elle ne vit Thorin n'était nulle part.
Lorsqu'elle entra dans la salle, Bofur cria :
-« Eh ! Ofélia est revenue »
Tous les regards se tournèrent vers elle. Kili et Fili se levèrent et vinrent la chercher pour la conduire à la table.
-« On t'en a gardé un peu » dirent-ils en poussant devant elle une assiette avec du pain et de la salade.
Elle rit en regardant les murs et la table avant de dire :
-« Et vous vous êtes servi du reste pour refaire la décoration ? »
Ils s'assirent de part et d'autre d'elle. Elle remarqua que le regard de Kili s'égarait régulièrement sur les jolies elfes qui passaient prés de leur table, et qu'il avait un sourire parfaitement idiot sur les lèvres.
Elle sourit en se disant que si Thorin n'aimait pas les elfes, son neveu par contre, semblait les trouver très à son goût.
Fili se pencha à son oreille et lui expliqua qu'un peu plus tôt pendant le repas, Kili en avait repéré une qui lui plaisait bien… et que Dwalin avait été obligé de lui faire remarquer que ce n'était pas une fille.
Elle rit.
Lorsqu'elle eu fini de manger et les nains de jeter les rester sur murs, Lindir les conduisit à leurs appartements.
Lorsqu'elle entra dans sa chambre, elle eut le souffle coupé. C'était immense et magnifique. Digne d'un palace. La porte s'ouvrait sur un salon meublé de fauteuils et de tables basses. Des guéridons supportaient des vases pleins de fleurs odorantes. A l'extrémité de la pièce s'ouvrait une porte-fenêtre encadrée par des voilages aussi fins que des toiles d'araignées. Elle donnait sur une large terrasse dont la balustrade de pierre ouvragée était recouverte de fleurs ressemblant à du jasmin.
Sur la gauche du salon une porte conduisait à une chambre avec un lit immense. Elle pivota sur elle-même pour regarder le reste de la pièce, dans un coin elle vit une coiffeuse avec un grand miroir ouvragé et couverte d'accessoires divers et variés, des brosses, des peignes, des perles et des pinces d'or et d'argents, incrustés de pierres précieuses.
A coté de la coiffeuse il y avait une autre porte. Lorsqu'elle la poussa, elle ne put retenir une exclamation d'admiration. C'était une salle de bain. La baignoire, enfin plutôt la piscine, était creusée au centre et fumait légèrement. Quelques marches de pierre y descendaient.
Sur les bords était alignés des pots et des flacons, des éponges. Elle les ouvrit. Ils sentaient divinement bons. Certains avaient des notes d'agrume, d'autres de fleurs, elle en trouva même un qui lui rappela l'odeur le Monoï.
Elle retourna dans la chambre. Elle remarqua alors une penderie et y jeta un œil. Sa mâchoire faillit se décrocher quand elle l'ouvrit. Il y avait plusieurs vêtements, des robes, toutes à sa taille d'après ce qu'elle pu en juger. Sur une étagère elle vit ce qui ressemblait à une chemise de nuit. Elle l'attrapa et l'enfila.
Elle était douce et très fluide. En fait, elle se dit que ça faisait presque dommage de la porter pour dormir.
Elle s'assit devant la coiffeuse et commença à démêler ses cheveux. Tout en brossant sa chevelure, elle examinait son reflet. Elle se trouvait différente. Ses joues s'étaient creusées, le soleil avait halé sa peau et faisait ressortir les quelques taches de rousseurs qui parsemaient son nez. L'ecchymose que Thorin lui avait faite sur la joue commençait à s'estomper légèrement, prenant une teinte jaunâtre.
Thorin. Elle se demanda où il était passé quand elle avait rejoint les autres pour le dîner. Et elle espéra, sans vraiment y croire, qu'ils resteraient là quelques jours.
Elle quitta la coiffeuse et regagna le salon pour sortir sur la terrasse. Respirant à pleins poumons l'air doux du soir chargé des fragrances des fleurs. Elle s'accouda à la rambarde et admira le paysage. La terrasse surplombait d'autres jardins qui descendait jusqu'à la rivière qu'elle entendait murmurer loin en dessous.
Un mouvement entre les bosquets capta son regard. Elle aperçut Thorin qui faisait les cents pas dans le sentier du jardin. Il paraissait particulièrement contrarié. Même de là où elle était elle pouvait deviner ses sourcils froncés et ses lèvres crispées. Il marchait furieusement. Soudain, il se figea et leva les yeux vers elle.
Lorsqu'il posa sur elle un regard sévère, elle eut l'impression d'être une petite fille qui s'étant fait surprendre à espionner les adultes.
Elle recula vivement et retourna dans la chambre.
Avec tous les événements qui s'était enchaînés, elle n'avait pas eu l'occasion de repenser à ce qui s'était passé derrière la vieille ferme. Elle secoua la tête pour chasser les idées qui commençaient à s'y former.
Elle souffla les bougies et se glissa entre les draps avec un soupir de contentement.
Elle se sentit partir et ses pensées échappèrent à son contrôle. Elle se revit couchée sur le dos, entre les bras du nain, elle senti à nouveau la tension contre son ventre et sa main sur sa joue. Elle s'endormit en imaginant ce qui serait arrivé s'ils n'avaient pas été interrompus, se mordant la lèvre pour ne pas gémir.
Thorin était plus que contrarié. Le magicien était arrivé à ses fins. Non seulement il l'avait amené ici, mais en plus il l'avait poussé à dévoiler ses projets à cet elfe !
Bon, d'un autre côté, il était bien obligé de reconnaître que sans l'aide de l'elfe, il n'aurait jamais découvert les runes lunaires cachées sur la carte. Même s'ils n'avaient pas pu les lire, puisque la lune n'était pas encore dans la bonne configuration, c'était un progrès.
En même temps, l'idée d'être obligé d'attendre presque quinze jours pour pouvoir les lire ne l'emballait pas. Il n'aimait pas rester inactif.
Pour pouvoir ruminer ses pensées tranquillement, sans avoir personne dans les pattes, il s'était isolé dans le jardin qui s'étendait devant la maison où les elfes les avaient logés.
Se sentant observé, il leva les yeux et failli ne pas reconnaître Ofélia. Lorsqu'elle croisa son regard, elle recula vivement et disparu.
Il se sentit sourire et maudit ses neveux de ne pas avoir été capable de surveiller correctement les poneys. Il aurait bien aimé savoir jusqu'où il aurait pu aller avec elle derrière la vieille ferme…
