Réponse aux reviews « anonymes »
PaulinaDragona : Merci d'avoir laissé un petit mot. Ça fait toujours plaisir. J'espère que la suite te plaira.
Laurne : Merci pour ta reviews et ton soutien. Tu sais, dans une review, tu n'es pas obligée d'écrire un roman… Juste quelques mots pour dire si tu as aimé ou pas… Quand je vois une review de plus ça me met du baume au cœur, (Même si parfois c'est juste un simley). Quand on voit la différence entre le nombre de vues et le nombre de reviews, parfois on se dit que ce qu'on écrit est tellement nul que les lecteurs ont honte de laisser une trace de leur passage. Dans ces moments là, voir que quelqu'un a pris la peine de laisser un petit mot, ça regonfle le moral et ça donne envie de continuer…
Alors, surtout, n'hésite pas, même si tu as l'impression de toujours écrire la même chose, celui ou celle à qui tu laisses ces quelques mots en sera toujours touché…
Merci aussi à tous les autres pour leur soutien pour ce petit passage à vide. Je pense avoir répondu individuellement à tous ceux qui ont un compte… Harley, sacrok, aliena wyvern et Darkklinne
Et à partir de ce chapitre, il y a une petite nouveauté… Je remercie Axire, qui à proposé de relire mes chapitres avant leur publication pour essayer d'éliminer les fautes et autres coquilles.
Lorsqu'elle se réveilla, il faisait jour. Et vu la luminosité qui entrait par la fenêtre, il devait être tard.
Elle se sentait bien reposée. Elle se leva d'un bond et constata qu'elle n'avait presque plus mal nulle part. Lorsqu'elle s'installa devant la coiffeuse, elle remarqua que le bleu sur sa joue avait quasiment disparu et que celui autour de son cou s'était bien estompé. Il était vraiment super efficace l'onguent des elfes.
Elle brossa ses cheveux et s'habilla rapidement. Elle se sentait affamée. Elle quitta sa chambre pour retourner dans la salle à manger, espérant qu'il ne serait pas trop tard pour avoir quelque chose à grignoter.
Elle longea les couloirs et s'y attarda un peu. La veille elle n'y avait pas vraiment prêté attention. C'était magnifique. Le sol était dallé de pierres blanches polies, et sur les murs ouvragés étaient exposées des peintures et des tapisseries représentant des scènes de la vie des elfes.
Après des tours et des détours (elle ne se rappelait que très vaguement le chemin), elle fini par arriver à la salle à manger. Et ne fut pas vraiment surprise de constater que Bombur y était installé, et ne semblait pas décidé à en bouger avant un bon moment. Bofur et Bifur lui tenait compagnie, une chope de bière à la main. Ils discutaient tranquillement tous les trois.
Lorsque Bifur la vit, il attrapa l'épaule de Bofur et le secoua en parlant vite dans sa langue gutturale.
Les trois nains se retournèrent vers elle et Bofur lui sourit :
-« Et bien, te voilà enfin réveillée ! »
Elle rit en disant :
-« Il est donc si tard ? »
Ils se regardèrent et Bofur dit :
-« Il est presque 9 heures. »
Elle leva un sourcil
-« C'est bizarre, je pensais avoir dormis plus que ça. »
Bofur éclata de rire.
-« Ofélia, tu t'es couchée avant-hier ! »
Elle resta muette de stupeur. Il lui fallu un instant avant de reprendre ses esprits. Tu m'étonnes qu'elle se sente parfaitement reposée et qu'elle ait une faim de loup !
Bofur se décala légèrement et lui fit une place sur le banc à côté de lui et le tapota pour qu'elle s'y asseye.
Elle s'exécuta et attrapa un bol avec du lait et un morceau de pain et commença à manger avec un appétit qui fit rire Bofur.
-« Pourquoi vous m'avez pas réveillée ? »
-« Pourquoi on t'aurait réveillée. Tu étais épuisée et blessée, alors il te fallait du repos. »
-« On repart à quelle heure ? » demanda-t-elle d'un ton qu'elle espérait léger.
-« On repart pas aujourd'hui. »
Elle s'interrompit, son morceau de pain à mi chemin de sa bouche ouverte, pour jeter un regard incrédule à Bofur.
Il rit.
-« En fait, on va rester ici encore une dizaine de jours. Une histoire de lune… » reprit-il
-« C'est vrai ? » souffla-t-elle incrédule.
-« Oui. »
Elle rejeta la tête en arrière en disant :
-« Trop cool ! »
Ça fit rire les nains.
Après son petit déjeuner tardif, elle décida de visiter un peu la cité des elfes. Ce n'était qu'une succession de bâtiments tous plus majestueux les uns que les autres, de jardins d'une beauté à couper le souffle et partout, des ruisseaux et des cascades. Elle qui avait toujours adoré le bruit de l'eau était aux anges.
Elle monta aussi haut qu'elle le pouvait et fini par se retrouver sur une large esplanade sans rambarde, tout en haut. Elle surplombait toute la cité. Elle s'assit, laissant pendre ses jambes dans le vide. Elle regrettait de ne pas avoir son appareil photo, ni son matériel de dessin… Elle avait un petit talent pour le dessin et la peinture. Peut être que les elfes pourraient lui fournir du papier et un crayon ?
C'était si beau. Elle resta là longtemps jusqu'à entendre des pas derrière elle. Elle se retourna et vit Elrond s'avancer vers elle.
Elle se releva vivement, se disant que peut être elle n'avait pas le droit de venir ici.
Elle baissa les yeux en se mordant la lèvre, gênée.
-« Seigneur Eldond. » le salua-t-elle.
Il sourit.
-« Dame Ofélia. » lui répondit-il. « Je suis content de voir que vous allez mieux. »
Il s'approcha, vint se placer à côté d'elle au bord de l'esplanade et laissa son regard errer sur la vallée.
Elle le regardait du coin de l'œil. Se demandant si elle devait partir…
Il sembla deviner ce qu'elle pensait et dit :
-« Je sais que Gandalf vous a expliqué ce que vous êtes, et qu'il vous a également dit que vous aviez un rôle à jouer dans cette histoire. Mais, vous devez savoir que vous êtes libre d'accepter ou non ce rôle. Si vous décidez de ne pas les suivre, vous pourrez rester ici aussi longtemps que vous le désirerez. »
Elle baissa les yeux. Rester ici, à l'abri, en sécurité ? C'était tentant. Après tout, la quête des nains n'était pas la sienne. Mais, rester ici, ça voulait dire renoncer à trouver le moyen de rentrer les chez elle.
Elle releva la tête vers Elrond et posa la question qui lui brûlait les lèvres :
-« Est-ce que je rentrerai chez moi un jour ? ».
Lorsqu'il baissa les yeux vers elle, il lui sembla y voir passer un léger voile de tristesse.
-« Je ne pense pas. A ma connaissance, aucun « passager du temps » n'est reparti. »
-« Qu'est-ce qu'ils sont devenus ? »
Elrond resta un instant silencieux avant de reprendre :
-« Certains n'ont pas survécus aux événements dans lesquels ils étaient impliqués, les autres se sont construit une nouvelle vie ici. ».
Elle secoua la tête.
-« Il y en a au moins un qui a réussi. » dit-elle.
Elrond la regarda avec plus d'attention, fronçant les sourcils.
-« Il s'appelait Tolkien. Il a écrit les histoires de la Terre du Milieu, chez moi. Il les connaissait bien, il n'a pas pu inventer par hasard quelque chose d'aussi ressemblant. »
Elrond soupira :
-« Non, Ofélia, je suis désolé, personne n'est reparti. Par contre, la… faille, marche dans les deux sens. »
Ofélia ouvrit des yeux immenses en réalisant ce qu'il était en train de lui expliquer. Elle détourna les yeux en se mordant l'intérieur des joues lorsqu'elle senti les larmes lui monter aux yeux.
Elrond lui posa la main sur l'épaule.
-« Je suis navré, Ofélia. Sachez que vous serez toujours la bienvenue ici. Quoi que vous décidiez, vous pourrez revenir à tout moment… »
Il commença à s'éloigner avant de se retourner à nouveau vers elle.
-« Oh, j'ai cru comprendre que vous étiez très attachée à votre cheval. »
Elle tourna vivement la tête vers lui, le regardant avec espoir.
-« Vous serez heureuse d'apprendre que Radagast l'a récupéré. Il le gardera avec lui et en prendra soin aussi longtemps que nécessaire. »
-« Merci… merci pour tout… » Murmura-t-elle.
Elle le regarda s'éloigner. Savoir Bali en sécurité et bien traité lui allégeait un peu le cœur.
Elle se rassit pour réfléchir à ce qu'Elrond lui avait dit. Pas d'espoir de retour. Pouvait-elle vraiment s'installer à Fondcombe et attendre la fin de ses jours ? En avait-elle envie ? Elle n'avait jamais aimé dépendre des autres et elle savait déjà qu'elle ne serait pas à l'aise de profiter de leur hospitalité ainsi. Repartir avec Thorin et la compagnie pouvait la conduire à sa mort, mais finalement, est-ce que s'était si important ? Elle n'attendait rien de sa vie ici…
Elle soupira profondément, remonta les genoux sur sa poitrine, les entoura de ses bras et posa son front sur ses genoux. Ses pensées partirent en vrille, sans qu'elle n'ait le courage d'essayer de les contrôler.
Sans même sans rendre vraiment compte elle commença à pleurer.
Elle pleura sur son ancienne vie perdue, elle n'était pas géniale ces derniers temps, mais c'était sa vie.
Elle pleura de soulagement pour Bali, elle avait craint qu'il ne se soit fait bouffer par les wargs.
Elle pleura de peur rétrospectivement, repensant à ce que Nori avait tenté, aux trolls, aux wargs et aux orcs…
Elle pleura des douleurs qu'elle avait endurées. Elle n'avait jamais eut aussi mal de toute sa vie, même la fois où elle s'était foulée l'épaule (oui, faut le faire !) et où pendant un mois son compagnon avait dû la porter pour la sortir du lit le matin parce qu'elle était incapable de se redresser toute seule.
Elle pleura aussi de solitude, parce qu'elle avait beau avoir 15 compagnons de voyages et même si elle s'entendait plutôt bien avec certains, elle ne pouvait se confier à eux.
Elle avait toujours été avenante, mais jamais très liante. Chez elle, elle n'avait que deux ou trois amies proches et elle les connaissait toutes depuis son enfance.
Elle aurait voulu qu'elles soient là. Elle aurait voulu leur parler de ce qu'elle ressentait pour Thorin. Ça l'aurait peut-être aidée à y voir plus clair. Elle savait que ce n'était que du désir charnel et ça la perturbait parce qu'elle n'avait jamais désiré un homme qu'elle n'aimait pas. En même temps, elle avait rencontré son compagnon très jeune et il avait été son seul amant. Elle se disait que ses amies aurait pu la rassurer, lui expliquer se qu'elle ressentait, elles qui avaient vécu des histoires aussi nombreuses que compliquées.
Quand ses yeux semblèrent être en pénurie de larmes, malgré les profonds sanglots qui lui déchiraient la poitrine. Elle releva la tête et vit que le soleil commençait à baisser sur l'horizon. Elle était épuisée, ses yeux brûlaient ainsi que la peau de ses joues, irritée par le sel de ses larmes. Elle se déplia douloureusement et se releva, prenant une grande inspiration pour se donner le courage de redescendre.
Elle n'avait pas imaginé quand elle était partie pour cette exploration, le cœur léger, qu'elle finirait la journée dans cet état là. Mais bon, ça devait arriver avec le relâchement nerveux, maintenant que c'était fait, elle allait pouvoir réfléchir calmement à la question de son avenir.
Elle redescendit vers sa chambre en rasant les murs. Elle se doutait qu'elle devait avoir une mine épouvantable et n'avait aucune envie de croiser quelqu'un. Et encore moins un de ses compagnons de voyage.
Manque de bol, au détour d'un couloir elle se trouva nez à nez avec eux. Au grand complet. Avec Thorin en tête qui la regarda avec une stupéfaction mêlée d'un certain dégoût.
Sous son regard elle sentit d'abord minable, mais rapidement la moutarde lui monta au nez. Elle trouvait qu'elle avait été plutôt courageuse jusque là, maintenant qu'ils étaient en sécurité, elle avait bien le droit de craquer un peu si elle en avait envie. Elle lui lança un regard assassin et dit d'un air revêche :
-« Quoi ? Qu'est-ce que vous regardez ? »
Thorin fut stupéfait de s'entendre interpeller ainsi. Jamais personne n'avait osé lui parler sur ce ton, enfin si, elle, quelques jours plus tôt. Ça devenait une habitude. Ses yeux prirent une couleur de ciel d'orage et les nains comprirent que ça allait déménager.
-« Qui vous permet de me parler sur se ton ! » répondit-il d'un ton sévère.
-« Qui vous permet de me regarder comme si j'étais un cloporte ? »
-« Je ne vous permet pas. Vous me devez respect et allégeance » reprit-il, les veines de son cou commençant à devenir saillante.
En temps normal Ofélia détestait les conflits et aurait probablement déposé les armes à ce moment là. Mais, on n'était pas en temps normal, et elle se sentit pousser les crocs.
-« Je ne vous dois rien du tout ! Vous n'êtes pas MON roi ! Je n'ai jamais demandé à participer à votre quête suicidaire ! »
-« Je savais bien qu'une femme ne serait que porteuse d'ennuis et de complications » hurla-t-il
-« Quels ennuis ? Quelle complication ? Je ne vous ai jamais retardés, je ne vous ai jamais mis en danger… pour ça vous vous débrouillez très bien tout seuls… »
Elle avait hurlé presque aussi fort que lui. Et à présent, il n'y avait plus aucune trace de chagrin dans ses yeux. Ils avaient pris une couleur sombre et brûlaient de rage.
Thorin et elle se toisaient, comme deux chats prêts à se mettre une peignée.
Bofur s'avança, voulant désamorcer la situation. Mais lorsqu'il essaya de passer son bras autour des épaules d'Ofélia, elle lui siffla sans quitter Thorin des yeux :
-« Bofur, si tu me touches, je te mord. »
A son ton grondant, il comprit que la menace était sérieuse. Il n'insista pas.
Elle reprit sans hurler, sa voix vibrant d'une note basse :
-« Depuis le début vous me méprisez. Depuis le début vous me considérez comme un poids. Depuis le début vous avez fait tout ce qui était en votre pouvoir pour me pourrir la vie. Tout l'intérêt que vous voyez à avoir une femme parmi vous c'est de pouvoir éventuellement tirer votre coup. »
Elle avait quitté un instant Thorin des yeux pour regarder Nori, qui pour le coup, eut vraiment peur et tenta de se dissimuler derrière Dwalin.
-« C'est bête, » reprit-elle « Je ne suis pas la fille facile que vous imaginiez. C'est surtout bête, parce que si j'ai bien compris ce qu'a dit Gandalf, vous avez besoin de moi. Et c'est très bête, parce que j'étais prête à vous aider. Mais là. J'ai plus envie… Je ne vous casserai plus les pieds… pour ne pas dire autre chose. Je ne repartirais pas avec vous. »
Lorsqu'elle vit Thorin commencer à ouvrir la bouche. Elle dit :
-« Votre contrat vous pouvez vous l'enfoncer bien profond là où ça vous chante. »
Sur ce elle tourna les talons laissant derrière elle une bande de nains profondément choqués.
Elle regagna sa chambre et s'y enferma, elle alla même jusqu'à tirer une commode derrière la porte.
-« Qu'est-ce que j'ai fais… » Se dit-elle soudain. « Il va me tuer. Cette fois, c'est sûr, il va me tuer. »
Elle alla à la salle de bain et envisagea sérieusement de se noyer dans la baignoire, mais, elle ne voulait pas causer ce genre de désagréments à Elrond.
Elle se déshabilla et s'y glissa quand même, se disant que quelques brasses dans l'eau chaude la détendraient un peu. Elle se laissa un instant couler au fond du bassin, appréciant le calme et le silence de l'eau puis ressortit de la baignoire.
Elle s'enveloppa dans une des serviettes et regagna sa chambre. Elle s'assit devant la coiffeuse et contempla l'étendue des dégâts. Elle était pâle, les yeux rouges et gonflés et le nez de Bozo le clown. Avec la tête qu'elle avait, elle était sure qu'elle aurait fait suffisamment peur à un warg pour qu'il renonce à la bouffer. Cette pensée la fit partir dans un fou rire. Elle avait tendance à perdre son sérieux quand elle perdait son sang froid.
Elle essaya de se ressaisir, attrapa la brosse et commencer à démêler ses cheveux mouillés. Ce geste répétitif était apaisant. Elle senti la pression retomber.
Elle enfila sa chemise de nuit et sorti sur la terrasse. Elle regretta la façon dont elle avait traité Bofur. Il avait toujours été gentil avec elle. Elle se dit qu'elle essaierait de trouver le moyen de s'excuser avant leur départ
Leur départ. Le sort en était jeté. Sa mauvaise humeur avait décidé pour elle. Elle se demanda ce qu'elle allait devenir. Elle se dit qu'elle profiterait un peu de l'hospitalité d'Elrond, le temps d'apprendre ce qu'elle devait savoir pour pouvoir s'intégrer dans ce monde. Elle était vaillante. Le travail ne lui faisait pas peur. Elle s'en sortirait. Elle s'en était toujours sortie…
Elle en était là de ses ruminations lorsqu'elle entendit frapper à la porte. Elle regagna le salon et cria :
-« Qui est là ? »
-« Gandalf. Ouvrez-moi. »
Ses lèvres se crispèrent. Elle n'avait pas oublié comment il avait tenté de la soumettre le premier jour et elle n'avait aucune intention de lui donner l'occasion de recommencer.
Devant son silence, il ajouta :
-« Ofélia, ouvrez, il faut que nous discutions. »
Elle fut tentée de ne pas lui répondre, mais elle était consciente qu'elle ne pourrait l'éviter indéfiniment jusqu'à leur départ. Autant en finir tout de suite… Tant qu'elle était encore chaude.
Elle alla jusqu'à la porte, poussa la commode et entrouvrit le battant avant de glisser un œil dehors. Gandalf se tenait devant la porte, l'air contrarié, elle s'attendait presque à le voir taper du pied. Elle senti renaître la colère en elle. Pour qui se prenait-il pour la regarder comme ses profs la regardaient parfois au collège quand elle faisait une bêtise ?
Elle ouvrit un peu plus la porte et resta bien au milieu.
Gandalf leva un de ses sourcils broussailleux. Elle s'efforça à rester de marbre, immobile et silencieuse, le regardant fixement.
Il se gratta la gorge.
-« Puis-je entrer ? » demanda-t-il.
-« Non. »
Il pencha un peu la tête, surpris. Il ne s'attendait pas à être ainsi éconduit. Voyant qu'il n'ajoutait rien, elle demanda :
-« Que voulez vous Gandalf ? »
-« Discuter de votre désaccord avec Thorin. »
-« Désaccord ? Non, je crois que pour la première fois depuis que je suis arrivée ici, nous sommes d'accord au contraire. Il n'a jamais voulu de moi dans la compagnie, et moi, je ne veux plus en faire parti. »
Gandalf fronça les sourcils
-« Vous ne pouvez pas faire ça, Ofélia. Trop de choses dépendent de vous. » Dit-il sévèrement.
-« Avec tout le respect que je vous dois, Gandalf, je m'en bats les cou… je m'en fout. »
-« Vous ne pouvez pas vous en moquer » s'énerva Gandalf « Maintenant, vous faites partie de ce monde. ».
Ofélia sentit la colère monter d'un cran de plus. Merde, elle en avait marre de se faire engueuler.
-« Non. Ce n'est pas MON monde. »
Gandalf ouvrait la bouche pour rétorquer quelque chose. Elle leva la main pour le faire taire et ajouta.
-« Inutile. Je ne repartirai pas avec vous, Gandalf. Bonsoir. » Sur ce, elle lui claqua la porte au nez.
Il entendit le bruit d'un meuble qu'on déplaçait à l'intérieur et soupira. Il n'avait pas imaginé qu'elle pourrait être aussi butée.
Il soupira de plus belle. Avec deux têtes de mule pareille, il n'était pas sorti de l'auberge.
Après avoir refermé la porte et retiré la commode, Ofélia s'assit par terre en soupirant. Elle était plutôt fière d'elle. Elle ne s'était pas laissée impressionnée, mais à présent elle tremblait.
Elle entendit frapper à nouveau.
-« Il n'y a plus rien à dire, Gandalf. Je ne vous ouvrirais pas. »
-« Dame Ofélia », dit une voix qui n'était pas celle du magicien, « C'est Lindir, je vous apporte votre dîner ».
Avant même qu'il n'eut fini sa phrase, elle avait ouvert la porte :
-« Excusez-moi, Lindir. Je ne voulais pas être grossière. J'ignorais que c'était vous. »
L'Elfe lui sourit alors qu'elle s'effaçait pour le laisser entrer. Elle le vit lever un sourcil en voyant les traces que la commode avait laissées sur le sol devant la porte.
-« Vous savez, Dame Ofélia, les nains sont un peu rustre selon les critères des elfes, mais je ne pense pas qu'ils iraient jusqu'à forcer la porte de la chambre d'une Dame. »
Il déposa un plateau sur une table basse et se retourna vers elle.
-« Maintenant je vais vous laisser vous reposer. » ajouta-t-il en s'inclinant « Vous avez l'air épuisée. »
C'était une manière polie et délicate de dire qu'elle ressemblait à un zombie franchement pas frais…
Elle le remercia et le regarda quitter la pièce.
Malgré ce qu'il lui avait dit, elle poussa à nouveau la commode devant la porte avant d'aller se coucher.
